A 1 AN
DE 60 A CJ.
1° en France. . .
2° en Prusse . . .
Ainsi on voit que, par 1000- habitants, quand nous ne comptons que 23 bébés de 0 à 1 an, la Prusse en a 34 ; et, pour 80 jeunes enfants de 1 à 5 ans, la Prusse en compte I 19, etc. Il est donc fort naturel, qu'ayant une population enfantine (plus toulfue, elle compte aussi plus de décès enfantins ; et inversement pour les vieillards, puisque nous en avons 106, et elle à peine 66, il faut bien que nous ayons plus de décès séniles. De ces fjits, nous concluons que la seule considération de la mortuaire est impuissante même à nous permettre de présumer où sévit la mortalité la plus intense. Pour avoir cette notion, il faut absolument comparer les décès des mortuaires, non pas entre eux, mais aux vivants qui les ont fournis. C'est ainsi qu'eu France et en Prusse, en recherchant combien il a fallu d'habitants pour produire annuellement les décès de la mortuaire ci-dessus, on trouve qu'en France il faut environ 1000 enfants de 0 à 1 an pour fournir annuellement 2©4 décès, et en Prusse, il eu faut 1318 pour donner les 263 décès de la mortuaire. Il en résulte une mortalité, pour la première année de la vie, de 0,204 pour la France et seulement de 0,200 pour la Prusse. Ainsi, contrairement au résultat fallacieux de la comparaison uuedes mortuaires, la mortalité de nos nouveau-nés dépasserait un peu celle des enfants prussiens1. C'est le contraire (pour les vieillards âgés dj plus de 60 ans ; il en faut chez nous environ 4 570 pour fournir annuellement 323 décès ; en Prusse il y a 2 532 habitants, âgés de plus de 60 ans par 188 décès ; ces rapports accusent une mortalité sénile de «,©ïl en France et de 0,Oï4 en Prusse ; ainsi sur I 000 vieillards, âgés de plus de 60 ans, la Prusse en perd chaque année «4 et la France à peine ïl ; notre mortalité est moins forte , malgré le grand nombre de décès qui encombre nos
mortuaires.
Nous ne croyons pas devoir insister plus longtemps sur des propositions si claires. Le seul résultat qu'il importe de retenir, c'est que les mortuaires, isolées des vivants <de chaque âge qui les ont fournies, sont presque dépourvues de signification. De la
1 Vjoutons que toutes ces comparaisons de la mortalité du premier âge suppose une même exactitude dans l'inscription des décès des petits enfants, une même détermination des mort-nés etc.; et toutes ces identités sont loin de se rencontrer entre la Prusse et la France; elles ne se rencontrent pas même en l'russe où chaque province, chaque communion a des usages différents.
comparaison de deux mortuaires on ne pourrait présumer la mortalité relative des groupes d'âges des deux milieux que dans le cas que nous avons déjà assigné, à savoir, si on pouvait prouver que la distribution de la population par âges peut y être regardée comme identique, et rien n'est plus rare que cette identité dans l.i force des groupes des âges successifs des groupes naturels des diverses populations; il n'y a pas davantage à y compter dans les divers groupes professionnels.
22. Mortalité de la première enfance; difficultés que présente sa détermination. Nous ne pouvons ici analyser âge par âge la mortalité donnée dans nos tableaux, le volume n'y suffirait pas; nous nous arrêterons seulement à titre d'exemple sur la première année de la vie qui, à bien des titres, présente un intérêt spécial.
Nous avons vu g 14, et nos tableaux, soit figurés (p. 744), soit numériques- (p. 752), en font la preuve, combien est élevée la mortalité de la première année de la vie; combien elle est intense dans les premières semaines et combien elle est rapidement décroissante; c'est pourquoi, pour être dans les conditions spécifiées dans le § 14, il faudrait que les décès nous fussent donnés par jour quant au premier mois; par somaine de 7 jours précisément quant au premier trimestre, et par mois pour Le reste de l'année. Or, la plus grande diversité règne entre les nations sur ce point. La Belgique, le duché de Bade publient les décès des nouveau-nés par mois d'âge, la France par semaine (de 7 à 8 jours !) pour les deux premières et par quinzaine pour le premier mois, puis par deux mois, ensuite par trimestre, enfin par semestre; la Hollande par mois, pendant les six premiers, ensuite par trimestre ; l'Angleterre, l'Ecosse et l'Italie par trimestre ; la Suède par année, mais une publication spéciale du docteur Berg, l'éminent directeur de la statistique suédoise, nous a fait connaître, pour une période de six ans (1861-1866), la mortalité par jour pendant le premier mois et par mois pendant la première année. Celte anarchie rend fort difficile la comparaison de la mortalité enfantine pendant la première année de la vie. A cette difficulté s'en joint une autre qui s'oppose à ce qu'on puisse comparer avec quelque précision la mortalité des nouveau- nés dans les différents pays. Elle réside dans l'inégale inscription des décès enfantins dans les premiers jours qui suivent la naissance, soit leur omission complète, comme en Angleterre, soit leur confusion avec les mort-nés comme chez nous (voy. Mortnés) ; et comme la mortalité des premiers jours est considérable, il en résulte que ces omissions des premiers jours, suivant qu'elles sont nulles comme en Suède, ou légères comme en divers pays allemands, ou très-notables comme chez nous, ou considérables comme en Angleterre, modifient beaucoup et fallacieusement la notion de la mortalité enfantine. Nous avons essayé de faire la part d'influence pour l'Angleterre [voy. Bretagne (Grande-), p. 606], et nous avons conclu que, très-vraisemblablement, en Angleterre cette omission réduit les chiffres de la mortalité du premier mois dans le rapport de 100 à 57 — presque de moitié ! Cet exemple suffira, sans doute, pour montrer la vanité des comparaisons des documents bruts, faites sans critique préalable, et combien il faut être circonspect dans ces rapprochements, don; on a fort abusé parce qu'on s'en servait beaucoup plus pour prouver des thèmes posés à l'avance que pour l'impartiale découverte de la vérité.
Quoi qu'il en soit, après les pays Scandinaves, c'est encore en France que les documents permettent de se faire la plus juste idée de la mortalité des jeunes enfants. Les tableaux suivants résument nos connaissances sur ce sujet, en ce qui
concerne la mortalité de la première année d'âge ; et les tables de mortalité comparée de la Suède, de l'Angleterre et de la France (p. 746) disent quelle est cette mortalité année par année, pendant les cinq premières années de vie. Cependant, comme les pays Scandinaves n'ont que de vrais mort-nés , il devient utile, pour la précision de la comparaison, de placer nos décès enfantins dans les mêmes conditions, et pour cela de faire la correction des faux mort-nés; nous en donnerons les moyens à l'article Mort-nés.
25. Mais, en outre de ces décès, il faut, pour la détermination des chances de mort, avoir les vivants auxquels il convient de les comparer ; si on adopte le chiffre des naissances vivantes So pour avoir la dîme mortuaire selon la formule do..i/So , comme So est ordinairement connu, il n'y aura aucune difficulté de ce chef; mais si, comme dans les tableaux numériques joints à ce mémoire, pour tous les autres âges, on apprécie la mortalité parle rapport dn..n+i/Pn..n+i, il faudra bien que l'évaluation pour la première année de la vie soit faite avec le même dénominateur P0..1, ce qui n'est pas sans difficulté, ce terme étant rarement donné avec exactitude à cause des omissions des recensements qui portent plus particulièrement sur les nouveau-nés. Cependant, comme celte population enfantine est sous la dépendance exclusive de trois éléments : 1° le nombre annuel des naissances (So) ; 2° celui des décès de 0 à 1 an (do..i) qui vont éclaircissant les rangs des nouveau-nés durant cette première année de vie ; 3° la loi qui préside à ces extinctions plus ou moins rapides, il ne paraît pas impossible de calculer théoriquement cette population. Mais de ces trois termes, les deux premiers, So et do..ian, sont les seuls connus, et le troisième ne peut être déterminé qu 'empiriquement et approximativement, .nous verrons comment à l'article Population. Ici nous dirons seulement ceux de nus résultats qui sont nécessaires à l'intelligence de nos tableaux. Pour la France en général, on a approximativement la population dont l'âge est compris entre 0 et 1 an (P0..1) parla formule suivante: P0..i = (2So— do. iaD)x 0,479; pour la population du premier mois on aura de même Po..imoiS = (2So — do..imois) X0,495; et, pour celle de la première semaine, P0..7 jours = (2So — do..7jourS) X 0,498. La même formule s'applique à tous les pays avec une légère modification du multiplicateur numérique déterminé expérimentalement. C'est ainsi que pour la population de 0 à 1 an, on aurait en France, au lieu de 0,479 pour les deux sexes, environ 0,477 pour les garçons et 0,482 pour les filles. Dans le grandduché de Bade, où la mortalité enfantine est d'abord très-rapide, ce multiplicateur devient 0,464 pour les deux sexes (0,458 pour les garçons, 0,465 pour les filles) ; en Suède, où elle l'est beaucoup moins, il devient 0,485 (0,484 pour les garçons, 0,487,5 pour les filles), etc. En effet, si la mortalité était uniformément répartie dans le cours de cette première année, on aurait à très-peu près : Po..ian= (2S,— do.ian) X 0,5 (voy. encore la note, p. 759).
24. Analyse des tableaux. Ces tableaux exigeraient de nombreuses pages pour être analysés nombre par nombre : nous laissons ce soin au lecteur, excepté en ce qui concerne notre pays (Voy. l'article France). Cependant parmi tous ces faits, il y en a d'inattendus, d'étranges et gros de conséquences, sur lesquelles nous devons au moins attirer l'attention : nous avons essayé de les mettre en lumière dans notre 2e tableau figuré, p. 744.
III. Mortalité comparée des enfants légitimes et des illégitimes dans les villes et dans les campagnes. D'abord, si l'on compare la mortalité des enfants légitimes et des illégitimes, on ne sera pas seulement frappé de l'extrême prédominance de la mortalité des illégitimes , — c'est un fait très-général et fort