‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.58Chapitre 39 sur 50 · DANS LA POPULATION MILITAIRE LA MORTALITÉ A ÉTÉ DE · texte numérisé non relu

DANS LA POPULATION MILITAIRE LA MORTALITÉ A ÉTÉ DE

Versailles 41 pour 100.

Strasbourg 51

Metz, 18iO 70

Orléans 70

Lille 63

Metz, 1848 42

Douera 90

Moyenne 61 pour 100.

POPOLATION CIVILE

Bagne de Rochefort 84 pour 100.

Aigue?-Mortes 75

Royaume de Naples 46

Suède et Norwége 58

Moyenne 63 pour 100.

D'ailleurs les épidémies qui ont sévi presque exclusivement sur les enfants, comme celles de Suède et d'ItaUe, donnent un chiffre de morts moins élevé que celui de la mortalité militaire. Le rapport le plus fort se rapporte à l'épidémie des bagnes qui a fr.ippé des hommes plus âgés que les militaires et placés d'ailleurs dans des conditions exceptionnelles de misère physique et morale. Ce qui tendrait à confirmer ce que le jeune âge a de favowble pour la terminaison de la méningite, c'est que dans l'épidémie du grand-duché la mortalité n'a été que de 29 pour 100. La gravité du mal reste la même à toutes les époques de l'épidémie, ce qui s'explique pour une maladie à lésion anatomique localisée.

Parmi les symptômes fébriles, on a noté comme particulièrement graves : la petitesse et l'irrégularité du pouls ou sa lenteur, l'é évalion du nombre des inspirations, la respiration suspirieuse, la sécheresse de la peau, l'élévation de la température cutanée au-dessus de 40°, le refroidissement des extrémités ;

Comme symptômes favorables : le développement du pouls, la chaleur de la peau, la transpiration cutanée, les sueurs, l'injection de la face, l'abaissement du

672 MÉiNlNGlTE.

nombre des inspirations. Lorsque la respiration revient à son rhythme normal, en même temps que les phénomènes nerveux diminuent, on peut prévoir une terminaison heureuse. Au contraire, quand lecbiflre des inspirations bai;se, en irême temps que le coma et l'msensibililé augmentent, c'est un signe fatal. La violence du délire est un phénomène grave. Quand la somnolence se développe, en même temps que les autres symptômes, c'est un signe fâcheux. La proibndeur du coma et de l'insensibilité sont la mesure du danger que court le malade. Le délire modéré, la contracture des membres se l'eucontrent dans bon nombre de cas terminés par guérison.

D'ailleurs la marche irrégulière de la méningite, les rémissions insidieuses, les exacerbatious imprévues, doivent rendre très-circonspect dans le pronostic d'une maladie qui peut causer la mort après plusieurs mois d'une convalescence dillicile.

Tbaitement. La ménmgite épidémique est une des maladies les plus meurtrières et les moins accessibles aux secours de l'art. Le médecin qui a le sentiment de sa responsabilité, a bientôt mesuré les limites étroites dans lesquelles il s'agite, soit qu'il accepte une médication comme effic;ice parce qu'elle u semblé réussir dans les formes légères de la maladie, soit qu'il prenne pour règle des principes absolus, et se laisse imposer une médication d'autant plus énergique que la maladie est plus grave et plus rapidement mortelle.

Saignée. Les lé>ions anatomitjues de la méningite, sa nature iuflammatoire ont suggéré naturellement l'emploi de la médication antiphlogistique, et, d'après ce vieil ad;ige : Ad extremos morbos extrema remédia, on ne s'est pas demimdé si, dans une maladie caractérisée par l'extinction successive de toutes les activités nerveuses, il n'était pas imprudent de renouveler coup sur coup des émissions de sang, dont l'effet immédiat est d'augmenter l'alfaissement des forces du malade. Pascal, Rollet, C. Broussais, ont conseillé les saignées abondantes. Cejeudant le résultat de cette médication lit bientôt douter de son eificacité. lourdes conclut au moins à l'insuffisance d'un moyen thérapeutique, à la suite duquel la mortalité a été de 2 sur 3 malades. Cette première réserve fut bientôt confirmée par les témoignages de Chauffard d'Avignon, qui insista sur l'ineflicacité de la médication antiphlogistique et sur le danger des saignées répétées. On alla même jusqu'à leur attribuer l'excessive mortalité de la mal.idie (Mottet, d'Aucli). Bientôt les épidémies de Philippe\ille,d'A'ger, de Paris, de Lille, de Metz, firent mieux apprécier le danger des saignées ré'iétées. A Philippeville, dit M. Lagrave, tous les malades soumis à cette médication sont morts sans exception. A Alger, le traitement antiphlogistique, général ou local, poussé jusqu'à ses dernières limites (six à sept saignées et plusieurs applications de sangsues), est resté sans résultat avantageux, (Besseron) il a donné une mortalité de 21 sur 22 malades.

A Orléans, M. Corbin, qui suivait la même méthode de traitement, comptait \k décès sur 20 malades ou 70 pour 100.

A Lille, M. Maillot déclare avoir vu les accidents s'exaspérer si immédiatement après les saignées, qu'il n'a pu se défendre d'accuser celles-ci de l'augmentation survenue dans la marche de la maladie.

A Paris, M. Lévy croit pouvoir conclure de l'expérimentation de cette médication que : 1° les guérisons rapides ont été obtenues avec une dépense de sang environ moitié moiadre que les guérisons lentes ; 2" ks émissions sanguines paraissent favoriser le passage de la méningite à l'hydrocéphale.

A Metz, je constatais en 1848 (mém. cité) que dans les méningites graves, et surtout dans les formes comateuses, les saignées augmentent l'accabiement et

MÉiNLNGITE.

aggravent la position des malades ; elles paraissent diminuer les forces et hâter la terminaison par asphyxie. Par les méthodes dans lesquelles l'expectation domine, la durée des formes graves et mortelles est de k jours ; elle n'est plus que (le 2 jours après l'emploi des saignées répétées.

Eu face de ces opinions opposées, subsiste le résultat de l'expérience qui démontre qu'une large saignée, pratiquée au début même de la maladie, peut en conjurer le danger et mettre fin aux accidents. MM. Martin, à Laval, et Pingrenon, à Strasbourg, ont pu, par des saignées pratiquées dès le début, arrêter le développement de la maladie. A part cette indication particulière au début, la violence du délire, de la céphalalgie, des douleurs racbialgiques, peuvent indiquer l'application des sangsues à la tète, aux apophjses masloïdes ; de ventouses, le long du rachis.

Affusions froides. Applications froides. La raideur musculaire, l'exacerbation de la douleur par les mouvements, rendent d'un emploi difficile, sinon impossible, l'emploi des affusions froides. L'application de la glace est généralement mal supportée; elle est très-douloureuse, les malades se plaignent de sentir la douleur refoulée dans la tète; ils s'agitent, jettent des cris; d'autres fois elle semble ajouter à la prostration. Des compresses trempées dans de l'eau, maintenue à 12, 15 degrés, et apphquées sur le front et le haut de la tète, paraissent calmer davantage.

Mercuriaux. MM. Tourdes, Forget, Corbin ont employé, sans résultat appréciable, les frictions mercurielles, malgré l'élévation des doses et la constance de la médication. M. Forget, à Strasbourg, M. Chauffard, à Avignon, M. Lévy, à Paris, n'ont pas obtenu de meilleurs effets de l'emploi du calomel.

Révulsifs. M. Tourdes trouve qu'ils augmentent souvent la douleur sans diminuer la gravité des symptômes. Pour M. Lévy, le résultat de l'emploi des vésicatoires est au moius négatif; ils ont l'inconvénient d'accroître les chances nuisibles (dégénérescence des vésicatoires) sans certitude de les compenser par une égale somme de chances favorables.

A Metz, je n'ai obtenu aucune action favorable, dans la plupart des cas, de l'emploi des vésicatoires le long du rachis, de la cautérisation transcurrente, et du séton à la nuque ; 12 malades, traités par cette médication, ayant donné 9 décès, je ne me suis pas cru fondé à en faire un nouvel essai. Dans un cas, un séton, appliqué à la nuque, a maniiesteraent aggravé l'état du malade : immédiatemenl après son application, le malade perdit la parole et tomba dans le coma. J'enlevai le séton le lendemain, et quelques heures après la parole et l'intelligence revinrent- Les vésicatoires me paraissent devoir trouver leur emploi dans les convalescences lentes, avec persistance d'une céphalalgie opiniâtre. Ils trouvent, ainsi que les sinapismes, leur indication dans les formes comateuses, pour exciter la peau et provoquer l'action réflexe des muscles inspirateurs.

Vomitifs. M. Tourdes les dit inutiles ; MM. Chauffard et Lagrave, dangereux. Purgatifs, Sur 12 malades auxquels M. Tourdes a donné le tartre stibié à la dose de 0,30 à 0,60, associé à 0,05 d'opium, 8 ont succombé. Dans les formes "raves, les malades avalent difficilement. D'ailleurs le tube digestif ne paraît pas influencé par des doses de 3 à 4 décigrammes ; il n'y a ni vomissements ni selles. Je ne crois donc pas que l'action des purgatifs doive compter dans la guérison des cas légers oii ils ont été employés.

D'après M. Lévy, leur action est précaire, variable, et ne produit aucun changement décisif dans l'état général du malade ni dans la marche de l'affection. Ils

DICT. ENC. r s. VI. ^^

ne déterminent jamais les diarrhées opiniâtres signalées par quelques observateurs (mém. cité).

Antispasmodiques. Le camphre, le musc ont été essayés sans résultat par MM. Tourdes, Schilizzi, Corbin. M. Besseron a beaucoup vanté l'éthérisation, qui a pour effet immédiat d'activer la circulation et la respiration, de réveiller le malade, de ranimer la sensibilité et la motilité. Sur 12 malades traités par les inhalations éthérées, M. Besseron ne compte que 3 morts. J'ai eu recours trois fois à Metz, aux inspirations éthérées : la première, pour un malade auquel une rachial^ie violente arrachait des cris lamentables ; la douleur disparut pendant la période anesthésique, mais elle revint avec la sensibilité. Dans deux cas de délire violent avec vociférations, la même expérience fut suivie du même résultat : l'apaisement subit des accidents, leur retour après l'épuisement de l'action de l'éther. J'ajoute que la maladie n'a été modifiée ni en bien ni en mal par une expérience que je ne me suis pas cru autorisé à répéter.

Opium. La violence des douleurs, l'anéantissement progressif des activités musculaires, l'état du pouls et de la peau pouvaient suggérer également d'avoir recours à l'opium pour conjurer les accidents de la méningite. MM. Tourdes et Forget y ont eu recours, après l'emploi des saignées, pour combattre une céphalalgie persistante ou un délire violent, à la dose de 0,05 d'extniit aqueux et de 0,05 à 0,05 d'acétate de niorijhine. Le plus souvent, dit M. Forget, sous l'influence de cette médication, les phénomènes fâcheux disparaissaient comme par enchantement. M. Chauffard (d'Avignon) après avoir constaté chez une petite fille que l'opium n'avait pas accru la somnolence dans laquelle était la malade, qu'il l'avait au contraire éveillée, qu'il n'avait point enchaîné les mouvements de la vie, ni poussé à l'asphyxie lente, fut conduit à le prescrire dès le début de la maladie, soit seul, soit associé au quinquina, à la dose 3 à 4 décigrammes par jour. lia obtenu par cette médication non-seulement le soulagement des souffrances des malades, mais la guérison de plus de la moitié des cas graves ; Boudin l'a préconisée plus tard comme méthode générale, avec exclusion de toute émission sanguine. 11 prescrit l'opium à l'état d'extrait aqueux en solution dans une faible quantité de tisane ou sous forme pilulaire, en élevant les doses en proportion de l'intensité des accidents cérébro-spinaux. Au commtncement de son expérimentation, M. Boudin ne donnait pas plus de 1 à 2 décigrammes, plus tard, enhardi par l'expérience, il est allé jusqu'à donné 50 centigrammes, et même 1 gramme en une seule dose ; en continuant par 0,05 à une dose par demi-heure. On suspend quand les accidents s'apaisent ou quand il survient de la somnolence, pour recommencer si le mieux faiblit.

M. Boudin a cité quelques observations peu concluantes en faveur de la médication par l'opium et plus démonstratives peut-être, en ce qui touche l'absence d'absorption du médicament dans les formes graves.

J'ai eu recours à cette médication, mais non pas avec la hardiesse de M. Boudin, parce qu'en 1841, à la fin de la première épidémie de Metz, j'avais eu à déplorer ses effets. Employé à hautes doses, dans deux cas de méningite, l'opium avait eu une action immédiate des plus encourageantes; les accidents s'étaient immédiatement calmés, et je m'applaudissais de l'inspiration qui m'avait conduit à son emploi, lorsque la mort imprévue des malades vint dissiper mon illusion. Le soii- I venir de ces deux cas funestes l'emporte sur la confiance que m'inspirent les élogen donnés à cette médication par MM. Chauffard et Boudin, et je crois, avec M. Lévy, 'qu'il faudrait, pour en établir définitivement l'efficacité, des statistiques et des ex-

périmentations plus larges et plus complètes que celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour. A dose modérée, l'opium est indiqué pour combattre l'insomnie l'agitation nocturne. Dans les cas légers, uni à l'éther, il favorise le développement de la sueur.

Quand les vomissements empêchent son administration par la bouche, on peut, comme on l'a fait dans le grand-duché de Bade, avoir recours aux injections hypodermiques de morphine et d'atropine.

Quinquina. La marche rémittente et quelquefois intermittente des accidents a paru indiquer suffisamment l'administration du sulfate de quinine. Cette médication a complètement échoué à Aigues-Mortes où des conditions d'insalubrité locale avaient fait penser à une fièvre pernicieuse. M. Lévy, qui la essayé à Paris, n'a pas eu l'occasion de constater plus que moi, à Metz, l'elficacité franche, immédiate, décisive, qui rend ce médicament si précieux dans le traitement des pyrexies palustres.

Je me résumerai donc, en établissant : que dans aucune maladie grave, les médications ne paraissent moins efficaces que dans le cours de la ménin'oite épidémique.

Il importe cependant de s'arrêter à une médication, afin de ne pas hésiter dans des tâtonnements plus nuisibles aux malades que l'expectation simple.

Dans la méningite plus que dans aucune autre affection, il faut attaquer le mal le plus prompteraent possible. Une saignée au débnt fait avorter les premiers accidents d'une affection presque toujours mortelle, quand elle est arrivée à la période de compression. Après la première saignée, des applications successives de sangsues de 1 0 à 1 5, de manière à entretenir un écoulement permanent de sang, doivent être continuées jusqu'à l'apaisement des premiers accidents.

Il faut surveiller attentivement l'aération et la température de la chambre. Quand la peau est froide, il faut chauffer les boissons, placer des corps cliauds aux extrémités. Si l'afiection se prolonge, il faut l'abandonner à sa marche en ayant recours suivant les indications que j'ai essayé de déterminer : aux opiacés ou aux révulsifs. A. Laverah.

BiBiroGRAPHiE. — Ouvrages français. — Vieussedx. Journal de Corvisart, Leroux et Boyer, t. XI, p. 164. — Lamothe et Lespès. Gaz. méd., 1838, trav. de la Société de médecine de Bordeaux, mai 1838. — Fauee et Vulars. Recueil des mémoires de médecine, chirurgie et ■pharmacie mil., t. XLVIII, note de la Gaz. méd., 50 juillet 1839. — Bérigny. Gaz. des liôp. n" 79, juillet 1839. — Chauffard. Bévue médicale, 1842, t. II, p. 190. — Vital. Clinique médicale de l'hôpital de Constantine. Germer-Baillère, 1848. — Lefè-\-re. Annales maritimes et

coloniales. Paris, 1840. — ^YuNscHE^'DORFF. Dissertation inaug., in-4°, Strasbourg-, 1841.

Forget. Gaz. méd-, 1842, n° 15, 16, 17, 19 et 20. — Tourles. Histoire de l'épidéînie de méningite cérébro-spinale, qui a régné à Strasbourg en 1840 et 1841, in-8°. Paris, 1842.

MiSTLEB. Relation de l'épidémie de Schelestadt [Bas- Rhin) en 1841. In Encyclopédie de Bruxelles, t. II, fi. 63 ; 1841. — Gassaud. Recueil des Mém. de méd. ch. etph. mil., t. XLVIII. — Gasié. Travaux de la Société des sciences méd. de la Moselle. — Brodssais (C). Recueil des Mém. de méd- ch. et ph. tnil., t. LIV, p. 1, 113. — Magail. Ibid,, t. LIX, p. 115. — Guyon Ibid., p. 177. — ScHiLizzi. Relation historique de la méningite, cérébro-spinale épidémique qui a végné à Aigues-Mortes . Montpellier, in-8<'; 1842. — Besseron-. Gaz. médic. de Paris-

1847, p. 514. — Blaciie. Gaz. des hôpit., juillet 1842. — Bollet. Be la méningite cérébrospinale épid. Paris, 1844. — Mouchet. Gaz. méd., 1847, p. 271. — Leston. Revue médicale juin 1S39, p. 458. — Laveran. Travaux de la Société des sciences médicales de la Moselle. Metz, 1849. — Boudin. Arch. génér. de méd., a^vril, août, oct., décembre 1849. — Du même. Traité de géographie et de statistique médicales. Paris, 1857, t. Il, p. 564. — Du jiême. Recueil de Mém. de méd. de chir. et depharm., 2= série, t. IX, p. 1. — Corein. Gaz méd.,

1848, p. 433. — Lévy. Gaz. méd., 1849, 830 et suiv. — Mahot. Journ. de méd. du départ, de Loire-lnfcr., t. XIY, n° 88. — Maillot. Gazette médic., 1848, p. 845. — Sisioxi>-. Rccherclies

676 MÉNISPERME,

topogr. etméd. sur Nancy. Nancy, 1854. — Béchet. Recherches de la méningite punilenle épidémique. Paris, 1852. — Yalun. Gaz.hebd., 1865, p. '276.

Ouvrages italiens. — Spada. Sul tifo apoplettico tetanico, etc. Napoli, 1840. — Pagano Quelque parole intcrno alla fehre soporosa, convulsiva, etc. Napoli, 1842. — De Rexzi. Sid tifo apoplettico tetanico, etc., 1840, t. II ; Rivista di varii lavori sul morbo di cervaro, etc. Napoli, 1841, t. III, in-filiatr. Sebez. 1840, 1" sept., Ibid., 1841. — Agostixacchio. Infiliatr. Sebez, août 1842. — Saxtokelli. Ibid., nov. 1842. — Cappola. Ibid., août 1845. — BEiNDosisio. Ibid, 1840.

Ouvrages anglais. — Gillkkest. In lond. Med. Gaz., juin, 1844, p. 455. — Thomsos. In Lond. Med. Times, avril, 1845. — "SYhittle. In Lond. Med. Gaz., 1847, t. lY, p. 807, Reports on the Sickness and Mortality among the English Troops. Lond., 1855. p. 86.

Ouvrages américains. — Bell. In Western. Lancett, nov. 1847.— Richardsov. 7n Western. Jonrn., déc. 1842, p. 430. — V^hue. In ^ew-Ùrlcaus Med. Jauni., juin 1847, 1849. — AiiEs! Ibid., nov. 1848, p. 295 and Paper on Epidémie. Montgomery, 1848.— Boiling. la yew-Orléans Med. Jonrn., mai 1847, p. 732. — Drake. Treatise on the Principal Diseases of the Interior Palletj ofNorth- America. Philadelphie, 1854, t. II, p. 751.— Uphaji. Hospital Notes and Memoranda in Illustration ofthe Congestive Fever lo calledor Epidémie Cerebro Spinal Meningitis. Boston, 1865.

Ouvrages suédois. — Wisteasd. In Hygiea, t. XVIII, p. 3i2, t. XIX, p. 411. — De îiême. OEversigt af helse och synkvorden. 1 Sverige, 1851-00, etc., Stockholm, 1861. —De même. Hijgiea, 1863. — Acharius. In Hygiea, 4 nov. 1859. — Alun. In Hygiea, t. XIX, p. 718.

Ouvrages norwégiens. — Beretning. Om Sund hed stilstanden. 1 Norge, 1 Aaret, 1860, Crist, 1865.

Ouvrages allemands. — Rinecker. In Verhandl. derphjs. med. Gcsellschaft inWiinburg, t. I, p. 246. — HiRscu (Aug.). Handbucli dcr historisch-geographischen Pathologie, t. Il, p. 624. — NiEMEïER. Traité de path. interne. Paris, 1869. Trad., t. Il, p. 258.

MÉIVIIVGOCÉLE (de //Àvr/?, membrane, et zv;//;, tumeur). Hernie de l'ara. chiioïde pariétale à travers une ouverture accidentelle du cvXne{voy. Crake).

MÉiVI\GO-GASTRlQliE (Fièvre), de pÂ^i'/?, membrane, et yxartip, estomac. Pinel a appelé de ce nom la lièvre bilieuse, qu'il supposait avoir son siège dans la membrane interne de l'estomac {voy. Biliedx). D.

SIE^'ISPER^IE {Meiiispe7'muml.,L., i., DC). Genre déplantes qui adonné son nom à la famille des Ménispermacées et qui appartient, dans cette famille, à la série ou tribu des Cocculées. Celles-ci sont caractérisées par* une graine à embryon étroit, avec des cotylédons appliqués l'un contre l'autre, et entouré d'un albumen. Les Iruits y sont des drapes à cicatrice stylaire subterminale ou, plus souvent, rapprochée de la base du fruit incurvé. Le noyau présente une saillie intérieure, variable de forme, de son angle interne, sur laquelle la graine se moule, s'arque ou s'inflécbit. Il y a de 5 à 6, ou plus rarement de 9 à 12 caipelles réunis. Dans ce groupe, les Menisperminn se distinguent par leurs étamines en nombre indéfini. On cultive dans nos jardins les deu.\ Menispermum comius, qui sont les M. canadense et dahuricum, tous deux grimpants, à feuilles un peu peltées, palmatilobées ou anguleuses, à fleurs dioïques; elles ne sont pas médicinales. Mais, autrefois, la moitié environ des Ménisperinacées utiles en thérapeutique étaient rapportées au gem-e Ménisperme et doivent être étudiées aux genres dans lesquels elles se trouvent maintenant placées. Les principales sont les suivantes :

Le Menispermum Coccidiis L. est le type du genre AiNamirta {voij. ce mot).

Les M. heterocliium Roxb., lacunosum Lajik et monadelphum Roxd., sont la même plante.

M EN ISO LIE s. (177

Le M. Columba Roxb., l'espèce qui donne "le Colomho, est un Chasmanthera ou Mteorhha (voy. ces mots).

Le M. cordifolhim Roxb. et le M. maJaharkinn 3 L\mk sont le Chasmanthera 1 1 Tinospora cordifolia.

Le M. crispum L. est le Tinospora cinspa Miers.

Le M. fenestratiim G^p.tn. est le type du genre CosciNiuîr.

Le M. peltatum Lamk est un Cijclea.

Le M edule Yahl est le Coccxlus Leœba DC. II. V,y.

TouRNEFORT. In Mém. Acad. de Pavix, 1705, 237. — J., Gen.. 2S5, 433. — L'xriL Gcn , 11. 4G85. — J. Miers. In Ann. of Mt. Hist., ser. 5, XIV, 507. — H. B.uli.ox. Hisl. des plant., 111,4, 33, fig. 5-11.

niÉ!\li§PER]Vllî\E. Alcaloïde contenu dans les semences du menispennura cocculus [Pelletier et Couerbe. An. Ch. Phys. (?) LIV, p. 178). Les graines sont traitées par lalcool. L'extrait alcool est repris d'abord par l'eau froide, puis par i'eau chaude acidulée. La solution brune est précipitée par un alcali. Le dépôt est éj)uisé par l'acide acétique qui laisse un résidu noir.

Elle cristallise en prismes pyramides incolores, fusibles à 12", décomposables ;i une température plus élevée. Insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther.

Formule G^^H^^Az"^. Se combine aux acides. P. Sch.

MÉIVISPERMIQUE (Acide). Acide extrait par Bouillay des grain;>s du menisperrnum cocculus.

Son existence est douteuse. P. Sch.

MÉIVISQUES (de ptv;vi(rzo,-, luniile, croissant). Entre la plupart des surfaces articulaires auxquelles leur conformation respective ne permet pas de s'adapter exactement l'une à Tautre, tantôt parce qu'elles sont tontes deux convexes, tantôt parce que les dépressions et les saillies de l'une ne correspondent pas aux dépressions et aux saillies de l'autre, se trouvent des corps fibreux ayant la forme de lames, plus ou moins épaisses, qui font office de coussinets. Il existe quelquefois deux lames pour une seule articulation; elles sont alors semi-lunaires, et représentent par leur réunion un disque complet. D autres fois, une seule lame est percée d'un trou à son centre. Enfin, le ménisque peut être réduit à une sorte de bourrelet {bourrelet glénoïdien, bourrelet cotylo'idien) , attaché, dans une certaine étendue, au rebord articulaire, et pénétrant comme une faux dans l'intérieur de l'articulation.

Quelle que soit leur forme, les ménisques diminuent d'épaisseur de la circonférence au centre, où ils se terminent en bords tranchants. Attachés par leur bord périphérique à la capsule fibreuse de l'articulation, libres dans le reste de leur étendue, ils divisent l'articulation en deux compartiments, munis chacun d'une membrane synoviale et sans communication entre eu.x, à moins que le ménisque ne soit incomplet ou ne présente un trou central.

La composition histolo.gique des ménisques est celle des ligaments [voy. Ligaments). Seulement on y rencontre en plus gnmde abondance des fibres élastiques et surtout des cellules de cartilage; leurs faces présentent mcnie d'ordinaire un encroûtement cartilagineux, sur lequel glissent les surfaces articulaires. Aussi leur a-l-on donné le nom de fibro-cartilacjes articulaires. D.

MEIVJOT (Antoine). Ce médecin, qui a fait beaucoup parler de lui en son temps, naquit à Paris, vers 1615. Docteur de l'École de Montpellier (1636), il revint à Paris, et fut nommé conseiller et médecin du roi. Mais ce ne fut, il faut le dire, que grâce à une solennelle abjuration, et à l'abandon de la foi de ses aïeux. Menjot mourut à Paris, à un âge très-avancé, laissant quelques ouvrages bien écrits, mais peu remarquables au point de vue de la doctrine qui y est professée.

I. Hisloria et curatio febrium nialicjnarum. Paris, 1662, in-4°; 1674, in-i"; 1677, in-4». La première édition, à laquelle l'auteur n'avait pas mis son nom, fut attribuée à Jean de Gorris, médecin de la Faculté de Paris. La deuxième est plus ample. Menjot y joignit l'ouvrag-e suivant : — II. Disserlat'ionum pathologicarmn partes III, dont la première partie avait déjà paru à Paris en 1605, in-4°; et la deuxième un peu plus tard. — III. De variis sectis amplectandis Hadriani Scauri ineptias, defensio. Paris, 1666, in-12. — IV. Dissert, pattiolog. pars IV (voy. Bayle, Nouvelles de la république des lettres, fév. 1687). — V. Opuscules posthumes, contenant des discours et des lettres sur divers sujets, tant de physique et de médecine que de religion. Amsterdam, 1697, in-4°. A. G.

MÉNOPAUSE (de p-flv, mois, et Traûo-t;, cessation). On appelle ainsi le terme des fonctions menstruelles. Les circonstances qui peuvent avancer ou retarder la ménopause, les effets qu'elle peut avoir siu" la santé, seront étudiés au mot Menstruation. D.

IHÉIVORRHJteiE. Voy. Métrorrhagie.

MENSTRUATION (du latin menstruœ, fait de menses, mois). On désigne ainsi une fonction de l'organisme essentiellement temporaire et intermittente, qui se manifeste, chez la femme, par un ensemble particulier de phénomènes dont le plus apparent est un écoulement sanguin à travers les voies génitales.

Cette fonction est temporaire ; car elle n'existe que pendant la période qui sépare la puberté de la ménopause, c'est-à-dire durant la vie génitale de la femme. Elle est, en outre, intermittente; car elle ne se manifeste que par intervalles, sous la forme de crises périodiques revenant à peu près une fois chaque mois. De là, l'origine du nom et les nombreux synonymes dérivés de ce caractère fondamental {mois, menstrues, règles, époques, ordinaires).

Phénomène singulier, inhérent à l'organisation de la femme, l'hémonhagie cataméniale a eu de tous temps le privilège d'attirer l'attention des médecins et de provoquer la curiosité du vulgaire. Le rôle considérable qu'on lui attribuait, dans l'état de santé comme dans l'état de maladie, explique la faveur exceptionnelle dont son histoire a constamment joui. Aussi obscure dans sa cause que secrète dans sa destination, se rattachant d'ailleurs d'une l'açon étroite à la grande fonction de reproduction, elle-même impénétrable en tant de points, l'excrétion menstruelle devait naturellement faire naître une multitude d'hypothèses dont la prétention serait de tout expliquer. Les théories, en effet, avec le cours des siècles se sont multipliées presque à l'infini ; et, pour mettre en évidence l'inanité de la plupart d'entre elles, il ne flillut pas moins que les lumières inattendues fournies par la récente découverte de l'ovulation spontanée.

Depuis que nos contemporains ont enrichi la science de cette précieuse conquête, l'histoire de la menstruation s'est à la fois considérablement agrandie et presque entièrement transformée. Aussi, les travaux des anciens sur la question ont-ils perdu beaucoup de leur importance; et ceux mêmes des modernes, qui ont précédé la découverte de la fonction ovarienne, n'offrent-ils plus d'intérêt sérieux que sur certains points spéciaux du sujet. Il serait injuste, toutefois, d'en

négliger complètement l'étude ; car, au milieu des erreurs ou des obscurités qu'ils renferment, on trouve consignés des faits d'observations dont la vérité est de tous les temps et dont l'utilité ne saurait être contestée. D'ailleurs, c'est seulement par la comparaison des théories anciennes avec la doctrine GOhtemporaine que l'on peut apprécier, d'une manière exacte, toute l'importance de la découverte de l'ovulation spontanée, de même que les progrès réalisés sous son influence dans le cours de ces dernières années.

Pour exposer avec quelque clarté les nombreux détails que comporte l'histoire de la menstrualion, nous envisagerons successivement cette fonction :

1" Dans ses caractères normaux ou physiologiques ;

2° Dans ses rapports avec la fécondation, la grossesse et l'allaitement, comme dans ceux qu'elle affecte a\ec les maladies aiguës ou chroniques ;

3" Dans ses causes et son utilité ;

4" Dans ses déviations ou altérations pathologiques ;

5° Enfin, dans les indications thérapeutiques ou les contre-indications qu'elle peut faire naître.

I. Menstruation normale. Des divers phénomènes qui caractérisent la fonction cataméniale, les uns, s'accomplissant dans l'intérieur de l'organisme, se soustraient presque complètement à l'observation, tandis que les autres, exté rieurs ou apparents, se constatent au contraire avec facdité. Les anciens, pour qui la menstruation consistait à peu près exclusivement dans le fait de l'hémorrhagie périodique, ne connurent que ces derniers ; et encore manquèrent-ils des éléments nécessaires pour en bien comprendre l'origine et la signification. Quant aux premiers, c'est grâce à des autopsies nombreuses de cadavres humains, et surtout à des vivisections pratiquées à l'époque du rut sur des femelles de mammifères, que leur existence nous a été révélée et que leur histoire tend chaque jour à se compléter. Pour peu qu'on les compare entre eux sous le rapport de leur importance et de leur succession, on reconnaît bientôt que les phénomènes intérieurs ou cachés tiennent de beaucoup le premier rang, et que les phénomènes extérieurs, qui presque toujours en dépendent, ne sont que des manifestations d'un ordre relativement secondaire. Les premiers, en effet, constituent essentiellement la fonction, tandis que les seconds semblent n'en former qu'un complément plus ou moins nécessaire, mais non indispensable.

Lorsqu'on examine les ovaires d'une femme morte dans la vigueur de l'âge, on compte d'ordinaire aisément à leur surface de 15 à 20 vésicules dont le volume varie entre celui d'un grain de millet et celui d'un pois : ce sont les vésicules de Graaf, dites encore ovisacs, parce que chacune d'elles renferme un ovule. Chez la femme vivante, c'est l'une de ces vésicules — ordinairement la plus volumineuse et la plus superficielle — qui devient le point de départ et donne en quelque sorte le signal du travail menstruel. Environ trois semaines après la dernière époque cataméniale, elle devient tout à coup le siège d'un mouvement nutritif insolite • ses parois se vascularisent et se congestionnent,; le liquide qu'elle renferme est sécrété en plus grande abondance ; son volume s'accroît rapidement et ses enveloppes se distendent ; la vésicule atteint alors les proportions d'une cerise ; du sang s'épanche dans sa cavité, trouble la limpidité du contenu et souvent se concrète en caillot. Semblable à une collection purulente qui fait effort pour s'ouvrir à la surface des téguments, la vésicule en se développant proémine de plus en plus à la surface de l'ovaire; ses parois s'amincissent progressive-

ment surle point le plus culminant, et bientôt celui-ci, parle fait de la résorption, se trouve dépourvu de vaisseaux. Enfin, au bout de six à buit jours de cette suractivité nutritive, les enveloppes cèdent à la pression excentrique du liquide, ou peut-être à une contraction du tissu ovarien qui en augmente la tension, et l'ovule est expulsé dans la trompe à travers une décliirnre de la vésicule. Ainsi se prépare et s'eliectue la ponte spontanée, qui représente le pbénoraène capital de la menstruation. Dès lors, la fonction est accomplie dans ce qu'elle offre d'essentiel ; et, la crise cataméniale n'ayant plus d'objet, les divers phénomènes qui s'y rattachent disparaissent pins ou moins promptement.

Pendant que la vésicule ovarieime parcourt les phases dont nous venons de parler, les organes de la génération éprouvent eux-mêmes des modifications particulières qui accusent nettement leur subordination physiologique. L'ovaire, qui est à la fois le théâtre et le principal agent du travail vésiculaire, en subit naturellement l'un- des premiers le retentissement: son tissu s'injecte et prend une teinte plus foncée, en même temps qu'il devient plus humide et plus souple; soa volume surtout augmente notablement, ainsi qu'il résulte des constatations faites dans certains cas de beinie. Oldhani et Morel-Lavallée ont observé chacun un exemple de ce genre. Il est à remarquer, d'ailleurs, que celui des deux ovaires qui sert de support au follicule en voie de développement, éprouve ces changements temporaires à un degré sensiblement plus marqué que son congénère.

C'est ainsi que chez une fille vierge de 26 ans, qui avait succombé à une dysenterie le jour même où devait paraître le flux menstruel, Kaciborski obtint à la mensuration des ovaires les résultats suivants :

Longueur de l'ovaire droit, siège de la vésicule dilatée, 42 millimètres ; largeur ou bauteur, 52 millimètres. Pour ro\aire gauche, ces dimensions étaient moindres et représentées, la première par 40, et la seconde, par 45 millimètres seulement.

Une autre fille, Agée de 19 ans, également vierge, et qui était morte de scarlatine deux ou trois jours avant le retour présumé d'une époque menstruelle, avait des ovaires dont les dimensions furent trouvées, par le même observateur, presque aussi différentes que dans le cas précédent. L'ovaire gauche, en effet, qui renfermait le follicule en voie de maturité, mesurait 5 centimètres de long et 38 millimètres de large; tandis que l'ovaire droit, qui offrait la même longueur, ne mesurait que 23 millimètres de large.

Dans un récent travail, Albert Puech a pareillement consigné le résultat de trois autopsies dont les détails se trouvent résumés dans le tableau suivant.

Page 1