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MUFLIER

seur de la vaccine; il fit connaître le résultat de ses reclierches sur la consomption ou phtliisie pulmonaire, qui, de son (enips, commençait à incpiiéter les hommes de l'art de son pays, et devint membre de la Société royale de Londres par ses études de physique, principalemeut sur l'opLique en géuéral. Il est mort à Plymouth le 26 mars 1795. Ou a de lui, eu ce qui concerne la médeciue :

I. Dissertation on the Inoculated Small-Pox ; or an Altempt io investigate tlie Cause of thc Greatcr Mildneas of the Diseuse in this Forni. Londres, 1777, iii-8°. — H. A Radical and Exiieditious Cure for a Récent and Calarrhous Cougli ; also Observations on Respiration • Bemarks on sonie otkers Di^eases of the Lungs ; on thc Vis Vitœ, as conccrned in preservinq

* t*ct.iy/t ^ iy# (,#«-1^ kJVt^ltl^. 111 i /tt.fcL'OL'yy/c.tutt.l. 1 I ULIC-^LlUVOUILO . lj\Jll(ll Cû , 1*^*^7, L. lA, IJ. Ui'. IV. /l/î

Experienccdand Succès fui Melhod ofTreating the Fistula in aiio. Iii Memoirs of thc mccl. Socielij of London, t. IV, p.lti; 1796. A. D.

MUFI.E BE BŒUF, DE CDIEIV, etc. Voxj. xMuFLIER.

MUELlEil Antirrhinum Tourn, Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Scrofularinées ou Antirrhitiées. Linnée avait réuni sous ce nom commun les Antirrhinum et les Linaria de Tournelort, mais ces deux i:eures ont été de nouveau distingués par les botanistes modernes. Tels qu'on les déduit actuellement, les Antirrhinum présentent les caractères suivants : Corolle tubuleuse, ventrue, munie d'un palais proéminent, formant à sa partie supérieure une gueule termée à deux lèvres, dont la supérieure bifide, l'iaférienre trilobée, portant à sa base une bosse saillante, arrondie; quatre étamiiies didynames. Fruit capsnlaire ovoïde, à deux loges polyspermes, inégales, s'ouvant chacune au sommet par un orifice, ou l'une d'elles par deuv trous dentés à l'orifice.

Les Antirrhinum sont des plantes annuelles ou vivaccs, à feuilles inférieurement opposées, devenant alternes vers le haut de la tige. On en distingue plusieurs espèces dont les deux principales sont [' Antirrhimun majus L. et ['Antirrhinum Asarina L.

i° La première espèce porte plus particulièrement le nom de Muflier, Mufle de veau, de bœuf, de chien. Gueule de loup, de lion, etc., à cause de la forme en gueule de sa tleur. C'est une plante spontanée dans l'Europe méridionale, qui s'est répandue par la culture dans les jardins, oîi on en remarque de nombreuses variétés ornementales ; elle s'établit souvent sur les vieux murs, où elle se plail particulièrement. Sa tige de 50 à 60 centimètres de haut est rameuse, garnie de feuilles oblongues lancéolées, glabres, entières. Les lleurs sont en grappes terminales, grandes, purpurines ou blanches, à palais jaune.

V Antirrhinum majus n'est plus usitée en médecine : autrefois on attribuait à sa racine la propriété « d'adoucir les fluxions qui tombent suc les yeux » et on ajoutait <( qu'étant portée, elle résiste au mauvais air » (Lémerv, dictionnaire des drogues simples) . Dioscoride regardait les Antirrhinum comme propres à détruire les enchantements, et Matthiole signale comme un moyen assuré de se préserver de la morsure des scorpions une espèce annuelle [Antirrhinum Orontium), qui vient dans les champs de presque toute l'Europe et dont les tiges de 30 à 40 centimètres portent de pelites lleurs presque sessiles de couleur puipurine. (( Ilerba, scorpionibus adeo contraria, ut, illico ea visa,', orpescant. » On est bien revenu depuis lors de ces propriétés merveilleuses.

2" L'Antirrhinum Asarina L. se distingue des précédentes espèces, par ses

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feuilles palminerves et découpées, eteiiliiipar la déhisceiice de sa capsule dont les deux carpelles s'ouvrent par une seule fente. Ces caractères avaient conduit Tournefort à en faire le type d'un genre Asarina, mais les botanistes modernes le font rentrer dans les Antirrhinum. C'est une plante de la France méridionale, des Pyrénées et des Cévennes, dont les tiges diffuses et tlexueuses portent dos feuilles pédonculées, réniformes, souvent quinquilobées, et des fleurs jaunàlres, marquées de taches pourpres et garnies intérieurement de poils courts dorés.

Cette espèce passait pour apéritive, vulnéraire et diurétique : on l'employait contre la gravelle "asthme et les ulcères du poumon.

TouRNEFOBT. Institutiones Rei herbariœ, p. 107-171, tab. 75-76. — Linxle. Species plantarmn, 859 et 800. — De Canduile. Flore française, III, 593-594. — lid. Ciiavannes. Monographie des Antirrliinées, 79. — Matthiole. Commentaires, 829, fig. 2. — Lobel. Adversaria 262. — Lemeuï. Dictionnaire des drogues simples, 52 el 84. Vh.

Mt'GKS (Mugil). Genre de l'ordre des acantlioptérygicns et de la famille des mugiloïdes à laquelle il sert de type. Ces poissons vivent sur le littoral ou dans les étangs saumàtres dans l'Océan et dans la Manche, aussi bien que dans la Mcdilerranée: ils remontent accidentellement dans les eaux douces, il y en a beaucoup sur nos côtes où ils constituent plusieurs espèces ; on leur donne aussi le nom de mulets. Leur chair est blanche, douce, grasse et de facile digestion ; aussi sont-ils abondants sur nos marchés. Cependant ceux qui ont vécu longtemps dans les étangs sentent la vase.

Les ovaires chargés d'œul's des muges; après qu'on les a salés, desséchés et comprimés, fournissent un hors-d'œuvre Irès-estimé des Provençaux, qui leur donnent le nom de Botargue ou Poutargiie.

Le corps des muges est presque cylindrique, couvert d'écaillés assez grandes,, pourvu de deux nageoires dorsales dont l'inférieure n'a que quatre rayons épineux; leur museau est court et leur tète déprimée. P. Gei.v.

lYlUGREL.^ (Teinture de). C'est la teinture du Nlgella saliva, qui est rangée sous ce nom parmi les remèdes ofiicinaux dans la pharmacopée du Bengale^

iHUGUET Convallaria L. § L Botanique. Genre de plantes monocotylédones, appartenant à la famille des Asparaginées, et caractérisées de la manièresuivante : Fleurs foi mées d'un périanthe cylindracé ou globuleux à six divisions ^ six étamines alternes avec les pièces du périanthe ; ovaire à trois loges biovnlées surmonté d'un style et d'un stigmate obtus, trigone. Fruit bacciforme, sphérique, à trois loges monospermes. Graines contenant dans un endosperme un embryon cylindrique, monocotylédoné.

Ainsi délimité, le genre Convallaria comprend quelques espèces intéressantes. Ce sont :

!•* Le Convallaria majalis L. ou Muguet de mai, charmante espèce, qui Ueurit en mai et en juin dans les bois de presque toute l'Europe centrale et septentrionale. Ses hampes florales hautes de 20 à 25 centimètres, sortent d'unesouche grêle, rampante, et du milieu de deux feuilles radicales , largement lancéolées. Elles portent une grappe très-élégante de fleurs blanches, en cloclictte, penchées toutes du même côté ; à ces fleurs succèdent des baies globuleuses de couleur rouge.

Un i'mploie d'ordinaire pour l'usage médical les Heurs sèches. A l'état frais.,

bICT, E.N'C. 2° S. X. 23

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elles ont une odenr très-agréable et sont, comme on le sait, vendues très-abondanimeut en bouquets.

2" Le Convallaria PolygonatuniL., le Sceau de Salomon, ou Muguet anguleux. Cette espèce, dont quelques auteurs ont fait le type d'un genre Polygonatu7n, a une souclie épaisse, charnue, horizontale, marquée de dislance en distance d'impressions circulaires, qui sont la trace du point d'attache des anciennes tiges aériennes. Les tiges elles-mêmes ont 50 à 50 centimètres de haut : elles sont simples, anguleuses, un peu courbées en arc et portent, dans leur partie supérieure, des feuilles ovales oblongues, sessiles, alternes, placées sur deux rangs, mais déjetées d'un seul côté. Les fleurs sont solitaires ou deux à deux sur des pédoncules axillaires; elles pendent toutes du côté opposé à celui des feuilles : elles ont un tube cylindracé, blanc, terminé par des dents verdà- (res. La baie qui leur succède est d'un noir violet.

La souche du Sceau de Salomon a élé employée en médecine : sa saveur est douce et astringente. Elle était utilisée contre la goutte et les affections rhumatismales. En Russie, elle avait la réputation d'être un préservatif contre la rage, mais c'est surtout comme astringente qu'on la préconisait : à ce titre, elle était employée contre les Heurs blanches, pour nettoyer et guérir les plaies, pour effacer les cicatrices. Les baies de la plante sont réputées vomitives et purgatives.

Le Convallaria multiflora L., dont les fleurs sont disposées trois ou quatre ensemble par grappes axillaires, est une espèce voisine du Convallaria polijgonatum L., et jouissant de propriétés analogues.

vjuant au Convallaria verticillata L. dont les feuilles sont rapprochées par nombreux verticillcs de quatre ou de six, sa racine était confite dans les pharmacies du temps de Lobel et regardée assez généralement comme l'aphrodisiaque, qu'Avicenne avait désignée sous le nom de Secacul; mais Lobel pensait que la racine d'une sorte de Panais répondait mieux à ces propriétés, et les botanistes rapportent en effet généralement la plante d'Avicenne à une ombellllère; Cordglium Secacul Mill. [Pastinaca Secacul Russel), ou bien à un Eryngium.

Ajoutons à ces plantes européennes, une espèce de l'extrême Orient, le Convallaria japonicah. {Polygonatiun japonicum Morr et Decaisne), que Thunberg paraît avoir confondue avec notre Convallaria Pobjgonatum. Les Rhizomes sont mangés, dans le nord de la Chine et au Japon, comme les asperges chez nous. On les confit soit dans du sirop de sucre, soit dans du vinaigre, et on les emploie contre diverses maladies.

On appelle Muguet des bois, l'Asperula odorata {Voy. Aspérdle).

LiNNÉE. Gênera, 425. — Spccies plantarum, 451. — De Candolle. Flore française, Ilf, 475. — GiiExiER et Godro\. Fiorede France III, 229. — Lobel. Adversaria, p. 558. — Lemei;i'. Dictionnaire de drogues simples, 507 et 702. — Sprexgei.. Ilistoria Rci herbariœ, I, 255. — MiîiiAT et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, II. — Debeaux. Essai sur la pharmacie et la matière médicale des Chinois, p. 96. Pl.

g IL fhnrniacologie. Parties usitées : les rhizomes, les fleurs et les baies. On récolte les ileurs au moment où elles s'ouvrent, la racine ou rhizome en toute saison, les baies à leur maturité. Les fleurs de muguet se préparent en séparant les pétales et en les faisant sécher à l'étuve ; la dessiccation enlève leur odeur mais conserve leur saveur.

Les fleurs de muguet, fraîches, ont une odeur analogue à celle du lys, qui, prise par l'alcool, l'huile ou la glycérine, en fait des cosmétiques agréablrs ; on a

MUGUET (thérapeutique). '^•^S

aussi comparé ce parfum à celui du musc, d'où est venu le nom de muguet. Elles ont une saveur acre, amère et nauséeuse qu'elles communiquent à leur infusion aqueuse, La racine et les baies sont également acres et très-amères.

Valz a trouvé dans le muguet deux: substances cristallines : la convallarine et la convallamarine ; ce sont deux glycosides, qui, sous l'influence des acides étendus, se dédoublent : la première, en sucre et en convallazétine ; la seconde, en sucre et en convallamarétine . Stan. Martin a reconnu ultérieurement dans le muguet: un alcaloïde, la mdialine: un acide, l'acide maïalique; une huile esseatielle ; une matière colorante jaune; de la cire, du mucilage et de l'extractif [Union pharmaceutique, 1865). Bodard dit que cette plante contient une gomme résine analogue à celle de l'aloès {Cours de botan. méd. comparée, 1810).

Formes pharmaceutiques et doses. A l'intérieur : Infusion des fleurs : 5 à 10 gTammes de fleurs pour 500 d'eau.

Eau distillée des fleurs, comme véhicule de potions stimulantes.

Extrait aqueux, et mieux extrait alcoolique des fleurs; 1 à 2 grammes.

On a préparé aussi avec les fleurs de muguet : une conserve, un sirop, un esprit ou alcoolat de muguet.

Poudre, des fleurs, plus rarement de la racine, employée à l'extérieur, comme sternutatoire ; des baies, employée à l'intérieur, depuis 2 jusqu'à 16 grammes; cette dernière dose est indiquée dans Cazin. {Traité des plantes médic. indig.) La poudre de la racine a aussi été donnée à l'intérieur.

g in. Tiiérapeutique. I. AcTioN PHYSIOLOGIQUE. Les flours de muguet doivent à leur essence et à son parfum les propriétés céphaliques et antispasmodiques d'un grand nombre d'huiles essentielles. Elles doivent en outre à leurs principes résinoïdes des propriétés catbai tiques, et même éméto-cathartiques d'après quelques auteurs ; ces propriétés paraissent être plus actives dans la racine. Les baiis ont aussi passé pour être antispasmodiques et fébrifuges. Les diverses parties de la plante et surtout les fleurs, pulvérisées, exercent par l'ensemble de leurs principes volatils, résineux et amers, une action topique, excitante qui se manifeste sur îes muqueuses et spécialement sur la pituitaire, d'où résulte l'action sternutatoire qui est la mieux éprouvée de toutes celles attribuées au muguet. Henri Cazin pense que la propriété sternutatoire tient probablement à l'acide maïalique libre {Op. cit.).

11. Action iHÉnAPEUTiQUE. Plusieurs essais tendent à ranger le muguet parmi les agents de la médication purgative. Wauters l'a proposé comme succédané de la scammonée ; Peyrilhe, Cartheuser, Klein l'ont indiqué comme pouvant être substitué à l'aloès. Mossdorf et Schulze disent avoir constaté la propriété purgative de ses fleurs ; leur extrait alcoolique purgerait à la dose de 2 grammes. Cazin père ayant administré ces fleurs fraîches, depuis 1 «■',50, jusqu'à 28'', 25. mêlées et broyées avec du miel, les a vu procurer des selles nombreuses et abondantes, avec coliques assez vives mais peu durables ; et il pense que ce pn'rgatif nidigèue, bien étudié dans ses effets, ne serait point h dédaigner {Op. cit.).

Les (leurs fraîches de muguet sont estimées céphaliques, propres à récréer et fortitier le cerveau et les nerfs, à empêcher les vertiges ; cependant, leur odeur très-forte est dangereuse à respirer dans les appartements fermés, surtout pendant la nuit. L'eau distillée de muguet était réputée comme un moyen de raiiiraerles forces vitales, ce qui lui avait valu h nom d'eau d'or sous lequel elle «tait vantée en Allemagne (Mérat et de Lens. Dict. univ. de mat. méd.)

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Peyrilhe, d'après Cartheuser, propose les baies de muguet desséchées clans certaines affections nerveuses, dans l'épilepsie, dan^ r;ipo|ilexie. (Codard, op. cit.) Assez récemment encore, Senckenberg père et fils ont préconisé ces baies dans l'épilepsie idiopathique ; après avoir purgé le malade, ils lui donnaient depuis 1 jusqu'à 4 grammes de poudre de baies de muguet, avec l'eau vineuse des fleurs. Ils donnaient également cette poudre dans les fièvres intermittentes, ainsi que dans d'autres maladies. {Journ. des connaissances médico-chirurgicales, 1851.)

De toutes ces applications, dont l'utilité et l'efficacité, surtout pour les dernières citées, paraissent plus ou moins contestables, il n'en est qu'une qui ait été généralement acceptée. Les fleurs de muguet sont considérées encore aujourd'hui comme un bon sternutatoire, et l'on y a recours lorsque, par une excitalion immédiate de la pituitaire, l'on veut provoquer la sécrétion du mucus nasal, voire même celle des larmes, et déterminer en même temps un ébranlement favorable du côté du cerveau. On peut produire ainsi une révulsion profitable à certains engorgements oculaires, amender le coryza chronique en désobstruant les fosses nasales, ou dissiper des céphalalgies obtuses et invétérées. A ce titre le muguet lait partie d'un grand nombre de poudres sternutatoires consignées daus les formulaires, et dont il n'est pas l'élément le moins important.

D. DE Savignac.

BiBLioGBAPUiE. — Dœderlinls (L.-G.-Z.^. Dis.t. botanico-medica inaug. de lilio convallhim. Altorf, niS. — Se.vckebg (J.-C.) Disx. inaug. medica de lilio couvai liiiin. Gôttingue. 1757. — MossDOKF (G.-C). Diss. inaug. de lilio convallium. Halle-Magdebourg, 1742. — Schulze (J.-H.). Diss. de lilio convallium. Halle, 1742. D. de S.

MUGUET. On donne ce nom à un produit d'apparence caséeuse, qui a pour siège presque exclusif la portion sus-diaphragmatique du tube digestif, et pour caractère essentiel d'être, en grande partie, constitué par les filaments d'un cryptogame de la classe des mueédinées, l'oïdium Albicans (Ch. Robin.)

On ne voit guère que sa couleur blanche qui ait pu valoir à cette production parasitaire le nom de Muguet. Moins prétentieux, quelques auteurs l'ont, pour la même raison, appelée Blanchet. On l'a aussi désignée sous le nom de Mil! et, en raison de la disposition en petits grains qu'elle affecte souvent au début, et conserve quelquefois pendant toute sa durée. Certains observateurs, tenant compte de l'inflammation de la muqueuse, et de la disposition en lames étendues du produit caséeux, ont désigné le muguet sous le nom de Stomatite pseudomembraneuse, expression qui, en voulant être plus significative, implique une double erreur, attendu que le muguet n'est pas une fausse membrane, et qu'il ne dépend pas directement de l'inflammation de la muqueuse. — Cette affection avait été anciennement confondue avec les aphtbes.

Le mot muguet répond à l'expression anglaise thrush et en allemand à celle de Mundschivàmmchen. (aphthe de la bouche).

On trouve le muguet surtout chez les enfants, à une époque voisine de la naissance, et plus particulièrement chez ceux des hospices d'enfants trouvés. M. Lélut {Arch. gen. de médecine, 1827, t. XIII) a même avancé qu'on ne le voit survenir que chez les enfants de ces établissements, ce qui n'est pas absolument exact, mais tz'ès-près de la vérité.

L'oïdium n'est pas, toutefois, exclusivement propre au premier âge, et on le voit, bien que beaucoup plus rarement, aux autres périodes de la vie. J'en observe actuellement un fort bel exemple chez une femme de 80 ans qui a un éry-

MUGUET (pathologie). 557

sipèle phlycléiioïde ambulant. II n'est pas très-rare de le voir survenir à la suite de la fièvre typhoïde, dans le cours de la phthisie, etc.

Pour tracer l'histoire de cette production parasitaire, nous traiterons, comm:^ s'il s'agissait d'une maladie, les points qui suivent : historique, symptômes, anatomie pathologique, étiologie, diagnostic, nature, pronostic et traitement. Mais nous tenons à le dire tout d'abord : il s'agit pour nous d'un produit secondaire, du développement d'un parasite, et non d'une véritable entité morbide ; et la méthode que nous suivons .n'a pour but que de prévenir les omissions.

Aperçu historique. Il n'est pas douteux que le muguet ait été observé par les médecins de l'antiquité la plus reculée, mais il est non moins certain qu'il a d'abord été confondu avec d'autres affections qui ont pour siège la partie susdiaphragmatique des voies digestives. Sous le nom d'aphthcs, quand Ilippocrate parle des affections auxquelles il donne le nom de çTôf/ara â/fOMSta., il comprend certainement le muguet (livre lïl des Epidémies). Ce que ditGalien des i^emèdes qui se rapportent aux aphthes blancs, aux aplitlies des enfants (ad aphthas albas, ad aphthas infantum) a certainement trait au muguet, du moins en partie.

Avicenne, Paul d'Égine, Huxham, ont aussi considéré le muguet comme une affection ulcéreuse. Un pas fut fait, quand on regarda le muguet, qui portait toujours le nom d'aphthe, comme une affection papuleuse, ou vésiculeuse de la muqueuse buccale (Boerrhave, Van Swieten, Sauvages, Ilosen). C'est Yaphtha lactamenàe Sauvages; apktita lactantium de Batenian.

Plus près de nous apparaissent les dénominations de muguet, millet, blanchet.

Le blanchet faisait beaucoup de victimes à l'Hôpital des Enfants, dont le plus grand nombre succombait à cette affection, d'après un rappoi't d'.\rnault, Lapeyroiiie, Louis et Ghopart (1766).

Doublet, puis Colombier, dans ses Observations sur la maladie vénérienne et le millet, décrivent ce dernier comme (ie petits boutons blancs et durs qui paraissent sur les lèvres des enfants, sur leur langue, dans le pharynx et jusque dans le canal alimentaire ; la déglutition devient difficile, même impossible, la diarihée survient; il paraît sur le corps des boutons et des taches violettes qui annoncent la mort.

En 1786, la Société royale de médecine institue un prix de 1200 livres pour engager les médecins à rechercher quelles sont les causes de la maladie aphtheuse connue sous le nom de millet, blanchet, muguet. Ce prix fut partagé entre quatre des six mémoires présentés.

Ces mémoires confirmèrent l'idée déjà existante que,, dans le muguet, le fait important était la production de l'exsudation d'une matière blanche, crémeuse, qui avait lieu sur la muqueuse enflammée, et l'auteur d'un des mémoires, du concours de 1787, van Wimperse cherche même à déterminer le siège anatomique précis de ce pr.iduit morbide, de ce qu'il appelle encore les aphthes, « graves mihi persuadent rationes aphthas nihil esse nisi humorem acrem corruptum, cutimoris inter et epithelium, hanunque membranarum in visceribus (onlinuationes per criseos speciem effusionem. »

-\près l'époque où Bretonneau publia son Traité de la diphthérie, on considéra le muguet comme appartenant à une stomatite pseudo-membraneuse. C'est ainsi que le comprirent Blache, Guersant, et surtout Lélut, dans le beau mémoire qu'il a publié dans le tomeXlll des Archives générales de médecine, et qui a pour

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titre : De la fausse membrane dans le muguet. Puis vint le travail de Yalleix, dans sa Clinique des maladies des enfants nouveau-nés, 1858, dans lequel, tout en faisant du muguet une phlegmasie pseudo-membraneuse, il lie et subordonne pour ainsi dire son existence à l'entérite et à l'existence de l'érythème des fesses. Cet auteur, comme bien d'autres, ne traitait du muguet que chez l'enfant ; mais déjà Véron, et surtout Blache {Thèse inaugurale), l'avaient constaté à la fin des maladies graves chez l'adulte, et cette notion lut reproduite par tous les articles de dictionnaires et les traités de l'époque, Billard, Guersant et Blache, Trousseaux et Delpech, etc.

Jusqu'en 1842, chacun considérait l'exsudation du muguet comme une fausse membrane. A cette époque, Berg de Stockholm communiqua à la Société médicale suédoise, la première description du végétal des aphthes des enfants [cit. de J. Mueller, Arch. fur Anat. und PhysyoL, 1842, p. 291). Cette description est conforme à celle que nous donnei'ons à l'article Anatomie pathologique. D'après Berg, la végétation n'est, ni une maladie, ni un symptôme d'une maladie déterminée, parce qu'on la trouve chez des enfants tout à fait sains (ce que nous discuterons) et dans les différentes maladies. Ce n'est pas une production inflammatoire, car elle n'en a aucun des caractères. On la trouve quelquefois chez les adultes, à une époque rapprochée de la mort.

Gruby considère le muguet comme une maladie grave de l'épithélium ; le végétal est, pour lui, l'analogue du Sporotrichum, et il donne à l'affection le nom d'aphthaphyte, qui continue l'erreur de ceux qui regardaient le muguet comme un aphthe.

Vogel a donné une description qui s'éloigne peu de celle de Gruby {AUgemeine Zeitung fur Chirurgie, etc., 1842, et reproduite dans le Traité dUmat. palliolog. génér. (trad. Jourdan, 1847).

La transmissibilité par implantation de l'affection parasitaire a été vue par Berg, et par la plupart de ceux qui ont reproduit ses recherches, mais, avant même qu'on connût la nature végétale du muguet, Franck, Wendt, Burns et Andral, avaient noté que le muguet était transmissible d'un individu àun autre. En 1852, première note de M. Gubler [Gazelle médicale de Paris, p. 417), et, en 1857, un mémoire présenté à l'Académie de médecine. Nous ne disons rien de ces travaux, qui seront souvent utilisés dans le cours de l'article.

1853. M. Bobin donne la description micrographique du champignon qui constitue le muguet [Histoire naturelle des végétaux parasites) [genre Oïdium, p. 488), description que nous transcrirons textuellement dans le cours de l'article, et qui est reproduite dans tous les traités classiques.

Depuis cette époque, divers auteurs ont écrit des travaux importants à des titres différents, et que nous aurons à citer et à utiliser : M. Seux, Recherches sur les maladies des enfants nouveau-nés, 1855; M. Laboulbène, Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneuses, 1861.

M. Pariot a publié sur le muguet [Aixhives de physiologie), un mémoire des plus intéressants au point de vue de l'anatomie pathologique et des localisations du muguet. Dans ses leçons à l'Hospice des enfants assistés (1874), il a fait une large part à cette affection, et nous y avons noté des idées extrcmeuient justes sur sa véritable nature et sa cause générale. 11 y affirme une fois de plus la nature toujours secondaire et non inllammatoirc du muguet, qui a pour cause générale constante, cet état, provenant du défaut de nutrition, que M. Parrot désione sous le nom d'ATHREPsiE.

MUGUET (pathologie). 559

Nous avons fait de nombreux emprunts au travail de notre savant collègue et

ami.

Symptômes. Avant quels muguet apparaisse dans la bouche, on y observe les raodificiilions suivantes. La muqueuse, qui d'habitude est rose, devient graduellement d'un rouge vif. Cette rougeur est d'abord légère et bornée à l'extrémité de la langue ; mais elle devient bientôt extrêmement intense, et a pu, avec raison, être comparée à celle qui se montre au troisième ou quatrième jour de la scarlatine.

En même temps que s'accentue la rougeur, on la voit s'étendre à toute la muqueuse buccale. De nature évidemment morbide, elle ne doit pas être confondue avec la coloration violacée qui se voit chez l'enfant naissant et tient à rextrême vascularité des tissus à cet âge.

Tous les observateurs ont noté cette modification de la muqueuse, antérieure à l'apparition du muguet, quel que lut l'âge du malade, enfant, adulte ou vieillard ; de sorte qu'elle peut, à juste titre, être considérée comme un signe précurseur ou prémonitoire. Elle n'est toutefois pas constante, et l'analyse des observations montre qu'elle manque dans le ciuquièuie des cas environ. C'est, d'ailleurs, un signe vague puisqu'on la trouve dans bien des cas où le muguet ne doit point apparaître.

La langue n'est pas seulement rouge; elle est, en même temps, comme rugueuse, eu raison du développement des papilles qui deviennent saillantes, ainsi que cela se voit dans la scarlatine. Pour Valleix, lu saillie des papilles avait d'autant plus d'importance qu'il ne l'avait rencontrée, d'une manière bien évidente que dans le cas de muguet.

On voit aussi la disposition inverse, c'est-à-dire la langue rouge et lisse, mais cet état se montre plutôt dans le cours de la maladie et sur les points d'où on a enlevé le muguet. Ce fait, qui est très-réel, a été fort bien observé par Valleix (p. 348). En même temps qu'elle est d'un rouge vif et comme prête à saigner, la muqueuse est moins humide, comme visqueuse, et paraît donée d'une sensibilité exagérée, morbide, car l'enfant crie lorsqu'on lui place le doigt dans la bouche, ou quand il prend le sein. Aussi tette-t-il mal ; et quelquefois même, la sécheresse de la bouche, l'intensité de la douleur, l'empêchent d'exécuter des efforts de succion assez puissants pour faire monter le lait. Cet état de la muqueuse, rougeur et gonflement des papilles, précède l'apparition des grains de muguet, terme moyen, de deux jours.

Les auteurs qui voyaient dans le muguet une véritable inflammation, ont msisté sur l'élévation de température de la bouche. Ainsi M. Seux l'a rencontrée dans tous les cas, et toujours en raison de l'intensité de la rougeur; mais il ne donne point de mesure de cette élévation de température. Aussi M. Parrot, qui a toujours vu la colonne thermométrique s'arrêter au-dessous de 57°, ne peut-il admettre l'opinion de ses devanciers, qui ont jugé d'après des sensations le plus souvent trompeuses. Toutefois, Valleix avait dit que la bouche conservait ordinairement sa chaleur normale, qui ne fut augmentée au plus fort de la maladie que dans quatre cas.

A ces modifications, qui peuvent, à la rigueur, être considérées comme prodromiques, M. Gubler en a joint une autre qu'il a, le premier, fait connaître et qui paraît plus étroitement liée à l'existence du muguet : c'est l'état d'acidité du liquide buccal. Cette modification des produits de sécrétion, habituellement alcalins, se constate facilement à l'aide du papier de tournesol. Elle paraît plus

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constante que la rougeur et le développement papillaire, puisqu'elle a existé dans tous les cas de muguet, sauf de très-rares exceptions que l'on peut expliquer, et que, d'un autre côté, on la constate rarement dans d'autres affections. Nous aurons, d'ailleurs, à revenir sur cette question en traitant de l'étiologie.

C'est quand le terrain a été préparé comme nous venons de le dire, que se montre la végétation parasitaire, au bout de deux ou trois jours, en général. Celle-ci apparaît, le plus souvent, d'abord sur la face supérieure de la langue, et plutôt vers la pointe. Elle consiste, à l'origine, en un semis de points blancs plus ou moins rapprocliés les uns des autres, qui s'élargissent et se rejoignent pour former de petites lames mamelonnées. Bieîitôt, aussi, ces points, ces petites masses d'un blanc de neige apparaissent sur les bords de l'organe, à sa partie inférieure, sur la muqueuse des joues, celle des lèvres, de la voûte palatine et •des gencives. Dans le principe, si ou examine les produits au microscope, on y trouve plus d'épithélium que de filaments d'oïdium; quelques médecins ont même pensé que les points blancs n'étaient formés primitivement que d'épithélium et que le champignon ne s'y trouvait que secondairement. Nous reviendrons ■sur ce point à l'anatomie pathologique.

C'est à dessein que je supprimerai de cet exposé des symptômes de début du muguet, l'érythème des fesses auquel Valleix a attaché une si grande importance, •et qui a été effectivement très-fréquent chez ses petits malades, ainsi que la diarrhée. Suivant ce médecin distingué, sur 25 enfants atteints de muguet, 17 eurent de l'érythème des fesses et des cuisses, en moyenne, six jours et demi avant l'apparition du muguet, et chez les 5 autres, l'inflammation cutanée survint un peu plus tard. Deux fois seulement la diarrhée fut postérieure à l'alfcction buccale ; dans les autres, elle se montra, en moyenne, quatre jours avant. Tout ceci est très-exact et très-vrai, mais ce qui ne l'est pas moins, c'est que la diarrhée ■et l'éruption des fesses peuvent avoir lieu sans que dans la suite il survienne de muguet. Ce sont là des symptômes de désordres intestinaux, et qui ne se rapportent pas directement au muguet.

Ces végétations sont d'un blanc éclatant, et il ne paraît pas exact de croire, •avec Trousseau, que les points origniels soient transpirents. Les lames s'élargissent et finissent par se joindre à leur circonférence, de façon à former une couche continue qui peut envelopper la langue, et recouvrir de larges portions de la muqueuse. Ce revêtement membraniforme présente une surface inégale qui témoigne de son mode de formation. L'épaisseur va aussi en augmentant, et le ^champignon, au bout d'un certain temps, semble former plusieurs coucbes superposées. Le muguet n'a sa blancheur parfaite que dans les premiers temps de son ■existence, quand il forme en des points isolés de petites éminences mamelonnées, ou des lames peu étendues. En vieillissant, il se ternit, se fane pour ainsi dire, et généralement les larges revêtements sont jaunes ou brimàfres, à moins pourtant que l'évolution ne soit très-rapide, auquel cas, tout l'intérieur delà bouche peut apparaître comme recouvert de couches de lait concret.

La première idée qui se soit présentée pour expliquer cette coloration jaunâtre, c'est qu'elle était due au contact de la bile rejetée par les vomissements '(Ijillard) ; mais comme le fait très-bien observer Valleix, on la trouve dans un grand nombre de cas, tandis que les vomissements bilieux sont, au contraire, fort rares; et cet auteur l'a vue chez des eniants qui ne rejetaient que du lait ou ne vomissaient même pas. Elle tient, suivant toute probabilité, comme l'a dit

JlUGUET (pathologie). 561

M. Seux, à raltéi-ation que l'aii- fait subir à toutes les substances organiques qui s'accumulent et séjournent dans la bouche durant la maladie. C'est sous cette intluence que les couches superficielles, qui sont aussi les plus anciennes, s'altèrent et jaunissent. On voit dans les cas graves, et surtout dans les derniers jours, apparaître une teinte brune qui n'est que l'exagération de la précédente, et est due aux mêmes causes qu'elle. C'est encore par l'âge du produit organique, par l'action de l'air et le dessèchement qui i^n résulte, qu'on peut expliquer la production de ces sortes d'écaillés, de squ..mes brunes, noirâtres, fendillées, qui viennent remplacer, sur les lèvres ou sur la langue, le produit blanc de neige qui y existait au début, et que l'on retrouve encore sur quelques points mieux protégés, ou bien là où il s'est produit récemment.

Dans certains cas, la coloration brune ou noirâtre peut tenir à l'imbibition de la mucédinée par du sang.

Le muguet n'a pas partout la même apparence; nous avons dit déjà comment sur la langue il se présentait, souvent, sous la forme d'un semis. Les grains qui forment celui-ci sont tantôt extrêmement petils, et d'autres fois, à base assez étendue; ils sont coniques à leur sommet, ou bien, au contraire, de forme irrégulière ; ou bien encore déprimés, comme ombiliqués au sommet. C'est de la réunion de ces grains que résultent, comme nous l'avons dit, des plaques qui peuvent rester isolées ou, en se réunissant, former une sorte d'enveloppe rugueuse à l'organe.

Sur la muqueuse des joues, le dépôt a souvent un aspect caillebotté et est plus épais que partout ailleurs, il atteint jusqu'à 4 à 5 millimètres (Seux). Il se trouve correspondre à l'espace intermaxillaire, d'où il résulte qu'il prend en ce point l'aspect d'un triangle allongé d'avant en arrière. La portion de la muqueuse qui répond aux maxillaires en est généralement dépourvue, ce que l'on peut expliquer par la pression et les mouvements de frottement. Sur la voûte elle voile dtipalais, la couche d'oïdium est généralement peu épaisse et parfaitement lisse. M. Parrot y a vu le muguet en platjues circinées qui s'accroissaient excentriqucment en conservant leur forme. Vers le bord libre de la face postérieure des lèvres, les plaques membraneuses sont généralement épaisses, isolées, et d'une grande blancheur; presque jamais la mucédinée ne se développe dans le pli gingivolabial, peut-être parce qu'il ne s'y trouve pas l'air nécessaire à la végétation des spores.

L'adhérence du muguet n'est pas la même sur les points différents où il se développe; elle est plus grande sur la langue que partout ailleurs, probablement à cause de la rugosité plus grande de la muqueuse. On le détache également avec plus de facilité des joues, du voile du palais et des lèvres que de la voûte palatine. L'âge du champignon a, d'ailleurs, une grande influence sur son adhérence. Au début, quand il est en pleine végétation, il se laisse plus difficilement détacher. A cette époque, dit M. Seux, «j'avais les plus grandes peines à le soulever soit avec une épingle, soit avec la pointe d'un bistouri. Le plus souvent, après bien des tentatives, je ne pouvais en soulever qu'un petit fragment; au contraire, quelques jours après sa formation, les bords des grains ou des plaques commençaient à s(, détacher d'eux-mêmes; alors on pouvait les soulever et les enlever avec d'autant plus de facilité que la maladie touchait à sa fin. L'adhérence, forte au début, finissait donc par disparaître complètement. »

On peut enlever le champignon avec des pinces, ou à l'aide de frictions avec un tampon de linge, ou bien, encore, en exerçant un raclage avec un corps dur;

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ces manœuvres ne le font pas céder jiartoiit, principalement au début; mais on découvre, ainsi, des portions de la muqueuse qui se montre rouge, injectée, mais non pas ulcérée et saignante, comme l'ont dit quelques auteurs. La première de ces dispositions s'observe dans les cas rares oîi la végétation a eu lieu sur un point primitivement ulcéré, fait dont l'extrême rareté constatée par la pratique est d'accord avec la tbéorie. Quant aux frictions, elles provoquent le saignement de la muqueuse, seulement dans le cas où on les exerce avec trop de violence, et avec un corps trop rude, ce qui amène la déchirure de l'épithélium et probablement la chute des papilles ; attendu que dans ces cas la muqueuse linguale se montre lisse, polie et rouge comme si elle était teinte de sang, ce qui n'a pa& lieu quand le dépouillement se fait spontanément.

La consistance du muguet est toujours très-minime, il se laisse écraser coinme uue sorlc de caséum, mais jamais il n'est aussi mou qu'à la fin de la maladie, quand il va se détacher de lui-même.

A moins que l'état général ne se soit amélioré, que la maladie dont le muguet est un épiphénomène n'entre en convalescence, on voit le champignon se reproduire sur les surfaces dont on l'a détaché, et son évolution s'y faire en suivant les phases que nous avons décrites. On peut d'ailleurs prévoir que cette reproduction aura lieu, non-seulement à l'aide des données fournies par l'état général, mais en constatant quel est l'état du liquide buccal. Si celui-ci est fortement acide, la reproduction de l'oïdium est presque certaine ; si, au contraire, l'acidité a notablement diminué, et, surtout, si elle a complètement disparu, on peut penser que le muguet va guérir.

Valleix a attaché une grande importance à des ulcérations de la voûte palatine qu'il a rencontrées pendant la vie, dans 15 cas sur 23.

Le plus grand nombre existait à la voûte palatine. Elles avaient une forme ovalaire à grand diamètre antéro-postérieur, et étaient placées au voisinage delà ligne médiane; leur apparition eut lieu soit avant la production du muguet, soit dès le début de celui-ci. Elles étaient peu profondes, à bords taillés à pic, à fond blanc ou légèrement jaunâtre. Quelques-unes guérirent avant la terminaison de la maladie, le plus grand nombre persista jusqu'à la fin, en restant stationnaires ou en s'agrandissant. Quelquefois des pellicules de muguet les entouraient entièrement, et dans deux cas même, des feuillets blancs les l'ecouvrirent pendant quelques jours, de façon à en intercepter complètement la vue.

Depuis Valleix, Trousseau et Delpech ont signalé également des ulcérations siégeant à la voûte palatine et sur le bord des gencives dans le muguet grave. D'après M. Seux, l'ulcération de la muqueuse est un lait excessivement rare, et l'intégrité de l'épithélium est la règle. D'ailleurs, ce sont là des altérations qui peuvent être concomittantes , mais ne sont pas dépendantes du muguet.

M. Parrot a signalé [Progrès médical, n° 49, 1874) des ulcérations auxquelles il donne le nom de plaques pterygoïdiennes, qui existent souvent en même temps que le muguet sans en être une dépendance, mais qui, comme lui, se développent chez les enfants athrepsiés. Elles sont au nombre de deux, syméti'iques, situées sur les parties latérales de la voûte palatine, en arrière et en dedans de l'arcade alvéolaire, sur la saillie que forment en ce point les apophyses ptérygoïdcs. On ne peut manquer de les voir quand la bouclie est largement ouverte. D'abord c'est une légère saillie à teinte blanc jaunâtre, à surface comme tomenteuse ; puis la perte de substance se dessine, c'est une sorte do cupule à

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fond jaunâtre ou gris. Elles peuvent s'accroître en tout sens et devenir brunâtres. Le muguet végète autour d'elles mais non à leur surface.

Tels sont les caractères physiques du muguet sur les points accessibles à la vue. 11 s'y joint certains troubles fonctionnels dont nous avons déjà parlé, et qui peuvent, en partie, être mis sur le compte de la présence de l'oïdium. Vallcix a attribué à la gène, qu'elle détermine, des mâchonnements fréquemment observés chez des petits malades qui ouvraient la bouche et portaient la langue hors de sa cavité. Ces mouvements ne sont pas aussi fréquents que l'indique cet auteur, et d'ailleurs se voient chez des enfants qui n'ont pas de muguet,

La sensibilité exagérée de la muqueuse buccale rend, comme nous l'avons dit, la prise du sein et la succion difficiles. Souvent l'enfant commence par saisir le mamelon avec avidité, puis le lâche, vaincu par la douleur. Il en est ainsi, quand la muqueuse est d'un rouge vif, et il est même à remarquer que la succion de sein paraît moins pénible quand le muguet a formé une couche membraniforme,, comme si cette dernière servait de protecteur à la muqueuse. Il est d'ailleurs juste de remarquer, pour limiter l'importance séméiologique de ces troubles, qu'on les observe dans des cas où il n'y a pas de muguet, et même alors que la bouche est saine.

Les observateurs, sont d'accord pour admettre que la déglutition reste libre tant que le muguet n'existe que dans la bouche ; aussi est-il possible de nourrir à la cuiller les enfants qui refusent de prendre le sein. Dans certains cas, la déglutition est difficile, longue à s'effectuer, comme si les liquides séjournaient an certain temps dans le pharynx et l'œsophage, et comme si la contractilité de ces parties était entravée et ralentie. Si l'on donne à l'enfant une petite quantité de liquide à la fois, celle-ci finit par être déglutie; mais si avant que cette opération soit terminée on donne de nouvelles quantités de boisson, le tout est rejeté par régurgitation, et avant d'avoir pénétré dans l'estomac. Quand on observe ces troubles de la déglutition et qu'il existe du muguet dans la bouche, ce n'est point à celui-ci qu'il faut les attribuer, mais à la présence probable du champignon dans le pharynx et dans l'œsophage.

La description qui précède comprend, croyons-nous, tous les principaux caractères physiques du muguet, et les quelques troubles fonctionnels dus à sa présence. Nous avons même été trop loin, en faisant rentrer, dans notre exposé, les ulcérations de la bouche, qui ne sont pas le fait du muguet, mais dépendent, comme le champignon, de l'état maladif des sujets. Si nous l'avons fait, c'est que la mucédinée s'est monli'ée souvent autour, et même, dans quelques cas, à la surface de ces ulcérations que nous avons d'ailleurs signalées comme exceptionnelles.

Les médecins qui ont vu, dans l'aifection que nous étudions, une entité morbide, et ceux, surtout, qui comme Valleix, en ont étendu le domaine jusqu'à y faire rentrer le ramollissement de l'estomac, la diarrhée, l'entérite, diverses iiiilammations cutanées, etc., ces médecins, dis-je, ont tracé du muguet une îyiTiptomatoIogie qui ne lui appartient pas, mais qui relève des affections diverses dont le développement du parasite n'est qu'un épiphénomène. En admettant même que le muguet put avoir une part d'influence sur la production des vomissements, de la diarrhée, de la fièvre, de la perte de l'appétit, il nous serait impossible de distinguer cette part de celle exercée par les affections diverses auxquelles nous faisons allusion. Le mieux est donc de ne pas entrer dans ces détails, variables comme chaque catégorie de cas. Citons, pourtant, comme exemple»

3G4 MUGUET (patuologie).

ce que dit Valleix de l'état du pouls : « De 80 à 90 pulsations, le pouls monta à 116, 128 et même 140 dans l'espace d'un jour, chez les enfants dont les pulsations furent comptées dès leur entrée; elles étaient en même temps fortes. Ce développement et cette accélération du pouls eurent lieu de un à huit jours avant l'apparition des premières grains sur la langue, ce qui donne pour terme moyen quatre jours un cinquième; c'est-à-dire à ;)eu près la même chose que la diarrhée, qui se déclarait quatre jours et demi avant la même époque et, par conséquent, deux jours ou deux jours et demi avant le gonflement des papilles. » Qui ne voit que l'accélération du pouls, de même que la diarrhée, sont indépendantes de l'évolution future du muguet, et soumises, comme lui, à une alïection de l'intestin dont les observations données par cet auteur, précis entre tous, fournissent des preuves éclatantes? C'est là, suivant Valleix, l'état du pouls au début du muguet. Voici maintenant ce qu'il en dit à la fin de la maladie : « Le décroissement du nombre des pulsations commença à paraître de deux à douze jours avant la mort ; il était très-rapide ; on voyait le pouls, d'un jour à l'autre, tomber de 120 à 104, 88, 68, et le plus souvent même (15 cas) il devenait entièrement insensible de deux à six jours avant le terme fatal (etc.). C'est-àdire que le pouls prenait ces caractères alors que la maladie principale eu était venue à épuiser complètement les forces du malade, qui tombait dans l'affaissement (etc.). Mais, loin de raisonner de la sorte, Valleix dit, en parlant du pouls : <( Voilà donc un symptôme évident de fièvre qui vient se joindre aux symptômes marquant le début du muguet, tels que l'érythème, la diarrhée, la rougeur de la langue, le gonflement des papilles (etc.). •« Ce sont bien là, pour lui, des symptômes qui dépendent du muguet, en relèvent et le caractérisent dans une de ses phases, tandis que nous y voyons des manifestations d'un état morbide général ou local, qu'on trouve décrit dans toutes ses observations; manifestations qui, dans l'histoire du muguet, ne peuvent servir qu'à faire craindre l'apparilion de la mucédinée, ou à en expliquer la présence.

Certains auteurs, qui reconnaissent, qu'en général, le muguet est une alïection deuthéropathique, mais qui admettent qu'il peut, aussi, en exister une forme idiopathique primitive, ont cherché à faire le départ de ce qui appartenait à la symptomatologie de cette forme primitive, et ont cru, en particulier, qu'elle pouvait déterminer la fièvre. Ainsi M. Seux dit avoir vu, sur 286 cas sans entérite, 284 fois le pouls s'élever au moment de la production du champignon. Cette élévation se maintenait tant que l'affection de la bouche était dans sa période active, et croissait ou diminuait avec elle. Des observations de cette nature, bien exactes, bien sévères, oii on verrait des enfants, jusque-ln très-bien portants, être pris à la fois de fièvre et de muguet, pourraient prouver que ce dernier est la cause du mouvement fébrile. Mais il y a lieu de se demander si les enfants dont il est question étaient réellement dans un état prospère ? Notre observation personnelle nous porte à en douter. Il ne faut, suivant nous, t rer de ces laits qu'une conclusion, c'est qu'en raison d'une aptitude particulièi i au jeune âge, il suffit d'un trouble léger de la santé pour déterminer l'appari ion de la fièvre et du muguet. Les réflexions et restrictions que nous faisons ici à propos de la fièvre, sont applicables à beaucoup d'autres symptômes que les ai leurs ont attribués au muguet, bien que réellement ils ne lui appartiennent pas. Certains, maintenant, de ne pas leur accorder plus d'importance qu'ils ne méritent, nous allons les passer en revue.

Vomissement. Valieix fu fait un symptôme du muguet, sans pouvoir fixe

MUGUET (pathologie). 5(55

exactement son degré de fréquence, la date de son apparition, etc. Dans quel(]U(;s cas oij il y avait simplement rejet des matières ingérées, il a cru pouvoir attribuer le vomissement au développement du champignon dans le tond de la bouche. M. Suux ne partage pas cette manière de voir et n'attache pas grande importance au vomissement. 27 fois seulement sur 402 cas qui lui sont propres, ce symptôme aurait pu être rapporté à l'existence du muguet, proportion évidemment trop petite, dit l'auteur, pour que le vomissement puisse, dès lors, être considéré comme un symptôme de cette affection.

Diarrhée. Valleix a noté la diarrhée chez 21 sujets sur les 22 qui succombèrent, et elle existait également, mais à un faible degré, chez les deux qui guérirent; les selles étaient liquides comme de l'eau, le plus souvent de couleur verte ou verdàtre. Au cours de la maladie, la diarrhée diminuait quelquefois pour reprendre, et, assez souvent, elle disparaissait dans les derniers jours de la maladie.

M. Seux est loin d'avoir trouvé que la diarrhée fut aussi fréquente, puisque 305 fois les selles restèrent assez consistantes, et qu'il n'y en eut pas plus de trois par jour. Dans 97 cas il y eut une diarrhée plus ou moins abondante, à laquelle il trouva presque tous les caractères signalés par Valleix. C'est sur la présence ou l'absence de la diarrhée que Seux a fondé la division du muguet sans entérite et muguet avec entérite.

Chez les 305 cas sans diarrhée ou sans entérite, la tension du ventre manqua complètement; chez les 97 autres, elle fut constante, et généralement en raison de l'affection intestinale. Ces observations prouvent surabondamment que la diarrhée n'est pas subordonnée au muguet, qu'elle en est indépendante et ne forme qu'un symptôme parallèle à celui que constitue le développement de l'oïdium dans la bouche, l'un et l'autre subordonnés à une cause commune. Tout ce qu'on a dit des selles, du ballonnement du ventre, des douleurs spontanées ou à la pression, prouve que ce sont là des symptômes qui, en général, dépendent d'une entérite, mais qui, dans tous les cas, ne relèvent en rien du muguet.

Vérythème des l'esses et des cuisses a été donné par Valleix, ainsi que je l'ai déjà dit, comme un symptôme constant du muguet, et celui qui se montre le premier. Cet auteur a été le seul à avoir cette opinion. Suivant Trousseau et Delpech, l'érythème est dû au contact des matières fécales et des urines avec les parties qui en sont le siège. En outre, suivant ces observateurs, l'érythème ne précède pas l'apparition du muguet, comme l'a dit Valleix, mais lui est le plus souvent consécutif. C'est aussi ce qui a été constaté par M. Seux, qui ne l'a vu précéder l'apparition du champignon que 8 fois, sur 221 cas où il existait. Ce qui enlève à cet exanthème toute la valeur que lui avait attribuée Valleix, c'est qu'on le voit chez un grand nombre d'enfants qui, à aucun moment, ne présentent de muguet, et qu'il manque chez beaucoup de ceux qui sont atteints de cette affection.

Pas plus que l'érythème, on ne peut considérer les ulcérations des malléoles et du talon comme dépendant de l'existence du muguet ; comme lui elles reconnaissent pour cause générale, le mauvais état de santé de l'enfant, et comme cause locale, l'action irritante de l'urine, à laquelle il faut ajouter comme facteur important, le frottement de ces parties contre des langes trop rudes. Ce qui prouve que ces ulcérations ne sont pas dues au muguet, c'est qu'on les observe souvent chez des enfants dont les muqueuses ont toujours été exemptes de la végétation parasitaire. D'ailleurs si Valleix les a trouvées 20 fois, sur 24 cas de

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muguet, il est. loin d'en être toujours ainsi, puisque 31. Seux, par exemple, n'en a constaté l'existence que 29 ibis sur 402 observations.

Faciès. Valleix lui-même reconnaît qu'il ne présente rien de spécial; il a noté, dans les cas graves, une pâleur très-prononcée, puis, aux approches de la mort, la face devenait ridée et terreuse; c'était celle d'un vieillard décrépit.

Amaigrissement. On l'a noté comme insignifiant dans les cas où le muguet était bénin, et comme porté aux plus extrêmes limites dans les cas graves, surtout, lorsqu'ils avaient une longue durée. Pas plus que les autres altérations, il n'est l'eifet du muguet, mais il est sous la dépendance de la maladie principale.

Cris et plaintes. Valleix a signalé l'existence de cris plaintifs, plus ou moins fréquemment répétés, séparés par des intervalles de repos, forts au début du mal •et allant en s'affaiblissant à mesure que les forces diminuaient. Ce cri aurait été rauque et même étouffé dans les cas où le muguet occupait le pharynx. Tous les •enfants observés par Valleix avaient de l'entérite, et M. Seux n'a noté les cris que dans 97 cas où celle-ci existait manifestement, ce qui détermine parfaitement la cause à laquelle il faut les rattacher.

Terminons en répétant, encore, (|ue ces symptômes n'appartiennent pas au muguet, mais à la maladie générale ou locale sur laquelle celui-ci est gi^effé.

Anatojhe pathologique. Ce chapitre comprendra l'étude de la mucédinée en elle-même, dans les différents points où elle est susceptible de se développer; ses rapports avec les tissus divers qui lui servent de support, et les modidcations de ces mêmes tissus, en tant qu'elles peuvent dépendre de la présence de l'oïdium, mettant de côté beaucoup de lésions qui ne sont, comme l'oïdium, que la conséquence d'une maladie générale ou locale.

Nous commencerons par donner la description microscopique du cryptogame découvert par Berg, et nous emprunterons cette description à l'ouvrage de M. le professeur Robin.

« Le végétal, dont les individus agglomérés et entre-croisés forment les couches ou plaques d'aspect pseudo-membraueux du muguet, est composé : 1° de filaments tubuleux sporifères. Ces filaments (fibrilles de Berg; racines, tiges de Gruby) sont cylindriques, allongés, droits ou incurvés en divers sens. Ils sont larges de 0""",0b5 à 0""",004 (rarement moins et quelquefois de 0"'",005) sur 0'"'",50 à 0""",60 de long, et même plus, suivant la période de développement à laquelle ils sont arrivés. Les bords sont foncés, nettement limités, ordinairement parallèles, le tube est transparent, de couleur légèrement ambrée.

Ces filaments tubuleux sont formés de cellules allongées, articulées bout à bout, et longues, en général, de 0""",020; elles ont cependant quelquefois près du double, près de l'extrémité adhérente. En général, elles diminuent tle longueur en approchant de l'extrémité sporifère ou libre, de manière à n'avoir plus que 0"'"',010 ou environ.

Ils sont tous (à l'état adulte) ramifiés une ou plusieurs fois, et les ramifications sont composées de cellules, comme les filaments d'où elles partent. Tantôt elles sont aussi longues ou môme plus que ceux-ci, tantôt elles ne sont formées que d'une cellule coui'le et arrondie, ou de deux ou trois cellules allongées.

Ces filaments et leurs branches sont cloisonnés d'espace en espace, et ordinai-rement un peu éli\inglés au niveau des cloisons; celles-ci sont constituées par l'accolement des extrémités arrondies des deux cellules. C'est contre l'étranglejneut articulaire, ou un peu au-dessous, contre la paroi du filament, que sont

MUGUET (pathologie). 567

insérées les ramifications. Elles ne communiquent jamais avec la cavité des cellules.

\° heschambres, limitées par les cloisons (cavité de chaque cellule), renferment ordinairement quelques granules moléculaires ayant de 0""",001 à 0""",00!2, de teinte foncée et souvent doués du mouvement brownien. Sur certains filaments, chaque chambre renferme, au lieu de granules, deux, trois ou quatre cellules ovales qui remplissent la cavité. Les parois de ces cellules sont pâles, jaunâtres, et se distinguent de celles du filament par leur teinte plus brillante, beaucoup moins foncée. Elles se touchent par leurs extrémités ou sont un peu écartées; leur contenu est homogène, transparent.

L'extrémité d'origine, ou adhérente, des filaments est ordinairement cachée au centre de spores isolées ou mêlées avec des cellules épithéliales. Cependant, on peut l'isoler; alors on voit que la première cellule est le prolongement d'une spore, et qu'il y a libre communication enti^e leurs cavités. Que le filament soit formé par beaucoup de cellules et porte déjà des branches, ou soit représenté par deux chambres seulement, la spore est toujours reconnaissable. Cette spore renferme, habiluellement, deux ou trois granules sphériques de 0"'°\001, foncés en couleur, à bords nets. Ils exécutent des mouvements rapides de sautillement et «hangent de place dans sa cavité. Aux spores germées adhèrent souvent quelques autres spores qu'il est assez difficile d'en détacher.

L'extrémité libre ou sporifère des filaments, ou de leurs ramifications, est, ou arrondie sans renflement, ou formée par une cellule sphérique ou ovoïde, plus grosse que celles qui la précèdent, et séparée d'elles par un étranglement trèsprononcé. Cette cellule terminale renflée, a de 0'"'",005 à 0'"'^,fJ07. Celles qui la précèdent sont souvent ovoïdes, courtes, et donnent au filament un aspect variqueux ou tortueux.

Les cellules terminales sont probablement des spores près de se détacher, et les cellules pâles contenues dans les chambres, dont il a été parlé plus haut, des spores qui commencent à se développer.

2" Des spores. Elles sont sphériques ou un peu allongées, à bords nets et foncés, cavité transparente d'une teinte ambrée et réfractant assez fortement la lumière. Elles contiennent une fine poussière douée du mouvement brownien, et souvent un ou deux granules de O'"'",0006 à 0""",001 doués du même mouvement; elles se mettent rarement en chapelet à la suite l'une de l'autre.

Un certain nombre de ces spores flottent librement, mais la plupart adhèrent fortement aux cellules épithéliales de la muqueuse buccale, constituent un amas serré à leur surface et les recouvrent complètement; de sorte que, lorsque les •csllules sont étalées, on ne les reconnaît qu'à leur forme. Si elles sont imbriquées en larges plaques, on peut quelquefois reconnaître leurs bords, parce que les spores sont en moins grand nombre au voisinage de ceux-ci. Souvent, sur les larges cellules, on aperçoit un ou deux groupes circulaires de spores qui s'en détachent quelquefois et flottent avec les spores isolées » (Ch. Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites, 1853, p. 489 et suiv.).

Telle est la description d'individus arrivés au cinquième jour de leur existence, c'est-à-dire au plein développement. Au deuxième jour, les mêmes étaient plus couris. sans ramifications, avec des étranglements articulaires moins prononcés, par conséquent plus régulièrement cylindriques.

Le docteur Qiiinquaud [Arcldves de physiologie, t. I, p. 295), d'après ses recherches, et certains travaux micrograpliiques récents, se fondant sur ce que,

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dans les espèces du genre O'idhim {VOidlum Tiickeri, par exemple), les spores sont très-volumineuses, les lilaments du mycélium munis de crampons, avec ramifications très-courtes, à angle droit, et portant des spores très-granuleuses, rol'use de voir un Oïdium dans le champignon du muguet, attendu qu'on y constate des spores très-petites, le défout de crampons, la ramilicatiou des filaments à angle aigu, des cellules peu granuleuses et dont les granules sont souvent mobiles. Ne voyant, d'ailleurs, dans les classifications actuelles, aucune place qui convienne à ce végétal, M. Quinquaud en fait un genre, qu'il nomme le Syringospora (de trûpiy;, anopà, tube, spore). A part les quelques points que je viens de signaler, la description donnée par cet auteur est identique à celle de Robin.

Le végétal que nous venons de décrire forme la base des lames pseudo-membraneuses qui constituent le muguet, et quand on examine ces lames blanches, on les trouve composées de filaments d'oïdium, de spores et de cellules épithélialcs. C'est l'oïdium qui donne au produit sa couleur blanche. Ces éléments constitutifs ne sont pas toujours en proportions égales; ainsi, quand le muguet n'est encore que sous forme de grains isolés, les lamelles d'épithélium concourent à sa foi'mation pour une part plus considérable que le mycélium du champignon, dont on peut ne trouver que quelques filaments peu développés; et il est important d'être prévenu de ce fait, pour ne pas commettre d'erreur. D'habitude, sur la face adhérente d'un fragment de muguet, celle qui touche à la muqueuse, on voit que les cellules épilhéliales, toutes conliguës, forment une couche serrée ; sur l'autre face, au contraire, les cellules ne forment plus une couche continue, elles sont dissociées, forment des groupes, et portent des spores, germées ou non, qui les couvrent et y adhèrent.

Quand les filaments du mycélium sont dans leur plein développement, ils s'entre-croisent avec les cellules épithéliales et les spores, pour former un réseau, une sorte de lacis dans lequel M. Piobiu dit n'avoir jamais vu de filaments, de fibrine, non plus que de globules de pus. M. Laboulbène y a trouvé, en plus, des éléments précités, mais rarement, et à titre accessoire, des graimlations moléculaires très-abondantes, agitées d'un vif mouvement brownien, des matières grasses, sous forme de gouttelettes arrondies, réfractant fortement la lumière, ambrées ou blanchâtres. Plus abondantes chez les enfants, elles devaient provenir, en grande partie, du lait ; mais il les a aussi trouvées chez des adultes. Enfin,- mais très-exceptionnellement, il a constaté quelques filaments, qui ne pouvaient appartenir qu'à de la fibrine exsudée ; et deux espèces d'algues qui n'appartiennent pas en propre au muguet, le torula cerevisiœ et le leptothrix buccalis {Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-membraneuses, p. 115). M. Quinquaud dit y avoir vu quelques leucocytes. Suivant M. Laboulbène, au début, le muguet est surtout formé par de l'épithélium, et c'est à celuici qu'il doit sa blancheur. L'oïdium s'y développe ensuite, mais quelquefois est très-peu abondant. Cet auteur admet même un muguet sans mucédinée, ce qui ne peut être accepté.

La consistance du muguet est celle du caséum épaissi ; il n'offre pas la résistance et l'élasticité des vraies fausses membranes, et se laisse donc déchirer et écraser avec la plus grande facilité. Cette consistance n'est d'ailleurs pas la même à tous les âges de la végétation; au début elle est plus grande, et plus le muguet est vieux moins il est consistant, si bien que sur le cadavi'e il est, pour ainsi dire, diftluent.

Il en est de même et à un degré plus accusé de l'adhérence. Celle-ci est très-

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forte, quand on examine le végétal jeune ; souvent il est assez difficile de parvenir à enlever complètement les grains ou les lames qui adhèrent à la langue ; mais, à mesure qu'il vieillit, son adhérence diminue et il se laisse plus facilement détacher. Après la mort, il ne tient pour ainsi dire plus à la membrane muqueuse, il peut môme avoir complètement disparu, de façon à ce qu'on n'en retrouve pas de trace sur le cadavre. Quand on a détaché le produit caséeux, ce n'est pas le derme de la muqueuse que l'on aperçoit, mais une couche épithéliale de nouvelle formation; et, pourvu que sur le vivant on agisse doucement, il est rare qu'on fasse suinter du sang.

Les opinions ont varié sur la question de savoir quel est le siège précis où se xléveloppe le muguet. Lelut qui l'a décrit comme une fausse membrane, pensait que celle-ci se développe sous l'épithélium.

Il croyait s'en être assuré en ce qui concerne la muqueuse labiale. Après avoir décrit avec une exactitude parfaite la manière, dont le muguet se développe sur la muqueuse des lèvres jusqu'au voisinage de l'épiderme cutané, sous forme d'une large bande transversale, partagée eu deux ou trois parties par des étranglements ou sillons antéro-posté.rieurs, qui se continuaient sur l'épiderme labial, en deçà de la fausse mendjrane, ou bien sous la forme de points coniques, qui, ■eu se rapprochant les uns des autres, finissaient par former une lame semblable à la précédente, l'auteur ajoute: dans l'un et l'autre cas, on voit, avec le temps, les lambeaux seudo-membraneux les plus voisins de la face externe des lèvres se ilétaciier d'eux-mêmes, de dedans en dehors, ou tl'arrière en avant, et se continuer avec l'épithélium ou avec l'épiderme labial.

Si cette chute a lieu de bonne heure, la muqueuse est rouge et paraît dépourvue d'épilliélium. Si, au lieu d'attendre la chute spontanée, on enlève ces points ou cette bande avec une épingle, on voit de la manière la plus évidente, ([u'ils sont constitués par un soulèvement de l'épithélium labial ; et l'auteur, après avoir cité des observations à l'appui de cette idée, conclut ainsi : Je regarde donc comme une chose bien prouvée qu'au bord libre des lèvres le muguet siège primitivement au-dessous de l'épithélium. Vues à l'œil nu, les dispositions anatomiques, si exactement décrites par Lelut, devaient mener à la conclusion à laquelle il est arrivé, et il n'a pas fallu moins que les études microscopiques pour l'infirmer. On sait aujourd'hui que le végétal se développe, à la surface (le la muqueuse, non au-dessous de l'épithélium, mais à la surface de celui-ci, clans une couche de mucus visqueuse qui lui est adhérente, et où sont accumulées, en plus gi^and nombre peut-être qu'à l'état normal, des cellules épithélialcs réunies, ou isolées. C'est dans ce sol, dans cette sorte d'humus spécial, que germent les spores qui s'attachent aux cellules libres, et au lames plus profondes de l'épithélium, sans jamais envoyer de prolongement jusque dans le derme. On s'explique de cette façon l'adhérence plus grande au début de la maladie et l'erreur de plusieurs physiologistes, qui ont cru que le muguet était primitivement sous-épithélial. Si l'adhéi-ence est plus grande au début, c'est que le végétal envoie ses prolongements radicaux dans une couche d'épithélium encore vivante ; mais, quand les cellules qui constituent cette couche sont détachées par celles qui se forment au-dessous, chute qui a peut-être lieu plus tôt, en raison de l'état maladif, l'adhérence est détruite et le muguet se laisse détacher facilement ou tombe spontanément. Quelques auteurs avaient admis que le muguet se développait dans les follicules muqueux et les glandules de la ■bouche, mais déjà Lelut avait rejeté celte manière, de voir et aflirmé, après cxa-

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men, qu'il n'en était rien. M. Gublcrà vu l'oïdium remplir les glandules situe'es à la base de la langue, les distendre et s'épanouir en houppes à la surface libre de cet organe.

Suivant cet observateur on peut rencontrer le muguet entre la face profonde de l'épitbélium et le derme muqueux; mais jamais le cryptogame ne pénétrerait dans l'épaisseur de la membrane, pour puiser les éléments de sa nutrition au sein même des tissus vivants (ce qui lui fait nier que l'oïdium soit un véritable narasite). Cette manière de voir est aussi celle de M. Robin, qui, considérant que le champignon du muguet se développe dans des matières animales en voie d'allération, l'a séparé des épiphytes essentiellement parasitiques, comme le champignon de la teigne, qui vivent sur l'homme et au milieu de tissus sains. M. Parroi,, d'après des études faites sur l'oïdium trouvé dans l'estomac, croit pouvoir s'élever contre cette proposition, au moins dans ce qu'elle a de général et d'absolu. 31. Parrot a vu le muguet envoyer des racines nombreuses jusque dans l'épaissem' de la muqueuse stomacale, dont les éléments étaient comme étouffés et réellement détruites par la production parasitaire. Il est vrai qu'on peut se demander si l'oïdium trouvant dans l'estomac des conditions. particulières d'acidité n'a pas continué à végéter après la mort. Ce qu'il y a d'incontestable, d'après sa desciiption, c'est que des racines pénétraient profondément dans la muqueuse. Ces notions générales, et qui sont d'ailleurs les plus importantes de riiistoire du muguet, une fois établies, nous allons recherclier quelles sont les régions où on le trouve, et ce qu'il y présente de particulier.

Bouche. C'est sur le muguet de cette cavité qu'ont été faites exclusivement les études d'anatomie et de physiologie pathologiques qui précèdent. Le muguet y affecte des dispositions sur lesquelles nous nous sommes étendus dans les symptômes. 11 y est sous forme de points isolés, quelque fois très-rares (muguet discret, bénin), de points se touchant (muguet confluent), de feuillets plus ou moins grands, et plus ou moins éloignés les uns des autres, enfin sous celle de couches étendues recouvrant des portions considérables, ou la presque totalité de la cavité buccale. Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit des caractères que nous en avons tracés.

La bouche est le siège habituel du muguet et je ne sache pas qu'on l'ait trouvé en un point quelconque, sans qu'il en existât dans la bouche. Dans cette cavité son siège de prédilection est la langue ; après viennent les joues et la voûte palatine; les points, ou il est le plus rare, sont le voile du palais et les gencives. L'abondance du produit morbide est très-variable. 11 peut ne consister (ju'en quelques grains épars sur la langue ou les joues, et, dans d'autres cas, tapisser la bouche dans presque toute son étendue; mais, il faut bien savoir que sur le cadavre le muguet peut avoir, presque, ou même complètement disparu ; et que c'est pendant la vie, seulement, qu'on peut se faire une idée exacte de son abondance.

État de la muqueuse. La saillie des papilles, que nous avons signalée en traitant des symptômes, a souvent disparu après lamort.Yallcix ne l'a retrouvée que quatre fois, et cela dans des cas oii le muguet était de production récente, c'està-dire encore en grains, ou en couches formées depuis peu de temps. Dans les conditions opposées ; c'est-à-dire dans le cas de muguet en lames, existant depuis longtemps, les papilles s'étaient effacées et le dos de l'organe avait prisun aspect lisse. Pour la rougeur, au contraire, il l'a trouvée, sans que ce fût une règle, en raison de l'abondance du muguet ; toutefois, il ne la note que

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.4 fois sur 22 cas de mort, la muqueuse étant d'un rouge violet ou bleuâtre, vec dilatation évidente des petits vaisseaux sous-muqueux. Elle était moins umiide que dans l'état naturel, 5 fois sur 14 cas où le fait a été recherché, îlle était sèche ; jamais il n'y a eu d'ulcération sur la langue.

Sur les parois de la bouche, la coloration de la muqueuse n'existe, après la ïiort, que dans les points où il y a eu du muguet ; le même fait, d'ailleurs, a ieu pour la langue. Je ne parlerai pas des ulcérations de la voûte palatine, rouvées et décrites par Valleix comme dépendant du muguet. ïl est h. peu près le seul qui les ait signalées et elles n'appartiennent au muguet ni comme lésion ni comme symptôme. J'en ai dit, pourtant, un mot à ce chapitre.

Phanjnx. Valleix a trouvé la pharynx envahi par l'oïdium dans 10 cas seulement sur 22 autopsies. M. Seux 13 fois sur 26 : ce qui donne la proportion de id sur 48, ou à peu près la moitié ; et l'un et l'autre ont constaté que, presque toutes les fois qu'ils le trouvaient dans l'arri ère-gorge, le muguet avait été confluent dans la bouche. Valleix l'a toujours trouvé en grains semblables à ceux qu'on voit sur la langue au début de l'affection ; 9 fois sur dix, ces grains siégeaient à la face antéro-supérieure de l'épiglotte; trois fois il y en avait à son sonmiet ; quatre fois il y avait des grains sur la paroi postérieure du pharynx ;. eutiii, dans deux; cas, toute l'étendue de l'organe était recouverte de grains. M. Seux y a vu la distribution en feuillets, et quatre fois, une lame recouvrant toute la surface de la cavité pharyngienne. Ce qu'il importe de bien remarquer, c'est (|ue la production cryptogamiquc s'arrêtait exactement sur la limite qui sépare le pharynx des fosses nasales, là où cesse l'épithélium pavimenleux du conduit digestif. Lelut a très-bien noté ce respect du muguet pour les fosses nasales. « J'ai observé, dit-il, le muguet sur cinq enfants atteints de bec-de-lièvre,, avec division ou absence de la voûte palatine, ils sont morts tous les cinq. Pendaul la vie et après la mort, je n'ai pas vu dans leurs fosses nasales la moindre trace de muguet. D'après le même observateur il ne pénètre point dans les trompes d'Eustache.

L'adhérence du produit fut trouvée, par Valleix, plus considérable que dans la bouche, ce qu'il est porté à expliquer par la production plus récente du muguet dans le pharynx que dans la bouche, par laquelle il aurait débuté; ce qui est d'accord avec ce qui se passe dans l'arrière-gorge où le produit conserve la forme eu grains alors que depuis longtemps il s'est étendu en nappes dans la bouche. La muqueuse n'a guère offert de changements autres qu'une rougeur plus prononcée qu'à l'état sain. Encore tous les auteurs s'accoi^dent-ils pour reconnaître que ce l'ait n'est pas général.

OEsopliage. Valleix y a trouvé du muguet 17 fois sur 22 et M. Seux, dans SCS observations, 15 fois sur 20. Ce qui donne o2 sur 48 ou à peu près dans deux tiers des autopsies ; 9 fois seulement sur 17, le muguet était étendu à tout l'orgawc et dans cette condition, deux fois, formait un revêtement général, rabo- Icun: à la surface ; dans deux autres cas, il était disposé en lignes longitudinales irrégulières occupant une partie de la longueur seulement; mais se rejoignant et finissant par tapisser tout l'organe; dans les cinq autres cas, le muguet était en grains, épai'S, plus ou moins rapprochés ou confluents. Quelle que lut la disposition du produit, il cessait à une petite distance du cardia (5 ou 4 lignes^ Valleix).

Dans les cas où le muguet ne couvrait qu'une partie de la surface de l'œsophage il y était disposé par zones circulaires plus ou moins étendues occupant la

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partie supérieure, la partie moyeuue ou la partie inférieure de l'orgaue. Tantôt il y avait trois, d'autres fois deux, ou une seulement de ces zones. Elles étaient formées par des grains ou des lames plus ou moins épaisses. Dans tous les cas, le muguet s'arrêtait un peu au-dessus du cardia, une seule fois il s'étendait sur le cardia lui-même.

]\I. Seux, dans toutes ses observations, a aussi vu le muguet phartngo-œso phagien s'arrêter d'une part à l'ouverture postérieure des fosses nasales et de l'autre à quelques millimètres au-dessus du cardia. Une seule fois, il se terminait «ur le cardia lui-même en bandelettes dentelées comme le cardia. Dans quatre cas, le muguet formait à l'intérieur du conduit cesopliagicn un cylindre creux complet très-étroit, c'était coanne un tube renfermé dans un premier tube. Cet ^luteur a noté des lésions plus graves que celles vues par Valleix et qui n'appartiennent pas à l'histoire du nuiguel, ainsi, des ulcérations, la gangrène de la partie supérieure de l'œsophage, l'épaississement de toute la membrane muqueuse.

Estomac. L'existence du muguet dans ce viscère avait été admise par des auteurs très-recommandables, tels que Billard, Lelut, Valleix, mais ils n'eu avaient pas donné une description absolument convaincante, si bien que la possibilité de sa production était mise en doute par certains médecins qui n'avaient pas été assez heureux pour le rencontrer, et niée formellement par d'autres. Ce qu'il y a de certain, c'est que personne, à ma connaissance, avant M. Parrot n'avait démontré, dans ce qu'on pouvait considérer comme du muguet gastrique, la présence du champignon caractéristique. Depuis le travail de notre collègue de l'hôpital des Enfants assistés, toute espèce de doute a disparu et la discussion doit être close sur ce point autrefois litigieux. Après avoir fait la critique .tles observations de ses devanciers, M. Parrot expose des faits, suivis de l'examen microscopique, qui l'autorisent à dire que ; « ceux qui les liront resteront convaincus que la mucédinée du muguet peut germer dans l'estomac et se fixer à sa paroi comme au sol sur lequel elle a poussé {Arch. dephysioL, ,p. 509 et suivantes).

Ces faits sont au nombre de huit : sans les analyser tous, j'en donnerai une idée exacte par l'abrégé de l'observation suivante :

Obs. I. Muguet suivi de mort. La muqueuse gastrique présente de petites masses saillantes, parfaitement arrondies, isolées, ou groupées en plaques dont Je contour e.^t très-irrégulier, les plus grosses ont 1""» | de diamètre et font saillie de { à f- de millimètres. Presque toutes elles sont nettement ombiliquées, et par la pression, on voit la cupule centrale se remplir d'une matière d'apparence caséeuse. Leur couleur jaune tranche sur celle de la muqueuse qui est uniformément grise. Pour en donner une juste idée, je ne puis mieux faire que -de les comparer à de petits godets de favus, etc.

Au voisinage du pylore, à cheval sur la grande courbure, existe une ulcération, dont les bords festonnés, saillants, taillés à pic, sont manifestement ibr- ^ mes par de petites éminences tout à fait semblables à celles précédemment décrites.

Or ces éminences sont des grains de muguet très-adhérents, et M. Parrot en donne la preuve.

Des coupes minces, faites perpendiculairement à la suriace de l'estomac, après

. une longue macération dans l'alcool, ayant été plongées dans la glycérine avec

•ou sans addition d'acide acétique, permettent de constater l'existence de la mu-

5IUGUET (l'ATiioLooiE). 575

cédini'c et son rapport avec le tissu viscéral. Plusieurs clémeuls de la muqueuse n'y soûl plus visibles, et l'on n'y distingue nettement que les libres musculaires parallèles. C'est dans cette couche que sont pour ainsi dire implantés les spores et les filaments du muguet ; tantôt disséminés en très-petit nombre, d'autres fois, en masses énormes et retenant au milieu d'eux beaucoup de gouttes huileuses et quelques débris de la tunique interne.

A la périphérie de ces élevures, on voit des spores et des tubes qui adhèrent à la masse commune, tout en étant libres dans ime certaine étendue à la surface; ils simulent assez bien les fils d'un tissu déchiré, tandis que, profondément, semblables aux radicelles d'une plante, ils s'insinuent à travers les fibres lisses jusqu'au milieu de la lame sous-muqueuse. Eu aucun point la mucédinée n'a envahi les tuniques musculeuses.

Les sept autres observations ne sont pas moins probantes, mais nous croyons devoir nous en tenir à cet extrait, qui est à lui seul une description complète de ce que le muguetj de l'estumac présente de caractéristique. D'après l'ensemble des faits, on voit que le muguet dans l'estomac se présente sous la forme de petites émiuençes, les plus petites visibles seulement à la loupe, les plus grosses ne dépassant pas le volume d'un grain de millet, isolées ou rapprochées eu plaques; en général de couleur jaune cire, les plus grosses eu forme de godets, fait signalé déjà par Lelut. Elles siègent de préférence sur les courbures, particulièrement la petite et plus souvent vers le cardia que vers le pylore.

Très-adhérentes, elles semblent faire corps avec la muqueuse, la partie déprimée est moins solide, quelquefois on les aperçoit en ouvrant l'estomac, d'autres fois elles sont masquées par une couche de mucus qu'il faut enlever. A première vue elles diffèrent tellement de l'aspect que prend habituellement le muguet que» sans le microscope, on n'aurait pour les lui attribuer que le fait constant de leur coiiicidence avec l'existence de ce produit dans les parties supérieures du tube digeshf. Le microscope rend tout facile, et nous n'avons pas à revenir sur les caractères déjà tracés. Rappelons seulement la destruction d'une partie des tissus de la muqueuse, et la pénéti'ation des filaments jusque dans le tissu sous-muqucux, comme des particularités très-différentes de tout ce qui était connu jusqu'à ce jour. C'est par cette propriété qu'a l'oïdium de détruire les tissus de la muqueuse que M. Parrot explique la formation des godets dans les grains les plus vieux, au centre desquels la trame organic[ue finissant par êlre détruite par l'oïdium, celui-ci qui manque de soutien, subit un affaissement (ce sont là tout autant d'idées ingénieuses de M. Parrot). Nous devons les signaler en réservant le jugement de l'avenir.

Dans une neuvième observation, 31- Parrot a vu le muguet s'étendre en surface et ne pas dépasser en pi^ofondeur h couche la plus superficielle de la muqueuse, c'est-à-dire s'y conduire comme dans les parties supérieures du tube disgestif.

Affection secondaire, comme dans toutes les autres localisations, le muguet de l'estomac est vraisemblablement susceptible d'ajouter aux troubles digestifs déjà très-graves quand il apparaît.

Intestin. Un grand nombre d'auteurs ont admis l'existence du muguet dans l'intestin, mais il faut bien reconnaître que ce ne sont là que des apparences, puisque personne n'y a démontré l'existence de l'oïdium. Valleix cite d'abord une observation empruntée à Ledibcrder, qui, chez un enfant de dix jours, ayant du muguet dans la bouche, constata une lésion à propos de laquelle il dit : « On voyait çà et là dans le tiers supérieur de Vintestin grêle des points jaunes^

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