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MAYOR

Genève, dans l'enseignement. Ses travaux scientifiques ne l'empêchèrent pas da prendre une part active aux affaires publiques, et, à dater de 1824, il fit partie du conseil représentatif, où il se montra partisan éctoiré des idées progressives; Mayor, ancien conseiller d'État, vice-président du conseil de santé, président de la section des sciences naturelles de l'institut de Genève, membre d'un grand nombre de sociétés savantes, succomba au commencement de l'année 1855.

Mayor s'est sui'tout occupé d'histoire naturelle, et ses principales publications ont trait à cette science : nous n'avons pas à l'examiner à ce point de vue. Disons seulement qu'il eut comme médecin une réputation de savoir et d'habileté bien méritée. Il a le premier « découvert que l'on peut avec certitude savoir si un enfant arrivé à peu près à terme est vivant ou non, en appliquant l'oreille sur le ventre de la mère; si l'enfant est vivant, on entend fort bien les battements de son cœur, et on les distingue facilement de ceux du pouls de la mère » {Bibl. univ. de Genève, se. et arts, t. IX, p. 249, 1818). » Nous avons tenu à reproduire textuellement cette note, qui établit sans conteste les droits de Mayor à cette belle découverte.

Laissant de côté les ouvrages relatifs aux sciences naturelles, nous citerons de lui :

I. Essai sur quelques maJadies congénitales dés yeux. Th. de Montp., 1808, in-S". — II. Bruits du cœur du fœtus (note citée plus haut). In Bibl. univ. de Genève, se. et arts, t IX, p. 249; 1818. — III. Mém. sur lesnécroses. In lîeuue méd. c/wV., t. XVII, p. 339 ; 1855. — IV. A collaboré avec les Maunoir, Peschier, etc., aux Mélanges de chirurgie étrangère, à partir de 1824, etc. E. Bgd.

]tIJi.TOR (Ma.thia.s-Louis) , dit Mayor de Lausanne, né le 21 avril 1775, à Cudrefin (canton de Vaud), en Suisse, où son père exerçait la médecine avec distinction. Après avoir commencé ses études médicales à Zurich, il suivit les cours des écoles médicales de Milan, de Pavie, et enfin de Paris ; puis il se fit recevoir docteur à Pavieet s'établit dans sa patrie, à Morat, qu'il quitta bientôt pom* se fixer à Lausanne. Vers 1 803, il fut nommé chirurgien en chef de l'hospice cantonal de cette ville, qui venait d'être fondé. Doué d'un esprit original et inventif quelquefois poussé à l'extrême, Mayor a certainement simplifié, et parfois d'une manière très-heureuse, les appareils ordinaires de pansement, beaucoup trop compliqués en effet. L'emploi de la ligature à l'aide du constricteur ta chapelet a rendu de grands services dans l'ablation des tumeurs volumineuses; les cautérisations à l'aide d'un marteau trempé dans l'eau bouillante ont été généralement adoptées, et le marteau de Mayor compte désormais parmi les révulsifs énergiques et d'un emploi sûr et facile. On connaît son procédé de cathétérisme avec de grosses sondes, là où les petites ne peuvent passer, procédé qui peut être utile dans quelques circonstances, mais qui demande à être pratiqué par une main prudente et exercée. Mais son véritable titre à la reconnaissance des praticiens, et surtout des praticiens de campagne, qui ont si peu de ressources à leur disposition ; c'est l'ensemble des modifications qu'il a apportées dans le traitement des fractures par la suspension, déjà imaginée par Sauter, mais singulièrement simplifiée par lui (voy. Fracture); c'est d'avoir substitué aux bandes un simple mouchoir plié de diverses manières, dans les pansements. Suivant lui, les avantages de cette substitution sont les suivants : un mouchoir est plus facile à trou\er qu'une bande, il ne se relâche que très-difficilement, ne peut se rouler en corde, peut être défait et replacé très-aisément, est très-facile à remplacer par un autre, et dure d'ailleurs plus que les bandes ; il forme, par sa masse, un tout plus solide, plus résistant que les tours de bande,

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qui godent et se dérangent à tout moment, etc. Mayor a vulgarisé l'usage du coton, dont on fait aujourd'hui un si grand usage pour matelasser les appareils, combler les vides, etc., seulement il avait eu l'idée malheureuse d'en faire un succédané de la charpie pour le pansement des plaies (î;o î/. Charpie, Coton). Nous ne parlons pas, et pour cause, de sa tachytomie, ou méthode de pratiquer les amputations d'un seul coup ! . . .

Ainsi, faisant la part de certaines exagérations de simplifications poussées parfois jusqu'au ridicule, Mayor a rendu de véritables services à la pratique chirurgicale. Ses procédés ont été exposés dans une série de publications dont nous allons donner la liste abrégée. On lui a reproché, avec juste raison, la forme plus que familière, et trop souvent burlesque adoptée par lui dans ses écrits. Dans les différents voyages qu'il a faits à Paris, la bonhomie réelle de ses allures, si profondément originales, a beaucoup adouci ce que sa polémique pouvait offrir d'acre et d'irritant. Cet habile chirurgien mourut à Lausanne le 4 mars 1846, à l'âge de soixante-douze ans, sans avoir perdu de sa vivacité juvénile.

Voici la note de ses principales publications :

I. Instruction pour traiter sans attelles les fractures des extrémités, prmcipalement celles qui sont compliguées et celles du col du fémur, d'après la méthode inventée par M. Sauter, avec la description, etc. Paris et Genève, 1813, in-S". — II. Essai sur la ligature. Lausanne, 1821, in-8°. — III. Essai sur les ligatures en masse. Paris, 18'26, in-8''. — IV. Méni. sur l'hijponarthécie ou sur le traitement des fractures par la planchette avec une nouvelle manière, etc. Paris et Genève, 1821, in-S". — V. Sur la déligation populaire et sur la cautérisation avec le marteau. Lausanne, 1829, in-8°. — VI. Guide contre le choléra ou moyens simples, etc. Lausanne, 1831, in-8°. — VII. Nouveau système de déligation chirurgicale ou exposé de moyens simples et faciles, etc. Genève, 1853, in-8'';2= édit. Paris, 1857, in-8<>, 2 vol.; 3=édit. augmentée, etc. Paiis, 1838, in-S», pi. — VIII. Conduite à tenir dans les fractures douteuses du col du fémur. In Gaz. méd. 1834, 609, 829. — IX. Sur le traitement des fractures de la clavicule. Ibid., 1835. 255. — X. Sur la cure radicale des hernies. Paris, 1836, in-S». — XI, Sur le catliétérisme simple et forcé et sur le traitement des rétrécissements de l'urèthre et des fistules urinnires. Paris, 1835, in-8'>, et Réponse à une lettre de M. Vidal [de Cassis). Ibid., 1836, in-8°. — XII. Essai sur l' anthropotaxidermie ou sur l'application à l'espèce humaine des principes de rempaillage. Paris, 1838, in-S". — XIII. La chirurgie populaire ou l'art déporter de prompts secours, etc. Paris, 1841. in-8''. — XIV. La chirurgie simplifiée ou mémoires, etc. Paris, 1841, 2 vol. in-8'', pi. — XV. Traitement accéléré des ankyloseset recueil de visions chirurgicales, etc. Paris, 1841, in-8°, pi. — XVI. Tachytomie chirurgicale. Laus., 1845, in-8°. — XVII. Excentricités chirurgicales ou Nouveaux mémoires, etc. Ibid., 1S44, in-S". — XVIII. Manuel du baigneur sans baignoire ou moyen simple, etc. Paris, 1846, in-32, pi. E. Ege,

jnAYOW (Jean), né à Londres en 1645, mort le 16 septembre 1679, est justement regardé comme le précurseur des Lavoisier, des Cavendish, des Priestley, et comme l'inventeur réel de la théorie chimique de la respiration. Aussi M. F. Hoefer, dans son livre : La chimie enseignée par la biographie de ses fondateurs (Paris, 1865, in-8°), lui rend-il un hommage éclatant, en analysant les idées de cet homme illustre. « Le nitre ou salpêtre, écrit M. Hoefer, se lorme, comme on sait, naturellement sur les vieux plâtres et les murs humides. Le voisinage des étables paraît en favoriser la formation. Pour expliquer ce phénomène, Mayow admit dans l'air l'existence d'un gaz particulier, qu'il appela esprit nitro-aérien. « Pour faire du nitre, disait-il, il faut de la terre et de l'air. La terre en fournit la partie fixe, et l'air la partie volatile. » Cette explication était parfaitement justifiée, car Mayow entendait par « la partie fixe » l'alcali (potasse), la base du nitre, et par « la partie volatile » l'acide (acide nitrique) de ce sel. Mayow reconnut aussi l'identité de l'esprit nitro-aérien avec le gaz, qui corrode le fer pour le changer en rouille, et il en montra l'intervention nécessaire

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dans les phénomènes de la combustion et de- la respiration. « On m'accordera, dit-il, qu'il existe quelque chose d'aérien, nécessaire à l'alimentation de la flamme. Car l'expérience démontre qu'une flamme, exactement emprisonnée sous une cloche, ne tarde pas à s'éteindre, non pas, comme on le croit communément, par l'action de la suie qui se produit, mais par privation d'un élément aérien. Dans un verre où l'on a fait le vide, il est im|i0ssible de faire brûler, à l'aide d'une lentille, les substances même les plus combustibles, telles que le soufre et le charbon. » Pour démontrer que, pendant la respiration, les animaux enlèvent à l'air ses particules vitales, Mayow faisait respirer des animaux emprisoimés sous des cloches de verre renversées sur des cuves pleines d'eau. Il voyait alors l'eau monter dans l'intérieur des cloches, comme dans l'expérience de la combustion. Les particules nitio-aérienues, absorbées pendant la respiration, sont, suivant cet habile observateur, « destinées à changer le sang noir ou veineux en sang rouge ou artériel. » C'est exactement le rôle qu'on attribue aujourd'hui au gaz oxygène. Mayow fait aussi dériver la chaleur animale de la respiration, et il attribue à l'absoiption de ces mêmes particules nitro-aériennes la formation du moût, de la bière, etc. Que de découvertes faites longtemps avant ceux qui en réclament aujourd'hui l'honneur. »

Toutes ces idées extrêmement remarquables, et qui sont bien propres à immortaliser celui qui les a conçues, Mayow les a consignées dans l'ouvrage suivant :

Tractatus guinque ]jhysico-medici, quorum jjrimus agit de sale nitro et spiritii nitro aereo, secundits de respiratione, tertitis de respiratione fœtus in utero et ovo, quartus de motu musculari et spiritibus animalibus, ultimus de rachitide. Oxford, 1669, in-8°. — Ibid., 1674, in-S"; la Haye, li)81, in-8°. Traduit en hollandais. Amsterdam, 1685, in-S».

MATRES (Eatj minérale de), mésothermale, sulfatée calcique moyenne, chlorurée sodiqiie moyenne, carbonique faible. Dans le département de l'Isère, dans l'arrondissement de Grenoble, dans la commune de Mayres, à 200 mètres plus bas que le bourg de ce nom, sur une des rives du Drac, à 470 mètres audessus du niveau de la mer, émerge d'une agglomération de roches la source de Mayres, connue de temps immémorial, enfouie sous un éboulement en 1811 et retrouvée en 4844 à la suite d'un forage de 9 mètres 60 centimètres de profondeur. Un tuyau de plomb de 15 mètres 35 centimètres de longueur fut ajusté au trou de sonde et conduisit l'eau de cette source dans une citerne hermétiquement foi'mée. Son débit est de 500,000 litres en 24 heures ; son eau est claire et limpide, mais elle laisse déposer une couche d'une substance ocreuse qui colore en brun rougeâtre les parois du conduit et les parties de roches avec lesquelles elle est pendant un certain temps en contact. Son goût, un peu salé, rappelle cependant celui des eaux bicarbonatées ; sa température est de 32° centigrade. Son analyse chimique a été laite par M, Gueymard, qui a trouvé, dans 1,000 grammes d'eau, les principes suivants :

Sulfate de chaux hydraté 1,180

— magnésie anhydre 0,160

Chlorure de sodium. . 1,228

— magnésium 0,112

Carlionate de chaux 0,540

Argile noirâtre 0,480

Total des matières fixes . , 4,000

L'eau de la source de Mayres n'est presque jamais employée; son voisinoge de LA Motte-Les-Bains [voy. ce mot), sa composition élémentaire un peu moins

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