‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.59Chapitre 15 sur 74 · MÉTAMORPHOSE (zoologie · texte numérisé non relu

MÉTAMORPHOSE (zoologie

évolutives, le jeuiie animal perd ou acquiert des organes, et même des systèmes d'organes, utiles seulement à un moment donné.

Il serait trop long et partant inutile d'insister sur les organes transitoires et sur les appareils des jeunes mammifères et oiseaux ; il suffit de rappeler le rôle de la vésicule ombilicale, de l'allantoïde, etc., des mammifères, des appareils respiratoires des jeunes batraciens qui rendent les têtards et les jeunes triions si différents de leurs adultes, de citer les Axotols du Mexique dont les transformations sont aujourd'hui bien connues. Les insectes et plusieurs crustacés {voy. Lakgouste), sont loin d'avoir le privilège des changements de forme pendant leur période évolutive, les jeunes Mollusques acéphales avec leur appareil cilié et leiiv corps sans coquille calcaire, ne ressemblent nullement à leurs parents bivalves. Enfin les MéJuscs {voy. ce mot), et tant d'autres animaux inférieurs {voy. Ges- TOÏDEs), ont un développement extrêmement remarquable et dont les transformations sont insolites ou extraordinaires.

Il résulte de ce court aperçu que si la mue et la métamorphose arrivent à se confondre, il en est de même pour l'élude bien comprise du développement des animaux et qu'en résumé la métamorphose se réduit à une suite de développements. Elle n'est qu'une manière d'être de la vie évolutive. Prenons un exemple vulgaire et très-frappant. Une chenille, en effet, n'est point un animal simple, mais compliqué, si l'on peut ainsi dire, comprenant en elle le papillon futur renfermé dans son fouiTeau nymphal, fourreau qui lui-même est sous-jacent à plusieurs peaux placées les unes sur les autres. A mesure que la chenille grossit, ces peaux apparaissent au dehors et sont rejefées, abandonnées par l'animal, jusqu'à ce que l'insecte parfait caché sous cette série d'enveloppes ou de masques, se montre sous la forme à'imago qu'il ne quittera plus avant la mort. Du reste, les anciens anatomistes Swamm.erdam et Malpighi avaient trouvé l'explication du phénomène en montrant que l'enveloppe de la nymphe était renfermée dans la peau de la larve, et que le papillon lui-même existait dans la peau nymphale sous les peaux déjà disposées pour les mues delà chenille. Malpighi découvrit les œufs ■ du Ver à soie dans sa chrysalide, et Réaumur trouva ceux d'une espèce de lépidoptère (Liparis dispar) dans la chenille elle-même, huit jours avant la nymphose.

Qu'est donc cette chenille? C'est un œuf éclos, doué de la faculté locomotrice, renfermant le papillon embryonnaire, qui s'assimile les substances qui l'entourent, développe ses organes, et brise enfin l'enveloppe qui le renfermait.

La métamorphose n'a rien de miraculeux, mais elle n'en reste pas moins un mode de développement extraordinaire et difficile à comprendre comme la plupart des faits organiques. Pensez à cette chenille, de l'épaisseur d'un fin cheveu, renfermant ses propres téguments, répétés six à huit fois, le fourreau de la nymphe et le papillon complet, le tout replié l'un dans l'autre. Il ne s'agit pas de tissu simple et apte à la manière de la substance sarcodique à plusieurs fonctions élémentaires, il y a des trachées et des organes digestifs, des nerfs, des muscles nombreux. Ces divers organes exécuteront leurs évolutions progressives au moyen de quelques fragments de feuilles introduites dans l'estomac. Et celui-ci chez la chenille digérera ces feuilles, mais chez le papillon, ce sera un liquide analogue au miel. Les glandes sérifiques de la chenille disparaîtront chez l'insecte parfait, etc., etc. En fin de compte, avouons que la métamorphose même sans merveilleux, est digne de toute notre attention.

Je ne m'arrêterai pas à rechercher les causes des métamorphoses, souvent dif-

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férentes chez des animaux en apparence très-voisins, ou très-semblables, par lenr organisation ultérieure. Nous devons avouer, à cet égard, notre ignorance complète. On trouvera à l'article Insectes le complément de ces considérations sur les pliénomènes de la métamorphose, je dirai seulement en terminant quelques mots sur les classifications qui ont été proposées à ce sujet.

En prenant la métamorphose pour base de classification, il est aisv' de voir par ce qui précède qu'on airiverait aux rapprochements les plus bizarres. Lliistoire de l'entomologie en fournit de nombreux exemples et Swammerdam a réuni aux insectes, un animal vertébré tel que la Grenouille, à cause de l'état de Têtard par lequel elle passe avant son développement complet. Qu'on juge par une eiTeur aussi grande combien il serait peu philosophique de prendre la métamorphose seule pour base d'un système. La métamorphose doit seulement aider à classer les animaux que l'ensemble de leur organisation rapproche bien plus les uns des autres.

A mon avis, on ne doit admettre que deux sortes de métamorphoses : 1" La métamorphose partielle ou demi-métamorphose, semi-metamorphosis, et 2" la métamorphose totale, parfaite ou complète, melamorphosis perfecta, compléta.

Les animaux à métamorphose partielle sont extrêmement nombreux, et parmi les insectes, les Hémiptères et les Orthoptères en fournissent le type.

Les animaux à métamorphose complète existent dans d'autres classes et ordres que les insectes, et ceux-ci offrent ce mode de développement chez les Coléoptères • et les Lépidoptères.

Linné et Fabricius avaient reconnu cinq espèces de métamorphoses, et ils avaient donné des noms à. chacune de ces lormes applicables à l'ensemble des insectes comprenant pour eux les Crustacés, les Arachnides et les Myriapodes. Si je cite les noms donnés cà ces espèces, c'est moins pour les recommander que pour les faire comprendre, car ils établissent une grande confusion. Mais il faut remarquer le point de vue auquel ces auteurs s'étaient placés; pour eux, la nymphe était le point essentiel ou l'aboutissant de la métamorphose.

Ainsi, la métamorphose était dite com;)/èfe, compléta, pour les Lépismes, les Podures, les Poux, etc., qui sortent de l'œuf tels qu'ils doivent rester plus tard, à la grosseur près. Il y a plus, certains Crustacés et Myriapodes acquièrent des parties qui n'existaient point tout d'abord.

La métamorphose demi-complète, semi-completa, s'appliquait aux Hémiptères, privés d'ailes au sortir de l'œul, mais cà la grosseur près semblables à Vimago.

La métamorphose incomplète, incompleta, désignait la transformation des Coléoptères, des Fourmis, des Abeilles, cà larve vermiforme et à nymphe immobile, mais ayant les antennes et les pattes séparées du corps.

La métamorphose emmaillottée, obtecta, était pour les Lépidoptères, semblables aux précédents à l'état de larve, mais dont la nymphe ou chrysalide, avait les ailes, les antennes et les pattes, collées contre le corps, sous une peau cornée.

La métamorphose resserrée, coarctata, était spéciale aux Diptères, était cainsi nommée, parce que la Larve pareille aux deux catégories précédentes, prend la forme d'une nymphe oblongue, qui ne laisse voir aucune partie de l'animal.

Ces noms ont été adoptés, ou rejetés en partie, et parfois la confusion a été fort augmentée par les auteurs qui ont suivi Linné et Fabricius, parce qu'ils ont transporté les mêmes noms à des métamorphoses différentes. On s'aperçoit, du reste, que c'est la métamorphose où le changement est le moindre qui est dite

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complète, celui où la transformation est la plus importante qui est dite incomplète. Cela tient à ce que, dans le premier cas, la nymphe est semblable à Tinsecte parfait, et dans le second, qu'elle ne lui ressemble pas autant et qu'elle est immobile.

Les deux classes que j'ai établies sont les seules qui permettent de répartir nettement les diverses métamorphoses, envisagées à un point de vue général. Je n'y ai point admis la métamorphose ébauchée, metamorphosis inchoata de Latreille, qui se confond avec la mue simple ou qui rentre dans la métamorphose partielle (woî/. Insectes). A. Laboulbèke.

MÉTAmoRPHOSES. Les éléments anatomiques subissent des modifications, évolutives normales ou pathologiques, qui font varier leur configuration, leur coloration, leur volume, leur structure et même leur composition immédiate ; dans d'autres circonstances l'évolution consiste en une substitution d'un tissu ù un autre tissu. Ces faits, qui rentrent dans l'étude du développement, peuvent être désignés sous le nom de métamorphoses, en spécifiant qu'on ne veut nullement décrire, sous ce nom, la transformation des éléments anatomiques, la métamorphose d'un noyau embrjo-plastique, par exemple, en leucocvte.

Il est d'autant plus important d'éviter toute confusion à cet égard que beaucoup d'auteurs décrivent des métamorphoses qui représentent bien réellement la transformation d'un élément anatomique en un autre élément complètement différent du premier par son évolution, sa forme, ses usages, etc.

C'est ainsi que les cellules blastodermiques deviendraient à la suite de segmen- ' tations successives des éléments des tissus élastique, osseux, etc. {voy. Laîii- NEDx), que les leucocytes pourraient se transformer en corps fusiforme, etc. C'est là une exagération aussi peu acceptable que l'hypothèse d'une transformation d'une espèce animale en une espèce différente.

La chenille se transforme en chrysalide, puis en papillon et jamais en un autre animal ; le papillon représente l'état le plus avancé du développement. De même, un corps fusiforme peut devenir une vésicule adipeuse ou du tissu lamineux par les progrès de l'évolution, mais il ne deviendra jamais une tellule épithéliale ou nerveuse.

Ces réserves sont nécessaires pour ne pas être trompé par les écrits dans lesquels on désigne sous le nom de métamorphoses les modifications qui surviennent dans un élément, ou un tissu, par le développement normal, parla substitution d'éléments nouveaux prenant la place des anciens, ou par des influences pathologiques. L'ovule peut être donné comme un des exemples les plus complets, car nous voyons une cellule dont l'évolution successive conduit à la production d'un être.

Presque tous les éléments anatomiques subissent des modifications importantes à mesure (ju'ils se développent, ainsi les cellules de l'épiderme, prismatiques au début, deviennent jiolygonales, puis tout à fait aplaties; d'autres éléments, au contraire, plus ou moins aplatis et allongés dès leur origine, se gonflent et deviennent vésiculeux, comme les corps fusiformes qui se remplissent de graisse en devenant des vésicules adipeuses. Les métamorphoses les plus remarquables sont celles d'éléments cellulaires donnant naissance, soit par le développement d'uti seul élément, soit par la soudure de plusieurs cà des tubes ou à des fibres, ainsi qu'on le voit dans l'état embryomiaire des nerfs, des muscles, etc.

En même temps qu'il y a des modifications de forme, de volume, il y a des

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hangements dans l'état moléculaire ou dans les propriétés chimiques; l'ongle, malgré sa résistance, est formé des mêmes éléments que la mince et délicate pellicule qui recouvre les lèvres. Le pigment et la graisse qui se développent dans certains éléments, s'ajoutent et se fixent au milieu des principes préexistants.

En un mot, il survient des changements, non-seulement dans la configuration, mais dans la constitution chimique et dans les propriétés. Ces changements peuvent être dus, soit à l'apparition de produits normaux ou pathologiques, soit à la perte de certains principes immédiats.

Dans d'autres formes de métamorphoses, un tissu disparait complètement et se trouve remplacé par un tissu nouveau qui ne résulte pas d'une transformation. Le premier tissu est un terrain favorable au développement du second qui se substitue plus ou moins rapidement aux éléments préexistants. C'est ainsi que le cartilage d'ossification est remplacé par l'os {voy. Ossification) ; devant l'envahissement progressif du tissu nouveau le cartilage disparaît.

C'est surtout dans les productions pathologiques que l'on a quelque peu abusé du mot métamorphoses. Le développement des éléments qui constituent les tumeurs est soumis aux mêmes lois générales que celui des éléments normaux de sorte que si l'on trouve dans un os, par exemple, des éléments épithéliaux, on ne dira pas qu'il y a transformation de l'os en épithélium, mais que les masses épithéhales, en se développant rapidement, se sont substituées à l'os qui disparaît graduellement, de même que chez l'embryon le développement des vertèbres fait disparaître peu à peu la chorde dorsale.

En pathologie, les altérations graisseuses, calcaires, pigmentaires, colloïdes, amyloïdes, que l'on désigne souvent sous le nom de métamorphoses, représentent une modification des principes immédiats qui constituent les éléments nerveux, musculaires, épithéhaux, et ces modifications peuvent être de telle nature qu'elles entraînent la destruction des tissus ; ainsi, sous l'influence d'une altération graisseuse ou calcaire des éléments, ces derniers distendus ou comprimés disparaissent en laissant leur contenu, c'est ainsi que se forment certaines masses caséeuses ou calcaires, qui ne représentent pas une métamorphose réelle, mais un résidu de l'évolution anormale des éléments anatomiques.

Dans d'autres altérations pathologiques, le développement exagéré, dans un organe, d'un tissu qui n'y existe pas normalement, ou qui n'est qu'accessoire, détermine l'atrophie des éléments normaux par une véritable substitution, mais nous ne trouvons là pas plus qu'ailleurs une transformation véritable ; c'est ainsi que dans la sclérose de la moelle épinière ou la cirrhose du foie, le tissu lamineiix se développe anormalement et remplace, peu à peu, les éléments préexistants qui disparaissent sans se transformer.

C'est donc à tort qu'en anatomie générale, comme en anatomie pathologique, On voudrait distinguer des métamorphoses autres que les modifications évolutives normales ou pathologiques des divers tissus ; un élément anatoniique peut s'altérer, changer de forme, de couleur, mais il ne peut se transformer en un autre élément, Legros.

]IIÉTAM¥LÈ1\E. Modification polymérique de l'amylène, résultant de trois molécules d'amylène ôC'^H'» en une seule C'^'^ll^*'. C'est un liquide incolore, bouillant à la température de 245 à 248°. L.

MÉTANAPHTALEIVE. Hydrogène carboné solide, provenant de la distillation sèche, dans une cornue à gaz, des résines ; ce produit passe avec les der-

288 51ÉTAPHf'T0NE.

nières portions, appelées matières grasses par les fabricants. Ces matières sont exprimées entre du papier buvard, et cristallisées plusieurs fois dans de l'alcool concentré. La métanaplitaline se présente alors sous la forme de lamelles incolores, nacrées, onctueuses au loucher, sans saveur et d'une légère odeur de cire. Elle n'éprouve aucune altération à l'air ni à la lumière. Elle fond à 70° et bout à 525° sans éprouver de décomposition. Elle est insoluble dans l'eau, peu soluble, à fi-oid, dans l'alcool, mais elle se dissout très-bien, à chaud, dans ralcool absolu. L'éther, l'huile de naphte et d'autres hydrocarbures liquides la dissolvent encore mieux. L'acide sulfurique concentré la charbonne, et l'acide azotique produit à chaud une matière résineuse. L.

MÉT.&OLÉIQL'E (âcide). En traitant à froid de l'oléine par de l'acide sulfurique, on obtient de l'acide sulfoléique. En abandonnant cet acide dans l'eau froide, il se décompose, de l'acide métaoléique se précipite ; c'est une substance huileuse, insoluble dans l'eau, fort peu soluble dans l'alcool, très-soluble dans l'éther. Par la distillation sèche, l'acide métaoléique se décompose en acide carbonique, et en hydrocarbures liquides (liéxylène, nonylène). L.

MÉTAPECTINE. En faisant bouillir de la pectine (voy. Pectine) dans l'eau, la dissolution perd [leu à peu son aspect gommeux, et la pectine se transforme en pérapectine. Cette dernière mise en ébullition avec un acide étendu, s'altère assez rapidement et se transforme en métapectine. La métapectine est soluble dans l'eau et incristallisable ; elle rougit le tournesol, et est insoluble dans 'alcool. Par l'action des bases, la métapectine se transforme en pectates. Elle se distingue de la pectine et de la parapectine par la propriété de précipiter le chlorure de baryum ; la pectine et la parapectine ne précipitent pas ce réactif.

Séchée à 140°, la métapectine est isomère avec la pectine et la para]iectine. Elle peut se combiner avec les acides pour former des combinaisons solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool. L.

MÉTAPECTIQL'E (âcide). Une dissolution aqueuse de pectine, abandonnée pendant plusieurs jours à elle-même dans un endroit chaud, devient fort acide et perd la propriété d'être précipitée par l'alcool. La pectine s'est transformée eu acide métapectique. En présence de hpectase (ferment pectique), cette transformation est plus rapide. L'ébuHition de la pectine avec les acides minéraux étendus, la transforme en acine métapectique. Les acides pectique et peclasique, sous l'in-fluence d'un excès de potasse ou de soude, ou bien en présence des acides minéraux étendus, et en faisant intervenir l'action de la chaleur, se changent également en acide métapectique.

L'acide métapectique est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; il est incristallisable et forme, avec toutes les bases, des sels solubles. 11 ne précipite ni les eaux de chaux et de baryte, ni l'acétate de plomb, mais il précipite le sous-acétate de plomb. La liqueur bleue cupro-potassique est réduite, à l'ébullition, par cet acide comme par la glucose. L-

]nÉTAPEPTO]\'E. C'est l'un des produits liquides de la digestion des matières albuminoïdes. On la prépare en opérant la digestion artificielle dans un ballon, à l'aide du suc gastrique, de petits fragments de fibrine ou d'albumine coagulée. La digestion est terminée quand les fragments sont dissous. On filtre

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la liqueur pour la débarrasser des parties qui auraieut résisté à la dissolution. Cette liqueur est une dissolution àepeptone, de parapeptone et de métapeptone. En la saturant exactement avec du carbonate de soude, la parapeptone se précipite, on la sépare à l'aide de la filtration ; en versant dans la liqueur filtrée un léger excès d'acide chlorhydrique, la métapeptone, moins soluble que la peptone, se précipite. L.

mÉTAPHOSPHATES. L'acide métaphosphorique, étant monobasique, ne se combine qu'à un seul équivalent d'un oxyde métallique pour former les métaphosphates ; ceux-ci sont insolubles dans l'eau, excepté ceux de potasse, de soude et d'ammoniaque ; les métaphospliates des métaux proprement dits, et ceux des métaux terreux, peuvent donc être obtenus par double décomposition.

Dans les métaphosphates, l'acide métaphosphorique peut exister sous diverses modifications. Ainsi l'acide métaphosphorique en se combinant avec 1 équivalent de soude forme divers sels, ayant tous la même composition PhO^NaO et possédant des différences de propriétés les plus caractérisées. Ainsi il existe un métaphosphate de soude insoluble dans l'eau, un autre est soluble et cristallisable, un troisième est soluble et incristallisable, etc. On pense que ces différences proviennent d'un état polymérique de l'acide métaphosphorique ; c'est-à-dire que 2 ou plusieurs molécules d'acide peuvent se réunir pour former des molécules de plus en plus complexes. L.

MÉTAPHOSPHORIQUE (Acide). Voy. Phosphoriqce (Acide). On donne ce nom à l'acide phosphorique monohydraté ou monobasique PhO^.HO. Par l'action de la chaleur, l'acide phosphorique ordinaire ou tri-hydrate PhO^oHO perd successivement 2 molécules de son eau de constitution ; il devient d'aboid acide phosphorique bi-hydraté ou acide métaphosphorique; en perdant la seconde molécule d'eau, il se change en acide métaphosphorique, dans lequel la seule molécule d'eau qu'il renferme ne peut être remplacée que par une seule molécule d'une base. Inversement, l'acide phosphorique anhydre, mis en présence de l'eau, se combine avec une molécule de ce hquide pour constituer l'acide métaphosphorique. Par une ébullitiou prolongée avec l'eau, ce dernier acide en absorbe successivement 2 molécules pour se transformer en acide pyro-phosphorique d'abord, et en acide phosphorique ordinaire ensuite.

L'acide métapliosphorique se distingue des acides pyrophosphorique et phosphorique ordinaire, par le précipité blanc qu'il forme avec les dissolutions d'alkmiine, d'azotate d'argent et de chlorure de baryum ; l'acide pyrophosphorique précipite bien encore l'azotate d'argent en blanc, mais ne précipite plus ni l'albumine, ni le chlorure de baryum, tandis que l'acide phosphorique ordinaire précipite le nitrate d'argent en jaune, L.

MÉTAST ANTIQUE (Acide). C'est le résidu que l'on obtient en traitant l'étain par l'acide azotique ; il se présente sous la forme d'une poudre blanche insoluble dans l'eau, inattaquable par les acides azotique, sulfurique et chlorhydrique étendus. L'acide sulfurique concentré en dissout une notable partie pour l'abandonner dès qu'il est soumis à l'ébullition. Desséché à la température ordinaire, l'acide métastannique constitue un hydrate dont la formule est 5(SnO-^2HO)=Sn50iMOHO. A la température de 100^ cet hydrate perd la moitié de son eau et devient 5(SnO-HOj =: Sn^O'", 5H0. En se combinant avec

MCT. ENC. 2' S. VIL la

les bases, un seul équivalent d'eau peut être remplacé par uu oxyde métallique ; de sorte que la composition des métastannates est exprimée par la formule

Sn'O^o î ^^^ ^""^ (4H0.

Par la calcination l'hydrate d'acide métastannique perd toute son eau d'hydratation et se transforme en acide stannique anhydre; calciné avec un excès de potasse ou de soude caustique, il se convertit en acide stannique \yoy. Stanmque (Acide)]. Ce dernier acide, chauffé à la température de 140", devient insoluble dans les acides et acquiert les propriétés et la composition de l'acide métastannique. L.

MÉTASTASE (psTao-ractç, de p£9i(7'n)f/t, je change de place, je transporte). Les difficultés qu'on éprouve aujourd'hui à circonscrire nettement les phénomènes morbides qu'on avait désignés sous le nom de métastase tiennent à l'évolution même de la science et des idées médicales. Pour les anciens, et en particulier pour les humoristes, la théorie de la métastase était parfaitement claire, et découlait naturellement de la conception de la maladie. La matière morbifîque, source première des accidents morbides, quittant les organes sur lesquels elle s'était primitivement fixée, se transportait sur d'autres parties plus ou moins éloignées. 11 y avait migration de la matière peccante, déplacement de la scène morbide, en un mot métastase. Si ce déplacement se faisait à l'avantage du malade, le principe morbide quittant mi organe important pour se fixer sur un organe inférieur, il y avait diadoche. En cas contraire, c'était la métastase proprement dite. On comprend dès lors tous les efforts des pathologistes pour retrouver dans les produits excrétés la matière morbifique elle-même ou tout au moins ses éléments principaux.

Pour les solidistes, la conception de la métastase était un peu différente. .\u déplacement de la matière peccante ils substituaient le déplacement de l'irritation, quittant un organe pour se fixer sur un autre. L'idée de la métastase est déjà, on le voit, moins pure que dans l'hypothèse humorale. On y sent l'intervention et le mélange des phénomènes de sympathie, de révulsion ; données complètement étrangères à la métastase proprement dite , envisagée au point de vue des humoristes.

De nos jours, on a eu l'indiscrétion de remuer un peu brutalement tous ces vieux fonds de la pathologie. La doctrine des métastases, comme celle des crises, a dû passer au creuset de la science moderne, et, s'il faut s'en rapporter à des travaux récents et consciencieux, il resterait peu de chose de ces anciennes doctrines émanant d'un concept aujourd'hui délaissé de la maladie.

Nous ne nous donnerons pas la tâche de suivre à travers les âges l'évolution des idées médicales relatives à la métastase. Qu'il nous suffise de dire qu'il y a peu de temps encore nul n'aurait eu l'idée d'en contester la réalité. Les phénomènes qui les caractérisent jouaient dans la pathologie un rôle considérable. Aujourd'hui, d'autres interprétations ont surgi ; le domaine de la métastase est considérablement réduit. Est-ce une doctrine à répudier complètement? s'applique-t-elle encore à un certain nombre de phénomènes morbides, et quels sont ceux de ces phénomènes qui peuvent lui être attribués sans conteste? C'est, on le voit, une espèce de liquidation que nous avons à faire et dont les difficultés ne nous échappent pas.

Procédons d'abord par élimination en déblayant, en quelque sorte, le terrain encombré des faits les plus disparates.

La théorie humorale de la métastase, telle que nous Tavons esquissée, repose presque toujours sur des faits mal interprétés. L'humeur morbifique est un mythe et n'est qu'une formule sensible imaginée pour faciliter l'intelligence des phénomènes morbides. De nos jours, les recherches faites sur ces humeurs dans un sens tout à fait nouveau et bien éloigné, à coup sûr, des données anciennes, ont montré, dans le.«! différents liquides de l'économie, certaines modifications en rapport avec les phénomènes observés, mais jamais aucun principe particulier, propre à chaque maladie et pouvant se déplacer, se fixer, emportant en quelque sorte avec lui la maladie elle-même. Donc rien qui subsiste de l'hypothèse ancienne, rien qui puisse nous y ramener même par une voie détournée, en rajeunissant en quelque sorte la doctrine des métastases.

Nous allons passer rapidement en revue les principales métastases, et nous apprécierons s'il en est encore qui doivent subsister devant une critique inspirée par les idées médicales actuelles.

Prenons comme type une de ces maladies générales à manifestations multiples et polymorphes, une de celles où. la doctrine de la métastase dominerait en souveraine; nous avons nommé le rhumatisme.

Un malade est atteint d'un rhumatisme articulaire aigu. A un moment donné, essentiellement variable d'ailleurs, la séreuse péricardique ou l'endocarde sont atteints, et de nouveaux symptômes se déclarent. Dans certains cas, l'inflammation articulaire est amoindrie ; ailleurs, elle ne s'est pas sensiblement modifiée; les manifestations cardiaques et articulaires se développent parallèlement sans paraître s'influencer réciproquement.

Chez un autre malade, au courant d'un rhumatisme aigu ou subaigu, des accidents cérébraux formidables apparaissent. Tantôt c'est un délire violent, aigu; d'autres fois ce sont des phénomènes comateux à marche plus lente. Dans les deux cas, la maladie présente un caractère de gravité tout exceptionnelle. Au moment de l'apparition des phénomènes cérébraux, deux cas peuvent se présenter : les douleurs et la fluxion articulaire disparaissent au point que le malade imprime, sans souffrance apparente, des mouvements étendus à des articulations que la souffrance immobilisait quelques heures auparavant, ou bien les jointures restent rouges, gonflées, douloureuses ; la fluxion articulaire persiste.

En présence de pareils phénomènes, nul doute possible pour les anciens ou pour les partisans de leurs idées. La matière, le principe rhumatismal s'est métastasé. Il a quitté les séreuses articulaires pour se porter sur les membranes séreuses du cœur ou sur la séreuse cérébrale. Une pareille explication comporte cependant des objections sérieuses. Tout d'abord, nous savons que les complications cardiaques constituent presque la règle chez les sujets atteints de rhumatisme articulaire aigu, surtout chez les jeunes gens ; que, dans la grande majorité des cas, l'intensité de ces complications est en raison de celle de l'atteinte rhumatismale, et que les accidents cardiaques les plus sévères peuvent se développer sans que les articulations semblent le moins du monde dégagées. Nous y voyons avec raison les manifestations multiples d'une même maladie atteignant particulièrement et avec une sorte de prédilection certaines séreuses ; et si, quelquefois, les parties primitivement atteintes semblent se dégager, d'une façon plus ou moins complète, au détriment d'autres organes plus récemment entrepris, le fait nous paraît relever plutôt d'une révulsion que d'une véritable métastase. Pour que cette dernière explication s'im-

posât, il faudrait une cessation brusque ou tout au moins lapide, et en tous cas constante, des phénomènes fluxionnaires et inflammatoires dans les organes primitivement envahis. D'ailleurs nous voyons habituellement, dans le cours du rhumatisme, les articulations se dégager à mesure que les jointures voisines ou éloignées sont attaquées à leur tour. Il faudrait donc admettre, pour expliquer ces atteintes successives, une série de métastases ; ce qui ne vient à l'idée de personne.

Les mêmes considérations s'appliquent aux accidents cérébraux, bien qu'ils soient infiniment plus rares que les complications cardiaques. Nous voyons, il est vrai, dans certains cas mis en évidence par Vigla, Bourdon, et en général par ceux qui se sont occupés du rhumatisme cérébral ; nous.voyons, dis-je, quelquefois les accidents articulaires cesser tout à coup au moment où les phénomènes cérébraux se déclarent. Mais cet enchaînement des phénomènes est loin d'être constant. Les accidents articulaires persistent chez beaucoup de malades. Il faudrait donc admettre ou repousser la métastase selon la marche des accidents, et pour des faits identiques au principal. Encore une fois, nous ne voyons là que des manifestations diverses d'une même cause morbide, et sur ce terrain, éminemment favorable cependant, nous ne trouvons pas place à une véritable métastase.

Si \ious étudions le i humatisme chronique, nous nous trouvons en présence de phénomènes qui relèvent de la même explication. Les manifestations rhumatismales sont multiples, se substituent souvent les unes aux autres. Mais il n'y a rien de fixe dans cette évolution successive ou simultanée des diverses expressions (l'une même diathèse. Lorsqu'une partie, un organe est sérieusement engagé, les autres parties primitivement atteintes se dégagent d'habitude. Est-ce là une métastase? n'est-ce pas simplement encore un phénomène de révulsion?

L'étude de la goutte nous conduit à aborder une série de faits où la métastase paraît jouer un rôle moins contestable. Ici nous tenons en quelque sorte le principe morbide, la matière peccante. Cruveilhier (Anat. patholog.) avait montré que les dépôts tophacés constituent la lésion matérielle et caractéristique de la goutte. Les recherches de Henry Holland, de Garrod ont établi en outre que la présence de l'acide urique sous forme d'urate de soude en excès est constante dans le sang des goutteux, et que l'existence d'un dépôt d'urate de soude dans les tissus affectés est la cause et le caractère constant de l'inflammation goutteuse.

D'un autre côté, nous savons que l'on observe souvent chez les goutteux deux ordres de phénomènes dont l'explication seule est contestable. Tantôt se manifestent des accidents très-variés, pouvant affecter des formes fort différentes, se produisant indistinctement dans tous les organes ou appareils : bronchites, asthmes, pleurésies, affections cardiaques, accidents cérébraux, névralgies, etc., phénomènes désignés sous les noms de goutte anormale , irrégulière, abarticulaire, larvée, vague, mal placée, etc.

Ailleurs, après la brusque disparition de symptômes articulaires, il se déclare des accidents indiquant une grave atteinte d'un organe intérieur. C'est ce qu'on appelle la goutte rétrocédée. Les organes le plus souvent atteints sont l'estomac, le cœur et l'encéphale.

Relativement aux phénomènes du premier ordre (goutte irrégulicrej , Garrod a soin de faire remarquer qu'il faut, en pareils cas, être très-sobre d'interprétations, et qu'il ne suffit pas qu'une pleurésie, une bronchite, une maladie du cœur, se déclare chez un goutteux pour qu'on doive la rattacher à la goutte.

Quant aux accidents qui constituent la goutte rétrocédée, l'auteur les regarde

comme incontestables, tout en fliisant remarquer que, dans la majorité des cas, l'organe affecté présentait au préalable une altération quelconque qui peut être considérée comme la cause indirecte de l'action métastatique.

Il y a pourtant lieu, ici encore, à bien des réserves. Garrod lui-même le reconnaît, à propos des observations empruntées à d'autres auteurs et qu'il cite dans son ouvrage. « J'ai souvent observé, dit-il, chez les goutteux des symptômes que plusieurs médecins auraient rapportés sans hésitation à la goutte remontée à l'estomac. Mais je dois déclarer que je n'ai pas rencontré un seul cas auquel cette dénomination convînt réellement. » D'où la réflexion humoristique de Watson, qu'il faudrait dire souvent : « du lard dans l'estomac, » au lieu de « la goutte à l'estomac » (pork in the stomach, instead of goût in the slomach). M. Charcot fait remarquer que bien des cas de colique hépatique ou néphrétique, et même certains accidents imputables à quelque médication dangereuse, à la médication par le colchique par exemple, ou à une simple indigestion, ont pu donner le change aux observateurs.

De même pour le cœur. Les goutteux sont sujets à certains symptômes cardiaques plus ou moins graves. Les plus habituels consistent en palpitations avec •irrégularité des battements. Ailleurs, c'est l'angine de poitrine, caractérisée par la douleur précordiale s'irradiant le long du bras. Quelquefois les accidents sont plus graves; on a observé des syncopes mortelles. On comprend que l'idée de la métastase se soit donné large carrière en pareils cas ; mais il faut savoir que les goutteux sont fréquemment atteints d'hypertrophie du cœur, et, en outre, qu'on observe souvent chez ceux dont la maladie est invétérée une dégénérescence graisseuse des parois musculaires, attestée par les meilleurs observateurs : Stockes, Garrod, Gairdner, etc.

Les mêmes réflexions sont applicables aux accidents cérébraux, souvent imputables à des altérations vasculaires ou à une véritable intoxication urémique. On recommande, en pareils cas, de rappeler l'irritation « sur les parties moins nobles, )> à l'aide d'applications révulsives. Mais à qui pareille médication a-t-elle jamais réussi ? On cherche en vain une bonne observation de goutte ainsi dérivée et ramenée à son siège primitif.

Ou voit donc encore ici combien est limitée la part qu'il convient de faire à la métastase; et cependant c'est là en quelque sorte le plus beau de son domaine. Nous connaissons une altération nette et précise du sang. Nous savons que l'accès de goutte accompagne le dépôt dans une articulation du composé qui est en excès dans le sang. Mais, s'il s'agit de trouver la cause immédiate des accidents viscéraux, nous retombons dans l'hypothèse. Nous ne pouvons pas affirmer le transport immédiat des urates en excès sur l'estomac, le cerveau, le cœur. Les autopsies sont négatives à cet égard.

En somme, nous voyons dans la goutte un état général, une diathèse dont les manifestations sont multiples et variées. Ces manifestations peuvent se substituer les unes aux autres. Quelquefois, si l'on combat intempestivement une manifestation bien localisée, elle paraît se déplacer, et un autre organe se trouve atteint .'i son tour. Lynch cite plusieurs cas très-nets d'accidents cérébraux brusquement déterminés par l'afiplication du froid sur les jointures enflammées par la goutte (Dublin Quarterly Journal, 1856). Ce sont là des faits d'un grand intérêt et qui peuvent être donnés comme de véritables métastases.

Métastases purulentes. 11 y a peu de sujets sur lesquels les recherches anat miqups aient jeté autant de clarté. On sait aujourd'hui, à n'en pas douter.

qu'il faut penser de ces prétendus transports de pus en nature, auxquels on attribua pendant longtemps les accidents de l'infection purulente. Cette erreur doctrinale reposait sur une double erreur d'observation, eu vertu de laquelle on admettait la présence du pus dans le sang et dans l'intérieur des caillots. On connaît aujourd'hui l'identité des globules blancs et des globules purulents; d'où l'analogie d'un liquide véritablement purulent avec le liquide formé pai' l'accumulation des globules blancs au centre d'un caillot.

Kous n'avons pas à nous expliquer ici sur la question encore controversée de la nature de l'infection purulente ; mais nous savons que les abcès, dits métastatiques, ne sont autre chose que le résultat d'oblitérations déterminées par le transport de fragments détachés des tbrombus veineux.

Quand le pus est versé dans l'intérieur d'une veine, il se produit, ainsi que l'a démontré Virchow, une extravasation sanguine et non une véritable pyémie. Le pus, en dehors de cette condition, ne passe jamais en nature dans le sang.. Il n'est jamais repris comme pus. Quand il pénètre dans la cavité d'un Ivmphatique, il ne dépasse pas le ganglion le plus voisin. Mais ce ganglion lui-même peut s'enflammer et verser dans le courant sanguin une quantité considérable de globules blancs qu'on a pris longtemps pour des globules de pus.

La théorie des métastases blennorrhagiques, voisine en apparence de celle de la métastase purulente, en est cependant toute différente. On sait que les malades atteints de blennorrhagie virulente sont exposés à quelques accidents regardés comme métastatiques et dont les principaux sont : l'orchite, l'ophthalmie, et l'inflammation d'une ou de plusieurs articulations.

Nous admettons difficilement qu'on ait recours à la métastase pour expliquer une ophthalmie, ou une orchite, ou plutôt une épididymite blennorrhagique. U est bien difficile de démontrer que l'ophthalmie est indépendante de toute contagion directe effectuée par le malade lui-même. Quant à l'orchite, si l'on remarque qu'elle se produit, dans l'immense majorité des cas, à une période avancée de l'écoulement, alors que l'inflammation a gagné les parties pi;ofondes du canal, on ne peut refuser d'admettre qu'il y a là une simple extension de l'inflammation aux canaux éjaculateurs, et à ï'épididyme. Ne voit-on pas l'inflammation, dans des cas heureusement rares, s'étendre à la vessie, remonter jusqu'au rein? On n'invoque pas la métastase en pareils cas. On n'y voit avec raison qu'une propagation de l'inflammation par voie de continuité. Pourquoi chercher, à propos de l'épididymite, une autre explication? Là encore la suppression de l'écoulement est loin d'être la règle. Il est habituellement un peu diminué, mais il reparaît dès que l'inflammation de Ï'épididyme entre en résolution. Nous ne voyons donc pas qu'il y ait lieu d'invoquer la métastase.

Il faut être plus réservé au sujet des accidents arthiitiques. L'arthrite dite blennorrhagique a, dans sa forme, dans sa marche, une allure particulière qui permet souvent de la diagnostiquer en dehors de tout renseignement sur son origine. Faut-il admettre que la blennorrhagie crée chez les sujets affectés une diathèse particuhère dont les principaux accidents signalés seraient les manifestations multiples? Doit-on, à l'exemple de quelques pathologistes, repousser tout lien, toute sohdarité entre l'arthrite et la blennorrhagie ? cela nous paraît difficile. Quoi qu'il en soit, l'idée de métastase ne nous semble pas encore ici bien solidement établie ; la substitution d'une manifestation à une autre n'est pas constante ; elle fait absolument défaut dans bon nombre de cas. Le plus habituellement l'écoulement uréthral ne subit aucune modification.

Métastases dartreuses. Les maladies cutanées ont toujours offert un vaste champ à la doctrine des métastases. Sans remonter bien loin, on trouve en abondance des documents tendant à démontrer que les dartres, de quelque nature qu'elles soient, sont fréquemment métastasées par des lésions viscérales. La gale jouait, sous ce rapport, un rôle prépondérant. Nous rapprochons de ces métastases dartreuses certains faits d'observation, tels que la guérison d'un ulcère coïncidant avec l'apparition d'un catarrhe pulmonaire, d'une pneumonie, d'une affection grave du tube digestif.

Mais ici encore les faits invoqués demandent à être contrôlés avec sévérité et en dehors de toute idée préconçue. Les dermatologistes les plus autorisés se sont prononcés sur cette question, de manière à justifier toutes nos réserves. En effet, quand une phlegmasie interne survient chez un sujet atteint d'une maladie cutanée, d'un eczéma chronique par exemple, il arrive quelquefois que l'eczéma se flétrit pour ainsi dire, pour reparaître lorsque les symptômes viscéraux se sont amendés, et cette espèce de balancement peut se renouveler plusieurs fois chez le même individu. Mais en pareils cas, comme le fait remarquer Cazenave, la phlegmasie interne précède dans l'immense majorité la disparition de l'éruption. Le retour de cette dernière n'a lieu que lentement, alors que l'inflammation viscérale est depuis longtemps éteinte. Dans l'hypothèse de la métastase, l'enchaînement des phénomènes morbides devrait être tout différent. N y a-t-il encore pas dans ces faits une simple révulsion ? la maladie aiguë, fébrile, n'a-t-elle pas pour premier effet de modifier toutes les sécrétions? Nous sa\ons encore, bien que la doctrine soit discutée, qu'un grand nombre de maladies cutanées doivent être considérées comme les manifestations d'une diathèse acquise ou héréditaire. Cette diathèse peut avoir, chez le même sujet, des expressions multiples ayant pour siège la peau ou les parenchymes. Les manifestations peuvent coïncider, alterner, se remplacer l'une l'autre ; et il est généralement admis qu'en pareils cas les phénomènes morbides les plus récents atténuent ou font disparaître ceux qui les ont précédés. Pourquoi invoquer alors ce nescio quid qu'on appelle la métastase, lorsqu'on a sous la main, en quelque sorte, une exphcation bien autrement conforme aux lois de la physiologie pathologique ?

Métastases laiteuses. Pendant l'état puerpéral et pendant tout le temps qu'une femme allaite, l'apparition d'une maladie grave, phlegmasique ou autre, mais s'accompagnant d'accidents aigus, a pour effet presque constant de supprimer la sécrétion lactée. Fidèles à cette erreur d'observation et de logique qui prend l'effet pour la cause, les médecins anciens voyaient là tout un genre particulier de maladies, les maladies laiteuses. Sous l'influence de ces idées, on cherchait dans les caractères des sécrétions morbides des analogies plus ou moins éloignées avec ceux du lait. C'était le lait en nature ou tout au moins ses principes qui se transportaient vers les organes malades. On sait combien ces idées sont encore profondément enracinées dans l'opinion populaire, et le rôle que jouent les laits remontés, répandus, dans la pathologie féminine.

Il y a quarante ans, Double, tout en critiquant les observations antérieures, admettait de véritables métastases laiteuses consacrées, suivant lui, par le raisonnement et l'analyse des produits.

C'est précisément par ces deux points que pèche la doctrine des métastases laiteuses. Nul médecin aujourd'hui n'attribuerait à la suppression de la sécrétion lactée l'apparition des accidents puerpéraux graves ; le rapport doit être complètement renversé.

îS'ous n'avons pas grande foi dans les analyses des liquides prétendus laiteux, faites à une époque où les recherches chimiques étaient dans l'enfance, et Ks recherches microscopiques à peu près inconnues. A ce point de vue, les observations de Puzos, celles de Charmeil nous semblent fort sujettes à caution.

Cependant il nous parait hors de doute que les éléments du lait, plus ou moins altérés, doivent en pareils cas pénétrer dans les voies d'absorption. Mais il reste à savoir comment l'organisme se comporte en présence de ces produits, comment il tolère la matière grasse, le sucre, la caserne; et les expériences dans lesquelles on a lait pénétrer directement ces nialières dans le sang ne sont pas faites poui justifier les craintes qu'elles inspiraient. On remarquera, du reste, que toutes ces observations de vomissements laiteux, d'urines laiteuses, sont de date déjà ancienne.

Voici, par exemjde, une des plus récentes. Elle est due au docteur Arace et recueillie dans la Gazette médicale de 1848. 11 s'agit d'une femme prise, cinq jours après l'accouchement, d'une fièvre grave avec éruption indéterminée. Dans la convalescence, Irisson violent, douleur lombaire et hypogastrique , distension de la vessie. Jja sonde évacue deux livres de lait, de couleur presque naturelle, mais acide.

Ne semble-t-il pas qu'il faudrait ici bien d'autres détails et des plus probants pour nous démontrer qu'il ne s'agit pas d'un foyer purulent ouvert dans la vessie?

Les progrès de l'analyse chimique et l'intervention du microscope semblent avoir supprimé ces cas extraordinaires qui pullulaient autrefois dans la science.

Mais le préjugé populaire se ressentira encore longtemps de ces idées originellement scientifiques. La vogue des antilaiteux n'est pas encore épuisée.

Pour terminer cette revue critique des principales métastases, il nous reste à parler des métastases hémorjhagiques.

Ici on a en principalement en vue deux ordres de faits.

1" La cessation d'hémorrhagies habituelles peut s'accompagner d'accidents variés, considérés comme le résultat de la suppression de l'écoulement sanguin.

2° Un flux sanguin normal, physiologique, est remplacé par une hémorrhagie ayant pour siège un organe plus ou moins éloigné.

Au premier ordre de faits se rattachent les accidents de l'âge critique chez les femmes. Une tumeur, maligne ou autre, se déclare. Le sang s' est porté vers l'organe qui en est le siège. Ailleurs, ce sont des phénomènes que l'on peut rapporter à la pléthore. D'autres fois, ce sont des névroses, etc.

Il n'y a pas là heu à métastase. La suppression d'une fonction introduit naturellement dans l'organisme une perturbation dont il se remet plus ou moins facilement. L'explication de ces phénomènes, leur mécanisme intime nous échappent.

Dans le second ordre de faits rentrent les hémorrhagies dites supplémentaires, si fréquentes chez les femmes, et qu'on observe souvent chez les hémorrhoïdaires. Ce ne sont pas là de véritables métastases.

M. le docteur Hémrd, dans un travail présenté en 1852 à la Société médicale des hôpitaux, a réduit à de justes limites l'influence réciproque de la menstruation et des maladies aiguës, et arrive à des conclusions pratiques fondées sur l'observation des faits, absolument contraires à la théorie des métastases.

II serait inutile de prolonger davantage cet examen critique des principales métastases. Après les rédeuous que nous avons dû faire sur celles qui étaient gé-

MfJASTASE. 297

néralemeiit admise?, on appréciera facilement ce qu'il faut penser des métastases séreuses, des métastases nerveuses, etc.

La disparition brusque, complète, d'un épaiichement, d'une hydropisie, coïncidant avec un épancliement développé sur un autre point ou avec un flux séreux développé à la' surface d'une muqueuse, n'est pas un fait aussi commun qu'on l'a cru. Il faut, bien entendu, mettre de côté les observations dans lesquelles un épancbement pleural disparaît à la suite d'un vomique ou tout au moins d'un flux bronchique abondant, celles où on voit une tumeur abdominale liqnide supprimée à l'occasion d'un flux intestinal. Les voies urinai res sont dans les cas -o-"-'S souvent mises en cause. Nous croyons que, dans ces conditions, le mot de crise serait avantageusement substitué à celui de métastase ; et même alors il y a quelques réserves à faire pour des faits mal interprétés, dans lesquels on a méconnu des communications établies entre les collections liquides et les voies d'excrétion voisines.

La thérapeutique cherche souvent à créer artificiellement des évacuations analogues par les différents organes sécréteurs, employant ainsi une méthode qui paraît devoir ses succès à une révulsion exercée sur les organes éloignés.

II faut encore tenir compte de certaines erreurs d'interprétation dont les progrès de la science ont fait justice. L'histoire des accidents cérébraux dans les hydropisies aiguës nous apparaît aujourd'hui sous un jour tout nouveau. Nous savons, d'une part, que l'urée dans des cas de ce genre s'accumule souvent dans le sang en quantité considérable ; et, d'autre part, nous savons également que l'urée, ainsi accumulée donne naissance à des produits spéciaux qui paraissent exercer une action véritablement toxique, à laquelle on doit rapporter les accidents mis autrefois sur le compte d'hydropisies cérébrales. Ces hydropisies font d'ailleurs défaut dans la grande majorité des cas, et, bien souvent, les liquides trouvés dans les cavités ventriculaires n'étaient que le résultat d'altérations cadavériques.

Que dire des métastases nerveuses, sinon qu'on a voulu créer des suppléances imaginaires entre les manifestations d'une même névrose, et qu'on a étabh entre des localisations multiples et successives une subordination qui n'a jamais réellement existé?

On voit donc de combien d'erreurs est encombré tout ce terrain des métastases, et quelles difficultés rencontre l'observateur jaloux de s'appuyer sur des faits précis et de formuler une doctrine dégagée d'hypothèse.

On a cependant cherché à rajeunir la doctrine en lui donnant pour base l'anatomie pathologique. C'est ainsi que les pathologistes allemands décrivent, sous le nom de véritables métastases, des faits dans lesquels le transport d'une matière morbide est de toute évidence et ne peut être un instant mise en doute. A ce point de vue, les phénomènes déterminés par l'embolie constituent pour eux de véritables métastases. Toutes les fois que le sang contient en dissolution des substances qui peuvent se déposer sous forme solide dans les tissus, il y a lieu à métastases. C'est le fait de la goutte. Virchow assimile ce phénomène à celui du dépôt de l'argent en nature ou sous forme de combinaisons encore mal définies, chez les malades auxquels les sels d'argent sont administrés en solution. Pour lui, en dehors du mode de production originel, ce sont des faits de même nature et le processus en est identique.

Le même auteur a montré que chez certains sujets atteints de désorganisation osseuse, caries ou nécroses, on observe une incrustation calcaire de la substance

des principaux viscères, principalement des cellules pulmonaires, de la muquoiiso gastrique et intestinale. Un de ces cas de métaatase calcaire lui a paru coïncider précisément avec l'accumulation de sels calcaires dans l'économie, par suite de l'amputation des deux cuisses. Quand les sels calcaires des os sont résorbés en niasse, les reins sont habituellement chargés de leur élimination. C'est ce qui arrive dans les cas d'ostéomalacie. Mais, si cette élimination est entravée par quelque lésion rénale, si elle est insuftisante, il se forme dans les organes de véritables métastases de sels calcaires.

Quittant bientôt ce terrain solide d'observation, Virchow admet que diverses substances se mêlent, à l'état de solution, à la masse du sang, et applique d'emblée sa théorie à « certains actes pathologiques diffus qui n'affectent pas la forme ordinaire, circonscrite des métastases. » Il admet le transport dans l'organisme de sucs altérés ichoreux, d'une véritable infection ichoreuse, à l'aide de laquelle il explique la pleurésie métastatique sans foyer pulmonaire, la lésion rhumatismale articulaire, l'inflammation gangreneuse diffuse du tissu cellulaire sous-cutané, l'infection anatomique, et dont il Ml un des éléments de l'infection purulente. On voit dans quel chaos nous retombons avec toutes ces interprétations. Il est évident que cette circulation de sucs ichoreux, manifestant leur action « dans les organes qui semblent avoir une prédilection spéciale pour de semblables substances, » doit être considérée comme une pure hypothèse qu'on a le droit d'assimiler aux pérégrinations de la matière peccante, du principe morbilique des anciens auteurs.

On voit, à mesure qu'on pénètre davantage dans l'étude critique des métastases, combien les faits sont difficiles à préciser, à circonscrire ; et on conçoit que des esprits, curieux avant tout de conceptions nettes et bien démontrées, aient proposé de rejeter complètement cette doctrine ancienne des métastases mal appuyée sur les faits les plus contestables.

Selon nous, cette solution est trop radicale. Une pareille fin de non-recevoir ne nous semblerait autorisée que dans le cas où on voudrait laisser sans aucune tentative d'explication certains phénomènes pathologiques dont le lien nous échappe absolument. Quand nous voyons, dans la maladie connue sous le nom d'oreillons et si bien décrite par Borsieri, le gonflement de la région parotidiennc coïncider ou alterner avec l'orchite, et chez les femmes avec la mammite ou l'ovarite, nous ne pouvons évidemment saisir aucun hen entre ces deux accidents. Nous disons qu'il y a métastase, et cependant nous voyons là encore que la métastase, si elle existe, n'est point soumise à des règles fixes. Souvent les deux localisations coïncident et évoluent parallèlement sans paraître s'influencer léciproquement. La maladie paraît constituée, au principal, par un état fébrile que Trousseau, à l'exemple de Borsieri, assimilait volontiers à une fièvre éruptive. Le gonflement parotidien et l'orchite semblent y jouer le rôle de phénomènes critiques. On ne saurait, en tous cas, y voir l'élément essentiel de la maladie.

La goutte est peut-être de toutes les maladies que nous avons étudiées à ce point de vue celle dans laquelle la part de la métastase paraît le mieux établie. Nous avons vu quelles sont les réserves que comporte la doctrine; mais il est difficile de nier, devant la masse d'observations accumulées, que les manifestations de la diathèse goutteuse ne puissent se suppléer l'une l'autre, et qu'une localisation dangereuse ne disparaisse, par exemple, au moment où se manifeste une violente arthrite. Faut-il tout expliquer ici par le transport de l'acide urique circulant en excès dans le sang, et par un dépôt d'urate sur telle ou telle partie, dans

MÉTASYNCRISE 299

tel ou tel organe? Mais alors on admettrait qu'au moment de l'acte métastatique le dépôt urique quitterait le point affranchi pour aller occuper une autre région, ce qui ne paraît guère admissible. La cause anatomique, l'épine, persisterait donc tandis que les réactions qu'elle vient de provoquer par sa présence se supprimeraient tout à coup ?

Nous croyons qu'on pourrait longtemps et sans aucun fruit discuter sur une pareille matière. Dans l'état actuel de nos connaissances, il nous paraît sage de limiter autant que possible le champ des métastases, et de n'appliquer cette hypothèse qu'aux phénomènes qui ne peuvent pas trouver leur explication dans les voies plus sûres et mieux connues de la diathèse, de la révulsion et peut-être des crises.

Ce qui est malheureusement certain, c'est que les indications thérapeutiques tirées de la doctrine des métastases, telle qu'elle a été longtemps comprise, sont bien peu assurées. Si, dans les maladies oti cette doctrine trouve surtout son application, on s'accorde à respecter certains accidents qui paraissent peu dangereux en raison de leur localisation, on sait par contre, dans les cas oîi il y aurait intérêt cà déplacer ces accidents, comment échouent tous les efforts de la médication qui tend à rappeler le mal à son siège primitif, à le dériver d'un organe important vers un organe vioins noble, comme disaient les anciens. On peut interpréter de bien des manières les processus morbides; mais, quand il s'agit de fonder une pratique sur ces interprétations et d'imiter ce qu'on croit être le procédé de la nature, nous n'arrivons le plus souvent qu'à constater l'impuissance de notre intervention. Blachez.

MÉTASTiROL. Appelé aussi métacinnamène {voy. MÉiAciiNNAMÈiNE).

jnÉTASlACRlSE. Médication MÉTASYXCRïTIQUE. Le fondateur du méthodisme, .4sclépiade, attribuant les maladies à une perversion dans l'état des pores (amétrie) de la partie affectée, cherchait, tout naturellement, la curation dans le rétablissement de ceux-ci à l'état normal (symétrie). Thessalus, et quelques-uns de ses successeurs, allèrent plus loin encore, et pensèrent qu'il était nécessaire de modifier la situation de tous les pores de l'économie (métaporopoiesis), à l'aide d'un ensemble ou plutôt d'une suite de procédés hygiéniques et thérapeutiques que l'on nommait cycles, et dont la réunion formait le grand cycle métasyncritique; on cherchait à établir ainsi une véritable reconstitution du corps entier (f^Erac-ûyzûta-tç, recorporatio) . C'est particulièrement dans les maladies chroniques et rebelles que ce genre de traitement était institué. La singularité des moyens mis en usage, leur analogie avec ce qu'on appelle aujourd'hui l'entraînement, l'utilité dont ils pourraient être, convenablement modifiés, dans des cas semblables, et, enfin, l'oubli profond dans lequel cette méthode est tombée, nous ont engagé à entrer ici dans quelques détails. Afin de ne pas nous égarer nous prendrons pour guide Cselius Aurelianus, traducteur ou vulgarisateur, de Soranus, le seul auteur méthodiste dont l'ouvrage complet soit parvenu jus<qu'à nous. La méthode dont nous parlons, car c'est une véritable méthode, se composait de trois parties ou cycles : le premier ourésumptif consistait en une préparation à l'aide du régime ; le second ou métasyncritique, proprement dit, était assez semblable au premier ; on y rattachait le troisième, dans lequel on adjoignait les moyens médicamenteux au régime. Voici, en abrégé, ce qu'en dit C. Aurelianus à propros de la céphalie chronique [Morb, chr., I, c. i).

500 MKTATAUTRKH'E (acide).

1" Cycle résinnplif. Le premier jour diète presque absolue, ou même absolue, ou ne permettait que l'usage de l'eau pure ; le deuxième jour un peu d'exercice, onctions huileuses, et le tiers de l'alimentation ordinaire (pain bien levé, œufs, légumes léger.', poissons de facile digestion). On continue ainsi pendant deux ou trois jours encore de manière à ne pas trop épuiser le malade; alors on augmente l'alimentation d'un nouveau tiers et on la rend un peu plus substantielle (mauviettes, poulets, jeunes pigeons). Enfin, après trois ou quatre jours de ce régime, on restitue la ration entière de pain, auquel on joindra du gibier, delà viande de porc, mais peu de. condiments. On augmente de la même manière la ration de vin, et l'on rendra les exercices de plus en plus actifs.

2° Cijcle métasyncritique proprement dit. D'abord diète, puis passage à une alimentation plus forte que dans le cycle précédent, composée par intervalles de salaisons et progressivement augmentée de trois en trois jours. Le régime étant combiné avec les exercices, les onctions, etc. , ces procédés étaient nécessairement modifiés, quant au choix très-minutieux des aliments, légumes, poissons on viandes, suivant le siège, l'ancienneté et la nature de la maladie.

3" Cycle thérapeutique. Ici une médication active intervient ; elle consistait surtout dans l'usage des vomitifs répétés, alternant avec des bains, l'exercice, et des modifications dans l'alimentation semblables à celles du cycle métasyncritique, et en rapport avec l'organe affecté. On avait ensuite recours à des moyens topiques, rubéfiants, stimulants divers , et quelquefois d'une grande énergie, parmi lesquels les sinapismes et l'emplâtre dropax jouaient un grand rôle. Il va sans dire que ces moyens étaient variés suivant l'état de strictum ou de laxim de la partie malade, avec la précaution, rigoureusement recommandée, de ne jamais passer d'un remède très-actif à un autre, que la stimulation produite par le premier ne fût complètement apaisée. Enfin, ces changements dans les médicaments devaient toujours avoir lieu dans les jours qui suivaient celui auquel se faisaient les changements de nourriture. C'est dans l'application de ces divers moyens, dans l'art de les modifier, de les faire alterner, selon les besoins, de revenir aux uns ou aux autres, que le médecin méthodiste devait déployer tout son tact, toute son habileté pratique.

11 est certain qu'il y a là quelque chose à imiter ; et, à cet égard, nous ne pouvons qu'approuver Mœller, qui, à la fin du siècle dernier, a publié une dissertation intitulée : de Metasynerisi methodicorum in îisum revocanda (Hala3, 1795, in-8"), et dans laquelle il propose d'appliquer cette méthode à beaucoup de maladies même aiguës. E. Beaugrand.

MËTATARISE. Voy. PlED.

MÉTATARSIEIKNES (ARTICULATIONS). Voy. PlED et OrTEILS.

MÉTATARSlErvs (Vaisseaux). Voy. Pied.

mÉTATARTRIQlJE (Acide). L'acide métatartrique est une simple modification isomérique de l'acide tarlrique ordinaire obtenu par la fusion de ce dernier Si l'on opère sur un acide réduit en poudre fine préalablement desséché au bain-marie, on constate que la modification a lieu sans perte de poids. Dès que la fusion est complète, ce qui a lieu entre 170 et 180°, on retire la vase du feu, car l'acide commence à dégager de l'eau déjà à quelques degrés au-dessus de cette température, et ce ne serait plus de l'acide métatartrique, mais de l'acide isotartrique qui prendrait naissance.

MÉTAUX (chimie). 501

L'acide métatartrique ri'cemnient préparé a r.ipparcnce d'une gomme transparente ; il est fort déliquescent. En se combinant à la potasse et avec l'ammoniaque, il donne des sels acides bien plus solubles et d'une autre forme cristalline que les tartrates acides correspondants. 11 ne précipite pas les sels de chaux, et si on le combine à l'ammoniaque, il ne les précipite qu'à la longue et seulement en solution concentrée ; le précipité est soluble dans beaucoup d'eau, et sa forme est différente du tartrate de chaux correspondant.

La dissolution de l'acide métatartrique a la propriété de dévier énergiquement le plan de polarisation vers la droite; cette action s'affaiblit peu à peu par le refroidissement, et à la température de 3°, 5 la déviation est fort sensible veis la gauche. L-

MÉTATUKGSTIQUE (AciDE). Modification polymérique de l'acide tungbtique {voij. ce mot).

MÉTAUX (Chimie.) Nous avons vu au mot Métalloïdes {voy. ce mot), la difficulté que l'on rencontre si l'on veut tirer une ligue de démarcation bien précise qui sépare les métalloïdes des métaux; cette difficulté, d'ailleurs, existe dans presque toutes les classifications, car ici, comme ailleurs, le passage entre ces deux classes de corps s'établit, non pas par un saut brusque, mais par une transition graduée.

Propriétés physiques des métaux. Les propriétés physiques des métaux qu'il nous importe d'étudier sont : leur opacité, leur éclat, leur couleur, leur cristallisation, leur conductibilité pour la chaleur et l'électricité, leur ténacité, etc. Disons quelques mots de ces propriétés.

Opacité. Elle appartient généralement à tous les métaux, cependant elle n'est pas absolue. L'or à l'état de feuilles très-minces, telles que les produit le batteur d"or, laisse passer une quantité notable de lumière, d'une belle couleur verte ; or le vert a pour couleur complémentaire la couleur même celle de l'or vue après plusieurs réflexions sur le même métal, c'est-à-dire le rouge, ce qui prouve que la lumière a réellement traversé le métal même, et qu'elle n'a pas passé par les petits interstices produits par le battage dans les feuilles. Des feuilles minces de cuivre produisent un effet analogue ; il en serait probablement de même pour d'autres métaux si on pouvait les réduire en feuilles assez minces.

Éclat. Les métaux possèdent un certain éclat appelé éclat métallique, et qu'il ne faut pas confondre avec le brillant qu'offrent certains métalloïdes, tels que l'iode, ou certains corps cristallisés. Lorsque les métaux sont réduits en poudre très-fine, ou à l'état de précipités chimiques, cet éclat disparaît, mais il suffit de frotter la matière pulvérulente avec un brunissoir, pour le faire reparaître immédiatement. La poudre des corps non métalliques resterait terne daii's ces conditions.

Couleur. Tout le monde connaît la couleur apparente des principaux métau.v, cette coloration n'est cependant pas la véritable qui appartient aux métaux polis. Outre la couleur qui lui est propre, un métal réfléchit encore une grande quantité de lumière blanche, dans laquelle sa couleur propre est comme délayée. A l'aide de plusieurs réflexions successives d'un rayon de lumière, ou parvient à éliminer de plus en plus la lumière blanche, et les nrétaux prennent ensuite une teinte de plus en plus foncée. Pour faire cette expérience, il suffit de placer deux miroirs formés par le métal, parallèlement l'un à l'autre, et d'observer un rayon de

Ô02 METAUX (cfliMiF,}.

lumière qui s'est réfléchi successivement plusieurs fois à leur surface sous l'incidence normale. L'argent paraît d'un blanc parlliit après une seule réflexion, après dix réflexions il prend une teinte rouge orangé, mais très-faible, parce qu'elle est encore mêlée de 9/10 de lumière blanche. Sa teinte est alors à peu près celle du bronze des cloches après une seule réflexion. Après dix réflexions successives, l'or prend une couleur d'un rouge vif, le cuivre une couleur rouge trèsintense; le laiton, une couleur orangée ; le zinc, une couleur bleu indigo ; l'acier, une couleur violette. Les différentes couleurs que prennent les métaux après plusieurs réflexions nous permettent de conclure avec certitude la couleur de la lumière transmise, si on parvenait à les réduire en lames assez minces pour les rendre transparentes ; cette couleur serait nécessairement la complémentaire de la couleur véritable du métal.

Cristallisation. La plupart des métaux peuvent cristalliser, mais il n'est pas toujours facile de les placer dans des conditions oii ils prennent des formes ré<Tulières. Plusieurs peuvent être obtenus de la manière suivante : après les avoir fondus, on laisse refroidir lentement, puis avant la complète sohdificatiou, on perce la croîite qui est à la surface, on décante les parties intérieures qui sont encore liquides, et on trouve le métal cristallisé, au fond, et sur les parois du creuset. Le bismuth donne ainsi des cristaux très-réguliers. L'antimoine, le plomb et l'étain cristallisent aussi de cette manière, mais plus difficilement. Les métaux qui se rencontrent dans la nature, à l'état natif, sont souvent très-bien cristallisés; l'or, l'argent, le cuivre, nous en fournissent des exemples.

Les métaux sont bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité. Ils ne le sont cependant pas tous au même degré. Les différences très-notables que l'on a observées à cet égard, sont consignées dans le tableau que nous donnons plus loin.

La malléabilité des métaux est la propriété que certains d'entre eux possèdent, à des degrés diiférents, de s'étendre en lames sous le choc du marteau, ou sous la pression du laminoir. Les métaux qui se réduisent en ù'agments dans les mêmes circonstances sont dits : cassants. La ductilité est la propriété de se laisser tirer en fils plus ou moins fins. Les métaux qui jouissent de cette propriété doivent joindre à la malléabihté une certaine ténacité^ afin de ne pas se rompre sous l'effort de la traction qu'il faut exercer pour les faire passer à la filière. La ténacité des métaux est la propriété qu'ils possèdent de résister à des efforts de traction assez considérable sans se rompre. Pour apprécier la ténacité, on suspend des poids à l'extrémité des fils de même diamètre et de même longueur, jusqu'à la rupture des fils. Le fer est le plus tenace des métaux.

Fusibilité. Tous les métaux sont fusibles, mais la température à laquelle la fusion s'opère est très-variable d'un métal à un autre. Le mercure liquide à la température ordinaire fond à — 59". Le platine et l'iridium n'entrent en fusion qu'au-dessus de ■+- 2,000°. La fusion des autres métaux s'opère à des températures intermédiaires. Plusieurs métaux sont volatils et peuvent être distillés; tels sont : le potassium, le sudium, le zinc, le cadmium et le mercure.

Dans le tableau I, on trouve un aperçu des principales propriétés physiques de métaux.

Propriétés chimiques et classification. Les métaux se combinent entre eui (alliages), et avecla plupart des métalloïdes. Les métaux les plus électro-positifs, tels que le potassium et le sodium, sont, en général, doués des affinités les plus fortes. Les métaux électro-négatifs, tels que l'or, la platine, etc., se font remarquer par des propriétés opposées ; ils ne se combinent que difficilement avec

MÉTAUX (chimie).

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