‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 88 sur 114 · MASCULIN · texte numérisé non relu

MASCULIN

TOTAL

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On voit par ces chiffres que, sauf un Lien petit nombre de cas, le poids du cœur a toujours dépassé la moyenne physiologique. Ce n'est pas l'âge qui déterminait cet accroissement; les quatre poids maximum appartiennent à des sujets -de 55, 55, 50 et 52 ans. Les cinq personnes au-dessus de 70 ans présentaient les poids de 280, 550, 400, 400 et 490 grammes; le poids du cœur de l'homme de 78 ans était de 550 grammes. Le poids variait suivant le genre de mort. C'est dans la mort parle cœur que cet organe a offert le plus notable accroiss ment de substance ; viennent ensuite les morts par le cerveau et par les poumons ; l'hypertrophie du cœur avait toujours une influence manifeste ; elle a, sans aucun doute, facilité la syncope finale. Dans la m >rt par syncope primitive, îe poids du cœur était considérable, 475, 500, 545, 650 grammes chez quatre hommes, 585, 415, 650 chez des femmes; deux femmes dont le cœur ne pesait que 260 et 280 grammes présentaient, l'une un athérome considérable de la crosse de l'aorte, l'autre une ossifi alion de la valvule mitrale.

Les maladies spéciales qui déterminent la mort par le cœur sont les suivantes: 1° La syncope primitive entraîne l'arrêt immédiat des fonctions du cerveau et du phénomène de la respiration ; si le cœur est sain, elle est rarement mortelle, mais si une altération quelconque rend moins facile le jeu de cet organe, la mort arrive promptement. L'absence de congestion des poumons et du cerveau, une distribution à peu près égale du sang dans tous les organes, la présence de ce liquide dans le système artériel, les cavités droites et gauches du cœur remplies de sang, en proportion à peu près égale, tels sont les caractères principaux de ce genre de mort. Le sang artériel reste quelquefois plus rouge que le sang veineux; nous ■avons pu reconnaître celte différence de coloration. L'analyse chimique pratiquée à lemps constate, dans le sang des cavités gauches du cœur, plus d'oxygène et moins d'acide carbonique que dans les cavités droites ; l'équilibre entre les deux sangs n'a pas été rétabli par une circulation prolongée à travers un poumon qui lie fonctionne plus; dans cette mort instantanée, ils conservent leurs qualités •différentes. La liquidité du sang, caractère de la mort subite, semble, comme 1 a remarqué M. Devergie, moins prononcée à la suite de la syncope ; dans trois cas -de ce genre, il a trouvé dans le ventricule droit un caillot fibrinenx décoloré. Dans six cas de syncope où la mort avait été brusque, nous avons rencontré des caillots dans le cœur, diffluents, rougeàtres ou à peine décolorés ; dans trois cas où la mort moins soudaine avait été précédée d'un trouble cardiaque, la coagula-

tion était plus prononcée. Une syncope rapide aussi, mais accompagnée de congestion pulmonaire, avait laissé le sang liquide. L'absence de toute autre cause de mort doit compléter le diagnostic. Des indices de syncope sont fournis par les altérations cardiaques qui déterminent ordinairement cet effet. 2° La dilatation des cavités du cœur avait déjà été signalée par Morgagni comme prédisposant à la syncope ; l'hypertrophie, avec dilatation du ventricule gauche, est fréquemment rencontrée ; le cor bovinum est indiqué dans plusieurs observations. o° Les altérations des valvules, si souvent compatibles avec la prolongation de la vie, placent sous l'imminence de la mort subite lorsqu'elles déterminent une insuffisance. Le sang qui rentre et qui n'est plus chassé par les valvules aortiques, a dit Morgagni, occupant une partie de la place qui revient au sang des poumons, détermine de plus grands efforts auxquels l'organe peut ne pas suffire. M. Mauriac, réunissant plusieurs faits de ce genre, a insisté sur cette conséquence fréquente de l'insuffisance des valvules sigmoïdes de l'aorte. Des effets semblables sont produits par l'insuffisance de la valvule mitrale. On constate en même temps les altérations secondaires que détermine cette lésion, l'hypertrophie du ventricule gauche avec dilatation de sa cavité, un trouble dans la circulation cardiaque altérant la nutrition du tissu. Un fragment de valvule déchirée peut constituer une embolie mortelle. 4° La dilatation anévrismale de l'aorte, déjà signalée par Sénac, et un athérome étendu de ce vaisseau, sont des causes fréquentes de syncope. 5° La rupture du cœur n'entraîne pas toujours une mort immédiate : des laits de ce genre ont été cités par Morgagni, Portai, Corvisart, etc. Ces ruptures spontanées sont très-rares ; on les a rencontrées dans l'épilepsie. 6° La rupture de l'aorte, beaucoup plus commune, détermine subitement la mort. Elle peut se faire au fond d'un anévrysme en doigt de gant existant à l'origine de l'artère ou sur un point quelconque d'une large tumeur formée par l'artère dilatée ; l'athérome est la cause habituelle de ces anévrysmes. La rupture se fait sur un point aminci, ordinairement à la suite d'un elfort, et le sang se précipite, suivant le siège de l'anévrysme, dans la péricarde, dans les plèvres, dans les bronches ou à l'extérieur : nous avons observé quatre cas de ce genre, dont deux avec anévrysme en doigt de gant ; trois fois le sang s'était épanché dans le péricarde (200, 500 et 645 grammes de ce liquide); une fois dans la plèvre gauche (1,600 grammes). Dans ces quatre cas, l'athérome était très-prononcé, mais le poids du cœur, si ce n'est chez un homme, était peu considérable, 240, 260, 350 et 460 grammes; la mort avait été soudaine. Les ruptures de l'artère pulmonaire sont plus rares. On a encore observé les déchirures de la veine azygos et des veines pulmonaires. 8° La dégénérescence graisseuse du cœur joue un rôle notable dans la production de la syncope ; c'est à cette cause que l'on a attribué quelques cas de mort soudaine dans l'anesthésie produite par le chloroforme ou l'éther. Le cœur devient graisseux par suite d'une diathèse, de l'inflammation de la séreuse, du trouble de la circulation cardiaque; on a aussi signalé l'altération du tissu connectif de l'organe. Le cœur, affaibli par la dégénérescence de son élément actif, cesse tout à coup de réagir contre un obstacle, et si une cause quelconque détermine une syncope, elle est mortelle parce que les fibres altérées ne se raniment plus. L'histologie du cœur fournit un des caractères du genre de mort et l'examen microscopique des fibres ne doit jamais être négligé. Des causes pathologiques, telles que le rhumatisme articulaire et la goutte, peuvent tout à coup paralyser l'organe, mais il est probable que, dans les cas de ce genre, on trouvera les lésions matérielles que déterminent ces maladies. On a cité des cas de mort subite par rhumatisme muscu-

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laire du cœur ou par crampes de cet organe ; c'est alors une syncope qui termine la vie.

La liquidité du sang est un des caractères de la mort subite. Cette liquidité est surtout prononcée dans la congestion pulmonaire ; dans ce genre de mort, nous avons trouvé le sang onze fois absolument liquide, six fois avec quelques caillots diffiuents, quatre fois en partie coagulé. Si dans la syncope la coagulation existe, les caillots sont rougeâtres, peu décolorés, ne se prolongeant pas en longs polypes dans les gros vaisseaux. Dans la mort par le cerveau, nous avons rencontré en proportion à peu près égale la liquidité complète et des caillots. Ils étaient plus prononcés, plus fibrineux, lorsque la mort avait été moins prompte; c'est clans les agonies qui se prolongent, dans celles qui succèdent aux affections cérébrales, que ces caillots fibrineux, jaunâtres et solides, remplissent le cœur, s'étendent aux veines caves et à l'artère pulmonaire, existent même dans l'aorte. Nous avons vu les caillots à leur maximum dans les agonies pénibles de la méningite cérébro-spinale épidémique.

Les altérations du sang qui peuvent déterminer la mort subite sont : 1° une modification dans ses propriétés chimiques qui rend les hémorrhagies plus faciles, une diaihèse hémorrhagique ; le sang suinte à la surface des muqueuses et s'épanche dans le tissu cellulaire ; à l'hémoptysie se joignent l'épistaxis, l'ecchymose des conjonctives, les pétéchies cutanées ; nous avons vu un jeune homme de vingt ans succomber tout à coup avec ces effrayants symptômes ; le tube digestif peut aussi être le siège de l'hémorrhagie. 2° Le développement spontané de gaz dans le système circulatoire a été considéré comme une cause de mort subite; l'introduction accidentelle de l'air dans les veines pendant une opération chirurgicale donne le type de ce genre de mort. Les expériences sur les animaux montrent avec quelle rapidité l'air injecté dans les vaisseaux arrête la circulation et détermine une syncope brusquement mortelle. L'air s'accumule dans les cavités droites du cœur, et notamment dans l'oreillette ; le sang est spumeux, les colonnes sanguines dans les petits vaisseaux sont interrompues par des bulles d'air. Ces caractères anatomiques qui expliquent le mécanisme de la mort, sont les mêmes dans l'introduction accidentelle et dans le dégagement spontané. Morgagni a rapporté un cas de mort subite qu'il attribue à l'interruption du mouvement du sang par le fluide aériforme que renfermait ce liquide ; il relate trois faits analogues cités par Pechlin, Groetz et Ruysch. Bichat, ouvrant le corps d'un individu qui périt tout à coup dans une affection convulsive des muscles pectoraux, trouva dans les artères et dans les veines, spécialement dans celles du cou et de la tète, un sang spumeux mêlé de beaucoup de bulles d'air. M. OUivier d'Angers, dans un mémoire sur cette question, relate deux observations de mort subite qu'il explique par un développement spontané de gaz ; aucune autre cause de mort n'avait été découverte et le corps, bien que l'autopsie n'eût, pas été très-hâtive, ne présentait pas de signes de putréfaction. M. Durand-Far Jel a constaté un cas analogue ; la mort fat subite au sortir d'un bain ; une saignée pratiquée au moment même, fournit un sang spumeux; à l'autopsie, douze heures après, le cœur contenait des gaz. Dans la mort par hémorrhagie, on a aussi constaté la présence de l'air dans les vaisseaux ; les expériences montrent qu'à la suite des pertes de sang les animaux affaiblis périssent plus rapidement par l'introduction artificielle de l'air. Du sang chargé d'air avec une pression de plusieurs atmosphères et injecté dans la veine crurale d'un chien détermine brusquement la niort (Feltz). Aux observations de développements spontanés des gaz, deux objections peuvent être

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faites. La première, c'est qu'il n'est pas certain que les gaz n'aient pas été le produit de la putréfaction, qui est si rapide dans le sang. Pour rendre l'observation concluante, il aurait fallu l'analyse chimique, et elle n'a été faite dans aucun de ces cas. Admettant même que l'analyse démontrât l'existence de l'air et de l'acide carbonique, resterait encore cette seconde objection, que la présence de ces gaz peut être un phénomène cadavérique, le résultat de leur dégagement spontané après la mort, au moment où le sang se coagule ; c'était déjà l'opinion de Littré, en 1707. Il n'est pas rare en effet de trouver après la mort les colonnes sanguines des petits vaisseaux interrompues par des bulles d'air ; on a attribué, il est vrai, ce fait aux procédés d'autopsie, mais dans les vaisseaux de la rétine, la présence de ces bulles a été observée peu de temps après la mort et avant toute ouverture. M. Bonchut a même donné ce fait comme un des signes du décès. Ce genre de mort peut donc inspirer des doutes, et le médecin ne sera autorisé à l'affirmer que si les symptômes concordent, à la suite d'une analyse chimique, et en l'absence de touteautre lé-ion. 5° La thrombose et V embolie. Cette cause de mort subite, soupçonnée autrefois, a été élucidée de nos jours. La thrombose, coagulation du sang pendant la vie, fournit un caillot migrateur qui oblitère tout à coup un vaisseau et arrête la circulation dans un organe important. L'embolie peut provenir du sang même, de débris des parois vasculaires, de corps extérieurs qui pénètrent dans les vaisseaux ; elle est artérielle ou veineuse. La plus importante pour la mort subite est celle qui se forme dans l'artère pulmonaire. Déjà van Swieten avait dit : « Lorsque des masses polypeuses, coagulées dans la cavité du cœur droit, sont poussées dans l'artère pulmonaire, c'en est fait de la vie. » Ces concrétions peuvent se former sur place, par suite d'une lésion des valvules et de la membrane interne du coeur, mais le plus souvent, les thrombus, ou le corps étranger, partent d'un point quelconque du système nerveux, arrivent au cœur, pénètrent dans l'artère pulmonaire et oblitèrent plus ou moins ce vaisseau, déterminant une dyspnée considérable et parfois une mort soudaine. Ces faits, établis par Virchow, ont été confirmés par les recherches de MM. Schutzenberger, L^sègue, Charcot,Ball, Lancereaux,Vulpian, Feltz, Azam,Jacquemet, Berton,etc. La coagulation a été quelquefois attribuée à un changement dans la composition chimique du sang, à la prédominance de la fibrine sur les globules ; on a expliqué ainsi la mort subite dans la chlorose. L'embolie artérielle du cerveau produit des phénomènes d'apoplexie, généralement trop limités pour éteindre brusquement la vie. L'embolie capillaire, suivant les recherches de M. Feltz, joue aussi un rôle dans la mort subite ; nous avons vu une congestion pulmonaire produite par cette cause. Le diagnostic dans les cas de ce genre se base sur deux ordres de preuves : 1° La présence du caillot, du corps étranger, dans le vaisseau qu'il oblitère ; pour le caillot, il faudra établir qu'il s'est formé pendant la vie ; sa forme peut indiquer son origine; son organisation, ses adhérences démontrent son ancienneté ; 2° la cause et le point de départ de l'embolie : on retrouve la veine où s'est produit le caillot, la phlébite locale, la tumeur qui comprimait les veines iliaque ou crurale, ou telle autre partie du système veineux. L'état puerpéral, la phlegmasie albadolens présentent assez fréquemment des accidents de ce genre. Les recherches de M. Chabenat ont appelé l'attention sur la mort subite par embolie pulmonaire, dans les varices enflammées. Plusieurs observations de ce genre ont été recueillies et conduisent aux conclusions suivantes : La phlébite variqueuse oblitérante prédispose aux embolies de l'artère pulmonaire et par suite à la mort subite. Souvent le caillot se brise quand le malade est en voie de

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guérison, et par suite d'un effort ; les caillots peuvent avoir un volume assez considérable pour oblitérer complètement le troue de l'artère pulmonaire ou ses grosses branches ; la mort est plutôt le résultat d'une asphyxie que d'une syncope. Il en est de même des embolies graisseuses, provenant des fractures ; elles font périr par congestion pulmonaire.

La mort subite, ou très-prompte, peut encore provenir de la lésion d'autres organes ; de la rupture de l'estomac et de perforations intestinales ; Morgagni, M. Louis en rapportent des exemples ; nous avons observé un cas de ce genre ; à la suite d'une perforation de l'intestin grêle, provenant d'anciens ulcères, la mort fut tellement rapide qu'elle devança tout signe de péritonite. L'hématémèse produit souvent une brusque syncope qui termine la vie. La mort subite pendant les opérations chirurgicales, par syncope, par hémorrhagie, par introduction de l'air dans les veines, par pénétration de corps étranger dans les voies respiratoires, ou à la suile de l'anesthésie, indépendamment de son intérêt pratique, se rattache à la responsabilité médicale.

Le traitement des accidents de ce genre est avant tout préservatif ; les indications sont celles qui se rattachent à la mort apparente, ou qui dépendent de chaque cas en particulier ; la thérapeutique est le plus souvent tardive ou impuissante ; la science n'arrive guère que pour constater le fait accompli.

G. Tourdes.

Bibliographie. — La bibliographie de la mort apparente est très-étendue; elle comprend des ouvrages scientifiques, des recueils d'observations, des brochures éphémères avec des récits étranges, des vues philanthropiques, des projels de règlements, des recherches de détails, sur un sujet qui a toujours eu le privilège de surexciter l'atlention. Faisant un choix parmi ces publications sans nombre, nous les classerons dans Tordre adopté pour cet article: \° La législation ; 2° La mort apparente; 5° L'agonie ; 4° Les signes de la mort ; 4° La mort subite.

I. Législation, vérification des décès, modes d'inhumation. — Bruhier d'Ablancourt. Mém. sur la nécessité d'un règlement général au sujet des enterrements et des embaumements. Paris, 1745; projet de règlement. Paris, 1746. — Gardanne. Instruction publiée par ordre du gouvernement. Paris, 1781. — Franck (J.-P.). Systema ciner vollstàndigen medizinisclten Polizcn, 2te Abth., 5te Absch. Mannheim, 1788, t. IV, p. 462. — Tâcheron. De la vérification légale des décès dans la ville de Paris et de la nécessité d' 'apporter dans ce service médical plus de surveillance et d'extension. Paris, 1830. — Travaux du conseil de salubrité de Paris; vérification des décès ; organisation du service. In Annales d'/iyg. et deméd. lég , t. XXX, p. 118; t. XXXII, p. 437 ; t. XXXVIII, p. 144. — Devergie. Rapport au nom du Conseil de salubrité. In Annales, 2e série, t. XXVII, p. 293; Paris, 1867. — Du même. Des mesures sanitaires à prendre pour le transport des corps. Ibid., 2e série, t. XXXII, p. 78; juillet 1869. — Tardieu. Articles Cimetières, décès, inhumations, maisons mortuaires. In Dict. d'hygiène publique. Paris, 1862. — Schauenstein. Die Todten-Beschau in Paris. In Zeitschrift der k. k. Gesellschaft der Aerzte in Wien, 1859. — Oettinger. Die Leichenbeschau in Bayern und Vorschlàge zitr Verbesserung derselben. In Aerzll. Blatt f. Bay., n°24, 1855. — Eulenbeug. Das Medicinalwesen in Preussen. Berlin, 1874. — Vlemink. Rapport sur une question soulevée par l'administration communale d' A. au sujet de l'inhumation des cholériques ; inhumation après quatre heures. In Bullet. de l'Acad. royale de méd. de Belgique, 1867. — Discussions au Sénat sur la ?7iorl apparente, et sur la législation relative aux inhumations, séances des 2 mai 1^ 03, 6 mars 1805, 27 et 29 février 1806, 29 janvier 1809. In Moniteur universel. — Faverot. Funérailles et sépultures, histoire des inhumations chez les peuples anciens et modernes. Paris, 1867. — Londe. De la crémation. In Revue de therapeut. méd. et chir., 1856. — Triises. Die Lcichcnverbrennung als die geeigneste Art der Todtcnbcst., oder Darslellung der verschied. Arien und Gebrauche der Todtenbestcllung aus altérer und ncuercr Zcit. Breslau, 1856. — Piétra-Santa. De la crémation en France et à l'étranger. In Annales d'hygiène et de médecine légale, 2e série, t. XLII, p. 197. Paris, 1874. (La bibliographie des maisons mortuaires est renvoyée à l'article Obiloires).

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Les ouvrages de Brunier ont vivement frappé l'attention et ont été le point de départ de nombreuses et d'importantes recherches. — Louis (Antoine). Lettre sur la certitude des signes de la mort, où Von rassure les citoyens de la crainte d'être enterrés vivants, avec des observations et des expériences sur les noyés. Paris, 1752 et 1792 ; ouvrage remarquable par la précision des recherches et la sûreté des vues, et qui a conservé toute sa valeur. — Plaz. Programmala de causa signorum exploratione. Leips., 1765. — Maret. Mémoire sur les moyens à employer pour rappeler à la vie les personnes en état de mort apparente. Dijon, 1776. — Du même. Mém. sur l'usage ou l'on est d'enterrer les morts dans les églises ou dans les enceintes des villes. Dijon, 1772. — Vicq d'Azïr. Essai sur les lieux et les dangers des sépultures, traduit de l'italien de Scipion Pjattoli. Modène, 1774, avec additions et discours préliminaire, 1 vol. in-12. Paris, 1778. — Hecquet. Recueil de pièces concernant les exhumations du cimetière Saint- Eloy, de Dunkerejue. — Thourkt. Rapport sur les exhumations du cimetière des Saints-Innocents. la Mémoires de la Société de médecine, 1789, et Paris, 1789, in-12. — Navier. Dissertation sur les dangers des inhumations précipitées et sur les abus des inhumations dans les églises. Paris, 1775. — Pia. Détail des succès de l'établissement que la ville de Paris a fait en faveur des noyés. Paris, 1775, 1774 et 1775. — Harsiant (de Nancy). Mémoire sur les funestes effets du charbon allumé, avec le détail des cures, ^ancy , 1775 ; réimprimé par Pia dans la 4me partie de son ouvrage. IIarmant propose le traitement par la projection d'eau froide. — Pineau. Mémoire sur le danger des inhumations précipitées, et sur la nécessité d'un règlement qui mette les citoyens à Vabri du malheur d'être enterrés vivants. Paris, 1776. — Janin (J.). Réflexions sur le triste sort des personnes qui sous une apparence de mort, ont été enterrées vivantes, ou Précis d'un mémoire sur les causes de la mort subite on violente- Paris, 1772, in-8°. — Thierry. Im vie de l'homme respectée et défendue dans ses derniers moments. Paris, 17h5 ; c'est dans ce mémoire que se trouve la proposition d'établir deslieux. de dépôt pour les morts. — Durande. Mémoire sur l'abus de l'ensevelissement des morts, précédé de réflexions, par Thomassin. Strasbourg, 1789, et Journal de médecine, t. LXVII, p. 597. — Dessessartz. Discours sur les inhumations précipitées. Paris, an VI. — Me.nghin. Dissertatio de incertitudine signorum vitœ ac mortis. Vindubona?, 1768. — Esche.nbach. De apparenter mortuis. Rostock, 1768. — Van Swietex. De morte dubia. Vienne, 1778. — Gruner. Dissert, de signis mortis dubiis caute adnnttendis et reprobrandis. lente, 1788. — Hertz (Marcus). Ueber die friihe Bcerdigung der Juden. Berlin, 1788. — Frank (J.-P.). 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710 MORT (bibliographie).

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M©RT-rcÉ. (Voy. au rang alphabétique de Mort-né considéré comme un seul mot, t. X.)

mort \TBOLEi\TE. Statistique. Par les efforts combinés de l'hygiène et de la science, notre temps a vu reculer quelque peu la fatalité de la mort hâtive; mais, à cette victoire, j'ai à signaler une exception peu connue et bien digne d'émouvoir l'attention publique. C'est que tandis que l'hygiène et la science luttent avec succès contre les maladies causes de mort, et, par longue étude et longs soins, triomphent ainsi de la mort sur son propre terrain, la marâtre semble se rattraper en nous battant sur le nôtre et en employant nos propres mains pour lui offrir sa nature. . . en un mot, nos décès par maladies diminuent, mais nos morts violentes augmentent ! et augmentent si rapidement qu'elles ont plus que doublé en quarante ans! C'est pourquoi je me propose d'étudier les voies et moyens de de celte envahissante mortalité, et de tirer de cette étude les mesures préventives à opposer à cette sanglante progression. Mais, j'en préviendrai mes lecteurs, mes conclusions ou plutôt celles qui sortiront comme d'elles-mêmes de cette étude, paraîtront subversives et séditieuses à plus d'un; et j'en dirai même la raison: quand pour émettre un conseil, édicter une mesure d'ordre, un sage, même officiel, fouille dans sa cervelle, il est d'ordinaire qu'il en tire une de ces banalités qui courent le monde, qu'à son insu il lui a prise, mais qu'il lui rend sous une forme sentencieuse. Il est clair qu'un tel avis, emprunté aux connaissances et à la raison commune, sera en parfait accord avec elle et ne surprendra personne; tandis que les investigations scientifiques, en faisant surgir des rapports nouveaux, conduisent souvent à des inductions inattendues qui déconcertent cette même raison commune. Nous espérons pourtant que si quelques-unes de nos conclusions sont quelque peu contrariantes pour la gente moutonnière, elles n'en seront pas moins jugées vraies et saines par les hommes d'aujourd'hui et surtout de demain.

Définition et délimitation. La mort violente (Violata, de 6ia, force, vio-

lence) est celle qui est amenée par une violence extérieure ayant son point de départ ou au moins sa cause occasionnelle en dehors de l'organisme; ainsi une rupture anévrysmale, une attaque d'apoplexie, une embolie, etc., ne sauraient être qualifiées de mort violente, tandis que la chute mortelle d'un ivrogne titubant est acceptée et comprise dans les accidents. Il en est de même des empoisonnements par toxiques chimiques ou physiques, de l'asphyxie qui sont des morts violentes, mais les causes climatériques comme la malaria, un contagium morbide donnant naissance à une maladie ne saurait être dit mort violente ou même accidentelle. Un coup de fondre mortel est une mort violente ; mais il a été décidé, par les médecins légistes et par la jurisprudence anglaise, qu'un coup de soleil amenant la mort d'un pilote n'était pas une mort violente, car, malgré la métaphore du langage, il n'y a pas coup, mais maladie, phlegmasie interne, méningite ayant amené la mort. Cependant qu'aurait décidé le tribunal pour une congélation? Ces distinctions, bien que subtiles et artificielles, sont cependant utiles pour résoudre les difficultés qui s'élèvent à propos des contrats d'assurance qui, le plus souvent, réservent la mort accidentelle (voy. Assurance).

Cependant, après avoir écarté ce qui n'est pas mort violente proprement dite, nous éloignerons encore de ce travail les empoisonnements qui auront leur article spécial ; nous n'y comprenons pas non plus ces sévices divers où, de propos délibéré, l'homme est son propre meurtrier : suicide, homicide, œuvre de guerre, de duelliste, de bourreau ou d'assassin. Ces meurtres voulus écartés, il ne me reste que les accidents par causes fortuites.

Les morts violentes ainsi définies et délimitées, nous diviserons leur étude en deux parties; dans la première : I, nous aurions, pour être complet, à constater les faits, à dresser le bilan des accidents comparés en chaque pays et considérés: d'une part, dans leur rapport avec la population exposée et divisée selon les âges, les sexes ; d'autre part, selon la nature de la cause vulnérante et la gravité des blessures mortelles ou non, graves ou légères.

Dans la seconde partie: II, nous aurons à extraire les enseignements qui ressortent de ces faits et par suite à indiquer les mesures préventives, et notamment les principes généraux, qui doivent présider à ces mesures, les unes du ressort de l'administration, les autres de celui de la prudence individuelle.

1. Les faits. Il s'en faut que les enquêtes administratives et surtout leurs publications permettent une étude si complète. En France notamment, le pays du monde le plus administré, mais non le mieux, apparemment, nous ne connaissons que les morts par accident qui ont donné lieu à une enquête judiciaire ; et ces morts ne représentent qu'une fraction de celles qui surviennent à la suite d'accidents; ce sont surtout les cas où la victime a été frappée sur la voie publique, et dont la mort a été immédiate. Cependant la Belgique nous offre le moyen de déterminer la différence de ces deux notions, car elle possède la double enquête : celle de la justice et celle des causes de décès ; et tandis que la première ne dénonce, par million d'habitants, que 300 décès par accident ayant donné lieu à une enquête judiciaire, le relevé des causes de décès en accuse 333 (1851-60) ; même distinction en Angleterre: les enquêtes judiciaires des coroners portent sur 550 morts par accident, mais les causes de décès en relèvent 680 (1856-61).

D'après ces données et en remarquant que l'organisation judiciaire et le code sont presque identiques en Belgique et en France, on peut estimer avec beaucoup de probabilité que dans notre pays (1854-60), où l'enquête judiciaire dénonce (toujours par million d'habitants) aï© morts accidentelles, il y en a réellement 45©,

et par suite 19 au lieu de 11,5 décès accidentels sur 1000 décès généraux.

A-t-on des doutes sur ce taux probable de nos accidents, je vais montrer combien cette estimation doit se rapprocher du vrai. Pendant deux ans, la statistique de France se hasarda à publier un essai de statistique de causes de décès portant sur près de loO 000 décès survenus dans diverses villes de France 1. Cet essai, entrepris sans les ressources suffisantes, sans aucun contrôle, ne présentait aucune garantie dans la désignation des maladies causes de mort et n'a pas été continué ;. mais si une cause de mort a pu y être diagnostiquée avec exactitude, c'est la mort par accidents dont la nature est flagrante. Or, ce document, pour les années 1858-59, adonné 16 personnes mortes par accident sur 1 000 décès généraux, c'est-à-dire un rapport se rapproebant de celui que nous sommes induits à tirer des documents belges. C'est pourquoi, dans la pénurie des documents français, nous tiendrons ce dernier rapport approché comme le plus exact que nous puissions hasarder sur notre pays.

2. Mortalité comparée par accidents. Il est très-difficile d'apprécier jusqu'à quel point sont comparables les documents des différents pays qui donnent le bilan de leurs décès par accidents, car la mort dite accidentelle n'est pas toujours déterminée de la même manière en chacun d'eux; les relevés y sont exécutés plus ou moins fidèlement, les points de vue y 'sont différents, etc.

Cette restriction étant bien entendue, le premier tableau ci-après donne la part de cette cause de mort dans chaque état, et de plus met, en lumière la part de chaque sexe : part toujours très -différente, puisque en France, par exemple, d'après l'enquête judiciaire, le danger annuel de mourir par accident serait environ de 0,000 444 pour les hommes, et 0,000 148 pour les femmes, c'est-àdire que sur un million de vivants de chaque sexe, il y a annuellement 444 hommes qui périssent par accidents, et seulement 148 femmes; et la fréquence de cette cause de décès est 0,01552 pour les hommes , et de 0,00352 pour les femmes, c'est-à-dire que sur 1 000 décès dé chaque sexe, il y a 15,52 décès masculins dus à des accidents et seulement 3,52 décès féminins. Mais nous avons vu que ce ne sont là que des valeurs minimums.

C'est l'Angleterre qui, par le fait de sa grande industrie, a le plus de mortspar accidents ; ensuite la Norvège, par suite du très-grand nombre de ses noyés. Si, en Europe, le canton de Genève vient après, ce résultat n'est peut-être dû qu'à ce que l'excellente enquête de Marc d'Épine n'a laissé échapper aucune mort, accidentelle. D'ailleurs, il y a lieu d'observer que ce genre de mort suit les rapides mutations que lui imprime le développement de l'industrie.

C'est ainsi qu'en France la probabilité de mort par accident a pris un accroissement régulier et sinistre, de sorte qu'elle a plus que doublé depuis quarante ans. Ainsi, à s'en rapporter aux seuls relevés judiciaires (valeur toujours plus faible environ dans le rapport de 1 000 : fi 666, mais qui sans doute indique bien le mouvement, à moins que l'on ne suppose un progrès notable dans ces enquêtes) on trouve que, par an et par million d'habitants, il y avait : de 1827-30, 15© décès; dans la période quinquennale suivante (1830-35), 160 et dans les

1 On aurait tort de supposer que les morts accidentelles sont plus fréquentes dans les villes; le tableau ci-après nous les montre, au contraire, moins fréquentes à Londres qu'en Angleterre; dans le canton de Genève, il y a égalité entre les citadins et les campagnards, et l'on voit qu'à Paris, pour la même péiiode, il y aurait aussi à peu près égalité. Il y en a plus à Bruxelles ; mais le docteur Janssens, à qui nous devons ce document, déclare ce chilfre trop fort, parce qu'il renferme des faubouriens et campagnards blessés et transportés dans les hôpitaux de Bruxelles où ils viennent mourir.

périodes quinquennales successives, îoo, aao, 240,250, enfin dans la dernière dont nous avons le relevé 1855-65, 28©. Cependant, en 1862, j'en trouve 3iO ; d'après ce que nous avons vu précédemment, ces 3iO décès accidentels dénoncés par l'enquête en font présumer 515; or, si l'on observe que la population industrielle qui contribue sui tout à grossir le chiffre des morts par accidents n'est guère en France que la moitié de la population agricole, tandis qu'elle en est les trois quart?, en Belgique, et le double en Angleterre, on trouvera que notre bilan d'aacidents est bien considérable ; on sera invinciblement porté à croire que s'il continue à croître avec cette rapidité, nous dépasserons de beaucoup l'Angleterre (comme nous dépassons déjà la Belgique) bien avant que notre population industrielle égale la sienne.

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