‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 9 sur 114 · MO LIN A · texte numérisé non relu

MO LIN A

eaux de Molitg sont comme ces deux dernières el peut-être doivent-elles occuper la première place. Elles conviennent donc, au même titre que celles que nous venons de nommer, aux personnes dont les affections réclament l'emploi des sulfurés et dont le tempérament excessivement nerveux pourrait être démesurément surexcité par des eaux thermales hépatiques presque toujours très-hypersthénisantes.

Les maladies de la peau, à forme sécrétante surtout, celles qui sont encore dans leur période subaiguë, celles enfin qui sont accompagnées d'un éréthisme très-grand sont principalement celles qui sont traitéss avec le plus de succès par les eaux de Molitg en boisson, en bains, quelquefois en douches et en application locale des boues ou des conferves provenant des sources. Les inflammations chroniques et catarrhales des voies respiratoires sont surtout traitées à Molitg par les eaux en boissons pures, ou coupées et édulcorées, parcequ'ellcs sont d'une assimilation quelquefois assez difficile, ainsi que nous l'avons déjà remarqué. Il faut observer que, dans ce cas, elles ramènent assez souvent à un état subaigu des inflammations passées depuis longtemps à l'état chronique. Les eaux des sources hyperthermales de Molitg en bains généraux et en douches, conviennent au traitement du rhumatisme ancien des malades nerveux et excitables. Ceux-ci profitent à Molitg d'une cure sulfurée, alors surtout qu'ils ont eu d'anciennes maladies herpétiques dont le principe rhumatismal peut être la cause. Les maladies utérines consécutives à la disparition d'une manifestation cutanée sont utilement traitées par les bains et les douches localisées des eaux de Molitg. Les ulcères atoniques et les plaies anciennes qui se cicatrisent lentement sont enfin de la sphère d'action de ces eaux en bains, et surtout en douches et en applications topiques.

Durée de la cure de vingt à vingt-cinq jours.

On n'exporte pas les eaux des sources de Molitg. A. Rotureau.

Bibliographie. — Bonis. Eaux minérales sulfureuses de Molitg. Perpignan, 1841, i«-8°. — Filhol. Eaux minérales des Pyrénées. Taris, 1853, in-12. — Joanne et Le Pileur. Les bains d'Europe, guide descriptif et médical. Paris, 1860, in-12, p. 545-546. A. Pi.

HOLIMEX. (De Moliri, faire effort). Effort de la nature pour réaliser un phénomène morbide qui, lorsqu'il se produira, sera la solution d'une crise. Une hémorrhagie s'annonce souvent par un ensemble de symptômes, tels que battements de coeur, vertiges, inégalités et irrégularités du pouls; c'est la manifestalion du molimen hémorrhagique . Dès que l'hémorrhagie a lieu, ces symptômes disparaissent : la crise est opérée. D#

MOLi\ (Jacques), plus connu sous le nom de Dumoulin, né à Marvége (Lozère) le 29 avril 1666, mort à Paris, le 21 mars 1755. Professeur d'anatomie au jardin des Plantes, médecin en chef de l'armée d'Espagne, il fit partie de la maison de Louis XIV. Ce fut lui qui soigna Louis XV à Metz et le guérit, et celui-ci se l'attacha aussi comme médecin. Il passait pour l'un des meilleurs praticiens de son temps, avait la réputation d'un homme d'esprit, et. à sa mort laissa une très-grande fortune. On a de lui des

Observations sur le rhumatisme. Paris, 1703, in-12. A. D

MOLIXA. On a donné le nom de molina à diverses plantes de familles différentes, qui sont à présent rangées sous d'autres noms. Les Molina de Ruiz et

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Pavon sont des Composées, qu'on l'ait maintenant rentrer dans le genre Baccharis (Voy. Baccharis). Le Molina de Gavanilles est représenté par une espèce de la famille des Malpighiacées, qui se rapporte au genre Hiptage (Voy. ce mot).

Pl.

molixelli (Pierre-Paul), professeur à l'Université de Bologne, mort le 15 octobre 1764, à l'âge de soixante-deux ans. Ce médecin est auteur de plusieurs mémoires, qui ont été insérés dans la collection de l'Institut de Bologne. Ils roulent sur des expériences anatomiques, sur quelques observations de patbologie interne, et sur quelques discussions chirurgicales. On a encore de lui :

Programma ad publicam chirurgicarum operationum in cadaveribus ostensionem. Bologne, 1742, in-4°. A. C.

MOLIXETTI (Les). Il y a deux médecins de ce nom.

Molinetti (Antonio), docteur de Padoue, professeur d'anatomib à l'Université de cette ville (1649), mort en 1673, laissant les deux ouvrages suivants :

I. Disseitationes anatomicœ et pathologicœ de sensibles et eonim organis. I'adoue, 1669 in-4°. — II. Disscrtationes analomico-pathologicœ , quibus humani corporis partes accura- ■tissime describuntur Venise, 1075, in-4°.

Moiinetti (Michel-Ange), fils du précédent, né en 1645, mort le 9 décembre 1714. Il n'a rien écrit, mais a laissé la réputation d'un savant professeur d'anatomie et de chirurgie, fonctions qu'il remplit à Padoue après la mort de Dominique de Marchettis, et qu'il laissa à l'illustre Morgagni. A. C.

molle. Nom donné à une espèce de la famille des Térébenthacées, le Schinus molle. [Voy. Schinus). Pl.

UIOLLÈXE. Voy. MoLÈNE.

MOLLLGO. C'est le nom d'une espèce de Caillelait ou Galiet à fleurs b.anches, très- répandu dans nos champs et nos prairies (Galicum Molluzo, L. (Voy. Galiet). Pl.

MOLLLSCOl. On attribue généralement à Bateman l'expression de mollus- ■cum pour désigner des éminences tuberculeuses développées et disséminées sur la surface du corps : et cependant on lit déjà dans Plenck (Doctrina demorbis eutaneis, Vienne, 1776, p. 87) le passage suivant: « Verruca carnea, seumol lusca est tuberculum, molle, sessile, cuti concolor, vel rubens, sœpe pilosum in naso et facie ut plurimum invenitur. Videtur admodum magna glandula culanea quasi esse. » Evidemment Plenck connaissait le nom et la chose. On a dit que cette dénomination avait été donnée à ces excroissances en raison de leur ressemblance avec celles qui poussent sur la surface de l'érable : d'autres ont pensé que molluscum venait du latin mollis exprimant ainsi leur consistance molle. Nous dirons avec M. Gibert (Gaz. méd. deParis, 1845, p. 535) qu'il vient simplement de la dénomination des îles Moluques où Bontius observa et décrivit cette affection au dix-septième siècle, sous le nom de mal ou bouton d'Amboine (voy. Amboine) ; à cette époque, il régnait épidémiquement dans ces parages.

Quand on lit la description et la division de la maladie de Bateman, on reste

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' convaincu que mol (uscum n'exprimait rien de défini; onpouvaitfacilcmcnt à son gré ajouter ou retrancher quelque chose à ce cadre mal délimité. Ainsi s'explique la synonymie des premiers temps, tandis que Biett (Dicl. des sciences médicales, art. Molluscusi, année 1822), Cazenave et Schedcl {Abrégé pratique, traité de* maladie* de la peau, Paris 1858, p. 585) acceptaient celle du dermatologiste anglais ; d'autres comme Alibert désignaient l'affection par le mot /j «m ou mycosis fongoïdeet glissaient une partie de la description à l'article Couperose (Traité des maladies de la peav. Paris, 1822, t. I.,p. 126 et t. 2, article Couperose), Rayer (Traité des maladies de la peau, 1856, t. II) scindant également cette affection, plaçait une partie de son histoire aux kystes athéromateux, et l'autre à l'article Cancer mollusciforme de la peau. Jacobovics (Du molluscum, etc., Paris, 18 iO) se contenta de varier les divisions de Eateman, et au lieu de dire molluscum contagieux et non contagieux, il décrivit le molluscum fongueux, athéromateux et bicarré.

Évidemment, on ne savait rien ou peu de chose sur la nature de ces productions morbides ; tout était vague, et en ne prenant pour base des divisions et de la description de la maladie que ses caractères extérieurs, on s'exposait à un . manque de clarté et de précision facile à retrouver dans toutes les publications de cette période.

Pour preuve de cette appréciation, je transcris textuellement la définition et la division du molluscum donnée par MM. Fleury et Mounent dans le Compendium de médecine pratique (année 1845, t. VI, p. 99).

« Le molluscum est une affection cutanée, chronique, caractérisée par des tubercules en général très-nombreux, congéniaux ou acquis, dont le volume varie depuis celui d'un pois jusqu'à celui du poing, arrondis, ovales, aplatis ou irréguliers, ordinairement scssiles ou pédicules, présentant tantôt la couleur de la peau, tantôt une coloration rouge, brune ou noirâtre, ayant une surface lisse ou mamelonnée et une consistance tantôt solide, dure, tantôt mollasse. Avec M. Jacobovics, nous distinguerons trois variétés de molluscum, suivant que les tubercules sont f ngueux, athéromateux ou bigarrés. »

Il serait difficile, je l'avoue pour ma part, d'accumuler un ensemble de caractères extérieurs capables d'agréger, dans un même cadre, les excroissances cutanées les plus variées dans leur nature anatomique et étiologique. Une telle mosaïque appelait des recherches sér euses d'anatomie pathologique.

On ne saurait refuser dans l'état actuel de la question une certaine part, en France, aux travaux de Cruveilhier (Essai sur l'anat pathol. en général, Paris, 1816, t. I, p. 527) et BécJard sur l'origine folliculaire des kystes cutanés (note dans YAnat. générale de Bichat, édit. de Blandin, Paris, 1850, t. Y. p. 454). Eu Angleterre, à ceux d'Astley Cooper (Surgical Essays, Londres, 1820, t. II, p. 229, tabl. VI11). En Italie, à ceux de Porta Luigi (Dei tumori follirulari Sebacii, Milano, 1856).

Pour ce qui nous regarde, ces premiers travaux ont été complétés, en 1846, par Iluguier qui décrivit sous le nom d'ecdermoptosis les mêmes kystes qu'il croyait spéciaux aux parties génitales de la femme, et par M. Bazin qui publia sur le même sujet un travail plus complet intitulé Acné variolijorme, Paris, 185.1.

Tandis que ces travaux d'anatomie délicate apportaient leur contingent de connaissances positives sur la nature des tumeurs cutanées dites molluscum, le microscope de son cjté, tout en complétant certains détails, séparait des tumeurs

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pour en faire un groupe à part et distinct, rattaché à la grande classe des fibromes sous les nom de fibrome molluscum.

En France, M. Verneuil publiait des analyses microscopiques de ce genre consignées dans les Comptes rendus de la Société de biologie pour les années 1 854 et 1855. Dans notre mémoire intitulé Du microscope et de ses applications à l'anatomie pathologique, etc., publié dans les Mémoires de V Académie de médecine, année 1856, p. 571, nous en avons relaté deux exemples sous le nom de tumeurs fibro-plastiques généralisées sur le tégument externe.

Virchow en a donné un cas remarquable avec figure micrographique dans son Traité des tumeurs, 1. 1, p. 522, traduction d'Arrohnson, 1867, Paris.

Vanzetti, chirurgien italien, en a communiqué également un autre à la Société de chirurgie de Paris avec dessin lithographique de l'individu (Mémoire de la Société de chirurgie, année 1867, p. 429). M. Desnos a fait en 1872 unecommunication analogue à la Société des hôpitaux de Paris (Gaz. hebd. de Paris, 1872, p. 204. Les traités récents de pathologie générale d'Ernest Vaguer (traduction de Delstouche et Mahaut, 1872, Paris), d'histologie pathologique de Rinfleish (traduction de Frédéric Gros, Paris, 1875, p. 520) ont accepté et vulgarisé les données nouvelles.

De ces premiers travaux il en est résulté qu'aujourd'hui, sous le titre mollus-' cum, on comprend deux ofdres de tumeurs cutanées fort distinctes : les unes ayant pour siège les follicules pileux et sébacés, les autres se rattachant à la grande classe des fibromes sous le nom de molluscum fibrome.

La science en était là, quand dans ces dernières années, M. Ramier et ses élèves, M. Gillot dans sa Thèse inaugurale, Paris, 1868, MM. Landouzi et Dcbovcs dans des communications à la Société anatomique de Paris pour les années 1871 et 1872, et enfinM. Domangesdans sa Thèse inaugurale, Paris, 1874, ont appelé l'attention des observateurs sur une nouvelle forme histologique de tumeurs, cutanées, groupées par Bazin à l'exemple d'Alihert sous le nom de Mycosis fongoiile. Incontestablement, toutes les tumeurs comprises par son auteur n'appartiennent pas, au point de vue de la physiologie pathologique, à la variété molluscum. Mais nous n'hésitons pas à avancer, d'après une analyse microscopique récente que nous venons de faire avec mon habile collègue, le professeur Morel, del'ex-fkculté de Strasbourg, nous n'hésitons pas, dis-jc, à avancer qu'un certain nombre de tumeurs de ce genre devra incomber à la dénomination molluscum avec son type histologique lymphoadénie.

Plus loin, nous compléterons cette démonstration.

De l'ensemble de ces travaux, il résulte qu'actuellement sous le nom de molluscum, on doit grouper trois ordres de tumeurs, offrant seulement quelques liens de parenté sous le rapport du siège et de certains caractères extérieurs, mais différents dans leur nature, dans leur forme histologique, et j'ajouterai volontiers dans leur expression physiologique. A cette condition indispensable, le mot molluscum peut être conservé en pathologie, sinon il est destiné à disparaître et à se fondre, comme détail seulement, dans l'histoire spéciale de ces trois ordres de tumeurs de la peau, auxquels nous consacrerons un chapitre distinct sous les noms de: I. molluscum folliculaire ; II. molluscum fibrome; III. molluscum hjmphoadénique.

1° Molluscum folliculaire. Synonymie : élevures folliculaires (Rayer), molluscum contagiosum (Bateman), acné varioliforme (Bazin., Hardy), acné molluscoïde (Caillaux, loc. cit. p. 58), molluscum epithelioma (Virchow, Gaz. mé d.%

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1867, p. 65), molluscura stéarique athéromateux (Gaz.médic. 1854-, p. 559; Gibert, Gaz. médic., 1845, p. 555, etc.).

Cette synonymie, que nous aurions pu grossir encore, démontre la signification de l'adjectif ajouté au mot molluscum ; elle a été empruntée, tantôt à la forme delà tumeur et parfois aux caractères chimiques ou histologiques du contenu, Nous reviendrons plus loin sur le titre molluscum contagiosum de Bateman.

Nous conservons seulement l'expression de molluscum folliculaire empruntée au siège de la tumeur.

Elle se forme dans les follicules pileux soit par le tassement, dans la profondeur , de masses épidermiques sécrétées outre mesure , soit la sécrétion épidermique restant normale, par le rétrécissement de l'orifice extérieur du follicule pileux. Leur histoire se fond dans celle des kystes de la peau.

Ces tumeurs peuvent varier d'un grain de millet à la grosseur du poing, occuper presque toute la surface du corps ou l'une de ses parties; elles sont plus fréquentes à la face, au cou, aux parties génitales chez la femme qu'ailleurs. Nous avons eu souvent l'occasion de constater nous-mème ce dernier détail indiqué par Huguier, lorsque nous étions chargé à Strasbourg de la clinique des maladies cutanées et syphilitiques. La malade présentée par Gibert, en 1854, à l'Académie de médecine était entièrement couverte de ces sortes de tumeurs, et elle peut être rapprochée du fameux malade de Tilesius dont l'histoire est rapportée par Bateman. Tout le corps de cet infortuné était couvert de ces tumeurs remplies d'une substance athéromateuse.

La petite fdle observée par Ebert (Gaz. hebd., 1865, p. 428) est un des exemples les plus remarquables de localisation à la face, puisque dans cette région, on ne comptait pas moins de 105 de ces tumeurs. Elle en avait 15 aux paupières et à l'œil gauche, 16 à celle du côté droit, 14 au front, 24 à la racine du nez, 1 1 aux tempes, 7 à la partie inférieure du nez, 5 à la lèvre supérieure, 7 au menton, 6 aux joues. Les yeux avaient en quelque sorte disparu derrière une accumulation de petites tumeurs molles, blanches ou rosées, d'un volume d'un petit pois à celui d'une noisette et même d'une noix. Ces tumeurs étaient tellement serrées les unes coutre les autres qu'elles s'étaient aplaties.

Elles sont dures ou molles, sessiles ou pédiculées ; ces états dépendent de la masse du contenu des kystes, de leur nature, et du processus hyperplasique qui peut se produire dans le tissu cellulaire connectif ambiant.

Ce travail pathologique est tel qu'il détache parfois de la surface cutanée le follicule plein en le pédiculisant.

De la nature du contenu, de son mode d'accumulation, des phénomènes de voisinage qu'il produit résulte la couleur de ces tumeurs. Elles conservent la teinte normale de la peau, d'autrefois elles sont blanchâtres, transparentes, voire même noires par suite d'apparition de pigment dans les couches légumentaires qui les recouvrent.

L'examen microscopique du contenu donne surtout des masses d'éléments épidermiques, disposés parfois en couches concentriques. Ces cellules peuvent être flétries, ratatinées, dans d'autres cas, elles subissent une dégénérescence molléculaire. Elles se trouvent mélangées à de la graisse, en grains, en gouttes, ou disposés en cristaux sous forme de tablettes rhomboïdales comme la cholestérine ou en aiguilles comme celles de la stéarine. On y trouve parfois l'acarus de Simon nommé dermodex par Moquin Tandon. Nous reviendrons plus loin sur les filaments mycodermiques signalés par Hardy. Gruby a montré dans J'analyse

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■chimique des deux exemples observés par Gibert, la présence d'une substance grasse analogue à la stéarine.

Ces tumeurs peuvent durer pendant toute la vie de l'individu, sans présenter d'autres phénomènes qu'un accroissement lentement continu et à peine sensible.

Dans d'autres circonstances, elles s'enflamment, se gangrènent et répandent une odeur très-fétide.

Tel était le cas de la petite fille d'Ébert (loc. cit.). Sous l'influence de leur juxtaposition forcée et de leur confluence elles s'étaient enflammées ; elles offraient par places une teinte rouge plus foncée et s'étaient couvertes d'une couche purulente, çà et là même on voyait des escliares superficielles noirâtres.

C'est sous l'influence d'un travail pblegmasique analogue mais moins intense ■que l'on voit s'écouler par l'ouverture centrale qui caractérise ces tumeurs, un liquide blancbâtre, mélange des produits accumulés dans le kyste et de ceux provenant du processus inflammatoire.

De la nature cbimique ou histologique du contenu de ces kystes, de leurs transformations sont nés les noms de molluscum épithelioma (Virchow) , molluscum stéaiïque (Gibert, Bazin, Baudot, loc. cit., p. 405). Dans le premier, Virchow avait trouvé le contenu composé à peu près exclusivement de cellules épithéliales pavimenteuses. Dans le second, Gruby n'avait rencontré à l'analyse chimique qu'une matière grasse analogue à la stéarine. L'expression de molluscum athéromateux dérive de la transformation du contenu eu bouillie grumeleuse.

Si dans la généralité des cas, le contenu persiste dans les kystes, dans un certain nombre d'autres, il est expulsé au dehors, il en résulte alors, par suite de la dilatation du follicule, un sac pendant, à parois ridées et revenues sur ellesmêmes. Depuis Galien, ces sacs vides ont été décrits par les auteurs sous les noms à'acrochordon, pendulum molluscum.

Sur le sommet de ces sacs vides on peut retrouver quelques follicules plus petits dilatés, couverts de poils et entourés de tégument coloré par un pigment noirâtre : quelques auteurs ont nommé cette forme molluscum granuleux (Bazin, Baudot, loc. cit., p. 405). C'est à ce dernier groupe que l'on peut rattacher les nœvus folliculaires congéniaux si communs au cou et aux paupières. Je ne puis admettre avec Virchow que le tiraillement de ces tumeurs joue un rôle important dans leur pédiculisation.

A l'histoire du molluscum folliculaire se rattache le molluscum contagiosum de Batemam. Il est caractérisé, dit cet auteur, par des tubercules arrondis, proéminents, durs, de grosseur différente, lisses, transparents, sessiles laissant écouler un liquide blanc ; il est contagieux. Cette même forme a été fondue par MM. Bazin et Hardy dans l'acné varioliforme (loc. cit., p. 98) et désigné et étudié à la même époque (1851) par M. Caillaux, sous le nom à' acné molluscoïde.

Depuis Batemam, quelques médecins ont vu la maladie se développer chez des

individus mis en communication répétée avec des personnes atteintes de cette

affection. On a pensé à la contagion ; toutefois si les faits cliniques existent,

.l'expérimentation directe a échoué jusqu'ici. Aussi trouve-t-on des auteurs qui

se refusent à admettre toute idée d'agent contagieux.

Puisque cette question contentieuse est encore à l'étude, nous donnerons avec détail les pièces du procès.

Batemam en avait vu deux cas. L'un d'eux chez une femme dont la face et le

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cou étaient couverts d'un grand nombre de petites tumeurs comme tuberculeuses. Leur volume variait depuis celui d'une forte épingle jusqu'à celui d'une fève. Elles étaient dures, semi-opaques, leur surface était unie et luisante, leur couleur à peu près semblable à celle de la peau et leur base plus rétrécie que le corps. En comprimant les plus volumineuses de ces tumeurs on en faisait sortir par une ouverture centrale, qui devenait visible au sommet seulement, une petite quantité d'un fluide lactescent. La maladie existait depuis un an et cependant un fort petit nombre de ces tumeurs avait augmenté. Parmi ces dernières, quelques-unes semblaient tendre à la suppuration, la santé générale était mauvaise, et depuis qu'elle était ainsi malade cette jeune femme avait beaucoup maigri. Dans ce cas le molluscum s'était développé à la suite d'une communication directe avec un enfant qu'une femme allaitait et qui offrait à la face une semblable tumeur. D'après les renseignements obtenus, cet enfant lui-même avait gagné la maladie d'un domestique qui l'avait à la figure.

Le second cas observé par Batemam s'est présenté chez un enfant qui fut affecté après avoir été porté par un autre enfant plus âgé, atteint lui-même de cette affection.

Le docteur Carswell, de Glascow, a communiqué à MM. Cazenave et Schedel le fait suivant qu'il avait observé à Edimbourg avec le docteur Thompson {loc. cit., p. 587) : « Sur un enfant à la mamelle, la maladie paraissait lui avoir été transmise par son frère qui l'avait contractée, selon toute apparence, d'un jeune garçon de l'école qu'il fréquentait. Une chose remarquable c'est qu'après s'être montré sur la figure de ce très-jeune enfant, la maladie parut sur le sein de la mère qui l'allaitait et sur les mains de deux autres membres de la même famille. »

Ces faits avaient peu frappé l'attention des dermatologistes français, quand M. Caillaux vint, en 1861, insister sur sa propriété contagieuse. 11 avait vu ;\ l'hôpital des enfants de Paris deux ou trois petits malades atteints de cette affection. Au bout de quelques semaines, il s'aperçut que de lit en lit l'éruption s'était étendue à une trentaine de sujets.

En 1862, M. Hardy fut converti à la contagion [loc. cit., p. 101), après avoir eu l'occasion de voir une nourrie» portant sur le sein quatre ou cinq de ces tumeurs d'acné variol i forme ; elle communiqua à l'enfant qu'elle nourrissait des tumeurs analogues sur les points de la face en rapport habituel avec le sein malade.

En 1863, il gardait dans ses salles depuis deux mois une malade atteinte d'acné varioliforme très-confluente, et après six semaines, une infirmière présentait quelques tumeurs semblables qui, après avoir débuté par le dos de la main s'étaient disséminées sur le reste du corps. Au même moment une autre fille du service qui avait des rapports moins fréquents avec la malade, tout en ayant l'habitude de se faire peigner par elle, présentait des élevures semblables disséminées au cou et sur la nuque.

En 1865, Ébert, médecin allemand, fort peu disposé à l'endroit de la contagion, eut également l'occasion d'observer trois tumeurs sur la paupière inféîieure d'un enfant de deux ans qui occupait le lit voisin de la petite malade dont nous avons donné plus haut une partie de l'histoire. A ces trois tumeurs en succédèrent six autres sur divers points du visage. Les rapports de ces enfants avaient été incessants : ils avaient joué ensemble souvent, et il était difficile d'admettre un fait lié à une coïncidence fortuite.

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Si la contagion du molluscum se soutient à l'aide des faits cliniques ou d'observation, il est loin d'en être de même pour les faits d'expérimentation.

Au dire de Yirchow (loc. cit., p. 221) les expériences d'inoculation faites avec le liquide sécrété par le tubercule ont échoué entre les mains de Henderson et Paterson.

Virchow lui-même ne fut pas plus heureux sur un chien avec le liquide pris sur la petite malade d'Ebert. Enfin Ebert lui-même avec le liquide de même provenance échoua plusieurs fois dans des expériences faites sur sa. propre personne. Virchow avait fait plusieurs frictions sur la peau du chien mis en expérience. Ébert avant de frictionner sa peau avait eu soin d'y pratiquer préalablement des incisions superficielles.

De ces résultats négatifs je ne voudrais pas, à l'exemple de Virchow, Ebert et Itindfleich, nier la contagion et expliquer le développement de la maladie par une simple irritation de l'orifice des follicules dû au contact du liquide écoulé des tubercules des enfants malades. On sait par d'autres exemples qu'il n'est pas toujours facile de faire naître toutes les conditions nécessaires au développement d'un agent contagieux transporté sur autrui. Qui ne sait les difficultés qu'on éprouve à faire germer un favus sur un individu sain.

Sans récuser les données de l'expérience, je me contenterai d'ajouter que l'on •doit recberclier encore la contagion en se plaçant dans des condilions nouvelles.

M. Hardy (loc. cit., p. Ï01) explique la contagion par la présence des spores d'un cryptome dans la matière sécrétée de l'acné varioliforme. Malheureusement ce végétal microscopique n'a point été retrouvé dans les conditions analogues par Virchow (loc. cit., p. 220). Je ne dirai rien de l'acarus de Simon que j'ai comme d'autres micrographes retrouvé dans des follicules sébacés indemnes de l'affection que nous étudions. A ce sujet j'ai lu avec étonnement dans son Traité d'histologie pathologique (p. 335), que Rindfieich n'avait jamais rencontré cet acarus dermodex.

Cette question réclame donc de nouvelles recherches, sans perdre de vue cependant que cliniquement la maladie est susceptible de se propager d'individu à individu.

Les autres notions étiologiques du molluscum folliculaire sont vagues et incertaines, on a signalé la vieillesse comme plus favorable à son développement, les conditions de misère et de mauvaise alimentation. Les deux malades observés par Gibert étaient atteints d'ictère. Bontius pense qu'il faut attribuer le mal d'Amboine à une alimentation de viandes gâtées, du poisson pourri et au pain fabriqué avec l'écorce d'arbres triturée. Est-il possible de faire intervenir telle ou telle disposition anatomique native de l'orifice des follicules, ou l'influence des races? Ce sont autant de questions à poser, mais sans solution actuelle.

Le diagnostic de semblables productions est facile, on n'oubliera pas la présence de l'orifice du follicule situé sur le sommet de ces tumeurs ou voisin de lui. La possibilité d'en faire sortir le contenu, toutefois par une médiocre attention, ou faute d'une expérience suffisante, un médecin pourrait au voisinage des parlics génitales de la femme confondre cette affection avec certaines formes de pustules plates, isolées et saillantes, il y a entre elles une certaine analogie, nous avons pu souvent le constater. Mais en utilisant les données citées plus liant, l'erreur est impossible.

Si la lecture des écrits de Batemam, Biett, et d'autres dermatologistes, prouve l'insuffisance de l'emploi à l'intérieur des préparations arsenicales, mer-

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curielles, etc., et des lotions stimulantes ou styptiques, plusieurs fois répétéespar jour, une étude attentive de l'observation tout entière d'Ebert, prouve qu'un traitement chirurgical radical pourrait mener à bien une telle affection. Sa nature anatomique le fait pressentir sans doute, mais en raison même del'étendue de l'affection, l'expérience clinique était nécessaire.

Cette observation intéressante nous la fournit.

La plupart de ces tumeurs (loc. cit.) furent enlevées par la ligature, et à lai suite d'opérations répétées et suivies de poussées successives, l'enfant en fut à peu près débarrassé. A cette donnée, je puis joindre les résultats de mon expérience. A la clinique de Strasbourg j'ai pu débarrasser plusieurs jeunes filles de ces molluscums folliculaires en en enlevant jusqu'à vingt dans chaque séance. Je me contentais de fendre les téguments en prolongeant l'ouverture cutanée du follicule et d'enlever le kyste renfermant son contenu. Je n'ai vu aucun accident suivre ces sortes d'opérations.

2. Molluscum fibrome ( lipomatodes ) ( E. Wagner). M. éléphantiasique (Chassai gnac).

Dès 1857, Dick, médecin anglais, publiait une description anatomo-pathologique portant sur deux cas de molluscum fibreux observés sur deux femmes écossaises (Gaz. méd. de Paris, 1857, p. 528).

Ces tumeurs, couvrant la surface de leurs corps, variaient de la grosseur d'un grain de blé à celle d'une petite fève : une sur le sein droit avait le volume du poing. Sur la face, le cou, les épaules, quelques-unes étaient transparentes. Elles offraient au toucher une certaine souplesse ; en les piquant il ne s'en écoulait que du sang. Les unes étaient sessiles, les autres pédiculées.

Dick en enleva une de la grosseur d'une noix sur la région lombaire, il la fendit par le milieu . Au centre elle était formée par un tissu fibreux assez dur ; en s'approchant de la circonférence, la densité du tissu diminuait, il devenait lâche, lamineux, interceptant dans ses mailles un peu de tissu graisseux. La peau qui recouvrait ces tumeurs était intacte. Il proposa de nommer cette variété de molluscum par hypertrophie du tissu cellulaire et adipeux sous-cutané.

Evidemment cette simple description d'anatomie macrographique se rapporte au molluscum fibrome, sur lequel Verneuil, Virchow et nous-mème, etc., avons donné depuis des détails histologiques.

Le nombre de ces tumeurs est parfois innombrable, elles couvrent le malade de la tète aux pieds. Tels étaient les deux individus que nous avons observés dans le courant de l'année 1855, un homme et une femme. A la page 440 du Bulletin de la Société de chirurgie de Paris, pour l'année 1867, on voit un magnifique spécimen de cette affection, publié par Vanzetti1. 11 est identique avec ceux que nous avons vus. Seulement la plus grosse tumeur, au lieu d'être aux lombes, était sur la cuisse droite de la femme.

Au lieu de couvrir la surface du corps, ces productions peuvent n'en occuper qu'une région.

Leur volume varie depuis la grosseur d'un petit pois à celui de la tète d'uni enfant et plus. La reproduction observée par Virchow mesurait 48 pouces de circonférence (loc. cit., p. 522). Elle pesait 16kil,250. On en a vu atteindre 20 kilogrammes. Leur consistance n'est pas toujours identique ; dure parfois, généralement molle, elle donne au toucher la souplesse d'un lipome et menu d'un kyste multiloculairc peu distendu par le liquide.

Leur forme est ronde, piriforme ou en bissac, et sessile ou pédiculée. La Ion-

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sueur du pédicule est telle que parfois la masse de la tumeur pend loin de son point d'origine. Chassaignac (Bull, de la Soc. de chir., p. 184, t. VU, 1866) en cite un remarquable échantillon ; le pédicule s'insérait à la partie supérieure et antérieure de la poitrine, et la tumeur atteignait le pubis.

Leur couleur est généralement celle de la peau qui les recouvre. En les fendant au milieu, sur la coupe on voit des traînées d'un tissu fibreux blanchâtre plus serré, qui semblent la diviser en loges de grandeur différente : cet aspect rappelle une coupe de glande mammaire. En comprimant ce tissu ainsi sectionné, on extrait des loges remplies d'un tissu connectif lâche, aréolaire et peu vasculaiïsé, un liquide légèrement jaunâtre et albumineux (Virchow, loc. cit.,, p. 325).

Vue à un faible grossissement, cette disposition aréolaire à mailles fines et serrées devient plus évidente. Si l'on soumet une coupe fine après durcissement dans l'acide chromique, on voit que ce réticulum est formé de fibres très-fines dont les extrémités se fixent sur les trabécules fibreux formés de fibres connectives parachevées. Sur certaines coupes, au lieu de fibres, le réseau se trouve composé de fibres cellules.

Dans ces mailles se trouvent déposées des cellules rondes ou ovalaires, légèrement piriformes, offrant un diamètre moyen de -^ de millimètre. Telle était la structure des tumeurs que nous avons observées chez nos deux individus. On peut rendre plus évident le réseau des fibres en employant le pinceau.

Rindfleich a signalé dans ces tumeurs la présence d'éléments globo-cellidaires.. Il donne ce nom à des cellules globuleuses caractérisées par des noyaux volumineux, ovalaires, réfractant fortement la lumière (loc. cit., p. 157). Le même auteur explique la mollesse généralement signalée dans les molluscum (loc. cit., p. 321), par une modification particulière survenue pendant la maturation du tissu conjonctif. Elle produirait un véritable œdème.

A cette explication vague du micrographe allemand, je substituerai volontiers la suivante :

Les trabécules formés d'un tissu fibreux plus dense, supportent les vaisseaux de la tumeur. Comme ils peuvent être le siège, en raison même de leur structure, de condensation, de rétraction même, serait-ce faire une supposition improbable que d'admettre qu'ils puissent comprimer les vaisseaux sanguins contenus dans leur épaisseur ? Sous l'influence de cette pression l'œdème se produirait aisément dans ces lacunes aréolaires faciles à se distendre. Ainsi s'expliquerait la présence de ce liquide albumineux dont nous parlions plus haut.

Nos dissections et celles de Dick (loc. cit.) nous ont prouvé que les productions se développent souvent dans le tissu cellulaire sous-cutané. Celles de Desnos (loc. cit.), de Rindfleich et Virchow ont mis hors de doute qu'un certain nombre d'entre elles naissent dans le corps papillaire du derme. Elles peuvent donc avoir cette double origine.

Aussi comme preuve du siège de celle que nous avons observée, nous signale-rons la présence dans leur intérieur de l'existence d'une glande sudoripare constatée par le microscope.

M. Desnos, de son côté, a constaté par-devant la Société des hôpitaux, qu'une de ces tumeurs fendues par le milieu offrait ia couche de Malpighi et l'épidémie pour plaies superficielles, tandis que le centre était formé par un petit corps globuleux blanchâtre, lisse à l'extérieur, criant sous le scalpel et ayant tous les caractères histologiques du tissu fibreux. Virchow (loc. cit., p. 323) con-

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firme notre manière de voir en écrivant cette phrase : « Quelques-unes émanaient évidemment de la couche la plus externe de la peau, car elles touchaient presque le réseau de Malpighi, intact du reste, tandis qu'elles étaient encore séparées du tissu graisseux sous-cutané par une certaine épaisseur du derme. » Il donne même un dessin constatant cette disposition (loc. cit., p. 524).

Les molluscum fibromes peuvent durer pendant toute la vie, sans produire aucun dérangement dans la santé générale de celui qui en est atteint. Batcman ajoute qu'ils ne sont disposés ni à s'enflammer, ni à s'ulcèrer. La malade observée par Vanzctti se trouvait dans ces conditions.

Des deux malades soumis à notre observation, la femme ne présentait aucun accident ni général, ni local : l'homme, au contraire, offrait une certaine teinte cachectique, sans lésion locale des tumeurs ; toutefois, je ferai observer que cette teinte cachectique pouvait être rattachée au typhus et au scorbut qui régnait alors dans la prison de Strasbourg, où cet individu avait succombé. Dans l'observation de Murray (Gaz. hebd., 1872, p. 224), on signale l'altération et la mortification de ces tumeurs, dues sans doute à la rapidité de leur développement.

L'accroissement du volume de la masse est généralement le seul accident constaté sur ce genre de tumeurs : il ne porte pas sur l'ensemble, il n'atteint qu'un petit nombre d'entre elles. Deux des exemples les plus remarquables sont, sans contredit, ceux de Virehow et Chassaignac, cités plus haut. Ces productions pathologiques ne sont gênantes que par leur volume et leur position ; dans cet ordre d'idées, elles donnent certaines indications thérapeutiques dont nous parlerons plus loin.

Leur siège est généralement le tégument externe, toutefois E. Wagner (loc. cit.) prétend qu'elles se montrent à la gorge, au nez, au larynx et à l'utérus, .l'en ai vu un exemple dans le conduit auditif externe. A l'occasion de la troisième variété de molluscum, je reviendrai sur cette intéressante observation.

Le même auteur prétend que l'on rencontre parfois, dans ces fibromes, des productions osseuses, cartilagineuses, graisseuses, sarcomateuses, et certaines dégénérescences calcaires, pigmentaires, voire même des abcès.

Murray (loc. cit.) dit que, dans certains points, les fibromes molluscum, dont il nous a laissé l'histoire, avaient une certaine ressemblance avec le cartilage.

Je n'ai rien vu de semblable dans mes deux observations. Wagner ne cite aucun exemple. Ne pourrait-on pas rattacher à ces dégénérescences les deux observations suivantes, empruntées l'une à M. Bazin, l'autre à Vanzetti ?

M. Baudot (loc. cit., p. 559), à l'occasion de la scrofulide tuberculeuse inflammatoire, sous le nom molluscum, décrit une éruption de petites tumeurs variables en volume, depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une cerise. Le contenu de ces tumeurs n'était autre chose que de la substance tuberculeuse ; au bout d'un certain temps, les tumeurs s'étaient abeédées.

L'observation de Yanzetti est plus curieuse (loc. cit., p. 627) ; nous la donnons in extenso.

« Jean L..., cordonnier, âgé de 48 ans, père de sept enfants, vint dans l'année 1865 à notre consultation pour une douleur d'épaule.

« Interrogé s'il n'avait pas un écoulement de l'urèthre, il nous montra les parties génitales.

« L'apparence du scrotum nous frappa ; il présentait, en effet, dans toute son étendue, une quantité de petites élevurcs qui lui donnaient tout à fait l'appa-

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