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mites satisfaire à ces indications, quoique les ateliers des corps n'aient jamais pu suftlre au.v besoins instantanés qui se produisent lors de l'incorporation des jeunes soldats. Mais comment admettre, qu'au moment des grandes mobilisations de troupes, il serait possible de confectionner sur mesure le nombre considérable des chaussures nécessaires? Aussi* toutes les armées doivent-elles posséder des approvisionnements suffisants pour les éventualités, et eu tout temps pour les demandes des corps de troupe. Sans doute, les chaussures, faites à l'avance, sont établies d'après un assez grand nombre de types différents, mais il est des pieds qui semblent ne rentrer dans aucun de ces types, leurs dimensions ne conservent pas entre elles les proportions ordinaires, 'ceux-là sont toujours mal chaussés et condamnés à des souffrances permanentes.
Voilà donc une première difficulté à laquelle il est bien difficile de parer ; la seconde réside dans la forme la plus avantageuse à donner au soulier, en laissant en dehors la question, purement d'ordre économique, de la qualité même du cuir qui doit réunir la souplesse à la résistance.
En France, de nombreux essais ont été tentés à ce sujet, maintes lois étudié par des mihtaires, des médecins ou des spécialistes, et l'on ne semble point être arrivé à un accord, puisque pour la vingtième fois peut-être, une commission vient d'être appelée à statuer sur la meilleure forme des chaussures à donner au soldat. Il est vrai que ses conclusions laissent une certaine prise à la criti([ue, puisqu'elles tendent à faire conserver le soulier actuel, si vivement attaqué cependant. Les principales objections qu'on lui adresse tiennent, soit à son mode de confection, soit à sa forme. Dans les ateliers, loin de chercher à tailler l'eiiipeigne et les quartiers suivant le sens du cuir, on se borne à porter un gabarrit sur la peau et à chercher comment on en pourra faire enlrer le plus grand nombre; or les peaux, composées de surfaces courbes plus ou moins redressées par un tannage insuffisant, tendent à revenir à leur forme naturelle et primitive dès qu'elles ont subi l'action de l'humidité; on voit alors des empeignes s'élargir, d'autres se rétrécir, des quartiers se recoqueviller toujours en dedans et le tout produire alors de nombreuses écorchures ou excoriations. De plus les ouvriers ont l'habitude routinière de monter les chaussures avec des chevilles en bois que l'on néglige généralement d'enlever, parce que ce n'est pas toujours chose facile ; si on les rase au niveau de la semelle, elles ne tardent pas à repousser, car, incessamment pressées d'un côté par le sol, de l'autre par le pied, elles forment toujours saillie du côté de ce dernier qui offre le moins de résistance. Enfin la coupe même est mauvaise : on oublie de laisser dans l'empeigne une place suffisante pour la saillie du gros orteil, aussi est-il souvent comprimé et facilement atteint d'ongle incarné ; on coupe la semelle trop en pointe à partii' de la naissance du gros orteil, celui-ci est rejeté sur le second, de là nouvelle gêne, nouvelle fatigue pour le pied.
Le soulier est, en outre, le plus souvent trop étroit et trop court, et sa coupe ne lui permet pas de se prêter à l'augmentation ou à la diminution du pied sous l'influence de la marche, de la chaleur, de l'humidité. Il n'a du reste, par luimême, aucun moyen d'attache et n'est maintenu en place que par les guêtres. Celles-ci sont de deux sortes, en toile pour l'été, en cuir pour l'hiver. La guêtre, ouverte à sa partie interne, se trouve maintenue en place au moyen d'un lacet unique passant au travers d'oeillets, le sous-pied est également fixé à la guêtre par le moyen d'un lacet. En général, les guêtres sont confectionnées avec un cuir mal tanné, devenu très-dur en magasiii, en sorte que leur modelage sur le
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pied se fait seulement à la longue, au prix de douleurs intolérables et souvent d'écorchures. De plus, cette guêtre ne maintient pas le pied d'une façon con\enable ; pendant la marche, l'effort se porte principalement sur la partie antérieure du cou-de-pied, le lacet cède en ce point et se déroule et vient alors comprimer la partie inférieure de la jambe. Cette compression est encore augmentée lorsque les hommes engagent le pantalon dans les guêtres afin de le préserver de la boue ; dans ces conditions le pied se congestionne et se fatigue avec la plus grande rapidité. La guêtre en toile a beaucoup moins d'inconvénients que la guêtre en cuir, mais elle ne prête pas beaucoup, surtout lorsqu'elle est mouillée, et ne peut même être ajustée à la demande du moment, car elle se trouve fixée au moyen de boutons. Enfin les sous-pieds en toile se déchirent très-facilement, la couture qui les réunit à la guêtre se brise et le soulier ne se trouve plus maintenu.
Tons ces inconvénients, que les médecins militaires ont maintes fois signalés, tendent à faire l'ejeter le soulier actuel et la guêtre qui en est le complément indispensable.
L'armée prussienne et l'armée . anglaise font usage de demi-bottes, assez lourdes, solides il est vrai, et qui, plus ou moins imperméabilisées par la graisse, garantissent le pied de l'eau et de la boue ; elles semblent avoir quelques inconvénients tenant soit à leur prix plus élevé, soit surtout à la difficulté de trouver pour chaque individu une paire de bottes lui allant parfaitement, puis une fois mouillées, elles deviendront beaucoup trop étroites, sont très-difficiles à ôter, plus encore à remettre. Si, dès l'abord, on prend, au contraire, une botte trop large, le pied ballottera de haut en bas et d'arrière en avant, d'où ampoules et excoriations. Quelques bottiers ont eu l'idée, pour empêcher ce ballottement, de placer une courroie au-dessus du cou-de-pied, cousue à la partie interne de la botte et venant se boucler à une bande située à la partie externe. Théoriquement, cette disposition paraît avoir des avantages, mais à l'usage, on a remarqué que la courroie plisse le cuir qui irrite alors le cou-de-pied, la bande se remplit de boue et il devient alors très-difficile de la faire mouvoir, enfin, entre la courroie et la botte, se forment à la longue des amas de boue et de gravier qui, se desséchant, deviennent très-durs et finissent par blesser le pied.
Malgré ces inconvénients, l'emploi de la botte offrirait de réels avantages si elle n'était fatalement lourde et très-chaude en été ; elle constitue réellement la meilleure chaussure des armées pour les pays froids, aussi la voyons-nous adoptée en Allemagne et en Russie. Nous n'avons pas la prétention de trancher ici une question aussi spéciale, mais simplement d'en signaler les difficultés et l'importance. Elle doit se poser dans les termes suivants : Trouver pour le soldat d'infanterie une chaussure à la fois résistante, souple et relativement légère, remontant assez liaut pour qu'il puisse se passer de guêtres, toujours longues à ôter ou à mettre, s'adaptant bien à la forme du pied et pouvant se prêter en partie au gonllement du membre sous l'influence de la marche. A la question des chaussures doit se rattacher celle des chaussettes qu'il est malheureusement difficile d'introduire dans l'équipement ordinaire des soldats en raison de leur détérioration trèsprompte, de la nécessité des lavages fréquents ; deux paires de chaussettes ne suffiraient évidemment pas à chaque soldat, un plus grand nombre augmenterait le poids dont il est chargé. Néanmoins il y aurait de grands avantages à pouvoir lui en donner, la question de la chaussuro elle-même serait, à certains points, simplifiée. Dans certains cas, lors d'une e.\pédition d'hiver, d'un siège
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