‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.62Chapitre 4 sur 61 · DONC · texte numérisé non relu

DONC

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l'aulre au-dessous et entre parentliése :i celles de l'état- civil; ainsi en France, on lira dans la double colonne coiii-acrée aux vrais mort-nés: 1° dans le haut du tableau, que pour 100 morl-nées lilles, on compte 136,5 garçons en çfénéral, mais 140,2 légitimes et seulement 118,5 illégilimcs ; cl des nombres entre parenthèjcs on conclura que pour 100 légitimes de chaque catégorie sexuelle on compte 181,5 iliégilimes gai'çons, 215 illcgitinies filles, et 193 des deux sexes pris ensemble; 'î' dans le bas, que la morlinatalité des campagnes étant lUO, celle des villes est 135 pour les légitimes, 127 pour les illégitimes, et 159 pour l'ensemble sans distinction d'état civil {voy. la note page 13).

lilé, nous réunissons plusieurs de ses valeurs, d'abord dans les trois pays Scandinaves qui séparent avec soin les mort-nés des nés vivants, même de ceux qui sont morts peu d'instants après la naissa'rce. Nous rapproclierons de ces pays la Beliiique el la France en distinguant les vrais mort-nés de ceux qui leur ont été adjoints indûment, étant entendu que, pour l,i France, cette analyse n'est pas un lait de l'observation directe, mais a été calculée sur les documents belges eu partant de cette liypollièse vraisemblable qu'en France comme en l]elgique, pour les raisons ci-dessus spéciliées, les clioses se passent à très-peu près de même.

15. La première ligne de ce troisième tableau donne une idée générale de la mortinatalité des cini( Uiitions, en admettant toutelois que leurs relevés des mortnés soient suffisamment compaiables. La Suède serait le pays où elle serait la moins élevée : 32.7 vrais mort-nés par 1,000 naissances générales (mort-nés inclus) ; et le Danemark celui où elle le serait le plus : 38,9 ; la France viendrait après la Suède. Toutefois, vu les difficultés de déterminer rigoureusement celte catégorie des mort-nés, et de n'y comprendre ni avortons, ni eiiliints ayant respiré, nous estimons que ce rapprocbement des divers pays, en ce qui touche la fréquence absolue des mort-nés, ne doit être fait qu'à titre provisoire, sous toute réserve, et que, avant d'eu tii'er des conclusions solides, il y a lieu d'attendre que les congrès internationaux et rechange des travaux particuliers aient consolidé cette enquête, encore trop nouvelle pour être parfaite.

16. Rapport de la mortinatalité à i état civil; fâcheuse supériorité de la France, liais il n'en est pas de même en ce qui touche les fréquences relatives résultant de la comparaison par sexes, par état civil en chaque pays, car alors les enquêtes sont comparables; et en ce sujet il se rencontre déjà des résullats remarquables et qui paraissent bien être la traduction des faits réels. Ainsi, notre tableau montre que, par le nombre propo'tionnel de leurs mort-nés lé'^itimes, toutes ces nations se rapprochent beaucoup, et que, par exemple, la Suède el la France restent fort voisines, la première accusant 31,25 mort-nés. la seconde 32,15. Mais il n'en est plus ainsi pour les mott-nés que loiu-ni-sent les naissances illégitimes : la Suède en relève 46 et nous 62 (rapport 100 : 155) ! En résumé, nous sommes la nation qui a le plus de mort-nés illégitimes ! C'est un fait qui ne manijue pas de gravité si l'on sotigu que les naissances illégitimes empruntent une notable proportion de leurs mort-nés à l'infanticide, précoces victimes que l'on dissimule sous cet enpliémisuie ; aussi renvoyons-nous sur ce sujet aux pages 756 et Ibl , ainsi qu'aux notes des pa^-es 760-761 et 769 de notre article Mor.TALrrr; ; car l'aggravation de la mortaliléde la première enfance et celle de la mortinatalité, quand il s'agit des enfants nés hors mariage, sont l'une et l'autre sous l'inlluence de la dureté des lois et des mœurs envers la fille-mère et son fruit.

17. Mortinatalité, i° selon le sexe et l'état civil ; 2" selon l'habitat. Dans ce même tableau, il y a encore lieu de remarquer la différence de la mortinatalité selon le sexe ou l'habitat. Pour rendre cette comparaison jilus facile, nous avons adjoint, à chacune des colonnes rapportant la mortinatalité, soit précise (mn/x), soit selon les déclarations de l'étatcivil (dn/x), une colonne dans laquelle la mortinatalité, d'une jiart pour les (ilU s quand il s'agit de comj)arer les sexes, de l'autre pour les campagnes quand il s'agit de comparer les habitats, a été faite égale à 100, puis sur cette base on a calculé ce que devient alors la mortinatalité, d'une part des garçons et de l'autre des villes.

18. Premièrement selon les sexes, on s'aperçoit que, la mortinatalité des filles

étant pnrtout prise pour 100, celle des garçons est 125 eu Danemark, 128 en Suède, 121 en Norvège, mais près de 137 en France; et, fait inattendu, la suite du tableau montre clairement que c'est l'aggravation relative de la mortinatalilc de nos garçons légitimes qui amène ce résultaf, puisque pour les légitimes, sur 100 mort-nées filles le Danemark ne compte qui; 126 mort-nés garçons, la SnèJe et la Belgique environ 130, et nous plus de 140, tandis que pour les illégitimes, les difterences de ces diverses nations sont bien moins marquées : 122 pour le Danenriark, 1 16 pour la Suède, 118 en France, mais seulement 109 en Belgique.

19. En outre, deux remarques importantes n'échapperont pas à la perspicacité du lecteur : 1° l,a mortinatalité croît partout par l'illégilimité, ainsi que nous l'avons déjà mdiqué, à tel point que celle des légitimes étant prise toujours poiH' 100, celle des illégitimes devient : en Danemark, 124,5 pour les garçons, 123 pour les lllles, 126,5 pour les deux sexes; en Suède, 140 pour les garçons, 157 pour les filles, 147 pour les deux sexes ; en Norvège, la différence est encore plus marquée, puisqu'elle s'élève à 158,5 pour les deux sexes, tandis qu'elle n'est que de 143 en Belgique (137 pour les garçons et 158 pour les fdles); mais c'est en France, ainsi que nous l'avons déjà l'cmarqué, que l'écart entre la mortinatalité des légitimes et des illégitimes atteint son maximum, puisque celle des légitimes étant 100, celle des illégitimes s'élève à 193 pour les deux sexes, à 182 pour nos garçons et à 215 pour nos fdles !

20. Cependant, une loi générale se dégage de tous ces rapports, c'est que partout, dans l'aggravation que l'illégitimité imprime à la mortinatalité, c'est celle des filles qui en est le plus exagérée ; on voit eu outre que c'est en France que cette différence est à son maximum ; aussi est-ce en étudiant plus spécialement les mort-nés de la France (p. 19) que nous terminerons ce que nous avons à dire sur ce fait remarquable, qui pourtant n'est qu'à peine marqué chez les Danois.

21. Enfin, si avant de quitter ce tableau d'ensemble, nous étudions comparativement l'influence de l'habitat, ville et campagne, sur la mortinatalité, nous constatons que cette influence est assez variable. En général, le séjour des villes accroît, et quelquefois très-fortement, la mortinatalité; cependant, en Danemark, c'est un mouvement contraire qui se manifeste pour les légitimes, puisque la mortinatalité étant 100 dans les campagnes, elle n'est que de 77,5 dans les vdles ; même pour les illégitimes, la mauvaise influence des villes est fort peu marquée (106), et, chose singulière, elle est moins prononcée encore pour la capitale (102). Mais en Suède, eu Norvège, les villes ont une influence funeste; en Suède, elles font passer la mortinatalité de 100 à 135 pour les illégitimes et à 115 pour les légitimes. En Norvège, la mauvaise inlluence des villes est encore plus prononcée pour les illégitimes (100 : 174 et même 229 pour la capitale). En France, dans les campagnes, sans distinction d'état ci\il, la mortinatalité (dn/x) prise pour 100 devient 136 dans les villes et 178 dans la Seine; mais pour les seuls légitimes, elle est 171 dans la Seine, 129 dans les villes, et pour les illégitimes 125 dans les villes et 128 dans la Seine ^..

* Il ne nous échappe pas que ces rapports de mortinatalité relative des milieux, calculés sur les coefficients de moriinatalité de ces milieux, présentent une appareille contradiction, puisque la nocuité relative des villes, et notamment celle do l;i capiiiilc, est plus élevée (178) poiu' l'ensemble (sans distinction d'état civil) que pour clini|MO ■.'l:!; rj\il pris isolément (171 et l'29), ce qui semble contradictoire, mais ne Test cerl;iii;ement (•:i.= : car ces rapports se présentent bien ainsi, comme le lecteur peut s'en assurer par les valeurs

22. Remarquons encore que, dans ce troisième tableau, nous donnons pour le Danemark, à côté du nombi'e des vrais mort-nt's, le nombre des décédés dan> les vingt-quatre heures qui ont suivi la naissance, soit md toujours en fonction des naissances ,:;énérales IV, soit md/X; puis, dans la colonnette qui suit les deux groupes réunis, les morts avant la naissance et ceux décédés dans les vingtquaire heures, soit dn et par suite dnj\. Ainsi, dans ce pays, on compte 38,9 vrais mort-nés sur 1000 accouchements ; en outre, il se jiroduit 9,33 décès dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, ou faux mort-nés, et l'on peut ajouter [traprcs ce qui se passe en suède' {voy. ce mot)] 2,32 décès dans le cours de la seconde journée. Ainsi, suivant que l'on prend ceux (pii ont succombé dans la première journée ou dans les deux premières journées, on a 9,33 ou ii,5Q constituant un groupe de décès enfantins prématurés, ([ue l'on peut avec raison regarder comme fort voisin du groupe entier des faux mort-nés dénoncés par la Belgique et existant de même en France. On trouve eu effet, dans la dernière colonne de notre table;ui, qu'en Belgique, pour les enfants, sans distinction de sexe ni d'état civd, il y a I0,3 fim\ mort-nés, c'est-à-dire d0,5 enfants présentés sans vie à l'inscription, bien que nés vivants. En France il n'y en aurait que 9,9 (?)

On peut donc admettre, et il est eu effet fort vraisemblable, que chez nous ce groupe de faux mort-nés se compose presque exclusivement de ceux des nouveaunés qui succombent dans la première journée, et d'une partie de ceux qui meurent dans la seconde. Cette vcritication du docimient belge par le document danois ne nous a pas paru inutile pour l'entente précise du groupe des faux mortnés en France.

25. Moriinalalité de quelques autres nations. Si nous avons pu craindre que tous les éléments de ce troisième tableau n'aient pas été recueillis avec assez d'uniformité dans les cinq nations qui y sont rapprochées pour être bien sûrement comparatifs, combien ce dou^e serait plus légitime encore, si nous avions admis des nations dont les registres de population, moins régulièrement tenus, donnent des résultats qui ne sont manifestement pas comparables. Ainsi l'Italie, qui depuis bien peu de temps s'efforce de régulariser sa comptabilité humaine, n'annonce que 28 mort-nés par 1000 naissances générales, et encore est-ce là le résultat de ces deux dernières années (1872-73)- Avant 1870, elle n'en enregistrait que 16 à 24, suivant les années. Nous pensons que beaucoup lui échappent encore.

La Bavière qui, de tous les pays allemands, est celui qui se flatte de connaître le mieux ses vrais mort-nés, en dénonce (1850-59) 01,5. Son voisin, le grandduché de Bade, en signale 55 à 56 (1852-63)-

absolues que nous rapportons. Donc, sans distinction détat-civil (période d8G3-C7 , on trouve; dans les campagnes, 5 535 485 conceptions ou iv, et 157 497 mort-nés ou prétendus tels, soit dn; dans les villes, 1577 984 w et 72 510 dn; et dans le département do la Seino, 540 495 IV avec 25 715 a». Les mêmes valeurs, données dans le même ordre, pour les légitimes, sont : 5 591 155 iv et 12(3 620 a» ; 1 210 475 iv et 5!^ 741 d„; 249 288 iv et 15 985 dn; et pour les illégitimes, 162 550 m et 10 877 dn; 161 509 iv et 15 509 dn; enfin 91 207 wi avec 7 810 du. Sur ces valeurs absolues, on calculera facilement les rapports de notre lablcau concernant la France- Ainsi 157497/5555485 = 0,0587 coefficient de la mortinatalité des campagnes sans distinction d'état civil; et, chacun de ces coetficienls ainsi vériiié, il sera lacile de s'assurer qu'en prenani, en cliac^m des trois groupes, la mortinatalité des campagnes pour 101), on trouvera les valeurs assignées ci-dessus.

1 Le mémoire du docteur Berg, sur la mortalité de la première enfonce, dénonce 99 décès de 0 à 1 jour et 24 de 1 à 2 jours sur 10 00:1 naissances vivantes; mais ces 10 000 So suppoicnt 10 555 iv ou naissances (mort nés inclus), d'où il est facile do voir que 1 000 :v donneraient seulement 9,57 (soit 9,0^ dé;ès le 1" jour, et 2,32 (soit 2,5) le deuxième.

Enfin, pour être aussi complet que possible, mais sans nous abuser sur la coniparabilité de ces données, nous empruntons à M. le docteur Jaussens, do Bruxelles, les renseignements suivants sur la proportion des mort-nés ou réputés tels, par 1000 naissances générales (mort-nés inclus)'.

Louvain 65,0 ; Gand 61 ; Liège 58; Malines 50,6 ; Verviers49,7; Bruges 58,5; Tournai 21,6.

A ces villes belges, noiis joindrons Bordeaux 68; Paris 64,6; Lyon 61,8; Amsterdam 57,-4; Genève 46,6; Turin 47,6; Vienne 38,5. M. Janssens, aucpiel nous empi'untons encore ces valeurs, omet de nous dire les périodes précises auxcpielles elles s'appliquent, mais c'est certainement aux plus récentes, vers

24. Si l'irrégularité des enquêtes nous empêche de pouvoir comparer les différents pays entre eux. l'étude des diverses circonstances qui, dans un même pays, peuvent avoir une influence sur la production des mort-nés, n'en restera pas moins digne d'iiitéièt si ce pays a entrepris sou enquête depuis assez longtemps pour en assurer l'uniiormité. Sous ce raïqîort, la Belgique et la France nous offrent de solides garanties, résultant de la régularité avec laquelle Ibnctionne depuis longtemps leur état civil. Commençons par la Belgique, dont les relevés font l'analyse des vrais et des faux mort-nés, et nous donnent ainsi une intelligence plus exacte de nos propres documents français qui réunissent ces deux valeurs.

25. La Belgique a fait un relevé de ses mort-nés de 1851-60), en distinguant les sexes et l'état-civil. Mais, dans la période suivante 1860-66, elle a ajouté à ces divisons celle de l'habitat, soit pour l'ensemble des enfants présentés sans vie, soit pour les vrais mort-nc>, et aussi pour les faux mort-nés, c'est-à-dire pour eeux qui nés vivants, ont succombé avant l'insL-ription. Dans les tableaux suivants, nous réunissons toutes ces données en fonction des naissances générales (mort-nés inclus), mettant entre parenthèses les valeurs qui se rapportent à la période (1851-60)-

On remarquera d'abord combien en Belgique la proportion des mort-nés est plus grande dans les villes que dans les campagnes : pour les deux sexes le rapport est 43,« ; 52, 5*, soit comme 100 : 121, quand il s'agit de tous les enfants présentés sans vie; même l'écart des deux lapporls est encore plus prononcé (II) (33, ï : -11, î", soit comme 100 : 124) iiour les vrais mort-nés, tandis que pour les enfuits morts dans l'intervalle qui sépare la naissance de l'inscriiition (III), le l'apport n'est plus que de 10 : il. Ainsi, l'aggi'avation qui résulte de l'habitat des villes porte presque exclusivement sur les vrais mort-nés, et la cliance de mourir entre la naissance et l'inscription est à peine accrue dans les villes soit parce que l'inscription s'y fait plus tôt, soit parce que les premiers soins y sont ■plus éclairés.

26. Le même tableau belge met en évidence un fait que l'on retrouve dans tous les pays, c'est l'iniluence prononcée du sexe sur la proportion des mort-nés Ainsi en Belgique, sans distinction d'habitat et d'état civil (troisième colonne), on voit fpie l'on compte (en 1860-65) 40,4 dites mort-nées (dn) tilles, contre 51,4 mort-nés garçons, soit dans le rapport 100 : 127; dans la période décennale précédente (1851-60), le même rapport était de 100 : 126. D'ailleurs, nous avons

' Topographie médicale et démoçjraphique de Bruxelles, IS68, p. 65. Seulemeat noire éminent collègue donne ces rapports pour 100 naissances vivantes; nous les avons ramenés- ■à lUO naiss.mces générales (dn uiclus).

MORT-i\E.

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