DICT. £XC. 2" S. X
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autre chose que de l'épithélium accumulé, et pour s'en convaincre, il suffit d'en iairc rexameii microscopique : on n'y trouve point de filaments d'oïdium : il pourrait à l'occasion se faire qu'on y trouvât, surtout siu- ceux qui ont les gencives pour siège, l'algue particulière signalée dans la bouche par les micrographes, le Leptolhrix hiiccalis, mais jamais on n'y voit, ni les spores, ni le mycélium de l'oïdium alhicans. Ce sont probablement des productions de cette nature qui ont fait admettre à M. Laboulbène un muguet sans mucédinée. L'examen micrographique doit en être fait plusieurs jours de suite pour voir si le développement du cryptogame n'aura pas lieu. Si ces amas de cellules épithéliales mortps peuvent être une cause d'erreur en ce qui concerne le muguet buccal , la confusion serait peut être encore plus facile à faire sur d'autres points ; ainsi, sur la muqueuse anale. Et quand nous disons qu'ici l'eri-eur serait des plus faciles, nous pouvons ajouter qu'elle a été souvent commise ; attendu que ce qui a été décrit comme muguet anal n'était, très-probablement, qu'une apparence, due à l'accumulation de débris épithéliaux. 11 est au moins certain que ceux qui ont voulu savoir si la mucédinée existait dans ces petites masses blanchâtres ne l'y ont jamais rencontré jusqu'à présent.
11 faut convenir qu'en somme, il y a des cas oîi le revêtement caséeux, la sorte de pseudo-membrane due au muguet, ressemble beaucoup à la véritable fausse membrane de la diphthérie, puisque des observateurs, comme Billard, Lelut, Guersant, etc., n'y avaient pas vu de différence. Il y en a pourtant et même à l'œil nu. Ainsi, le produit flbrineux qui constitue la fausse membrane n'a pas la blancheur, l'éclat du dépôt caséeux constitué par le muguet; il forme unesortede (issu, est résistant, tenace comme une véritable trame, résiste à la traclion, ne se laisse pas facilement écraser ; agité dans l'eau, ne se dissocie pas en filaments mais conserve sa disposition membraniforme. Le muguet, au contraire, est mou, sans consistance, ne résiste pas, se laisse écraser comme du caséum ; son aspect membraniforme n'existe qu'autant qu'il adhère à la muqueuse; séparé d'elle, il devient une sorte de magma, qui n'a rien de l'aspect d'une pseudo-membrane vraie ; examiné au microscope, on y voit, en abondance, le champignon caractéristique qui manque dans les fausses membranes. Malgré ces caractères diflérentiels, les apparences sont quelquefois telles, qu'on hésite à se prononcer, et qu'on peut commettre une confusion. M. Gnbler en cite des exemples, et il croit que cette erreur a pu être commise dans les cas traités comme diphthérie et guéris parles alcalins.
L'affection connue sous le nom de stomatite ulcéro-membraneuse a pour siûge principal les gencives et les points de la muqueuse, lèvres et joues, qui sont eu contact avec elles. La face supérieure de la langue et la voûte palatine sont habituellement saines. Ce sont déjà des caractères différentiels; d'ailleurs les gencives sont gonflées, saignantes, ulcérées ; et, comme cause de confusion, il n'y aurait que les pellicules pseudo-membraneuses blanches qui recouvrent les parties malades; pellicules qui ne ressemblent que d'une manière très-grossière au produit du muguet. Dans le cas de doute, il faudrait faire intervenir le microscope, et il devrait en être de même si, par impossible, malgré les caractères bien tranchés qui les séparent, on hésitait à se prononcer entre la production pseudo-membraneuse d'une stomatite mcrcurielle et le muguet.
iMM. Guyon et Thierry (Arch. de physiologie. 1869, p. ù68) ont décrit une production qui existe très-fréquemment chez les enfants à la naissance, puisqu'ils ne .l'ont pas trouvée moins de 84 fois sur 100 enfants. Ce sont de petits kystes aux-
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quels ces observateurs donnent le nom de hystes épidermoïdes. lis forment de petites tumeurs d'un blanc laiteux dont les plus grosses ont à peine le volume d'un grain de millet, faisant une légère saillie, rarement aplatie, en forme de plaque ou de traînée.
Ces tumeurs ont pour siège de prédilection la voûte palatine et le voile (lu palais, le long du rapbé médian; quelquefois le rebord alvéolaire, surtout le supérieur. Quelquefois il n'en existe qu'une seule; plus souvent trois oxi quatre; et tout à fait par exception, on en a vu un beaucoup plus grand nombre. Parleur relief et leur blancbeur, ces petits produits ressemblent assez à du muguet, et comme celui-ci est très-fréquent à l'âge où on les observe, la confusion est trèsfacile. Pourtant, que l'on veuille bien se souvenir que les kystes épidermoïdes sont en nombre très-limité, ont pour siège à peu près constant la ligne médiane de la voûte palatine ; reposent sur une muqueuse exempte de toute altération, ne se détachant point par des frictions légères, et on aura autant de signes qu'il est nécessaire pour ne pas les confondre avec le muguet.
Nalîire de Vaffection. Si tant d'observateurs du plus grand mérite se sont fait de la nature du muguet une idée que nous nous croyons autorisés à considérer comme fausse, c'est qu'ils ont voulu voir dans l'affection qui nous occupe une entité morbide, une véritable maladie, au lieu de n'y voir qu'un fait secondaire, deuléropathique, une sorte d'épiphénomène symptoniatique.
Aussi longtemps qu'on a ignoré l'existence du cryptogame et la nature vraiment parasitaire du muguet, on comprend l'erreur. En voyant survenir ces productions d'apparence pseudo-membraneuse, sur une muqueuse rouge, enflammée, il était facile de croire qu'il s'agissait là d'inie phlegmasie spécifique dont la fausse membrane était à la fois la caractéristique et la cause intime. Ceci une fois admis, rien également de plus naturel que de subordonner à ce même muguet les autres troubles qui avaient précédé, accompagné, ou suivi son évolution.
Mais qu'on ait encore raisonné de la même façon après la découverte de Berg, c'est ce qu'il est vraiment difficile de comprendre. Ce ne peut être évidemment dans le but déterminé de faire évoluer le champignon que la membrane muqueuse s'est enflammée, est devenue rouge, et le licpiide buccal acide ; ces conditions favorisent le développement du cryptogame et voilà fout ; mais elles dépendent d'une maladie générale on locale, le plus souvent de l'entérite , qui détermine à des degrés variables l'affaiblissement du sujet et prépare le terrain sur le(iuel doit apparaître la production parasitaire.
Denis de Commercy, Billard, Dugès, Lelut, Guersant considèrent le muguet connue une stomatite pseudo-membraneuse. C'est pour eux une affection locale de nature inflammatoire. Cette opinion esta peu près celle de M. Barrier, qui s'exprime ainsi dans son Traité des maladies de V enfance, a Le muguet doit être considéré comme une ph-legmasie de la muqueuse digestive se rattachant directement à l'acte par lequel se fait la rénovation des couches épidermiques et épithéliales des membranes tégumenlaires, acte dont la phlegmasie ne constitue pour ainsi dire que l'exagération occasionnée par l'influence de l'aliment au contact duquel le tube digestif n'est point encore habitué. Avec Valleix, le cercle s agrandit, le muguet devient une maladie générale dont l'influence se fait sentir sur toute l'économie. Il lui subordomie la phlegmasie et les ulcérations de la bouche, l'érythèmc des fesses, l'entérite qui n'est plus la cause indirecte, mais la conséquence du muguet. Tous ceux de ces symotômes qui se montrent avant l'apparition du dépôt menibraniformc eu sont regardés comme la [ihase première
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et prémonitoire. Une fois l'exsudation produite, ces troubles s'exagèrent et d'autres se produisent qui n'en sont également considérés que comme une conséquence.
Le muguet est le fait dominant, cause et origine de tous les accompagnements notés par Valleix, qui n'a pas vu qu'il intervertissait les rôles, et a donné la suprématie à im fait consécutif à l'entérite et aux troubles de la nutrition qu'il a observés avec tant de précision.
Celte exagération manifeste a eu pour conséquence de faire réfléchir les contemporains et les successeurs de Valleix, mais sans faire abandonner complètement l'idée du muguet maladie. Ainsi, Trousseau, après avoir admis que le muguet est une production pathologique sous la dépendance d'un état morbide des individus chez lesquels ou la rencontre, reconnaît trois espèces de muguets. La première constitue une affection purement locale qui dépend d'une irritation de la bouche et ne s'accompagne d'aucun accident général. Cette espèce, suivant lui, se développe lorsque l'enfant éprouve de la difficulté à tcter; soit qu'il tette un mamelon mal conformé, soit qu'il suce la tétine trop dure d'un biberon ou d'un bout de sein artificiel. Quelquefois (dit-il aussi), sous une influence épidémique que nous ne connaissons pas, le nourrisson peut être pris d'une inflammation de la membrane muqueuse buccale, bien que sa santé générale reste d'ailleurs parfaite, et cette stomatite va donner lieu à du muguet qui seragénérameiit très-passager et sans inconvénient. Cette petite affection ne paraît pas rentrer dans la classe des affections secondaires à un état morbide. Aussi Trousseau, abandonnant l'idée juste formulée plus haut, fait de cette espèce un muguet idiopathique et local. La seconde espèce comprend le muguet qui se montre au milieu d'un état grave qui, chez l'enfani, est en général la conséquence de l'inanition. Enfin, une troisième espèce, ou muguet mixte, qui se montre corame premier symptôme d'un état grave non encore complètement développé.
Il y a évidemment, au sujet de la première espèce de muguet, une certaine contradiction dans les idées de l'auteur. Elle ne diffère point des deux autres quant à sa nature, ni même quant à ses conséquences. Ainsi, Trousseau, après avoir déclaré le muguet local bénin, ajoute : « Mais s'il devient confluent, si les plaques qu'il forme sont très-graves et très-étendues, elles vont occasionner une gêne considérable dans la succion, etc. Alors le muguet idiopathique qui, par lui-même, est une affection bénigne, pourra devenir, en quelques circonstances, le point de départ d'une maladie grave, puisque, rendant l'alimentation pénible et même impossible, il sera la cause indirecte de la mort de l'individu. » Ce qu'il y a de probable et qu'on peut même regarder comme certain, c'est qu'à aucun moment, ce muguet dont parle Trousseau, n'a été idiopathique. Les enfants pouvaient avoir, jusqu'à un certain point, les apparences de la santé, mais ils étaient probablement déjà mal nourris et avaient de la diarrhée.
M. Couclmt l'a dit avec raison: « Les cryptogames du muguet se développent quel(|uefois chez des enfants qui sont en apparence bien portants, qui ne présentent aucune lésion organique appréciable, mais qui sont dans un état de faiblesse marqué, se rapprochant delà disposition chloro-anémique ; c'est ce qu'on appelle muguet idiopathique. y( J'en ai recueilli plusieurs exemples. 11 se développe aussi à la suite d'un accès de fièvre éphémère, ou dans la période aiguë de l'éruption vaccinale, chez les enfants de faible constitution et placés dans de mauvaiscsconditions hygiéniques. » Tout en admettant le muguet comme une affection secondaire, Trousseau croit à une inflammation spécifique capable de produire une .
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modification de répithéhum, une sécrétion particulière indispensable à la germination de la mucédinée. M. Mignot est du même avis. Suivant lui, l'élément inflammatoire joue le principal rôle ; le cryptogame n'est qu'un accessoire et ne se développe que sur l'exsudat préalablement sécrété. Penser que les choses se passent autrement, c'est admettre que l'effet peut précéder la cause. Ce fut aussi l'avis exprimé par différents membres de l'Académie de médecine lors de la lecture du mémoire de M . Gubler.
Une idée très-particulière sur la nature du muguet est celle de M. Seux. Après avoir reproché à ses devanciers de n'avoir vu là qu'une maladie locale, cet auteur recommandable consacre plusieurs pages de son mémoire à prouver qu'il s'agit d'mie affection générale de nature infectieuse, portant surtout sur les voies digestives et qui, dans les formes graves, a beaucoup d'analogie avec la fièvre typhoïde. Après une longue énumération des raisons qui l'ont amené à avoir cette idée, et pour qu'on ne se méprenne pas sur sa pensée, l'auteur dit en parlant des dépôts composés de filaments cryptogamiques et d'cpithélium : u Je crois avec Valleix que cette production n'est pas toute la maladie ; pour moi, elle est au muguet ce que les pustules varioliques sont à la variole, ce que l'exanthème rubéolique est à la rougeole. » Pour nous l'erreur de M. Seux, comme celle de ces devanciers, a été d'envisager le muguet comme une maladie, au lieu de n'y voir qu'un produit tout à fait secondaire, deutéropathique, consistant dans le développement des spores de la mucédinée à la surface d'une muqueuse devenue malade, sous l'influence d'une alimentation insuffisante, malsaine, mal appropriée à l'âge des sujets et d'où résultera pour les petits enfants, des troubles digestifs, les vomissements, la diarrhée, l'inanition, le dépérissement, etc., à des degrés variés. C'est là, suivant nous, la véritable manière de comprendre le muguet, qui ne peut Jamais être idiopatluque, par la raison que les spores ne germent pas dans la bouche d'un individu sain. Si on a cru le contraire, c'est qu'on a mal déterminé Jcs conditions oii se ti^ouvaient les sujets sur lesquels on observait. L'oïdium ne se développe que sur les organismes malades ; c'est un épiphénomène de diverses maladies et non une maladie.
Pronostic. Sur 10 enfants atteints de muguet, Auvity en a vu mourir 9 ; sur 140, Baron en a perdu 109, et Valleix, 22 sur 24.
A s'en tenir à ces chiffres, on pourrait dire que le muguet à une valeur pronostique des plus graves, et que sa présence est le signe d'une mort presque certaine. Pourtant il n'en est pas ainsi, et dans les statistiques que nous venons de •citer, si la mort a été aussi fréquente, ce n'est point parce qu'il existait du muguet, mais parce que l'état général ou local avait une importance exceptionnelle. C'est moins l'existence de l'oïdium que les conditions au milieu desquelles il se montre qui déterminent l'importance des cas où on l'observe. Or, si le muguet de l'adulte ne survient guère qu'à la fin, ou à une période avancée des maladies les plus graves, telles que la phthisie, la lièvi-e typhoïde ou la fièvre puerpérale, il n'en est pas de même pour les petits enfants. L'insuffisance momentanée de l'alimentation, un dérangement passager des fonctions digestives, une fièvre éphémère peuvent devenir les causes de l'apparition de l'oïdium, et, dans de telles conditions, le muguet cesse d'avoir une valeur pronostique grave. 11 disparaît en même temps que les conditions qui ont permis son développement et tout rentre dans l'ordre. C'est ce que l'on voit le plus souvent dans les cas observés en dehors de la pratique hospitalière. Celle-ci même est loin de fournir toujours des résultats semblables à ceux que nous venons de signaler. Trousseau et M. Del-
o'JO MUGUET (pathologie).
pecl), â l'hôpital Necker, ont obtenu 25 guérisons sur 48 cas, et M. Seux, hVhôpital de la Chanté de Marseille, sur 632 enfants affectés de muguet n'en a perdu que 7)A. Nous voilà loin de la mortalité observée par Baron et Yalleix. Mais, quand on lit le travail de M. Seux on se rend compte du résultat, en voyant que les jeunes enfants étaient à peine malades lors de l'apparition du muguet; et nous croyons, surtout, que le soin de confier tous ces enfants à une nourrice, contrairement à ce qui se faisait à Paris, aussitôt qu'ils étaient atteints, contribuait, plus que tout le reste, à donner à l'état général d'où procédait le muguet une existence très-passagère ; on guérissait à la fois et le muguet et l'état morbide d'où il procédait. Il est certain que cette pratique explique mieux la bénignité des faits nombreux observés par 31. Seux que l'influence du climat à laquelle il était porté à attacher une grande importance. De l'étude que nous avons faite il nous est permis de conclure que le parasite ne peut annoncer directement la gravité du mal, grande, ou presque nulle, suivant les cas.
Après avoir constaté et expliqué par la différence de climat la mortalité plus grande à l'hospice des Enfonts-Trouvés qu'à Marseille, M. Seux fait suivre sou travail de la note suivante que je transcris à cause de son importance.
« Dans un séjour que viens de faire à Paris, ayant examiné de près les conditions dans lesquelles se trouvent les enfants atteints de muguet, j'ai reconnu un fait que je dois mentioimer et qui, mieux que le climat explique la mortalité des enfants atteints de muguet à l'hospice des Enfants trouvés de Paris.
« Dans une visite faite à cet hôpital, M. le docteur Baron, médecin de l'établissement m'a appris que dès qu'un nouvcau-né était atteint de muguet on avait l'habitude de l'enlever à sa nourrice, celle-ci redoutant pour ses seins le contact de la bouche de l'enfant. On comprend dès lors que ce nouveau né, nourri artificiellement, soit bientôt atteint d'un muguet grave, muguet avec entérite, et succombe. Il nie parait même surprenant qu'on puisse sauver un seul enfant atteint de cette maladie. A mon avis, loin de priver de sa nourrice l'enfant atteint de muguet, on devrait lui en donner une dès le début de l'affection, s'il n'en avait pas avant.
« A Marseille, les enfants conservent leurs nourrices pendant toute la durée du muguet ; or, on comprend facilement l'heureuse influence exercée par le lait de la îemme sur la marche de la maladie. Cette pratique établit une grande différence entre les enfants trouvés de Paris et ceux de la Charité de Marseille. »
L'abondance de la production parasitaire, son extension au pharynx, la rapidité avec laquelle elle s'effectue, peuvent avoir une signification fâcheuse dans ce seus qu'elles indiquent une disposition générale mauvaise, sont liées à une altération de la muqueuse et à une acidité de la bouche très-prononcées, conditions qui marquent et favorisent un trouble plus profond des fonctions digestives. D'ailleurs, par son abondance, le muguet peut, comme nous l'avons dit, entraver la succion, et dans le pharynx ou l'œsophage, il peut être la cause de troubles de la déglutition et de vomissements, conditions qui ne peuvent que rendre plus grave la maladie primitive. La couleur jaunâtre ou brune du muguet est habiluellement aussi d'un fâcheux augure. Mais il faut reconnaître que le rôle pi'onostique de la niucédinée est bien effacé par les symptômes graves qui se montrent de toutes parts.
Enfin, le muguet discret, non confluent, avec une muqueuse un peu rouge et un liquide buccal médiocrement acide peut être considéré comme étant, par luimême, l'indice d'un état peu sérieux, pourvu qu'on fasse disparaîlic les cou-
MUGUET (pathologie). 39t
ditiousqui ont préparé son apparition. Ici, comme toujonrs, c'est encore moins le muguet que l'état des fonctions et l'importance de la maladie, dont il n'est qu'une conséquence, qui doivent guider notre jugement.
Traitement. Le traitement du muguet est prophylactique ou curatif. La prophylaxie du muguet la plus parfaite consisterait, pour les enfants, à donner à chacun d'eux une bonne nourrice toutes les fois que la mère ne peut ou ne veut pas nourrir. Malheureusement, il n'a pu en être ainsi jusqu'à présent. Mais il est certain que l'allaitement artificiel étant la cause la plus fréquente des troubles gastro-intestinaux, de l'entérite, et du dépérissement qui préparent le terrain sur lequel apparaît le muguet, tant qu'on y soumettra l'enfant naissant, on verra se développer l'oïdium dans la bouche de ce petit être. La fréquence de la maladie serait beaucoup moins grande si, au moins, on pouvait faire téter tous les enfants jusqu'à l'âge de trois ou quatre mois ; attendu qu'à cette époque l'estomac serait plus en état qu'à la naissance de digérer le lait et les boissons alimentaires. On peut aussi considérer comme des soins préventifs la propreté minutieuse avec laquelle doivent être tenus les petits enfants, en ce qui concerne leur personne, leurs linges, le lieu où ils habitent et les objets de toutes sortes destinés à leur usage. Le biberon, quand on est obligé d'y avoir recoiu's, doit être lavé avec un soin extrême et le bout mis dans l'eau fraîche après que l'enfant a fait son repas. Les boissons alimentaires doivent être en rapport avec l'âge du sujet,, bien fraîches, préparées pour chaque repas, très-médiocrement sacrées, etc. Toutes les précautions qui font partie de l'hygiène de la première enfance préviennent le développement du muguet en entretenant la digestion et l'absorption ilans de bonnes conditions.
11 est important de ne pas rassembler les enfants en trop grand nombre dans le même local, et de choisir celui-ci bien aéré. Le mieux serait, sans contredit, la suppression des hospices d'enfants ti^ouvés et l'élevage à domicile par une bonne nourrice, condition à peu près impossible à réaliser à cause du prix. D'ailleurs, malgré la présence des spores que l'on peut admettre comme beaucoup plus abondantes dans les hospices que partout ailleurs, le muguet s'y développe rarement, tant que les enfants sont allaités au sein; de sorte que cet allaitement est la mesure préventive efficace par excellence.
Traitement curatif. Les médecins qui considéraient le muguet comme une maladie inflammatoire ont surtout insisté sur la nécessité de combattre la phleguiasie, et se sont adressés de préférence aux lotions et aux collutoires émollicnts. Comme, déplus, l'exsudat était considéré par eux connue une pseudo-membrane, ds ont cherché a détruire celle-ci par des applications locales diverses et même par des cautérisations. De tous les topiques celui qui leur a donné les meilleurs résultats est le borax ou sous-borate de soude, en raison de son alcalinité. Maintenant que nous savons mieux, et d'une manière assez certaine, au milieu de quelles conditions se développe la mucédinée, le traitement local est devenu plus rationnel et plus efficace. En effet, il est raisonnable de penser que si l'acidité prononcée des liquides de la bouche est la condition principale du développement et de la végétation du parasite, la chute et la disparition de celui-ci sera la conséquence de la neutralisation de l'acidité des liquides par l'emploi des alcahns ; et c'est, en effet, ce qui a lieu. Il suffit, pour empêcher le muguet de se produire, le faire tomber et prévenir sa reproduction, d'employer les alcalins localement et à l'intérieur. Les gargarismes au borax et l'eau de Vicliy en boisson , atleig[ient très-bien le but. II est bon de ne pas mélanger le borax au miel ou à des-
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matières sucrées qui, en séjournant dans labouclie, sont aptes à subir une fermenitation acide. A l'aide de ce traitement on voit le muguet se laisser détacher de la muqueuse, ou tomber spontanément. Dans tous les cas il n'est jamais besoin de frictionner fort pour l'enlever.
Cette opération se fait facilement avec un petit tampon de linge imbibé tin la solution alcaline, lequel sert à la fois, à répandre celle-ci dans la bouche des petits enfants, et, en même temps, à faire tomber la production parasitaire. Nous indiquons ici le borax et l'eau de Vichy, mais toutes les substances alcalines, bicarbonate de soude, chlorate de potasse ou de soude rempliraient la même indication. Nous sommes loin, comme on voit, dii temps où on employait empiriquement diverses préparations acides.
Ce traitement alcalin, qui amène la chute de l'oïdium, est dirigé directement ■contre le parasite et doit être continué aussi longtemps que dure l'acidité buccale. Mais la guérison vraie n'est oblenue que par la disparition de l'état général ou local dont le muguet n'est qu'une conséquence plus ou moins éloignée, et dont le traitement varie suivant les cas. Il importe donc au plus haut point, en même temps qu'on agit contre le muguet, de combattre, par le traitement qui lui convient, la maladie mère. Akchambault.
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inuiiLBAD (Etaulissement hydrothérapique de). Voy. Marienberg.
MLXA (Eau msÉnxLE de) hyper thennale, bicarbonatée ferrugineuse faihlc, •carbonique forte, en Espagne, dans la province de Miircie, dans le district et .à sept kilomètres de Mula, ville de 9,000 habitants, sur la rive droite du torrent de ce nom, au pied d'une colline dite coteau des Bains, à 160 mètres au-dessus •du niveau de la mer, émerge au fond d'un bassin creusé dans une roche calcaire la source de Mula. Son débit est si abondant, qu'elle faisait tourner la roue d'un moulin à farine, avant d'être employée en boisson, en bains, en douches et en 'étuves. Son eau est claire, transparente et limpide; elle n'a d'autre odeur que -celle que lui communique le gaz acide carbonique qui s'en dégage en grande •quantité ; son goût est à la fois piquant et ferrugineux ; sa tem[:érature est de 38°, 5 centigrade. Elle laisse déposer un sédiment blanchâtre et onctueux lorsqu'elle reste exposée à l'air pendant un certain temps. L'analyse chin)ii)ue complète de l'eau de Mula n'a jamais été faite; MM. les docteurs don Serafin Garcia Clémencin, directeur des bains de Mula, et don Manuel Alarcon, médecin distingué de Murcie, ont constaté qu'elle contient : du carbonate tle chaux, du caibo- Jiate de fer, du carbonate de magnésie, des sulfates de soude et de magnésie, des
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chlorures de calcium et de magnésium et de l'acide siliciqiie; qu'enfin les bulles gazeuses qui viennent s'épanouir à sa surface sont composées d'acide carbonique et d'oxygène.
La saison se fait en deux fois à Mula, comme dans les autres postes thermaux du midi de l'Espagne ; ainsi les premiers baigneurs y restent depuis le 15 du mois d'avril au 15 du mois de juin, et les seconds du 9 septemljre au 15 novembre. Les personnes qui viennent à l'établissement de Mula sont loin d'être toutes malades, puisque la stafislique du délégué médical du district apprend que sur 7,000 baigneurs, qui fréquentent ces thermes chaque année, il n'y en a guère que 800 chez lesquels un état pathologique ait été régulièremeni constate.
Il n'y a point d'établissement thermal proprement dit à Mula; on se baigne et l'on prend des douches dans plusieurs maisons particulières. Une d'elles porte le nom de vieil établissement dans lequel existent trois piscines destinées aux pauvres; on trouve dans les autres des bassins où les payants se baignent en même temps, quelques rares appareils de douches incomplètes et des salles d'étuves naturelles. Les moyens balnéothérapiques, la buvette, le captage de la source, les liôtels mêmes de l'établissement de Mula laissent beaucoup à désirer; il est extraordinaire qu'une station située à la porte d'une ville importante, fré- <juentée par un aussi grand nombre de baigneurs appartenant aux classes élevées de la société espagnole, soit aussi dépourvue de tontes les commodités de la vie thermale. Ainsi, il n'y a point de buvette proprement dite et les verres doivent êlre remplis dans le bassin; il n'y existe que quelques baignoires isolées dans lesquelles ou n'est admis qu'après une inscription préalable; les piscines y sont si primitives, que les baigneurs, un peu diliiciles, ont une certaine répugnance à y entrer ; les ajutages des douches y sont rudimentaires, et l'installation des cabinets d'étuves y est trop insuffisante.
Emploi thérapeutique. Il ne faut pas oublier que les eaux hyperthermales de Mida sont ferrugineuses et fortement carboniques. Leurs qualités physiques et chimiques expli(juent très-bien leur action physiologique et curative. Elles sont toniques et reconstituantes, c'est-à-dire qu'elles conviennent à beaucoup d'Espagnols anémiques et chlorotiqucs, soit à cause de la chaleur de leur pays, soit en raison de leur nourriture, en général insuffisamment animale, soit enfin parce qu'une disposition naturelle ou une maladie antérieure ont appauvri les éléments plastiques de leur sang. Ces eaux en boisson et en bains sont fréquemment employées par les femmes qui veulent devenir mères, et par les personnes qui ont des adections cutanées, et qui présentent les attributs d'une constitution lymphatique, scrofuleuse ou seulement débilitée. Les rhumatisants, quels que soient le siège, l'intensité, la forme et la durée de la maladie, emploient, souvent avec succès, les bains et les douches avec l'eau et la vapeur de la source de Mula à leur température originelle.
La durée de la cure est de quinze jours, en moyenne.
Oa \\ exporte pas l'eau de la source de Mula. A. Rotuueau.
BiiiLiocRAPiiiE. — Ri'Bio (Don l'edro-Mai'ia). Tratado compléta de las fuentes minérales de Espana. Madrid, 185"., in-S% p. 197-199. A. 1'..
MLXATRE (Espagnol, mulato; anglais, mulatto; du latin mulus, mula). ANTHRopoLor.iE. Ce mot sert à désigner en langage courant les métis provenant de l'union des races blanche et noire et de leur descendance ci-oisée, jus-
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qu'au retour des produits à l'un des types primitifs. En ce sens, il est synonvme à'homme de couleur, locution plus usitée duns les colonies. Mais en langage précis, on réserve le nom de mulâtre au t'ruil de l'union du nègre et de la blanche ou, comme il arrive presque toujours, du blanc et de la négresse, el l'on qualiiie de quarteron et d'octavon, ou plus communément niistif, les produits du 2** degré et du o*^ degré de métissage.
Le tableau suivant fera saisir d'un coup d'oeil les variétés de croisement el leur valeur :
1" degré. Blanc. ... I produisent le mulâtre I 1/2 sang r.ëore.
— INegresse. . . ) 11/2 sang européen.
2- degré. Blanc. . . . j produisent le quarteron. . . . [ ^Vf sang nègre.
— Mulâtresse. . j ( o/4 européen.
3- degré. Blanc. . . . | ^^^^^^^^, j-oeiavon ou mislif. \ V^. '^""^ nèg.c.
— Quarteronne. ) "^ t //S européen.
Mais le métissage au lieu d'être progressif dans le sens du type blanc, peut se faire en sens contraire vers le type noir. Ce métissage, que j' appellerai régressifs donnera au 2* degré (le l"' i^estant nécessairement le même) :
- ^"'^S'-'^- 'J"'^"'-^- • • i produisent le griffe | 1/| ^^.ng européen.
— ^egresse. . . ) ° ( ù/4 nègre.
11 est clair qu'au S'' degré l'uuion du griffe et de la négresse donne un produit ayant 1/8 de sang européen et 7/8 de sang nègre; mais il est le plus souvent impossible de distinguer les métis de ce degré des nègres pur sang. De même, dans le métissage progressif, l'octavon, qu'il est déjà fort difficile de distinguer du blanc, donne par un croisement dans le même sens des enfants qui se confondent complètement avec la race blanche. Tout au plus pourrail-il su produire dans cette génération et même dans les suivantes quelque phéuooièue d'atavisme qui rappellera l'un des traits de l'ancêtre nègre, tous les autres restant parfaitement européens. Ainsi, l'on pourra voir dans la même famille ce que j'ai constaté quelquefois, un enfant aux cheveux crépus mais non laineux et à la peau brune, tandis que ses frères et sœurs sont blonds. Pareillement. tle> phénomènes d'atavisme doivent se produire aussi dans la lignée régressive. Quant au prétendu liséré jaunâtre entourant la racine des ongles, dont on a voulu faire un signe distinctif des progénitures métisses rentrées dans le type blanc, c'est une pure chimère, tout comme le prétendu défaut de transparence de la peau, qui empêcherait de distinguer la trace azurée des veines du bras. Avec un pareil moyen de diagnostic, on rangerait beaucoup d'Européens dans la classe des sang-mêlés et beaucoup d'octavons parmi les blancs pur sang, car il en est dont la peau peut rivaliser en transparence avec les plus belles carnations de la Grèce. L'odeur si caractéristique du nègre, qui passe avec une légère modification au mulâtre, disparaît dès la 3® génération. Elle est même insensible chez le quarteron, quand il ne fait pas d'exercice forcé, car cette odeur provient de la transpii^alion cutanée. Aussi les belles quarteronnes, avant d'aller au bal, ont-elles soin de l'rotter les parties du corps les plus abondanuneirt pourvues de glandes sudoripares, avec du blanc de céruse. Cette substance, en saturant l'acide de la sueur, au fur et à mesure qu'elle se forme, prévient l'odeur désagréable qui en émane.
Les croisements ne se font pas toujours dans des rapports aussi simples que ceux que nous avons indiqués; caries gens de couleur s'allient entre eux à tous les degrés de métissage. Un quarteron, par e.xemple, épousera une mulâtresse et
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donnera le jour à un tierceron, etc., qualificalioa tout à fait inusite'e, du reste, et remplacée par le terme générique d'homme ou lemme de couleur, qui sert à désigner toutes les nuances.
D'après ce que nous avons dit, le retour au type nègre se ferait donc un peu plus tôt que le retour au type blanc, ce qui s'accorde avec cette autre observation personnelle, que deux mulâtres unis ensemble procréent des enfants plus bruns et à cheveux plus crépus qu'eux-mêmes. Je trouve la confirmation de cette remarque dans une observation également de visu du docteur Thibaut à la côte d'Afrique. Un traitant portugais, nommé Da Souza, laissa à sa mort, en 1849, une famille d'une centaine d'enfants, provenant des 400 femmes de son harem.. Cette tribu de mulâtres donnant ombrage au roi de Dahomey, hostile aux métis, fut confinée dans une enceinte particulière et gardée avec un soin jaloux de toute relation avec les gens du dehors, de telle sorte que ces métis ne purent s'allier qu'entre eux. En 1865 (on comptait des enfants de la 5'^ génération),. « la couleur de leur peau revenait rapidement au noir foncé tout en conservant quelques traits de l'Européen leur ancêtre. »
Existe-t-il une différence entre les mulâtres nés d'un blanc et d'une négresse et ceux nés d'un nègre et d'une blanche? Quelques-uns l'ont dil, mais leurs assertions contradictoires non moins que la rareté extrême de la mésalliance dela blanche avec le nègre, enlève toute autorité à cette opinion.
Le mulâtre est ordinairement un type moyen entre le blanc et le nègre; toutefois le partage des caractères ne se fait pas toujours également, cl tantôt c'est la ressemblance avec le père qui prédomine, tantôt celle avec la mère, comme dans toutes les unions possibles. 11 arrive même exceptionnellement que la ressem-blauce est unilatérale et même que l'enfanl emprunte tout le physique d'un des parents et tout le moral de l'aulre, comme M. de Quatrefages en cite un exenqîle remarquable : « Lislet Geoffroy, dit-il, ingénieur à l'Ile de France, était fils d'une négresse très-bornée et tl'un Français appartenant aux classes éclairées de la population. Par la couleur, les traits, la chevelure et jusqu'à l'odeur caractéristique, il reproduisait tous les caractères extérieurs de la race maternelle, de
telle sorte, qu'on l'eût pris pour un nègre pur sang Mais son intelligence et
ses sentiments étaient tout européens ; si bien qu'il avait vaincu le préjugé de la couleur et s'était fait accepter dans la société. Enfin Lislet Geoffroy est mort correspondant de l'Institut de France. Ici le partage avait été complet : l'homme physique était tout nègre; l'homme intellectuel et moral était tout blanc. L'exemple de Lislet montre que la couleur elle-même est loin d'être constamment d'une teinte moyenne chez les mulâtres. Ce fait est attesté par une foule d'auteurs, et il résulte de leurs témoignages que la balance penche tout aussi souvent du côté du blanc que du côté du noir. Il ai'rive aussi que les deux teintes peuvent se juxtaposer, et de là résulte des individus pies. Les faits de cette nature sont déjà assez nombreux, et Buffon s'en était déjà préoccupé. White signale deux individus dont le corps était en quelque sorte mi-parti; mais dans l'un la moitié inférieure du corps était noire et la partie supérieure blanche ; dans l'autre, les couleurs étaient disposées à droite et à gauche. Tous deux sortaient d'unions croisées » (De Quatrefages, Unité de l'espèce humaine, chap. xvi). Inutile d'ajouter que ces faits intéressants à noter et utiles à connaître pour leur analogie avec certains phénomènes de métissage entre races animales très-voisines, sont d'ailleurs tout à fait exceptionnels.
Toutes les variétés de race blanche ne donnent pas des produits de métissage.
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pareils. Ainsi, j'ai remarqué que les métis d'Anglais sont plus clairs que ceux d'Espagnol et surtout de Portugais, ce qui n'a rien que de fort naturel, eu égard à la différence de teint des pères. Seraient-ilsj en revanche, doués d'une moindre vigueur et d'une moindre vitalité? Etwick, Long, Lewis l'ont dit des mulâtres de la Jamaïque, Nott de ceux de la Caroline du Sud et de l'Alabarna; mais il me paraît probable que la question de milieu prime la question de race dans cette infériorité de certains mulâtres anglo-américains. En effet, le même observateur, le docteur Nott, qui constate la débilité et même la fécondité bornée des mulâtres de l'Alabama et de la Caroline du Sud, reconnaît qu'à la Floride et à la Louisiane il n'en est pas de même. Cependant la population anglo-saxonne domine aujourd'hui de beaucoup en Louisiane et règne presque exclusivement dans la Floride.
N'importe, pour lui il n'y a de vrai blanc que l'anglo-saxon, et ces colonies ont reçu à l'origine une infusion de sang français et espagnol. Or, il affirme que le mulâtre produit du croisement de l'Anglais avec la négresse vit beaucoup moins que celui qui a pour père un Français ou un Espagnol. Il ajoute que les véritables mulâtres, ceux qui descendent directement du blanc pur sang et d'une négresse tendent à s'éteindre lorsqu'ils se marient entre eux et qu'ils n'échappent à cette extinction que par le croisement avec le blanc ou le nègre.
Il serait oiseux de discuter l'amusante prétention à la pureté du sang [pure Whiteblood), que l'écrivain anglo-saxon revendique exclusivement ^our ^Si race : je me contenterai d'opposer à ses assertions celle de son compatriote Bachman, cité par Waitz et par Périer, lequel af/irme avoir connu à la Caroline et à Nevv-Yoï'k, des familles mulâtres qui, sans avoir reçu aucune infusion de sang nouveau, ont été fécondes pendant cinq générations et le sont encore. Les Geographische Mittheilunqen de Petermann, citées par Périer, parlaient, eu 1865, d'une colonie métisse anglo-australienne issue des premiers colons anglais qui se fixèrent dans les petites îles du détroit de Bass et de femmes indigènes. Les descendants de ces colons formeraient aujourd'hui une race mélangée, particulière, qui a hérité de ses parents européens une intelligence vive et une vigoureuse stature, quoique vivant entre eux et ne se mariant qu'entre eux.
J'ai dit que l'infériorité dynamique, plastique et même génésique des muiâtres cités par Nott, pouvait provenir de conditions de milieu, et il faut ajouter d'origine, plutôt que de la condition d'hybridité, comme il le suppose. Passant sous silence les mulâtres de l'Alabama et de la Caroline, que je ne connais pas, mais sur lesquels Nott ne s'accorde pas avec Bachmann ni même toujours avec lui-même, je dirai quelques mots de ceux de la Jamaïque. Il est bien vrai que la population mulâtre de cette île est la plus laide et la plus chétive des Antilles, mais ses progéniteurs nègres de la même île sont exactement dans le même cas. N'y aurait-il pas ici une question d'origine ; ceux-ci étant d'une autre provenance que les autres nègres d'Amérique? C'est une question que pourraient résoudre les anthropologistes anglais, eux dont les pères s'étaient réservés, par le traité d'Utrecht, le monopole de la traite des esclaves. Elle est capitale dans le débat; car enfin il y a des forts et des faibles, des beaux et des laids parmi les nègres, absolument comme parmi les Anglais. Ceux-ci ne se seraient-ils pas contentés d'utiliser, en bons commerçants, la marchandise inférieure dont ils ne trouvaient pas le placement facile ou avantageux? Il faut aussi considérer que le Code noir de l'Angleterre était infiniment plus dur que celui de la France
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et surtout de l'Espagne; et que, par conséquent, les nègres soumis à un plus rude traitement ont pu dégénérer beaucoup plus que dans les autres Antilles. N'oublions pas enfin que les Anglais eux-mêmes ont mille peines à s'indigéniser et à se perpétuer à la Jamaïque. Qu'y aurait-il d'étonnant à ce que leur descendance métisse participât de la même impuissance quand l'autre race mère est si cliélive ?
Cependant un autre compatriote de Nott, Rob. Knox, va plus loin que lui encore, car ce n'est plus seulement du mulâtre 1/2 sang teutonique ou anglosaxon qu'il conteste la vigueur et la fécondité, mais de tout mulâtre. « Avec la cessation de l'apport de sang européen, dit-il, le mulâtre de toutes nuances doit bientôt cesser d'exister ; il ne peut pas étendre sa race, car il n'est d'aucune race; il n'y a pas place pour lui dans la nature. » — « Je ne crois pas, ajoute-t-il, qu'aucune race exclusivement mulâtre puisse se maintenir au-delà de la 5" ou de la A" génération. Il faut que les mulâtres s'unissent avec des races pures ou qu'ils périssent, car la nature ne crée pas de mulets et ne les souffre pas. » Ces derniers mots découvriraient à eux seuls l'esprit dans lequel l'auteur a écrit sa thèse, car il s'agit bien pour lui de soutenir une tbèse polygéniste. Disons-le de suite, la question des mulâtres n'a guère été traitée jusqu'ici qu'en vue de soutenir une thèse pour ou contre l'unité de l'espèce humaine ; et c'est ce qui la rend si obscure, parce que les opinions les plus contradictoires s'entre-choquent, à grand renfort de citations. Pour nous, qui n'avons aucun parti pris dans la question déjà traitée, du reste, aux mots Races homaikes et Métis de ce Dictionnaire, nous nous contenterons modestement de présenter au lecteur le mulâtre tel que nous l'avons vu et, nous osons le croire, tel qu'il est. Dès l'année 1856, nous avons rencontré une petite colonie de mulâtres anglo-mélanésiens à Obalau (archipel Viti ou Fidji). Cinq ans avant, en 1851, au rapport de James Calvert [Mission Historyin Fiji and Fijians. London, 18t)0), l'instituteur Binner y avait déjà trouvé, à son arrivée d'Angleterre, une bonne école de 80 enfants métis de blancs et de femmes du pays. Sous son active impulsion, le nombre des élèves se doubla. L'origine de cette nouvelle et florissante ii^mille remonte déjà à 1804, époque ou 27 convicts échappés de Botany-Bay vinrent se fixer dans ces parages. On rapporte même que le dernier d'entre eux, l'Irlandais Paddy-Connor, en était arrivé au chiffre respectable de quarante-huit enfants quand il mourut. C'est qu'il avait son petit sérail, comme ses compatriotes que j'ai connus en 1856, et même comme un noble Breton, M. de C, qui était venu mêler son affreux sang celtique au « pure white blood » des fils d'Albion. Cette colonie de mulâti^es, dont j'ai déjà dit un mot à l'article Mélanésie, me parut avoir hérité d'une partie des qualités physiques et morales de la race paternelle; mais comme elle se renforçait visiblement chaque jour par ses alliances avec de nouveaux venus non moins qu'avec les femmes indigènes, je ne pus faire la part de sa fécondité propre. Mais William Pritchard, consul britannique en cette résidence, qui a mieux connu ces métis et qui passe complaisamment en revue leurs qualités physiques et morales, assure qu'ils sont moins féconds entre eux que lorsqu'ils s'allient à l'une ou l'autre des souches mères. Ceci est possible, mais ne veut pas dire qu'ils soient inféconds et qu'ils ne puissent à eux seuls perpétuer leur race. A Sauto-Domingo, partie espagnole de l'île d'Haïti, il y a 2/3 de mulâtres, 1/5 de nègres et une proportion presque insignifiante de blancs (Audouin). Ici, les mulâtres se perpétuent donc d'eux-mêmes. S'ils en étaient incapables, ils devraient faire retour au type dominant. Bien mieux, dans la République
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d'Haïli, la populalion nègre l'emporte de beaucoup sur celle de couleur, et les blancs, qui ne peuvent ni posséder la terre, ni se livrer au commerce de détail, ne sont représentés que par quelques négociants. Et cependant les mulâtres, maki'é les guerres intestines et les bécatombes de Soulouque, sont toujours en nombre respectable. Il faut donc admettre qu'ils sont, au moins dans une certaine mesure, capables de perpétuer leur race.
Mais si l'on ne peut mettre en doute la fécondité plus ou moins grande des mulâtres, l'observation impartiale fait aussi reconnaître qu'ils sont moins vigoureux que les nègres et plus délicats que les blancs eux-mêmes. Aucune autre classe de la population, à Cuba, ne fournit autant de victimes à la phthisie pulmonaire, et Martin de Moussy a fait la même remarque dans les États de La Plata. Il semble que le mélange des races éprouve, au i'^'^ degré de croisement, des inconvénients dont la nature triomphe rapidement dans les suivants. Car il n'y a pas de populalion plus belle, plus vigoureuse et plus féconde que la génération métisse du 5*^ degré et ses descendants ramenés au type blanc partout où les conditions de milieu leur sont favorables.
La race de couleur se montre-t-elle supérieure à la race blanche pour les immunités pathologiques dans les climats dont elle est originaire ? Nott l'aftirnie et va même jusqu'à dire que « un huitième de sang nègre garantit de la fièvre jaune tout autant que la vaccine protège de la variole » ; mais il y a dans cette proposition d'apparence si rigoureuse, juste le même degré de vérité que dans les autres opinions du même auteur. Dans le pays même où il a exercé la médecine, c'est-à-dire en Louisiane, les gens de couleur sont loin d'être exempts de la lièvre jaune, car durant la grande épidémie de 1868-69, un correspoudaii de la Nouvelle-Orléans m'écrivait : « Toutes les classes de la population se sont montrées égales devant le fléau; blancs, noirs et mulâtres, tout y a passé. » A Cuba, en temps d'épidémie, les gens de couleur qui descendent de la montagne à la ville sont passibles de la maladie et y succombent quelquefois. J'ai eu moimême à traiter des cas de ce genre qui ne pouvaient laisser aucun doute sur leur nature. Dans la grande épidémie de Rio-Janeiro, en 1850, où il péril 4,500 personnes, les étrangers entrèrent pour 7/10 dans la mortalité totale, les Brésiliens (Dieu sait s'ils sont sang-mêlés !) pour 2/10, et les esclaves pour 1/10 (Martin de Moussy, Description géographique et statistique de la population argentine, t. 11, p. 511, note).
La vérité se trouve donc plutôt dans les paroles suivantes de Dutrouleau : « Dans les climats endémiques de la fièvre jaune, les indigènes de toute race et de toute couleur. Européens, Africains, Asiatiques, sont rebelles à cette maladie, mais il n'en est pas de même dans les épidémies déclarées hors de la circonscription de ces climats. Pendant la première épidémie du Sénégal, en 1850, les noirs et leurs métis furent atteints à l'égal des Européens même acclimatés; et dans les épidémies observées depuis cette époque, ils ont été presque complètement épargnés. En 1850, à la Guyane, où la fièvre jaune n'avait pas sévi depuis la fin du dernier siècle, le même hiit fut observé; c'est-à-dire que classes de couleur et Européens créoles furent également atteints. Cinq ans après, l'épidémie reparaissait et la population européenne flottante ou non acclimatée était seule frappée. On ne peut donc pas dire que les races de couleur soient, d'une manière absolue, rebelles à la fièvre jaune. Mais pour cette maladie })lus que pour les autres espèces endémi(|ucs, si ce n'est pas la race c'est l'acclimatement non interrompu qui confère l'inniiu-
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flilé absolue. On a pourtant vu, pendant la dernière guerre du Mexique, des troupes égyptiennes {noires et métisses) auxiliaires des Français, échapper complètement à la fièvre jaune, ce qui établit au moins une différence en favem^des races de couleur » [Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, diap. V, Maladies des indigènes, p. 149, 2" édit., par Dutrouleau, médecin en •chef de la nuuinc) .
C'est-à-dire qu'elles ne jouissent que d'une immunité limitée et relative <;omme les créoles blancs. Il en est à peu près de même pour les uns et les autres vis-à-vis de la fièvre paludéenne, et sur ce sujet encore je ne saurais mieux dire que M. Dutrouleau : « Aux Antilles, le nègre et le mulâtre sont moins souvent atteints de lièvre que la population européenne flottante ; mais ils le sont à peu près autant que les Européens créoles, qui sont loin d'en être exempts. Pour mon compte, j'ai eu à traiter bon nombre de fièvres pernicieuses chez les habitants de diverses races et de diverses couleurs. A la Guyane, les races de couleur se comportent à pev près de même (J. Laure).
Je crois donc pouvoir conclure des laits que j'ai observés comme de ceux qui sont à ma connaissance, que les races de couleur ne sont pas plus que les races blanches complètement rebelles à l'action des miasmes palustres ; que si les accidents de l'impaludation, la fièvre, en particulier, sont moins nombreux parmi elles que dans la population flottante, ils le sont dans une même proportion, à peu près, pour toutes les races acclimatées, noires comme blanches ; mais que toutes aussi perdent ce bénéfice quand elles viennent à changer de climat. C'est donc là surtout une question d'acclimatation (op. cit., p. 1 47). Ajoutons que les résultats de notre pratique, à Cuba, confirment absolument les observations de notre savant collègue. Jl a noté, comme nous, que la bronchite et \ixphthisie sont plus fréquentes chez les gens de couleur que chez les blancs, aux colonies, et que cette dernière maladie est celle qui cause parmi eux le plus grand nombre de décès.
La constitution des gens de couleur, au moins des mulâtres, est lymphatique, comme celle des nègres : aussi sont-ils plus exposés que les blancs aux engorgements des glandes, au carreau, à Yéléphantiasis des Arabes, aux maladies cutanées, mais non pas aux scrofules ni au rachitisme. C'est chose •excessivement rare, aux colonies, que de voir un sujet mal conformé ; preuve que le mélange des races n'a pas été aussi nuisible à la population que le disent les polygénistes dans un esprit de système. Je crois, au contraire, avec Bufz (de la Martinique), Martin de Moussy (de La Flata) et bien d'autres, pouvant parler de visu que si les résultats d'un croisement multiplié ont été éminemment favorables à la race nègre, ils n'ont pas dégradé la race blanclie. Laissant •de côte le continent d'Amérique où la race indigène est venue compliquer le ■croisement, et ne nous occupant que des grandes et petites Antilles où son contingent a été très-faible par la rapide destmiclion qu'en firent les Espagnols, nous ne voyons pas que la population créole soit inférieure, ni au physique ni au moral, à la population européenne. Nous la trouvons même plus belle et d'un esprit plus prime-sautier, quoique moins solide. Or l'immense majorité de cette population est croisée à un degré quelconque, qu'elle en convienne ou non. Mais uii aussi bon résultat ne peut s'obtenir qu'à la condition que le sang caucasique prédomine, ce (|ui ne manque jamais d'arriver quand les deux races mères sont laissées librement au contact l'une de l'autre, non par un effet de la ténacité plus grande du type blanc (ce serait le contraire), mais parce que le métissage se
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fait presque toujours dans le sens progressif. A Saint-Domingue, que la France a perdu, au grand prt5judice du monde civilisé, parce que ses gouvernants de 1795 ont jugé à propos de faire « périr les colonies plutôt qu'un principe », la race métisse, livrée sans aucun apprentissage politique au gouvernement d'ellemême et du pays, a fini par succomber sous le poids des masses, c'est-à-dire sous le joug des nègres, après s'être servi d'eux pour chasser les blancs. Dès lors privée de leurs leçons et de leur contact régénérateur, elle n'a pu former physiquement et moralement qu'une société bâtarde, intermédiaire entre le nègre grossier et le blanc civilisé. Les qualités et dispositions intellectuelles du mulâtre proprement dit ne sont pas, en effet, les mêmes que celles du blanc, et nous ne dirons pas tout à fait comme Thévenot, cité par M. de Quatrefages : « Le mulâtre peut tout ce que peut le blanc ; son intelligence est égale à la noire. » A notre avis, le mulâtre est inférieur au blanc pour le jugement et l'application, pour la puissance de travail intellectuel et peut-être même phvsique ; mais il ne se montre nullement inférieur à lui pour les facultés artistiques et d'imagination. Ceci nous explique qu'il soit moins apte à bien gouverner la chose publique et lui-même.
L'Amérique espagnole fourmille de littérateurs et d'orateurs : elle a peu d'hommes de science. La musique y est cultivée partout avec succès, et ce sont les mulâtres qui organisent presque tous les orchestres auxquels ils fournissenl des compositions qui ne sont ni sans mérite ni sans originalité. Cuba, par exemple, compte parmi ses enfants quelques statisticiens et naturalistes d'un grand talent, issus de la race blanche et, parmi ses nombreux versificateurs, un seul poëte inspiré qui est sorti de la classe de couleur '. Quant à l'état moral de cette classe, il n'est ni meilleur ni pire que celui des blancs qui, en tous cas, ne la prêchent guère d'exemple. Ce n'est pas, évidemment, sur le dévergondage des ports de mer ni sur le concubinage forcé des esclaves et de quelques malheureux qu'on peut asseoir un jugement. Partout où la population de couleur a pu se faire une position sociale, sans être écrasée par le mépris du blanc, tout en subissant la tutelle d'un gouvernement à peu près régulier, elle a fondé des familles oii la fidélité conjugale, l'antorité paternelle et la soumission respectueuse des enfants ne laissent pas plus à désirer que parmi nous.
Y. DE Rochas.
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MULET. Hybride de l'âne et de la jument. Constitue un animal de transport très-utile par la sûreté de sa marclie autant que par sa force, mais dont l'entêtement dépasse encore celui de l'âne. C'est un animal sobre dont on fait un usage fréquent dans le midi de l'Europe, particulièrement en l*]spagne et dans les autres régions montagneuses. On l'emploie aussi avec avantage pour les équipages militaires. Sa chair est plus estimée que celle du cheval ou de l'âne.
La dénomination de inulet a été étendue aux autres produits obtenus par le croisement de deux espèces différentes, quels que soient le genre ou même la classe; elle est alors synonyme des mots métis et hybrides {voi/. Hybrides et Métis). P- Gerv.
MULET (Ichthyologie). Voy. Muge.
MULLE {Mitlhis). Poissons acanthoptérygiens de la famille des percoïdes ou qui du moms s'en rapprochent : ils ont de larges écailles, le préopercule sans dentelure et la bouche garnie de deux longs barbillons qui pendent sous le menton.
Ce genre comprend le surmulet {Mtillus surmuletus) surtout répandu dans rOcéan, et le rouget {Mullus barbatus) qu'il ne faut pas confondre avec les trigles auxquels on donne souvent à Paris le nom de rougets. Celui-ci est particuUèrenunt répandu dans la Méditerranée où on l'estime à cause de l'excellente qualité de sa chair qui est blanche, savoureuse, et se détache aisément par écailles. H n'est pas rouge lorsqu'il est encore en vie, mais il le devient en mourant, et il est curieux de voir les changements de couleur qu'il subit lorsqu'on le relire de l'eau. Les Romains recherchaient le rouget pour contempler ces variations do teintes et, pour jouir de ce spectacle, ils le plaçaient sur leurs tables dans des vases remplis d'eau de mer ; ils payaient souvent ces poissons fort cher, ce ([ui dépendait surtout du poids, et dans certains cas en élevaient on captivité. .\u dire de Varron, Hortensius avait dans ses étangs une
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immense quantité de rougets, c'est-à-dire de muUes barbues, et il les faisait arriver par de petites rigoles jusque sur la table où se trouvait servi le festin pour distraire ses convives par la vue des changements de couleur que l'agonie amène chez ces poissons. P. Gerv.
ini]LL,ER (Les). Ce nom, très-répandu en Allemagne, a été porté par un grand nombre de médecins, parmi lesquels nous citerons :
Millier (Gérard-André). Né à Ulm le 23 février 1718, commença ses études médicales à Tubingue, et les termina à Strasbourg, où il fut reçu docteur en 1740. 11 vint ensuite s'établir à Worms, où il obtint aussitôt la place de médecin de la ville. En 1743, il fut nommé à Weimar médecin de la garnison, inspecteur de la bibliothèque et aussi conseiller du grand-duché de ce nom. Après avoir voyagé en Pologne, il fut attaché à l'université de Giessen, en qualité de professeur d'anatomie et de chirurgie. En 1754, il fut doyen de la faculté àii médecine, et, en 1756, médecin de la ville. Il y mourut le 26 février 1762. Gérard Muller a publié :
I. Untersuchung der wahren Ursac/ie von Newlon's allgevieiner Schivcrc, wie auch der bcivegeitden Krâfte der Kôrper. Weimar, 1743, in-i". — II. Vermischte Gedanken ûber allerliand zur Naturlekie, Arzneikunst und uberhaiipl zur Literalur gehurige Materien. Ite Sammlung ; Jena, 1745, in-8°. — lit. Schreiben an einen guUn Freund von der Ursacite und voii dem Nutzen der Elektricât, als ein Anitang der allgcmeinen Schwere. Weimar, 1740, jn-4°. — IV. Oralio inauguratis de longœvitale acquirendâ. Giessen, 1751, in-4°. — V. Enlwurf eines neuen Lehrgebàudes der naturlichen Philosophie und der Arzneikunst. Franldurt am Main, 1752, in-S". — VI. Nothdiirflige Ablehnung einiger ihm gemachtcr etnpfindlicher Vorwiirfe. Frankfurt, 1753, in-S". — VII. Betrachtung ûber die Art und Weise der Mil.icirkung der Nerven zu den musculôsen Zusammenziehungen , bei Gclegenheit der bcrlinisclien Aufgabe kiirzlich entworfen. Frankfurt, 1755, in-8°. — VIII. De idilitate Anatomiœ praclicœ. Francfort, 1755, in-8°. — IX. Einleilung zu dem Enlwurfe eincr neuen Méthode. Frankfurt, 1754, in-8°. — X. Giessische Nebenstunden, die Arzneikunst, Nalurlehre und Lilteralur betreffend, lie Sammlung ; Frankfurt und Leipzi"-, 1755, in-8°. — X[. Dissertatio de oleis essenlialibus s. œthereis vegelabilium absque dislilatiune jyarandis. Giessen, 1756, in-i°. — XII. Dissertatio de solutionc aluminis vilriolatû mcdicamenlo euporisto, poiychresto. Giessen, 1757, in-4°. — XIII. Dissertatio biga observationum chiritrgico-medicaruni. Giessen, 1757, in-4°. — XIV. Dissertatio fimctionuni corporis humani inanifestaruin gênera et species reformata. Giessen, 1757, in-4°. — XV. Dissertatio de generibus sp)eciebus statuuni prœternaturalium, qui in parlibus fluidis eontentisque corporis humani locmn liabent. Giessen, 1757, in-4°. — XVI. Dissertatio de vitiis moluum corporis luunani in génère. Giessen, 1757, in-4°. — XVII. Diss. de emendatâ an et ulterius emendatâ membra amputandi rationc. Giessen, 1757, in-4''. — XVIII. liichard Mead's medizinische Lehren und Erinnerungen ; aus dem Lateinischen ûbersetzt, mit grôsstentheils praklischen Anmerkungen. Frankfurt am Mein, 1759, in-8°. — XIX. Dissertatio syllogc observationum quarumdum anatomicorum, impriniis de cisterna lumbari ductuque chylifero. Giessen, 1760, in-4°. — XX. Dissertatio de oleo tarlari fœtido. Giessen, 1760, in-4''. — XXI. Dissertatio de formatione indicationum generalium in febribus exanthematicis Giessen, 1761, in-8°. A. D.
Muller (Charles-Guilla.ume-Chrétien). Né à Hambourg le 16 juin 1755^ fut professeur à Giessen en 1779, et mourut le 14 avril 1817. 11 a laissé :
I. Programma de adulterationibus oborum althereorum. Giessen, 1778, in-4°. — ^^11. Diss. de oleis in génère et speciatim de empyreumaticis. Giessen, 1781, in-4''. — III. Dissertatio de phthisi ex ulcère pulmonum. Giessen, 1782, in-4''. — IV. Beschreibung der Epidémie, welclie im Friihjahr des 1782 en Jahres in mehrern Gegenden von Europa geherrscht, und unter dem Namen der russischen Krankheit bekannt gewordcn. Giessen 1782, in 8". — V. Programma de acre dephlogisticato. Giessen, 1784, in-4'>. — VI. Dissertatio de deliriis pbrilibus. Giessen, 178i, in-4°. — VII. Dissertatio de dysenterid. Giessen, 1786, in-4'. — Vllt. Dissertatio de febribus autumnalibus. Giessen, 1790, in-4°. A. D.
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Millier (Jean-ValeiMiin). Né le 8 avril 1756 à Francrcrt-sur-le-Mein, fit ses études médicales à léna, où il fut reçu docteur eu 1778. Il alla ensuite exercer la médecine à Francfort, mais ne tarda pas à se faire publiciste. 11 a publié uu grand nombre, un trop grand nombre d'ouvrages sur l'bygiène générale et la médecine populaire. Il a fondé avec Hoffmann des annales de médecine. De ses nombreux écrits nous citerons seulement :
I. Dissertalio de ncrvorum oriqinibus. léna, 1778, in-4°. — II. Dissertât in de scirrho. Jéiia, .1780, in-4°. — III. Einige Vorsclilâge ziir Verhiitung des Kindermords. Franldurt, 1780. in-8^ — IV. Medicinisches praktisches Handbuck der Fraiicn-immcrkranklieiten. FraiiUlurt., 1788-1795, iii-8°, 4 vol. — V. Praktisches Handbuck der medicinischen Galmilerickrankheiteii. Marbur^', 1780, 10-8°; Frankfurt, 1782, in-S". — YI. Pltijsiolngie oder Lekrc von dem geaunden Zitstand des menschlichen liôrpcrs. Mayence, 1790, iii-S". — VII. CemeinniUzige Anleitung wie man sic/i vor der gegenwârtiq herrsc/ienden Ruhr bewakven kônnc. Frankfurt, 1784, in-S" ; ibid., 1794, in-8°.'— ^Wl.Gemeinnûtziger Ratli, wie man sick bci lierrsckenden Krank/ieiten von der Anstecluing sicliern kanu. Franldurt, 1794, in-8°. — IX. Anleitung Kind betterinnen in dm vorltovimenden Krantdiciten Zïi behandehi. Franlcfurt, 1795, in-8°. — X. Praktisches populàres Ilaiis-und Handhuch fiir die gewbhidïclisten Kraidcheiten zu lieilen. Frankt'urt, 1795, in-8°. — XI. Fur IJijpochoiidristen, fservenkranke, Gichtpatientcn und Aiisichrende. Frankl'urt, 1795, in-8°. — XII. Der Selbstmord nach medicinischen und moralischen Ursaclien tietrachlet, Frankfurt, 1796, in-8°. — XIII Grilndliche Anleitung aller Arien von venerischen Krankheiten genau zu erketinen, und ric/dig zu behandetn. Frankfurt, 1795, iii-S". — XIV. Entwnrf einer gcrichtlichen Arzneiwissenschaft. Frankfurt, 17V)(3-1801, in-8°, 4 vol. — XV. Kurze Anleitung luie man den milnnliclien und Fraueniiinmertripper heilen konne. Frankfurt, 179(i, in-8°; Ibid., 1802, iu-8°. — XVr. Abhandiung ûber verscliieclene Krankheiten, wclehe ursprïmglich aus einer Scliàrfe cnistelien. Frankfurt, 179G, in-S". — XVII. Vermischte Aufsàtze und Demcrkungen am der Iheorelischen iind praktisclien Heilkiinde. Franklurt, 1796, in-8°. — XVIII. Ort/iodoiie und llcterodoxie, oder Bcinerkungcn ûber den richtigen Gebraucli der Arznennittel. Frankfurt, 1798, in-8°. — XIX. Mcdicinischa Beperlorium iiber Gegenslande aller Fdchern der Arziiciwissensclmft, 1798, in-8'>. — XX.. Beweis, dass die Ku/ipocken mit den naturlichen Klnderblcdlern in keiner naturlichen Verbindung stehn. Franklurt, 1801, iu-8°. —
XXI. Kleines Handbuck der praktisclien Arzneimittellelire. Frankfurt, 1803, in-S". —
XXII. Ueber den Ebiflussder kle.en au/' die menscklicken Handliingen. Frankt., 1804, in-8°. — XXllI. Der Arzt fiir venerisch verlarvle Kranklieiten. Frankfurt, 1808, in-X". — XXIV. Der diâtàtiscke Arzt. Frankfurt, 1808, in-8°. — XXV. Neues medicinisches Taschenbuch . Franklurt, 1812, in-8°. — XXVI. Praktiscke Anleitung zur Erkenntniss und Ileilung der Lunçjensucld. Frankfurt, 1815, in-8°. — XXVII. Praktiscke Benierkungen iiber die Kurdes Halbscdenkopfwebes. Frankfurt, 1815, ia-8°. — XXVIII. Handbuck zur Toilettenlektiire fur gebildele Frauen und medicinischer Ralkgeber fiir das sc/iône Gesc/ilec/it zur Erkaltung <lcr Sciionhcit und Gesundkeit, in jedeni Aller und allen Ijebensverhâltnissen . Frankfurt, 181"), in-S" ; Ibid. 1817, in-8''. — XXiX. Un journal de médecine, publié avec G.-F. Hoffmann ; Fmnl; flirter viediciniscke Annalen. Franklurt, 1789-1790, in-8°, continué sous le titre : Medtcinisclics Wochenblatt . Franklurt, 1790-1795, in-8° ; puis sous celui de; Medicinischer Mlujcber. Frankfurt, 1794-1796, in-8°. A. i).
:niiller (Adolphe-Guillau.me). Né à Brème le 28juin 1784, fit ses études médicalos à Halle, où il fut reçu docteur en 1807, et revint se fixer à Brème, où il mourut le 8 janvier 1811. On a de lui :
I. De venenis tractatus. Thèse, 10-8°. Halle, 1807. — II. Une série d'nriicles sur les hôpipau.\ de Paris. In Magazin de Horn. — III. tin article sur les cures magnétiques. In Archiv de lied, t. II. A. D.
Miiiier (ÛTHON-FRÉuÉrac). Savant naturaliste danois, né à Copenhague le 11 mars 1750, doit figurer dans ce dictioiaiaireen raison de ses travaux d'anatomie comparée sur les animaux inférieurs. Sa vie est un exemple de ce que peuvent une volonté soutenue, un amour sincère de la science, joints à une grande modestie. Fils d'un pauvre musicien, musicien lui-même, son modique salaire lui permit cependant de se livrer à quelques études théologiques, ainsi qu'à l'histoire naturelle, à l'université de Copenhague. Il fut bientôt nommé précepteur
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■dans une riche famille danoise, et fut incité à continuer ses recherches zoologiques par la mère de son élève, qui lui en fournit généreusement les moyens. Après divers voyages et la publication de mémoires intéressants, il revint en Danemark, fut nommé conseiller de chancellerie, puis archiviste de la Chambre des comptes de iXoiwège. Il put alors contracter un riche mariage avec la veuve d'un négociant, résigna ses diverses fonctions administratives, et put se livrer entièremeiil à ses études favorites. Il a classé le premier les animaux inférieurs, publié -des recherches originales sur les champignons, les chenilles, les infusoires, etc., et a donné la description d'un certain nombre d'espèces inconnues de mollus- •ques, de vers et de zoophytes. Othon MûUer maniait le microscope avecunegrande habileté. Il est mort le 26 décembre 1784.
Nous citerons, parmi tous ses travaux, ceux relatifs à l'anatomie comparée :
1. Eftersetning og Erfaring om swarnpe i saër oin Rôrswampes velsmagende Pilse [sur les champignons]. Copenhague. 1705, in-4°. — II. Fauna insectorum Friderichsdalina. Copenhague, 1764. lU-S». — III. Icônes animalium rariorum et incognitorum Daniœ et Norwegiœ. Copenhague. 1777-1780, in-lol. — IV. Zoologia danica. Copenhague et Leipzig, d779-1784, 2 vol, in-8°. A. D.
Muiler (.1ea.n). Le plus célèbre, assurément, des médecins de ce nom. Néle '44juillet 1801, àCoblenlz, fils d'un pauvre cordonnier, il était destiné à succéder à son père, lorsque le directeur d'une école importante de la ville, frappé de ses dispositions, se '.chargea de son instruction. Jeun Millier étudia de manière à contenter son protecteur, puis, ayant perdu son père, se destinait à embrasser l'état ecclésiastique dans le but de soutenir sa mère, lorsqu'il dut quitter celte première carrière pour obéir à la loi militaire. Après un an de service, il se rendit à Bonn, où il fit ses étude médicales avec succès, jusqu'en 1822, où il prit le grade de docteur. Jean Miiller termina ses études à Berlin, sous Rudolphi, qui ■l'avait pris en ;iffeclion. iNommé successivement, à Bonn, privat-docent en 1824, professeur extraordinaire en 1826, professeur ordinaire en 1S50, il revint à Berlin, en 1832, succéder à Rudolphi, !^on prolecteur, que la science venait de perdre. Il occupa pendant de longues années cette cluiie d'analomie si enviée, et eut pour élèves la plupart des professeurs allemands les plus connus aujourd'hui. Miiller était recteur de l'Université de Berlin lorsqu'éclata, dans cette ville, la révolution, ou plutôt l'échauffourée, de 1848, et il servit plus d'une fois d'intermédiaire entre l'autorité et les élèves et professeurs de l'Université. D'une nature merveuse, ami avant tout delà tranquillité, Millier n'était [las, dit-on, l'honime de la situation; quelques lettres de lui, rendues publiques, en témoignent suffisamment.
Sa santé s'altéra bientôt, et, eu 1855, dans une courte excursion, il faillit mourir sur un bateau à vapeur, que les voyageurs virent sombrer après l'avoir quitté. A partir de cette époque, il cessa de travailler comme autrelbis, et mourut trois ans après, le 28 avril 1858. On l'avait vu la veille, au musée géologique; le leudeinain, on le trouva mort chez lui; il s'était éteint saii? ' •soufi"rances.
Miiller était encyclopédiste ; les mathématiques, la physique, la chimie, l'iiisloire naturelle, lui étaient familières ; ses travaux en anatomie comparée et ou zoologie sont considérables, mais c'est surtout son manuel de physiologie, dont la première édition est de 1831, qui, en faisant connaître l'auteur, a le plus fait pour sa réputation. La physiologie comp.irée y occupe, pour la première Ibis, •une place importante. Dans ce livre, avancé pour son temps, l'auteur cherche à