HOPITAUX MILITAIRES FRANÇAIS DE ROME
INDICATION DU NOMBRE DES MALADES PRÉSENTS LE 1er DE CHAQUE MOIS PENDANT L'ANNÉE 1864.
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Il en est de même en Algérie; c'est à la veille de l'explosion épidémique que les populations nosocomiales sont réduites à leur minimum; je me rapp lie
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avoir vu, en juin 1854, 67 malades à l'hôpital de Mascara qui, trois mois après,, en renfermait plus de 500.
On sait, surtout d'après les recherches de Quetclet et de Lombard, que, dans la zone septentrionale des climats tempérés, la mortalité des adultes domine pendant la saison froide ; Huss a noté le même rapport en Suède (Statistique du typhus, p. 50). L'époque du maximum de la mortalité se déplace et tend, au contraire, à se reporter en été et en automne, à mesure qu'on descend vers une zone plus méridionale; ce déplacement de la mortalité répond certainement à la brusque augmentation de morbidité que nous venons de démontrer à l'époque d'explosion de l'épidémie annuelle. Mais il est important de noter que l'augmentation de ces deux faits n'est nullement proportionnelle; si le chiffre des décès croissait en proportion du nombre des malades, la mortalité sérail énorme, dans les hôpitaux militaires de Rome et d'Algérie, tandis qne l'immense majorité des atteintes sont bénignes; et nous avons, pour Rome en particulier, signalé cette bénignité relative en établissant, par des chiffres, que cette masse de malades donne une mortalité proportionnelle, bien moindre que celle des hôpitaux militaires de France ; ainsi en 1864 il n' y eut qu'un décès environ sur 100 fiévreux admis à l'hôpital militaire de Rome, ehilfre bien faible comparé à celui de la mortalité dans les hôpitaux de France où notre armée perd environ 50 à 40 sur 1000 entrées, et la population civile environ 10 à 12 (Hôpitaux de Paris). Si l'on perd, soit en Algérie, soit à Rome, plus de soldats qu'en France, relativement au chiffre de l'elfectif, on en perd moins relativement au chiffre des malades.
Dans des conditions climatiques analogues à celles de la zone méditerranéenne, nous voyons parfois la morbidité prendre, à certaines époques de l'année, des proportions exceptionnelles, sous des influences plutôt atmosphériques que telluriques ; nous constatons ce fait d'une manière très-accentuée dans certaines \illes du littoral atlantique des États-Unis, à une latitude correspondante à celle du littoral de la Méditerranée. A Philadelphie, par exemple, les chiffres maxima de morbidité et de mortalité correspondent aussi, d'une manière constante, avec l'époque des grandes chaleurs ; la situai ion de cette ville sur la limite orientale d'un vaste continent donne à son climat les attributs des climats extrêmes, dans lesquels les influences saisonnières, celles surtout de la saison chaude, sont portées à leur maximum. Aussi le mois le plus chargé de malades et de décès est-il le mois de juillet, en raison de la prédominance d'une affection exclusivement estivale, le choléra des enfants, dont le rapport avec les chaleurs est établi par la répartition saisonnière de la mortalité due à celte affection pour l'année 1872, mortalité établie j ar les documents officiels (Annnal Report of the Board ofHeath, Philadelphie, 1872).
Ges décès s'élèvent au printemps à 35
en été à 1517
— en automne à 75
— en hiver à 11
Aussi, dans ces villes du littoral atlantique du continent américain, le choléra infantum figure-t-il avec la phthisie en tête des causes morbifiques et léthilères de la population des hôpitaux.
A mesure qu'on descend plus au sud, la période saisonnière de morbidité prend un accroissement plus considérahle au détriment de la période de sauté; certains climats ne deviennent abordables à l'homme que pendant une fraction très-restreinle de chaque annuité, et nous a\ons vu récemment les Anglais utiliser
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heureusement la connaissance de ces faits en accomplissant avec succès, pendant les trois mois annuels de salubrité, une expédition dans un pays où, durant le reste de l'année, une armée aurait autant de malades que de soldats, et où. l'intensité de la cause morbide est telk que le chiffre des décès s'est parfois élevé au tiers, à la moitié de celui des malades (voy. Léon Colin, Y Expédition anglaise de la Côte-d'Or; in Gaz. heb. de méd. et de chir., janvier 1874).
On voit donc se modifier profondément et la fréquence, et la date, et la nature de la morbidité à mesure que l'on change de climats ; mais dans nos climats même, et tout près de nous, ou, sous une zone de latitude identique, le mode morbide prédominant peut singulièrement varier; les statistiques anglaise et américaine prouvent le rôle considérable dévolu, en ces pays, à certaines fièvres éruptives, spécialement à la scarlatine qui figure en première ligne parmi les maladies populaires en ces pays, et qui, par sa fréquence, l'emporte presque constamment sur la fréquence même des affections typhiques. Il n'est guère qu'une affection qui constitue, à peu près également en tous lieux, au sud comme au nord, en France comme en Algérie, aux Indes comme en Angleterre, le fond du tableau nosologique offert par la population nosoconhale, c'est la phthisie.
Beaucoup de variétés par conséquent dans les maladies aiguës les plus populaires des différents climats; mais, à côté de ces variétés, prédominance à peu près générale d'une affection chronique : la phthisie pulmonaire.
Morbidité de la population indigente de Paris. Nous puisons les principaux documents de cet article dans le Rapport sur le traitement des maladies à domicile pendant les années 1868, 1869, 1870 et 1871, rapport présenté au conseil de surveillance de l'administration de l'Assistance publique, par le directeur de ceite administration (Paris, 1872).
D'après le dénombrement de 1866, la population générale de Paris étant de 1,799,980 habitants, et le chiffre de la population indigente, inscrite par les contrôleurs des bureaux de bienfaisance, s'élevaut à 105,119 individus, on voit qu'il existe à Paris 1 indigent environ sur 17 habitants. 11 faut noter que cette proportion est légèrement variable, car on a toujours constaté que, d'un recensement à l'autre, les contrôles des bureaux demeurent plus ou moins chargés d'inscriptions fictives et irrégulières : les unes proviennent de changements de domicile qui donnent lieu à une nouvelle inscription dans un autre arrondissement, sans radiation correspondante dans l'arrondissement quitté par l'indigent ou par son ménage; les autres tiennent à des inscriptions faites dans les formes ordinaires, mais qu'une nouvelle appréciation des situations n'a point paru justifier au moment de l'enquête à domicile.
Nous insistons sur la rigoureuse nécessité d'analyser tout d'abord la valeur réelle de ce rapport proportionnel 1:17, entre l'ensemble de la population indigente et celui de la population générale de Paris; cette analyse nous permet de reconnaître des différences considérables entre chacun des arrondissements de la capitale. Alors que nous trouvons, par exemple, dans le neuvième arrondissement une proportion relativement minime d'indigents, 1 sur plus de 53 habitants, dans le treizième cette proportion s'élève à 1 sur 6 environ. Ces différences sont très-importantes et doivent modilier, dans une notable mesure, les conséquences que l'on serait enclin à tirer à priori, à l'égard de l'ensemble de la population parisienne, du niveau de la morbidité de toute la masse des indigents. Les quartiers où ces indigents seront le plus nombreux n'offriront sans
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duulc pas des conditions de milieu aussi avantageuses pour le reste de leurs habitants que les quartiers où la population pauvre est le plus clairsemée.
Quant à la morbidité de ces indigents eux-mêmes, les documents officiels nous indiquent le nombre des malades soignés à domicile pendant ces quatre années ; ce nombre a été :
En 1838 de 26,028
D'après ces chiffres, il y aurait eu chaque année, dans la population indigente, un nombre de malades variant du quart au tiers de cette population, franchissant même cette dernière proportion dans une année de souffrances et de privations •exceptionnelles, en 1870
11 resterait à connaître, pour être pleinement fixé sur la morbidité de cette classe d'individus, la proportion dans laquelle ils ont été frappés, suivant leurs âges, et quels ont été les nombres totaux et moyens des journées de maladie.
Or, ces renseignements, nous ne les avons pas; car, dans les rapports officiels, on a réuni les indigents à un groupe de population beaucoup moins bien déterminé et dont l'état civil ne figure pas sur les registres des bureaux de bienfaisance ; c'est le groupe des nécessiteux, dont nous ne connaissons ni le nombre, ni les conditions d'âge, dont grand nombre appartiennent à la population flottante, et qui fournissent annuellement un chiffre de malades à domicile plus élevé que celui des indigents, comme l'indique le résumé suivant :