LES DEUX SEXES
aos
Paris ancien (minimum)' . .
Paris nouveau (maximum)1..
Mccklembourg-Schwerin. . .
Bruxelles1 (maxitnum) . . . .
En France, le danger des morts accidentelles, au moins de celles signalées par les enquêtes judiciaires, paraît très différent selon les départements. Ainsi, par million d'habitants (1856-60), on en trouve annuellement : 430dans la Marne, 404en Seine-et-Marne et Seine-et-Oise, 400 dans la Manche, 385 dans le Doubs et l'Eure-et-Loire... Dans la Seine, 30ï (?) ; mais dans la Dordogne et en Auvergne, environ 174; dans les Hautes-Pyrénées, 161 ; enfin 152 dans la Corrèze et 118 dans la Creuse. Mais nous craignons bien que des différences si accentuées tiennent encore plus à l'enquête qu'aux faits eux-mêmes.
5. Parts. Il y a à Paris une double enquête : celle de la préfecture de police et celle de la statistique municipale qui relève, tant mal que bien, les causes de décès ; la comparaison de ces deux documents est très-propre à montrercombien, en France, en plein Paris, on tient mal les livres de l'humanité, au moins quand il n'y a, à les bien tenir, ni un intérêt fiscal ni un intérêt politique. En effet, pour
1 Ces pays sont les seuls dont j'aie pu calculer moi-même les rapports sur les documents officiels, relevés des causes de décès. Les autres rapports sont empruntés à M. Legoyt [Journal de statistique), mais sans que l'auteur ait distingué les relevés judiciaires de ceux des causes de décès.
la période 1865-67, je relève dans la statistique municipale 2 411 morts par violence extérieure (non compris les suicides ni les meurtres), soit 8©4par an ou encore 45? par million d'habitants (en 1872 seulement 292 pour tout Paris et 509 en 1873). En comparant ces valeurs à celles des autres États dont la statistique est faite avec conscience (Genève, Londres, etc.), on acquiert bien vite la conviction que le chiffre de la statistique municipale est encore bien faible par rapport à ce qui doit se passer dans une grande ville comme Paris, et pourtant la préfecture de police, chargée de veiller à la sécurité publique et qui, en conséquence, tient aussi un compte des accidents, n'a enregistré, n'a connu dans ces mêmes trois années que 1 884 décès par morts accidentelles ; soit 626 par an, ou 346 par an et par million d'habitants ; ainsi la préfecture de police, si vantée par l'administration et malgré sa population policière si touffue à Paris, ne connaît que 78 pour 100 des morts accidentelles qui arrivent à Paris ! Plus de 22 pour 100, soit 178 morts par violence extérieure, échappent chaque année à son contrôle !
Nous regrettons d'autant plus pour la science les graves négligences et omissions qui ne font arriver sur les registres de la préfecture que 78 centièmes des morts par accident, que le bureau de la préfecture, chargé de cette inscription, la fait avec soin et la résume chaque année en tableau clair et instructif. C'est en comparant les éléments des données de ce bureau avec chacun des groupes de vivants qui ont fourni ces accidents, que nous avons dressé le tableau suivant qui offre plus d'un intérêt.
PÉRIODE 1861-67 (VILLE DE PARIS), SDR UN MILLION D'HABITANTS A CHACUN DES GROUPES SUIVANTS1, COMBIEN DACCIDENTS CAUSES DE BLESSURES OU DE MORTS ONT ÉTÉ ENREGIS TRÈS, ANNÉE MOYENNE, A LA PRÉFECTURE DE POLICE DE PARIS.