tlILlTAlRt (hvgik.ne
pendant la uiauvaise saison, des bas ou des chaussettes de laine paraissent absolument indispensables.
Eu tout temps la protection du pied contre le froid et l'huiïiidité exige l'enaploi de chaussures rezidues imperméables et assouplies par le graissage du cuir, obtenu au moyen de l'introduction dans les pores même du tissu de substances grasses ou mieuv de cire dissoute dans un mélange de suif de mouton, d'huile d'olives et de térébenthine. Dans un remarquable travail, auquel nous avons fait de nombreux emprunts {Recueil des mémoires de médecine militaire, 1872, p. 66), le docteur Touraine formule le composé suivant dont il a pu constater les avantages ; suif de mouton, 120 grammes; axonge, 60 grammes; cire jaune, huile d'olives et térébenthine, de chacun, 50 grammes. Pour l'employer, il faut commencer par laver la chaussure, puis l'essuyer et l'enduire d'une couche de 1 millimètre d'épaisseur avec le mélange précédent, on l'expose ensuite au soleil ou, à défaut, à la chaleur d'un foyer, mais en prenant des précautions pour que le cuir ne se brûle pas, même légèrement. On frotte ensuite vigoureusement le cuir avec un tampon de flanelle, l'excédant de graisse se trouve absorbé, et, l'opération une fois terminée, il ne reste presque plus dans le cuir que la cir qui l'imperméabilise complètement en lui conservant toute sa souplesse. Le pro cédé ne peut être employé que sur les cuirs fauves, il prend par ce moyen luie couleur grise qui n'a rien de désagréable à l'oeil. Il est grand temps que l'on renonce du reste, dans l'armée, à l'usage du cirage ordinaire, aussi bien pour la chaussure que pour les ceinturons, bretelles de sac, pour le harnachement du cheval. On fait perdre au soldat un temps précieux, qui serait beaucoup mieux employé pour son instruction, et de plus ces cirages prolongés, rendent le cuir dur et cassant, sont en somme fort peu économiques, le tout pour arriver à une propreté extérieure, toute de convention, que la moindre poussière fait bien vite disparaître et qu'il est impossible d'exiger en campagne.
Les cuirs employés dans l'armée doivent tous être simplement graissés, ils conser\'ent leur teinte naturelle, au moins aussi élégante que la couleur noire, et sont d'un entretien beaucoup plus facile. L'armée allemande, l'armée anglaise, en agissent ainsi, nous ne pouvons concevoir pour quelle raison l'armée française ne les imiterait pas à ce point de vue.
La chaussure de la cavalerie, sans avoir autant d'importance que celle de l'infanterie, ne laisse pas que de mériter une étude sérieuse ; le cavalier ne peut porter de souliers, la botte lui est indispensable, elle doit être munie d'éperons fixes, assez solides pour ne se point détacher facilement, assez courts cependant pour ne pas empêcher l'homme de faire des routes à pied ainsi qu'il y est parfois obhgé. Des écrivains militaires du plus haut mérite, le colonel Lewal en particulier [La réforme de l'armée, 1874, p. 328), étudiant à tous les points de vue la question des chaussures militaires, pensent qu'il serait possible de donner à l'armée une botte identique dans toutes les armes, elle serait assez haute et assez large pour que le soldat put y faire entrer l'extrémité inférieure du pantalon. Sans être absolument de cette opinion, nous admettons volontiers que cette mesure aurait d'incomparables avantages au point de vue de la facilité des approvisionnements, mais nous craignons, ainsi qu'il a été dit plus haut, que la botte ne soit incommode au fantassin.
Différents corps de cavalerie, les horse-guards et dragons anglais, les gendai-mes en France et naguère les cuiiassiers de la garde, les chevaliers-gardes russes portent encore la botte forte remontant jusqu'au niveau du jarret et le
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dépassant en avant ; si cette mode a des partisans plus amateurs du pittoresijuc que de la pratique, elle ne saurait être conservée cependant, car le cavalier ainsi alourdi est absolument incapable de faire une route à pied, le cheval est inutilement surchargé ; en somme la botte forte ne constitue qu'une chaussure de parade. La botte souple, celle dite à l'écuyère, n'a point de tels inconvénients, elle ne gène point la marche et suffit pour donner au cavalier une meilleure assiette et augmenter l'action de ses jambes sur les flancs du cheval. Les cuirassiers prussiens portent une grande botte eu cuir très-souple que Ton peut faire remonter et fixer jusqu'au niveau du tiers supérieur de la cuisse. Suffisamment large pour ne point gêner beaucoup les mouvements du genou, elle met complètement le membre inférieur à l'abri de l'humidité et constitue même une véritable arme défensive. Ces avantages tendent à diminuer les inconvénients qui résultent de son poids.
Les chaussures militaires, aussi bien celles du fantassin que celles du cavalier, doivent être garnies de larges clous sous la semelle ; le talon peut même, au besoin, être garni d'un fer léger qui le protège très-efficacement et s'oppose à ces usures latérales si communes chez beaucoup d'individus, gênant singulièrement la marche et sollicitant sans cesse l'articulation tibio-tarsienne à fléchir dans le sens transversal.
Le soldat doit porter avec lui deux paires de chaussures, l'une aux pieds, l'autre dans le sac ; sans doute il se trouve ainsi chargé d'un poids très-appréciable, mais cependant comment en agir autrement si on ne veut l'exposer à se trouver absolument arrêté à un moment donné. Quelque bien construite que serait son unique paire de chaussure, elle peut néanmoins se couper, se déchirer ; le tolon peut se rouver arraché ; elle finit du reste par s'user et rien n'affirme que les magasins tseront toujours assez à portée pour permettre le renouvellement immédiat. Enfin lorsque le soldat a marché pendant plusieurs heures dans la boue ou la neige, quel immense soulagement n'est-ce pas pour lui que de chausser une nouvelle paire de souliers secs et par conséquent moins étroits ! M. Lewal (loc. cit.) ne donue à chaque soldat qu'une paire de bottes, mais il lui accorde une paire de sandales légères à porter et permettant cependant à l'homme de faire accidentellement une route avec elles s'il est excorié. Les sandales seraient acceptables dans un pays chaud, par les temps secs ; elles seraient impossibles en hiver, par les temps froids ou humides. La double paire de chaussures doit être conservée, au moins pour le fantassin, qui, naturellement, use beaucoup plus que le cavalier.
VL Linge et effets accessoires. L'usage du linge de corps est absolument exigé par l'hygiène, il est représenté dans l'équipement du soldat français par trois chçmises et deux caleçons. C'est une erreur que de persister à prendre une grande partie des chemises en toile au lieu de coton ; on en use ainsi, dit-on, pour favoriser l'industrie des plantes textiles nationales, mais cet avantage fait à la population se traduit pour le soldat par de graves inconvénients. Lorsque le corps en transpii-ation est exposé au reiroidissement, celui-ci se produit beaucoup plus rapidement si la chemise est en toile, meilleure conductrice du calorique, que si elle est en coton. Ce qui est vrai pour la chemise l'est également pour le caleçon dont l'usage n'est pas moins indispensable. Le soldat prussien possède trois chemises de coton bleu ou rouge et deux paires de caleçons en calicot gris. Dans l'armée anglaise, l'homme est tenu d'avoir trois chemises en calicot ou deux en • flanelle, et, comme celles-ci sont plus coûteuses, il préfère eu général les premières. Les hygiénistes militaires anciens et modernes sont généraloment d'accord
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pour conseiller à l'armée l'usage des cliemises de flanelle. Sans doute elles sont coûteuses, se salissent facilement, s'imprègnent des produits de sécrétion et, ne trahissant pas par un changement de couleur leur état de malpropreté, surtout si elles sont teintes, exigent une surveillance très-attentive. Mais à côté de ces défauts quels avantage n'ont-elles pas pour le soldat ? que de pleurésies, de rhumatismes seraient évités s'il avait toujours sur la peau cette couche protectrice que constituent les tissus de laine. En Amérique chaque militaire reçoit ainmellement trois chemises et trois caleçons de flanelle.
En acceptant l'introduction de la chemise de laine, même unique, dans l'habillement du soldat, il serait inutile de lui donner eu dessous une chemise de flanelle, le coton suffirait parfaitement. De son côté la chemise de laine, ne se trouvant point en contact avec la peau, se salirait plus lentement et n'exigerait ainsi que des lavages assez rares. On pourrait également supprimer la ceinture de flanelle, introduite dans l'armée française par les troupes d'Afrique qui la portent d'une luçon permanente. En Europe, nos soldats n'en possèdent point réglementairement, ils eu reçoivent en campagne et dans certaines conditions spéciales ; malheureusement lorsqu'ils les ont à leur disposition, ils s'en couvrent continuellement et en perdent ainsi tout l'avantage. Il appartient au médecin de prescrire à quels moments la ceinture de flanelle doit être prise par la troupe comme tenue générale, et à l'autorité militaire de tenir la main à ce que les hommes n'en fassent usage qu'en cas de service exceptionnel, de garde de nuit, de corvées ou enfin en cas d'indisposition.
Le mouchoir est exigé par la propreté aussi bien qiie par la décence, nos soldats en possèdent deux, ce qui est suffisant. Les gants ne doivent point être considérés comme un objet de luxe, mais comme un objet de nécessité ; dans ces conditions nous ne voyous pas l'utihté des deux paires de gants que possède le fantassin et dont il fait usage seulement le dimanche, une seule suffirait pour satisfaire à cette élégance d'habitude. En revanche le gant de peau est nécessaire au cavalier dont la main s'échaufferait rapidement par le frottement continuel de la bride. Dans tous les cas, les gants de laine bien épais et bien chauds devraient être distribués aux hommes en hiver, en tout temps pour les factions et plus encore en campagne. Les armées russes et allemandes, habitant des climats plus rigoureux que le nôtre, n'ont eu garde d'y manquer, mais eu France cette mesure n'a point encore été adoptée à titre régulier; c'est un desideratum facile à combler.
De même il serait véiitablement nécessaire que les hommes eussent, au moins en temps de paix, une ou deux serviettes de toilette, aussi grossières et résistantes qu'on le voudra, mais leur permettant de s'essuyer la figur= et les mains après le lavage. Dans l'état de choses actuelles, nos soldats ne sachant où s'essuyer lorsqu'ils font leurs ablutions, en sont réduits à se servir des draps de lit, ce qui n'est ni convenable ni surtout hygiénique. Cette question sera reprise à propos des soins de propreté, elle devait cependant être déjà signalée à cette place.
Nos troupes possèdent une petite calotte de coton pour dormir la nuit, c'est une véritable superQuité ; l'homme doit être habitué à coucher tète nue dans les casernes. Si la température s'abaisse exceptionnellement, comme dans les baraques, sous la tente ou surtout au bivouac, il peut trouver dans son mouchoir et •mieux encore dans sa casquette le moyen d'abriter son crâne contre le refroidissement. Du reste on n'use pas de la calotte en campagne j il est inutile de l'avoir en temps de paix.
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Le nettoyage du linge de la troupe doit être l'objet des plus sérieuses exigences de la part des médecins et des officiers. En campagne chaque homme doit recevoir du savon dans les distributions réglementaires et saisir toutes les occasions pour opérer un petit savonnage et faire sécher son linge au grand air. Dans la marine de l'État, des règlements très-précis fixent cette branche du service; dans l'armée elle est un peu abandonnée à la sollicitude des chefs, à vrai dire, au bon vouloir des hommes. 11 importe que les officiers de compagnie se persuadent bien que nul détail n'est au-dessous de leur dignité lorsqu'il s'agit de l'intérêt de la santé de leurs hommes. Du reste, en temps de paix, le blanchissage du linge de la troupe s'exécute en grand, par abonnement avec un entrepreneur, au moyen d'une retenue trimestrielle sur la solde, fi^ée à 0 fr. 65 par homme dans l'infanterie, à 1 fr. 05 pour les troupes à cheval (Décret du 10 décembre 1853). Ces allocations sont minimes, elles n'assurent pas, eu général, une propreté suffisante, car les chemises ne peuvent être lavées que tous les huit jours. Les hommes soigneux de leur personne sont obligés de donner à laver à leurs propres frais et, malheureusement, la faible quotité de leur solde ne leur permet pas de bien grandes dépenses sur ce chapitre. Il y a évidemment lieu de faire à ce sujet de nouvelles études économiques, de rechercher, en particulier, si le blanchissage ne pourrait se faire par les soldats eux-mêmes, en installant dans chaque caserne un appareil à vapeur et en allouant une proportion suffisante de charbon, de carbonate de soude et de savon d'après l'effectif du corps.
Sous le nom d'effets de petite monture le soldat possède un nombre considérable de brosses, fioles, boîtes à cirage et autres dont il importe de retrancher une bonne partie. La suppression du cirage pour les chaussures et objets de cuir amènerait celle des deux brosses spéciales et de la boîte à cirage, remplacées par une petite boîte à graisse et un tampon de laine certainement beaucoup plus portatifs. La fiole à tripoli, la patience, la brosse à astiquer disparaîtraient aussi si aux boutons brillants de l'uniforme on substituait les boutons bronzés qui n'exigent aucun entretien et ne servent point, comme les précédents, de cible aux coups de l'ennemi. Dans la cavalerie, l'astiquage s'élève à la hauteur d'une institution ; les armes, la bride et toutes les ferrures de l'équipement exigent un entretien constant, un matériel spécial. Chaque jour l'homme est obligé de consacrer plusieuis heures au fourbissage de ces innombrables objets, il perd ainsi un temps précieux et alourdit son intelhgence en l'attachant à des objets aus^'^i peu importants. Si l'on veut former rapidement les soldats, leur donner goût à leur métier, les élever à leurs propres yeux, il est urgent de faire disparaître tout ce qui n'a point pour but immédiat la culture de leur intelligence, l'application de leurs facultés au métier des armes. Nous ne sommes point ici critiques décidés à trouver mauvais tout ce qui existe, mais, en réalité, nous ne pouvons qu'approuver les officiers, soucieux de l'avenir de notre armée, lorsqu'ils réclament ces améliorations de détail dont l'ensemble peut donner de grands résultats. En campagne on est bien obligé de rabattre considérablement de toutes ces exigences surannées, pourquoi dès lors les maintenir pour le temps de paix. Des vêtements simples sans surcharges inutiles, des buflletteries sans cirage, des armes et des ferrures bronzées comme les boutons n'empêcheront le soldat ni de s'instruire, bien au contraire, ni d'être brave et discipliné. Laissons les amoureux du passé à leurs regrets, supprimons dans l'armée tout ce qui n'a pas immédiatement traiau service de campagne, et, au risque de blesser cruellement la tradition, ne craignons point d'introduire les innovations que tout homme sensé reconnaît utiles.
IVi MILITAIRE (hygiène).
VII. Équipement et charge du soldat. Le soldat en campagne ou en marche doit porter : 1° les objets nécessaires à son entretien personnel, vêtements et autres; 2° les objets destinés à son couchage et à la préparation de ses aliments (effets de campement) ; 3° une réserve de vivres ; 4° ses armes et ses munitions.
Le fantassin nous préoccupera tout d'abord, car lui seul doit fournir le travail nécessaire au transport de tout ce matériel, que le cavalier, au contraire, surajoute naturellement à sa monture.
Nous venons d'étudier les vêtements ou objets qui en dérivent, leur énumération trouve sa place dans les tableaux XXXI et suivants, mais quelques mots paraissent nécessaires au sujet des ustensiles dont il n'a point encore été question :
Tout d'abord le campement ; l'on comprend sous ce nom, dans l'armée française, la tente-abri, ses piquets et ses montants, la couverture dite, en raison de ses dimensions, demi-couverture, la petite gamelle et le petit bidon individuel, plus par groupe de huit hommes un grand bidon, une grande gamelle et une marmite, une pelle, une pioche et une hache.
Pendant les guerres de la République et de l'Empire, les soldats recevaient à titre de campement une sorte de sac en toile, dont ils remplissaient l'intérieur avec de la paille et qui servait ainsi de paillasse improvisée pour les isoler du sol ; souvent même ils se glissaient dans son intérieur. On avait du reste l'habitude de cantonner les hommes, autant que possible, dans les maisons, les villages et de ne les faire bivouaquer qu'en cas d'absolue nécessité. Nos guerres d'Algérie, où le cantonnement est impossible faute d'habitations permanentes chez les indigènes, durant lesquelles les colonnes devaient marcher souvent avec rapidité pour poursuivre l'ennemi, amenèrent le soldat lui-même à transformer son sac de campement; en le décousant d'un côté, il obtenait un carré de toile qui, joint à celui d'un camarade et soulevé par le moyen des fusils, constituait une petite tente très-basse, sous laquelle l'homme pouvait se glisser, s'abriter du soleil, de la pluie, et surtout se protéger contre la réverbération nocturne, si intense dans les régions où le ciel est toujours clair.
La tente-abri devint réglementaire pour les troupes d'Afrique à partir de 1830, pour les troupes de toutes armes entrant en campagne en J854; au lieu de donner un sac de campement aux soldats, on leur remet une pièce de toile de 1",70 sur l^îôO, pouvant se réunir à celles des camarades au moyen de boutonnières et déboutons. Par décision du 22 février 1855, le fusil employé pour dresser la tente-abri a été remplacé par un support de bois arrondi de 1™,20 de hauteur, divisé en deux morceaux réunis par un ajutage cylindrique en fer-blanc; de plus, chaque soldat reçoit deux piquets pour fixer au sol les bords de la tente.
La question de la tente est spécialement étudiée dans ce même Dictionnaire {voy. l'article Campement, vol. XII, l'^ série, p. 24). Nous n'y insisterons donc pas ici ; cependant, au point de vue de l'équipement du soldat en campagne, elle mérite de nous arrêter quelques instants. La tente-abri, ou plutôt la portion que possède chaque homme, pèse l'',260; ses accessoires, 0'',560; en totalité, l'',760. L'homme est obligé de la porter sur le sac, et, quand elle est mouillée, elle atteint un poids beaucoup plus considérable, soit au minimum 2'', 250. Nous verrons tout à l'heure à quel total s'élève la charge du soldat, et combien il y aurait lieu de la restreindre. Si la tente-abri était indispensable, à tout prix faudrait-il la conserver ; mais, de l'avis de beaucoup d'officiers compétents, il semble que, dans les guerres européennes la tente-abri est loin d'avoir une utilité incontestable ; au système de faire constamment camper les hommes, de les exposer ainsi
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à toutes les intempéries des saisons, à l'humiclité du sol sur lequel ils doivent coucher, on oppose celui du cantonnement chez l'habitant, système que nous avons suivi dans nos grandes guerres, que l'armée allemande emploie avec de réels avantages. On craint, en disséminant les hommes, de les avoir moins sous la main, de s'exposer à des surprises; les partisans du cantonnement soutiennent, au contraire, que l'habitude du campement pour toute la troupe tend à affaiblir la surveillance des avant-postes ; ceux-ci sentent tout le régiment derrière eux, et sont moins portés à veiller que lorsqu'ils se trouvent plus isolés. Ce sont là des questions militaires où nous ne saurions avoir de compétence absolue; mais, au point de vue hygiénique, nous n'hésitons pas à condamner absohiment la tenteabri et le système des campements continuels. Croit-on que cette petite tente protège réellement quand il fait mauvais temps? Rapidement transpercée par la pluie, elle n'empêche pas non plus l'eau de couler sur le sol en dessous de ses bords; l'homme est alors obligé de rester accroupi, de diminuer ses points de contact avec le sol, d'interposer sa couverture, et en somme il repose fort mal et contracte de fréquentes affections rhumatismales. Et par les temps de neige, après de longues pluies, où veut-on que le soldat pose sa tente-abri? Partout il ne trouve que l'humidité. En été ou dans les pays chauds, la tente-abri est excellente; en Europe et principalement en hiver, elle n'a que des inconvénients.
Au système actuel de campement, importation africaine, il faut substituer celui du cantonnement ; le principe de nourrir autant que possible la troupe avec les ressources locales, saisies par voie de l'équisition, aussi bien en pays ami qu'en pays ennemi, principe absolument indispensable avec l'effectif des armées actuelles, doit rapprocher les troupes des centres de population ; il faut alors les y loger en profitant de toutes les ressources disponibles. Avec un service d'avantpostes et de grand'gardes bien fait, les compagnies cantonnées se sentiront parfaitement en sûreté, pourront préparer leurs aliments avec plus de soin, dormiront d'un bon sommeil réparateur dans des conditions à peu près hygiéniques, et seront infiniment plus légères et mieux disposées à reprendre la marche le lendemain. Un grand nombre de maladies seront de la sorte évitées ; si elles n'éclataient pas en effet toujours pendant le cours de la campagne, l'homme n'en prenait pas moins le germe; que de pleurésies, d'endocardites, de dysenteries, ne sont-elles jiasdues à la méthode du campement continuel, à l'abri illusoire que le militaire est censé trouver sous sa petite tente.
Lorsque le soldat doit coucher en plein air, bivouaquer, soit pour le service de grand'garde, soit quand il n'y a pas moyen de faire autrement, on peut le mettre en partie à l'abri du refroidissement sans lui donner de tente. Il possède une couverture; supposons qu'on lui donne en plus une pièce d'étoffe légère, imperméabiUsée par l'interposition du caoutchouc entre ses fibres, il l'etendra sur le sol avant de s'y coucher, la relèvera au besoin à son extrémité pour s'en recouvrir les pieds, et, s'enroulant dans sa couverture, les épaules et la tête reposant sur le sac, se trouvera, sauf en temps de pluie, aussi bien abrité que sous la tente-abri. Cette pièce d'étoffe imperméable pourrait être fendue au centre, comme le puncho de l'Américain ; pendant la route, elle serait enroulée autour de la couvertiu-e et placée sur le sac, ou servirait de vêtement par-dessus en cas de mauvais temps. Le poids d'une semblable pièce d'étoffe, mesurant environ 1™,50 snr 1 mètre, n'atteindrait pas 1 kilogramme, et n'aurait pas l'inconvénient d'augmetiter, comme celui de la toile, par le fait de l'humidité.
La demi-couverture est bonne, il y a lieu de la maintenir en augmentant un
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peu ses dimensions sans modifier son poids, l'',600 en moyenne, ce qui peut se faire par l'adoption de laines plus fines.
Les ustensiles destinés à la préparation des vivres sont beaucoup trop volumineux et trop lourds, et ne répondent pas à des indications suffisantes, au moins pour les guerres européennes ; de plus, le système de distribution en est mauvais ; une marmite est donnée pour huit hommes ; si celui qui la porte vient à rester en arrière ou est blessé, toute l'escouade doit se passer de soupe ; le grand bidon ne sert qu'à aller chercher de l'eau, or on peut le Mre aussi bien avec la marmite ou les petits bidons ; il semble également que la grande gamelle peut être remplacée par la petite gamelle individuelle, qu'il serait facile d'élargir un peu et de rendre plus solide. Les ustensiles de campement se réduiraient donc à la petite gamelle, au petit bidon pour chaque homme, et à une marmite pour quatre, mais pouvant suffire à cinq. Si le porteur de la marmite est absent, les trois hommes du groupe se répartiraient dans les groupes voisins.
La question des ustensiles se rattache, du reste, à celle de l'alimentation; nous y reviendrons encore à ce propos.
Les outils, pelle, pioche, hache, sont indispensables; ils servent à la construction des travaux de défense, des tranchées-abris, et sont de véritables armes. De nombreuses études sont actuellement entreprises pour modifier la forme ordinaire de ces outils, les rendre plus légers, tout en leur conservant cependant une résistance suifisante. Un progrès notable consisterait à les l'aire porter suspendus à la ceinture et à diminuer ainsi la charge du sac; l'armée autrichienne vient d'adopter un modèle de pelle à main qui semble avoir de sérieux avantages.
Les vivres de campagne sont en général distribués aux soldats de façon à ce qu'ils aient, en principe, une réserve de quatre jours dans le sac. Ceci mérite d'être étudié plus complètement avec l'alimentation ; constatons pour le moment que le poids moyen de quatre jours de vivres de campagne représente 2'',900 à 5 kilogrammes.
L'armement du soldat d'infanterie consiste dans le fusil modèle 1866, dit fusil Chassepot, dont le poids, avec le sabre-baïonnette, ceinturons et accessoires, est de 6^,250 ; de plus, l'homme doit porter en campagne 90 cartouches en 10 paquets (2'', 890), et 2 cartouches libres (64i grammes).
Étant donnés tous ces éléments, nous pouvons calculer actuellement la charge du lantassin français. Le (ableau suivant a été dressé en prenant pièce par pièce le poids de cliaque objet sur un soldat du 18® d'infanterie, équipé au grand complet sur le pied de guerre.
TABLEAU XXXI, — éndmération et poids des objets qve le soldat d'unfanierib