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de cette précieuse enquête, car nous pouvons espérer que, reportée chez nous, elle nous éclairera sur la valeur desdils mort-nés dénoncés par notre état-civil.
8. Il résulte donc de ce tableau que, dans les villes, sur 10 il enfants présentés sans vie (dn), il y en a, à très-peu près, 21 qui ont vraiment vécu, qui ne sont dits mort-nés que par une déclaration fautive, je les désignerai par nid {mal dits), et tout près de 79, qui méritent le nom de vrais mort-nés (mn). A la campagne, la part des faux mort-nés est encore plus considérable et s'élève à près de 23 : ainsi sur 100 déclarations, il n'y a plus guère que 77 vrais mort-nés. Enfin, pour l'ensemble, il y a 22,3 faux mort-nés et 77,7 vrais mort-nés sur 100 déclarations pour la dernière période (1861-65), niais il y en avait eu !2o,o et 76,7 dans ia période précédente (1851-60)- Dans ce même tableau, on verra qu'il y a un peu moins de faux mort-nés, 20 environ, parmi les illégitimes, etc.
Avec ces rapports, on pourra toujours, soit pour la Belgique, soit pour la Fronce à laquelle on ne peut guère douter qu'ils ne s'appliquent également, déterminer la pioportion des vrais morts-nés. Ainsi, puisque dans les deux dernières périodes prises ensemble 1863-70 {voij. IV^ tableau, p. 16), notre état civil dénonce à très-peu près 45 dits mort-nés par 1000 naissances générales, il y a lieu d'admettre 35 vrais mort-nés et 10 faux mort-nés; et si, dans la même période, on compte par 1000 naissances illégitimes, en moyenne 81 dits mort-nés (dn), il y aura lieu de n'admettre tout au plus que 65 (précisément 64,8), comme vrais mort-nés (mn), et 16 (précisément 16,2) comme nés vivants mais morts avant la déclaration de naissance; ce sont eux que je désignerais sous le nom de faux morl-nés ou md.
9. Proportion des sexes dans les mort-nés. Après cette analyse, des vj'ais et des faux mort-nés, il nous a paru qu'il y avait lieu d'étudier d'abord la proportion des sexes, étude qui peut s'exécuter par la seule considération des mortnés. On sait, ou on verra à l'article Naissance, que le rapport des sexes dans les naissances vivantes est, à très-peu près, de 105 garçons contre 100 filles. Mais si, dans l'appréciation de ce rapport de la production des deux sexes, on considère (comme il convient au point de vue physiologique), non pas seulement les naissances vivantes, mais toutes les naissances, on a, à très-peu près, le rapport 100 naissances lilles contre 106,6 naissances mrdes, fait qui indique de suite que les mort-nés sont plus souvent des garçons que des filles.
Le petit tableau suivant, encore emprunté à la Belgique, montre ce que de^ vient ce rapport des sexes dans les diverses circonstances :
On y constate, par exemple, qu'en Belgique, dans la période 1860-65, on a compté 136 dits mort-nés masculins contre 100 filles dites mort-nées, pour toute la nation; mais, dans les villes seulement, 132, et, dans les campagnes, près
données si intéressantes [voy. art. Belgique), et qui, améliorée comme elle lavait été par M. X. Heuschling-, ne demandait que du temps et des soins progressifs pour être portée à un haut point de perfection, et fournir aux sciences médicales, à la prophyllaxie, de précieux renseignements. Il faut citer encore, et au nombre des mesures les plus regrettables, la suppression de la belle Bibliothèque spéciale de statistique, créée par l'initiative de la Commission centrale et de son illustre président. Comment se fait-il que la Belgique, dont Quételet est une des gloires les plus pures, laisse ainsi supprimer une de ses fondations les plus utiles? L'auteur de ce travail, ignorant cette suppression, a fait un jour, exprès pour consulter cette précieuse bibliothèque, le voyage de Paris à Bruxelles ! Mais à côté de cet amoindrissement, passager nous l'espérons, de la statistique de la nation belge, nous devons signaler une remarquable exception concernant la statistique municipale de la ville de Bruxelles qui, sous l'mitiative de son libéral bourgmestre, M. Anspach, et de son Conseil, et sous la savante direction du docteur Janssens, progresse tous les jours et devient un modèle de statistique municipale.
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de 138. Ainsi, dans les campagnes, il y a plus de mort-nés garçons; mais le détail (lu tableau montre que cet excédant porto presque exclusivement sur !cs garçons légitimes morts pendant le travail; puisqu'on y trouve près de loi garçons ayant succombé dans la campagne contre 100 filles, et seulement 155 dans les villes, tandis que iri6 à 157 sont déclarés comme morts avant le travail soit dans les villes, soit dans les campagnes. Ces résultats permettent presque d'jflirnier que ce sont des cas de dystocie causés ou aggravés par le volume plus gros du fœtus masculin, et que des soins plus tardifs ont rendus mortels. Si les naissances illégitimes ne paraissent pas grevées du même tribut, c'est très-vraisemblablement que les grossesses, suspectes de dilficulté, des filles mères sont lenvoyécs plus tôt dans les hôpitaux, c'est-à-dire dans les villes.
10. Influence de l'élai-civil sur la proportion des sexes chez les mort-nés. Cependant un fait remarquable, et qui, je crois, n'a pasencoieété étudié, se dégage de ce tableau : c'est que, dans les nai>sances illégitimes, la prédominance des mort-ués niasenlius est licaucoup moindre que dans les naissances légitimes!
Par exemple, pour l'cnseinhle de la nation, sur 100 mort-nées lilles, on compte 139 mort-nés garçons chez les légitimes, et seulement 1 13 chez les i!légilimes (soit dans le lapporl de I23:l00j- Dans les campagnes, cette atlénnation de la prédominance des mort-nés masculins est encore plus prononcée. Le tableau le montre dans le rapport de 140 : 111, soit 126:1 00. Ce résultat singulier est comple.ve et tient à deux particularités :
L'une^ (jni sera étudiée à l'article Natalité, fait que les naissances illégitimes soûl moins productives de garçons, mais cela dans un rapport relativement j)lus faible : par exemple, en France, 100 naissances féminines générales, mort-nés inclus, répondent à 106,75 pour les naissances masculines légitimes, mais seulg"ment à 104,7 pour les illégitnnes, et à 106,05 pour les deux états civils réunis;
Vautre, plus importante, et que nous étudierons )ilns loin, résulte de ce que J'illégitimité, que nous verrons augmenter beaucoup la mortiiiatalité eu général, ag:;rave très-notablement celle des nouveau-nées filles plus que celle des garçons {voij. p. 12).
11. Quoi qu'il en soit, ce tableau fournit la preuve manifeste que la proportion •des mort-nés garçons l'emporte partout et toujours sur celle des mort-nées filles; et comme cet excès des mort-nés garçons dépasse de beaucou]) l'excès des naissances masculines sur les naissances féminines, ce dernier excédant ne saurait rendre compte que très-partiellement du premier, ainsi (pie nous le verrous par la mortinalalilé. La cause de cet excès des mort-nés garçons est complexe.
11 tient d'abord h la moindre résistance du petit garçon aux causes de mort de la première enfance, sans doute parce que ces causes de mort sont plus ]uiissantes chez lui, puisque, malgré sa force, son volume, qui dépasse celui de l;i petite fille, nous voyons la mortalité des nouveau-nés garçons dépasser toujours celle des petites lilles pendant le cours entier de la première année d'à^e [voy. l'article MonrALiTÉ, p. 752), de telle sorte, par exemple, que la mortalité des petites filles étraut prise pour 100, celle des petits garçons est de 126 dans la première comme dans la seconde semaine, de 124 dans le premier mois, et de 1 19 dans la première année.
12. Mais à cette cause, essentiellement physiologique, et qui d'ailleurs est encore inconnue dans sa nature intime, vient s'en joindre une autre que l'enquête belge, par son analyse des mort-nés morts avant et pendant l'accouchement, met en pleine lumière. Ou voit, en effet, par le deuxième tableau, que, en 1 800-05,
prir 100 vraies moil-nées filles (mnin) ou compte 134 mort-nés garçons avant l'accouclicaicnt, mais qu'on en coui[)te 143 morts pendant raccoucliemcut. Ainsi, c'est surtout pendant le travail que les garçons succombent eu plus grand uoaijjie, et c'et-t surtout dans les campagnes, oii les secours de l'art sont plus tardifs, que ce rapport est à sou maximum (137: 150). Voilà donc des cas manil'estes de dyslocie, qui, bien ([ue tout à fait iiisuflisauts pour expliquer le grand excès des mort-nés masculins, concourent pour ime fraction déterminable à cet excès. Je remarquerai eu outre que la distribution respective des sexes des enfants morts avant et pendant l'accouclicment, et, par exemple, le plus grand nombre des petits garçons succombant pendant le travail, sont des faits trop conformus à ce que nous savons du volume plus grand des enfants mâles, et par suite des difficultés plus grandes de leur expulsion, pour ii'cire pas un reflet exact de la réalité. Ainsi, cette analyse des mort-nés avant et pendant le travail, que plusieurs ont à priori déclarée sans valeur, porte pourtant dans ses résultats, eu un point oii la prévision nous est permise, la trace très-nette de ce qui doit se passer effectivement; expérimentalement, elle reste donc, malgré ces liàtives critiques, digne de quelque confiance, et l'on est fondé, par l'observation à posteriori, à accorder quelque créance aux autres canséqueiices que cette enquête pourrait mettre en lumière, comme le plus grand nombre relatif de garçons mort-nés dans les campagnes, etc.
15. Mesure de la production des mort-nés; Mortinatalité. Dans les pages précédentes, nous avons étudié la fréqiieiue relative de queli{ues grou[)es de mort-nés. Il faut maintenant déterminer leur fréquence absolue. Sur ce point, je vois les auteurs varier singulièrement : il en est qui rapportent les mort-nés («in) aux naissances générales (mort-nés inclus) {%) en déterminant, les uns le rapport dii/i\, les autres le rapport inverse X'/dn ; il y en a qui préfèrent les comparer aux seules naissances vivantes (S,,), eu déterminant leur rapj.ort sous l'une des deux formes dn/So, So/dn. D'autres encore pensent obtenir cette fréquence €n rapportant les mort-nés aux décès, soit du premier mois, soit de la première année, ou même aux décès généraux; il en est enfin qui les rapportent à la population générale ! De tous ces rapports, un seul nous paraît à conserver, c'est celui dos mort-nés (soit imparfaitement délini dn, soit des vrais mort-ni;s um) aux naissances générales (mort-nés inclus) IV, car la probabilité du la production d'un mort-né doit se calculer, comme toutes les probabilités, en divisant le nombre des cas favorables à l'événement considéré (le nombre des accoucliements produisant un mort-né) par le nombre de tous les cas qui peuvent le produire (c'est-à-dire tous les acconcbements), soit donc par dn/:^', ou mieux iun/!\ quand on peut avoir à part les vrais moit-nés. C'est ce ra|»port, de même ordre que ceux de mortalité (plus précisément de probabilité de mort), que nous proposons de désigner |)ar mortinatalité pour éviter la fastidieuse répétition de <( rapport de;; mort-nés au>c naissances générales (mort-nés inclus) ».
Nous dirons encore que nous préférons de beaucoup le rapport direct Anj'X, multiplié par 1000 pour en faire disparaître la forme fractionnairt;, et qui se traduit ainsi: sur 1000 acconcbements, tant de mort-nés, au rapport inverse J»l/dn. soit un mort-né sur tant d'acco ucliements. Cette préférence est basée sur les raisons déduites à notre article Mo;;tal'tjî (p. 751, § 5 et 6), raisons qui ont généralement paru péremptoires; nous prions donc le lecteur liésitaiit de s'y reporter.
14. MorlinataliLe. Pour donner d'abord une idée générale de la mortiiiala-
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IIP TABLEAU. -
PAR 1 000 TX (kaissances mort-nés inxlus) combien de mort-nés
D.iNlîMARCK 18G0-69.