‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.62Chapitre 11 sur 61 · iO lo o --« o !--: o o i · texte numérisé non relu

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même temps comment h\ statistique, convenablement interrogée, peut devenir nn instrument de précision.

M . Rapport des mort-nés à terme et des mort-nés avant terme. Je terminerai par un renseignement précieux que nous fournit encore M. le docteur Janssens, sur la ville de Bruxelles ^ et qui nous donne pour une période de onze ans (1864-74), la distribution suivante : pour 1000 mort-nés, 575 sont réputés nés à terme et 427 avant terme; de ceux-ci 158 sont nés du sixième au septième mois, 185 entre le sixième et le septième, et 104 entre le septième et le huitième mois.

42. Renseiçpiements sur les avortons. En outre, bien que la loi n'oblige pas à l'inscription des avortons (fœtus âgés de moins de six mois), on en a relevé 244 en sus, et en regard des 1000 mort-nés (ou réputés tels) expulsés après leur sixième mois; ces 244 avortons se distribuaient ainsi : 12 avant lafm du deuxième mois, -41 entre le deuxième et le troisième, 66 de trois à quatre mois, 108 de quatre à cinq mois, 17 après cinq mois et avant six, distribution qui se rapporte bien plutôt aux raisons que les familles peuvent avoir de faire procéder à nn enterrement i^i'à la fréquence respective des avortements.

45. Rapport des sexes à chaque âge des mort-nés. Cej^endant il n'est pas sans intérêt d'étudier la distribution des sexes dans les relevés des mort-nés à chaque âge, que nous devons encore an médecin démographe de la municipalité de Bruxelles ; or, il résulte de cette distribution :

1'' Que pour les mort-nés âgés de 6 à 7 mois, on compte, par 100 filles, 405,7 garçons;

2" De 7 à 8 mois, le rapport est de 100 filles contie 125 garçons ;

5" De 8à 8 mois et demi, de 100 contre 115. Pour l'ensemble des morts avant terme, le rapport des sexes est : : 100 : 1 14, mais seulement 1 1 2 si on ne compte que les vrais mort-nés, et 122 pour les faux;

4° Mais pour les mort-nés à terme, ce môme rapport des sexes s'élève, ])o;ir l'ensemble des présentés sans vie, à 100 : 137 ; — à 156 pour les vrais mort-nés et 158 pour les faux.

Dans tous les cas (1864-74), sur 100 filles mort-nées à Bruxelles, il va 125 garçons mort-nés, tandis qu'en France il y en a 156. différence qui résulte au moins en partie du grand nombre de naissances illégitimes que comote la ville de Bruxelles et du nombre relativement moindre de mort-nés garçons qu'elles fournissent. En effet, eu considérant les seules naissances légitimes le rapport des sexes devient 150 inort-nés garçons contre 100 filles, tandis qu'il n'est que d-i 113 contre 100 pour les seuls illégitimes.

Quoi qu'il en soit, il résulte de ces nombres que la mortinatalité pour les garçons ne commence à dépasser celle des filles qu'après le septième mois, car ce dont elle semble dépasser entre 6 et 7 mois est le fait de la prédominance du sexe masculin ; mais c'est de 7 à 8 mois que cet exès des mort-nés mâles s'accuse et persiste pour augmenter encore dans les accouchements à terme, ce qui résulte manifestement des cas de dystocie plus fréquents et plus graves pour les garçons à cause de leur plus gros volume.

Mais pourquoi la mortalité intra-utérine commence-t-elle à peser plus lourdement sur les garçons seulement après le septième mois ? C'est un point de physiologie aussi ignoré que la mortalité plus forte de ces garçons pendant tout le cours de la première année (environ dans le rapport de 10 : 12), fait qui, malgré

* Notre obligeant collègue a bien voulu nous envoyer les données inédiles pour la période 1807-74.

sa constance cl. son énergie, avait complètement écliappc à l'observation nicdicaie, tant qu'elle n'observait que les unités, et qui a été mis en évidence par la statistique.

Un"-; conclusion d'une haute importance se dégage encore de as dernières considérations : c'est qu'une différence de fréquence qui est comme 5:6 (par exemple, la différence de deux métliodes thérapeutiques rivales dont les résultais différeraient comme 5 : 6) ne pourrait être appréciée à sa juste valeur que par l'observation des faits collectifs

Enfin nous devons encore aux communications du docteur Janssens de pouvoir dire la part respective des mort-nés issus de chaque catégorie de jiopulation. -C'est ainsi que sur 5337 mort-nés ou mieux déclarés sans vie (dont 707 faux mort-nés) à Bruxelles dans la période 4867-74, il y en a 553 venant des hôpitnix et 998 des indigents, ensemble 1551 provenant des classes nécessiteuses en regard des 1786 issus des autres catégories sociales ! Bien que nous ne puissions, comme il le faudrait, rapporter ces nombres aux naissances fournies par chacune de ces deux catégories, il est manifeste qu'à Bruxelles, oiî l'aisance est répandue, les deux groupes de naissances doivent être bien loin de s'approcher du rapport presque d'égalité (1551 : 1786 1: 100: 115) des morts-nés. Ce qui prouve que la misère, que nous avons montrée si meurtrière pendant toute la durée de l'existence, l'est même avant la naissance.!

44. Conclusions. Comme première conclusion de ce travail, nous croyons ne pouvoir rien faire de mieux que de montrer l'utilité de l'analyse des vrais mortnés dans la détermination de la mortalité de la première enfance, détermination dont l'importance n'est pas contestable. C'est ce que mettra en évidence le petit tableau suivant.

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