NOMBRE DE MALADES
Hiver 1854-55.
Hiver 1855 56.
On voit, en ce tableau, combien les Anglais ont relativement souffert durant le premier hiver, la proportion des malades dépassant fréquemment le tiers de l'effectif; pendant le second hiver, au contraire, alors que la morbidité de l'armée française allait croissant, celle de nos alliés diminuait dans une proportion remarquable. C'est que les Anglais avaient été instruits par leurs souffrances.
« Le Gouvernement anglais, éclairé par les rapports du médecin directeur du service de santé, reconnut combien il importait de bien traiter, pour les conserver, des hommes représentant un capital considérable, augmenté du prix du transport à une aussi grande distance; il prit immédiatement une décision suprême, et montra ce que peut une grande nation pour la conservation et le bien-être de son armée » (Chenu) .
Aussi pendant le second hiver, les Anglais n'ont plus que les maladies saisonnières, alors que les Français ont le typhus et le scorbut. L'infection a été crois-
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santé dans nos ambulances, par suite de leur immobilisation entraînant l'accumulation sur place d'une masse d'éléments de putréfaction animale, provenant de près de 200 mille malades (198,2*25), blessés et fiévreux, reçus dans ces mêmes locaux, du mois d'octobre 1854 au 30 avril 1856.
On peut, d'après cette expérience frappante, reconnaître la puissance de l'homme contre les fléaux de la guerre. Ces relations, en effet, nous présentent un fait unique dans son espèce : une armée, d'abord menacée d'être détruite par les maladies, passant presque sans transition à l'état sanitaire le plus florissant, «t cela toujours dans les mêmes circonstances de guerre, de climat, de saison.
Léon Colin.
MORC RELLEI. Voy. Morille.
MORDECHI. Voy. Choléra (synonymie).
MORE AU (Les). Plusieurs médecins français de ce nom se sont distingués par leur pratique, leur enseignement, et leurs écrits. Nous allons les noter dans l'ordre chronologique.
Moreau (René) était docteur de la Faculté de Paris, où il reçut le bonnet, le 27 novembre 1618, et où il fut doyen dans les années 1650-1631. Natif de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), il mourut le 17 octobre 1656, et fut inhumé dans l'église de Saint-Jean-en-Grève. C'était un praticien célèbre, répandu dans Paris, recherché des grands, appelé dans les consultations les plus importantes. 11 fut de plus, un professur fort accrédité, un écrivain infatigable et savant, et on a de lui plusieurs ouvrages qui ont joui dans le temps d'une grande réputation. Nous «itérons entre autres : De missione sanguinis in pleuritide, avec la vie de Biïssot, Paris, 1622 ; in-8°. Schola salernitana, hoc est de valetudine tuendâ, 1625; in-8°, édition augmentée de vers qui n'avaient pas été imprimés dans les éditions précédentes, et enrichie des commentaires d'Arnaud de Villeneuve, de Curion, de Jacques de Creil et d'autres. Les prolégomènes contiennent des renseignements sur l'histoire de l'École de Salerne, sur les vers léoniens, sur quelques médecins anciens qui ont écrit en vers. Vies des hommes illustres de la Faculté de Paris; ouvrage resté manuscrit, et dont la bibliothèque de notre Ecole possède une copie bien informe et en piteux état.
moreau (Jean-Baptiste), fils du précédent, et de Marie Dépens, né à Paris, le 17 octobre 1626, docteur de la Faculté de Paris (19 août 1648), doyen (1672- 1675), professeur au Collège royal, mort à Fontainebleau le 25 septembre 1693. Sa réputation égala presque celle de son père. On assure que la Pratique des accouchements que Paul Portai fit imprimer en 1685, est due en partie à sa plume.
moreau (Jean-Baptiste-Reaé), fils du précédent et de Anne Mathieu, né le 12 juin 1654, docteur de la Faculté de Paris (9 septembre 1676), mort le 20 mai 1706, et enterré à Saint-Nicolas-des-Champs.
Il a écrit une dissertation sur l'influence du tabac sur la pousse des cheveux : An ex tabaco calvities ? 11 y assure, avec force arguments, que le tabac rend chauve. Avis aux priseurs et aux fumeurs d'aujourd'hui.
moreau (Jacques), né à Chalon-sur-Saône, le 15 mai 1647, mort le 11 juin 1709. On a de lui :
I. Traité chimique de la véritable connaissance des fièvres continues, pourprées et pesti-
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lenlielles. Dijon, 1683, in-12. — II. Consultation sur le rhumatisme, avec une réfutation d'une réponse qu'on lui a faite. Chalon, 1(J88, in-12. — III. Lettre qui contient un véritable éclaircissement sur la cause des fièvres continues, arrivées en grand nombre depuis juillet 1709 jusqu'en novembre 1709. Nancy, 1709, in-12. — IV. Dissertation physique sur l hydropisie. Chalon, 171 -1, in-12. . A. C.
Moreau (François-Joseph), né le 5 mars 1789, à Auxonne, dans le département de la Côte-d'Or, mort à Paris le 15 janvier 1862, après avoir été successivement : docteur de la Faculté de Paris (26 décembre 1814), professeur d'obstétrique par décision ministérielle du 14 juillet 1850, médecin de la Maternité (1850- 1856), accoucheur de toutes les princesses de la famille d'Orléans. Son fils, M. Alexis-Joseph Moreau, exerce aujourd'hui avec distinction la pratique des accouchements; né le 6 octobre 1815, il a été chef de clinique obstétricale en l'année 1847.
F.-J. Moreau n'était pas brillant dans son enseignement, mais il y apportait une solide instruction. C'était le professeur essentiellement propre aux démonstrations pratiques; gendre d'Évrat, accoucheur célèbre, il acquit, étant encore fort jeune, une clientèle immense, depuis les princesses jusqu'aux plus petites bourgeoises. C'était, aussi, un bien digne et très-honorable confrère, aimé et respecté de tous, plein de bienveillance et d'aménité dans ses relations. A sa figure épanouie on devinait l'homme heureux, sans morgue, ni vanité. 11 a laissé :
I. Essai sur la disposition de la membrane caduque. Paris, 1814, in-4". — II. Manuel des sages-femmes, 1838, in-12. — III. Traité pratique des accouchements. Paris, 1838- 1842, *in-8°, 2 vol. atl. in-fol. A. C.
MORÉE (Morœa). Genre de plantes monocotylédones, appartenant à la famille des Iridées. Les espèces qui la composent sont des plantes herbacées, à périanthe très -profondément divisé en six pétales, ovales, un peu connés à la base, dont trois internes, plus petits que les autres ; à trois étamhies, dont les filaments courts portent des anthères oblongues ; un ovaire infère, surmonté d'un style dioit terminé par trois stigmates de formes diverses. Le fruit est une capsule oblongue ou ovale, trigone, à trois loges contenant chacune un grand nombre de semences arrondies.
L'espèce le plus intéressante est le Morœa chinensis Lam. (Ixia chinensis L.). Cette belle plante est souvent cultivée dans nos jardins. Elle vient de la Chine et du Japon. Sa souche est- grosse, charnue, blanche; sa tige, creuse, porte des feuilles longues et larges, à nervures parallèles, terminées par une pointe mousse. Les fleurs sont d'un jaune pourpre, marqué de taches rouges.
On l'emploie en décoction, dans les Indes orientales, pour laver les plaies venimeuses; on applique les souches contuses sur les morsures de serpent; enfin on met les feuilles dans les boissons des bestiaux, piqués par les animaux venimeux.
Riieede. Malabar. XI, p. 73, tab. 57. — Lamarck. Illustrât, des genres. Encyclopédie, n° 489. — Dictionnaire Enyclopédie, IV, 274. — Mékat et De Less. Dictionnaire de matière médicale, IV, p. 4b8. Pl.
morfixk. Voy. Marine.
MOREJO\' (Antomo-Hernandez). Né à Alagos (Vieille-Castille), le 7 juillet 1775. Ses parents étant mort alors qu'il était encore enfant, il fut adopté et élevépar son oncle paternel, qui était ecclésiastique et ses humanités terminées, il entra comme étudiant en médecine à l'Université de Valence, en 1795. Au bout de quelques années, lauréat de la Faculté, il enseigna l'anatomie avec le plus-