‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.63Chapitre 22 sur 104 · MUSCARINE · texte numérisé non relu

MUSCARINE

Êrythropht.œum ; mais nous avons cru utile de consigner ici les premiers résultats obtenus.

(( Nous avons injecté, disent les auteurs, la solution toxique sous la peau de grenouilles, de cobayes et déjeunes chats, et chez tous ces animaux nous avons observé, au bout de quelques minutes, un phénomène constant : c'est le ralentissement, puis la cessation des battements du cœur, qui s'arrête en systole. Quand le cœur a cessé de battre, on observe encore sur le cobaye quelques mouvements respiratoires, qui se produisent à des intervalles de plus en plus éloignés, puis la mort a lieu.

« Sur la grenouille, le ventricule nous a paru s'arrêter presque toujours avant les oreillettes, et cesser de répondre avant elles à l'action du courant électrique. Sur le cobaye, le phénomène inverse a été observé. Du reste, dans tous les cas, le cœur cesse proinptement d'être sensible au courant de la pile, tandis qu'au contraire la contractibilité persiste longtemps dans les muscles de la vie de relation, soit qu'on les galvanise directement, soit qu'on galvanise les nerfs qui les animent. Cependant, si chez la grenouille on arrête la circulation en pratiquant la ligature du cœur, on observe que ses muscles conservent leur contractibilité plus longtemps que ceux de la grenouille dont le cœur a été arrêté par le poison de l'écorce de mancône ; ce qui prouve que ce poison n'est pas tout à fait dépourvu d'action sur le système musculaire de la vie de relation. Dès que le cœur a cessé de battre, si on l'arrose directement avec une solution de sulfate d'atropine, ou bien qu'on injecte cette même solution sous la peau, on ne réussit point à réveiller les battements du cœur. Nous avons injecté du sulfate d'atropine sous la peau d'un cobaye presque aussitôt après lui avoir administré du poison de Verythrophlœum, dans l'espoir de suspendre ou au moins d'atténuer les effets de ce dernier, et dans ce cas encore l'influence du sulfate d'atropine nous a paru insignifiante ou nulle. »

A la Société de biologie (voy. Gaz. hebd., 1876, p. 563), les auteurs ont fait connaître le principe actif de la plante, V érythrophlœine , et communiqué de nouvelles expériences qui confirment pleinement les résultats des premières, et qui démontrent en même temps que les feuilles et le fruit sont toxiques aussi bien ([ue l'écorce. A. Dechambre.

MtscARiXE. La Miiscarine est un alcaloïde extrait de la fausse-oronge [Amanita muscaria) ; cette substance n'a été étudiée que depuis peu d'années, aussi y a-t-il dans son histoire bien des détails obscurs tant au pohit de vue chimique que sous le rapport de ses effets sur l'organisme.

Les premières recherches sur la muscarine, celles de Schraiedeberg et Kope, datent de 1868, depuis, Hartnack, Waldemar Krenchel, Schmiedeberg, M. Prévost, Carville, Alisou, Hardy et M. le professeur Vulpiao ont fait sur ce sujet des publications intéressantes.

Étude chimique. C'est au mois de septembre, au moment oij la fausse-oronge pousse abondamment dans les bois humides, qu'on recueille ces champignons; on commence par faire un extrait aqueux dont on tire la muscarine. Le meilleur procédé pour la préparer est celui indiqué par Hartnack, voici en quoi il consiste: en traitant l'extrait d'Amaaita muscaria par l'acide chlorliydrique on obtient en dissolution le chlorhydrate de muscarine, mêlé intimement à un autre sel, le chlorhydrate d'amanitine (cette dernière base est également un alcaloïde contenu dans la fausse-oronge, mais qui ne jouit d'aucune propriété toxique).

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