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S2 MOLÈNE

ce corps est donc formée de deux atomes de nature différente, et sera de même de deux \olumes.

Un atome d'azote se combine à trois atomes d'hydrogène pour former de l'ammoniaque, c'est la plus petite quantité de ce corps qui puisse exister, c'est-à-dire une molécule d'ammoniaque. Or les quatre volumes de gaz qui s'unissent, se contractent de moitié ; le volume de la molécule d'ammoniaque est donc encore de deux.

Un atome de potassium, un atome d'hydrogène et un atome d'oxygène s'unissent pour former une molécule de potasse hydratée KHO. Mettons ce composé en présence de l'acide chlorhydrique HC1 ; il en résultera du chlorure de potassium et de l'eau.

KHO ■+■ HC1 = KC1 -+- H20.

La molécule de chlorure de potassium est donc formée par la réunion d'un atome de chlore à un atome 'de potassium, et la molécule d'eau, la plus petite quantité qui puisse exister, est composée d'un atome d'oxygène = 1 volume et de deux atomes d'hydrogène == 2 volumes. Or pendant la combinaison ces trois volumes se réduisent à deux ; la molécule d'eau est donc encore égale à deux volumes.

Le raisonnement précédent s'applique à la molécule des acides minéraux et organiques, anhydres ou hydratés, et en général, à tous les corps dont la composition chimique est bien définie.

Ainsi la molécule de l'acide sulfuriquc hydraté, est formée par la réunion de un atome de soufre, deux atomes d'hydrogène et de quatre atomes d'oxygène ; les deux atomes d'hydrogène viennent-ils à être remplacés par deux atomes de potassium, il en résulte une molécule de sulfate dépotasse. Mais ce sulfate de potasse peut se combiner encore avec une molécule de sulfate d'alumine, et vingt-quatre molécules d'eau, de cette réunion résulte une molécule d'alun, dans laquelle on voit que le nombre d'atomes qui y entre est considérable. Il en est de même pour le plus grand nombre des molécules des composés organiques. L.

molùne. Verbascum L. Genre de plantes Dictylédones, qui forme avec les Celsia la petite famille des Verbascées, intermédiaire entre les Scrophularinées et les Solanées. Le nom de Verbascum, employé par les auteurs de la Renaissance, adopté par Tournefort et par Linné, s'applique à un groupe d'espèces, dont la place dans les familles naturelles a été longtemps discutée. Nous verrons que par les caractères de la fleur, les Verbascum rappellent tout à fait les Solanées, tandis que la structure de la graine les rapproche des Scrophularinées , auxquelles les rattachent également la structure des Celsia. On conçoit donc les hésitations des botanistes et l'établissement par Bartling de la petite famille des Verbascées, qui rattache étroitement entre eux les deux groupes naturels, auxquels ont éLé successivement rapportés les Verbascum.

Les plantes du groupe des Molènes, qu'on nomme aussi très-communément Bouillons, Bouillons blancs, habitent les régions tempérées de l'Ancien continent. Elles sont généralement bisannuelles, plus rarement vivaces. Leurs li^es, rarement glabres, le plus souvent toutes couvertes d'un duvet cotonneux, portent des feuilles alternes, souvent décurrenlcs sur la tige. Les fleurs sont disposées en grappes spiciformes, simples ou rameuses. Elles sont un peu irrégulières, et formées chacune: d'un calice libre, à cinq divisions; d'une corolle hvpogyne, gamo-

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pétale, rotacée, à préfloraison imbriquée, qui se détache très-facilement de la plante et tombe aussitôt après la fécondation ; de cinq étamines insérées sur la corolle, à filets inégaux, à anthères à deux loges continentes en une seule ; d'un ovaire supère, formé de deux feuilles capellaires, multiovulé. Le fruit est une capsule à deux loges, s'ouvrant en deux valves bifides au sommet. Les graines sont très-petites et contiennent un embryon droit, logé dans un albumen charnu.

On trouve dans nos régions un grand nombre d'espèces de Verbascum, trèsdifficiles à distinguer les unes des autres, d'autant plus qu'elles produisent souvent entre elles, par le fait de l'hybridation, des formes intermédiaires. Les espèces les plus intéressantes au point de vue médical se rapportent à deux types.

i° Le Verbascum Thapsus, L., qui est le Bouillon mâle, ïlierbe de Saint- Fiacre, le Bouillon blanc officinal. On trouve ses feuilles et ses fleurs dans nos pharmacies.

C'est une plante des lieux incultes ou des bois taillis, dont la tige haute de près d'un mètre est couverte d'un tomentum épais, formé de poils étoiles. Les feuilles sont alternes sur la tige et également cotonneuses. Les radicules sont pétiolées, les caulinaires sessiles et longuement décurrentes. Elles sont ovales ou lancéolées, crénelées sur le bord, douces au toucher. Les fleurs, disposées en épi dense, au sommet de la tige, ont une corolle d'un beau jaune d'or, presque rotacée, de cinq millimètres de diamètre environ; elle est divisée en cinq lobes profonds, inégaux, obovales, et porte cinq étamines inégales, dont les trois supérieures plus courtes que les autres, ont les filets couverts d'un duvet laineux blanchâtre, tandis que les deux inférieures sont glabres.

L'odeur delà plante fraîche est légèrement narcotique: mais celte odeur disparaît par la dessication ; la saveur de la tige et des feuilles est mucilagineuse et amère. Quant aux fleurs, on doit les sécher avec beaucoup de soin et les conserver à l'abri de l'humidité, si on veut qu'elles gardent leur belle couleur. Bien préparées, elles ont une odeur douce, qui rappelle un peu celle du miel. Leur saveur est douceâtre et mucilagineuse. Ces fleurs sont pectorales, tandis que les feuilles sont émollientes (Voy. Bouillon blanc, X, 306).

D'autres espèces ont des propriétés analogues et pourraient remplacer le Thapsus. Nous citerons dans le nombre :

Le Verbascum thapsiforme, Schrad, dont les fleurs sont planes, plus grandes et plus larges, et ont des anthères plus longues dans leurs étamines inférieures.

Le Verbascum phlomoides, L., dont les corolles sont aussi grandes et planes.

Le Verbascum sinuatum, L., qui croît surtout dans les régions méridionales, et dont les fleurs nombreuses en panicule pyramidale, sont petites et portent des étamines à anthères toutes égales et à filets munis de poils violets.

Le Verbascum Lychnitis, L., Bouillon femelle, plus petit dans ses dimensions, d'un vert grisâtre, à tomentum court, dont les feuilles sont vertes en dessus, et blanchâtres en dessous. Les fleurs, en panicule pyramidale, ont les étamines cou- \ertes de poils blanchâtres.

Verbascum nigrum, L., Bouillon noir, dont les feuilles sont d'un vert sombre, pubescentes en dessus, tomenteuses en dessous. Les fleurs petites ont des étamines munies de poils violets.

Ces trois dernières espèces ont été employées ; mais il est mieux de ne pas substituer leurs fleurs à celles du Thapsus.

2° Le second type est celui de la Blatlaire, Verbascum Blattaria, L., Bouillon mittier ou Mitiers, Herbe aux mites.

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Cette espèce de Molène, qui croît Je long des chemins, a une tige dressée, l'aide, portant des feuilles glabres, luisantes, inégalement et profondément dentées, non tlécurrentes. Les fleurs sont solitaires à l'aisselle de bractées, et forment une grappe terminale lâche et allongée. Elles sont grandes, planes, jaunes, avec la gorge violette.

fa plante a une saveur acre, qui lui a fait attribuer des propriétés insecticides ; de là son nom de Herbe aux mites ou de Blattaria. Elle était réputée autrefois comme vermifuge.

Jean Bauhin. llistoria plantarum, III, p. 871. — Lobel. Adversaria, 245. — Tolrnefort. Inslitutiones Rei herbariœ, tab. 61. — Endlicher. Gênera Plantarum. — De Candolle. Flore française, III, p. 602. — Bartling. Ordines naturales, p. 170. — Grenier et Godron. Flore de France, II, 547. — Le Maout et Décaisse. Traité général de botanique descriptive et analytique, p. 187. — G. Planchon. Traité pratique de la détermination des drogues simples, I, p. 2U5 et 2Ù8. Pl.

MOLETTE. Nom donné au Capsella Bursa pastoris L. {Voy. Capselle).

Pl.

MOLETTE. (Pharmacie). On appelle ainsi une pierre dure et polie qui sert à broyer les médicaments. D.

MOLICOR1LM ou plutôt malicoriem. On donne ce nom à l'écorce de Grenade, qu'on a fait dessécher et qui arrive dans les droguiers en morceaux de différentes dimensions. {Voy. Grenade.)

Le Malicorium est très-astringent et en même temps amer. Il contient de 27 à 50 pour 100 de tannin, et des traces d'acide gallique. Pl.

MOLETG (Eaux minérales et roues de) hypother maies, mésothermales ou hyper thermales, sulfurées sodiques, azotées faibles et carboniques faibles, dans le département des Pyrénées-Orientales, dans l'arrondissement de Prades, à 9 kilomètres de la ville de ce nom, à 8 kilomètres de Yernet (voy. ce mot), est un village de 580 habitants, qui se trouve sur la rive gauche du torrent le Tet, à mi-côte d'une montagne couverte de jardins et de prairies. Une petite î ivière nommée la Castellane, coule à l'ouest du bourg de Molitg. Un ancien château converti en restaurant pendant la saison thermale, est, depuis les derniers travaux qu'on y a faits, d'une grande ressource pour les baigneurs qui, auparavant, étaient wjj.igés de se contenter d'une cuisine assez frugale. Les excursions sont faciles et intéressantes aux environs de Molitg, celles qui sont le plus suivies sont : les ruines du monastère de Notre-Dame-du-Corbiac, le château de Pierre de Corbiac et de Paracols dont les ruines se trouvent sur la montagne aride située en face de la station de Molitg, sur l'autre rive de la Castellane.

Onze sources émergent à Molitg du terrain primitif, [ rès de l'embouchure du petit torrent de Priell dans la Castellane; elle* sont connues depuis le milieu du dix-huitième siècle et sont fréquentées chaque année par plus de 400 malades; elles n'ont point de noms spéciaux, et on les désigne par des numéros d'ordre ou suivant leur emploi en boisson, en bains et en douches dans les établissements où elles sont administrées. Elles ont appartenu longtemps à diverses familles, et surtout àlafamilledeLlupia ; elles sont devenues aujourd'hui la propriété d'un seul particulier, M. Massia. Leur eau est limpide, elle devient louche au contact prolongé de l'air, et particulièrement celle de la source n° 1 ; elle est douce et savonneuse au toucher. Des bulles se dégagent constamment de sa surface où

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elles viennent s'épanouir à intervalles inégaux et avec un pétillement qui indique que leur grosseur n'est pas la même et qu'elles sont composées de différents principes gazeux. L'eau de Molitg a une odeur sulfureuse peu prononcée et une saveur à la fois hépatique et salée. Des flocons blanc grisâtre nagent pendant un certain temps dans le bassin, puis ils se déposent sur ses parois qu'ils tapissent d'une couche glissante, très-onctueuse au toucher. La température de l'eau des diverses sources de Molitg varie de 21°, 8 centigrade (source Riell) à58° centigrade (source Llupia). La source n° 1 de l'établissement Llupia a un débit de 754,000 litres en vingt-quatre heures.

M. Bouis a publié en 1841 , l'analyse des eaux de Molitg. Ce chimiste a trouvé dans 1,000 grammes de l'eau des sources Massia et Llupia les principes suivants:

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