MÉSANGE
MÉSACOIVIQUE (Acide). Cet acide, appelé aussi citratartrlque, est isomérique avec les acides citraconique et itaconique. Il se forme lorsqu'on fait bouillir une solution étendue du premier de ces deux acides avec environ le sixième de son volume d'acide nitrique. Il se dépose des masses cristallines de l'aspect de la porcelaine. D.
MÉSACOKiQL^E (Éther). Voy. Étheus.
lUÉSANGE, Parus. Genre d'oiseaux de l'ordre des Passereaux, établi par Linné et formant aujourd'hui une petite lamille, celle des Paridés, caractérisée par : un bec court, entier, coniforme, à pointe arrondie, avec les narines couvertes par des soies ou des plumes dirigées en avant; les tarses et les doigts épais, avec l'ongle postérieur robuste et plus long que les antérieurs.
Les Mésanges habitent les bois et les vergers. Sans cesse en mouvement, ces oiseaux, de petite taille, courent sur le tronc ou les branches, visitant les fentes d'écorce, le dessous des feuilles, pour chercher les insectes parfaits et les œufs ou les larves, dont elles font leur proie. Elles ne dédaignent pas les graines, mais, au lieu de les broyer comme les oiseaux granivores, elles les saisissent fortement avec les pattes, et puis, à coups de bec répétés, elles les percent et en extraient le contenu ; à force de persévérance, elles trouent les noyaux de fruits, les amandes et même les noix. Les Mésanges sont courageuses, turbulentes et néanmoins assez sociables, ne s'écartant pas beaucoup les unes des autres quand elles sont en troupe; seulement, si elles trouvent un oiseau plus faible ou maladif, elles le frapjient sur la tète et cherchent à lui manger la cervelle. La ponte de ces oiseaux est ordinairement très-abondante, et leur nid construit avec art.
Les Mésanges ne prennent jamais beaucoup de graisse ; leur chair est noire, sans goût savoureux, et ces oiseaux ne constituent, même jeunes, qu'une faible ressource pour l'alimentation.
Les espèces européennes sont : la Mésange grande charbonnière. Parus major L., longue de 15 centimètres; noire en dessus, avec une tache triangulaire blanche derrière les yeux ; le manteau des ailes d'un vert olive, et le bas du dos cendré ; la poitrine et l'abdomen d'un jaune de soufre, avec une bande noire médiane ; pattes plombées ; iris noir. Espèce très-commune, sédentaire en France, nichant dans les vieux arbres, les fentes des murs. Elle pond huit à quatorze œufs, parfois dix-huit, d'un blanc terne, avec de petits points d'un brun rougeâtre. Elle vient en petites troupes dans les vergers, pendant l'hiver; l'été, elle se tient dans les bois.
La Mésange petite charbonnière ou noire , Parus ater L., longue de H centimètres, a la tête avec le devant du cou et le haut de la poitrine noirs; la queue, les côtés du cou, blancs ; les parties supérieures du corps, d'un cendré bleuâtre; les flancs, les sous-caudales, cendré roussâtre ; les ailes ont deux bandes blanches; une tache de même couleur à la nuque ; pattes, gris de plomb; iris noirâtre. Moins commune que la précédente, plus propre au nord ; elle pond huit à dix œufs blanchâtres, à teinte un peu jaune, et tachés de rouge pâle.
La Mésange bleue. Parus cœruleus L., longue de H à 12 centimètres, est un de nos plus jolis oiseaux. Le vertex est bleu d'azur ; le front, une bande au-dessus des yeux, la région parotique et le derrière de la tète, blancs; un trait d'un bleu foncé passe sur la région des yeux. Le dessus est vert olivâtre, et les plumes suscaudales bleues. Le bas du cou et le dessous du corps, jaunes, avec une tache d'un
MÉSENTÈRE (anatomie). l'il
bleu foncé au milieu de rabdomen. Bec brun, pattes plombées, iris noirâtre. Espèce des plus vives, remuante, criarde, batailleuse. Elle pond buit à dix œufs, très-fmement ponctués de rouge et de brun.
La Mésange huppée, Parus cristatus L., longue de 12 centimètres et demi, est cendrée, noire et blanche. Elle se distingue au premier coup d'œil par sa buppe de plumes allongées. Elle est surtout abondante dans les endroits élevés et boisés.
Les Mésakges nonettes, généralement d'un gris cendré ou roussâtre et blancbes, avec la tête noire, sont de petites espèces. La Mésange a longue queue, Parus caudatus L., type du genre Orites Mœbring, a le plumage soyeux et les plumes décomposées en lanières, la queue très-longue, étagée. Son nid est en forme de bourse, revêtu de lichens et de mousse, garni en dedans de duvet et d'une grande quantité de plumes. La ponte est de 10 à 15 œufs, de couleur claire et un peu carnée. Cette espèce est très-sociable.
La Mésange a moustaches. Parus hiarmicus L., longue de 17 centimètres, est caractérisée par deux longues moustaches d'un noir velouté; la tête cendrée, le reste du corps roussâtre et blanc, le bec orangé, les pattes noirâtres, l'iris jaune. Elle fréquente les lieux couverts de roseaux et marécageux, et construit sur les buissons, ou près de terre, un nid en forme de bourse, où elle pond six à huit œufs d'un blanc un peu rosé.
La Mésange penduline, Parus pendulinus L., longue de 10 centimètres seulement, est rare en France. Elle niche au bord des eaux, sur les arbres, et son nid est le plus curieux de tous ceux des oiseaux d'Europe : il a la forme d'une cornemuse ou d'une besace, son entrée est latérale et pourvue d'un couloir. Ce nid, formé du duvet des saules ou des peupliers, est suspendu à un rameau flexible et renferme quatre à six œufs oblongs, d'un blanc de lait.
Â. Laboulbène.
MÉSARaIques (Vaisseaux). Voy. Mésentériques.
MÉ^ATICÉPHALES (fxsffaTtoç, moyen, et y-sfal-l], tête). Mot créé parBroca pour désigner les individus tenant le milieu entre les dolicocéphales et les brachycépbales (îjoî/. Brachîcéphales).
MESCAL. Le mescal est une eau-de-vie fournie, par une des petites espèces de Magney, et dont il se fait une immense consommation au Mexique. 11 ne faut pas le confondre avec une autre liqueur, Vagiiardiente, provenant de la distillation du Pulque, et qui, dit M. Coindet dans son ouvrage sur le Mexique, est de bon goût et ne rappelle en rien par son odeur le liquide d'où elle est tirée {voy. Agave). D.
IIIESELLERIE. Un des noms de la lèpre au moyen âge. Ce mot vient de me- «e/, lépreux, tiré lui-même de misellus diminutif de miser, malheureux, misérable {voy. Éléphantiasis des Grecs). E. Bgd.
MEiSEilIBBlfAIWTEMlJIfl. Voy. FiCOÏDB.
MÉSEIVTÈRE de (izcn^iTipioM {(itaoç et S'jrépm). § I. Anatomie. On désigne SOUS le nom de Mésentère, un vaste et large repli du péritoine disposé en forme d'éventail à sommet tronqué, véritable ligament suspenseur de l'intestin grêle qu'il supporte et maintient dans une certaine mesure ; il est constitué par une trame cellulaire solide, plus ou moins pourvue d'éléments adipeux, et qui
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sert de gaine et de support aux arcades mésentériques, artérielles et veineuses, aux plexus nerveux, et à l'appareil cliylifère de l'intestin grêle, ganglions, vaisseaux lymphatiques afférents et edérents ; sa racine, bord postérieur, émane de la région lombaire du rachis sur une ligne oblique, menée du commencement de cette région à la symphyse sacro-iliaque droite, ligne suivie dans toute son étendue par le tronc de l'artère mésentérique supérieure, et sa marge, bord antérieur, s'étend et s'insère à la ligne inter-péritonéale du jéjunum et de l'iléon dans toute leur étendue ; ses deux faces sont recouvertes e' complétées par la séreuse proprement dite. Voy. les mots Péritoine, Intestiïs. Mésentériques (ganglions, vaisseaux, etc.).
§ II. Pathologie. Les altérations pathologiques qui peuvent être trouvées dans le mésentère sont nombreuses et variées, en raison même de la complexité anatomique de ce vaste repli péintonéal, et des connexions multipliées qu'il présente avec les diverses régions de l'abdomen; mais ces altérations sont fréquemment au second plan, soit comme importance relative, soit comme hiérarchie morbide, et leur description doit être souvent rattachée à la lésion primitive, ou à l'état pathologique dominant. Toutefois, même en dehors des affections si importantes de l'appareil ganglionnaire, que nous décrivons à part [Voy. Mésentériques et LYMPHATIQUES (gauglions)], il n'est pas sans intérêt de donner un aperçu succinct des principales altérations que peut présenter la trame conjonctive du mésentère, et qui sont: 1" Les ouvertures anomales ou accidentelles; 2" Les plaies, perforations et ruptures; '5" Les lésions phlegmasiques ; A° Les hémorrhagies ; 5" Les tiimetn-s.
1° Ouvertures anomales ou accidentelles. De toutes les ouvertures anomales ou accidentelles que peuvent présenter les divers replis du péritoine, les plus fréquentes sont celles du mésentère, ainsi que nous l'avons établi à propos des étranglements internes de l'intestin; ces ouvertures anomales, ordinairement annulaires, sont-elles congénitales, ou accidentelles et consécutives à des perforati«ns traumatiques ? C'est là un point qu'il serait assez difficile de préciser exactement: dans la plupart des cas, l'ouverture est évidemment de date ancienne, car les bords en sont durs, lisses, comme ligamenteux, et il semble possible, si l'on en juge d'après ce qui arrive à la suite de certaines plaies du diaphragme, par exemple, que ces ouvertures soient en réalité constituées par d'anciennes déchirures ou perforations, dont les bords, écartés par la présence d'une ou de plusieurs anses d'intestin, se sont isolément cicatrisés. Quoi qu'il en soit, ces ouvertures anomales deviennent, presque infailliblement, tôt ou tard, la cause d'un étranglement intestinal des plus graves : sur douze observations d'étranglement intestinal par les ouvertures des replis péritonéaux, que jai réunies dans mon mémoire de 1859, huit fois l'étranglement avait eu lieu par une perforation du mésentère.
2° Plaies, perforations et ruptures. Si l'on se rappelle la richesse et le développement des arcades artérielles et veineuses du mésentère, on comprendra combien les plaies, par arme blanche ou par arme à feu, d'un point quelconque de leur étendue, peuvent présenter de gravité immédiate par le fait de l'hémorrhagie qu'elles déterminent, et quelle part elles prennent aux accidents produits par les plaies pénétrantes de l'abdomen.
Dans les contusions de l'abdomen, alors même que la violence est considérable, le mésentère échappe souvent par la mobilité et la souplesse qui lui appartiennent; mais dans les grands traumatismes de la région abdominale, tels que
MÉSENTÈRE (pathologie). 125
ceux qui sont déterminés par le passage d'une roue de voiture, le choc des gros projectiles de guerre, les explosions de machines; etc., le mésentère cède en un ou plusieurs points, et subit des déchirures plus ou moins étendues, dont il résulte le plus ordinairement, une hémorrhagie inlrapéritonéale rapide et mortelle, alors même que la paroi de l'abdomen ne présente aucune lésion appréciable.
3' Lésions pklegmasiques . L'intlammation profonde du mésentère a été peu étudiée; elle est le plus ordinairement secondaire, soit aux lésions traumatiques, soit aux inflammations des feuillets séreux ou de l'appareil lymphatique, et c'est alors, soit d'une péritonéo-mésentérite, soit d'une adéno-mésentérite qu'il s'agit. Il est exceptionnel que la trame conjonctive du mésentère subisse un travail phlegmasique assez étendu, à l'état aigu, pour constituer un véritable phlegmon dont la suppuration peut se faire jour soit dans l'intestin, soit dans la cavité péritonéale; mais le travail inflammatoire est constant dans les péritonites de quelque intensité, où l'on trouvera le tissu cellulaire inter-séreux, hypérémié, ramolli, épaissi, parsemé parfois d'infarctus hématiques. Dans les entéro-péritonites chroniques, le mésentère est constamment le siège d'un processus phlegmasique de même ordre, aux dernières phases duquel est due cette atrophie sur laquelle l'attention a été surtout attirée par Ménière.
4" Hémorrkagies. Indépendamment des infarctus hémorrhagiques de la péritonéo-mésentérite, on peut rencontrer dans le mésentère des infiltrations, et même des collections sanguines considérables, en dehors de tout traumatisme ; ces lésions paraissent reconnaître le plus ordinairement pour cause les embolies des artères mésentériques, elles coïncident avec les hémorrhagies intestinales dues à la même cause, et acquièrent parfois, un assez haut degré d'intensité pour que Gohn ait cité un cas dans lequel il croit avoir pu constater, par la palpation, l'existence d'une collection sanguine du mésentère. Les diverses cachexies héraorrhagipares peuvent également donner heu à des infiltrations hémorrhagiques dans la trame du mésentère; on les rencontre, par exemple, dans un certain nombre de cas de Leucocythémie, et il y aurait grand intérêt à rapprocher ces infiltrations des entérorrhagies et des lésions intestinales observées dans le cours de ce processus morbide.
5° Tumeurs. Quelle que soit leur constitution anatomo-pathologique, et quel que soit leur point d'origine, les tumeurs du mésentère (qui sont le plus communément des agglomérats ganglionnaires) présentent, au point de vue clinique, quelques caractères généraux qu'il est important de connaître. Tant que ces tumeurs n'ont pas atteint un degré assez considérable, elles échappent à la palpation la plus attentive, dans tous les cas où la paroi abdominale n'est pas mince, souple et dépressible, et quand ile'xiste une pneumatose intestinale ou un épanchement ascitique considérable; ces difficultés jieuvent, dans certaines circonstances, être atténuées à l'aide de Yanesthésie chloroformique, mais elles restent souvent insurmontables. Quand la tumeur a atteint la paroi abdominale antérieure, et alors qu'elle est devenue accessible à la palpation, il s'agit de la distinguer, topographiquement, des tumeurs émanées des autres organes de l'abdomen , et l'on rencontre là une difficulté parfois encore assez grande; d'une manière générale, cependant, les tumeurs du mésentère ont pour caractère propre d'être médianes, ombilicales, et le seul fait de la latérahté d'une masse pathologique intraabdominale suffit pour exclure le mésentère des premières probabilités du diagnostic; mais ce caractère n'a rien d'absolu, car il appartient aussi aux tumeurs épiploïques,
124 MÉSENTÈRE (patiiolooie).
par exemple, et il faut alors, pour les distinguer l'une de l'autre faire entrer en ligne de compte les caractères intrinsèques des diverses formes morbides : disposition en plaque plus commune aux tumeurs de l'épiploon, en masses marron- /lees, pour les tumeurs mésentériques, etc. Les tumeurs du mésentère ont une certaine mobilité, elles peuvent se déplacer, et si elles ont un volume considérable, (?lles peuvent, dans leurs rapports avec la paroi abdominale, occuper des régions habituellement propres à d'autres organes : de grandes tumeurs du mésentère, dit Morgagni, se sont prolongées parfois, par leur partie supérieure, jusqu'au foie et à la rate, au point qu'elles présentaient aux médecins l'apparence de l'un ou de l'autre viscère, converti en une masse squirrheuse ; il faut se rappeler, d'autre part, que la rate, les reins mobiles, tuberculeux, cancéreux ou affectés d'hydronéphrose, les tumeurs intestinales, agglomérats de lombrics, scibales, etc., peuvent arriver au contact de la paroi abdominale jusqu'au voisinage de l'ombilic, et simuler des tumeurs du mésentère ; c'est alors, par les signes morphologiques ou fonctioimels propres à ces organes et à leurs lésions, que l'erreur pourra être évitée.
Par suite de ces déplacements, non moms que par leur poids lorsqu'elles atteignent un volume considérable, les tumeurs du mésentère peuvent comprimer les organes avec lesquels elles sont en rapport, et donner lieu, suivant que ce sont les vaisseaux, le tube digestif, ou les uretères, aux accidents propres à la compression de ces organes : ascife, œdème des membres inférieurs et du scrotum, accidents d'étranglement interne, hydronéphrose.
Les tumeurs du mésentère existent souvent à l'état latent, non-seulement à cause des difficultés de leur recherche par la palpation, mais à cause de leur trèsfréquente indolence : on connaît l'observation d'Ingrassias sur un nègre qui, pendu pour un méfait quelconque, au milieu d'un état de santé en apparence parlait, n'en avait pas moins dans le mésentère un très-grand nombre de tumeurs. Nous avons observé nous-mème et rapporté (art. Ascite) un cas de développement tout à fait latent de cancer du mésentère, trouvé à l'autopsie d'un sujet qui avait succombé à des accidents d'étranglement interne, .causés par les ganglions cancéreux et survenus brusquement au milieu de la santé.
Cette indolence, que l'on rencontre dans toutes les variétés de tumeurs du mésentère avait frappé Morgagni, qui disserte longuement sur sa cause et sur sa valeur ; elle n'est pas constante cependant, et, indépendamment des cas oii les manifestations douloureuses semblent liées au processus morbide lui-même, les tumeurs mésentériques, lorsqu'elles acquièrent un grand poids, peuvent donner lieu à des tiraillements douloureux ressentis dans le dos et à la racine des lombes (Morgagni).
Il existe quelques observations de tumeurs kystiques du mésentère, qu'il n'est pas inutile de mentionner : on trouve dans Bonnet la description d'une tumeur complexe du mésentère contenant « sex libras w d'une « matière liquide ; » Cruveilhier a signalé l'existence d'un kyste pileux trouvé daus le mésentère par Dupuytren. Les bulletins de la Société anatomique contiennent deux exemples de kystes séreux du mésentère: l'un trouvé à l'autopsie d'un enfant de onze mois; il y avait deux kystes multiloculaires ; l'autre trouvé par Mesnet à l'autopsie d'une femme : c était un kyste séreux du volume d'un gros œuf, situé dans le mésentère au niveau de la partie inférieure de l'intestin grêle, il n'y avait pas de frémissement hydatique, et aucun corps opaque ne fut rencontré à l'intérieur. Ces faits sont trop peu nombreux, et surtout trop insuffisamment étudiés pour qu'il
MÉSENTÊRIQUES (ganglions) (anatomie). 125
soit possible de préciser la nature de ces kystes ; nous sommes dispostî à les rattacher avec Rokilansky aux altérations de l'appareil lymphatique contenu dans le mésentère. Chez un homme de 65 ans qui succomba à l'hôpital Lariboisière en 1856, Gharcot et Davaine trouvèrent des kystes hydatiques multiples de l'abdomen : à la surface du mésentère faisaient saillie de très-nombreuses tumeurs kystiques, du volume d'une noix à celui d'un pois, situées dans la trame du mésentère, le long de l'intestin grêle; un grand nombre de ces kystes étaient pourvus d'un pédicule plus ou moins long [voy. les mots Abdomen, Cancer, Mésentériques (ganglions) et Tubercdle). Ernest Besnier.
Bibliographie. — Grcveiliiier- Dispos, part, du péritoine mésentère unique pour tous les intestins. In Bullet. de la Société anatomique de Paris, 1827. — Hitscukë. Traité de splanchnologie, etc. Trad. par Jocrdan, Paris, 1845 ; Voy. p. l'anatomie, et les indications bibliog-. anat. — Baraduc. Rupture du mésentère par une explosion de machine. In Bull, de la Soc. anat., 1858, p. 336. — Arnodlt. Déchirure du mésentère par le passage d'une roue de voiture. Ibid., 1845, p. 46. — Besnier (Ernest). Des étrangl. int.de l'intestin. Paris, 1860.
— Bonnet. Bamolliss. infiammat. hemorrh. du mes. In Bull, de la Soc. anat., 1847, p. 78.
— Desprès. Oblitér. de la veine mésent. sup. p. des caillots, Ibid. 1834. — Virchow, Berk.- MANN, CoHN, Ofpolzer, Gerhardt, Kijssmaul : Sur l'embolie des artères mésentériques. In Wûnburger médicinische Zeitschrift 1. lY, p. 3, 1863, et t. V, p. 210, 18(J4 et anat. in Gaz. hebdom. de méd. et chir. Paris, 1864, p. 231, et 1865, p. 207. — Bonnet (T.). Sépulchr., t. II, éd. Gen., 1679, p. 1132. — Kijste mésentérique. — Cruveilhier. Kyste pileux du mes. In Bull, soc. anat., 1851, p. 45. — Ddcasset. Kyste séreux du mésent. Ibid., 1848, p. 67. — Mesnet. Id. Ibid. 1851. — Chvrcot et Davaine. Kyste hydatique du niés., etc. In Davaine, Traité des Entoz. Paris. 1860, obs. p. 491 ; voy. ùg. 19, p. 364. — Vernois. Cancer colloïde du mes. Soc. anat., 1835. p. 67. — Bouchet. Encéph. du mes. Ibid., 1853, p. 15. — Lebert, Hodes, Cane, aréolaire du mes. Ibid. 1843, p. 87.
Voy. p. complém. la bibliogr. des articles : Imestjn grêle, Mésentériques (ganglions, vaisseaux, etc.), Péritoine. E. B.
MÉSEIVTÉRIQIJES. GANGLIONS, g 1. Anatomie. Les ganglions lymphatiques occupent, dans le mésentère, les deux plans cellulaires sous-péritonéaux que sépare l'un de l'autre le réseau des arcades vasculaires sanguines ; leur nombre, considérable, surtout dans le segment qui correspond aux dernières anses de l'intestin grêle, semble présenter d'assez grandes différences individuelles; leur volume varie dans les mêmes conditions, et parait se réduire, dans l'âge avancé ; leur structure., à peu près com])létement élucidée par les travaux contemporains de Lugwig et NoU ; Brûcke, Virchow, Donders, KôUiker, His, Eillroth, Frey, etc., à l'étranger; de Robin, Sappey, Cornil et Ranvier, etc., en France, est très-importante à connaître.
Les ganghons lymphatiques du mésentère de l'homme offrent, au point de vue de la structure intime, la plus grande analogie avec ceux des ruminants, et c'est sur les glandes mésentériques du bœut que His a exécuté ses belles recherches ; chez l'homme, dans les conditions ordinaires des sujets livrés aux dissections, cet examen histologique ne peut être exécuté fructueusement, car les ganglions lymphatiques sont toujours altérés à divers degrés, soit cadavériquement, soit par un état pathologique.
La substance propre du ganglion est contenue dans une membrane d'enveloppe, une capsule dont la l'ace externe répond h. une gaine cellulo-graisseuse, et de la face interne de laquelle se détachent des trabécules anastomosées irrégulièrement entre elles, de manière à constituer une gangue, une série de loges communiquant toutes entre elles ; chez le bœuf, le cheval et le mouton, la capsule et les trabécules sont formées principalement de fibres musculaires lisses (His, Reeklinghausen, RoUiker), mais chez l'homme, eUes sont consti-
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tuées, essentiellemenl, par du tissu conjonctif, bien que 0. Heyfelder y ait constaté, parfois, quelques rares fibres musculaires lisses, La substance ganglionnaire, proprement dite, occupe les espaces intertrabéculaires qu'elle remplit, constiiuant la pulpe du ganglion, dans laquelle on distingue une substance corticale et une substance médullaire qui ne diffèrent, l'une de l'autre, que par la disposition des trabécules, lesquelles forment, dans l'écorce, des alvéoles, et, dans la partie centrale, des tubes fréquemment anastomosés, d'où il résulte que la substance ganglionnaire forme, à la circonférence, des masses corticales, et au centre, des cordons médidlaires contenus dans les trabécules tubulées ou tubes lymphatiques (Brùcke, His et Frey) ; cette pulpe est composée d'un réticulum de substance conjonctive, que KôUiker a appelée cytogène, réseau dans les mailles duquel (( sont déposées des myriades d'éléments celluleux qui ressemblent à ceux du chyle et de la lymphe par tous les caractères essentiels, et qui présentent un diamètre de 6 à 9 u, rarement de 11 à 15 p, avec un ou plusieurs noyaux. » Enfin, entre les trabécules et la substance glandulaire, dans toute l'épaisseur de lu glande, par conséquent, il existe un réseau de lacunes, n'ayant pas la structure des vaisseaux, mais représentant seulement une portion plus lâche de la pulpe, et dont les espaces sont occupés par des cellules lymphatiques et par du liquide : ce sont les sinus ou conduits lymphatiques (Ludwig et Noll, Donders, Kôlliker). Pendant la digestion « on trouve des granulations graisseuses, non-seulement dans les espaces du système caverneux lymphatique, mais encore dans les cellules du système folliculaire, bien qu'elles y soient en moindre proportion. 11 est donc probable que les mailles du tissu réticulé des follicules sont en communication avec les mailles réticulées du système caverneux, d'où l'on doit conclure qu'un ganglion lymphatique n'est autre chose qu'une cavité lymphatique compliquée ou cavité séreuse, placée sur le trajet des vaisseaux lymphatiques » (Cornil et Raiivier).
Les vaisseaux lymphatiques afférents forment, dans l'atmosphère conjonctive du ganglion nn réseau, perforent ensuite la capsule, et se subdivisent encore après leur pénétration en s'abouchant avec les sinus lymphatiques corticatix que His a démontré en être la continuation directe ; les vaisseaux lymphatiques efférents émanent des sinus médullaires. Les vaisseaux sanguins, artères et veines, forment à travers le tissu ganglionnaire des réseaux trabéculaires et réticulaires, pénétrant et sortant par le hile du ganglion avec les lymphatiques efférents. D'après Kôlliker, ces ganghons reçoivent plusieurs petits filets nerveux composés de libres primitives fines ; ces nerfs pénètrent par le hile à côté des troncs vasculaires, mais ils n'ont pu être suivis plus loin que dans la substance médullaire.
Les glandes lymphatiques du mésentère présentent donc, on le voit, la plus grande analogie avec les follicules lymphoïdes de l'intestin grêle (follicules solitaires et glandes de Peyer), analogie dont d faudra tenir compte dans l'étude anatomo-pathologique ; leurs fonctions sont de même ordre ; elles sont des f(jyers d'élaboration pour les substances absorbées par les voies lymphatiques digestives, et des centres de création des cellules lymphatiques.
g II. Pathologie. Adénopathies mése>tériques. Les altérations pathologiques des ganglions du mésentère, sont nombreuses et variées ; leur étude anatomo-pathologique et clinique est complexe et présente encore de très-nombreuses lacunes ; nous donnons ici un exposé succinct des lésions communes, insistant seulement sur les lésions spéciales dont l'importance est exceptionnelle, et notamment sur les adénopathies mésentériques tuberculeuses et scroiùleuses.
MÉSENTÉRIQUES (ganglions) (paîhologie). 127
i» L'ÉsiONS COMMUEES. Bijpérémie , hypertrophie et atrophie^ phlegmasies, etc. Chez les sujets qui succombent aux diverses affections asphyxiques, ou trouve les sanglions du mésentère tuméfiés et présentant les caractères d'aspect et de coloration propres aux congestions viscérales passives ; cette hypéré-" mie peut être assez considérable pour domier lieu à des infiltrations sanguines et à des hémorrhagies capillaires dans la trame des ganglions. L'bypérémie apparaît encore au premier degré de la plupail des adénopathies simples ou spécifiques ; parfois elle persiste à titre d'élément important, comme dans l'adénomésentérite typhoïde, par exemple.
La plupart des lésions qui atteignent les ganglions du mésentère donnent lieu à une augmentation plus ou moins considérable du volume de l'organe ; mais Y hypertrophie, proprement dite est relativement rare, surtout à titre de lésion bornée au système cbylifère ; dans l'hypertrophie simple, les ganglions, comme le fait remarquer Virchow, ne s'indurent pas, ils ne présentent pas à la coupe d'apparence caséeuse, et ils ont toujours les caractères bistologiques des ganglions qui fonctionnent ; leur capsule ne s'épaissit pas notablement, et ils ne contractent pas d'adhérences avec les parties voisines.
Comme toutes les autres parties du système lymphatique, les ganglions mcsentériques subissent diverses altérations résultant de l'âge, parmi lesquelles se range l'atrophie physiologique portant sur la totalité de l'organe qui est cirrhose et stéatosé; on la rencontre, au même titre, dans les affections qui produisent le marasme. L'atrophie survient encore comme phénomène consécutif aux adénites et dépendant de l'envahissement hyperplasique et de la transformation fibreuse du tissu conjonctif réticulé ; on la rencontre enfin consécutive aux périadénites chroniques, dans ces cas d'entéropéritonite chronique où la totalité du repli niéseulérique a subi cette altération atrophique que Ménière a particulièrement signalée ; dans tous ces cas, l'atmosphère cellulo-graisseuse s'est accrue autour du ganglion atrophié.
Il est peu de lésions adénomésentériques qui ne soient reliées d'une manière plus ou moins directe à V inflammation aiguë ou chronique, de telle sorte que l'on peut ranger la plupart d'entre elles parmi les adénites; mais si le processus phlegmasique est manifeste dans la genèse, le développement ou la transformation des divers états anatomo-pathologiques, il n'existe presque jamais à l'état de simphcité élémentaire, et les adénomésentérites sont presque toutes spécifiques.
Il est rare, en effet, de constater, surtout sur un assez grand nombre de ganglions du mésentère à la fois, les lésions de l'adénite frariche, aiguë, phlegmoneuse, telle qu'on peut l'observer dans les gangUons externes ; comme dans ces derniers, à la vérité, la périadénite est commune ; mais, dans le mésentère, elle n'est presque jamais suppurée, tandis que dans les ganglions externes elle l'est fréquemment; dans les ganghons du mésentère comme dans les ganglions externes, la phlegraasie de la trame cellulaire de la glande est rarement phlegmoneuse, et dans les uns comme dans les autres, l'adénite suppurée proprement dite est rare ; on en aura surtout la preuve quand on ne considérera plus comme des abcès ganglionnaires, l'injection des ganglions par le pus, et les diverses variétés de ramollissement caséeux. Quelle que soit sa cause ou sa nature quand radénomésentérite envahit la totalité de la glande, elle s'accompagne d'une périadénite qui a pour résultat l'épaississement de la capsule, l'adhérence des ganghons au feuillet séreux du mésentère, la conglomération des ganglions voisins tuméfiés les uns aux autres, et, secondairement^ des adhérences anormales de ces
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masses ganglionnaires, puis, la possibilité de réunion de plusieurs gangiions-en un kyste unique par destruction des parois de rapport, et, enfin, la perforation d'un ganglion du mésentère et l'évacuation de son contenu soit dans le tube digestif, soit dans la cavité péritonéale.
L'adénite simple se développe dans le mésentère comme dans les autres régions, lorsqu'il existe au niveau des radicules d'origine, dans la muqueuse intestinale, une lésion phlegmasiquede quelque intensité, entérites catarrhales intenses, entérites ulcéreuses ; et surtout lorsque l'élément phlegmasique coexiste avec une lésion spécifique. La nature exacte du processus morbide demeure dans ces diverses circonstances entourée d'une assez grande obscurité, et il reste encore à déterminer la part prise par la résorption, et le transport dans le ganglion, des éléments septiques émanés des lésions intestinales.
C'est ainsi qu'on trouve des ganglions mésentériques atteints de phlegraasie simple, non-seulement dans les cas d'entérite simple, mais particulièrement dans les entérites spécifiques, typhoïdes ou tuberculeuses, par exemple, au milieu d'autres ganglions présentant la lésion typhique ou tuberculeuse. Ce qui caractérise surtout les adénomésentérites non spécifiques, c'est d'être limitées exactement au département lymphatique correspondant à la partie intestinale lésée, et d'être en rapport comme degré avec le degré de la lésion phlegmasique de l'intestin.
Le volume des ganglions mésentériques altérés est très-variable : quelques-uns, et ce sont surtout les ganglions tuberculeux, dépassent peu l'état normal; d'autres, et ce sont surtout les ganglions scrofuleux, peuvent atteindre des dimensions considérables ; on rencontre les plus volumineux particulièrement à l'angle iléocœcal, confluent lymphatique de la fin de l'intestin grêle et du commencement du gros intestin, angle ingénieusement comparé sous ce rapport par Cruveilhier à l'angle de bifurcation des bronches. Lorsque la lésion de tissu est avancée, que le volume est devenu considérable, la périadénite étendue à toute la trame mésentérique ambiante réunit les ganglions altérés par groupes et les conglomère au point de les déformer par la pression, et quelquefois de les confondre, plus ou moins, par usure ou perforation des parois de rapport ; c'est alors qu'ils forment ces masses si considérables constituant le carreau proprement dit.
Les ganglions mésentériques hyperplasiés , qui n'ont pas encore subi la dégénérescence caséeuse peuvent, par résorption des éléments stéatosés, reprendre leur volume, conserver leurs fonctions, et guérir physiologiquemenl; mais quand la dégénérescence caséeuse est complète, les fonctions de l'organe sont définitivement abolies, et il ne peut plus se produire qu'une guérison anatomique. La substance caséeuse, après s'être complètement ramollie, peut-être ou évacuée, ou partiellement résorbée et transformée ; l'évacuation a lieu par perforation de la capsule, soit dans le péritoine, soit dans la trame du mésentère, soit dans le tube intestinal, soit enfin par une fistule pariétale ; la résorption et la transformation ont lieu par absorption de la partie fluide du conglomérat caséeux, en même temps que se font des incrustations calcaires, soit disséminées, soit adossées à la face profonde de l'écorce, constituant de véritables coques ou kystes calcaires, et, quelquefois même, de véritables masses ou concrétions, que l'on rencontre dans le mésentère chez l'enlant, l'adulte et le vieillard. On doit considérer cette terminaison comme possible, même dans les cas on il existe dans l'abdomen des masses considérables de ganglions caséeux : on en trouve des exemples incontestables dans divers auteurs, et Barthez et Rilliet, rapportent avoir eux-mêmes,
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trouvé dans le mésentère d'un eniiuit, une masse « tuberculeuse » considérable et entièrement crétacée; aucun signe, font-ils remarquer, n'avait révélé la présence de cette tumeur, dont une grande partie avait été évjdemmeut résorbée.
La plupart des auteurs, même les plus récents, croient pouvoir s'appuyer sur les expériences d'injections lymphatiques, pour étabbr la persistance de la perméabilité des ganglions du mésentère altérés, même à un haut degré ; nous ne * saurions partager cette manière de voir, et nous pensons que de nouvelles expériences un peu moins sommaires doivent être instituées ; il est vraisemblable que la perméabilité persiste tant que l'organe n'est pas profondément altéré dans sa structure, mais qu'elle cesse complètement à la période de la dégénérescence caséeuse. Cette question a d'ailleurs un peu moins d'importance, au point de vue de la circulation du chyle, qu'on ne le donne généralement à entendre, si l'on veut bien se rappeler ce fait d'observation bien précisé ]tar Cruveilhier, à savoir que les ganglions du mésentère ne sont jamais tous altérés en même temps, et qu'on en retrouve constamment un plus ou moins grand nombre dans un état d'intégrité absolue ou relative. Il y a, dans cette constatation, une très-grande importance pratique, car elle permet d'affirmer la possibilité de la guérison des sujets atteints de dégénérescence scrofuleuse même considérable des gangUons du mésentère, si la vie n'est pas compromise par de graves lésions ayant leur siège dans d'autres organes.
2° Lésions spéciales : A. Adénopathies des fièvres graves, des maladies pestileyitielles , des cachexies spécifiques, etc. Au premier rang de ces altérations, se place la lésion médullaire des ganglions du mésentère dans la fièvre typhoïde; ici l'adéno-mésentérite est encore liée assez étroitement à la lésion intestinale, dont elle saiit les phases d'état, d'augment et de déclin, mais non de localisation aussi exactement que dans l'adénite simple; il faut en effet considérer, dans ce dernier cas, que les lésions intestinales et les lésions ganglionnaires sont liées non-seulement par les rapports anatomiques, mais encore soumises toutes deux à la même cause générale; on peut, en effet, comme le Hùt trèsjudicieusement observer Griesinger, voir les glandes mésentériques offrir un volume considérable, alors que la muqueuse correspondante ne présente qu'une, altération insignifiante, ou au moins inappréciable à l'œil nu. La spécificité est ici manifeste non-seulement par le mode spécial de ce développement, mais enco)e par les conditions histologiques spéciales, et par l'apparition d'une dégénérescence : dans la fièvre typhoïde, dit Vircbow, « les gangUons mésentériques tuméfiés, comme les infiltrations médullaires des follicules intestinaux, passent souvent, quoique moins régulièrement, par des transformations nécrobiotiques, qui conduisent, dans une étendue plus ou moins grande, à une métamorphose caséeuse.... c'est là ce qui distingue surtout le bubon typhoïde du bubon leucémique, et ce qui le rapproche davantage du bubon scrofuleux. Dans certaines circonstances, on pourrait même être très-embarrassé, et exposé à regarder comme tuberculeux des ganglions mésentériques typhoïdes... »
D'ailleurs, il est peu d'affections générales, d'une certaine gravité, dans lesquelles les ganglions du mésentère ne présentent quelque altération témoignant au moins de la perturbation profonde apportée aux actes nutritifs ; il est facile de comprendre que l'attention des observateurs se soit peu arrêtée sur ces lésions, dont l'intérêt est souvent secondaire ; si l'on veut bien, cependant, parcouru-, dans le but de se renseigner à cet égard, un assez grand nombre d'obsertions de ces diverses affections, on sera irajipé de la fréquence de ces lésions, et DtCT. EKC. 2* s. VU. 9
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on conviendra qu'il serait utile, dans les observations ultérieures, d'étudier avec plus de soin, qu'on ne le fait d'ordinaire, dans les maladies générales, les lésions du système lymphatique dans ses divers départements. C'est ainsi, que dans le typhus exanthématique, dans la j^este, la pustule maligne, le choiera, la dysenterie, la fièvre jaune parfois, les intermittentes pernicieuses typhiques, les • fièvres éruptives, par ordre de fréquence, variole, scarlatine et rougeole, dans diverses intoxications aiguës ou chroniques, Valcoolisme, on trouve des lésions des ganglions mésentériques, d'ordres divers, mais qui procèdent le plus ordinairement d'une hypérémie aiguë, avec ecchymoses et quelquefois suffusions sanguines.
Dans la leucémie, les ganglions mésentériques participent ordinairement, à un degré quelquefois considérable, à l'hyperadénie généralisée; ils sont fréquemment atteints dans la melanémie ; et il faut signaler la maladie d'Addison comme «'accompagnant avec une fréquence remarquable d'adénopathies mésentériques ; en dépouillant les nombreuses observations de maladie bronzée, qui ont été publiées, il est facile de s'assurer que cette fréquence est plus considérable qu'on ne Ta supposé ; l'altération n'est d'ailleurs pas unique : les hypérémies, l'hyperplasie conjonctive, la pigmentation et l'état caséeux, constituent les formes anatomopalhologiques le plus communément observées.
B. Adénopathies mésentériques syphilitiques. Bien que l'attention n'ait pas été suffisamment portée sur les lésions du mésentère, qui peuvent être rattachées à la syphilis, il est cependant facile, en relevant les observations de sypliilis viscérale, publiées de part et d'autre, de s'assurer qu'il existe fréquemment, une altération des ganglions mésentériques, laquelle est vraisemblablement constante à un degré quelconque, dans tous les cas oii la diatlièse a une localisation abdominale.
L'altération n'est pas unique dans sa nature, et elle varie aux différentes phases de la maladie: hypérémies et hémorrhagies capillaires; hyperplasies conjonctives; altérations de coloration, altérations de consistance ; induration ou ramollissement, friabilité, dégénérescence amyloïde, caséeuse, etc. Parmi les caractères qui servent à distinguer ces lésions de celles qui sont dues à la fièvre typhoïde, à la tuberculose ou à la scrofule, Lancereaux signale la forme du ganglion syphilitique, qui s'accroît surtout dans le sens de sa longueur, le développement plus accentué de la maladie, dans les ganglions iliaques et pévertébraux, l'absence constante de suppuration, etc. Nous nous bornons à ces simples indications ; de nouvelles observations, plus complètes que la plupart de celles qui ont été publiées, sont nécessaires.
G. Adénopathies mésentériques cancéreuses. Presque toujours secondaire, l'infdtration cancéreuse des ganglions du mésentère est constante dans les cas où le cancer primitif a son siège sur l'intestin grêle, et très-fréquente dans tous les cas de cancer abdominal quel que soit l'organe atteint ; la forme anatomique la plus commune est Vencéphaloïde; Vogel rapporte un cas de cancer gélatiniforme de l'intestin, dans lequel les glandes mésentériques étaient remplies de matière gélatinlforme, et l'on y apercevait très-bien la structure celluleuse des masses gélatineuses. Les ganglions du mésentère infdtrés de cancer sont, généralement, réunis les uns aux autres ou au cancer intestinal, par des adhérences intimes, et ne peuvent être dissociés sans déchirures et ruptures ; dans les cas oij le contenu du kyste ganglionnaire se ramollit, on peut observer une perforation de la capsule et une évacuation du contenu, soit dans le tube digestif soit
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dans le péritoine avec péritonite secondaire. Ce qu'il importe surtout de constater au point de vue clinique, c'est que les tumeurs ganglionnaires cancéreuses du mésentère atteignent quelquefois, par elles seules, un \olume considérable, qu'elles ne sont pas très-rares chez les enfants, qu'elles partagent l'indolence i\ii diverses autres tumeurs mésentériques, et qu'il faut par conséquent, les faire entrer en ligne de compte dans l'étude diagnostique des tumeurs abdominales.
D. Adénopathies mésentériques tuberculeuses et scrofuleuses (Carreau). La scrofulose et la tuberculose donnent lieu fréquemment à des adénopathies mésentériques qui sont, comme les diathèses dont elles relèvent, tantôt isolées, tantôt réunies, associées ou combinées ; le plus ordinairement, ces adénopathies sont peu appréciables pendant la vie, et le rôle qu'elles jouent dans le complexus morbide est secondaire ou au moins très-obscur ; plus rarement elles prennent un grand développement, et elles constituent alors, par elles-mêmes, une affection proprement dite, le carreau.
Pendant longtemps, cette dénomination de carreau fut appliquée à toute une série d'affections cachectiques de l'enfance, diverses par leur nature, mais ayant pour symptômes communs l'intumescence et la dureté du ventre ; puis les progrès del'anatomie pathologique et le perfectionnement progressif des procédés de diagnostic ayant dispersé, peu à peu, les éléments de ce groupe artificiel, on n*a plus conservé le terme de carreau que comme expression abréviative servant à désigner le développement considérable des ganglions du mésentère, et, par extension, l'affection cachectique spéciale de l'enfance rattachée à cette lésion.
La question ainsi simplifice et ramenée à des limites nosologiques régulières présentait encore de nombreuses obscurités, et l'état imparfait des connaissances d'histologie pathologique amena la confusion de toutes les dégénérescences caséiformes des ganglions du mésentère sous la dénomination de tubercules. Rilliet et Barttiez réunirent ces diverses lésions sous la qualification commune de scrofulo-tuberculeuses , et Bazin, bien qu'il déclare formellement que le carreau est une affection de la scrofule, le définit cependant « une affection chronique de la scrofule abdominale anatomiquement caractérisée par la ganglite ethtubercîdisation mésentériques, plus rarement par des abcès froids développés dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, amenant l'amaigrissement, l'augmentation graduelle du volume et de la dureté du ventre, la diarrhée, et les autres symptômes de la cachexie scrofuleuse. » Les progrès récents de l'histologie pathologique, tout en laissant encore dans l'ombre plusieurs particularités importantes permettent peut-être d'apporter un peu plus de précision, et de ne plus réunir aussi intimement les lésions de la scrofule et de la tuberculose, et c'est ce que nous allons indiquer tout d'abord, en passant en revue les caractères anatomiques propres à chacune d'elles.
La granulation tuberculeuse se présente avec ses caractères propres dans les ganglions du mésentère dont elle occupe le réseau conjonctif, normal ou préalablement altéré par un processus d'ordre différent ; elle apparait par points disséminés, et n'envahit pas d'emblée la totalité de l'organe, ainsi que Louis et Cruveilhier l'ont très-exactement indiqué. Louis déclare, en effet, que, chez lesphthisiques autopsiés par lui, la transformation tuberculeuse n'était pas générale : les glandes, dit-il, n'étaient qu'en partie tuberculeuses, ou même elles n'offraient que quelques points miliaires, tantôt au centre, tantôt à la circonférence ; ces points étaient disséminés au milieu d'un tissu ordinairement rouge et moins consistant que dans l'état normal; le plus souvent ils formaient de petits agrégats, plus ou