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revice du jabot ou premier estomac d'un gallinacé. De ces petits tumeurs, les unes étaient sphériques ou ovoïdes, ayant le volume d'un pois, d'un grain de millet ou moins encore ; il y en avait qui proéminaient un peu, d'autres ne faisaient point de saillie, mais toutes étaient immobiles et implantées dans l'épaisscur du derme. Pincées entre les doigts, elles offraient une dureté pierreuse. Le malade nous dit qu'il s'était aperçu de l'existence de ces petites tumeurs dès l'âge de vingt ans, et qu'elles lui causaient un prurit fort désagréable.
« Nous piquâmes la peau au niveau d'une de ces tumeurs pour en connaître le contenu, et en la pressant entre les doigts nous en fîmes sortir une matière crétacée, blanchâtre, partie tout à fait sèche, partie de la consistance du mortier. Nous pûmes par là juger qu'il s'agissait d'un cas certainement peu commun A'alhérome crétacé du scrotum.
« Trois ans après, le 2 janvier 1866, le même individu se présente à la consultation, demandant qu'on lui donne un remède pour le débarrasser des démangeaisons devenues actuellement insupportables qu'il éprouvait.
« Cette fois aussi, ayant piqué avec une épingle une de ces tumeurs pour en montrer aux élèves le contenu, nous en fîmes sortir une concrétion solide, presque sphérique, très-blanche, formée de carbonate de chaux. On appliqua sur la petite plaie une mouche de taffetas, et on conseilla au malade d'employer contre les démangeaisons de l'eau de chaux.
« Quatre jours après, nous apprenons que ce malade est au lit avec une forte fièvre et son scrotum très-enflé. Dans la crainte de quelque chose de grave, nous nous empressâmes de le faire transporter immédiatement à la clinique, afin qu'il fut mieux soigné.
« A son arrivée, nous trouvons que son scrotum, surtout au côté gauche, est atteint d'un phlegmon très-grave, avec menace de gangrène de la peau scrotale et de son tissu cellulaire.
« Frappé du développement d'un état si sérieux, il nous parut fort singulier que le phlegmon n'eût pas pour point de départ la piqûre faite par nous, quatre jours auparavant, au côté droit du scrotum. Cette piqûre, encore visible, se trouvait sur une partie de la peau scrotale, qui n'était point encore enflammée. Nous sûmes plus tard que ce malade, tourmenté par ses démangeaisons, avait essayé de se débarrasser de quelques-unes de ces tumeurs, les plus saillantes, au moyen d'instruments grossiers.
« Dans les jours qui suivirent, la partie moyenne de la peau du scrotum était déjà convertie en une eschare autour de laquelle se forma bientôt un sillon séparant la partie gangrenée des tissus vivants. Désirant conserver dans toute son intégrité cette eschare gangreneuse qui contenait, dans son épaisseur, les concrétions calcaires de la peau scrotale mortifiée, nous l'avons peinte chaque jour avec la créosote pour la mortifier sur place, ce qui nous permit de la détacher toute entière avec les ciseaux des parties sous-jatentes, et d'en faire une préparation pathologique sèche.
« Comme il arrive d'ordinaire dans les cas de gangrène du scrotum, les testicules, d'abord à nu, se couvrirent bien vite de bourgeons charnus : les parties latérales de la peau du scrotum vinrent, au fur et à mesure de la cicatrisation, se réunir sur la ligne médiane, de sorte que le malade guérit avec un scrotum ferme et non pendant, formé de portions de peau qui contiennent encore une foule de concrétions pierreuses.
« Mon honorable collègue, M. Ylacovich, professeur d'anatomie, a bien voulu
dut. esc. 2e s. IX. ?
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examiner au microscope la structure de ces tumeurs : il les a trouvées formées d'un petit sac, de couleur blanche, sans ouverture, contenant du carbonate de chaux mêlé à une substance organique amorphe et à de la graisse. Les parois du. sac sont épaisses et formées de tissu conjonctif compacte, infiltré dans ses couches concentriques de petits grains calcaires. La surface interne était lisse, sans qu'llu'lium.
« De petites concrétions calcaires se trouvant aussi dans le stroma même deparois du sac, on peut en induire que ces tumeurs n'ont pas leur origine primitive dans le contenu même des glandes sébacées... »
C'est cette dernière analyse microscopique qui nous fait rattacher cette remarquable et rare observation au molluscum fibrome.
Leur étiologie est assez obscure, on les a vus naître chez des personnes affaiblies par de mauvaises conditions hygiéniques. Nos deux malades appartenaient à la classe pauvre. La femme citée par Vanzetti vit naître ces tumeurs à la suite d'une infection paludéenne qui lui dura trente jours.
La grossesse semble prédisposer certaines femmes aux molluscum des parties génitales externes et à ceux de la région du cou.
La consanguinité jouerait un certain rôle, du moins si l'on en juge par la communication faite au Médical Sur gical Society, dont parle le docteur Murray, médecin adjoint et professeur à l'hôpital de Middlesex (Gaz. medic. hebdom.T 1875, p. 222). En raison de l'importance et de la rareté du fait, nous citons in extenso1.
« Le docteur Murray présenta à la Société médico-chirurgicale trois enfantsatteints d'une curieuse affection de la peau à des degrés divers, et qui tous trois appartiennent à la même famille et sont issus d'un mariage entre cousinsgermains.
« L'aînée, une jeune fille de sept ans, présentait une série de tumeurs cutanées à la face, aux oreilles, au cou, aux doigts et aux orteils ; celles de la face oui l'apparence de verrues plates, celles des oreilles sont des excroissances formées autant aux dépens de la peau que du tissu conjonctif sous-jacent. Elles sont appendues à la circonférence de l'hélix. Au cou ces tumeurs peuvent être comparées à de grandes verrues réunies en groupe, pâles et reluisantes à la surface, aux doigts des tubercules mous et isolés en petit nombre.
Le fait le plus remarquable dans l'histoire de cet enfant, est l'apparition rapide et successive de tumeurs considérables de tissu conjonctif, atteignant la grosseur d'une orange à la face, au cuir chevelu, sur le tronc et les extrémités. Elles étaient précédées par une extravasation sanguine qui leur donnait une coloration foncée. Leur formation était rapide. Elles étaient incolores et relativement molles et élastiques, au niveau des os le périoste était épaissi.
Leur apparence se rapprochait tantôt d'un naevus, tantôt d'un kyste, mais en les ponctionnant ou ne donnant issue qu à du sang. Les phalangettes des doigts à une exception près et plusieurs de celles des orteils étaient augmentées de volume, et avaient environ de cinq à six fois la grandeur naturelle. Les ongles correspondants étaient hypertrophiés et présentaient des rainures transversales. L'apparition de ces tumeurs était signalée par une élévation de température qui persistait pendant quelques jours; au niveau du cuir chevelu elles se sont ulcérées et mortifiées.
1 Dans ces recherches l'auteur n'a pas trouvé d'exemples analogues dans la science.
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« Les gencives présentent une hypertrophie considérable et recouvrent presque complètement les dents. Apparence fongueuse et papillonnateuse : grande dureté* aucune tendance à saigner. Elles recroissaient très-rapidement quand on les avait excisées.
L'affection cutanée est distribuée à peu près symétriquement surtout le corps. Pas d'engorgement ganglionnaire, viscères sains. Le sang et l'urine ne présentent rien d'anormal, l'enfant est sourde mais très-intelligente.
« Les deux autres enfants âgés l'un de quatre ans, l'autre de deux ans, sont affectés de la même maladie des gencives et de la peau, mais dans un degré beaucoup plus faible : le second présente seulement, depuis quelque temps, une hypertrophie de la phalangette à l'un des doigts; il est macrocéphale. Les oreilles ont une insertion très-oblique. Son état moral et mental ne sont pas parfaitement normaux, il y a peu d'espoir de le voir parler.
« Les parents sont cousins germains, ils jouissent d'une bonne santé. Ni scrofule, ni syphilis dans leur histoire. La grand'mère des enfants est morte phthisique : tous les autres membres de la famille sont bien portants : ils ne présentent aucune trace de la maladie cutanée que nous venons de décrire.
L'affection cutanée a commencé chez les trois entants peu de temps après U naissance. Ils sont nés tous trois dans une habitation humide et misérable, et ont été élevés dans de déplorables conditions hygiéniques. L'aîné qui a dix ans et se porte parfaitement bien, a été dans de meilleures conditions dans les premières années de son existence. Plusieurs de ces tumeurs ont été enlevées e! examinées au microscope, elles ont présenté les caractères du fibrome et dans quelques parties une certaine ressemblance avec le cartilage. L'auteur pense qu'on doit les regarder comme des spécimens de molluscum fibrosum. »
A l'occasion de la dernière variété du molluscum, nous dirons quelques mots de leur diagnostic différentiel et sur celui qui peut exister entre elles, et quelques productions pathologiques voisines au moins sous le rapport des caractères extérieurs.
Tous les traitements internes sont jusqu'à ce jour restés inefficaces : sulfureux, iodiques, mercuriaux, etc., tout a été essayé, rien n'a réussi. En pouvait-il être autrement : le processus pathologique de ces productions étant inconnu, il doit en être de même de leur médication.
Toutelois la pratique a démontré la nécessité et l'innocuité de l'extirpation appliquée à ces tumeurs, gênantes par leur poids, leur volume et leur siège. Plusieurs auteurs, tels que Ghassaignac, Desnos, Rigaud en France, Dick eu Angleterre, Heyland en Allemagne, ont fait d'heureuses amputations. Il a suffi de leur appliquer les procédés opératoires mis en usage pour les lipomes pédicules, il serait inutile de rappeler les détails.
Une circonstance à noter, c'est qu'à la suite de la disparition de ces grosses tumeurs, les autres n'ont pas pris d'accroissement plus rapide. J'ai vu de plus la cicatrice bien formée et persistante sans reproduction nouvelle sur place du tissu pathologique.
III. Molluscum lympho-adénique. Mycosis fongoïde, pian fongoïde (Alibert, Bazin), cancer mollusciforme (Rayer). Sans entrer dans tous les détails que comporterait la description de cette affection faite par M. -Bazin et reproduite par son élève, M. R;>udot (loc. cit., p. 954), je dirai cependant que ces tumeurs sont précédées quelques années à l'avance de poussées successives de taches d'une coloration rougeàtre foncée, prurigineuses. A l'endroit de ces taches ou
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dans leur intervalle poussent de petites tumeurs du volume d'un pois à une noix, quelquefois plus grosses. Elles sont orbiculaircs, rougeâtres, assez semblables comme aspect extérieur à des morilles ou des tomates : la peau qui les recouvre est lisse et tendue; leur consistance est ferme, élastique, à leur niveau la sensibilité est émoussée, voire même éteinte.
Pour mon compte, comme je l'ai dit plus haut, j'ai enlevé du conduit auditif externe d'une jeune fille de vingt ans une tumeur pédiculée, piriforme, élastique, d'une teinte blanche analogue à celle de la membrane du tympan. Ce qui prouve, pour le dire en passant, que ce genre de molluscum n'a rien de spécial dans les caractères extérieurs : j'ajouterai même que son évolution se rencontre dans le molluscum fibrome; ainsi dans la communication du docteur Murray {loc. cit., p. 224, Gaz. heb., 1873), on lit que l'apparition rapide et successive de ces productions pathologiques était précédée d'une extra vasation sanguine : à leur début elles avaient une coloration foncée disparaissant plus tard. La constitution histologique de ces tumeurs en fait rigoureusement leur caractère distinctif. D'après MM. Ramier, Gillot, Landouzy, Deboves et Domange, une coupe du tissu préalablement durci à l'acide chromique et lavé au pinceau, donnerait un réseau fibrillaire analogue à celui des ganglions lymphatiques. Dans les mailles du réseau se trouveraient déposées des masses de cellules analogues à celles contenues dans ces mêmes organes.
La tumeur que nous avons extraite du conduit auditif offrait, sur une coupe à l'état frais, un liquide légèrement blanchâtre que l'on extrayait facilement par la pression du tissu spongieux, formant l'ensemble de la production pathologique. Le liquide examiné au microscope contenait des masses de globules • nalogues à ceux des ganglions lymphatiques, et une coupe de la tumeur préalablement macérée dans l'acide chromique, lavée et brossée au pinceau donnait un réseau fibrillaire rappelant exactement celui d'une glande lymphatique. M. le professeur Morel conserve dans sa riche collection des coupes de cette provenance.
La vie semble plus active dans le molluscum fongoïde que dans les autres. 11 peut disparaître spontanément pour renaître ensuite : d'après Bazin, il céderait quelquefois ou se modifierait sous l'inlluence d'un traitement analogue à celui de la syphilis.
Mais, en général, ces tumeurs en s'accroissant se ramollissent, se perforent et donnent lieu à des ulcérations de mauvais aspect. Il s'en écoule un liquide épais, verdàtre, qui se durcissant et se convertissant en croûtes, arrête sous elles une sanie fétide : en se détachant, ces croûtes laissent voir des surfaces blafardes, hérissées de végétations fongueuses.
Ces ulcérations peuvent se cicatriser en laissant des traces indélébiles ; mais aussi elles déterminent le plus souvent du marasme et un état cachectique qui amène la mort.
Evidemment on pourrait dans la physiologique pathologique seule trouver certains caractères distinctifs pour les trois variétés de molluscum folliculaire, fibrome et lymphoadénique ; mais de l'étude précédente il ressort clairement que ces caractères spéciaux doivent surtout être empruntés aux résultats fournis par l'histologie ; ils sont certains, indéniables et relativement faciles à constater. Si les différences s'accentuent facilement ici, il n'en est pas de même pour certaines individualités pathologiques très-voisines du molluscum lymphoadénique, ce qui le prouve c'est la synonymie même acceptée par Rayer dans la
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dénomination de cancer mollusciforme. N'est-il pas évident que cet observateur a vu des cas de cancers cutanés dont l'aspect extérieur rappelait celui des productions pathologiques que nous étudions en ce moment.
J'ai eu pour mon compte l'occasion d'observer un fait de ce genre, où l'analyse histologique n'aurait rien appris.
Il s'agissait d'un jeune homme de vingt-cinq ans : une petite tumeur s'étant montrée sur la surface externe du dos du pied droit, elle fut enlevée, puis brûlée au fer rouge. Peu de temps après, elle se reproduisit sur place ; dans le même moment, sur toute la surface des membres inférieurs s'élevèrent une foule de ces petites tumeurs variables en volume. Une seule à l'aine avait le volume des deux poings ; toutes ces productions avaient leur siège dans l'épaisseur du derme ; elles étaient sous forme de petites masses blanches ou noires ; en grandissant, quelques-unes avaient usé et perforé les téguments, il en était résulté par place de véritables champignons ulcérés, et laissant écouler de la sanie.
Sur le thorax et l'abdomen on trouvait également quelques tumeurs.
Le; ganglions lymphatiques du membre malade et de l'abdomen étaient augmentés de volume.
A l'examen anatomique, le tissu était souple, élastique ; à la coupe il s'écoulait un liquide légèrement lactescent, on en augmentait la quantité en comprimant ou raclant le tissu. Au microscope, le liquide renfermait des éléments globulaires mesurant en moyenne g1^ de millimètre, offrant une parfaite analogie avec le globule blanc du sang. Quelques rares globules plus considérables atteignaient ^ de millimètre, ils étaient chargés de granulations graisseuses.
Ces globules étaient contenus dans un feutrage ou réseau fibrillaire très-fin, analogue à celui des ganglions lymphatiques.
On ne saurait nier la plus grande analogie entre ces observations et celles d'un molluscum lymphoadénique en comparant les signes anatomiques ordinaires et ceux fournis par l'histologie et la physiologie pathologiques, même caractère extérieur, structure intime identique, enfin généralisation sur la surface dermique. Ajouterai-je que dans mon observation il y eut, à trois reprises différentes, malgré l'extirpation et la cautérisation, récidive sur place de la tumeur extraite du conduit auditif externe. Aujourd'hui je ne saurais certifier le résultat définitif.
11 y a incontestablement dans ce genre de tumeur à texture similaire avec le ganglion lymphatique une tendance accusée à revêtir le cachet cancéreux, c'està-dire jouir du fâcheux privilège de se reproduire sur place, de se généraliser dans l'organisme et de s'accompagner d'une cachexie spéciale suivie de mort.
On sait, en effet, aujourd'hui que la caractéristique des affections cancéreuses loin de résider dans une structure histologique connue n'existe que dans cette fatale propriété que peut posséder un tissu quelconque, de se développer sur place et de se généraliser.
Ce qui précède justifie la synonymie de Rayer en l'appuyant toutefois sur une forme histogéuique précise.
Sa facilité à se reproduire, sa puissance à se généraliser rend le pronostic du molluscum lymphoadénique plus grave, plus dangereux que celui des deux autres variétés.
M. Bazin croit qu'un traitement tonique uni au traitement meromicl, analogue à celui de la syphilis, a pu produire des guérisons. Je ne saurais nier de
tels succès sur des lésions où la nature histogénique n'a pas toujours été nettement déterminée.
Mais ce que j'ai vu m'engage à être fort circonspect sur la question de la curabilité radicale de ces tumeurs lymphoadéniques. Chez notre jeune fille le traitement ioduré interne a été totalement insuffisant.
Que dirai-je du traitement chirurgical ; extirpation suivie de cautérisation ; il a échoué entre mes mains : et MM. Bazin et Domange (loc. cit., p. 395 et 30) nous disent que leurs malades ont succombé le plus souvent sous l'influence de la marche de l'affection. Cette différence est profonde entre le molluscum lymphoadénique et les molluscum folliculaire et fibrome. Dans ces deux dernières variétés, l'extirpation ne s'accompagne pas ou rarement de reproduction locale ; la cachexie et la mort ne sont indiquées par aucun auteur. Michel.
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MOLLUSQUES (Mollusca). Les mollusques constituent l'un des grands embranchements du règne animal ; c'est Cuvier qui les a distingués des autres et appelés comme on le fait aujourd'hui. La dénomination qu'il leur a imposée est la traduction du. mot Moiï.ayjia qui se trouve déjà dans Aristote, mais appliquée à une partie seulement des groupes que nous réunissons sous le même titre, c'est-à-dire aux céphalopodes ; Linné s'en est aussi servi et l'a étendue aux échinodermes ainsi qu'à une partie des vers intestinaux et des zoophytes et en ne prenant des mollusques véritables que ceux qui ont le corps inarticulé et dépourvu de coquilles. Il donnait en effet pour caractère principal à ce groupe artificiel la mollesse du corps chez les animaux qu'il appelait mollusques au lieu de considérer les caractères d'organisation qui distinguent spécialement les invertébrés à corps mou auxquels le nom de mollusques doit rester en propre, que ces animaux soient ou non pourvus de coquilles. Les testacés de Linné étaient formés de la réunion des animaux qui ont au contraire le corps protégé par une coquille et des vers à tuyau dont l'enveloppe est aussi de nature calcaire. De Blainville a accepté les rectifications proposées par Cuvier et il en a lui-même fait de nouvelles qui ont aussi une importance réelle; les mollusques sont ainsi devenus l'un des grands types, c'est-à-dire des grandes divisions entre lesquelles on partage les animaux. 11 a même donné à ce type un nom nouveau.
■celui de Malacozoaires (malacozoa) . Cuvier divisait les mollusques ou malacozoaires en céphalopodes (poulpes, seiches, calmars, nautiles, ammonites et céphalopodes microscopiques ou foraminifères) ; ptéropodes (clios, pneumodermes, hyales, etc.); gastéropodes, partagés en pulmonés, nudibranches etpeclinibranches, acéphales partagés par certains auteurs en acéphales testacés ou lamellibranches et acéphales sans coquilles, répondant aux tuniciers de Lamarck ; brachiopodes (lingules, térébratules, orbicules) et cirrhipèdes (anatifes et balancs) et il les plaçait immédiatement après les vertébrés à cause de la perfection de leurs oraanes de nutrition.
De Blainville fut d'avis que les mollusques doivent être précédés dans la hiérarchie animale non-seulement par les vertébrés mais aussi par les articulés •et il changea les noms acceptés par Cuvier pour les principaux groupes de cet embranchement ; en outre, il admit que les oscabrons dont Cuvier faisait un genre de l'ordre des gastéropodes, constituent la transition des mollusques mx articulés et qu'il en est de même, sous d'autres rapports, par les cirrhipèdes.
Les progrès de la science ont fait voir que les oscabrions étaient bien des gastéropodes, mais qu'il fallait, éloigner complètement les cirrhipèdes des mollusques pour les reporter parmi les crustacés. Il a d'ailleurs été aussi démontré que de Blainville avait eu raison de contester aux prétendus céphalopodes microscopiques le caractère de mollusques, et qu'il fallait, comme il l'a fait, «attacher à l'embranchement des mollusques, les polypes à panaches de Trembley, ainsi que leurs représentants marins, ce qui constitue la classe des bryozoaires. Ces animaux sont en effet peu éloignés des ascidies par l'ensemble de leur organisation. A ces modifications viendra sans doute s'en ajouter une autre qui consistera à retirer de l'embranchement qui nous occupe, les brachiopodes que leur structure éloigne trop des mollusques véritables pour qu'on les laisse avec eux ; mais de Blainville n'avait encore aucun motif pour la prévoir, les brachiopodes étant peu connus de son temps dans les détails de leur anatomie et leur mode de développement étant alors complètement ignoré. Les gastéropodes de Cuvier, les ptéropodes et les hétéropodes de Lamarck ont été réunis •en une classe unique par de Blainville sous le nom de céphalidiens qui rappelle Ja petitesse de leur partie céphalique.
Les mollusques ont le corps mou, inarticulé, partageable en tête et eu troue seulement, souvent même indivis, la tète et le tronc ne se distinguant pas l'un de l'autre; leur enveloppe générale qui jouit souvent d'une grande conlractilité est appelée le manteau. Ils n'ont pas comme les condylopodes des appendices articulés servant à la locomotion et leur peau reste muqueuse, adhérente aux muscles et indivise. La peau des céphalopodes renferme des cellules pigmentaires •contractiles auxquelles on a donné le nom de ebromatophores et qui jouent un grand rôle dans les changements de couleur des mollusques de ce groupe.
Les organes des sens sont très-imparfaits et l'on a encore des doutes sur le siège véritable de la gustation, qui paraît être à l'entrée du tube digestif, ainsi que de l'olfaction qui réside probablement, du moins chez les gastéropodes ordinaires, dans la plus petite paire des tentacules de ces animaux. Les yeux sont simples; chez les céphalopodes, ils rappellent mais avec un m indre degré de complication, la structure propre aux mêmes organes chez les poissons; les céphalidiens (gastéropodes, hétéropodes et ptéropodes) les ont plus imparfaits encore et chez les acéphales on les trouve parfois en nombre multiple, rangés
sur les bords du manteau, ce qui a lieu par exemple chez les peignes. L'oreille est réduite à une simple capsule constituant un vestibule rudimentaire, qui reçoit le nerf acoustique. Cbcz les céphalopodes, elle est placée au-dessous de la tète et logée dans une double cavité du cartilage cépbalique.
Le système nerveux est principalement formé d'un collier oesophagien comprenant un certain nombre de ganglions qui répondent au cerveau des autres animaux, et fournissent les nerfs de la sensibilité spéciale, ceux de la sensibilité générale et ceux de la locomotion. Il n'existe pas de chaîne ganglionnaire, mais certains nerfs viscéraux sont renflés à leur extrémité qui prend un développement proportionnel à la masse des organes auxquels ils se rendent.
La locomotion s'exécute par des moyens assez divers. Les céphalopodes peuvent avoir des nageoires latérales ou terminales sur la partie de leur corps qui représente le tronc; ils ont en outre sur la tète des expansions tentaculiformes auxquelles on a donné le nom de pieds et qui chez les céphalopodes ordinaires sont garnies de ventouses.
Dans le plus grand nombre des cas, le corps est protégé par une coquille, composée d'une ou de plusieurs pièces. C'est une production organique dépendant de la peau et encroûtée de substance calcaire. Cette coquille affecte dans la série des mollusques une grande diversité de formes. La vivacité des couleurs de certaines coquilles unie à 1 élégance des contours chez beaucoup d'entre elles les ont fait de tout temps rechercher par les curieux, et jusqu'aux travaux de Poli, de Cuvier ainsi que de Blainville, la conchyliologie a été à peu près la seule partie de l'histoire des mollusques cultivée par les naturalistes. Elle a eu le mérite de conduire à ce résultat remarquable qu'en comparant les coquilles des espèces actuellement existantes avec celles laissées par les mollusques qui ont vécu à des époques géologiques antérieures à la nôtre, on est arrivé à établir que ces dernières diffèrent comme espèces, parfois même comme genres ou même comme familles de celles qui se forment de nos jours, et que l'apparition successive de ces animaux a été subordonnée à des règles fixes, en rapport avec la succession des temps pendant lesquels ils ont apparu et les conditions de température au sein desquelles ils ont vécu. C'est ainsi que l'on a reconnu les ammonites, mollusques anéantis de la classe des céphalopodes, les divers genres de nautiles éteints qui diffèrent des nautiles actuels, beaucoup de céphalidiens et d'acéphales dont les espèces ne se rencontrent que dans les anciennes formations et parmi eux les rudistes dont les formes sont si singulières, ainsi que les spirifères, les productus et d'autres brachiopodes très-différents de ceux de nos jours. L'étude comparative des coquillles propres aux terrains anciens avec celles aue l'on trouve maintenant dans les mers ou à la surface du sol, a aussi reuau à la géologie des services importants. Envisagées en ellesmêmes, les coquilles se partagent en univalves et bivalves : les oscabrions sont même plun valves. Tous les bivalves sont lamellibranches ou brachiopodes. Quant aux univalves il y en a qui ne sont formées que d'une seule cavité, d'autres en possèdent au contraire plusieurs et ils sont reliés entre eux par un tube ou siphon ; ce sont alors des coquilles polythalames siphonées. On ne les connaît que chez les céphalopodes. Certains mollusques appartenant à cette c'asse ainsi qu'aux céphalidiens et aux acéphales, manquent absolument de coquilles. Tous les mollusques ont le canal pourvu de deux orifices ; leur bouche est souvent armée de dents simples ou multiples, dont on a fait dans ces derniers temps un examen attentif, espérant y trouver des indications plus précises pour
une bonne classification de ces animaux. La position de l'anus varie : le foie est habituellement congloméré; mais chez beaucoup de nudibranches, il affecte la forme de tubes.
Les mollusques ont presque toujours un système circulatoire complet, et dans la majorité des cas pourvu d'un cœur distinct avec un ventricule et une ou même deux oreillettes. A l'inverse de celui des poissons, ce cœur est placé sur le trajet du sang qui revient des organes respiratoires pour être lancé dans les différents organes; il répond donc au cœur gauche des vertébrés supérieurs et non, comme celui des poissons, à leur cœur droit. Les vaisseaux sanguins des céphalopodes présentent cette remarquable particularité que les deux systèmes qui les constituent, répondant l'un au sang oxygéné ou hématose et l'autre au sang chargé d'acide carbonique et qui revient des différentes parties du corps à la nutrition desquelles il a été employé, sont distincts l'un de l'autre, et que les cœurs dépendant de chacun d'eux restent séparés, ce qui fournit une démonstration éclatante à l'appui de la théorie des deux cœurs distincts par laquelle on explique la conformation de l'organe central de la circulation chez les vertébrés aériens. Quelques espèces ont le plasma du sang coloré en rouge. On sait que les mollusques ont tantôt des organes de respiration pulmonaire (limaces, hélices, limnées, planorbes, onebidies), tantôt et le plus souvent des branchies ; mais leurs prétendus poumons ne diffèrent des branchies, que parce qu'ils sont rentrés dans une cavité particulière et appliqués contre les parois de cette cavité. Les branchies affectent des conformations diverses ; elles ne sont pas non plus toujours en même nombre. On y a recours pour établir la classification naturelle des mollusques, les coquilles ne fournissant pas des caractères aussi précis malgré les rapports évidents de leurs formes avec la disposition spéciale des organes respiratoires. D'ailleurs les coquilles peuvent manquer et les autres organes ne conduisent pas à des résultats aussi certains que ceux que l'on tire des voies respiratoires. Les mêmes animaux possèdent aussi des organes urinaires, mais ils sont encore peu connus. Leur corps est le siège de plusieurs sécrétions spéciales : telles que la liqueur noire des seiches et de certains autres céphalopodes, la pourpre de plusieurs gastéropodes marins, etc.
Quant aux organes reproducteurs, leur complication varie beaucoup avec les groupes que l'on étudie. Tantôt ils sont portés par des individus différents, les uns mâles et les autres femelles, tantôt réunis sur le même individu. C'est ce que l'on constate non-seulement pour les céphalopodes mais aussi pour la plupart des mollusques marins de la division des gastéropodes et pour un certain nombre d'acéphales. Il peut arriver chez ces derniers que la même glande fournisse alternativement des ovules et des spermatozoaires, ce qui a lieu, assure-ton, pour les huîtres et pour certaines espèces de peignes; d'autres fois les sexes paraissent distincts, même chez des acéphales. Il existe, au contraire, des céphalidiens qui ont les organes mâles et les organes femelles réunis sur le même individu, mais sans pouvoir se féconder eux-mêmes ; les limaces, les hélices, les lymnées et les planorbes, c'est-à-dire des mollusques aériens ou pulmonés, en sont autant d'exemples. Il est fréquent de rencontrer des spermatophores chez les mollusques ; ceux des céphalopodes sont connus depuis longtemps et les pêcheurs ont aussi remarqué de temps immémorial que chez certains poulpes, plus particulièrement chez le poulpe de Caréna, un des appendices tentaculiformes est modifié pour venir en aide à la fécondation. La même chose a lieu chez les mâles des argonautes. On sait aujourd'hui que les individus de ce der-
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nier genre qui ont deuv des bras palmés sont les femelles et que leur prétendue coquille n'est qu'un nid calcaire destiné à protéger leurs œufs.
Peu de mollusques naissent avec la forme qu'ils devront conserver ; la plupart subissent, au contraire, des métamorphoses. A la première catégorie, celle des mollusques sans métamorphoses se rapportent les céphalopodes dont la vésicule vitelline est insérée sur l'œsophage et les limaces ainsi que des autres pulmonés qui l'ont sur le dos. Chez les autres animaux de cet embranchement, il n'y a pas de vésicule vitelline distincte, mais transformation directe du vitellus en embryon et leur premier âge est, en général, une sorte de larve fort différente par sa forme des animaux adultes de la même espèce; la métamorphose est alors évidente. Les gastéropodes marins sont pour la plupart dans ce cas et ils possèdent d'abord une sorte de vélum cilié qui disparaîtra ultérieurement. Une forme larvaire différente s'observe chez des ptéropodes. Les jeunes des doris et ceux des éolides ainsi que de tous les nudibranches pourvus de branchies dorsales tentaculiformes et dont le foie est divisé en canaux multiples au lieu de former une glande conglomérée, ont d'abord une coquille qu'ils perdent lors de leur métamorphose. 11 y a aussi des changements analogues chez les acéphales. L'huître naissante est, de son côté, très-différente de l'huître adulte par l'appareil cilié qu'elle porte au-dessous du corps et qui lui sert à exécuter les mouvements dont elle est alors capable. Les ascidies ont en sortant de l'œuf une forme qu'on ne saurait comparer qu'à celle des têtards. Leur queue disparaîtra bientôt comme celle de ces derniers, alors que ces ascidies se fixeront. La queue qui distingue leur premier âge présente dans certaines espèces une sorte de corde dorsale qui, dans ces derniers temps, a vivement excité la curiosité des naturalistes et a fourni le sujet de discussions intéressantes qui ne sont point encore épuisées. Quelques-uns ont cru que c'était là une preuve de l'analogie de structure existant entre les tuniciers et les vertébrés intérieurs, plus particulièrement avec les amphioxus ou branchiostomes dont le mode de développement a d'ailleurs quelque rapport avec celui des ascidies, et, forts de cette ressemblance, ils ont voulu rattacher l'embranchement des mollusques à celui des vertèbres par ces mêmes ascidies dont l'embryon aurait une corde coccygienne ce qui les a conduits à voir dans ces animaux la transition généalogique du premier de ces embranchements au second ; alors ils font des vertébrés la descendance directe des mollusques par l'intermédiaire des ascidies ; ce qui ne laisse pas d'être hardi, même si l'on' accepte les idées des naturalistes qui croient à la transfiguration illimitée des espèces.
Rappelons en terminant quels services l'homme peut tirer des mollusques. Leurs coquilles lui fournissent la nacre, les perles et la matière première de certains camées. On peut, dans quelques cas, les employer entières après les avoir décapées pour les rendre brillantes en faisant apparaître leurs couches irisées ou même sans qu'il soit nécessaire de recourir à cette opération. Depuis les temps les plus reculés un semblable emploi ornemental des coquillages a eu lieu et l'on en trouve déjà de perforés dans les amas de débris travaillés que nous ont l;i issés les hommes de l'époque paléolithique (époque de la pierre taillée). Aujourd'hui les peuples de l'Océanie et de l'Afrique centrale s'en font aussi des couronnes, des boucles d'oreilles ou d'autres parures de formes plus ou moins différentes, et il est d'autres applications de ces produits naturels. Mais nous devons surtout parler de l'usage alimentaire que l'homme fait des mollusques. Sur tous les points du globe il recherche ces animaux pour sa nourriture et il
n'est pas de groupe de mollusques qui ne lui fournisse des espèces utilisables sous ce rapport ; on est étonné lorsque l'on visite certains ports de mer du nombre de mollusques que l'on y apporte vivants sur les marchés et du goût que les gens du peuple ont partout pour ces sortes de friandises. Mais ce sont surtout les céphalopodes qui sont employés comme aliments. Les calmars, les sépioles, les poulpes, ainsi que les seiches sont, en effet, d'un usage journalier sous ce rapport. Aux Seychelles et ailleurs on mange les nautiles dont on conserve même la chair par dessiccatiou comme le font les marins de nos pays pour celle des céphalopodes ordinaires. Les gastéropodes marins qui servent à l'alimentation sont aussi très-nombreux et il en est beaucoup que l'on mange, comme les paiclles et d'autres, par exemple, le Murex brandaris, le buccin, le triton, etc., qui sont préparés de diverses manières. Le .premier de ces mollusques est très-employé sur les bords de la Méditerranée et l'on fait en Angleterre une grande consommation du second. N'oublions pas non plus le vignot, espèce du genre littorine dont il se vend ebaque jour des quintaux dans la ville de Londres. Beaucoup de lamellibranches se mangent aussi, soit crus, soit cuits. Les huîtres et les moules sont les plus recherchées sous ce rapport et l'on sait quels soins on prend en beaucoup de lieux pour les multiplier et en améliorer la chair. Le commerce des huîtres a une importance considérable, aussi s'est-on beaucoup occupé dans ces dernières années des moyens de les multiplier et d'en perfectionner la culture. D'autres conchifères ou acéphales lamellibranches dont l'emploi est aussi très-répandu sont les venus dont les plus estimées sont les prairies de l'étang de Berre (Venus verrucosa), les claunisses ou clauvisses de l'étang de Thau (V. decussata et V. virginea). A cette catégorie d'aliments appartiennent aussi les spondyles, les jambonneaux, les bucardes et d'autres encore. 11 n'est pas jusqu'à la famille des ascidies qui ne nous fournisse quelques-unes de ses espèces, et dans le Midi on fait une assez grande consommation de l'ascidie mocrocosme (Cynthia microcosma).
Les mollusques terrestres sont également estimés et, parmi eux, certaines espèces d'hélices au nombre desquelles figurent plusieurs formes propres à nos pays : Hélix pomatia ou escargot des vignes, H. aspersa (escargot gris), II. lactea ou escargot laiteux propre au Midi et à l'Espagne; H. naticoïdes du pays de Nice ; H. pisana ou rhodostoma, espèce plus petite, que l'on nomme Cagaraouletta, en Languedoc. Ces mollusques peuvent être mangés crus, mais habituellement on les fait cuire et les soins apportés à leur préparation peuvent en faire un mets aussi estimable que susceptible de variété. On s'en sert aussi pour la préparation de pâtes pectorales ou en bouillon destinés aux personnes qui ont la poitrine délicate.
On a beaucoup exagéré anciennement les dangers résultant de l'usage de certains mollusques. Ainsi, au rapport de Pline, de Paul d'Egine, etc., Vaplysie donnerait lieu à des empoisonnements mortels ; l'expérience a démontré que tout se borne, et encore dans certains cas seulement, à du malaise et à des vomissemenls. Les hélices peuvent très-réellement devenir toxiques dans les cas où elles se nourrissent de substances vénéneuses (solanées vireuses, digitale, etc.). On connait les accidents que déterminent quelquefois les huîtres, mais surtout les moules (voy. ces mots).
On avait dans l'antiquité attribué des vertus aphrodisiaques à certains mollusques (poulpes, seiches, etc.); l'os de la seiche pulvérisé jouait un grand rôle dans la thérapeutique contre les maladies des yeux, la gravelle, les dermatoses.
108 MOLUCELLE.
La limace était regardée chez les Romains comme une sorte de panacée, et même figurait sur la toilette des dames comme un excellent cosmétique pour adoucir la peau. P- Gervais.
Bibliographie. — De Blainville. Manuel de malacologie et de conchyliogle, in-8°, avec allas. 1825. — Woodward (S.-P.). A Nanual of the Mollusca or Rudimentary Trealise of Récent and Fossil S/iells, 1 vol. in-12. Londres, 1851-1856, trad. franc., par A. Huhbert. P. G.
molly. Voy. Moly.
MOLOcn. Genre très-singulier de reptiles sauriens, propre à la Nouvelle- Hollande, dont on doit la première description à M. Gray. Il rappelle, par son apparence extérieure, les Phrynosomes de l'Amérique équatoriale, mais son mode de dentition doit le faire attribuer aux aganiens et non aux iguaiiiens. Les molochs sont, en effet, acrodontes au lieu d'être pleurodontes, comme le sont les espèces de ce dernier groupe. Leurs dents ont une forme particulière, et les épines dont leur tête est surmontée sont de simples prolongements du derme ait lieu d'être des saillies osseuses du crâne, enfin des tubercules répandus à la surface de leur peau, qui les font remarquer, ajoutent à leur aspect hideux. Les molochs sont cependant des animaux inoffensifs. P. Gerv.
MOLOSSE (Molossns). Groupe de chéiroptères de la famille des Vespertilionidés ou chauves-souris, dont les espèces divisées en plusieurs genres sous les noms de dinops, dysopes, myoptères, chéiromèles, nyetinomes, etc., habitent les deux continents, mais dans leurs parties chaudes ou tempérées seulement. Ces animaux sont remarquables par leur grosse tête, leurs oreilles arrondies, comme ourlées à leur pourtour et sans oreillon; par leurs lèvres épaisses, et. dont les supérieures sont en lippes plus ou moins frangées ; par leur queue dépassant de moitié la membrane inter-fémorale ; enfin par les soies roides que l'on voit sur leurs doigts de derrière.
Les molosses sont insectivores. Il en existe une espèce dans lemidi de l'Europe, le Dinops Cestoni, qui se rencontre aussi en Algérie et en Egypte. P. Gerv.
MOLLXELLE ou holi'qee. Molucella ou Moluccella L. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées. Les espèces de ce groupe sont herbacées ou ligneuses, et remarquables, dans la famille des Labiées, parla forme et la grandeur de leur calice persistant, beaucoup plus large que la corolle, à limbe évasé en cloche, réticulé et bordé de dents épineuses. En outre, les fleurs ont une corolle monopétale, à tube court, à limbe muni de deux lèvres écartées, l'une supérieure droite et concave, l'autre trilobée ; quatre étamines didynames placées sous la lèvre inférieure. Le fruit est formé de quatre lobes triangulaires, élargis en haut, tronqués au sommet.
Les Molucella contiennent un petit nombre d'espèces, dont la plus intéressante est :
Le Molucella lœvis, L., nommé vulgairement mélisse de Constantinople. Cette plante croît en Orient, particulièrement en Syrie. Ses tiges herbacées, fermes, épaisses, rameuses, ont de 50 à 60 centimètres de haut. Les feuilles opposées longuement pétiolées sont plus ou moins orbiculaires, ovales ou cunéiformes à la base, dentées en scie sur les bords dans les trois quarts supérieurs. Les fleurs ont un très-large calice, dont le limbe presque entier est à peine épineux, qui forme ainsi une sorte d'entonnoir, au centre duquel se trouve une corolle bilabiée de couleur blanche.