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MYRTACÉES

que j'en ai le plus spécialement fait, je donnerais le nom de : Vin antigastralgique à la myrrhe :

Myrrhe de 1"' choix, pulvérisée 20 grammes.

Ecorces d'oranges amèreà 15 —

Vin de malaga 1 litre.

Laissez macérer 10 jours et liltrez.

Non-seuloment le parfum des oranges amères se mêle avec avantage avec celui de la myrrhe, mais la matière mncilagineuse de l'écorce enveloppe et corrige l'amertume de la gomme-résiue. Ce dernier effet se produit également en ajoutant la même écorce aux vins de gentiane et de quinquina.

Je prescris un verre à madère (soit deux cuillerées de ce vin), deux ou trois fois par jour, avant ou après le repas, selon le moment où les douleurs gastriques se font le plus sentir.

A ïextérieur, la myrrhe pulvérisée peut entrer dans la composition des poudres toniques, des poudres antiseptiques, désinfectantes, employées dans le pansement des plaies.

La teinture de myrrhe a été particulièrement préconisée comme topique sur les plaies entretenues par la carie et par la nécrose, et contre ces lésions osseuses elles-mêmes. Il vaudrait mieux en ce cas, sinon même dans tous, préférer l'eaude-vie à l'alcool pour la j)réparation de la teinture de myrrhe, par ce double motif que l'alcool étendu dissout mieux la myrrhe et est moins irritant pour les plaies.

L'infusion et la décoction peuvent s'employer en lotions, fomentations, injections. On peut également pour ces pratiques recourir à la teinture, au vinaigre de myrrhe, aux solutions alcalisées, dont on mélange 5 à 50 grammes avec un litre d'infusion aromatique. Deliocx de Savignac.

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MTRRHIS. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Ombellifères, et dont les caractères ont été donnés à l'article Cerfeuil woy. ce mot). Pl.

.^YRRBOlDE. Planchon a donné le nom de myrrhoïde à la partie résineuse de la myrrhe. Il y a dans la myrrhe deux résines, qui n'ont pas le même degré de solubilité dans l'alcool. La plus soluble fond entre 90 et 95 degrés.

MTRT.\cÉES. Famille de plantes Dicotylédones, présentant comme caractères : fleurs régulières, ou très-légèrement irrégulières, le plus souvent hermajibrodites. Galice tubuleux adhérent à l'ovaire, surmonté d'un limbe à 4, 5 (VI 6 divisions ; corolle formée de 4, 5 on 6 pétales libres, insérés sur un disque

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à la gorge du calice ; étamines nombreuses, le plus souvent libres, d'autres fois réunies en faisceaux par les filets nus; ovaire infère ou rarement senii-infère, parfois uniloculaire, mais le plus souvent contenant 2 à 6 loges à ovules fixés à l'axe central et pendants. Le fruit varie suivant les tribus. Quant aux graines, elles sont généralement sans albumen.

Les Myriacées sont des arbres ou des arbrisseaux, à feuilles simples, le plus souvent entières, alternes ou opposées. Elles sont ponctuées dans la plupart des genres, c'est-à-dire qu'elles contiennent des glandes oléifères transparentes : de là des propriétés aromatiques qui ont fait employer un grand nombre d'espèces en médecine, et dans les usages domestiques comme condiments ou épices. Dans les pays chauds, où elles croissent presque exclusivement, on mange habituellement les fruits de plusieurs espèces de ce groupe.

Les principales tribus sont :

1° Les Chamœlauciées, dont le fruit est uniloculaire, le plus souvent monosperme et indéhiscent. Ce sont des arbrisseaux de l'Australie, semblables aux bruyères, et qui n'ont qu'un intérêt médiocre pour le médecin ;

2° Les Leptospermées, dont le fruit sec, pluriloculaire, s'ouvre d'ordinaire de haut en bas, en déhiscence loculicide ou septicide. Ici se rangent les Melaleuca, • qui nous donnent l'huile de Cajeput ; les Metrosideros et les Leptospennum, dont les feuilles ponctuées et aromatiques peuvent être employées en thérapeutique; le genre Eucalyptus, qui a pris, surtout dans ces derniers temps, une importance considérable;

5° Les Myrtées, à fruits charnus et indéhiscents, à feuilles opposées et ponctuées, qui fournissent principalement les fruits comestibles des pays chauds, tels que les Goyaves, les Jamboses, les Jossinia ou Nèfles de l'île Maurice; ou les plantes à épices, telles que lesPniEJfTs (Pimenta) et les Girofliers;

4° Les Lécythidées à Iruits ligneux, fibreux ou charnus, indéhiscents ou s'ouvrant au sommet par un opercule; à feuilles alternes non ponctuées. Les plantes de ce groupe, qui n'ont pas les glandes oléifères des autres Myrtacées, fournissent un certain nombre d'amandes comestibles : telles sont, en particulier, les graines des Lecythis et des Bertholletia.

De Candolle. Prodromus, III, p. 207. — Endlicher. Gênera plantarum, 1223. — Lixdleî. Vegetable Kingdom., 754. — Bentham et Hookee. Gênera plantarum, I, p. 690. Pl.

MYRTE. § I. Botanique. Myrtus L. ,Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Myrtacées, à laquelle il donne son nom. Linné, et les auteurs qui l'ont suivi, avaient fait entrer dans ce groupe un nombre très-considérable d'espèces, au milieu desquelles on a de nos jours établi un certain nombre de types, devenus les centres d'autant de genres ; actuellement, on assigne aux vrais Myrtus les caractères suivants : fleurs régulières ; calice à tubesubglobuleux, à limbe quadripartite ; cinq pétales ; étamines nombreuses, libres, recourbées dans le bouton ; ovaire à deux, trois, ou très-rarement quatre loges, pluriovulées. Fruits bacciformes, couronnés par le limbe du calice, à semences albuminées contenant un embryon recourbé à cotylédons petits, à radicule deux fois plus longue que les cotylédons. Les Myrtus sont des arbrisseaux à feuilles opposées, ponctuées, dont le plus grand nombre vit dans l'Amérique tropicale, quelques-uns dans l'Australie et la Nouvelle-Zélande, un seul dans l'Europe méridionale et l'Asie occidentale.

Cette dernière espèce est la plus intéressante de toutes : c'est le Myrte

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commun [Myrtus communis L.), qui vient dans nos jardins à l'état d'arbrisseau ou de buisson, mais qui dans certaines parties de la région méditerranéenne, où il croît spontanément, devient presque un ai'hre. Les feuilles sont opposées, ])resque sessiles, petites, ovales lancéolées, entières sur les bords, aiguës au sommet, lisses, fermes, d'un vert foncé, contenant de nombreuses glandes translucides, et développant, lorsqu'on les froisse, une odeur forte et aromatique. Les fleurs, placées à l'aisselle des feuilles, sont solitaires, portées sur un pédoncule de la longueur de la feuille; elles sont de couleur blanche, et renferment de nombreuses étamines libres. Le fruit est une baie globuleuse, de la grosseur d un grain de poivre, généralemeut d'un bleu noirâtre, blanche dans la variété leucorpa, qu'on trouve dans les îles de l'Archipel, en Grèce et dans les Bcdéares. Dans cette dernière variété, les fruits sont d'une saveur très-aromatique, trèsagréable .

Le Myrte commun est le Uvpaa-Q des Grecs, qui avaient été naturellement frappés de la beauté de la plante et de ses propriétés.

Le Myrtus salutaris H. B. K., dont les fruits globuleux ont la grosseur de ceux de notre Épine noire {Prunus spinosa L.), croît sur les bords de l'Orénoque, oij, d'après Bonpland, l'écorce de ses racines e^t employée comme astringente et antihémorrhagique.

Une autre espèce américaine, qui habite le Ghih, le Myrtus Ugni de llolina, est utihsée dans la thérapeutique du pays. Les indigènes l'appellent Ugni, les Espagnols, JUMrî7/a. Les racines sont astringentes ; les feuilles aromatiques sont la base d'infusions théiformes; les baies servent comme condiment : on en fait une liqueur, qui a des propriétés stomachiques.

Nous n'indiquerons pas ici les nombreuses espèces qui, placées par divers auteurs dans les Myrtes, sont maintenant réparties dans les genres voisins. On en trouvera la description et les propriétés aux articles Jossima, Caryophyllds, EuGENiA, Pimenta, Jambosa.

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g IL Emploi médical. PHARMACOLOGIE. Le myrte est une plante aromatique et astringente, dont toutes les parties peuvent être utilement employées en médecine.

Les feuilles, les fleurs et les baies sont parfumées par une huile essentielle. En outre, les feuilles, les baies et l'écorce contiennent un tannin très-énergique, qui précipite en noir les sels de fer. La proportion de ce tannin dans le myrte ne paraît pas avoir été rigoureusement déterminée par l'analyse; cependant il faut qu'elle soit considérable ; car, en thérapeutique, le myrte produit des effets astrint gents très-marqués, et dans l'industrie il sert de temps immémorial au tannage des cuirs. C'est cette plante qui est employée à la préparation du maroquin du Levant. On l'a utilisée aussi pour la teinture en noir, pour la fabrication de l'encre, en un mot pour tous les usages auxquels peuvent servir les substances riches en tannin.

La saveur des feuilles est astringente, amère, aromatique, un peu piquante; celle de l'écorce est plus astringente. La pulpe des baies a un goût légèrement sucré; les semences ont un goût hudeux d'abord, puis âpre.

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V essence de myrte s'obtient principalement par la distillation des feuilles ; 50 kilogrammes de ces feuilles produisent environ 150 grammes d'essence, d'après Piesse. Elle possède le parfum caractéristique de la plante qui la fournit, mélangé néanmoins d'une senteur un peu térébenthacée. Elle est jaune, verdâtre, et, à la différence de la plupart de huiles essentielles, au lieu de foncer en couleur à l'air, elle devient plus pâle avec le temps. 11 est possible que, par une rectification convenable, on puisse l'obtenir incolore ; mais la quantité et l'intensité de la matière colorante verte que renferment les feuilles de myrte rendraient cette opération très-difficile. Enfin, elle appartient vraisemblablement au groupe des essences oxygénées ; mais son étude chimique reste complètement à faire.

L'essence de myrte est d'un prix peu élevé (55 fr. le kilogramme) ; on l'aurait peut-être encore à meilleur marché si on l'exploitait davantage.

Il existe en outre dans les baies de myrte une huile grasse, qui était utilisée par les anciens pour de nombreux usages médicaux (Pline, livres XV, 7, et XXIII, 44, 81). Des parcelles de cette huile, sous forme d'yeux, de taches de gras, surnagent l'infusion de baies de myrte.

Je pense que le myrte contient un principe amer et une ou plusieurs résines.

Le réactif de Bouchardat (solution d'iodure de potassium iodurée) ne produit aucun précipité dans les infusions concentrées de feuilles ou de baies de myrte ; il ne semble donc pas y exister d'alcaloïde.

La solution de protosulfate de fer détermine un précipité noir bleuâtre, abondant dans l'infusion de feuilles de myrte, moindre dans celle des baies.

Formes pharmaceutiques. Infusion des feuilles : 15 à 50 grammes de feuilles pour un litre d'eau bouillante, lorsque l'infusion est destinée à l'usage externe; on la fera plus légère pour l'usage interne; on peut alors préparer un thé de myrte, avec une pincée de feuilles pour une tasse d'eau bouillante.

Infusion des baies : 15 à 50 grammes pour un litre d'eau, tant pour l'intérieur que pour l'extérieur ; sa saveur douceâtre est mieux acceptée que celle de l'infusion des feuilles, généralement trouvée peu agréable.

Poudre des feuilles : passée au tamis, conservée en vase clos et en lieu sec. Doses : à l'intérieur, 1, 2 et jusqu'à 4 grammes, en nature, en bols ou en pilules; à l'extérieur, s'emploie pour saupoudrer plaies, ulcérations, surfaces suintantes, ou peut être incorporée à un corps gras.

Teinture ou alcoolé, soit de feuilles, soit de baies, soit des deux réunies, dans les proportions adoptées pur le Codex pour ce genre de préparations. On rendrait ces teintures alcoohques plus actives en y ajoutant une certaine quantité d'essence de myrte.

Avec cette essence, on peut préparer un esprit de myrte dans les proportions de 5 à 10 grammes d'essence pour 100 d'alcool. On pourrait aussi la mettre en perles ou en capsules. J'incorpore quelques gouttes d'essence de myrte avec la poudre des feuilles, faisant ensuite avec ce mélange et un peu de miel ou de sirop des bols ou des pilules.

L'écorce sert à des décoctions, et mieux à des infusions, si l'on veut ménager une petite quantité d'essence qu'elle renferme aussi, dans les proportions de 50 à 60 grammes pour 1000 d'eau.

L'infusion aqueuse de feuilles, de baies, d'écorce de myrte, dissout le tannin, accompagnée de quelques molécules d'huile essentielle. Les teintures alcooliques contiennent le tannin, l'huile essentielle, les principes résinoïdes ; elles sont

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par conséquent plus actives et ont leurs avantages pour certains cas particuliers.

On fabriquait eu France, il n'y a pas encore très-longtemps, soit avec les fleurs, soit avec les feuilles de myrte, une eau distillée qui portait le nom à'emc d'ange, et qui était employée par les femmes comme eau de toilette pour raffermir et parfumer la peau ; elle a eu aussi quelque emploi médical. Des deux sortes préparées, l'une avec les fleurs, l'autre avec les feuilles, la première était la plus estimée.

L'extrait de myrte, inusité aujourd'hui, se préparait avec les baies, connues dans les officines sous le nom de myrtilles. Le sirop de myrte se faisait également avec le suc des fruits ; on le donnait, à la dose de 15 à 50 grammes, dans des potions astringentes et rafraîchissantes. Beaucoup de médecins, dit Geoffroy [Matière viédicale), s'en servent contre les cours de ventre, pour arrêter les hémorrhagies et les fleurs blanches. L'extrait de myrtilles, selon le même auteur, se donnait jusqu'à 8 grammes dans les mêmes maladies, et en outre était estimé très-propre à fortifier l'estomac. Le vin de myrtilles (par décoction) était recommandé contre les rapports aigres, le hoquet (ibid.).

Historique. Le myrte, très-répandu en Grèce et en Italie, avait été jugé par les médecins grecs et latins susceptibles de remplir de nombreuses indications, ainsi qu'on peut le voir dans les Œuvres de Dioscoride et de Pline. C'est même l'une des plantes auxquelles ce dernier auteur, dans son Histoire naturelle, accorde le plus d'attention ; et l'énuméralion qu'il fait de ses propriétés et de ses applications pourrait servir de programme aux expériences à instituer pour constater à nouveau la valeur thérapeutique des divers produits de ce végétal. 11 n'est donc pas sans intérêt de rappeler ici succinctement ce que Pline en a dit.

Les anciens empruntaient tout à la fois au myrte un aromate, un condiment et un médicament. Leurs poètes, épris du double charme de son port et de son parfum, l'avaient'consacré à la déesse de Cythèreet de Paphos. D'abord emblème d'amour et de gaieté, et censé aphrodisiaque et exhilarant, il passait bientôt du domaine de la fiction dans celui de la pratique, où des qualités plus sérieuses allaient lui être reconnues. Ainsi les baies servirent à faire un vin, myrtidanum, que l'on prenait pour boisson et que l'on utilisait aussi en médecine à titre de remède tonique astringent. Ce vin n'enivrait jamais, dit Pline, ce qui concorde avec une opinion récente qui prête au tannin la propriété d'annuler Ips qualités ébriantes du vin. Les baies, appelées par les Latins myrtiUi, furent employées aussi en guise d'épices dans un grand nombre de mets, avant la découverte du poivre, et elles le sont encore comme telles, d'après Mérat et de Lens, en Toscane; on les considérait comme stomachiques, et les Romains leur attribuaient en outre l'avantage de donner à l'haleine une odeur agréable persistante. Les merles, considérés ailleurs comme un gibier médiocre, sont estimés dans le midi de l'Europe et particulièrement en Corse, grâce au fumet spécial que donnent à leur chair les baies de myrte dont ils font leur nourriture habituelle. Les baies et les feuilles de cet arbrisseau étaient usitées dans une foule de cas et sous différentes formes, — huile, vin, onguent, décoction, suc des baies, cendres des feuilles, — tantôt à l'intérieur, tantôt à l'extérieur, contre les hémorrhagies, l'hémoptysie, entre autres, la dysenterie, les sueurs fébriles, les ophthalmies, les maladies de peau, les ulcères, les brûlures, les alfections utérines, c'est-à-dire, là où il v avait à combattre des relâchements, des flux, des suppurations, où il y avait à obtenir des effets résolutifs et cicatrisants. Ajoutons que le myrte entrait dans beaucoup d'antidotes et que ses préparations étaient opposées aux morsures des

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animaux venimeux ; l'action antifermentescible de son essence justifie en partie ces appréciations (Pline, liv. XV et XXIII, passim).

Ainsi on trouve dans l'antiquité la réputation du myrte parfaitement étaWie comme moyen tonique, astrictif, résolutif et cicatrisant. Au milieu du délaissement dans lequel il tomba peu à peu, on le revit de temps à autre apparaître dans la formule de certains remèdes astringents : Oleum myrtillorwn, oleiim myrti (avec les feuilles)', sirop de myrte composé de Mésiié, sirop rohorant de Charas, trochisques de Gordon, oncjuent styplique de Fernel, pilules astringentes de la pharmacopée de Paris (Geoffroy, Matière médicale, t. YIII). 11 sert encore à quelques pratiques de l'empirisme populaire dans le midi de la France; mais nos traités actuels de matière médicale ne s'en occupent plus. Cazin, dans son Traité des plantes médicinales indigènes, ne lui consacre qu'un court article qui ne lui est guère favorable. On peut donc dire qu'il était complètement oublié lorsque j'en fis l'objet d'un mémoire tendant à le réhabiliter, en considération des applications utiles et variées dont il est susceptible {Le Myrte et ses propriétés thérapeutiques, in Mémoires de la Société de thérapeutique, année 1874, et Bulletin général de thérapeutique, 1876, t. XG).

Action physiologique. Une idante qui contient en fortes proportions de l'huile essentielle et du tannin ne peut manquer d'être un médicament actif. Le myrte l'est donc à double titre; comme astringent, il condense les tissus par une sorte de tannage; comme aromatique et à l'instar des composés balsamiques, il modifie, en les diminuant ou en réformant leur caractère pathologique, les sécrétions des muqueuses. Ce n'est donc pas un astringent ordinaire, comme les végétaux qui n'agissent ainsi que par leur principe tannique; son principe aromatique le rend légèrement stimulant et lui donne des propriétés anticatarrhales d'un autre genre et plus développées que celles des substances exclusivement tannifères. Son principe amer contribue probablement à ses qualités toniques ; aussi, tandis que le tannin pur offense parlois l'estomac, les préparations de myrte ont été considérées comme stomachiques par quelques auteurs ; l'emploi condimentaire de ses baies semble, du reste, avoir été la conséquence de l'admission de cette propriété. En somme, le myrte, tonique astringent et amer, et de plus stimulant aromatique, doit à sa complexité même de se prêter à de nombreuses indications.

Action thérapeutique. Les propriétés astringentes et anticatarrhales du myrte peuvent être utilisées dans diverses circonstances. Ainsi, quelques malades atteints de catarrhes bronchiques, auxquels j'ai fait prendre du thé de myrle, ont remarqué que la matière de l'expectoration diminuait en même temps que l'expectoration devenait plus facile et la toux moins pénible, moins fréquente. J'ai employé avec avantage contre les sueurs des phthisiques la poudre de feuilles de myrte en pilules avec l'extrait fluide de ratanhia pour excipient.

Les préparations de myrte me paraissent appelées à rendre des services dans le traitement des affectiojis purulentes du rein et de la vessie, des catarrhes de la vessie et de l'utérus, de la blennorrhagie, de la leucorrhée. Je recommande •dans ces cas la poudre de feuilles de myrte, administrée à l'intérieur à la dose de 1, 2 et jusqu'à 4 grammes, sous forme de pilules, soit seule, soit additionnée de quelques gouttes d'essence de myrte, ou bien encore sous forme de bols amalgamée avec la térébenthine de Venise. Quelques essais me portent à penser que l'essence de myrte pourrait lutter d'efficacité avec les essences de térébenthine, de santal, de copahu, dans le traitement des écoulements muqueux et

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purulents des organes génito-urinaires ; il y aurait là, pour les médecins qui s'occupent spécialement de ces affections, des expériences comparatives à instituer. J'ai bien obtenu déjà quelques bons effets de l'emploi de bols formés d'essence et de poudre de myrte contre la blennorrhagie aiguë et chronique ; mais la nature de mes occupations ne m'a pas fourni assez de cas pour que je puisse affirmer la valeur de cette médication.

11 est de notion vulgaire en thérapeutique que le tannin, tant par voie interne que topiquement, possède des propriétés hémostatiques; ces propriétés se retrouvent également dans quelques huiles essentielles ; il était donc permis de les soupçonner dans le myrte. C'est ce que j'ai constaté dans trois ordres de cas d'une manière assez formelle pour le signaler ici.

D'abord, sur les plaies saignantes, la poudre de myrte est un bon moyen pour réprimer une hémorrhagie capillaire.

Ensuite je l'ai administrée à l'intérieur contre la ménorrhagie qui mérite le nom spécial de polyménorrhée. J'appelle ainsi un flux menstruel excessif, tant par sa quantité que par sa prolongation au delà des limites de sa durée ordinaire. J'ai donné la poudre de feuilles de myrte, à la dose de 1 à 2 grammes par jour, soit pour modérer l'écoulement sanguin, soit pour le suspendre, selon l'une ou l'autre des formes de la polyménorrhée, et la plupart du temps j'ai atteint le but que je me proposais. Le même remède convient aux autres espèces de niéaorrhagies. A l'usage interne on peut joindre les applications topiques, comme je l'ai fait avec succès dans quelques cas de pertes considérables. Je porte alors sur le col de la matrice un gros tampon de ouate, imbibé d'une solution de tannin et fortement chargé de poudre de myrte, et j'achè^-e avec de la ouate sèche le tamponnement du vagin.

Enfin j'ai obtenu de très-bons résultats de l'emploi des préparations de myrte contre les hémorrhoïdes. L'infusion de feuilles, donnée en lavements froids, a calmé les douleurs tensives du rectum, les douleurs ténesmoïdes de l'anus, arrêté les pertes sanguines ; en lotions et applications froides sur les tumeurs héraorrhoïdales, elle a produit des effets calmants, astringents, résolutifs, plus accusés même, dans quelques expériences comparatives, que ceux déterminés par d'autres astringents. En outre, administrée à l'inférieur sous forme de bols avec la térébenthine de Venise, la poudre de myrte procure généralement du soulagement aux hémorrhoïdaires ; les tumeurs se dégonflent, deviennent moins douloureuses, et les hémorrhagies diminuent ou s'arrêtent. Je crois donc pouvoir recommander le myrte, intus et extra, sinon comme un moyen curatif. du moins comme un modificateur avantageux de l'infirmité en question, si pénible et si difficile à guérir.

Les injections ou irrigations vaginales à base de myrte constituent l'un des moyens les plus utiles que l'on puisse employer contre la leucorrhée, et ce sont celles que j'emploie le plus communément dans ma pratique. Les infusions de baies et de feuilles de myrte répriment rapidement la leucorrhée vaginale et modifient la leucorrhée utérine elle-même, qui d'ailleurs est trop rebelle pour céder à l'usage exclusif des moyens locaux. L'action astringente et anticatarrhale du myrte ne s'en manifeste pas moins dans tous les cas; et en outre la tonicité qu'il imprime aux parties remédie aux relâchements et aux prolapsus qui viennent si souvent compliquer les flux muqueux et purulents du vagin et de l'utérus. On a du reste beaucoup préconisé autrefois les préparations de myrte contre les prolapsus de la matrice et du rectum (Geoffroy), et de même pour raffermir les

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