‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.62Chapitre 6 sur 61 · LA POPULATION RURALE · texte numérisé non relu

LA POPULATION RURALE

Git,8

oo,o 37,63 3S,G3 59,5

O), lO

prétendus mort-nés dénoncés par notre élat civil en vrais et en faux mort-nés, peut se faire pour un terme quelconque de ce V'^ tableau au moyen du P"" tableau, p. 5, nous pouvons négliger cette distinction pour les conclusions suivantes qui concernent exclusivement la France : car comme il s'agit, non de comparer les valeurs absolues de divers pays, mais seulement de constater les mouvements des rapports survenus en France suivant les diverses conditions où se produisent les mort-nés, et que les dits mort-nés dn croissent et décroissent partout à trèspeu près comme les vrais mort-nés mn, il sera plus clair et plus rapide de considérer les nombres du tableau tels qu'ils se présentent.

31. Nous avons f^\^^ constaté combien l'illégitimité augmente le nombre des mort-nés. Nous avons vu (p. 12) que c'est surtout en France que cet accroissement est formidable. Dans la période 1858-67 prise en bloc, ce croit dû à l'illégitimité est dans le rapport de 100 : 186, il s'élève môme a 207 dans la dernière période 1868-70 et dans les deux premières 1841-50 ; enfin en moyenne il est de 100 : 195 pour la période de trente ans 1841-70- On peut donc tlire qu'en France (et en France seulement) l'illégitimité double presque la chance qu'une naissance hors mariage aboutisse à un mort-né ou réputé tel !

52. bifhience combinée du sexe et de V illégitimité. Si, partant de là, et avec les seules ressources de l'analogie et des autres faits connus, on chcr- L'iiait à prévoir lequel des deux sexes a le plus à souffrir de rillégitimité, ou serait sans doute tenté de présumer que ce sont les garçons, car nous verrons à l'article France que, lorsque le danger de mort s'accroît dans la première enfance, l'accroissement est d'ordinaire plus marqué pour le sexe masculin; c'est nu point que j'ai constaté, soit par l'étude de chaque déparlement {voy. la Démographie figurée de l'auteur, carte IX et X), soit par celle de la France eu fi-éiiéral ^ H semble donc présumable que celte cause d'aggravation de la mortalité qu'où appelle l'illégitimité et qui semble ne devoir être au fond que le résumé de tout ce que leur état illégitime comporte de moins bons soins, doit aussi être plus préjudiciable aux petits garçons qu'aux petites filles. Eli bien, c'est le contraire qui est vrai : l'illégitimité est toujours et partout plus défavorable aux petites filles 1 Ce fait étrange se manifeste (ou semble se manifesler) des avant la naissance par l'accroissement respectif que l'illégitimité imprime aux mort-nés de l'un et l'autre sexe. Nous avons déjà établi le fait pour la Belgique; il ne se dégage pas moins nettement en France : [)our les deux sexes pris ensemble et pour les périodes 1858-62 et 1863-67 réunies, alîn de prendre une base de dix années ou trouve que la fréquence des mort-nés légitimes est à celle des illégitimes comme 41 : 76, soit comme 100 : (86, ou bien que le rapport d'acci'oissement est de 1 ,86 ; mais si l'on décompose par sexe, on voit que le rapfiort d'accroissement de l'illégitimité qui est de 1,75 pour les garçons s'élève à 2,05 pour les fdles, c'est-à-dire que l'aggravation subie par les garçons étant 100, celle lies lilles est de 117 ! Celte différence est moins marquée dans le département de la Seine (1,33 : 1,406 soit 100 : 105,5) <iue dans les autres villes (1,58 : 1,82 ou 100 : lis), mais surtout que dans les campagnes on je trouve l'aggravation des garçons par le fait de l'illégitimité s'élevant à 1 ,85 et celle des filles à 2,00, aggravation dont le rapport est comme loo : 121,3 ; il présente donc l'écart maxim\mi. Enfin, pour montrer la constance et par suite l'importance de cette loi qui veut que les petites filles ressentent plus gravement que les garçons l'influence de l'illégitimité, il me suffira de rappeler qu'on la retrouve partout oii il m'a été donné de l'étudier, en Belgique, en Bavière, en Danemark, enfin en Suède où l'enquête de ce qui concerne les nouveau-nés, s'exécutant sous la haute initiative et surveillance du docteur Berg, mérite toute confiance : or, eu ce pajs l'aggravation de l'illégitimité en ce qui concerne la production des vrais mort-nés pour la période 1861-70, est de 1,285 pour les garçons et 1,420 pour les filles, soit comme lOO : 110,5 dans les campagnes; mais dans les villes elle est comme 116,3, et pour toute la nation 1,40 et 1,57 (soit comme 100 : 112,5).

33. Rappelons ici que le préjudice plus grand que l'illégitimité porte aux petites filles se poursuit après la naissance, ainsi que l'on peut s'en convaincre par mon quatrième tableau numérique de l'article Mortalité p. 752, puisque de 0 à 1 an, [)ar exemple, le coefficient d'aggravation de mortalité qu'entraîne l'illégitimité en France est de 1 ,895 pour les garçons et de 2,02 pour les filles dont le rapport est comme 100 : 106,6; cette inégalité se rencontre à la ville et à la campagne, mais, plus prononcée chez les ruraux ; elle conmience dès les premiers

* La mortalité des enfants, dans leur première année d'âge, s'est accrue, en France, de 18iO à ■1870, de *eo à itb.s, soit dans le rapport de fOO: 109,6; mais les garçons ont pris plus de part que les tilles à cet accroissement, leur mortalité s' étant accrue dans le rapport 100 : 111, et celle des lilles seulement comme 100: 108 environ.

jours; les deux coeiïicienls d'aggravalidu sont, (!aus la première scmaïue, roiîime 1,82 : 1,99, soit comme lOU ; 109,3, et dans la seconde 2,71 : 2,98, soit tomme 100 : IIO, etc.

54. Voilà une loi bien étrange et dont aucun document statistique ne nous peimet de dire la cause. Cependant, si, au lieu d'une cause démontrée, on veut bien nous permettre d'en hasarder une présumée, nous avouerons que nous ne pensons pas être ici devant un résultat physiologique, mais plutôt psychologique. Dans la position cruelle (voij. article Mortalité, note de la page 760 et p. 7(jU § 42 et note) que nos mœurs, nos institutions et nos lois font à la fille-mère (pusilion plus cruelle chez nous qu'ailleurs sans doute, puisque nous avons vu que l'illégilimilé y produit un bien phis grand nombre de mort-iu's), devant ce rejet dont la mère et son enfant sont victimes, la perspective d'une fille à élever est certainement plus cruelle encore que celle d'un garçon, qui se tire plus facilement d'affaire et dont la pauvre délaissée peut se tlatter de se faire un protecteur, .l'ai pris sur ce point l'avis de femmes compétentes. Ainsi un garçon est moins aiipréheudé qu'une fille; il sera donc mieux soigné, mieux préservé; et si l'on objecte que Cet essai d'explication, absolument accei)table pour ce qui concerne la mortalité, ne l'est pas pour l'aggravation du ra[)port des mort-nés, puisque le mort-né n'est pas un fait volontaire, nous ne nous croirons pas réfuté, car personne n ignore que le groupe des mort-nés illégitimes se recrute, hélas ! de maints infanticides. Leur augmentation si considérable (100 : 133) depuis la suppression des tours me parait terriblemement significatif sur ce point.

En effet, le mouvement de la mortinatalité dans les périodes quinquennales successives est facile à étudier. On y constate l'accroissement progressif des mortnés; cependant cette augmentation semble sur le point de s'arrêter pour les légitimes dans la dernière période 1868-70 qui, à la vérité, n'est que de trois années ^ Ouoi qu'il en sioit, ou voit que, île 1853 à 1870, le croit de la mortinatalité est dans le rapport 3»:-ll, soit 100:105, tandis que, pour les illégitimes, il est de 68:84, soit 100 : 124, c'est-à-dire cinq fois plus considérable. Eu analysant l'inlluence de l'habitat, on constate que le département de la Seine a plus de part à cette aggravation que la campagne; et, si l'on néghgela dernière période, fort troublée, et qui semble avoir augmente beaucoup pour les illégitimes le nombre des déclaré-^ sans vie à la campagne (je ne dirai pour([Uoi), on trouve que l'accroissement de la mortinatalité illégitime a été plus marqué aussi dans les villes que dans les campagnes ; mais que c'est le mouvement contraire pour les mort-nés légitimes : ainsi, pour les légitimes de 1853 à 1867, la progression a été seulement de 100 : 101,6 dans les villes, de 100 : 108 dans les campagnes et de 109,7 dans la Seine; pour les illégitimes, au contraire, l'accroissement (toujours 1853 à 1867) a été le moindre dans les campagnes (100: 1 I0,75j, plus grand dans les villes (100 : I 15,8), et encore plus piononcé dans la Seine (100 : 120).

Enfin, point important, si on recherche à quelle péiiode a eu lieu, pour les illégitimes, le maximum de cet accroissement des déclarés sans vie, on trouve que c'est dans la période de 1853-57, époque où a triomphé le système de suppression des tours.

55. Fréquence relative des mort-nés et des décès du premier mois d'âye, et mortinatalité comparée à la mortalité du premier mois de la vie. Nous avons vu combien les mort-nés sont, le plus souvent, inipaiidilement déterminés,

* L'année 1871, si troublée, n'a pu être relevée d'une manière complète, (lui permelte de la comparer aux précédentes.

soit on France, en Px'Ipiqae, où un ccrlain noml)re de nés vivants sont indûment inscrits aux niorl-ncs ; soit, an conliiiiie, comme dans le giand-duclié de IVide, oîi l'on s'efibrce, par dévotion {voy. p. 5), de | rendre de vrais mo:t-nés comme ayant vie an moment dn biplème. C'est ponrqnoi nous avons pinsé qn'il y aurait intérêt à mettre en relation les mort-nés (ou déclarés comme tels) et les décédés dn premier mois de vie. C'est ce que nous avons fait pour les colonnes [1], [2], [5] et [10], [11], [I'2]du Vlnableau ci-conire. Mais nous allons montrer que riutelligence et la saine mterprétation des trois dernières colonnes concernant la mortinatalité comparée exigeaient cpae nous missions en même tenips sous les yeux et la mortalité du premier mois de la vie et la mortinatalité des pays et des groupes considéi'és. D'ailleurs, cts données, notamment en ce qui conceine la France, ne feront pas double enqiloi avec les valeurs du même ordre de nos autres tableaux, parce qu'elles se rapportent à des périodes ou à des groupes différenis; edcs les complèteuL au contraiic.

Par l'étude de ce VI* laLdeau, on peut d'aboid constater (jue, la mortalité du premier mois (0,0725) étant piise pour 100, la mortinatalité (OjOiôo) devient pres([ne 60 (59,8) pour la France en général, mais seulement 34 pour les illégitimes des campagnes, ce qui résidie de l'exlrèmc aggravation de la morialilé drs illégitimes ruraux {voy. art. Mortalité, p. 745 et 751-56), qni se fait plus sentir relativement sur le^^ nés vivants ipic sur les mort-nés, tandis ([ue, par des raisons inverses, la mortalité moindre des légitimes des villes grossit d'anlant (84) la mortinatalité relative des citadins. L'élude comparée des sexes n'est pas moins significative. En elfet, on voit ({u'en France, alors (|u'il y a 10l( décès de 0 à 1 mois, on compte 62 à 65 mort-nés poin- les deux sexes, 66 jiour les garçons, presque 58 pour les filles [col. 1, 2, 5], ou mieux, que la mortalité du premier mois étant, en cbaipic ^exe, prise pour iOO, la morlinatalité des garçons devient 62 à 63, et celle des fdles de 55 à 56, ce qui résulte de ce que les différences tenant au soxe aggravent plus la mortinatalité ([ue la mortalité extra-utérine. On remarquera, en eiïet, qu'en France, il en est ainsi pour cliaque groupe, sauf peut-être pour les illégitimes des villes, où les deux sexes approcbent de l'égalité, ce qui lésulte de ce que nous avons constaté page 19, touchant la mortinatalité illégitime qui pèse tout particulièrement sur les fdles.

Enfin, par un coup d'oeil d'cnsL'mble, constatons encore (|ue les relations de la mortinatalité avec la mortalité du premier mois, chez les diverses nations, ne sont pas très-éloignées ; que partout la mortinatalité est moindre que la mortalité du premier mois de vie et telle que la mortalité de ce premier mois étant 100, la mortalité oscille, en général (pour l'ensemble des nations), entre 60 et 76; qu'en dehors de ces nombres, deux exticmes sont représentés :

Uiin, par le grand-duché de Bade, qui n'aurait une morlinatalité relative que de 7)3,7; mais, (n comparant l:i mortalité du premier mois dévie et sa mortinatalité à celle des autres nations, on s'aperçoit bien vite que sa mortalité du premier mois est très-exagérée, tandis que sa mortinatalité est très-mince. C'est la double conséquence fort légitime du zèle pieux qrn pousse ;\ considéror comme encore vivants un ccrlain nombre de vrais mort-nés, afin de les pouvoir baptiser, palper le casuel et inscrire un chrétien de plus ; de là, diminution faclice des mort nés, et accrois-cnifut factice des décès du premier mois;

L'autre extrême par la Belgique, dont li mortinatalité relative (au moins pour ses d''c]ai'és sans vie) s'élève à près de 85, et déj)asse do beaucoup le chiffre de la France (60), dont les valeurs s'appli(iuent éga ement aux déclarés sans

iC tO iO OB -rr !■- CO -ri lO to lO

i^ co -* o ^-0 iO ce i^

:ra —

JO

co o

lO

-* ira o

■,ra

i- c£) ira

ara

;ra

:ra

-^ lO

•^ oo

ira

ira -^ io

co

GO i-^ ira r-

i^ Ci tra o (î-i i^ T- o CD C5

CD r^ Cî :■* oo f?i 00 aO l' CD -^ <^

CD

CD .^ l- I~ CD CD CD l"^ CD l^ CO V-

j: ■^ CD i^ CO o ira ira 00 i-^

« c 9» e le »

I* ;£ « I* se x ss

r: « •• e Si

tfî

« Ci •♦

et

ij

ar

it

Es.

rt «

se

« if

» rt M » ^ ift « !» « e M N ift "•**

M <■ *' •» â é 1» ■ es" « e ©"

« Il M

« >4 ifl rt

« « «* « et t»

>fS

i4 « rt ©

rt ï» •• r5 M «

2 Lî ft s • i I» »S «f l9

« rt >«

1* « © L* "Il ©

kl! iZ> «i

w" •* rt

: te ^ « I»

e> lit t»

» » ss" i> © i«

"» « « E - Lis ^' « 19 I» 19 ,:^ I» ^

o ^ tJ E o S U

■^ ira C^ ÏO -Tl ^ -t C75 .^

ira ^t ira c/o (5-1 GO *«t — < (y^

i— ira oo co CD ira co ira

to

ira

co

i^ ara 00

co

tra

ara

co 1- co

co ara «ra 00 1^

tN

ira —

5 CD -* ira 51

05 — ira

ira ers CD

ira i^ o

ara

an

CD

co ira t~

— 05 Cj

3 CD 00 o - «s i^ ara i^ i'

^ ara i^

co

ira

ira

co 1- co

CO CD l^

ts<

Iv -^

an ara ara

co

CO ara

-, ira

oc --

& ira

oc l- l-

o ara

ao OS 00

•= .'5 E ." te a>

te 3 S

■S Si

Page 1