MOREL
grand succès; puis, ayant pris ses degrés, il alla s'établir à Beniganim, où il se lit, en peu de temps, une belle réputation, augmentée encore par sa courageuse conduite pendant une grave épidémie. Après un autre séjour à Soria, il entra dans le service militaire à l'époque de l'invasion de l'Espagne par l'empereur Napoléon, et il se montra surtout habile à organiser le système des hôpitaux et des ambulances. La paix rétablie, il se fixa définitivement à Madrid, où une chaire de clinique médicale vint récompenser ses travaux et les services qu'il avait rendus. C'est là qu'il mit à profit les nombreux documents qu'il avait depuis longtemps amassés, et accrus dans ses divers voyages à travers la Péninsule, et qu'il rédigea son histoire de la médecine en Espagne, véritable monument qui doit à jamais fonder sa réputation d'écrivain judicieux et de savant. Malheureusement il ne put jouir du succès de cette œuvre à laquelle il avait consacré toute son existence, et qui ne parut qu'après sa mort, arrivée le 14 juin 1836.
Ce travail si important, publié par une société de professeurs, donne une histoire complète de l'évolution des sciences médicales dans la Péninsule, depuis ses origines premières, du temps des colonies, phéniciennes et grecques, jusqu'à l'époque actuelle. Les différentes phases qu'elle présente, la fondation successive des écoles, des universités, y sont signalées et appréciées avec une grande lucidité; enfin on y trouve, pour chaque période, une bio-bibliographie complète de tous les auteurs connus ou anonymes qui ont laissé quelques écrits. On comprend combien est indispensable un pareil livre pour celui qui veut connaître l'histoire de la médecine, et particulièrement pour l'Espagne, sur laquelle on possédait si peu de renseignements (Biographie dans sou Hist. de la médec~ Voy. aussi Chinchilla. Hist. de la me'd. esp., t. IV, p. 531, 1846).
Voici le titre de cet ouvrage :
Historia bibliogrâfica de la medicina espahola. Madrid, 1842-1852, in-8% 7 vol.
E. Bgd.
MOREL (Bénédict-Auguste), né le 22 novembre 1809, à Vienne, en Autriche,» de parents français, fît ses premières études à Metz et à Luxembourg, et professai pendant quelques temps, pour vivre, la théologie et la philosophie. Plus tard, lorsqu'il vint à Paris étudier la médecine, il se vit obligé de donner, pendant le jour, des leçons d'anglais et d'allemand. Reçu docteur en 1839, il entra, en 1841 , à la Salpètrière dans le service du docteur Falret, puis, de 1843 à 1845, il parcourut les Pays-Bas, la Suisse, l'Allemagne et l'Italie pour étudier le mode d'installation des asiles d'aliénés. Quelque temps après, en 1848, il obtint la place de médecin en chef de l'asile de Maréville (Meurthe), où il se signala par d'importantes réformes qui avaient surtout pour but d'améliorer la position des aliénés, particulièrement en ce qui concerne les moyens coercitifs. Enfin, en 1856, il fut nommé à l'importante maison Saint-Yon (Seiue-Inférieure). Les soins assidus qu'il donnait à cet établissement ne l'empêchèrent pas d'accepter d'abord la mission d'aller en Angleterre pour examiner à fond la grave question du non-restreint, soutenue par les aliénistes d'Outre-Manche, et vers laquelle il se sentait déjà porté; puis de faire partie d'une commission siégeant à Paris et qui avait pour objet de rechercher les moyens de faire disparaître le goître et le crétiuisme; d'importantes publications ont fait connaître son opinion sur ces divers sujets. Ce médecin éclairé et profondément consciencieux est mort à Saint-Yon des suites d'une affection diabétique, le 50 mars 1873.
Outre ses rech relies spéciales sur l'aliénation mentale et l'ouvrage classique
458 MOREL-LAVALLEE.
qui semble les résumer, Morel a droit surtout à la reconnaissance des pathologistes pour son Traité des dégénérescences, travail véritablement original et dans lequel toutes les causes, climats, manière de vivre, constitution géologique du sol, habitudes, mœurs, hérédité, sont appréciées avec une sagacité tout à fait remarquable.
On a de lui :
I. Questions sur les diverses branches des sciences médicales. Th.de Paris, 1859, n° 279. — II. Etudes historiques ; origines de V école psychique allemande (avec Lasègue), in Ann. méd. psych ., 1" série, t. III et IV ; 1844 et t. VI ; 1845. — III. Pathologie mentale en Belgique, en Hollande et en Allemagne. Ibid., t. VI; 1845, t. Vil et VIII ; 1846. — IV. Traite des maladies mentales. Paris, 1852-55, 2 vol. in-8° et 2e édit. 1869, in-8\ — V. De l'éthérisation dans la folie au point de vue du diagnostic, etc. In Arch. gin. de méd., 5e sér., t. III,
p. 128; 185 i-. VI. Influence de la constitution géologique du sol sur la production du
crétinisme. Paris, 1855, in-8°. — VII. Traité des dégénérescences physiques, intellectuelles et morales de l'espèce humaine. Paris, 1857, in-8°, atl., pi. 12, in-4°. — VIII. Y a-t-il plus d'aliénés aujourd'hui qu'autrefois? Ou de l'influence de la civilisation, etc. Rouen, 1857, jn-S°. JX. Rapp. méd. sur un cas de simulât, de la folie. Paris, 1857, in-8°. — X. Mélanges d'anthropologie pathologique, etc. Rouen, 1859, in-80. — XI. Caractères de l'hérédité dans les maladies nerveuses. In Arch. gén. de méd., 5e série, t. XIV, p. 257; 1859. —
XII. Souvenirs scientifiques d'un voyage dans le midi de la France. Rouen, 1860, in-8°. —
XIII. Le non-restreint, ou de l'abolition des moyens coercitifs dans le traitement de la folie Paris, 1861, in-8°. — XIV. Du goitre et du crétinisme, étiologie, prophylaxie, etc. Paris. 1864, in-8°. — XV. De la formation des types dans les variétés dégénérées. Fasc. I. Rouen, 1864, in-4°, pi. 5. — XVI. Traité de médecine légale des aliénés, 1 t'asc. (historique) seul paru. Paris, 1866, in-8°. E. Rgd.
MOREL-LayaixÉe (Victor- Auguste-François), né le 24 août i 811 , à Bion (Manche), vint faire ses études médicales à Paris où il fut interne et lauréat des hôpitaux, et reçu docteur en 1842. Entraîné par sa vocation vers la chirurgie, c'est à la voie si difficile mais toujours si honorable des concours qu'il demanda son avancement. En 1844 et 1847 nous le voyons entrer en lut te pour l'agrégation; en 1851 un autre concours plus heureux que les précédents lui ouvrait la porte des hôpitaux ; mais cette position si enviée ne suffisait pas pour satisfaire sa légitime ambition d'appartenir à la Faculté,- et il se présente et pour une chaire de clinique chirurgicale (1851), et deux fois encore pour l'agrégation (1853, 1857). Malgré de très-brillantes épreuves, qui mettraient surtout en relief la solidité de son savoir-pratique, Morel fut éliminé; résultat auquel contribua peut-être son caractère un peu rude, l'isolement de toute coterie dans lequel il vivait et son inflexible indépendance. Ce praticien distingué mourut subitement le 29 avril 4865, très-vraisemblablement de la rupture d'un anévrysme de l'aorte dont il était tourmenté depuis quelque temps. Il était membre de la Légion d'honneur et appartenait dès les premiers temps à la Société de chirurgie qu'il présida en
Les travaux de Morel-Lavallée ont un caractère original qui frappe tout d'abord : ce ne sont pas des sujets rebattus qu'il choisit, mais des questions nouvelles ou obscures, et où il s'eltorce de 'porter la lumière, et c'était bien ainsi que l'entendait l'Académie des sciences qui a honoré plusieurs de ses mémoires d'encouragements et de mentions.
Voici la liste de ses publications :
I. Sur les luxations de la clavicule. Th.. de Paris, 1842. Ce même travail plus étendu a été publié sous le titre suivant: Essai sur les luxations de la clavicule. In Ann. de la chirur., t. IX, 1845. — II. Des rétractions accidentelles des membres. Th. de conc. (Agrég. chir.). Paris, 1844. — III. Sur la cystite cantharidienne (communication à l'Acad. des sciences). In Compt.rend., t. XIX, 1844 ; t. XXII et XXIII, 1846. Récompensé par l'Institut, 1847 et publié in extenso in Arch. génér. de médec, 5e série, t. VIN, p. 552 ; 1856. — IV. Hernies du jpoumon. In Mém. de la Soc. de chirur., t. I, 1847. — V. L'ostéite et ses suites. Th. de conc,
MORELLE (botanique). 459
(Agr. chir.). Paris, 1847. — VI. Des luxations compliquées. Th.deconc. (Ch. déclin, chir.), Taris, 1851. — VII. Des corps étrangers articulaires. Th. de conc. (Agrég chir.). Paris, 1853. — VIII. Épanchements traumaliques de sérosité. In Arch. gén. deméd., 5e série, t. I, p. 690; 1853. — IX. Fracture du maxillaire inférieur avec déplacement opiniâtre, appareil en gutta-percha, guérison rapide. In Bull, de la Soc. de chir., t. VIII, p. 571 ; 1855. — X. Sur la valeur relative des méthodes de traitement des rétrécissements de l'urèthre. Th. de conc. (Agr. chir.). Paris, 1857. — XI. Coxalgie chez le fœtus. In Arch. gén. de méd., 5e série, t. XVIII, p. 172 ; 1861. — XII. Un bon nombre de notes, rapports et communications à diverses sociétés savantes, recueils, etc. E. Bgd.
MORELLE (Solanum L.). gl. Botanique. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Solanées. Ce groupe contient un très-grand nombre d'espèces, les unes herbacées, les autres ligneuses, qui ont des feuilles alternes, simples ou pinnées avec impaires, quelquefois géminées, vers le haut de la tige, c'est-à-dire rapprochées de telle sorte qu'une petite feuille se trouve tout à côté d'une autre feuille plus grande. Les fleurs ont un calice gamosépale, à cinq divisions; une corolle rotacée, à tube court, à limbe profondément divisé en cinq pièces ; cinq étamines, alternes avec les pièces de la corolle, à filets généralement courts, à grosses anthères rapprochées dans l'axe de la fleur, formées de deux grosses loges s'ouvrant au sommet par des pores. L'ovaire est supère, biloculaire. Le fruit est une baie, ovale ou arrondie, contenant un grand nombre de semences attachées sur un placenta axile. Ces graines sont, en général, réniformes, comprimées, et contiennent un embryon recourbé dans un albumen charnu.
Le genre Solanum renferme un très-grand nombre d'espèces, dont les unes sont médicinales, les autres comestibles. Nous indiquerons seulement les plus intéressantes :
1° La Pomme de terre (Solanum tuberosumh.) ou morelle tubéreuse. C'est une plante herbacée, à souche vivace, dont la tige, haute de 40 à 50 centimètres, porte des feuilles composées, ailées avec impaire, à cinq ou sept folioles lancéolées, entremêlées d'un certain nombre de petits pinnules intermédiaires. Les fleurs sont disposées en une sorte de corymbe longuement pédoncule; elles sont de couleur blanche, rosée ou violacée. Elles ont une corolle rotacée, à cinq divisions peu profondes, anguleuses, plissées. Le fruit est une baie d'un rouge foncé, brunâtre à maturité.
Les parties souterraines de la pomme de terre sont formées d'une racine qui se ramifie sans donner aucun tubercule; mais du collet de cette racine, partent des rameaux souterrains qui se renflent à leur extrémité et deviennent des tubercules amylacés plus ou moins gros. Parfois la tuberculisation se produit également sur les bourgeons axillaires que portent ces rameaux; il en résulte un nombre assez considérable de ces renflements, réservoirs de fécule et de matière nutritive, qu'on utilise communément sous le nom de pommes de terre.
Le Solanum tuberosum L. est originaire de l'Amérique méridionale, et particulièrement du Pérou. On ignore l'époque exacte où elle a été transportée en Europe ; on admet cependant assez généralement que les premiers tubercules y furent apportés en 1565 par le capitaine John Hawkins. Mais c'est vers l'année 1586 que Frank Drake, après les avoir cultivées en Virginie, en transporta en Angleterre un certain nombre, qu'il partagea entre les botanistes Gérard et Clusius, qui donna, pour la première fois, quelques détails sur la plante. Introduite dans le midi de l'Europe par les Espagnols, elle ne s'y étendit que très-peu. C'est en Angleterre que sa culture prit une extension assez considérable, après que l'amiral Walter Raleigh en eut fait planter des tubercules pris par lui dans la
460 MORELLE (botanique).
Virginie et la Caroline. On sait quelle lutte Parmentier eut à soutenir, à la fin du dix-huitième siècle, contre les préjugés des populations, avant de généraliser la culture de cette espèce précieuse.
Actuellement, c'est une plante alimentaire de première importance, répandue dans tous les pays du monde. La culture en a créé un très-grand nombre de variétés, dont nous citerons seulement quelques-unes. Parmi les hâtives, les naines hâtives, les fines hâtives, la chave, qui sont estimées pour la table ; la grosse jaune hâtive, très-grosse, utilisée surtout pour la nourriture des bestiaux. Parmi les tardives, qui mûrissent plus tard : la truffe d'août, qui mûrit en août et donne des tubercules d'un rouge pâle, très-estimés ; la vitelotte ou rouge longue, de forme allongée, de couleur rougeâtre, de chair ferme; la hollandaise jaune, longue, aplatie, farineuse, très-recherchée; la patraque blanche, grosse et farineuse, se réduisant en pulpe à la cuisson ; la patraque jaune, très-amylacée et employée surtout dans les fabriques de fécule; la décroizille, de couleur rose et de forme allongée (voy. pour l'emploi l'article Pomme de terre).
2° Le Solanum montannm L., qui vient également du Pérou, où il porte le nom de Papa montana, est une petite plante herbacée, munie de feuilles alternes, entières, presque en cœur, longuement pétiolées. Les fleurs sont portées sur des pédoncules solitaires. La partie intéressante de la plante est un gros tubercule charnu, ovale, garni inférieurement de longues fibres chevelues, et qui représente probablement un renflement de la tige.
Les Indiens font un grand usage de ce tubercule; ils en mangent dans leurs soupes et dans tous leurs ragoûts.
5° Le Solanum stoloniferum Schlecht, cultivé en Bolivie, sous le nom de Papa lissa, se trouve, aussi au Mexique, d'où MM. Schilde et Deppe ont rapporté leurs tubercules comestibles.
4° Le Solanum sinense fournit aux Chinois, d'après Manuel Blanco, une sorte de pomme de terre très-estimée.
Les morelles précédentes sont employées pour leurs tubercules : d'autres donnent des baies qu'on utilise dans l'alimentation. C'est tout d'abord :
5° Le Solanum esculentum Dunal, qu'on désigne sous le nom de Méringeanne et d'Aubergine. C'est une espèce originaire des Indes et qu'on trouve aussi sauvage à Java et à Ceylan. Elle est maintenant abondamment cultivée dans les jardins potagers du midi de l'Europe. C'est un plante herbacée, à tige assez grosse, ne s'élevant pas au delà de 50 centimètres. Ses rameaux sont recouverts d'une sorte de duvet, formé de poils étoiles. Les feuilles sont longuement pétiolées, ovales, sinuées sur les bords, couvertes de poils blanchâtres et étoiles à la face inférieure. Les fleurs sont grandes, blanches ou violacées. Le fruit est une grosse baie, allongée, obovoïde, obtuse au sommet, pouvant atteindre 20 centimètres de longueur. La surface de ces fruits est luisante, de couleur noire violacée, plus rarement jaune. La chair est blanche.
Linné avait confondu avec Y Aubergine, sous le nom commun de Solanum melongena, une espèce dont le fruit, ressemblant à un œuf de poule de couleur blanche, a des propriétés dangereuses. Dunal l'a distinguée sous le nom de Solanum ovigerum ou plante aux œufs.
On sait que l'aubergine entre dans l'alimentation ordinaire (voy. Aubergine). Elle avait d'abord été nommée Mala insana, et on était à peu près persuadé qu'elle devait être fort dangereuse, à cause, disait-on, de ses rapports avec la Mandragore; quelques-uns croyaient y voir la mandragore mâle. Mais, du temps
MORELLE (botanique). 461
de Lobel (fin du seizième siècle), cette erreur avait disparu, et les gourmets se délectaient déjà de ses fruits.
6° Le Solarium album Loureiro donne des baies globuleuses, vertes, tachées de blanc, qu'on mange à Siam et dans la Cochinchine.
7° Le Solanum Anguivi Lam. produit également des fruits qu'on mange à Madagascar. En outre, les graines bouillies donnent une décoction que l'on dit être un excellent stomachique, dunt on se sert comme d'un remède contre la fièvre.
8° Les fruits du Solanum sessiliflorum Dunal servent, au Brésil, à l'alimentation des Indiens.
9° Le Solanum quitoense Lam. est originaire du Pérou. C'est un arbrisseau d'environ 2 mètres, dont la tige, roide et glabre, porte des feuilles grandes, largement pétiolées, cordiformes, à bords sinueux ou lobés, couvertes de poils longs et mous. Elles ont une couleur pourpre sur le pétiole et les nervures. La baie a la couleur et la grosseur d'une petite orange. Elle en a, en même temps, la saveur acidulée et sucrée, ce qui la rend comestible. On connaît, au Pérou, ces fruits sous le nom de Naranjitas, et on en fait une limonade rafraîchissante.
10° On mange également au Pérou les baies du Solanum muricalum Aiton. C'est une plante frutescente, rugueuse, couverte de poils simples diaphanes et blanchâtres. Les feuilles sont longuement pétiolées et couvertes de poils disposés en séries; les fleurs, longuement pédonculées, sont réunies en cimes; la corolle est blanche, bordée de violet, plissée, anguleuse, à cinq divisions peu profondes. Le fruit est une baie pendante, ovale, d'un blanc tacheté de rouge. Le péricarpe, très-épais, très-charnu et jaunâtre, rappelle la chair du melon, dont elle a un peu le goût.
11° Le Solanum œthiopicum L. est cultivé en Chine, au Japon et à Constantinople, où les juifs le désignent sous le nom de Pomme d'amour. Sa tige est courte, herbacée; les feuilles solitaires ou géminées sont pétiolées, ovales, inégales à la base. La baie est grosse, globuleuse, déprimée, profondément sillonnée et sèche. Elle est employée au Japon comme assaisonnement ; sa saveur rappelle de loin le goût poivré des piments.
12° Le Solanum nemorense Dunal croît dans les forêts du Pérou. Des aiguillons arment sa tige, ses rameaux, et les nervures de la face dorsale des feuilles. Les feuilles sont glabres, sessiles, grandes et oblongues à lobes aigus, ou petites et ovales entières. Les fleurs sont en cime, de couleur violacée, à corolle décomposée en cinq lobes lancéolés. Les baies sont globuleuses, protégées par le calice accrescent, de la grosseur d'une petite poire, d'un jaune d'or. On les mange au
Pérou.
14° Le Solanum oleraceum L. est cultivé aux Antilles et à la Guyane. On mange, non plus ses baies, mais ses feuilles et sa tige herbacée. Cette espèce nous conduit aux morelles employées pour leurs propriétés thérapeutiques. Elle ressemble, en effet, beaucoup à :
14° La morelle noire (Solanum nigrum L.). C'est une espèce répandue dans nos régions, très-commune dans les lieux cultivés et les décombres. On la connaît aussi sous les noms de mourelle, crève chien. Sa tige herbacée, de 20 à 50 centimètres, est rameuse, munie de poils courts, épars. Les feuilles, d'un vert sombre, sont pétiolées, ovales, acuminées, sinuées, dentées, plus rarement entières. Les fleurs sont réunies en petit nombre, en corymbe, La corolle est petite, blanche, à lobes lancéolés. Les baies sont globuleuses, luisantes et noires à maturité, plus rarement rouges (Solanum miniatum Willd.).
462 MORELLE (botanique).
On a beaucoup discuté les propriétés de la morelle noire ; on l'a longtemps considérée comme toxique, et elle contient en effet, paraît-il, une petite quantité de solanine. Mais les expériences de M. Dunal semblent prouver qu'il n'en est rien ; on assure d'ailleurs que les feuilles sont mangées en guise d'épinards dans certaines localités de la France, à Bourbon et à Maurice.
10° Le Solarium Dulcamara L., ou douce arrière, est une des espèces les plus intéressantes comme médicament. Elle croît dans les bois humides, au bord des ruisseaux, dans presque toute l'Europe. Sa tige ligneuse, sarmenleuse, fournit àe nombreux rameaux qui se soutiennent sur les buissons voisins. Ses feuilles sont pétiolées, couvertes, sur les deux faces, de poils courts, plus rarement tomenteuses. Elles sont entières, ovales, acuminées, souvent en cœur à la base, les supérieures souvent découpées en trois segments, dont le moyen plus grand que les autres. Les fleurs sont en cymes divariquées, très-élégantes, à corolle découpée en cinq lobes étroits, violets, marqués à la base de deux taches vertes glanduleuses. Les baies sont ovoïdes, rouges à la maturité.
Les feuilles et surtout la tige de cette espèce ont un goût d'abord amer, auquel succède une saveur douce, mais toujours un peu acre. Cette saveur particulière lui avait fait attribuer autrefois des propriétés presque merveilleuses, et lui faisait donner le nom de Circœa, sous lequel elle est désignée par Lobel et d'autres auteurs du seizième siècle. Les gens de la campagne l'emploient très-souvent en cataplasmes sur les plaies, ou bien encore en gargarismes contre les maux de gorge.
Linné fut un des premiers à prescrire la décoction des tiges contre les maladies syphilitiques : il la comparaît à la salsepareille et à la squine. Les tiges sont encore aujourd'hui très-employées comme dépuratives. Elles contiennent une petite quantité de solanine.
On a attribué aux baies des effets toxiques; mais, d'après les expériences de Dunal, elles seraient innocentes.
16° Le Solarium Pseudo-quina Aug. Saint-Hil, nommé aussi Quina de Saint- Paul ou Morelle faux quinquina, est une plante du Brésil. Elle est ligneuse. Les feuilles sont entières, étroites, lancéolées, glabres en dessus, portant au-dessous des poils, à Faisselle des nervures secondaires.
L'écorce de cette espèce est employée au Brésil comme fébrifuge. Elle vient de nos droguiers en morceaux roulés, qui rappellent ceux de la cannelle blanche. L'épiderme extérieur est mince et fendillé; les couches sous-jacentes sont jaunâtres ou blanchâtres, d'une texture granuleuse. La surface interne est grisâtre. La saveur est amère et désagréable. Elle renferme un principe amer spécial, qui en a été séparé par Vauquelin.
17° Le Solanum undatum Lam. est une plante de l'île Maurice, qu'on trouve aussi au Malabar. La tige est herbacée, verte ou rougeâtre; les feuilles pétiolées sont inégales à la base, ovales, à bords sinueux. Les fleurs sont violacées à six lobes triangulaires : la baie est arrondie, jaune, contenant les grains au milieu d'une pulpe verte. Les racines paraissent avoir des propriétés émétiques. Leur poudre mêlée au vin sert, au Malabar, à provoquer le vomissement. On l'emploie, ainsi que les feuilles, dans le trait ment des fièvres muqueuses.
18° On utilise, dans les mêmes régions et au même usage, le Solanum lasiocarpum.
19° Le Solanum crispum P.uiz et Pav. est très-abondant au Chili et au Pérou, où il porte le nom de Natre. C'est un arbrisseau à feuilles entières, cordiformés,
MÛRELLE (botanique). ' 4G3
légèrement crépues sur Jes bords. Les fleurs ont une corolle d'un bleu plombé, à cinq lobes ovales aigus. Le fruit est une baie blanchâtre de la grosseur d'un pois.
On emploie, au Pérou, la décoction ou l'infusion des feuilles contre les fièvres inflammatoires.
20° Le Solanum paniculatum L. croît au Brésil. Sa lige a 5 ou 6 pieds de haut; elle est munie de quelques épines rares et droites. Les feuilles sont larges en cœur, glabres en dessus, tomenteuses en dessous. Les fleurs sont en panicules, d'une belle couleur violette ou d'un blanc teinté de bleu. Les Brésiliens se servent des feuilles et du suc de cette plante pour adoucir et nettoyer les ulcères et les plaies.
21° On emploie au Pérou, comme résolutives et comme efficaces, même contre les tumeurs cancéreuses, les feuilles du Solanum albidum Dunal. C'est un petit arbre à tige droite épaisse et épineuse. Les feuilles sont solitaires ou géminées, soit sinueuses, soit découpées en 7 à 9 lobes. Les fleurs ont une corolle blanche, très-ouverte. La baie globuleuse est jaune rougeâtre ou noire.
22° On emploie les feuilles du Solanum violaceum, pour en faire un extrait utile contre les phlegmasies et particulièrement contre celles des organes de la respiration.
23° Les racines du Solanum sodomoeum L. var. Hermanni sont diurétiques, et, par suite, employées dans le traitement des hydropisies. A Maurice, les créoles emploient le suc acre des fruits contre les dartres qu'ils frottent jusqu'au vif.
24° Les racines du Solanum mammosum L. sont également diurétiques. Quant aux baies, elles sont réputées fortement vénéneuses. Cette espèce, qu'on désigne sous le nom vulgaire de pomme teton ou de poire de Bachelier, a une tige herbacée, aiguillonnée, qui s'élève à 3 ou 4 pieds de hauteur. Les feuilles sont grandes, plus larges que longues, cordiformes, anguleuses et lobées. La corolle est petite, à cinq divisions tomenteuses en dehors, d'un bleu pâle. Il leur succède des fruits de la grosseur et de la forme d'une petite poire renversée, de couleur jaune à l'extérieur, blanche à l'intérieur.
D'autres espèces ont également des fruits vénéneux ou tout au moins suspects. Ce sont :
25° Le Solanum fuscatum Lam., qui est originaire d'Amérique et rappelle V Aubergine. Le fruit est une baie glabre, globuleuse, de la grosseur d'une cerise, jaune à la maturité. Il est très-vénéneux.
26° On regarde au moins comme très-suspectes les baies d'une espèce trèsrépandue dans nos jardins, c'est le Solanum pseudo-capsicum L., qu'on nomme vulgairement pommier d'amour, cerisette, petit cerisier d'hiver, amour des' jardiniers. Il est originaire de l'île Madère. C'est un joli petit arbrisseau, de 4 à 5 pieds de haut, à feuilles lancéolées, entières, un peu ^inuées sur les bords. Les fleurs forment de petites ombelles sessiles. Elles sont blanches, et donnent des fruits qui ont la forme et la grosseur d'une cerise rouge.
D'autres espèces de Solanum sont employées à des usages variés, mais qui n'intéressent que médiocrement la médecine.
27° Aux Canaries, on emploie, pour préparer une teinture et un fard de couleur rouge, les baies du Solanum Verspertilio Aiton. Ces baies sont glabres, de la forme et de la grosseur d'une cerise. Elles ont une couleur rouge et proviennent de fleurs d'un bleu foncé, remarquables par leur irrégularité ; deux des pétales
4G4 ' MORELLE (emploi médical).
sont, en effet, plus grands que les autres, et les élamines, au nombre de 4 ou 5, sont aussi inégales.
28° Au Pérou, on emploie au même usage le Solanum gnaphalioïdes Person., arbuste à tige droite, rameuse, portant des feuilles glabres, lancéolées, étroites, et dont le fruit est une baie rouge sombre, de la grosseur d'une amande.
29° Enfin, le Solanum saponaceum L., arbrisseau à tige droite, épineuse, à feuilles géminées, ovales-oblongues, porte des baies globuleuses, d'une couleur orangée, qu'on emploie, au Pérou, comme une espèce de savon pour laver le linge.
Linné comprenait dans son genre Solanum, la plante connue sous le nom de Tomate ou pomme d'amour (Solanum lycopersicum L.). Les botanistes actuels séparent d'ordinaire des Solanum cette espèce, qui est devenue le type des Lycopersicum, et que nous décrirons, pour cette raison, dans un article spécial (voy. Tomate).
Le nom de morelle, qui s'applique spécialement aux plantes du genre Solanum, a été donné aussi à certaines espèces d'un autre genre et même d'une autre famille. Ainsi on appelle :
Morelle furieuse, la belladone (Atropa belladona L.), de la famille des Solanées.
Morelle marine, la même espèce de Solanées.
Morelle de muraille, la pariétaire (Parietaria officinalis L.), de la famille des Urticées.
Morelle à quatre feuilles, la parisette (Paris quadrifolia L.), de la famille des Asparaginées.
Morelle en grappe, le Phytolacca decandra L., des Phytolacées.
Lobel. Aâversaria, 107. — Closius. Historia Plantarum, II, p. 79. — Jean Bal-hix. Historia Plantarum, III, p. 622. — Tournefort. Instituliones Rei herbariœ, p. 148, planche 62. — Linné. Gênera plant., n° 251. — Donal. Histoire des Solanum, p. 115 et suivant, et in De Candolle. Prodromus, XIII, p. 77 et suiv. — Lamarck. Illustrations des genres, Encyclopédie. In Dictionnaire, Encyclopédie, IV, p. 279 et suiv. — Milnk-Edwards (Alphonse). De la famille des Solanacées. Paris, 1864, p. 18 et suiv. — Gitibourt. Drogues simples, 6e édit., II, p. 497.
Pl.
g IL Emploi médical. I. Pharmacologie. La morelle officinale, morelle noire, Solanum nigrum, a une saveur herbacée et fade, une odeur légèrement fétide ; la variété velue sent un peu le musc. On emploie l'herbe entière et plus rarement les baies. Elle doit, d'après Gazin, se récolter à l'automne, lorsque les fruits sont mûrs ; la plante possède alors toute son énergie, laquelle augmente même après la dessiccation.
Cette énergie, très-variable, très-discutée, comme nous le dirons plus loin, paraît être due à la Solanine, alcaloïde découvert par Desfossés, pharmacien de Besançon, dans les baies de la morelle noire, et trouvée depuis dans plusieurs solanum. La solanine a été obtenue pure et cristallisée, en 1839, par Reuling; elle a été étudiée par Morin, Payen et Chevallier, Heise et Geiger, Otto, Peschier. Les conditions de sa production varient avec l'âge des solanum, leur exposition, la nature du sol. Cet alcaloïde toxique paraît en outre susceptible de se développer spontanément dans d'autres conditions qui ne sont pas toutes connues. Ainsi Otto a retiré la solanine des germes de pommes de terre, et Liebig a démontré qu'elle se formait dans ces tubercules lorsqu'ils germaient à l'abri de la lumière. On pourrait donc expliquer, par l'absence ou par la présence de la solanine en proportions variables dans la morelle noire et dans ses préparations, la diffé-
MORELLE (emploi médical). 465
rence des effets attribués à cette plante qui, son principe toxique ne fût-il qu'éventuel, n'en doit pas moins de ce chef rester un peu suspecte et se classer dans les solances vireuses.
La morelle n'a jamais été beaucoup employée, et ne l'est pas de nos jours, à l'intérieur, comme médicament. On a indiqué pour cet usage la poudre de ses feuilles, l'extrait des feuilles et celui des baies, une teinture alcoolique et une teinture éthérée des feuilles. Doses indéterminées.
Pour l'extérieur, où elle est au contraire assez souvent usitée, on emploie : la décoction, 50 à 60 grammes de l'herbe entière, pour un kilogramme d'eau ; la pulpe des feuilles eu cataplasmes.
Les préparations suivantes sont moins usitées : Pommade de morelle : 4 à 8 grammes d'extrait par 50 d'nxonge. Huile de morelle: Feuilles de morelle, 1 ; huile d'olive 2 ; F. S. A. par coction et expression.
L'emplâtre de morelle et Veau de morelle noire ou hydrolat de morelle, ne sont plus employés.
La morelle entre dans le baume tranquille, l'onguent populeum, l'onguent mondificatif d'ache, etc.
La morelle, quoique cela puisse étonner après ce que nous avons dit de son principe toxique, est une plante alimentaire. Dioscoride la cite sous ce rapport. On fait usage de ses feuilles dans divers pays, après cuisson, en les accommodant à la manière des épinards. Ce mets est connu sous le nom de brèdes aux îles Bourbon et Maurice, à la Jamaïque, à Saint-Domingue, etc., où les créoles en mangent fort abondamment ; on regarde la cuisson dans l'eau comme détruisant tous les principes malfaisants. S'il en est ainsi, on ne devrait pas adopter en pharmacologie un mode de préparation analogue ; et, par exemple, l'infusion de feuilles de morelle devrait être substituée à leur décoction.
Les fruits passent pour être la partie la plus malfaisante de cette plante. On dit cependant qu'on les mange dans l'Ukraine sans inconvénient connu. Quelques auteurs, Desbois de Rocbefort entre autres, disent aussi qu'ils ne produisent aucun effet nuisible. 11 serait bon de ne pas trop s'y fier.
Le suc des baies de morelle fournit un réactif qui décèle en même temps les acides et les alcalis, d'après Boullay {Bulletin de pharmacie, II, 576),
II. Action physiologique. La morelle est légèrement sédative et narcotique ; elle dilate un peu la pupille, d'après les expériences de Dunal ; Hirtz avu cette dilatation au maximum sur deux sujets intoxiqués. C'est, en somme, un médicament qui présente les propriétés, très-adoucies, de la jusquiame et de la belladone ; et encore quelques observateurs les lui dénient, au point d'en faire une substance presque inerte. Dunal a beaucoup contribué à cette opinion, qui nous semble un peu exagérée. D'après lui, aucune des parties de la morelle ne serait nuisible ; il dit avoir fait prendre à divers animaux et avoir pris lui-même un grand nombre de baies sans le moindre inconvénient ; que tels empoisonnements attribués à ces baies devaient être rapportés à celles de la belladone, que tels autres ont dû être causés par des plantes appelées Solanum par les anciens, mais appartenant à d'autres genres de la famille des solanées. Cependant certains faits d'empoisonnement sont authentiques. L'un des plus notables est celui cité par Bourgogne, médecin à Coudé : Un troupeau de bêtes à laine fut décimé en mangeant, dans leur pâture, de la morelle noire pendant un été sec et brûlant ; l'aridité du sol semblait avoir augmenté les qualités vénéneuses de cette plante ; parmi les lésions
DICT. ENC. 2" S. IX. 30
466 MORESCHI.
produites par le poison, la plus remarquable et la plus constante fut une phlogose violente de la vessie (Journal de chimie médicale, III, 541). On peut citer encore une observation d'empoisonnement, suivi de mort, de trois enfants ayant mangé des baies de morelle noire, rapportée par Pihan Dafeilley (Journal de chimie médicale, VI, 145) ; une observation du même empoisonnement, chez deux enfants, grave, mais suivi de guérison, rapportée par Hirtz (Gaz. méd. de Strasbourg, 5 décembre 1842). Orfila, après avoir relaté ces observations, et fait luimême quelques expériences sur les chiens, conclut que le solarium nigrum est doué de propriétés vénéneuses, à la vérité peu énergiques, qu'il doit à la solanine ; qu'il détruit la sensibilité et la motilité (Traité de toxicologie, 5e édition). Baocone, Wepfer, Alibert ont également constaté les propriétés toxiques des fruits de la morelle (Flore médicale) .
La solanine est un poison violent ; d'après Otto, un grain (c centigrammes) tue un jeune lapin en trois heures ; elle ne dilate pas la pupille, ce qui serait en contradiction avec les observations de Dunal et de Hirtz sur l'action de la morelle ; son effet le plus saillant serait la paralysie des membres postérieurs.
La différence dans les effets de la morelle sur l'économie vient sans doute, dit Cazin, de ce que les expérimentateurs ont employé la poudre ou l'extrait préparé avec la plante encore jeune, en fleur, ou avec des fruits non mûrs. La solanine, son principe actif, n'apparaît qu'après sa complète fructification.
III. Action thérapeutique. On a employé autrefois la morelle à l'intérieur, comme calmant, contre diverses affections nerveuses. Aujourd'hui elle est exclusivement réservée pour l'extérieur, et comme elle doit aussi au mucilage contenu dans ses feuiiies quelques propriétés émollientes, on la destine généralement à combattre l'irritation, l'inflammation, et surtout la douleur. Sa décoction sert à faire des fomentations, des lotions, sur les parties atteintes d'érysipèle, d'excoriations, de fissures, de dartres vives, de brûlures, etc. Elle sert particulièrement en injections vaginales pour combattre les lésions douloureuses du vagin et de l'utérus ; dans les bains de fauteuil pour calmer les coliques néphrétiques, intestinales, les tranchées utérines, la strangurie ou la dysurie, le ténesme dysentérique, les douleurs causées par les hémorrhoïdes. On prépare des cataplasmes narcotiques avec cette décoction et la farine de lin ou avec des feuilles cuites de morelle, et on les applique sur les névralgies et sur les rhumatismes. Il ne faut pas toutefois s'attendre à trouver dans la morelle un calmant aussi puissant que dans les solanées plus franchement vireuses ; mais, en revanche, elle n'en a pas les inconvénients lorsque l'on redoute l'absorption de principes trop actifs.
L'empoisonnement par la morelle a de l'analogie avec celui causé par la belladone ; le même traitement lui est applica! le. Delioux de Savignac.
Bibliographie. — Gatakeu. Observ. on the Internai Use of tke Solanum. London, 1757. — Brojisfield. Observ. sur les vertus des différentes espèces de solanum qui croissent en Angleterre, trad. en français par Bromsfield fils.— Duxal (M.-F.). Histoire naturelle médicale et économique des solanum. Montpellier, 18I5-18K>. — Desfossés. Examen chimique du principe narcotique de la morelle. In Revue médicale, t. IV, p. 4G5. — Delioux de Sayignac Considérations générales sur la famille des solanées. In Revue de thérap. méd. chir., 15 février 1853. — Cazix. Traité des plantes mhlic. indigènes, 5e édit. Paris, 1808.
D. de S.
IHORESCUI (Alessandro) . Anatomiste et physiologiste italien d'un <*rand mérite qui vivait au commencement de ce siècle. Il avait d'abord été professeur d'anatomie comparée à l'Université de Pavie (1803) ; puis, en 1807, il fut appelé comme professeur à l'Université de Bologne, où il sut maintenir la réputation
MORGAGM. 4G7
qu'il s'était faite et qui lui avait valu sou admission dans différentes sociétés savantes, le grade de chevalier de la couronne de fer, etc. Outre ses recherches sur la rate, un des premiers travaux qui attirèrent sur Moreschi l'attention du monde savant, c'est une réfutation de la partie cranioscopique du système de Gall; il s'attacha à démontrer là que les saillies du crâue se forment par le fait du travail de l'ossification, et que la structure du cerveau ne permet pas d'admettre que cet organe exerce de l'influence sur la configuration de son enveloppe osseuse. Voici, du reste, la liste de ses principales publications.
I. Avviso al publico sulV antidoto osia preservativo al vajuolo. Venezia, 1801, in-8". — II. Del vero e primario uso délia milza ncl uomo e in tutti gli animali vertebrati. Milano, 1803, in-8°. — III. Discorso sul sistema cranioscopico. Bologna, 1807, in-4°. — IV. Commentaria de uretkrœ corporis glandulis structura; accedunt, etc. Mediol., 1817, in-fol. — V. Cenni preliminari intorno alla scoperta dclla struttura vascolare del corpo delV uretra e délia Ghianda, etc., in Ann. univ., t. II, 18Î7. E. Bgd.
moîîet. On donne ce nom à l'Airelle myrtille (Vaccinium Myrtillus L.).
Pl.
MOUETTE. Nom de la morelle noire (Solarium nigrumh.) (voy. Morelle).
Pl.
MORGAGNI (Jean-Baptiste). Le prince des anatomo-pathologistes; né à Forli, le 25 février 1682, mort le 5 ou le 6 décembre 1771, ayant atteint par conséquent 90 ans. A peine âgé de 7 ans, il perdit son père, et son éducation dut être soignée par sa mère, qui le fit avec tant de succès que son fils devint à 14 ans membre d'une académie de sa ville natale. En 1698, il se rendit à Bologne pour y étudier la médecine, et y fut reçu docteur en 1701. Il succéda à Valsalva comme démonstrateur d'anatomie, et la manière dont il s'acquitta de ■ces fonctions lui valut la réputation d'un des premiers anatomistes de son temps. 11 visita ensuite Pudoue et Venise, et alla s'établir à Forli. En 1712, il remplaça Antoine Vallisnieri dans sa chaire de médecine théjrique à Padoue, passa plus tard à celle d'anatomie, et fut pendant plus de soixante années l'ornement de cette université. On a frappé en son honneur plusieurs médailles, une entre autres d'un grand module, gravée par Mercandetti, et représentant au revers une Pallas présentant à Esculape un scalpel, avec lequel le dieu de la médecine ouvre un cadavre et met à nu le cœur et les gros vaisseaux.
La ville de Forli, pour laisser à la postérité des marques de son estime particulière pour ce grand homme, fit, de son vivant, placer son buste dans le palais principal, avec cette inscription :
JO.-BAPT. MOKGAGNO, NOB. FOROL.