MERLE. H
sont couleur de cendie; les épaules, d'un brun clair et châtain. Les côtés de la poitrine et les flancs, à taches noires ; le ventre, blanc ; la gorge, le devant du cou et la poitrine, ont des mouchetures noires. Les pattes et l'iris sont brunâtres. Au printemps, le gris de la tète et du cou devient chez le mâle un peu bleuâtre; le bec est alors d'un beau jaune à la base, et noir à la pointe.
La Litorne est de passage régulier en France. Elle niche sur les arbres élevés, dans les forêts de r.\llema§ne centrale et septentrionale. Elle pond quatre à six œufs verdàtres ou bleuâtres, avec de petites taches roussâtres ou brunâtres.
La Litorne arrive en France après toutes les autres espèces de Merle ; en automne, les bandes émigrantes sont formées d'un grand nombre d'individus. La chair de cette espèce n'est pas aussi estimée que celle des autres Merles à plumage tacheté ou grivelé.
Le Merle Draine, Turdus viscivorus L., vulgairement Grive de gui, est la plus grande espèce du genre; sa couleur est d'un brun olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous avec des taches, au devant du cou, brunes, d'autres en fer de lance sur la gorge, d'autres enfin ovalaires, et brunes, à la poitrine et à l'abdomen. Tour des yeux cendré; bec jaunâtre à la base et brun dans le reste de son étendue; {lattes roussâtres ; iris d'une couleur de noisette foncée. La femelle ne diffère du mâle que par une teinte plus claire en dessus et plus roussâtre en dessous, La taille est de 50 centimètres.
Cette espèce, assez répandue en France, où elle est sédentaire dans le nord, est de passage en Provence. Elle niche de très-bonne heure. Le nid, posé sur des arbres (hêtre, chêne, pin), est artistement construit d'herbes, de petits morceaux de bois et de terre gâchée. Les oeufs sont au nombre de quatre ou de cinq, grisâtres avec des taches petites etrougeàtres.
La Draine voyage par couples, et se nourrit d'insectes et de fruits; elle aime beaucoup celui du gui, et contribue à propager cette plante parasite avec les graines que la digestion n'a point altérées.
La chair de la Draine est encore moins estimée que celle de la Litorne.
A côté du genre Merle proprement dit, se trouvent deux oiseaux que Vigors en a séparés, sous le nom de Pétrocincle ou Merle de roche. Ces oiseaux vivent constamment dans les montagnes arides, sur les masures ou les édifices en ruine. Ils sontinseclivores, d'un naturel solitaire, et n'émigrent jamais en bandes.
Le Merle de roche, Petrocincla saxatilis L., long de 20 centimètres, a la tête et le cou d'un bleu cendré, le dos noir, le croupion blanc, les couvertures des ailes d'un brun noirâtre, la poitrine et l'abdomen d'un roux vif. Les pattes sont noirâtres, et l'iris d'un brun clair. La femelle est d'un biun terne; les parties inférieures sont d'un roux moins vif que chez le mâle.
Le Merle de roche est propre à l'Europe méridionale ; on le trouve dans les Pyrénées', le Dauphiné, la Franche-Comté, etc. Sa ponte est de quatre à cinq œufs placés dans les fentes ou les trous des rochers. Ces œufs sont courts, ramassés, et d'un brun verdâtre. Pendant l'été, le Merle de roche habite les hautes montagnes nues ; vers la fin d'août, il vient sur les coteaux pierreux ; il se tient aussi au plus haut des branches mortes sur les vieux arbres. Pendant l'automne, il mange des baies de Pistachier et des figues ; il s'engraisse beaucoup, et il est alors excellent à manger.
Le Merle bleu, Petrocincla cyanea L., long de 25 centimètres, est entièrement d'une couleur bleue assez loncée, avec des reflets, excepté aux ailes et à la queue. Les ailes sont noires; le bec elles pattes, noirâtres ; l'iris, brun foncé. La
m MERLUS.
femelle est d'un brun bleuâtre avec les plumes bordées de cendré en dessus ; le cou et la poitrine, avec des taches roussàtres. Le ventre et les côtés du corps ont des raies transversales brunes.
Cet oiseau habite principalement l'Europe méridionale et le nord de l'Afrique; il est sédentaire dans le midi de la France; Sa ponte a lieu dans des trous de rocher ou dans les ruines. Le nid, composé de feuilles, de bourre et de crin, renferme cinq à six œufs allongés, d'un bleu verdàtre pâle.
Le Merle bleu ne se repose presque jamais sur les arbres ; il se tient constamment au plus haut des vieux édifices et des rochers escarpés. Le chant de cet oiseau est extrêmement harmonieux. Sa chair est fort bonne à manger.
Les voyageurs et les gens du monde ont donné plusieurs fois le nom de Merle à des oiseaux qui n'appartiennent point à ce genre de passereaux :
Le Merle d'eau est l'Aguassière cincle, Hydrobata cinclus L., long de 19 centimètres, qui vit au bord des ruisseaux dans nos montagnes, et qui s'eisfouce dans l'eau, en y marcliant les ailes écartées, pour y chercher sa nourriture.
Le Merle pêcheur, ou Merlet bleu, est le Martin pécheur vulgaire, Alcedo hispida L., vivant le long des eaux courantes, et dont la physionomie est toute différente de celle des Merles ordinaires. La tête est grosse, le bec énorme, le corps épais, ramassé, et le plumage d'un vert bleu et azuré en dessus, roux en dessous. Longueur 12 centimètres, le bec non compris.
Le Merle rose est le Martin roselin, Pastor roseus L. , belle espèce voisine des Étourneaux, longue de 25 à 24 centimètres, dont le dessus du corps est noir, le reste du corps plus ou moins rose, avec une huppe de plumes effilées sur la tête. Il est quelquefois de passage dans le midi de la France. Cet oiseau est très-utile et se nourrit principalement de sauterelles. Il était fort respecté en Arabie sous le nom de Samarmar, et invoqué par des pratiques superstitieuses lorsque les Criquets émigrants désolaient le pays en détruisant les récoltes.
A. Laboulbèke.
MERLimCiEB (Barthélémy), vivait à Augsbourg à la fm du quinzième siècle. 11 est connu par un ouvrage populaire d'hygiène de l'enfance, qui a eu plusieurs éditions :
Ein Régiment voie man diejungen Kinder halten soll. Augsbourg, 1475, 1474, 1476, 1497,
A. Dk.
mERLCS. Le merlus [Gadiis merluchis, L.) est un poisson du même groupe que la morue et le merlan, que l'on pêche avec une égale abondance sur nos côtes de l'Océan et sur celles de la Jléditerranée. Il atteint QO centimètres et quelquefois davantage. Son dos est gris brun ; son ventre, blanc mat. Cuvier en a fait le type du genre Merluchis, caractérisé par l'absence du barbillon mentoiinier, ce qui le rapproche du merlan, et par la présence de deux nageoires dorsales et d'une seule anale, ce qui le distingue à la fois du merlan et de la morue.
On mange le merlus frais, ou on le sale et on le dessèche. Dans ce second cas, il constitue la merluche, l'une des préparations de poissons provenant de la famille des gades auxquelles s'applique le nom de stock-fish.
Quelques auteurs pensent que le merlus de la Méditerranée diffère spécifiquement de celui de l'Océan, et ils lui donnent le nom de Merlucius esculentus. Le Merluchis macrophthalmus est une autre espèce propre à la mer intérieure.
P. Gervais.
MEKS-EL-KÉBIR (eao minérale de). 115
MËROCÉLE (de ^npàq, cuisse, et zB>ifl, hernie). C'est la hernie crurale {voij. Crdrale [hernie]}.
MERBIMAIV (Samuel). Né le 2o octobre 1771 à Marlborough, vint à l'âge de 15 ans achever ses humanités à Londres auprès de son oncle, Samuel Merrinian, accoucheur très-répandu, et commencer ses études médicales. Il suivit les leçons d'anatomie des Baillie, des Cruikshank, et, en 1795, celles que Thynne donnait sur les accouchements. Reçu apothicaire, il commença par exercer ces fonctions, comme c'était Tusage alors, en même temps que la médecine, et, en 1799, il épousa sa cousine, et continua de demeurer chez son beau-père, Samuel Merriman. Mais au bout de quelques années cette position nuisant cà l'extension de sa pratique obstétricale déjà très-considérable, il résolut de l'abandonner. Une occasion s'offrit, vers 1807, de réahser ce projet. La place de médecin-accoucheur du dispensaire de Westminster était devenue vacante, mais pour l'obtenir, le titre de docteur était indispensable; moyennant l'appui et les certificats de capacité délivrés par les premiers praticiens de Londres, grâce surtout aux efforts que le célèbre Denman fit en sa faveur, le collège de Maréchal, à Aberdeen, consentit, non sans difficulté à lui conférer le doctorat. Il put donc, en 1808, occuper la position qu'il avait ambitionnée et qu'il résigna en 18J 5. Merriman commença en 1810 à l'hôpital de Middlesex des cours d'accouchements qu'il continua jusqu'en 1825 et qui attiraient une grande affluence de jeunes médecins. C'est là que se formèrent la plupart des accoucheurs du royaume-uni. Sa haute réputation lui avait fait donner plusieurs fonctions très-élevées dans les institutions (.haritables et hospitalières, que le mauvais état de sa santé l'obligea d'abandonner successivement. Malgré cet état de souffrance Merriman prolongea très-longtemps sa carrière et mourut le 22 novembre 1852 à l'âge de 81 ans, laissant la réputation de l'un des plus babUes praticiens que l'Angleterre ait eus. Du reste, les soins d'une immense cUentèle n'empêchèrent pas Merriman de communiquer à ses contemporains et à la postérité les fruits de sa vaste expérience. Ses leçons, ses écrits montrent qu'il aimait la science pour elle-même et non uniquement pour les avantages qu'elle procure, ainsi qu'il arrive trop souvent aux médecins trèsoccupés.
Voici la note de ses principales publications :
I. Observations on Attempls to depreciate the Value and Efficacy of Vaccine Inoculation. Londoa. 1805, in-S". — II. A dissertation on Rétroversion of the Womb, including some Observât, on extra utérine Gestation. Ibid., 1810, in-S". — III. A Case of Difficult Parturition occasioned by a Dropsical Ovarium, etc. In Lond. Med. Chir. Transact., t. III, p. 47, 182 . — IV. Case of Prématuré Labour artificially induced in Women with distorted Pelvis to which, etc. Ibid., p. 125. — V. ^ Synopsis of varions Kinds of Difficult Parturition with Practical Remarks, etc. Lond., 1814, in-12...., 5= édit., 1859, m-8°, pi. ; trad. allem. par KiLiAS. Mannheim, 1826, in-S" ; trad. ital. Siena, 1825, in-8°. — VI. Cases of Tumours
within the Pelvis impeding Parturition. In Lonrf. Med. Chir. Trans., t. X, p. 50, 1819.
VII. Calculations respecting the Periods of Parturition in Women. Ibid., t. XIII, p. 558, 1827. — VIII. Thoughts on Médical Reform, etc. Lond. 1858, in-8°, — IX. Edit. du Treatisè on the Diseases of Children d'UsDERwooD, avec notes. Ibid., 1820, in-8». — X. Divers articles dans d'autres recueils et particulièrement plusieurs notices scientifiques, biographiques et littéraires, dans le Gentlemen's Magazine. E. Bgd.
niEBS-EIi-KÉBiB (Ea0 MINÉRALE de). Hyper thermale, pohjmétallite chlorurée sodique et magnésienne forte, carbonatée calcique moyenne, carbonique moyenne. En Algérie, dans la province d'Oran et à trois kilomètres seulement de cette ville, à cinquante mètres de la mer Méditerranée, à trois ou quatre mètres
116 MERS-EL-KÊBIR (eau minérale de).
au-dessus de sou niveau, à quarante mètres de la route, la source de Mers-el- Kébir, souvent appelée source des Bains de la Reime, émerge par quatre griffons, dont le principal a un diamètre de 10 centimèlres environ. Le débit des quatre griffons est de 560,000 litres d'eau en 24 heures.
L'eau de cette source est claire, limpide et transparente, elle n'a aucune odeur. Sa saveur est salée, mais elle n'est pas désagréable. Sa température est de 4°, 705 centigrade. MM. Souceylier et Redonin ont fait sou analyse chimique en 1841 ; ils ont trouvé que 1 ,000 grammes renferment les principes suivants :
Chloruri de sodium 5,936
— magnésium 4,517
Sulfate de magnésie 0,420
Carbonate de chaux 1,078
Silice 0,809
Total dks matières fixes 12,580
L'eau de la source hyperthermale de Mers-el-Kébir se rend, au moyen de tuyaux, à une maison de bains composée de deux bâtiments. Le premier est un rezde-chaussée contenant douze baignoires de maçonnerie ; le second, adossé au rocher, renferme une piscine dans laquelle quinze malades peuvent prendre leur bain à la même heure, et trois cabinets isolés pourvus d'appareils de douches.
AcTioJN THÉRAPEUTIQUE. L'eau des quatre griffons de Mers-el-Kébir s'administre en boisson, en bains et en douches. Son action physiologique principale, lorsqu'elle est employée à l'intérieur, est d'être légèrement laxative. Elle doit assurément cet effet à la quantité considérable de chlorures qu'elle tient en dissolution, et très-probablement à son chlorure de magnésium qui, nous l'avons fait remarquer déjà plusieurs fois, rend purgatives certaines eaux minérales qui en renferment une moins grande proportion que celle des Bains de la Reine d'Espagne, sous le patronage de laquelle elle fut placée par les originaires de ce pays qui primitivement l'exploitèrent. Elle est principalement administrée aux dyspeptiques et aux anémiques dont les fonctions digestives et les forces ont été troublées ou amoindries par les fièvres intermittentes, si communes dans cette partie de l'Afrique.
En bains généraux de baignoires et surtout de piscines, en douches d'eau appliquées sur tout le corps ou quelquefois sur une de ses parties, les eaux qui alimentent l'étabHssement de Mers-el-Kébir donnent d'excellents résultats dans les affections occasionnées par le rhumatisme, quel que soit son siège, quelles que soient ses manifestations, quels que soient les tissus qu'il a envahis. La réputation de l'eau de Mers-el-Kébir s'est faite surtout à cause de son efficacité sur les suites de blessures par armes de guerre, d'affections chirurgicales avec déplacements ou fractures des os ou rupture des ligaments, sur la gêne ou l'impossibilité des mouvements, occasionnées par certaines cicatrices ou certaines rétractions ou contractures musculaires idiopathiques, symptomatiques ou sympathiques. Les eaux de Mers-el-Kébir enfin, sont fréquentées par un grand nombre d'Arabes venant se traiter des maladies de la peau que leur misère et leur défaut de propreté rendent aussi communes que difficiles à guérir d'une manière durable. Ces dermatoses ne sont pourtant pas diathésiques à proprement parler, mais elles récidivent parce que leur cause productrice se renouvelle dès que les baigneurs sont rentrés sous leurs tentes ou dans leurs gourbis. Il ne faut pas conclure de ces observations et de l'absence de tout élément sulfuré ou sulfureux dans ces eaux, que nous révoquons eu doute les succès constatés par les médecins qui ont fait
MERTEiNS. H7
connaître les propriétés médicales des eaux hyperthermales de Mers-cl-Kébir, puisque nous avons signalé assez souvent les vertus de certaines eaux, amétallites même, contre des aifections cutanées, que les eaux hépatiques les plus fortes et les plus renommées sont impuissantes à guérir, à soulager, et qu'elles empirent même quelquefois. Nous nous promettons d'aborder celte question avec les développements qu'elle comporte, en traitant des eaux minérales en général.
Les eaux de Mers-el-Kébir étant reconstituantes, toniques et excitantes, sont contre-indiquées chez les personnes pléthoriques; chez celles qui, n'étant pas constipées, ont des motifs sérieux de craindre une congestion ou une hémorrhagie de l'un des organes essentiels à la vie, comme le cerveau ou le poumon, par exemple. Ces eaux ne conviennent pas non plus à ceux qui sont nerveux à l'excès, et chez lesquels l'excitation thermale d'une source assez fortement chlorurée doit être soigneusement évitée.
La durée de la cure est de quinze à vingt-cinq jours.
On n'exporte pas l'eau de Mers-el-Kébir. A. Hotcreau.
Bibliographie. — Bertherand. Eaux minérales de l'Algérie. k. R.
NERSlSEniAiV (J.^cqces-Ouvier-Marie de). Né à Bruges, le 6 avril d805. A l'âge de vingt ans il l'ut envoyé à l'Université de Gand, où il fit ses études médicales et prit le litre de docteur; puis, après avoir fait un voyage à Paris pour perfectionner ses connaissances, il retourna se fixer dans sa ville natale. Les plus brillants succès vinrent bientôt attester son savoir et son habileté. Un mémoire très-remarquable sur le typhus qui désola les Flandres lors de la terrible famine de 1846-47, le zèle qu'il déploya pendant l'épidéniie cholérique de 1849, lui firent décerner la décoration de Léopold. C'est encore en donnant ses soins à des malades atteints d'affections typhoïdes qu'il fut atteint de la maladie à laquelle il succomba, à peine âgé de quarante-huit ans, le 19 avril 1853. De Mersseman était agrégé de la Faculté de Médecine de Gand, médecin de l'hôpital civil de Bruges, membre adjoint de l'Académie de médecine de Bruxelles depuis 1842 et titulaire depuis 185Ô, membre de beaucoup d'autres sociétés savantes et de diverses commissions administratives. Parmi les travaux laissés par ce savant praticien, il en est un qui restera dans la science comme un modèle d'observation exacte et sagace, c'est celui qui est relatif à la fièvre ou typhus de famine dont nous avons parlé plus haut.
Voici du reste la liste de ses écrits :
I. Dissertatio de actione cordis et sanguinis circulatione. Gandavi, 1829, in-4". — II. Disrjuisitio medico-legalk de variis lelhalitatix gradibus vidnerum partium continentium et contentarum thoracis. Ibid., ISôl, in-8°, — III. Mém. sur l'éducation physique des enfants, lu Ann. de la soc. méd. chir. de Bruges, t. I, p. 181, 18i0, et t. II, p. 261, 1841; et Bruxelles, I841,in-8'', fig. — IV. Recueil d'observations médicales. Bruges, 1841, in-8°, — V. De l'organogénésie ou des lois que suit la nature dans la formation des organes des animaux. Bruges, 1844. — VI. Éloge de Palfijn. In Bullet. de. l'Acad. de Méd. de Belgique, t. IV, p. 873; 1844-45 et in Bull, de la Soc. de méd. de Bruges, t. XllI, p. 19 ; 1852. — VII. De la fièvre tijphoide et de la fièvre de famine. In Bull, de l'Acad. de méd. de Bruxelles, t. VIII, p. 87, 167; 1848-49. — VIII. Discours sur les épidémies du moyen âge. Ibid., t. IX, p. 30, 1849-50. E. tcD,
MERTEi^S (Charles de). Ce médecin était Belge. Il naquit à Bruxelles, en 1757, et mourut à Vienne, le 28 septembre 1788. Il avait été directeur de la Maison des enfants trouvés de Moscou (1767-1772), et rendit des services signalés dans la peste qui désola cette ville en 1771, et qui donna à de Mertens l'occasion d'écrire le livre suivant :
118 MÉRV.
Obscrvanones medicœ de febribus putridis, de peste, nom^lllsgiie aliis morbis. Vienne,
1778-1784, in-8°, 2 vol. Ouvrage que l'auteur a, en partie, traduit lui-même en français, sous ce titre : Traité de la peste. Vienne et Strasbourg, 1784, in-8». A. C.
RIËRCLE. Genre de Champignons basidiosporés, appartenant à la famille des Polyporés, présentant nn réceptable membraneux, charnu ou coriace, dont la surface fructifère est plissée ; ces plis en s'anastomosant forment des alvéoles analogues à celles des Dœdalea, lorsqu'ils sont peu nombreux', ils donnent aux Mérules une certaine ressemblance avec les Chanterelles ; c'est donc un genre de passage entre les Agaricinés et les Polyporés et qui, pour ce motif, a été longtemps très-mal défini. Une espèce de ce genre est plus particulièrement utile à connaître, parce qu'elle s'attaque aux bois de construction : le mycélium désagrège les fibres hgneuses, rend ces bois pulvérulents et peut ainsi causer des accidents dans les habitations, c'est le Mérule destructeur, Merulius destruens de Persoon ou M. Lacnjmans de Fries, ainsi nommé à cause des gouttelettes aqueuses qu'il laisse suinter par les bords de son chapeau. Ce chapeau étalé à la surface des bois qu'il envahit, est blanchâtre dans la jeunesse, il garde cette teinte sur les bords devient jaune orangé, ferrugineux et brunâtre sur le reste de son étendue. Les spores d'un jaune cannelle, le distinguent ainsi que quelques autres espèces d'une série de Mérules dont les spores sont blanches.
De Candolle. FI. Franc, t. II, 1815, p. 152. — Peesoon. Mxjcol. Europ., t. II, 1^25, p. 27 (sub Xylomyzon]. — Cordier. Champ., 1870, p. 1G4, pi. XLII, f. 2. — Tode. Beschreibung des verwûstenden Adernschwammes, Merulius vastator. (Sans date.) Hénon. Hist. et descript. d'un champ, paras, le Mérule destructeur, 1854.
mÉRT (Jean). Né à Vatan, en Berry, le 6 janvier 1645, mort à Paris, le 3 novembre 1722. Fils d'un chirurgien, Méry abandonna de bonne heure les études classiques qu'il ne poussa que jusqu'en quatrième ; il était convaincu que les études universitaires ne lui seraient d'aucune utilité et qu'il pourrait, sans elles, devenir un bon chirurgien. Il a eu raison, sans doute; mais ses ouvrages, sa polémique surtout laissent trop voir cette absence de l'étude des belles-lettres, et l'exemple de Méry prouve une fois de plus que, dans les carrières libérales, dans la médecine surtout, les études classiques sont, sinon indispensables, tout au moins fort utiles. A dix-huit ans, il vint à Paris et entra aussitôt à l'Hôtel- Dieu ; il s'y fit remarquer par son amour du travail. Non content de disséquer à l'hôpital, il emportait chez lui des morceaux de cadavres, et passait la nuit- à en étudier à fond l'anatomie. Il se fit bientôt connaître par sa Description de Voreille, ouvTage d'une véritable valeur, mais fort au-dessous de celui de Duverney, son rival. En 1681, il fut nommé chirurgien de la reine, et, en 1683, chirurgien de l'hôtel des Invalides. En 168-4, Louis XIV l'envoya en Portugal auprès de la reine, malade; elle était morte quand Méry arriva à Lisbonne ; mais sa réputation était telle déjà, qu'on lui fit les offres les plus avantageuses pour le retenir à la cour de Portugal. Il y resta quelque temps, séjourna aussi en Espagne, dans le but de travailler, et revint à Paris, où l'Académie des sciences l'appela dans son sein (1684). Quelques années après, en 1692, il fut chargé par le roi d'une mission secrète auprès de la cour d'Angleterre; les contemporains ne connurent jamais le but de cette mission, et la postérité n'est pas plus avancée qu'eux. A son retour, il fut fait chirurgien du jeune duc de Bourgogne. Méry était tout le contraire du médecin de cour, et Daquin devait avoir bien de la peine à le reconnaître ; il était cassant, âpre, bourru, irrespectueux ; ce qui faisait dire à Fonte-
MÉSACONATES. M9
nelle qu'il était plus étranger à la cour, qu'il ne l'avait été en Portugal et eu Espagne. Aussi quitta-t-il sa place à la cour, dès qu'il le put, pour se retirer aux Invalides. Eu 1700, il fut nommé premier chirurgien de l'Hôtel-Dieu, et, à partir de ce jour, il se consacra exclusivement au service de l'hôpital, à l'Académie des sciences, et à ses recherches anatomiques. Il ne quittait pas son cabinet, refusant de voir aucun malade, et de faire des leçons publiques, quelque prix qu'on lui olfrît pour cela. Il disséquait sans cesse, scrutant les organes dans leur plus petit détail, mais selon un système que lui-même a caractérisé par le3 paroles suivantes : « Nous autres anatomistes, nous sommes comme les crocheteursde Paris, qui, en connaissent toutes les rues, jusqu'aux plus petites et aux plus écartées, mais qui ne savent pas ce qui se passe dans l'intérieur des maisons, ï Et par le fait, Méry ne le savait pas toujours très-bien, témoin, surtout, sa dissertation sur le trou ovale, et sa discussion sur ce point avec Duverney, Tauvry, Sylvestre, etc. 11 fut mieux inspiré dans sa discussion contre C. Falconnct, sur la nourriture du fœtus, bien que ses arguments ne soient pas toujours d'une grande valeur. Ces arguments, Méry les présentait toujours sous une forme brutale, presque grossière, qui ne manquait pas d'envenimer les querelles qu'il eut avec un grand nombre de ses confrères. Nous nous demandons si ses allures singulières, si la vivacité de sa discussion, si la crudité de son langage, ne sont pas entrés pour une bonne part dans cette grande réputation, dont il a joui jusqu'à ce jour. Il était sans doute bon chirurgien et bon anatomiste, mais il n'a pas laissé un seul ouvrage qui marque et prenne date dans la science. Sa découverte la plus originale a consisté à démontrer, contre l'opinion alors reçue, que, dans la hernie, le péritoine n'est pas déchiré, qu'il continue à envelopper l'intestin, et qu'il forme le sac herniaire.
Les Mémoires de l'Académie des sciences contiennent un certain nombre do Mémoires importants de Méry ; il a publié, en outre :
I. Description exacte de l'oreille de l'homme, avec explication mécanique et physique des fonctions de l'âme sensilive, de Lamy. Paris, 1677; ibid., 1687, in-12. — II. Observalions sur la manière de tailler dans les deux sexes jjour l'extraction de la pierre, pratiquée par le frère Jacques. Ibid., 1700, in-12; Amsterdam, 1700, in-8°. — III. Nouveau système de la circulation du sang, par le trou ovale, dans le fœtus humain, avec les réponses aux objections de MM. Duverney, Tauvry, Verheyen, Sylvestre et Buissière. Paris, 1700, in-12. — IV. Six problèmes de -physique sur la génération du fœtus. Ibid., 1711, in-i", etc. H. Mr.
MÉRTCISME (aïî^yxtffp;) . Maladie consistant en ce que les aliments, une fois ingérés, remontent dans la bouche et y subissent une nouvelle élaboration, comme chez les ruminants. Percy a rapporté l'histoire d'un homme qui fut atteint à l'âge de trente-deux ans de cette infirmité et qui finit, non-seuletnent par s'y habituer, mais encore par y trouver un certain plaisir. La rumination cessa pendant une attaque de goutte, et diminua quand survinrent de la boulimie et des douleurs d'estomac. Ce malade avait environ cinquante ans quand Percy écrivait son histoire.
Le mérycisme n'est que le symptôme d'afiections gastriques diverses, lié peutêtre à l'insuffisance des sucs digestifs. La pepsine, la diastase pourraient être essayées. D.
MÉSACOrVATES. Il existe des rnésaconates d'argent, de plomb, de baryum, de calcium, de potassium.