SANS CORRECTION
Ainsi, la probabilité de mort ou dîme mortuaire de la première semaine est de 57,25 ; mais si on néglige la correction des faux mort-nés, on ne la trouve que de 27,4, etc. De même, pour l'année entière, on aura 187 à 188 décès sur 1 ,000 naissances vivantes, ou seulement 179 si on néglige la correction. On voit donc par ces exemples que la correction des faux mort-nés a une importance réelle dans la détermination de la mortalité de la première enfance, et que le manque de précision sur ce point frappe de discrédit la comparaison de la mortalité de la première enfance dans les différents [tays. Il importe donc beaucoup que les
nations s'elforcent de perfcctioinier ce chapitre de leur compldjilité respective. Ce sera noire première conclusion.
45. L:i seconde conclusion concerne spécialement notre pays. Il importe ipie notre administralion, que nos législateurs sachent bien (cir la rosponsahilité leur en incombe) que le nombre de nos mort-nés s'accroit contiiiûmenr, tt qne cet accroissemeiit porte aujourd'hui exclusivement sur les naissances illégiLinies, (pi'il s'est |.rononcé notamment depuis que le système de la suppression des tours a triomphé. Nulle part ailleurs que chez nous, l'illégitimité n'est plus productrice de mort-nés, et c'est dire, pour qui sait le fond des choses, d'inlcnilicidcs. En efl'et, l'illégitimité n'augmente le nombre des mort-nés que du quart des mort-nés légitimes en Danemark (100 : 126), de moins de moitié en Suède ou en Belgique; mais elle le double presque chez nous (100 : ll'S) ; et, si l'on considère les seules filles, au lieu de 100 mort-nées, un même nombre de naissances illégiiimes produit 215 mort-nées! C'est un résultat insolite, que la physiologie ne saurait ex[iliquer. Dans le sein maternel le fœtus écliappe à la l)lupart des circonstances fâcheuses de l'illégitimité, ou ne les subit que fort atténuées. C'est ce que témoigne le Danemark par la diiférence, assez faible chez lui, cntio la mortinalalité légitime et l'illégitime; et en tout cas on ne voit pas de raison pour que les causes physiologiques, quelles qu'elles soient, (a|»ahlcs d'augmenter la mortinalalité illégitime, pni-sent être forl différentes chez les Danois et chez nous. Par les résultats pourtant il est manifeste qne, pour les illégitimes, les causes productrices des mort-nés ou prétendus tels sont bicM plus puissantes en France ! .C'est que chez nous, d'une part, l'irresponsabilité légale du père, dont les conséquences pour la mère et l'enfant se sont si fort aggravées depuis quelque dix ans par la suppression successive des tours, a poussé la fille-mère au désespoir; et de l'autre, telle est la sévérité extrême de la loi envers une malheureuse dont l'entendement est profondément troublé par les conditions mêmes de la parturition, que les médecins le plus souvent, et quelquefois les juges eux-mêmes, reculent devant son application. Enfin, que l'on admette ou non l'explication pro] osée, le fait dénoncé subsiste : des pays ijui inscrivent régulièrement leurs m.ort-nés, c'est en France, et en France seulement, que l'illégitimité double le nombre des mort-nés, c'est à-dire accroît gravement et continûment le nombre annuel des infanticides! Caveant Constiles !
I1EKTU.L0X.
MORTOX (Richard). Né en 1655 dans un village du comté de Suflolk. Étudia d'abord la théologie,, puis, ses études terminées, devint chapelain d'une famille noble; mais son indépendance l'obligea à (piilter l'état ecclésiastique. 11 commença alors ses éti-des médicales, et fut reçu docteur en 1670. iMoiton paiait avoir joui d'une grande réputation de piaticicn, et fut un médecin consullant très-recherehé, surtout pour les affections de la poitrine. Il fut l'un des premieis à préconiser le quinquina, et les biographes anglais ajoutent qu'il fut le riv.il de Sydeidiam. Les virus (on dirait aujourd'hui les ferments) faisaient alors le fond des disputes des médecins; Morton lut un ardent adversaire de la méthode antiphlogistique, et partisan de la méthode d\le échauffante. Ilestmorten 1698. Il u laissé les ouvrages suivants :
I. P/illiixiohgin, aeu excrcilatloneu de phlhisi. I.oridrei. 11189, in-S", trad. on anglais, 1094 tt en allemand, '17!sO. — II. l'yrdolo/jin, seu c.rcrcitntiones de morbis univcrsalibus aculis. Londres, 1692, 1G95, in-8°. — III. De /abribus iii/liiinmaloriis. Londres, 1004, in-8»
MORUE (zoologie). 29
— Ses œuvres ont été réiiiiprimécs sous le titre: Opcra omnia. Amsterdam, liJ93, 2 vol, in-S° ; Lcyde, 1697 ; Genève, IT'JT; Ljoa, I7J7, iii-i°. A. D.
MORUE. § I. Zoologie. Poissoii de met' que I.inné appelait Gadits mor- Hiua; il consliliie pour les uaLuralistes actuels, le type du genre Morrh^ia, et isl ceitaiueiiieut l'espèce la plus importante de sa classe sous le double rapport de l'aHmentalion et de la médecine. L:i morue est le type de la famille des gades ou gadidés à la([uelle apparlitim ont aussi le merlan, la merluche et la lotte. Ses caractères distinctifs comme genre consistent dans la présence de trois nageoires dorsales, de deux anales et d'un barbillon place sous rextrémité de la niàcl.oire iiiférieure. L'églefin [Gadus œçjlefinus), le dorscli ou [letite morue [Gadiis callaiias) no limée faux merlan à la balle de l'aris, le capelan ou oflicier {Gadus niimitus) et quelques aulres gades principalement répandus dans les régions septentrionales, appartiennent également au genre morne.
La morue proprement dite atteint trois ou (juatre pieds de long; elle est olivàlre en dessus avec des taches jaunâtres ou brunes sur le dos ; le dessous de sou corps est de couleur cidre. On la prend assez communément sur nos côtes de l'Océan et de la Manche. Dans la mer du INord et dans les régions septentrionales, elle est plus abondante encore, et sa fécondité y est extrême. On eslime à neuf juillioiis le nombre d'œufs contenus dans l'ovaire d'une morue longue de 0'",80 à 1 mèlre. Aussi sa pèche donne-t-elle lieu à une branche considérable d'industrie. C'est surtout sur les côles d'Islande, au Cap Nord, à Terre-Neuve et sur les côtes du Canada (|ue cette pèche est [loussée avec le plus d'activité.
Le nombre des navires de toutes nations qui s'y livrent annuellement est de Sou 6000 environ, et l'on estime que celui des morues ainsi l'ourni à la consommation est de 50,000,000. La somme mise en mouvement est évaluée pour la France seule à 12 ou 15,000,000, sans parler du (;oùt primitif des navires qui ne jaugent pas moins de 48,000 tonneaux et sont montés p;u' 12,000 matelots environ. Cette pépinière de marins donna immédiatement à la France les ."lOOO matelots destinés à l'expédition d'Alger. Sur les 50,000,000 kilogrammes de morue fournis par nos pécheurs, 6 sont consommés aux Antilles; une quantité également considérable est expédiée à la Guyane, à Bourbon et dans nos autres colonies en même temps que les Anglais, les Hollandais et les Américains en transportent sur des jioints encore dilférents du globe; dételle sorte que l'on peut dire sans crainte d'être contredit que la morue est le poisson dont la consommation est la plus considérable. La préparation qu'on lui fait subir eu vue de ces expéditions qui partent les unes des lieux mêmes de la pêche, les autres de nos principaux ports est la salure. A peu près 12 millions de kilogran)mes de morue sont consommés en France, indépendamment de celles lournies par notre petite pêche littorale et qui sont dites Cabeliau du nom hollandais de ce poisson. La morue proprement dite n'existe pas dans la Méditerranée et celle qu'on y mange sur les dilférents points du littoral septentrional, soit sur ceux du littoral méridional, en Grèce, en Italie, en France et en Espagne, provient des pêcheries du Nord. Dans ces dernières, un bateau bien monté, suffisamment pourvu d'appâts et occupant une bonne station peut prendre de 5 à 600 moi'ues par jour. La préparation comporte plusieurs opérations. Il faut d'abord elêter la morne, c'est-à-dire lui retirer la tète et avec elle les viscères abdominaux parmi lesquels sont les glandes génitales et le foie ([ui sont mis à part ; l'ovaire est destiné à être employé comme appât, le foie a fournir l'huile dite de morue qui est [irinc paiement réservée à la médecine. On habille ensuite la morue, ce iiui consiste
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à la fendre longitudinnlement en deux moitiés et à lui enlever l'épine dorsale ;, après quoi on la sale à diverses reprises, et, arrivé au port, on lui donne plusieui's soleils, ce qui consiste à l'étendre sur la grève pour la sécher en lui laissant le sel nécessaire à sa conservation. C'est alors la morue sèche. La morue verte est celle qui n'a pas suhi ce dernier genre de préparation. P. Gerv.
I?IORfE (Huile de foie de). § II. Emploi médical. HISTORIQUE, Les huiles de poisson sont consommées de temps immémorial dans les régions septentrionales des deux hémisphères, tant comme comestibles que comme médicaments. Les Islandais emploient particuhèrement l'huile des morues qui abondent sur leurs côtes. Les Groënlandais, les Esquimaux utilisent celles de baleine, de morse, de |)hoque, et les boivent avec plaisir. Sur le littoral de la Finlande, de la Norwége, de l'Ecosse et de l'Angletenv, de la Hollande et de l'Allemagne du iS'ord, l'empirisme populaire avait de longue date reconnu aux huiles provenant de diverses espèces de gades des propriétés contre les douleurs névralgiques et rhumatismales, contre les maladies de langueur ; mais les médecins n'en fai-
saient pas leur profit. A la fin du dernier siècle, Percivol et Darbey, médecins anglais, furent les premiers à aimoncer au moiule médical le résultat des expcriences qu'ils venaient d'instituer dans les hôpitaux sur l'huile de foie de morue. L'opinion ne s'en émut guère ; les guerres qui survinrent bientôt nuisirent d'ailleurs à la dilfusion de toute idée scientifique. En 1 822, Schenck de Liegen, publia dans le Journal de Hufeland une nouvelle série d'observations sur l'efficacité de l'huile de morue contre les rhumatismes chroniques, et particulièrement contic la sciatique et le lombago. Dès lors les expériences et les publications se multiplièrent, en Allemagne d'abord, puis en Angleterre, en France et en tous pays.
Nous renvoyons pour de plus amples détails historiques à un article de M. Perrin, publié dans la Revue médico-chirurgicale, 1851, et dont le professeur Bouchardat adonné un extrait dans son Annuaire de thérapeutique, 1852.
Bretonneau fut l'un des premiers qui l'employa en France. C'est l'un des nouveaux médicaments qui ont le plus rapidement fait fortune, avec ce trait distincLif, qu'il le doit plus à sa valeur intrinsèque qu'aux réclames, et que par suite il s'est assuré une importance que d'autres n'ont pas su garder. C'est, en un mot, l'une des acquisitions les plus précieuses de la thérapeutique moderne.
Action physiologique. La .^aveur répugnante de l'huile de foie de morue complique évidemment l'action qu'elle produit sur les organes digestifs, au moins du côté de l'estomac; cnr lorsqu'elle est prise sans dégoût ou lorsque sa saveur est dissimulée, elle est mieux tolérée et entre plus vite et plus facilement en assimilation. L'intolérance se traduit, peu après l'ingestion de l'huile, par des nausées, des vomituritions, des vomissements, et à long terme par des renvois gazeux qui rappellent son odeur et sa saveur, par une diminution dans l'appétit. Toutefois les nausées et surtout les vomissements sont rares, avec la précaution de l'administrer au moment des repas et d'assurer sa digestion à l'aide de quelque correctif; des ardeurs gastriques, signalées par quelques observateurs, sont plus rares encore ; les renvois sont plus communs. L'anorexie survient particulièrement au bout d'un trop long usage, comme par une sorte de saturation ; et parfois au contraire, dans les premiers jours du traitement, on voit l'appétit augmenter sous l'influence de l'action tonique générale qui ranime les fonctions^ nutritives.
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Du côté de l'inteslin, l'Iiuile de Ibie de morue tend à rendre les évacuations alvines plus fréquentes, plus faciles. Cet effet la recommande chez les sujets anémiques, enclins à la constipation. Même à fortes doses, il est excessivement rare qu'elle produise de la diarrhée.
Reister, dans une étude sur l'action physiologique de l'huile de morue, a constaté, sur soixante et onze observations, l'accélération de la sécrétion urinaire avec sédiment briqueté dans huit cas; l'augmentation de la diaphorèse dans douze cas; la sueur présentant dans deux cas l'odeur de l'huile; une augmentation fré- (|ueiite du flux maistruel, assez forte pour obliger à suspendre l'usage de l'huile. Les eflets diurétiques et diaphorétiques, s'ils sont réels, sont assez peu sensibles pour passer inaperçus. Quant à l'eftet emménagogue, qui me semble exagéré et que je n'ai jamais vu dans de telles proportions, il est indirect et plutôt en rapport avec le retour de la santé.
Enfin on a observé quelquefois des éruptions cutanées. Reister a vu une fois une démangeaison brûlante à la peau, deux fois de petites taches rouges avec prurit. Ces éruptions doivent être provoquées plus aisément par les huiles noirâtres dont les principes empyreumatiques viennent irriter la peau en s'éliminaiit : ce qui serait une raison de plus pour repousser ces sortes inférieures ; mais elles peuvent être occasionnées aussi par les huiles de poisson de bonne qualité. Duclos a vu dans quelques cas celle de morue déterminer des éruptions, eczémateuses; il les juge d'un pronostic favorable, puisqu'elles témoignent de ];t prise que le médicament exerce sur l'économie.
L'huile de foie de morue est, comme tons les corps gras, destinée, en partie à être brûlée dans l'organisme, en partie à entrer en assimilation. Elle est en conséquence un stimulant de l'hématose, de la caloricité, de la nutrition ; en d'autres termes, elle est à la fois un aliment respiratoire et nn aliment plastique. C'est par instinct physiologique que les habitants de l'extrême Nord recherchent et consomment les huiles de poissons et de cétacés; ils remplacent par elles les boissons ftrmentées qui leur manquent, et puisent dans les actes de combustion qu'elles soihcitent une source de chaleur qui les aide à résister au froid intense lies régions byperboréennes. Un instinct du même genre porte les mahométans à rechercher les mets et les confections au sucre dont ils usent avec abondance, pour y trouver un aliment respiratoire qu'ils ne peuvent demander au vin interdit par leur loi religieuse. Mais les corps gras sont des substances comburantes, bien plus énergiques que les sucres, et en outre, l'excès avec lequel elles sont introduites dans l'organisme, en laisse une portion s'emmagasiner, tant pour continuer à subvenir ultérieurement aux combustions pulmonaires que pour contribuer à l'embonpoint. Les huiles de foies produisent ce double effet au même degré que tous les corps gras digestibles et alimentaires, dont elles semblent même le type le plus élevé; car elles ne restituent pas seulement à l'individu l'élément graisseuv dont il peut avoir besoin, elles excitent en lui une activité nutritive qui favorise la reconstitution d'éléments d'une organisation plus parfaite et d'une importance plus grande pour le recouvrement et le maintien de la santé.
L'huile de foie de morue en particulier est remarquable sous ce dernier rapport.
Les individus soumis à son usage fournissent promptement la preuve des acquisitions qui en résultent pour eux. Il faut dire préalablement que, pour qu'il en soit ainsi, la quantité de l'huile doit être modérée, en proportion avec la tolérance, avec l'appétence des sujets ; les grandes doses s'assimilent moins bien quô
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Jes petites, et de plus, elles amènent niic anorexie qui, en amoindrissant la consommation des alinients ordinaires, entrave lont effet réparateur, l'ollock, en additionnant d'huile de foie de morue la nourriture des animauxdebouclierie, l'a vue déterminer un engraissement extrêmement rapide ; mais ce résultat n'était plus obtenu lorsque l'ondépussa-t une cerlaine dose de corps gras. Des observalions analogues ont éié faites sur l'homme. Barsdley (cité p;ir Gubler), constate que 70 sujets sur 100 augmentent de poids; 21 sont en peite, et les antres restent stationnaires. lleadlam Greenhow (cité p,n^ Fon^sagrives) a soigneusement pesé desphtliisiques soumis à l'usage de l'huile de foie de morue à diverses époques de leur traitement, et il a constaté que l'un d'eux avait acijuis 2 livres (an,>'!aises) en cinq mois environ ; un second, 16 livres et demi en deux mois ; un troisième, 22 livres en six mois ; un quatrième. 15 livres en cinq mois et demi ; un cinquième, 15 livres en deux mois ; un sixième, 1 livre et demie en quinze jours. Le même observateur a fait cette remarque, sauf conlirmation, que l'auumentation de poids a cessé chez ses malades lorsque, par lusairc de l'huile de morue, ils ont atteint leur poids normal, et (pie la continuation du médicament n'a pu leur faire dépasser cette limite. Une autre remarque du même auteur, coidorme à l'observation générale, est que l'accroissement de poids des malades est un signe de l'utilité du médicament. Eu revanche, d'après Walshc, dans la grande majorité des cas, lorsque l'huile de foie de morue n'engraisse pas, elle ne produit guère par ailleurs d'effets favorables.
Mais il faut s'entendre sur le genre d'embonpoint que peut déterminer l'huile de foie de morne. S'il s'agit d'endionpoint graisseux, c'est un résultat qui n'est que médiocrement à désirer ; c'est celui qui survient chez les animaux et chez les hommes alimentés par des corps gras ou par des substances en favorisant la production, et ne faisant en même temps que peu ou point d'exercice corporel. 11 y a un autre but à viser. Tous les expérimentateurs, tous les cliniciens sont d'accord aujourd'hui sur ce point, que les sujets traités par l'huile de foie de morue, doivent en même temps se donner tout le mouvement que leur état permet, vivre en grand et bon air, à la campagne si c'est possible ; ils insistent moins sur des doses que l'on a exagérées, et s'en tiennent généralement à une quantité modérée, acceptée d'ailleurs plus facilement et jilus longtemps pnr le goût et par l'estomac ; car il faut que ce traitement soit bien supporté, qu'il ne porte aucun préjudice à ralimentation et qu'il ait une certaine durée. A ces conditions, l'huile de (oie de morue ne vient pas seulement combler les vides du tissu adipeux; elle fait ou elle excite les appareils spéciaux à faire des globules sanguins, des hbres musculaires et ner\euses. Th. Thompon et F. Simon ont démontré qu'effectivement le sang devient plus riche en globules sanguins. Pidoux s'est assuré de l'accroissement de force musculaire par l'épreuve du dynamomètre. Pour Williams, l'huile de l'oie de morue provoque une hystogéuèse normale plus active, en combattant en même temps la tendance aux formations cellulaires pathologiques.
L'huile de foie de morue est, comme le dit Pidoux, un corps intermédiaire entre les comestibles et les niédieamenls. Comestible, elle a une double valeur, car elle est à la fois aliment plastiipie et aliment respiratoire. Comme substance ])lastique, nous venons de voir ce qu'elle peut faire; comme aliment respiratoire, elle répond à rinsufiisancc de l'hématose, et, en activant les phénomènes chimiques de la respiration, elle combat les états aslhéniques qui précèdent ou accompagnent les dialhèses à productions lymphoïdes, telles que le tubercule et la
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scrofule. Maisl'hnile de foie de morue est aussi un médicament spécial; elle n'a d'analogues cous ce rapport que les huiles de foies de poisson, telles que celles de loies de squale, de merlan, de raie; elle n'est point rigoureusement comparable à d'autres corps gras que l'on a vainement tenté de lui substituer, et qui n'ont jamais produit, dans les médications, des effets identiques aux siens. Elle doit vraisemblablement celte spécialité d'action à sa composition propre, à l'ensemble de ses principes constituants, et non à tel ou tel d'entre euv ; de sorte qu'une huile iodée, un composé phosphore, un corps gras quelconque ne saurait prétendre à la remplacer. Jamais aucun de ses succédanés ne s'est montré capable de remplir au même degré les grandes indications thérapeutiques de l'huile de foie de morue : le rachitisme, les arthrites et les caries scropluileuses, les scropbulides, la tuberculose. La préiérence que l'empirisnic popu laire lui avait accordée, la clinique la lui maintient. A quels principes doit-elle donc tant de virtualité? A tous, je le répète; l'iode, le chlore, le brome, le phosphore, le soufre, le calcium, le fer, en si minimes proportions d'ailleurs, peuvent y concourir; mais elle doit surtout ses propriétés à ses éléments gras, et qui sait s'ds sont absolument identiques à ceux dont ils portent le nom? Il est possible aussi, suivant Williams, que ses éléments biliaires aient une part dans les résultats qu'on en obtient et surtout qu'ils la rendent plus digestible.
Selon Gubler, l'intervention de l'huile de foie de morue dans les actes nutritifs est la i;onséquence du rôle attribué dans l'économie à la matière grasse, point de départ de toute formation cellulaire (Swann), rudiment des corpuscules sanguins (Donné). La condition qui fait que l'huile de morue remplit mieux que d'autres ce rôle formateur, se trouve dans son origine. Les corps gras, en dépôt dans la glande hépatique, ne sont pas simplement excrémentitiels ; ils sont en partie destinés, comme la substance glycogène de Cl. Bernard, à fournir des éléments à la nutrition et à la respiration. Leur état moléculaire est sans doute approprié à cette double fonction. On comprendrait ainsi la supéiiorité, non-seulement de l'huile de foie de morue, mais de toute espèce d'huile de foie, sur les huiles ou graisses tirées des végétaux ou des autres organes des animaux, sans en excepter même le beurre. La matière grasse du lait exige une élaboration préalable dont la substance grasse du foie peut se passer. La première est trèsassimilable sans doute, mais la seconde est déjà assimilée ; l'organisme eu soufirance n'a donc presque rien à faire pour l'intégrer et l'identifier à sa propre nature (Commentaires thérapeutiques du Codex).
Cette théorie ingénieuse, concordante avec les données de la physiologie moderne, mérite d'être prise en considération.
Quelques malades éprouvent une sensation de chaleur à la peau après avoii pris leur huile, effet noté par Walsh'e. Des expériences thei^mométriques seraient nécessaires pour démontrer si cette élévation de température est réelle.
Action thébapeutique. L'huile de foie de morue s'adresse spécialement au rachitisme, à la scrofule, à la tuberculose, et généralement à toutes les débilités organiques, à tous les abaissements de la force plastique, qui trouvent en elle l'un des analeptiques les plus puissants.
Rachitisme. L'emploi populaire de l'huile de foie de morue dans les régions du Kord, contre cette affection du système ossseux, en détermina l'adoption par les médecins qui en étaient témoins; et l'on doit aux nombreux travaux des médecins allemands et hollandais l'introduction de ce médicament dans la thérapeutique du rachitisme. La principale justification des éloges qui lui étaient décernés,