ANGLAISE
(Parkes, loc. cit., p. 582).
A. Cavalier du 5' dragons de la garde.
Habillement 23 livres 14 onces 10',811
Sellerie, elc '. . . 45 — 13 1/2 20», 819
Harnachement ôO — 9 5/4 15»,863
Armement et équipement . . . 29 — 3 1,2 15',235
Total. ..'... 129 livres 10 5/4 58',728
B. Cavalier du 10* hussards.
. Équipement du cavalier. . . . 46 livres 3 onces 21», 054
Équipement du cheval .... 76 — 10 — 34', 708
Total 123 livres 1 once 55', 742
Nous avons trouvé pour poids de l'équipement du cavalier français 71'', 484, mais ce chiffre total comprend le poids du filet à fourrages rempli (1 0*^,490). Ni dans l'évaluation de l'équipement prussien, ni dans l'évaluation anglaise, nous ne trouvons du fourrage ; il convient donc, avant de faire la comparaison, de déduire ces 10*', 490 du poids de l'équipement français; reste environ, pour le dragon français, 60 kilogrammes, tandis que le dragon prussien n'en présente que 49 et le dragon anglais près de 59. Dans ces deux dernières armées, les chevaux sont de plus grande race que les nôtres ; mais les hommes eux-mêmes plus forts, par suite plus pesants que les Français ; cela tend à rétablir à peu près la proportion.
Il n'en reste pas moins établi que dans toutes les cavaleries on surcharge infiniment trop l'animal, au détriment de sa vitesse, de sa santé, des services qu'il peut rendre, du fonds qu'on est en droit d'attendre de lui ; or diminuer la valeur du cheval, c'est porter atteinte au but même de ia cavalerie, qui est la mobilité.
§ V. Alimentation. La question de l'alimentation du soldat est basée sur les mêmes principes que celle des autres classes de la société; mais, en raison des conditions spéciales de la vie militaire, elle mérite cependant une étude particulière et intéresse tous ceux qui ont l'honneur d'appartenir à l'armée, d'y exercer un commandement. Depuis le commandant en chef jusqu'à l'officier le moins élevé en grade, tous sont responsables devant leur conscience et devant le pays de ces existences que la patrie leur confie, et qu'ils doivent regarder comme plus précieuses que les leurs propres.
A toutes les époques, lorsque de grandes agglomérations d'hommes ont été réunies sous un même drapeau, la question de les faire vivre a dû préoccuper ceux qui les commandaient. Enoncer le fait, c'est en faire saisir toute l'importance. En quoi consiste-t-il ? D'une part, en temps de paix conserver les hommes en bonne santé, les fortifier s'ils en ont besoin, aider au développement physique qu'ils n'ont point encore achevé au moment de leur incorporation ; d'autre part, en campagne, réparer les pertes incessantes occasionnées par le dur métier des armes, combattre et surtout prévenir les maladies dues à l'épuisement : tel est le but à atteindre.
Aujourd'hui, avec le système du service obligatoire, son intérêt a encore augmenté : il ne s'agit plus seulement de faire des soldats capables de résister aux fatigues de la guerre, il faut encore que tous ces jeunes gens que le pays appelle à concourir à sa défense, retournent chez eux robustes, forts, aptes à reproduire l'espèce dans de bonnes conditions.
Nous ne pouvons ici entreprendre d'esquisser, même à grands traits, l'bisto-
rique de la question ; cette partie mériterait à elle seule de faire le sujet d'une étude spéciale, qui ne laisserait pas que d'être intéressante et instructive ; nous aurions à envisager, en premier lieu, ces intitutions militaires romaines auxquelles l'art militaire moderne a fait de bien fréquents emprunts. On y trouve indiqué non-seulement le mode général d'alimentation d'une armée, mais aussi les règlements spéciaux précisant la quantité et la nature des vivres que le lénionnaire devait porter avec lui; comme aujourd'hui, c'était une ration suffisante pour quatre journées. Végèce et les autres historiens inilitaires entrent à ce sujet dans les détails les plus circonstanciés.
Au début de ce travail on a déjà pu apprécier le désordre qui présida à l'organisation du service des vivres dans les armées au moyen âge et même à l'époque de la renaissance ; nulle branche des sciences militaires ne fut plus négligée que celle de l'alimentation ; cependant avec des ministres comme Sully, Richelieu, Mazarin, la constitution de l'armée française entraîna fatalement de profondes modifications dans l'administration; on s'occupa du bien-être du soldat, ou plutôt on cemmença à comprendre que l'on avait des devoirs vis-à-vis de lui. Sous Louvois et ses successeurs, cette idée fit de nouveaux progrès ; ce fut l'époque où Vauban écrivait un traité sur la santé des gens de guerre ; où le maréchal de Saxe publiait sous le nom de Mes rêveries (Amsterdam, 1757) une série de remarques et d'instructions où la question des vivres et de la nourriture du soldat revient fréquemment, comme l'un des sujets les plus importants.
Sous la république et l'empire, nos années parcourent l'Europe, leur service des vivres est entre les mains des entrepreneurs, des fournisseurs généraux. Chacun sait combien ce système laissait à désirer, à la suite de quelles intrigues, de quels scandales on dut l'abandonner. Néanmoins, dans certains cas, il avait largement pourvu aux besoins de l'armée, surtout lorsqu'on opérait dans un pays assez riche pour nourrir les armées belligérantes, moins nombreuses alors qu'elles ne le sont aujourd'hui; dans d'autres cas, au contraire, le système de fourniture par entreprise tendit à augmenter une misère déjà profonde. Pendant les campagnes de J813 et 18U, le typhus décimait nos armées ; sans doute les origines de ce fléau sont complexes : la jeunesse des contingents levés à cette époque, l'agglomération des malades dans les places fortes, la dépression morale qui envahit les armées forcées de battre en retraite, jouaient un grand rôle dans sa production ; mais nous ne pouvons nous dissimuler que le typhus parait être aussi une de ces maladies causées par l'alimentation insuifisamment réparatrice; l'e.'^périence des faits qui se' sont récemment passés en Algérie nous en fournit la preuve ; le typhus est bien utie maladie de la faim. Si dans les conditions où se sont trouvées les populations de Paris et de Metz, pendant la dernière guerre, le typhus n'est point apparu au milieu d'elles, ou s'il ne s'est manifesté dans la dernière de ces villes que par dos cas isolés et si rares que leur existence même peut être mise en doute, peut-être trouverait-on la raison de celte apparente exception dans l'usage des boissons alcoohques, du vin en particulier, qui à Paris surtout put être consommé par tous et en quantité très-suflisante.
Pour en revenir aux grandes guerres du premier empire, on peut remarquer que, au milieu des préoccupations de tout genre qui l'entouraient, l'empereur ne cessait de regarder comme question delà plus haute importance d'assurer son service des vivres; sa correspondance, aujourd'hui pubhée, en fait foi; mais ses ordres n'étaient pas toujours exécutés, souvent il y avait impossibilité, et, en fin de compte, le soldat souffrait parfois cruellement.
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Depuis cette époque, des modifications considérobles ont été introduites dans l'administration militaire, qui, aupoint de vue du système des vivres, fonctionne uniformément sous l'empire du règlement du 1" septembre 4827, modifié par des améliorations successives. Confiée à la gestion d'un corps organisé, sous le contrôle du commandement et de l'intendance, i'réquemment soumise aux lumières des médecins les plus estimés de l'armée, cette branche capitale des services militaires n'a pas laissé que de faire de grands progrès. Cependant tout n'est pas encore à l'abri de la critique, et il existe encore bien des desiderata que nous aurons l'occasion de signaler, surtout en ce qui a trait à ralimentalion du soldat en campagne; l'expérience de la dernière guerre doit être une source d'améliorations.
La question de l'alimentation du soldat peut être envisagée à deux points de vue : Pour vivre, l'iiomme a besoin de réparer les pertes ordinaires de son organisme ; il doit encore iournir aux dépenses extraordinaires résultant de tout travail matériel ou intellectuel. Comment doit-il réparer ces pertes? oîi doit-il chercher les matériaux nécessaires? C'est le côté scientifique de la question, dans lequel trouveront place des considérations spéciales dérivant du fait même de la vie militaire, de ses exigences, de ses dangers. D'un autre côté, par le moyen de quels systèmes administratifs l'armée assurera-t-elle à ses membres le régime reconnu nécessaire en temps de paix et en temps de guerre ? c'est le côté administratif.
De ces deux faces la première nous occupera principalement, et cependant nous ne saurions négliger absolument la seconde, car elles ont entre elles des connexions bien intimes. Le médecin aux armées ne doit pas borner son rôle à celui d'un conseiller auquel on s'adresse si l'on y pense, il doit prendre plus d'initiative et proposer au commandement les mesures qui de formes peut-être en apparence plus administratives que médicales, tendent cependant à influer sur la santé générale de l'armée, sur le bien du soldat.
Envisagée au point de vue scientifique, la question de l'alimentation du soldat doit prendre pour point de départ les données que la physiologie met à notre disposition au sujet des déperditions de l'organisme, de leur évaluation en temps ordinaire, de leurs modifications sous l'influence des milieux, sous celle du travail mécanique {voy. articles Aliments et Nutritioîs).
D'après les travaux de M. Payen, la ration d'entretien d'un homme sédentaire doit contenir 2 grammes d'azote et 42s'',2 de carbone pour 10 kilogrammes de son poids, soit 12»'', 51 d'azote et 264 grammes de carbone pour un homme pesant 62'', 541 (poids moyen des Français entre 20 et 60 ans). Mais cette condition de repos absolu est exceptionnelle, et on peut même dire incompatible avec l'état de santé ; l'homme déploie toujours une certaine somme d'activité extérieure q\ii fait que la ration d'entretien ainsi évaluée n'est plus suffisante. M. Payen, analysant les excréta d'un homme qui exécute un travail modéré, est arrivé aux résultats suivants :
Urine excrétée en 24 heures, 1450 gr. 14 gr. 5 d'azote et 43 gr. de carbone.
Excréments solides, 160 gr. ! 5 S 15
Mucus divers, exhalations cutanées. )
Total 20 gr. 0 CO gr.
D'un autre côté, la quantité de carbone brûlé dans l'acte de la respiration s'élève à 250 grammes. En faisant la somme d-'s quantités journellement brillées