MYRTE
parties génitales après les accouchements laborieux (Ferrein, Matière médicale).
J'ai employé, avec un remarquable succès, la poudre de feuilles de myrte contre les granulations et les ulcérations du col utérin; je répands cette poudre sur un tampon de ouate imbibé de glycérine, et maintenu ensuite eu contact avec le col pendant toute une journée; après avoir retiré le tampon, la femme s'administre le jour suivant plusieurs injections d'infusion de myrte; le lendemain le pansement à la ouate glycérinée et saupoudrée de myrte est renouvelé, et ainsi de suite jusqu'à la guérison qui, en général, ne se fait pas longtemps attendre.
L'action cicatrisante que je voyais se produire sur les ulcérations utérines devait vraisemblablement se manifester sur les plaies extérieures ; et c'est ce dont l'expérience m'a convaincu dans plusieurs circonstances. Les plaies récentes, superficielles, couvertes de poudre de myrte, se dessèchent et se cicalrisent ordinairement avec une grande rapidité. Les plaies qui suppurent depuis quelque temps et surtout les vieux ulcères y mettent plus de lenteur ; ces derniers peuvent même résistera ce moyen comme à d'autres; mais c'est un moyen utile en tous cas, et par conséquent à mettre au nombre des modificateurs avantnifeux des solutions de continuité de la peau, et, par extension, des dermatoses humides, notamment de l'eczéma et de l'intertrigo. Pour les plaies récentes, les briilures superficiLlles, les érosions herpétiques suintantes, je me borne à saupoudrer avec la poudre de feuilles de myrte, recouvrant ensuite avec de la ouate; j'ajoute ordinairement par-dessus cette poudre de la ouate ou de la charpie imbibées de glycérine pour les plaies qui suppurent depuis quelque temps ; on pourrait aussi essayer un glycéré de myrte dans ces derniers cas.
L'infusion de myrle, baies ou feuilles, peut servir pour lotions sur les plaies, pour injections sous les décollements, dans les clapiers, dans les foyers purulents, dans les trajets fistuleux. Agissant comme tonique astringent sur les parties molles, elle favorise les adhésions, diminue la suppuration, en atténue sensiblement la fétidité, excite le bourgeonnement préalable à la cicatrisation.
La teinture additionnée d'essence de myrte agirait encore mieux sur la fermentation putride du pus et sur les conséquences de cette grave complication des plaies. J'ai eu recours à ces moyens avec succès en diverses circonstances; je citerai notaumrent un phlegmon dilfus du pied, très-grave, survenu chez une femme d'une cinquantaine d'années, qui, après avoir nécessité plusieurs incisions profondes, guérit rapidement sous l'influence d'injections répétées d'infusion de myrte et de pansement des plaies avec la poudre des feuilles. Je suis persuadé que la thérapeutique chirurgicale retirerait un grand profit de l'emploi des préparations de myrte, et je ne saurais trop les recommander aux chirurgiens.
Les infusions de myrte, — avec les baies, les feuilles ou l'écorce, — peuvent être utilisées : en injections, contre l'uréthrite chez l'homme et la vaginite chez la femme; en lavements, contre la diarrhée, la dysenteiie; en collyres, contre les ophthalmies ; en gargarismes ou collutoires, contre les stomatites, les angines, la procidence de la luette. Geoffroy estimait la décoction et l'eau distillée des feuilles et des fleurs comme spécialement propres à fortifier les gencives. En un mot, le myrte se prête à toutes les applications dont sont susceptibles les astringents végétaux, parmi lesquels il est l'un des mieux dotés en tannin.
L'essence de myrte possède, comme la plupart des composés analogues, la propriété antalgique, et la communique aux diverses préparations de cette plante. Ainsi, l'infusion de feuilles, en injections vaginales, calme souvent les dou-
MYXOGASTRES. 541
leurs qui coïncident avec la leucorrhée; en lavements, elle calme le ténesme chez les dysentériques et les hémorrhoïdaires. Toutefois, l'essence de myrte a moins d'influence sur la sensibilité et conséquemment sur la douleur que celles des labiées, et il ne faudrait pas trop y compter dans le traitement des névralgies et des rhumatismes aigus. Son action stimulante est en revanclie plus marquée; aussi peut-elle être utilisée en frictions contre les rhumatismes chroniques ayant amené de l'engourdissement et de l'atonie musculaires, ainsi que contre certaines paralysies. Enfin sa propriété anticatarrhale s'exerce de préférence sur les muqueuses de l'appareil génito-urinaire. Deliocx de Savigkac.
MYRTIFOBME (Muscle). Piiinol radié. Muscle de la face, qui naît du maxillaire supérieur, au niveau des incisives et de la canine, au-dessous des insertions du transverse du nez, suivant une légère courbe à concavité supérieure. De là ses fibres se rendent à la sous-cloison des narines et à l'extrémité postérieure de l'aile du nez. Quebiues anatomistes font rentrer le muscle myrtiforme dans les insertions incisives de l'orbiculaire des lèvres, et le regardent en conséquence comme une dépendcUice de ce muscle.
Le myrtiforme en se contractant abaisse l'aile du nez, en même temps qu'il la porte en arrière. L'aile du nez s'aplatit, ce qui donne à la voix le timbre nasillard (muscle nasillard de Duchenne) : ce muscle est antagoniste du transverse ou pinnal supérieur. 11 passe pour donner l'expression à la douleur et aux passions tristes. D.
HYRTIFORUE (CaR0i>XUL11:). VoîJ. YaGLX.
ni'RTiLLE. Nom donné à une espèce d'Airelle {VacciniummyrlillusL.) {voy. Airelle). Pl.
MI'TILIDÉS. Famille des Mollusques bivalves de la classe des Lamellibranches ou Conchyfères dont le principal genre est celui des Moules (Mijtilus) ; ses espèces sont afimentaires; plusieurs sont hthophages, par exemple les modioles. Les Dreissènes les représentent dans les eaux douces. Une de leurs espèces, le Dreissena polijmorpha, originaire des rivières de la région aralo-caspienne, a été transportée par la navigation dans plusieurs parties de l'Europe, l'Allemagne, la Belgique, la France et l'Angleterre. On l'observe souvent dans les canaux servant à la conduite des eaux potables; les eaux du canal de l'Ourcq, à Paris, en fournissent assez abondamment. P. Gerv.
MTXIXE {Myxine). Poissons de la famille des lamproies qui habitent les eaux salées. Ils ont le corps cyUndrique et leur bouche, en forme de ventouse, est armée de dents dont une supérieure et les autres latérales . Celles-ci rappellent jusqu'à un certain point par leur forme les mâchoires de certaines espèces d'annélides, et Linné trompé par l'apparence avait placé les myxines dans la classe des vers auprès des annélides. Ces poissons répandent une abondante mucosité, ce qui leur a valu le nom générique sous lequel on les désigne; ils se partagent en Gastrobranches {Gastrobranchiis Bloch) et en Heptatrèmcs {Heptatrema Duméril). J. Mùller a fait une étude anatomique spéciale des myxinoïdes et a publié à cet égard un travail qui occupe un rang élevé dans la science.
P. Gep,v.
MYXOGAISTRES. Voy. MYXOMYCÈTES.
542 iAIYXOME.
MTXOME (de pTJ;«, mucosité). Depuis les recherches de Virchow sur le tissu muqueux et la structure du cordon ombilical, on désigne sous le nom de myxomes des tumeurs caractérisées par la présence d'un tissu analogue à celui de la gelée de Wharton comme tissu fondamental ou prédominant.
Un certain nombre des tumeurs décrites sous le titre de cancers ou tumeurs calloïdes, gélatiniformes, cancers colloïdes (par Bayle, Laënnec), collonéma (par Muller), dégénérescences aréolaires et gélatiniformes (par Cruveilhier), doivent être considérées comme des myxomes. Cette dénomination a été admise par Foerster, Rindfleisch, Cornil et Ranvier, Lûcke, qui leur ont consacré des chapitres particuliers ; et des observations assez nombreuses de myxomes développés dans divers organes permettent une étude générale de ces tumeurs. Les^ caractères communs à ces tumeurs sont ceux du tissu muqueux à diverses phases de développement ; quel qu'en soit le siège ou le volume elles présentent une consistance de gelée, la palpation fait percevoir des signes variables suivant les tissus qui recouvrent ces tumeurs ; tantôt on y reconnaît une sensation de fluctuation difficile à distinguer de la lluctuation véritable, et qui rappelle celle des lipomes, ou dans d'autres cas, une sorte de résistance comparable à celle des kystes; lorsqu'on pratique une incision il s'écoule une assez grande quantité d'un liquide filant, gluant, plus ou moins mêlé de sang, d'aspect de gelée de groseilles ou de gélatine ; la compression et le raclage avec le scapel amènent une plus grande quantité de ce liquide, mais la coloration, la quantité du suc, ainsi que la résistance à la section, varient suivant qu'il y a une trame plus ou moins dense, ainsi qu'on l'observe dans les diverses variétés de mpome, et aussi suivant les modifications dont ces tumeurs peuvent être le siège. A l'examen liistologique on trouve un tissu muqueux analogue à celui du cordon ombilical, par conséquent, il y a dans les myxomes à considérer des éléments cellulaires et une substance intermédiaire conjonctive ; les éléments cellulaires présentent les caractères assignés aux corpuscules de tissu conjonctif, c'est-à-dire, ce sont des cellules embryonnaires, des cellules plasmatiques, des cellules étoilées et anastomosées, ou en d'autres termes correspondants, des noyaux et cellules embryoplastiques, des corps fibroplastiques. La substance unissante est l'analogue de la gelée de Wharton ; elle est composée d'une substance amorphe ou légèrement fibrillaire qui est infiltrée de mucus, comme dans le tissu muqueux. A l'examen histochimique on trouve dans cette substance, comme dans le suc qu'on en fait écouler, une grande quantité de mucine. On distingue la mucine par ses réactions histochimiques, elle précipite par l'alcool comme l'albumine , mais le précipité se redissout dans l'eau. Le précipité examiné au microscope est comme filiforme, membraneux, rappelant le précipité de mucus nasal par l'eau ; la mucine est coagulée par les acides organiques, l'acide acétique faible, par exemple, et le précipité membraneux, ainsi produit ne se dissout pas dans un excès d'acide. Tels sont les caractères que Viichow considère comme suffisants et qui dilfèrent de ceux de la substance colloïde {voy. Colloïde). Quelquefois on trouve de la chondrine, une substance analogue au tissu des tendons, c'est principalement lorsque la substance fondamentale a la forme d'une fine membrane légèrement fibrillaire, c'està-dire lorsque le tissu muqueux arrive à une organisation plus complète et renferme du tissu cellulaire ou lamineux en plus ou moins grande quantité.
Les variétés de . myxomes sont assez nombreuses et sont caractérisées, soit par des différences dans la texture, soit par des modifications secondaires, ou enfin par la coexistence d'autres tissus dans la tumeur, d'où la division en myxomes
MYXOME. 343
vrais et myxomes mixtes. Les M. vrais sont dits hyalins lorsqu'ils présentent au plus haut degré l'aspect du corps vitré en voie de développement, comme on l'observe dans les myxomes musculaires ou certains polypes du nez et du larynx, dans les parties les plus molles des tumeurs muqueuses; le M. est dit médullaire lorsque les éléments cellulaires sont plus abondants, que les cellules iusiformes étoilées prédominent en certains points, d'où une consistance un peu moins molle, un aspect moins transparent, par exemple, dans nombre de polypes muqueux, dans certains gliomes ou myxomes des nerfs, dans les myxomes glandulaires.
Des modifications peuvent survenir pendant le développement des M. et leur donner un aspect particulier. C'est ainsi que les M. purs peuvent présenter un développement vasculaire plus ou moins prononcé ; en général, ce sont des capillaires qui se développent dans le tissu muqueux et restent à l'étal de développement incomplet, ou bien présentent des dilatations ampullaires, il se produit souvent des déchirures, et par suite des hémorrhagies et des extravasations interstitielles, des caillots offrant toutes les transformations observées dans les tumeurs. On désignera alors ces productions sous le nom de myxome telangiectalique ou myxome hémorrhagique. Une altération assez commune consiste dans la production exagérée de la substance muqueuse, les cellules elles-mêmes sont le siège d'un dépôt de liquide contenant de la mucine, elles sont en quelque sorte devenues myxomateuses, le protaplasma est remplacé par de la matière d'aspect colloïde ou muqueux, elles sont distendues, le noyau est refoulé et atrophié, il y a ainsi destruction ou transformation des éléments nouvellement formés, d'où il résulte des cavités plus ou moins larges remplies de substance muqueuse ; autour d'elles, les fibres lamineuses ou le faible tissu cellulaire arrivé à un degré de développement plus prononcé forment des enveloppes ou travées prenant l'aspect de kystes, d'où le nom de M. kystique. On en trouve des exemples surtout dans les M. des glandes et dans les M. du placenta; les tumeurs prennent l'aspect de kystes contenant des sortes de grains de raisin, de grappes qui les ont fait désigner sous le nom de kystes hydatiformes. Parmi les formes Tiiixtes de M. celles qui ont été désignées sous le nom de M. fibreux, M. cartilagineux, M. avec fibres élastiques, myxosarcomes, sont tout simplement des tumeurs muqueuses dans lesquelles on a trouvé du tissu cartilagineux, fibreux, élastique, ou les éléments de ce tissu en voie d'organisation; ces dénominations ne devraient pas être conservées parce qu'elles ne correspondent pas à des caractères de texture ou de structure suffisamment définis, la plupart des tumeurs décrites sous ces noms sont des myxomes dans lesquels les autres tissus sont tout à fait accessoires ou bien des tumeurs ayant en quelques endroits subi des dégénérescences diverses parmi lesquelles la dégénérescence muqueuse ou myxomateuse ou colloïde.
Il n'en est pas de même de la variété désignée sous le nom de myxome lipotameux , mais à laquelle l'expression de lipome myxomateux conviendrait tout aussi bien. « Dans ces tumeurs le tissu cellulo-adipeux est en quantité égale, moindre ou même supérieure au tissu muqueux. Virchow et après lui d'autres auteurs, Robin, Cornil et Ranvier, ont signalé l'analogie très-remarquable du tissu cellulo-adipeux et du tissu muqueux , mais ainsi que le fait remarquer Lùcke, il y a dans le myxome lipomateux des caractères qui peuvent le faire différencier du lipome, parce qu'on y trouve des cellules en voie de iormation, que les cellules fusiformes ou étoilées, envahies par la graisse, sont moins
344 MYXOME.
grosses que les mêmes éléments dans le tissu cellulo-adipeux et surtout dans le lipome vrai; enfin le liquide, extrait par la coupe de la tumeur, diffère notablement du suc des myxomes. On a décrit, sous le nom de myxo-adénome, des tumeurs de l'ovaire caractérisées par la production d'une grande quantité de kystes gélatiniformes avec contenu muqueux. Cette dénomination ne devrait pas être conservée, parce que dans ces cas il s'agit de tumeurs kystiques de l'ovaire ou adénomes dont le contenu est devenu analogue à du mucus. On ne doit pas confondre ces tumeurs avec les myxomes observés dans les glandes comme le sein, la parotide. Le siège des M. est très-variable, et les tumeurs présentent, suivant l'organe affecté, des caractères particuliers que nous ne pouvons que résumer brièvement. Le placenta peut être le siège de dégénérescence muqueuse, les villosités choriales transformées en myxomes kystiques constituent l'altération désignée souvent sous le nom de môle bydatique. Viicl)Ow, dans sa quinzième leçon sur les tumeurs, a donné un historique complet de cette altération du placenta déjà bien étudiée par Cruveilhier.
Chez le fœtus et à la naissance on observe assez souvent des myxomes de la région ombilicale, et surtout dans le trajet du cordon ombilical où ils sont ordinairement petits, mais peuvent acquérir, suivant Cornil et Ranvier, le volume d'un œuf {Manuel d'histologie pathologique, p. 149). Lorsque le M. siège sur la cicatrice ombilicale, il devient nécessaire d'en faire l'ablation, dans trois cas de ce genre Weber a retrouvé dans le tissu enlevé les caractères de la gelée de Wharton {Chirurgische Erfahrungen, p. 588). Le siège de prédilection du piyxome paraît être dans le tissu cellulaire sous-cutané, comme le lipome, et c'est principalement dans les parties les plus riches en graisse qu'on observe plus souvent le myxome lipomateux, par exemple, à la cuisse, au dos, à la nuque, aux grandes lèvres, aux joues, l'angle de la mâchoire, l'avant-bras, l'orbite, tels sont les c;is de Fœrster Kœberlé, Beck, Weber, Gluge, Paget, Verneuil, Wilms, Behrend, Adams, Walton, Schuh, Delore, Frerichs, qui sont rapportés par Virchow, à côté de faits qu'il^a étudiés personnellement.
Les tissus plus profondément situés peuvent être envahis par la dégénérescence muqueuse, dans ces cas c'est le tissu cellulaire profond qui parait être le point de départ ; c'est ainsi que les M. ont été observés dans les muscles, où ils dissocient les faisceaux, amenant l'atrophie des fibres musculaires et produisant dans celles-ci l'apparition de noyaux et de cellules de formes variées, qui pourraient être confondues avec des fibres musculaires en voie de développement. Dans les os, pn a décrit des tumeurs gélatiniformes, dont une partie, suivant Virchovv, doit être considérée comme appartenant aux myxomes ou aux formes mixtes ; mais il est difficile de se prononcer avec netteté sur la nature même de ces tumeurs, qui peuvent aussi bien se rapporter à des tumeurs mycloïdes ou à des enchondrômes ; il faudrait aussi se garder de considérer comme une dégénérescence muqueuse l'aspect gélatiniforme grisâtre que présente la moelle dans certaines cachexies, ou dans les os soumis à un repos prolongé comme dans les affections articulaires. Suivant Yirchow, dont nous reproduisons la description parce qu'il s'agit ici de faits difficiles à observer, et qui sont très-discutables : «•Le myxome pur des os est une tumeur molle facile à écraser, qui procède ordinairement de la substance interne et produit à mesure qu'elle grandit des saillies de l'os qui ont encore au début une enveloppe dure, mais perdent celle-ci plus tard et s'accroissent alors sous forme de masses molles. » « Ça et là se trouvent encore dans l'intérieur des nodosités composées pour la plupart de plusieurs lobes,
MYXOME. 545
quelques restes du tissu antérieur sous forme de trabécules de réseaux, etc. L'aspect de la tumeur est de coloration gris clair, blanchâtre ou jaune pâle, comme la chair des huîtres on le disque gélatineux des méduses ; les vaisseaux qui s'y trouvent en quantité très-variable et donnent, suivant les circonstances, à la tumeur une coloration rose clair ou rouge foncée. Le point de départ ordinaire semble en être la moelle qui consiste si souvent en tissu muqueux » {Pathol. des Tumeurs, t. 1., p. 421). Cornil et Ranvier ont vu le myxome sous forme de tumeurs globuleuses nettement limitées, principalement sous le périoste, ils ne l'ont jamais vu infiltrer le tissu 0Sseu:v, mais il détermine à son [niveau une atrophie du tissu osseux {Manuel cïhistologie pathologique, p. 576). iSous n'avons pas besoin d'insister sur la ressemblance qui existe entre ces myxomes et les enchondrômes mous, mais on ne saurait considérer comme myxomes des os que les tumeurs ne contenant pas du tout de cartilage à diverses phases de développement ou de transformation. Cette réllexioa peut concerner les myxomes glandulaires de la parotide ou des glandes salivaires.
Les myxomes des glandes ont été observés principalement dans la parotide (Billrolh, Weber) , dans les glandes salivaires (Billroth, Virchoxvs Archiv, t. XVII, p. 564), dans le testicule (Lebert, Atl. d'anat. path., pi. iA9) ; mais il y aurait lieu de discuter la nature réelle des tumeurs décrites sous ce nom, ou considérées comme telles. Il n'en est pas de même des M. du sein, qui paraît être la glande de prédilection pour ces tumeurs. Sans parler des nombreux cas de cystosarcomes, de tumeurs colloïdes hydatiformes de la mamelle, adénomes cystiques dont on trouve des exemples dans Warren, Cooper, Velpeau, Birkett, Mùller, Billroth, etc. ; il existe des observations récentes de myxomes de la mamelle. A l'article Mamelle (t. IV, 2^ série, p. 399), M. Tripier a cité un cas de ce genre observé par lui, et rappelé la description q\ie Virchow a donnée du mode de formation de ces tumeurs; deux cas de myxome de la mamelle ont été publiés dans le Traité des tumeurs bénignes du sein, de xMM. Labbé et Coyne, p. 519-550, sous le titre de myxome eudocanaliculaire, et myxome pericanaliculaire.
Les myxomes des nerfs ont été observés sur les nerfs périphériques, ils sont simples ou multiples, peuvent atteindre un volume relativement considérable, comme dans les cas rapportés par Hueter [Langenhecli s Archiv, Bd. Vil, p. 827). On en a trouvé sur le nerf optique, sur le cubital (Lïicke), sur le sciatiqiie (0. Weber), dans les nerfs de l'avant-bras (Blasius et B. Volkmaun), dans le nerf crural (Virchow). Dans le cerveau, des M. ont été décrits sous le nom de collonéma par Mûller; sur la dure-mère rachidienne ou crânienne, Virchow a constaté des tumeurs myxomateuses secondaires ta un lipome myxomateux.
Les séreuses peuvent être atteintes de myxome, soit que la dégénérescence existe dans les appendices graisseux du péritoine ou du mésentère (Goriùl et Banvier), ou à la surface extérieure du péritoine (Virchow). La muqueuse nasale est le siège de polypes qui ont été décrits quelquefois comme myxomes (Cornil et Ranvier), un assez grand nombre de polypes du larynx ont présenté les caractères du myxome (Fauvel, Traité pratique des maladies du larynx).
La marche de ces tumeurs varie suivant le siège, et suivant certaines circonstances extérieures, leur accroissement est généralement lent, lorsque le tissu adipeux et le tissu fibreux y sont mélangés en assez grande quantité comme à la peau, les tumeurs ont une certaine tendance à s'arrondir, à former des lobules comme les lipomes lorsque leur développement n'est pas gêné comme aux mem-
546 MYXOME.
bres; à la poitrine ils tendent à s'aplatir et à s'élargir; dans les régions où des frottements sont rapides et multipliés, à l'aine, aux grandes lèvres, par exemple, ils se pédiculisent; de même dans les cavités, ils tendent à prendre la forn^e de polypes ; au sein des glandes les myxomes envahissent les canaux excréteurs, se développent en bourgeonnant à leur intérieur. Ils peuvent être le siège d'ulcération lorsque la peau qui les recouvre est distendue, amincie, est soumise à une irritation un peu forte, et alors le tissu muqueux se développe en forme de masses fongueuses, de grosses papilles. Les M. se gangrènent, soit quand ils sont ulcérés, ou par torsion de pédicule, ou enfin lorsqu'un traumatisme a déterminé à leur intérieur un épanchement sanguin ou une attrition déterminant de l'inflammation.
Lorsque les M. ont été enlevés, ils guérissent fort souvent, cependant la récidive locale est très-fréquente lorsque la région ne permet pas une ablation complète; en effet, ordinairement bénignes pour la mamelle, c'est-à-dire ne récidivant pas après l'ablation, les myxomes se reproduisent facilement lorsqu'ils siègent dans les muscles, dans la parotide, et dans les nerfs. Enfin, ils peuvent se comporter comme des tumeurs malignes , c'est-à-dire qu'il peut, comme le dit Yirchow, exister une multiplicité locale comme dans les myxomes des nerfs et des os, et en plus, une généralisation, ou mieux, une apparition multiple en divers tissus et en diverses parties.
Les observations de généralisation des myxomes dont on doit tenir compte ne sont pas nombreuses et nous pouvons les résumer dans un court espace. Le premier exemple paraît être celui de Blasius et Volkmanu qui ont rapporté l'histoire des récidives d'un myxome des nerfs de l'avant-bras (Yirchow, Traité des tumeurs, t. I, p. 430). Yirchow avait vu un myxome lipomateux du nerf crural, et tumeurs semblables de la dure-mère cérébrale et spinale. G. Simon, dans un cas de myxome, enlevé sur la grande lèvre d'une fille de 18 ans, a vu des tumeurs secondaires dans le foie, à la clavicule, au sternum, dans les ganglions lombaires {Monatsschrift f. Geburtskiinde, 1859, t.. XIII, p. 68). Yirchow a vu plus récemment un myxome du genou accompagné de tumeurs analogues dans les poumons et dans le sternum [Virchow's Archiv, t. XXXll, p. 345). AYaldeyer a vu un lipomyxosarcome du mésentère récidivé dans le foie et les poumons {Virch.Arch., t. XXXII, p. 543). Gernet a observé des dépôts secondaires myxolipomateux dans les ganglions lymphatiques et dans le cœur [Yirchow s Archiv, XLl, 534). Enfin Liicke rapporte l'observation Irès-complète dun myxome lipomateux de la cuisse qui a récidivé dans les poumons, la plèvre, les muscles de l'avant-bras droit et la face postérieure du sternum [Handb. der allg. Chirurg., p. 176).
Lorsqu'on envisage l'ensemble des caractères histologiques, étiologiques et pathogéniques des myxomes, on est tout d'abord frappé de cette diiférence dans la bénignité et la malignité des tumeurs décrites sous ce nom, et si l'on essaye de foi'mer des groupes suivant le siège ou la composition de ces productions morbides, on n'arrive pas à des résultats bien précis. C'est que le tissu muqueux manque à l'état normal dans la plupart des organes oîi l'on a trouvé les myxomes. Dans le cordon ombilical, à la région ombilicale, on peut considérer la tumeur comme une simple hyperplasie ; mais pour la peau, les glandes, les nerfs, les os, on ne saurait voir une simple hypergenèse du tissu muqueux, on est oblige d'admettre des rapports qui ne sont pas encore bien définis entre les tissus adipeux, le tissu conjonctif de la moelle des os, des centres nerveux avec le tissu
MYXOME. 547
miiqueux, pour considérer le tissu muqueux comme une simple transformation non hétérotopique. Cependant, d'une part, c'est précisément pour les myxomes lipomateux qu'on a observé la multiplicité et même la généralisation du myxome alors que le tissu adipeux est celui qui se rapproche le plus du tissu muqueux, suivant Yirchow et ses élèves ; d'autre part, dans des cas où l'on a trouvé du tissu muqueux sous la forme la plus embryonnaire, avec nombreux éléments jeunes, et par conséquent alors qu'on pouvait croire à la malignité, les tumeurs n'ont pas récidivé, pour la mamelle par exemple. L'échelle de bénignité et de mahgnité, suivant laquelle ou pourrait classer les myxomes, présenterait aux degrés les plus bas les myxomes du sein, des muqueuses, des séreuses, et à ses degrés plus élevés les myxomes des nerfs et les myxomes lipomateux. Il faut, quant à présent, se borner à constater ces faits, et leur apparence paradoxale changera probablement lorsqu'on aura étudié plus complètement le tissu muqueux, lorsqu'on saura distinguer très-nettement entre elles les diverses phases de développement du tissu élastique, du tissu cartilagineux, du tissu des glandes lymphatiques, en même temps qu'on aura soin de différencier le myxome des tumeurs épitliéliales ou autres dans lesquelles la dégénérescence muqueuse ou colloïde ou gélatiniforme envahit certains éléments , mais ne constitue pas la base de la néoformation.
Le diagnostic anatomique présente d'assez grandes difficultés, et l'on ne saurait utiliser pour l'étude de ces tumeurs les observations dans lesquelles il n'est pas donné de description exacte du tissu muqueux et de la texture des diverses parties. Il importe qu'on étabhsse bien le siège de la dégénérescence muqueuse entre les éléments figurés, et si elle existe dans ces éléments, il faut déterminer avec soin s'ils n'appartiennent pas aux tissus épilhéUaux ou au tissu cartilagineux, ou au tissu élastique, enfin il sera indispensable de noter la quantité relative de tissus fibreux ou cellulo-adipeux ; ces descriptions seront nécessaires pour compléter l'histoire clinique des myxomes. Le diagnostic clinique est naturellement plus incertain encore, il ne comporte comme base que la consistance de la tumeur, et ce seul symptôme est difficile à distinguer de la sensation de mollesse de certaines tumeurs kystiques, des lipomes, et enfin de toutes les tumeurs à contenu plus ou moins gélatiniforme colloïde et muqueux ; malgré un examen approfondi des caractères chniques d'une tumeur il ne peut y avoir certitude, car nous ne connaissons pas de signes permettant de différencier à la palpatiou et à l'inspection simple les myxomes des nerfs et les névromes, les myxomes des glandes d'avec certains épithéhômes et même d'avec des enchondrômes, et en général les myxomes kystiques d'avec les tumeurs kystiques composées : on ne peut donc seulement qu'exprimer des présomptions ; cependant, loi'squ'il s'agit dune récidive ou d'un rayxolipome pédicule, ou si l'ulcération permet l'examen de parcelles de tissu, le diagnostic est possible. Une ponction exploratrice peut faire reconnaître l'existence du tissu muqueux lorsque la matière muqueuse est très-abondante ; mais ce procédé n'est pas exempt de causes d'erreurs, lorsqu'on n'extrait que des parties fluides.
Nous n'avons pas à insister ici sur les symptômes particuhers aux myxomes suivant le siège qu'ils occupent, car ils sont essentiellement variables et doivent être étudiés pour chaque organe.
Les indications thérapeutiques qui résultent de l'étude des myxomes sont très-simples dans leur ensemble, il faut opérer ces tumeurs avant qu'elles n'atteignent un grand volume, avant qu'elles ne se multiplient, et les enlever entière-
548 MYXOMICÈTES.
ment ; lorsqu'elles siègent à la peau ou sur des glandes, il est préférable d'opérer le plus tôt possible ; mais il esl des difficultés fort grandes pour certains organes ou régions, ainsi à la parotide, dans les muscles, dans les os, dans les nerfs, les indications deviennent alors toutes particulières au cas observé et ne comprennent pas de règles spécialement applicables aux myxomes. A. Hésocque.
Bibliographie. — Sur le myxome en général. — Cboveilhier. Dégénérations aréo'taires et gélalini formes. In Traité d'anatomie pathologique, t. V. — Virchow. Pathologie des tumeurs, t. 1=', 15" leçon. Trad. Aronssohn. — Couxil et Ranvier. Manuel d'histologie pathol., p. 144. — LiicKE. Handbuch der allg. und speciellen Chirurgie von Pitha et Billroth, Bd. lî, Abth. 1, p. 17'2. Observations et travaux particuliers, à ajouter aux citations contenues dans l'article. — Weder (C.-O.). Chirurgische Erfahrungen. — Fœrster. Yirch. Archiv, t. XII, p. 202. — Beck. Klin. Beitrâge zur Histologie und Thérapie der Pscudoplasmen. Freib., 1857, p. 14. — Sesftlebex il.). Virchow's Arch.. t. XV, p. 559. — Billroth. Yirch. Archiv, t. XII, p. 57, et t. XYll, p. 564. — Verseoil. Bulletins de la Société anntomique, 1857. — Keumann. Yirch. Arch., t. XXIV, p. 516. — Volkwann (R.). Deutsche Klinik. p. 51, 1855, et Ueber einige vom Krebs zu trennende Geschwûlste, p. 4ï. — Erichsex. Petersburger mediz. Zeitschr., Ites Heft, t. II, Taf. 6. — Lkbeut. Physiologie pathologique, t. II. — Schch. Pscudoplasmen, 1854. — Pfeiffer. Etude anatomique et pathologique sur le collonéma. Tb. de Strasbourg, 1858. — Schsîler. Schweiz. Monatsschrift f. prakt. Medizin, l!>59. — Simon (G.). Monatsschrift f. Geburtskunde, t. XIII, p. 68, 1850. — Graefe (v.). Arch. f. Ophthalmologie, t. X, Heft 1, p. 179. — Jacobsox. Archiv fiir Ophthalmologie, t. X, Heft 2, p. 55. — IIdlke. Médical Times and Gazette, p. 79ii, 1865. — Ollier. Gazette médicale de Lyon, n" 16, 18G6. — Bezold. Yirch. Arch., t. XXXIY, p. "229. — Ritier. Yirchow's Arch., t. XXXVI, p. 501. — VYaldeïer. Yirchow's Archiv, t. XXXIl, p. 545. - Blrow. Yirchow's Archiv, t. XXXVIII, p. 565, 568. — Gernet. Yirchow's Archiv, t. XLi, p. 554. — Hcier. Langenbecks Archiv, Bd. VII, p. 827. — Velpeau. Maladies du sein. — L\bbé et Coyxe. Traité des tumeurs bénignes du sein, Paris, 1876.
Voy. les articles Lipome, Colloïde. A. H.
MYXOMYCÈTES. Champignons autrefois rangés dans les Gastéroraycètes, près des Lycoperdon , mais qui en ont été séparés depuis et ont attiré l'attention des naturalistes par les phénomènes que présentent leurs organes de végétation, appelés par Léveillé mycélium malacoïde. Ce mycélium est eu effet d'une consistaiïce molle et pulpeuse, il se compose en réalité de traînées de piotoplasraa dépourvu de membrane en\eloppante, de plus, il est doué de mouvements. Ces deux caractères ont fait hésiter certains observateurs sur la vraie nature végétale ou animale de ces êtres. Leur étude a pris dès lors une importance qui justifie suffisamment l'article sommaire que nous leur consacrons, bien qu'ils n'aient jamais été employés en médecine. On rencontre les Myxomycètes sur les plantes en voie de décomposition, sur de vieilles tiges pourries ; ils s'étendent aussi sur des tiges ou des feuilles vivantes, grâce aux mouvements amiboïdes et à la progression lente de leurs organes de végétation, appelés aujourd'hui plasmodies. Les plasmodies ne sont que le développement d'une zoospore, munie d'un cil vibratile, qui sort de l'enveloppe sporique au moment de la germination. La zoospore se meut, se subdivise, puis les diverses portions se réunissent en petites plasmodies qui se fusionnent ou s'anastomosent pour former de grandes plasmodies , mais sans qu'il se produise autour de ces corps aucune enveloppe cellulaire. Les plasmodies se présentent sous forme de petites cordes gélatineuses, blanches, grises, jaunes ou orangées, disposées en réseaux ou eu arborisations indifféremment ramifiées ; les plasmodies se rassemblent au moment de la fructification en masses plus ou moins volumineuses qui donnent naissance à des fruits dont les formes varient et qui s'associent dans les Spumaria, les Didymium ; les agrégations qui se forment ainsi deviennent parfois volumineuses, surtout chez les Aijlhcdium. Les fruits consistent en une coque à écorce mince, dans l'intérieur
MANCONE. U9
de laquelle on trouve des spores à enveloppe cellulaire, •entremêlées de longs tubes enchevêtrés formant le capillitium. La structure du fruit ressemble à celle qu'il présente chez les Lycoperdacés ; c'est d'après ce caractère qu'on les avait rangés dans les Gastéromycètes, et c'est, en réalité, ce qui en fait de véritables végétaux. Ce quia semblé exceptionnel dans le mode d'existence des plasmodies n'est pas l'unique exemple que l'on connaisse dans le règne végétal : quelques Isariés, certains Chytridinés parasites le présentent aussi, et l'on sait que les spores des Fucacées vivent quelque temps sans enveloppe ceUulaire; le mouvement des plasmodies n'a rien non plus d'anormal ; le protoplasma inclus dans les cellules des végétaux éprouve des déplacements amiboïdes qui ont été constatés chez des représentants des groupes les plus divers. On doit donc renoncer à voir dans les Myxomycètes des animaux ; il n'y a pas non plus de motif d'en faire une classe intermédiaire entre les animaux et les végétaux:. Le nombre de ces Champignons est très-considérable, il s'accroît, on peut le dire, tous les jours, à mesure qu'on les étudie mieux ; il n'existe pas encore de monographie complète de ce groupe intéressant, connu surtout depuis les travaux de MM. de Bary, Cienkowski, Rostafinski.
BiBLioGnAPHiÉ. — ^YIGA^•D. Zur Morph. und System, der galt. Trichia und Arcyria, in Pbixgs- HEI3JS Jahrb., t. III, p. 1. — Ciexkowski. Zur Entwickl. der Myxomyceten. In Pringsheims Jahrhucli, t. III, p. 525. — De Bary. Morphol. und physiol. der PUze. — Sachs. Traité de Bot., trad. par Van Tieghem. J. de S.
MYZOSTOiViES. Sortes de Crustacés inférieurs, vivant en parasites sur les Échinodtrmes du genre Comatule. P. Gerv.