‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.59Chapitre 12 sur 74 · I. milieux inorganiques · texte numérisé non relu

I. milieux inorganiques

A. Agents MODIFICATEURS bien déterminés ou milieux simples. a. Agissayit par les seules forces de la physique.

Pesanteur, son action sur les végétaux, § 28 ; — sur les animaux, ^ 41 à 44. Température , son action sur les végétaux, § 25 à 26, § 7o, § 97, § 400 ;

— sur les animaux, g 50 à 35, § 62, § 85, § 105, g 105 à 107, § 119. Lumière, son action sur les végétaux, g 21 et 22, §53, § 70, § 101, § 115;

— sur les animaux, § 56 à 59, § 105 à 107, § 109. Osmose, § 76.

Hygrométricité, son action sur les végétaux, § 71; — sur les animaux, g 40, § 104 et 105.

Eau, son action sur les végétaux, § 102.

|3. Agent modificateur agissant sur les forces physico-chimiques.

Air et oxigène , 1<> selon sa raréfaction ; sur les végétaux, § 28; — sur les animaux, § 42 à 44.

— 2" selon sa composition; sur les végétaux, § 72 à 74, § 115; — sur les animaux, g 42 à 44.

Électricité, § 28, § 45 ; Ozone, son action encore hypothétique, § 45.

Eau, selon sa composition (aérée, douce, salée), § 21 ; 72 ; § 76 ; § 115.

B. Milieux inorgamques complexes, ou dont la nature est mal connue. a. Agissant sur les organismes.

Atmosphère et météorologie, §45, §75.

Climat et Saison; § 83, etc. Voy. Température. Topographie, sur les végétaux, § 114; — sur les animaux, § 80 à 85, gl08,§110, §119et 120.

Aliments, § 1 (note); action sur les animaux, § 46, 47; § 78 ; § 91 ; § 108. Ingesta divers (tabac, etc.), §48.

Sol et sous-sol, sur les végétaux, g 27, §74, § 99; — sur les animaux, 0. Mimésisme, ou faculté de revêtir la livrée du milieu, § 58, § MO.

p. Agissant sur V entendemeiit humain.

Paysage , spectacle de la nature, etc., § 49 et 51, § 56, § 60 à 62. Climat, § 58 à 60, § 62 et 65, §100. Fo?/. Température. II. milieux vivants.

a. Agissant surtout sur les organismes.

Milieu intérieur des organes, § 1 (note), § 15 et suivants, § 29, § 104. Mésologie histologique animale, § 15 à 19, § 124; — végétale, 0.

Un 0 indique une influence raésologique que l'absence de documents sérieux ne nous a pas permis de traiter.

MÉSOLOGIE. 2G5

Agglomération, § 80, § 95.

Contagion ou milieu morbide, § 79 et 80, § 85 à 89, § 95, § 125 et 124.

Rapports utiles ou nuisibles des plantes et des animaux, § 54, g 75.

Association : 1" des végétaux, g 54 ; — 2» des animaux, g 55, 56.

Commensalisme : 1" végétal, §54, § 75 ; — 2" animal, § 57.

Parasitisme végétal, §54, § 75; —animal, § 0.

Esclavage, §59; 121.

Domestication, § 56, § 98, § 110, § 115 à 118, § 121 et 122.

Milieu professionnel , § 94.

Milieu familial et état civil, § 65, 66 et 92.

Aisance et misère, § 93.

Milieu sauvage et sélection, § 38, § 110, § 115 à 118 § 121 et 122.

B. Influences psychiques du milieu social. Sur les animaux, § 55 et 56.

Sur l'homme, § 50 à 52, § 64 à 68.

Sur les collectivités , § 55, § 64 à 68. Milieu familial, §65 et 66, §92.

Milieu mental, imitation, § 86.

Contagion nerveuse, §84 à 91.

Habitudes vicieuses, § 89 à 91.

Concurrence vitale, § 122.

Isolement, § 50.

126. Résumé et conclusion. Nous avons parcouru le champ entier de la Mésologie ou plutôt des quatre branches de la Mésologie qui sans doute resteront distinctes : la Mésologie histologique, la Mésologie végétale, la Mésologie animale et la Mésologie psychologique (§ 14) .

Nous avons montré que, chez tous les êtres vivants, une relation intime relie l'organisme au milieu, et que l'activité physiologique n'est pour ainsi dire que le produit du rapport harmonique de ces deux termes, au lieu d'en être la lutte comme l'avait conçu Bichal: si bien qu'aussitôt que le miheu est modifié, les activités vitales le sont aussi, soit dans des limites encore physiologiques par un simple accroissement ou un ralentissement, soit en dépassant ces limites et par des manifestations vraiment pathologiques aussi variées que ces milieux dans leur nature ou dans leur gravité.

127. Nous avons constaté, en outre, que les modifications de milieu compatibles avec la vie finissaient souvent par amener dans les formes spécifiques des changements très-variés et déjà notables, malgré le temps relativement très-court d'oii datent nos observations précises : et, bien qu'il soit absolument impossible de dire, dès aujourd'hui, quelle est la limite de ces changements, ce que l'on en reconnaît a déjà modifié les idées d'un grand nombre de naturalistes sur l'espèce et parait devoir entraîner en histoire naturelle un remaniement des groupes génériques et spécifiques.

128. Dans Je cours de ce travail, nous nous sommes nécessairement arrêté un peu plus sur la mésologie humaine tant physiologique que pathologique. En ce qui concerné le premier point de vue, nous avons montré par l'histoire, par l'anthropologie, par la psychologie comparée, la puissante influence du milieu naturel et sur l'individu et surtout sur la collectivité humaine; nous avons constaté la dçmination plus souveraine encore du milieu social sur l'individu qui y est plongé. Nous avons établi que, pour l'individu se développant sous l'influence

266 MÉSOROPTRE.

combinée de ces deux milieux, la vie est justement la série des activités physiologiques et animiques résultant du conflit harmonique qui s'étaolit entre ces deux milieux et l'organisme propre reçu des ancêtres par voie d'hérédité. En conséquence nous avons admis que l'homme lui-même, soit indi\iduel soit collectif, soit sain soit malade, qu'on le considère dans ses activités purement animales ou dans ses manifestations animiques, est tout entier le produit exclusif de ces deux facteurs, ancêtres et milieux.

129. Nous en avons tiré cette conclusion, féconde en applications et à laquelle notre aspiration de la régénération de notre patrie donne un caractère saisissant d'actualité : que pour modifier l'homme individuel ou collectif, il n'y a que deux voies possibles :

1° Modifier l'ancêtre, ce qui est hors de notre pouvoir pour les existences déjà pourvues, mais ce qui est possible pour les existences à venir, quoique d'une application fort difficile en ce qui concerne l'homme {voy. art. Mariage, § 66 à 87 et 109 à la fm.

2*^ Modifier le milieu naturel ou le milieu social, ce qui est possible, dans une mesure restreinte, très-restreinte, mais encore notable : modifier le milieu naturel ^ et surtout le milieu social et mental des jeunes générations, de manière à amener graduellement les changements désirés (voy. Éducation). Voilà la route que la science pure ouvre aux sciences appliquées et aux arts qui ont pour objet le perfectionnement de la santé, des mœurs, des idées, d'une collectivitédéterminée.

Ainsi la Mésologie apparaît comme la science maîtresse de laquelle dépend notre puissance sur les organismes vivants et sur nous-mêmes. En dehors d'elle, nos efforts, nos changements n'ont pour raison que nos douleurs, pour guide que nos heurts et nos chutes ; avec elle surgit la lumière qui éclaire notre route et nos agissements. Et, comme les autres sciences nous ont assuré la dominatio de la matière brute, la Mésologie nous donnera pouvoir aussi sur la substance vivante, et, gloire suprême, nous rendra maîtres de nous-mêmes !

Bertillon.

Bibliographie. — Blainviue. Cours de physiologie, 5 vol., 1829. — Comte (A.). Philosophie jjositive, 40« et surtout 45« leçon. Ce sont les deux auteurs qui font de l'influence des milieux un point de vue spécial d'investigation, et à leur suite M. le professeur Robin dans ses nombrenx travaux; puis Bertillon, dans la Revue scientifiq. des deux mondes 1860; — dans la l'i' éd. (1865) du Dict. de médec. de Littré et Robin, et aussi les faits nouveaux et nombreux qu'il a découvert et publiés dans sa démographie figurée de la France, in-folio, années 1872, 1873 et suivantes. Quant aux expérimentateurs, qui ont fait de la Mésologie sans le savoir, ils sont très-nombreux; nous en avons cité quelques-uns dans le cours de cette monographie. Disons seulement que, de tous les biologistes modernes, M, le professeur Paul Bert est celui qui a le plus enrichi la Mésologie.

MÉSOPOTAmiE. Voy. Syrie.

MÉSORECTUM. Repli péritonéal, continuant le mésocôlon de l'S iliaque, et n'existant qu'à la partie supérieure du rectum [voy. Péritoine et Rectdm).

MÉSOROPTRE {iiîGopoz, qui sert de limite, et Qr.Toum, voir). On a appelé ainsi la distance à laquelle un objet doit être placé pour être vu distinctement.

♦ L'homme n'est pas absolument sans puissance sur ce milieu : par un long travail le sol antique de la Gaule a été profondément modifié, mais il y a encore des marais à dessécher, il y a des montagnes à reboiser, des rivages à assainir, des landes à fertiliser, des fléaux météoroiogiques à prévoir et à conjurer.

MESSERSCilMlDT. 267

L'espace dans lequel cet objet peut être éloigné ou rapproché sans cesser d'être vu distinctement est le champ d'accommodation {voy. Accommodatioîj).

MÉSOXALATES. Sels provenant de la combinaison de l'acide raésoxalique avec diverses bases. Les mésoxalates neutres sont représentés par la formule générale C^JPO^", et les mésoxalates acides par la formule générale CMHO^". Ces composés ont peu d'importance, M.

IWÉSOXALIQUE (âcide) G^H-Û^". Lorsqu'on verse goutte à goutte une dissolution bouillante d'acétate de plomb dans une solution d'alloxane, on détermine un dépôt qui, traité par de l'hydrogène sulfuré se décompose eu sulfure de plomb et en acide mésoxalique.

La dissolution de cet acide rougit fortement les couleurs bleues végétales, et peut être bouillie sans qu'elle se décompose; saturée d'ammoniaque, elle produit des précipités blancs dans les sels de baryte, de chaux et de strontiane ; ces précipités sont des mésoxalates solubles, dans les acides et dans un excès d'eau.

h'acide mésoxalique est un acide bibasique ou biatomique. M.

MESPELL'S. Voy. Néflier.

MESPiLODAPHXE (îVees, Syst. Laurin., 192, 235). Genre de plantes de la famille des Lauracées, série des Cryptocaryées, dont les fleurs, hermaphrodites ou dioïques, ont un réceptacle très-concave, et, sur les bords, un périanthe de Laurier, à six folioles, neuf étamines fertiles, disposées sur trois rangées, les intérieures étant extrorses, sans staminodes ou à peu près. D'adleurs ces étamines sont accompagnées de glandes latérales et pourvues de quatre logettes à panneaux. Le gynécée inclus est celui d'un Laurier, et le fruit, plus ou moins enfoncé dans le réceptacle épaissi, renferme une graine de Lauracée. Les Mespilodaphne sont des arbres ou des arbustes de l'Amérique tropicale et de Madagascar, à feuilles alternes ou subverticillées, coriaces, aromatiques, à fleurs axillaires et terminales. Ce sont des végétaux excitants, stimulants, chauds ou acres. Le M. cupidaris Meissx. produit le Bois de Cannelle des îles Mascareignes. On l'a appelé aussi Agathophyllum ciipulare Bl. Le M. Sassafras Meissn. est le Cannela Sassafras des Brésiliens. Le Casca pretiosa des Brésiliens est l'écorce odorante du. M. pretiosa Nées (in Linnœa, VIII, 45). C'est une substance fort aromatique, employée au traitement des catarrhes, hydropisies, rbumatismes, affections syphilitiques, etc. On l'appelle encore : Pao pretiosa, Canelilla, Canhelina, Predosa. H. Bn.

Meissxer, in DC. Prodr., XV, sect. I, 96, 510. — Enhl., Gen. plant., n. 2039. — H. B. K. Nov. gen. et spec. pi. œqiiin., VII, 192, t. 645. — Mabtius. FI. brasil., iMurac, 517. — BucHSEB, in Rep. Pharm., XXXI, 556. — Gcibourt. Tr. des drog. simpl., 6« éd., II, 599 — Baillou (H.). Hist. des Jetantes., Il, iè^.iU, ^16,11. 25.

AIESSERSCHMIDT (Damel-Théophils). Né à Dantzick en 1685, mort à Saint-Pétersbourg en 1735. Reçu docteur à Halle en 1707, il vint se fixer à Saint-Pétersbourg en 1716. En 1720, il entreprit, avec de très-faibles ressources, un voyage scientifique en Sibérie ; il recueillit des documents intéressants sur l'histoire naturelle, la médecine et la géographie. Ses travaux furent peu appréciés, et iMesserschmidt, découragé, retourna à Dantzick; mais il fit naufrage, et perdit toutes ses collections. Il rétourna plus tard à Saint-Pétersbourg, et y mourut p&uvr© et ignoré. La Relation de son voyage en Sibérie a été insérée

508 MESUK (les).

dans le tome Ilï des Neue nordische Beijlrâge zur Erd-und Vôlkerbeschreibimg, de Pallas. H. Mn.

MESSIXE (Station HIVERNALE et marine de). En Sicile, à la pointe nord-est de l'iie, en face de la côte italienne dont elle n'est séparée que par le détroit, dit Phare de Messine, à 200 kilomètres de Palerme, est une ville fortifiée et un port dont la rade est magnifique. La population est de 104,000 habitants; quelquesuns de ses monuments, tels que l'hôtel de ville ou Senatorio, le palais archiépiscopal, la cathédrale, le grand hôpital et surtout le phare, sont très-remarquables. Ses promenades, et principalement le Corso, ses quais, sont admirés des étrangers. Messine a une Faculté des sciences, des lettres, de droit et de médecine, un collège royal, une école de navigation, quatre bibliothèques publiques qui possèdent des ouvrages et des manuscrits précieux, et, enfin, un grand séminaire. Les campagnes qui entourent la ville sont très-fertiles, elles sont très-riches en plantations de mûriers dont les feuilles nourrissent une très-grande quantité de vers à soie. Le commerce de Messine consiste dans une exportation assez suivie de soie écrue, de citrons, de corail, d'huile, de vins et de blé.

La douceur et la constance du climat attirent à Messine quelques convalescents qui, après avoir passé la première partie de l'hiver en Italie, viennent le finir en Sicile, à Palerme {voy. ce mot) ou à Messine.

La plage aussi étendue qu'unie qui entoure Messine, l'ancienne Zanciîe (qui ala forme d'une faulx), est parfaitement disposée pour la commodité des baigneurs. Ils y trouvent des cabanes roulantes qui les conduisent dans l'eau, oîi ils peuvent profiter des lames qu'entretiennent quatre fois par jour le flux et le reflux de la mer. Les bons nageurs doivent éviter de gagner le large, s'ils ne veulent s'exposer à être entraînés par un courant assez rapide pour rendre la navigation dangereuse dans cette partie du détroit. Ses périls expliquent assez difficilement aujourd'hui cependant la fable des écueils de Gharybde et de Scylla. A. R.

MESXA. Voîj. Naghas.

MESUÈ (Les). On compte deux médecins arabes de ce nom.

mesué (l'ancien) ; Abou-Zachauiah-Jahiah-ben-Maswijah-al-Dschondisabouri. Comme l'indique le dernier des noms arabes de Mesué, il était né à Djondisabour, (vers 807), où son père était établi apothicaire. Il fut disciple de Gai)riel Bactischua; puis médecin de l'hôpital de Bagdad, et figura à la cour d'Haroun-alllaschid et d'al-Mottawak-Kil. Comme beaucoup d'Arabes des premiers siècles de l'Islamisme, il travailla à des traductions des auteurs grecs. On place sa mort vers l'an 850,

Nous ne connaissons de ses écrits que les fragments qui ont été conservés par Rhazès. Le livre Selecta artis medicinœ qu'on lui attribue et qui a été traduit en latin sous le nom de Janus Damascenus {Bononiœ, 1489, in-foL), est-il de Mesué l'ancien ou de l'un des deux Serapion ? Cela est incertain.

D'après les citations de Rhazès, on voit qu'il n'employait les purgatifs qu'avec une certaine timidité, atténuant les drastiques par divers adoucissants. Il regardait la variole comme le produit d'une fermentation spéciale qui devait se pro' duire chez tous les hommes.

Mesué (le jeune), Jahja-Ben-Maswijah-Ben-âhmed-Ben-âli-Ben-Abdallah. Il

MESYRILUS. 269

seiait né à Maridiu sur rEupliralc, et aurait été chrétien. Il étudia, dil-ou, à Bagdad, sous le célèbre Avicenne, passa sa vie auprès du khalife El-Ilakim, au Caire et mourut vers l'an 1015.

Choulant a soulevé des doutes sérieux sur l'existence de Mesué le jeune. Dans la traduction latine des œuvres qui lui sont attribuées, Mesué est diversement dénommé. Dans le canon général, c'est Johannes lihus Mesué, lllii Hamech, tilii liali, filii Abdel régis Damasci. Dans la deuxième partie, on lit Johannes Mesué Damascenus; dans l'Antidotaire Johannes Mesué. Enfin, dans la Pratique il est désigné comme chrétien : Johannes Nazarenus filius Mesuse. Wûstenfeld, dans son histoire des médecins arabes (p. 63), lui donne les noms mis en tête de cet article, mais sans parler de la descendance royale. Ce filius Abdela régis Damasci a même étonné un ancien commentateur, le célèbre Mondino qui n'a vu là qu'une dédicace intercalée dans le titre. Une circonstance très-digne de lemarque, c'est qu'aucun des historiens arabes, ni Aboul Faradsch, ni Ahou Oseibiah, ne parlent de Mesué, le jeune ; enfin, on ne connaît pas, on n'a pas trouvé de manuscrit arabe sur lequel on aurait fait la traduction que nous possédons. 11 est donc bien permis d'admettre avec Choulant, qu'il s'agit ici d'une compilation faite avec des manuscrits orientaux et que le nom de Mesué, célèbre dans la médecine arabe, aura été pris, comme une enseigne sous laquelle un auteur du onzième ou du douzième siècle, aura publié ses propres écrits en les signant d'un nom connu. Cette supercherie n'était pas rare à une époque où l'autorité des noms avait tant de puissance.

Au total, et quel qu'en soit l'auteur, les différents ouvrages attribués à Mesué sur la matière médicale et sur la médecine ont joui d'une très-grande réputation au moyen âge ; les auteurs les plus illustres de ce temps, Jean de Saint-Amand, Nicolas PrcTepositus, Pierre d'Abano, Mondino, Manardo, etc., se sont disputé l'honneur de le commenter. Mesué s'est beaucoup occupé non-seulement de médicaments, en suivant les idées de Galien, mais encore de la manière de les corriger les uns par les autres. La Pratique médicale est demeurée incomplète et s'arrête aux maladies du cœur, Pierre d'Abano y a ajouté quelques chapitres, mais c'est François de Piémont qui prenant le livre où l'auteur l'avait laissé eu a donné une suite complète {voy. François de PiémOiNt).

Ce qui montre bien l'importance que l'on attachait aux écrits de Mesué, c'est le nombre et surtout l'ancienneté des éditions qui ont été données de Cet auteur. Ces ouvrages sont les suivants : Canones univer sales divi Johannis Mesue, de consolatione medicinarum simplicium et correctione operationum earum. — Grabadin, est agregatio vel antidotarium et confectionum, et aliarum medicinarum compositarum. — Liber medicinarum particularium sive Practica medicinalis particularium œgritudinum (Cum additionibus Pétri de Apono et Francisci de Pedemontio).

La plus ancienne édition est de Venise, 1471 in-fol., les autres sont de Naples, 1475 in-fol., et du seizième siècle. On y joint ordinairement les commentaires de Cristophorus de Honestis, de Nicolas Praepositus, de Pierre d'Abano, de Math. Platearius, de Jean de Saint-Amand et, en outre, le Liber Se rviioris d'Albucasis le Traité de médecine de Goplion, le Traité des doses de Genlilis de Foli^no etc. ett- E. Bgd!

MESURES SANITAIRES. Voy. Sanitaires (Mesures) et Quarak taises. • suiSïRiLL'S. Pl. Foi/. Néflier.

270 MÉTAGLYCÉRINE.

MÉTACARPE. Voy. Main.

MÉXACARPIEIVKE (Artère). Voy. Main.

MÉTACARPIEKIKEIS (ARTICULATIONS). Voy. MaIN

iaÉTACARPiEi\[S (Os et ligaments). Voy. Main.

MÉTACARPO-PHALAIVGIEIKIKES (Articulations). Voy. M.vix,

MÉTACÉTAMIDE. Voy. PROPIONAMIDE.

MÉTACÉTAMlî^E. Un des noms donnés à la propylamine {voy. ce mot). On l'obtient en traitant la narcotine, ou la codéine par la chaux potassée, à la température de 120 à 175*". C'est un alcaloïde constituant une huile limpide, volatile, d'une odeur forte, semblable à la tétrylamine, et assez rapprochée de celle de l'ammoniaque ; se combinant avec les acides concentrés avec dégagement de chaleur. Le chlorhydrate cristallise en grosses tables. L.

MÉTACÉTIQUE (Acide). Voy. pROPioNiQUB (acide).

MÉTACÉTOIME. C'est une huile incolore, d'une odeur agré;ible, insoluble dans l'eau, fort soluble dans l'alcool et dans l'éther. Elle bout à 84". Elle a beaucoup de rapports avec la propione {voy. ce mot), qui a également reçu le nom de metacétone.

M. Fremy la prépare en soumettant à la distillation sèche un mélange intime de 3 parties de chaux vive et 1 partie de sucre. On chauffe doucement, car l'eau que perd le sucre, rencontrant la cliaux vive, élève la température au point que la réaction, une fois commencée, s'achève seule et brusquement. Il passe à la distillation une huile complexe. On l'agite avec de l'eau qui dissout l'acétone et d'autres substances étrangères ; et l'on rectifie l'huile insoluble qui vient nager sur l'eau, jusqu'à ce que son point d'ébullition soit constant. L.

l»IÉTACÉTO]%[AT£S. Voy. Propionates.

JMnÈTACÉTOAllQL'E (AciDE). Voy. Propioniqde (acide).

inÉTACÉTYLE. Voy, pROPIONYLE.

MÉTACliVAinÉlKE. Nom donné par M. Fremy à l'une des modifications de la Styracine {voy. ce mot).

MÈÏAGEIXÈSE. C'est la génération dite alternante {voy. Génération).

MÉTaglycÉRIIXE. Pour l'obtenir, on sature complètement, par Tacide chlorhydrique gazeux, 1 partie de glycérine étendue d'un tiers de son poids d'eau et chauffée à 100°. La saturation obteime, on y ajoute une portion égale de glycérine, et on chauffe le tout, pendant 15 heures, dans un bain d'huile à la température de 100°, dans un ballon muni d'un réfrigèrent disposé de manière que les parties distillées retombent dans le ballon. Ou soumet ensuite le produit de l'opération à la distillation, et on ne recueille que ce qui passe entre 170 et 270°. On obtient ainsi un mélange de glycérine bi-chlorhydrique et de pyrc^lycé-

MÉTALLIQUES (bruits). 271

rines (glycérine dont deux ou plusieurs molécules sont condensées en une seule), mono et di-chlorhydrique. On décompose ce mélange, chauffé à 100'^, par de petits fragments de potasse caustique récemment calcinée. Une vive réaction a lieu ; du chlorure de potassium se forme ; on continue à ajouter des fragments de potasse jusqu'à ce que le chlore ait complètement disparu. On décante le liquide et on le soumet à la distillation fractionnée, en ne recueillant que ce qui passe entre 245 et 255". C'est la métaghjcérine ou pyroglycide.

La métaglycérine est un liquide limpide, incolore, huileux, ayant moins de viscosité que la glycérine, soluble dans l'eau et l'alcool en toutes proportions.

Ldtz.

MÉTAGUMMIQUE (ÂciDE.) Les gommes solubles dans l'eau sont des sels formés par un acide, Vacide gummique, uni à la chaux et à la potasse ; ces (jummates, chaulfés à la température de 120 à 150", deviennent complètement insolubles dans l'eau, et sont alors identiques de composition avec les gommes naturelles insolubles, telles que la cérasine, la bassorine, etc. C'est que l'acide guraraique, sous l'influence d'une haute température, s'est transformé en acide metagummique insoluble, formant des sels insolubles avec la potasse et la chaux.

Les métagummates sont insolubles dans l'eau froide, cependant ils s'y gonflent considérablement (gomme adragante) ; mais lorsqu'on les fait bouillir pendant quelque temps avec ce hquide, ils se convertissent en gunmiates solubles. La gomme des cerisiers et des pruniers est formée par un mélange de gummates solubles et de métagummates insolubles.

La transformation de l'acide guramique en acide metagummique peut s'opérer, en versant avec précaution une solution de gomme arabique au-dessus d'une couche d'acide sulfurique, et abandonnant le tout pendant quelques jours.

Ldtz.

MÉTALDÉHTDE. Modification isomérique de I'Aldéhyde {voy. ce mot).

MÉTALLIQUES. {Bruits, timbre, résonnance métallique, Bruit d'airain, Tintement métallique).

Sous la dénomination de métalliques, on désigne un certain nombre de phénomènes acoustiques remarquables par leur résonnance éclatante, à timbre de métal d'airain ou d'argent, et qui semblent le plus souvent se produire dans une cavité à parois métalliques.

De ces phénomènes, les uns sont spontanés et se produisent indépendamment de la volonté du malade ou de l'action du médecin ; les autres sont provoqués, soit par un acte volontaire du malade (la toux ou la voix), soit par une intervention du médecin, lequel détermine des bruits métalliques au moyen de la percussion médiate sur le doigt ou le plessimètre, de la succussion ou de la percussion auscultatoire. — Tantôt ils s'entendent à distance, tantôt ils ne sont perceptibles que par l'oreille appliquée sur la région où ils se forment.

Plusieurs des bruits métalliques ont, parleurs caractères et par les conditions matérielles de leur production, une grande analogie avec les bruits dits amplioriques, à tel point que certaines variétés de ces bruits sont parfois désignées indifféremment par l'une ou l'autre appellation. La voix qui, chez certains sujets, est normalement bien timbrée, forte et vi-

272 METALLIOIJES (eruits).

brante, a, parfois, dans quelques maladies du larynx (croup, rétrécissements, etc.), une résonnance métallique-creuse. — Il en est de même pour la toux, et aussi, mais à un degré iiifiiiiment moindre, pour le bruit respiratoire perçu à distance.

Lorsque Vestomac est très-distendu par des gtiz et des liquides, il s'y produit, soit seulement par les mouvements alternatifs d'élévation et d'abaissement du diaphragme, soit par les mouvements brusques et volontaires du tronc du malade, ou par une secousse que lui imprime le médecin, un bruit de flot à timbre métallique ou amphorique : c'est un des signes les plus certains de Vhydrogastrie acvec rétrécissement du pylore. — De même, dans certains cas à' étranglement ou de rétrécissement de Vintestin avec accumulation de liquides et de gaz au-dessus de l'obstacle, on peut percevoir, soit en écoutant près de l'abdomen, soit en plaçant le stéthoscope sur la paroi antérieure, des bruits à résonnance métallique, semblables à ceux que l'on produirait en versant de l'eau, par gouttes ou par un mince lilet, dans une carafe au quart pleine ; ces bruits se forment alors que des fluides intestinaux passent d'une anse d'intestin à une autre qui est agrandie en cavité devenue sonore.

De même encore, on a cité des cas de tumeur rénale {Traité d'auscultation, 1870), où la présence de pus et de gaz (sans communication avec l'extérieur ou avec l'intestin) , avait été révélée à l'oreille par l'existence d'un véritable tintement métallique.

Les bruits du cœur, qui, dans l'état normal, donnent à l'oreille la sensation d'un double claquement dont le premier est plus sourd et le second plus clair, présentent parfois une sonorité métallique : tantôt c'est seulement un timbre légèrement argentin, surtout du claquement systolique, et tantôt la résonnance métallique est nettement caractérisée; tantôt, encore, chaque contraction des ventricules est accompagnée d'un tintement qui retentit comme un écho métallique, surajouté au fort claquement de la systole : on imite très-bien ce bruit si, appliquant sur l'oreille la paume de la main gauche, on frappe de petits coups secs sur le dos de cette main avec le médius de la main droite.

La résonnance métallique des bruits cardiaques est d'autant plus intense que les battements et l'impulsion du cœur sont plus énergiques ; elle se produit au voisinage d'une cavité sonore distendue par du gaz (et elle est généralement plus prononcée quand les parois de l'organe sont épaisses et dures) ; elle est due au retentissement du bruit systolique et du choc du cœur dans cette cavité, et c'est pour cela qu'elle est perçue plus manifesteiïient dans les cas de tympanite stomacale (et aussi dans ceux de pneumothorax gauche).

Mais c'est surtout dans V appareil de la respiration que se produisent spontanément ou que l'on développe artificiellement les bruits métalliques : par exemple, dans le pneumothorax avec perforation pulmonaire, le murmure respiratoire, la voix et la toux, prennent dans le côté malade, un timbre métallique : ces résonuances spéciales sont le plus souvent désiguées sous le nom de bruits amphori- (jiies [voy. Amphoriques) parce qu'elles semblent, suivant l'expression de Laennec, retentir dans une amphore à parois vibrantes. Dans ces mêmes circonstances si, combinant la percussion avec l'auscultation, on applique sur la partie antérieure de la poitrine une pièce d'argent de cinq francs, et si, avec une même pièce, on frappe sur ce plessimètre métallique de petits coups secs, l'oreille appuyée à la partie postérieure du même côté, perçoit un bruit tout à fait semblable à celui qu'on déterminerait en percutant uu vase de bronze : c'est le bruit d'airain que nous avons déjà signalé {voy, le mot Gaver>'euxj.

MÉTALLIQUES (druits). 275

Ce bruit a la même signification morbide que les bruits amplioriques : il est généralement avec ceux-ci en relation exacte, et il est, comme eux, pins ou moins évident, selon que les conditions productrices de tous ces phénomènes acoustiques se rencontrent plus ou moins nombreuses. 11 constitue donc, dans les cas douteux de collection gazeuse de la plèvre, un signe de plus, qui a de l'importance pour la diagnose; et si, par exemple, dans un pneumo-thorax, la fistule bronchique venant à se boucher, les signes habituels de l'épanchement gazeux faisaient défaut, la constatation du bruit d'airain permettrait néanmoins d'établir un diagnostic positif.

Lorsque la cavité pleurale contient à la fois du gaz et du liquide, on perçoit par l'auscultation divers bruits à sonorité métallique plus ou moins prononcée et qui présente quelques différences suivant les conditions accidentelles de leur production :

Ainsi, quand on imprime au tronc du malade une secousse en même temps qu'on tient l'oreille appliquée sur la poitrine {siicciission hippocratiqiie), on entend, dans le côté affecté, un bruit de flot à timbre parfois métallique, argentin, et semblable à celui que l'on détermine en secouant une carafe à moitié remplie d'eau ; ce bruit, dénommé aussi bruit de fluctuation thoracique, se produit dans certains cas, rien que par les mouvements un peu brusques du malade; quelquefois il est perçu à distance par le médecin 'et entendu parle malade luimême. Il est dû à la collision des fluides que contient la plèvre distendue, et il constitue un signe palhognomonique de Y hydropneumothorax.

C'est encore dans les épancbenients simultanés de gaz et de liquide, surtout avec perforation pulmonaire etiistule pleuro-bronchique, que l'oreille pçrçoit un son argentin, pareil au bruit qu'on produirait en laissant tomber un ou plusieurs grains de sable ou de plomb dans une coupe de métal, et que Laennec a décrit admirablement sous le nom de tintement métallique. Ce tinnitns peut exception nellement s'entendre au niveau d'une vaste caverne pulmonaire ; mais c'est principalement dans le pneumothorax et dans l'hjdropneumothorax qu'il se présente ; il est un signe à peu près constant de ces lésions pulmonaires, et il se montre alors avec ses caractères les plus nets et les mieux déterminés.

C'est un bruit unique ou multiple, et comparable, ainsi que nous venons de le dire, à celui qui résulterait de la chute d'un ou plusieurs grains de plomb dans \m plateau d'airain : il ressemble parfois au frémissement argentin d'une corde métallique mise en vibration.

Les diverses variétés du tintement peuvent être produites par la respiration, par la voix, et principalement par la toux qui parfois est seule capable de le manifester. Pour qu'il devienne plus perceptible pendant l'acte de la respiration ou de la phonation, il faut que le malade fasse de fortes inspirations ou articule les mots, les syllabes, à voix haute et brève ; à la fin de chaque son vocal on entend alors comme un écho argentin.

Le tintement métallique a des caractères si tranchés, qu'on ne saurait le confondre avec aucun autre phénomène acoustique : en auscultant la région sousmammaire gauche, il peut arriver qu'on entende une sorte de tinnitns qui se passe dans lestomac distendu par des gaz et des liquides; mais ce bruit est passager, fortuit, et, en cela, il diffère tout à fait du vrai tintement qui est.constant et lié aux mouvements réguliers de la respiration.

Le mécanisme de production du tinnitns métallique a donné lieu à de nom-

BIGT. £NG. 2* fi. VU. 1^

274 MÉTALLIQUES (bruits).

breuses théories : Laennec, en termes assez vagues et passablement obscurs, l'attribue « à la résonnance de l'air agité pai" la respiration, la toux ou la voix, à la surface d'un liquide qui partage avec lui la capacité d'une cavité contre nature formée dans la poitrine. » Raciborski l'explique par « un cliquetis qui s'effectue entre les molécules du liquide ébranlé contenu dans un vase à parois sonores et rempli en grande partie d'air. » Dance a proposé une autre explication :

« Lorsque, dit-il, dans un hydropneumothorax avec perforation pulmonaire, le niveau du liquide contenu dans la plèvre dépasse l'ouverture fistuleuse du poumon, une certaine quantité d'air s'insinue pendant l'action de parler, de tousser, de respirer, à travers la fistule, sous l'épancheraent liquide, le traverse et forme des bulles qui viennent crever à la surface et dont la rupture détermine le tintement métallique. » Cette idée a été reproduite et développée par Beau. Suivant M. de Castelnau, « le tintement n'est autre chose qu'un râle muqueux ou caverneux, retentissant dans une caverne spacieuse à la faveur d'une communication étabUe entre cette cavité et les bronches, et ainsi le tintement métallique doit être considéré comme un râle amphorique. » Enfin, d'après M. Guérard, pour le tinnitus qui est unique, le son se produirait à l'orifice même de la fistule de la manière suivante : « Cet orifice étant momentanément obstrué par les lambeaux pseudo-membraneux, débris de l'ulcération de la plèvre, ou bouché accidentellement par un liquide visqueux dont les bords de la perforation s'humectent à chaque mouvement d'élévation que le niveau de l'épanchement éprouve pendant l'ampliation et le resserrement de la poitrine, l'air épanché peut se raréfier derrière cette espèce de soupape : l'air extérieur Requérant alors un excès d'élasticité, fait effort du côté de la plèvre et rompt brusquement l'obstacle qui bouchait l'orifice fistulaire : de là le son sec, consistant ordinairement eu un choc unique qui se produit à la fin de l'inspiration. Le même phénomène peut se produire en sens inverse au moment oîi la poitrine se resserre, et donner lieu au même bruit dans l'expiration, et conséquemment dans les deux temps à la lois. »

Dans les théories que nous venons de passer en revue, les conditions nécessaires à la manifestation du tintement métallique seraient la présence simultanée de liquide et de gaz dans une grande cavité, et, pour les cas oii le liquide manque, l'existence d'une fistule pleuro-bronchique. Suivant Skoda, il suffirait, pour la production du phénomène, qu'il y eût dans la poitrine une cavité remplie d'air et à parois susceptibles de réfléchir les sons; ni le liquide, ni même la fistule, ne seraient mdispensablcs, et la voix ou la respiration seules pourraient encore manifester le tintement. Si la voix vient à consonner dans une bronche qui n'est pas séparée de l'air contenu dans la plèvre par une lame épaisse de parenchyme pulmonaire, le son passera, dit-il, du tuyau bronchique dans l'air de la cavité pleurale avec une force encore suffisante pour y déterminer des vibrations consotinantes. Il en sera de même dans l'acte de la respiration, pourvu que le bruit respiratoire du larynx ou de la trachée-artère, consonne dans une bronche qui ne soit séparée de la plèvre que par une mince cloison de tissu ]>ulmonaire. Enfin, ajoute le professeur de Vienne, le tintement métallique est produit dans le pneumothorax et dans les grandes cavernes moins souvent par- la respiration et par la voix que par des râles retentissant dans la cavité morbide, et il n'est même besoin, pour sa formation, ni de hquide, ni de fistule pleuro-bronchique.

MÉTMLIQUES (bruits). 275

Nous venons d'exposer des opinions fort différentes : cliacune d'elles nous semble applicable à un certain nombre de faits; aucune d'elles n'est applicable à tous. En effet le mécanisme de production du tintement varie comme les états anatomo-pathologiques dans lesquels le phénomène se rencontre, ainsi que le démontrent la clinique et l'expérimentation [voy. nos expériences et celles de M. Fournetet Bigelow, Traité cV auscultation, 1870, p. 252).

En résumé, les conditions habituelles du tinnitus sont : l'existence, dans l'appareil respiratoire, d'une grande cavité anomale, la présence dans cette cavité d'un volume plus ou moins considérable de gaz, d'une certaine quantité de liquide, et, enfin, sa communication avec les bronches. De ces quatre conditions, les deux premières sont constantes et indispensables, les deux dernières peuvent manquer ; mais il est rare qu'elles manquent à la fois : le plus ordinairement il y a du Uquide en même temps que de l'air ; souvent encore il y a fistule pleurebroncliique. Celle-ci co-existe rarement avec un simple épanchement gazeux : le plus fréquemment elle coïncide avec un épanchement mixte et les quatre conditions précitées se trouvent ainsi réunies.

Quant au mécanisme de production du tintement, il pourra varier selon que l'épanchement aériforme existera seul ou sera accompagné soit d'une collection liquide, soit d'une fistule pleuro-bronchique, ou bien associé à la fois à cette double complication. Dans le cas de perforation pulmonaire, il variera encore selon que la fistule s'ouvrira dans la plèvre au-dessus ou au-dessous du niveau du liquide épanché.

S'il s'agit d'une cavité remplie d'air, sans collection Uquide et sans perforation fistuleuse, le tintement ne peut êlre qu'une sorte d'écho de la voix ou de la toux qui retentit dans la cavité anomale ; mais ce fait est rare, et le phénomène ne se manifeste alors que si la cavité morbide est séparée des bronches par une cloison tj-ès-mince. Existe-t-il un épanchement à la fois liquide et gazeux sans fistule, il pourra se produire un frémissement métallique dû à l'ébranlement de l'air ou h l'agitation du liquide par les éclats de la voix ou les secousses de la toux. 11 pourrait aussi se manifester un tinnitus accidentel soit par la chute d'mie goutte de sérosité sur l'épanchement liquide au moment oii le malade couché se met sur son séant, soit par le dégagement spontané d'une bulle de gaz, qui, traversant la couche liquide (presque toujours alors purulente), viendrait éclater à sa surface. Mais ce dégagement d'une bulle gazeuse, et surtout cette chute d'une goutte liquide ne sauraient avoir lieu que rarement, et les deux fluides épanchés n'entreront en \ibration que sous l'influence d'une forte secousse.

La collection gazeuse est-elle accompagnée de perforation, sans liquide, le tintement pourra se produire plus facilement à chaque syllabe par le retentisssment de la voix dans la cavité morbide, ou bien il sera dû à la rupture de quelques bulles de râle dans le trajet fistuleux. S'agit-il d'un épanchement mixte avec perforation, celle-ci pourra être unique ou multiple, s'ouvrir au-dessus ou audessous du niveau du liquide. Si elle est.unique et située au-dessus, le mécanisme pourra être le même que dans le cas précédent. Si elle est multiple, et si les orifices sont situés l'un au-dessus du liquide et l'autre au-dessous, l'air s'introduira surtout par la fistule supérieure, et le tintement sera encore dû soit au retentissement de la voix dans la cavité anomale, soit à une bulle de râle qui éclate à l'orifice de communication. Si, enfin, la fistule (simple ou multiple) s'ouvre au-dessous du niveau du liquide, le tinnitus sera plus souvent produit par

276 Métalloïdes (chimie)

une ou plusieurs bulles d'air qui, traveisant l'épanchemeut, éclateront à sa surface.

Au point de vue de la signification morbide du tintement, nous répéterons, en terminant, que ce phénomène acoustique annonce l'existence soit d'une trèsgrande caverne pulmonaire, soit d'un pnemnothorac ou d'un hijdropneumothorax avec ou sans perforation fistuleuse des bronches : si le tinnitus est faible, peu distinct, limité à un espace circonscrit vers la partie supérieure de la poitrine (et souvent, chez les enfants, à la partie moyenne et même à la base) ; s'il alterne avec de la respiration caverneuse ou s'il est accompagné de gargouillement ; s'il coexiste avec de la matité ou avec un son de pot fêlé à la percussion, il révélera la présence d'une vaste excavation pidmonaire. Si, au contraire, il est fort, net, distinct, perçu dans une grande étendue et vers la partie moyenne de la poitrine, alternant ou existant simultanément avec les phénomènes amphoriques et le bruit d'airain, il sera l'indice d'un pneumothorax.

11 y aurait lieu de diagnostiquer un hydropneumothorax si, indépendamment des bruits amphoriques, les secousses de toux manifestaient un cliquetis métallique, en même temps que la percussion donnerait, à la base de la poitrine, une matité complète, au milieu et en haut une sonorité tympanique et le bruit d'airain, et que l'on percevrait le bruit de flot par la succussion.

Si, dans le cas d'épanchement simple ou mixte, le tintement ne se manifestait jamais par la respiration ni par la voix ordinaire ; si le souffle amphorique manquait également, on pourrait admettre qu'il n'y a point de fistule pulmonaire, ou que, s'il existe une perforation de la plèvre, elle ne communique point avec les bronches.

Au contraire, si le tinnitus se produisait fréquemment et avec facilité, par la respiration et par la voix aussi bien que par la toux ; si surtout on percevait simultanément ou alternativement une respiration amphorique marquée, il faudroit diagnostiquer \m& perforation fistuleuse; et si ces phénomènes, après avoir été manifestes, .cessaient d'avoir lieu, on pourrait en conclure que la commuaication anomale s'est oblitérée. Barth et Henri Roger.

MÉTALLIQUES (CoLiQUEs). Voy. CoLiQUES, CuivRE, Mercure, Ploub.

métalloïdes. (Chimie). Les corps simples de la chimie ont été divisés en deux sections distinctes : Les métaux et les métalloïdes. Cette division très-simple au premier abord, présente cependant de grandes difficultés, car la distinction entre les métaux et les métalloïdes n'est pas assez tranchée pour qu'on puisse marquer sûrement la hmite qui les sépare.

Les métaux sont opaques, ils sont doués d'tm éclat particulier appelé éclat métallique. Ils sont bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité. Les métalloïdes possèdent ces propriétés à un degré bien moindre.

Les métaux et les métalloïdes se combinent avec l'oxygène. Les combinaisons des métaux avec l'oxygène, constituent le plus souvent des bases saUfiables, tandis que les combinaisons de l'oxygène avec les métalloïdes constituent ou bien des corps neutres ou indifférents, ou des combinaisons acides.

En examinant toutes ces propriétés, on voit que cette division est fondée sur des caractères qui n'ont rien d'absolu, et qui ne présentent que des différences en plus ou eu moins, aussi est-on souvent embarrassé à l'égard de certains corps simples qui peuvent être rangés, avec une égale raison, parmi les métalloïdes ou

métalloïdes (chimie). 277

parmi les métaux. Ainsi l'arsenic qui présente un cclat métallique aussi prononcé que beaucoup de métaux, ne peut cependant pas être séparé du phosphore, métalloïde reconnu, car un grand nombre de propriétés chimiques l'y rattachent ; cependant des combinaisons oxygénées de l'arsenic, aucune nejoue le rôle de base, deux, au contraire, sont des acides bien caractérisés. Mais des propriétés chimiques nombreuses lient l'arsenic à l'antimoine et au bismuth, et ces deux derniers corps pourraient difficilement être séparés des métaux.

D'un autre côté, certains métalloïdes se présentent à des états qui sous le rapport des propriétés physiques les rapprochent des métaux, ainsi le graphite, possède un éclat métallique très-prononcé, et le charbon des cornues à gaz, conduit très-bien l'électricité. D'ailleurs cette propriété que possèdent les métaux d'être bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité, ne leur appartient que quand ils sont agrégés soit par la fusion soit par la percussion. Mais beaucoup de métaux n'ont été obtenus jusqu'ici qu'à l'état pulvérulent, et alors leur conductibilité pour la chaleur et l'électricité est peu prononcée.

Malgré la difficulté que nous venons d'indiquer la division des corps simples en métaux et métalloïdes doit être conservée, parce qu'elle est très-commode pour l'étude et que d'ailleurs elle a été généralement adoptée par les chimistes.

Classification des métalloïdes. Les métalloïdes diffèrent entre eux quant à leur aptitude à entrer en combinaison, et quant à la forme générale que revêtent ces combinaisons. A cet égard on peut constater des analogies et des difiérenccs qui permettent de les distribuer en groupes ou familles, dans lesquels les métalloïdes sont rapprochés suivant les fonctions chimiques qui caractérisent chacun de ces groupes.

Voilà cette classification suivant M. Dumas.

HTDROOENE.

Fluor.

Oxygène.

Azote.

Bore.

Chlore.

Soufre.

Phosphore.

Silicium

Brome.

Sélénium.

Arsenic.

Carbone.

Iode.

Tellure,

Antimoine.

On voit que l'hydrogène se trouve seul, et en dehors de la division ; en effet aucun des autres métalloïdes n'a d'analogie avec lui, et cela par la raison que l'hydrogène doit être considéré plutôt comme un métal gazeux que comme un métalloïde, toutes ses propriétés chimiques tendent à le rapprocher des métaux. De plus, en se combinant avec les autres métalloïdes, il sert principalement à caractériser les différents groupes indiqués ci-dessus. Ainsi les métalloïdes du premier groupe s'unissent à l'hydrogène atome par atome, et les seules combinaisons qui peuvent prendre naissance sont les suivantes :

HFl HGl HBr HI

Acide Acide Acide Acide

fluorhydrique. chlorhydrique brorahydrique iodhydrique.

Dans toutes ces combinaisons un volume d'hydrogène est uni à un volume de gaz ou de vapeur du métalloïde sans condensation.

Dans le second groupe deux volumes d'hydrogène (deux atomes) s'unissent à un volume (un atome) de gaz ou de vapeur de métalloïde (pourvu toute fois que la densité de la vapeur ait été déterminée à une température suffisamment élevée) ; la combinaison s'effectue avec condensation du 1/3 du volume primitif.

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