DE LA DOUCHE
SUR LE PAPIKR.
i" avril 1836.
malcrnul.
n'a pas tété depuis 1/2 h.
sans muguet.
ne rougit pas le papier
bleu.
maternel.
maleruei.
maternel.
changem. à peine scnsib.
nourrice.
rougit un peu.
maternel.
ne rougit pas.
8 mai l8'iG.
langue sèche un peu rouge sans muguet.
rougit.
langue humide sans muguet.
ne rougit pas.
sans muguet.
rougit légèrement.
ne roug.pas, ne bleuit pas.
langue rouge sans muguet.
sans muguet.
vient de quitter le sein.
lo
Iti
n'a pas encore icté.
n'a pas tcté depuis 2 3/4
— 5 ou (') m .
382 MUGUET (pathologie)
Eu considérant le tableau dressé parNatalis Guillol, on voit que chez tous les enfants présentés comme types de santé le liquide buccal était neutre, et que chez les 24 autres, qui ne pouvaient encore être regardés comme malades, bien qu'ils eussent moins bonne apparence, ce liquide était acide.
La constitution de ces enfants était déjà alfaiblie et, très-probablement, il en était de même pour les fails de M. Seux.
Dans le tableau de M. Gubler il s"agit de 20 enfants nourris au sein, et l'on voit que, 4 fois seulement, le papier de tournesol indique une réaction acide^ résultat bien différent de celui obtenu par M. Seux.
D'un autre côté, à la demande de M. Gubler, M. Luton a fait aux Enfants- Ti'ouvés des recherches sur il enfants qui paraissaient exempts de muguet. Chez presque tous, la bouche a été trouvée faiblement acide ; mais M. Gubler fait observer que l'examen a été fait trois heures après le repas, laps de temps qui fivait pu permettre à l'acidité de se développer; de plus, ces enfants recevaient une boisson d'orge, de riz ou de gruau, coupée ensuite avec du lait, laquelle olh'ait constamment une réaction acide.
11 faut admettre, d'après ce qui précède, que, chez les enfants, chez lesquels la sécrétion salivaire alcaline est en petite quantité, l'acidité de la bouche se produit facilement, par le moindi^e état maladif, par la fermentation du lait ou des boissons féculentes ; et que cette disposition à l'acidité des liquides buccaux: constitue pour eux, comme l'admet M. Seux, une prédisposition au développement de l'oïdium, ce qui n'existe pas chez l'enlant plus Agé, ni chez l'adulte, chez lesquels le llux salivaire est abondant, et périodiquement provoqué par les repas.
L'urine, les sécrétions vulvaires ou vaginales chez la femme, le smegma du prépuce chez l'homme, qui sont ou deviennent facilement acides, doivent préparer le terrain pour le développement de l'oïdium sur les nujqneuses génitales externes. Un état qui favorise aussi cette évolution, c'est la glycosurie, qui détermine, dans ces points, une fermentation acide. Aussi M. Gubler dit-il avoir couslaté souvent dans le cas de diabète la présence des spores et du mycélium de Voïdiiim albicans , ?,oii dans la vulve, soit sous le prépuce. L'examen microsco- ]ii(pie ne pouvait laisser de doute [Dict. encyclop. des sciences médic, t. 1,, 1864, art. Acescence). Le même fait et dans les mêmes conditions était constaté en 1864 par Friedrcich; en 1875, M. de Beauvais traitait la même question dans im petit mémoire très-intéressant intitulé : De la halanile, de la balano-postite parasitaires et du pliymosis symptomatiqne du diabète. L'abscence qui résulte de la fermentation des matières sucrées y est donnée comme la cause du phymosis et de la production du muguet que constate le microscope; phymosis et production parasitaire qui deviennent un des signes du diabète. J'en vois actuellement un fort bel exemple avec M. le professeur Gubler.
Contaçjion. Quelques tentatives paraissent avoir établi la possibilité de transplanter l'oïdium de la bouche d'un individu malade dans celle d'un individu sain, et de l'y voir germer. Berg a fait l'expérience quatre fois, et chaque fois il trouva que le dépôt de spores sur la membrane muqueuse d'un enfant bien portant était suivi du développement de l'oïdium. Natalis Guillot, d'après M. Gubler. aurait plusieurs fois réussi de la même façon à transplanter le muguet. Au bout de quelques jours il voyait survenir des groupes plus ou moins nombreux de filaments; mais l'auteur fait suivre la constatation de ce fait des réllexions suivantes. II ne faudrait pus croire cependant que l'cxi^éneace dût nécessairement
MUGUET (pathologie). 585-
réussir loujours, quelles que fussent les coiidlUons de santé des sujets; j'ai heu de penser que, dans les transplantations de M. Guillot, le muguet a prospéré, parce que les enfants placés dans les établissements hospitaliers sont soumis à des influences pathogéniques multiples, et" qu'ils sont dans une imminence morbide constante, révélée par certains troubles des fonctions digestives. En d'autres termes, il faut qu'il existe une couche d'iiumus, et, de plus, d'un humus approprié à la graine qui lui est confiée. C'est-à-dire que, dans le cas particulier, il doit offrir une réaction acide et une certaine consistance. «Ces idées sur lu contagion directe trouvent une confirmation dans la communication faite par M. Delafond à l'Académie de médecine et rapportée dans la Gazette hbedomadaire, 1858, p. 919.
« Le muguet est une affection très-contagieuse chez les agneaux. Or, des faits nombreux que j'ai vus, des expériences que j'ai faites, il résulte très-clairement pour moi que le muguet est éminemment contagieux, et que cette maladie reconnaît essentiellement pour cause Timplantation, l'insertion des spores de Voïdmm albicans sur une surface muqueuse; seulement il est nécessaire, pour que lu germination s'effectue, que l'animal se trouve dans certaines conditions favorables au développement des produits cryptogamiques.
« Voici quelques exemples qui feront mieux comprendre ma pensée. Vous prenez un agneau bien nourri, bien portant, dont la bouche est intacte et la salive alcaline; vous essayez de lui conmiuniqucr le muguet, vous ne réussissez poini; mais, si vous affaiblissez le même animal par une abstinence prolongée, ou si vous en choisissez un dont la santé soit altérée, qui soit faible, qui rumine mal, dont la bouche soit malade, dont les fonctions digestives soient troublées ou languissantes, dont la salive surtout soit acide, et que vous déposiez dans la cavité buccale des cryptogames du muguet avec leurs sporules, vous verrez infailliblement cette maladie se développer, et la muqueuse s'y couvrira de l'éruption caractéristique.
Maintenant, que cet agneau vienne à téter sa mère, et l'on trouvera de Voïdium albicans à la surface du mamelon. Bientôt le mamelon se fendille, se gerce et se recouvre de muguet, lequel pourra se transmettre encore à un autre agneau se trouvant dans des conditions favorables à la germination de la mucédinée. »
Les choses se passent de la même façon chez l'homme.
On paraît avoir vu assez souvent la transmission de l'oïdium au sein de la nourrice par la bouche de l'enfant affecté de muguet. M. Bretonneau dit avoir vu plusieurs fois le mamelon de la nourrice recouvert d'une exsudation semblable celle de la bouche de l'enfant; Rayer, Trousseau, et Empis en ont observé des exemples. M. Gubler en cite une très-belle observation. « La mère d'un enfant atteint de muguet présentait sur l'aréole, le mamelon, et principalement à la base de cette éminencc, des deux côtés, des concrétions blanchâtres, abondantes, à surface légèrement ondulée, assez fortement adhérentes qui, examinées au microscope, ont paru entièrement formées de filaments et de spores d'oïdium avec quelques granules moléculaires. » Baum a également constaté, à l'aide du microscope, la nature végétale d'un produit transmis par un enfant atteint de muguet au mamelon de sa mère (Robin, p. 510).
Voilà une transmission directe du muguet au mamelon qui parait bien établie*, pourtant M. Seux n'aurait jamais constaté l'existence de l'c^dium, sur le sein da la feuime, bien qu'il l'ait cherché dantplus de 1,600 cas où les enfants étaient
oS-i MUGUET (rAïuoLOGiE.)
atteints de muguet : s'il a quelquefois constaté des apparences de cette produciion, il s'est assuré à l'aide du microscope que ce n'étaient (jue des apparences, mais qu'il s'agissait d'un produit différent, composé d'épithélium et des fihuneiits appartenant au Le/>to//irza; 6ucca/is. En dépit de l'importance de ce résultat obtenu par M. Seux, nous l'estons persuadés que l'oïdium pent s'implanter sur le sein fie la nourrice, et y végéter. Les faits prouvent, encore, qu'une nourrice ayant donné à téter à un enfant atteint de muguet peut communiquer l'affection à unsecond enfant qui lui serait confié, et nous en trouvons un exemple dans l'ouvrage de Seux. A la campagne, par conséquent, en dehors de tout foyer de coiitai^ion, ime nourrice, après avoir fait téter provisoirement, et pendant quelques jours, un enfant atteint de muguet, a vu un nourrisson, qui lui fut confié ensuite, pris à son tour de cette maladie. Il est vrai que M. Seux pense que dausce cas l'oïdium n'avait été que déposé sur le mamelon sans y végéter, et transmis ainsi à la bouche du second enfant. Cette transmission n'est évidemment pas impossible, mais il ne faudrait pas voir dans le mamelon qu'iui moyen de transport passif: le plus souvent il est malade, la mucédinée y végète, et c'est pour ■cela que le second enfant l'y contracte. M. Mignot {Traité de quelques maladies pendant le premier âge , p. 225) rapporte un fait qui prouve à la fois la transmission par la bouche d'un enfant au sein de sa nourrice où il s'implanle et végète, et réciproqiiemcnt. Une femme, vivant dans une habitation isolée au milieu des champs, remarqua que ses mamelons étaient malades, principalement ■celui du côté droit ; ce dernier, légèrement tuméfié, était parsemé jusqu'à sa base, et en quelques points de l'aréole, de granulations et de petites plaques ■d'un blanc jaunâtre, de consistance caséeuse. La plupart, de la grosseur d'un grain de mil, se voyaient dans les replis de la peau amincie du mamelon, et à l'orifice des conduits galactophores. Elles y adhéraient assez fortement. Du muguet fut constaté dans la bouche de l'enfant qui avait eu une hémorrhagie ombilicale et des selles vertes abondantes, le lendemain du jour où on en découvrit sur le sein de la mère. Si le muguet du nourrisson n'avait pas été vu plus tôt, ■c'est qu'évidemment on ne l'avait pas recherché. Huit jours environ après avoir vu la mère et lenfant, M. Mignot fut appelé dans le même village auprès d'une petite fille de deux ans et demi, bien constituée, et qui, sauf un peu de pâleur, présentait toutes les apparences de la santé. Ses déjections, depuis la veille, avaient pris une teinte verte et des granulations de muguet existaient sur différents points de la muqueuse buccale. Or, cette enfant avait tété la femme dont le sein portait du mycélium de muguet jnsqu'au jour où on s'était aperçu que l'enfant de celle-ci était malade. M. Cottin, dans le rapport que nous avons déjà ■cité, l'elatedeux faits analogues.
Nous pouvons donc conclure de cet ensemble de faits :
1° Que le muguet se ti^ansmet par contagion directe ou transplantation de bouche à bouche ;
2° Qu'il peut être communiqué au sein de la nourrice par la bouche dfr l'enfant et y végéter.
5" Que le sein d'une nourrice ayant reçu l'oïdium d'un premier enfant peut le transmettre à un ou plusieurs nourrissons.
S'il peut se faire que le sein serve de moyen de transport du muguet d'un nourrisson à un autre, il est rationnel d'admettre qu'il peut eu ctre de mime pour les ustensiles qui, comme les cuillers, les verres, les biberons, servent pour plusieurs enfants. Mais il est juste de dire que la constation de cette
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-ansmission n'a pas été faite (Vanc manière précise, et que le fait paraît être H'e.
Il est probable que ce mode de transplantation directe est rare, comparativelent à la transmission des spores par l'atmosphère, sorte de contagion indiïcte, dont l'exisience paraît même indispensable pour expliquer l'apparition du liampignon, toutes les fois qu'il se développe sous l'influence des causes débilimtes, et qu'on ne p3ut invoquer la transmission de bouche à bouche, ou par n iiilermédiaire. Si on n'admettait pas l'intervention des spores, on se trouveait forcé d'invoquer la génération spontanée. C'est peut-être en partie à la préencc de spores plus nombreuses dans ces établissements qu'est due la plusraiidc fréquence du muguet dans les hospices d'enfants trouvés.
Les maladies qui, chez l'enfant du second âge, l'adulte, ou le vieillard, donnent 3 ])lus souvent lieu au muguet, sont : la phlhisie, la fièvre typhoïde, les phléites, surtout celles d'une nature grave qui suivent les couches (Depaul, Vercuil, Cazeaux), la scarlatine, Térysipèle; l'angine, même simple (Gubler), latoinalite ulcéro-membranense, l'érythème papuleux (Gubler), le cancer de divers. rgaiies, le diabète pour le muguet des organes génitaux, etc.
Pour faire une énumération complète de toutes les maladies au cours desquelles^ leut survenir le muguet, il faudrait passer en revue tonte la pathologie.
Diarjnostic. Pour peu qu'on y fasse un peu attention et qu'on ait présents à 'esprit les caractères physiques du produit morbide, les conditions de santé au. iiilieu desquels il se développe d'habitude, les points oii il siège de préférence,, m ne peut guère manquer de reconnaître le muguet. D'ailleurs, toutes les fois [u'il y aura un doute, le microscope viendra le foire disparaître. Nous allons oulefois parler des confusions qui pourraient être faites.
Chez les petits enfants, il faut éviter de prendre pour de l'oïdium albicans" le petits grumeaux de lait déposés dans la bouclie, soit à lu base de la langue, oit dans l'intervalle des arcades alvéolaires ; bien que leur blancheur n'ait pas, 'éclat de celle du nmguet, on pourrait hésiter. Mais on ne le fera pas en consatant que ces petits amas de caséum se laissent enlever avec une lacilité extrême, [ii'ils sont pour ainsi dire flottants, mais non adhérents à la surface de la niu- [ueuse qui, au-dessous d'eux, ne présente pas la rougeur congestive qu'on )bservedans le muguet. Il est donc toujours possible, par l'inspection directe et ans le secours du microscope, de reconnaître leur nature.
Il est vraiment superllu de faire le diagnostic différentiel entre le muguet et es aphthes, ce que l'on faisait autrefois. Qu'on se souvienne seulement que ieux-ci, dans leur première phase très-fugace, sont représentés par une vésicule luuuc bulle plus ou moins volumineuse, et ensuite, quand celle-ci s'est rompue, )ar une ulcération de forme arrondie, quelquefois assez profonde, jaunâtre ou jrisàlre, avec un bord rouge vif ou violacé. Bailleurs, l'essuyage ou des frictions ic font jamais disparaître les aphthes. Les plaques muqueuses, à la surface de la aiigue, par le développement de l'épithélium, prennent quelquefois un aspect |ui pourrait faii'e penser au muguet ; mais c'est une ressemblance bien éloignée ,l'ailleurs, il existe presque toujours d'autres manifestations spécifiques pour acilitcr le diagnostic.
Sur certains ])oinls de la muqueuse buccale où les frottements et les mouvements sont moindres qu'ailleurs, sur la muqueuse des joues, par exemple, on •oit quelquefois se former de petits amas, de petits grumeaux blanchâtres, quf iaiis avoir la blancheur du muguet, lui ressemblent assez. Ces produits ne sont