MOREAU DE LA SARTUE
toutes les personnes qui le connaissaient. Peu de médecins ont laissé une repu tation aussi intacte et aussi pure que la sienne. Simple dans ses habitudes, il ne vivait que pour l'étude et le soulagement de ses malades ; il ne cherchait de délassements à ses travaux que dans la conversation des personnes distinguées dont il aimait à s'entourer. 11 a beaucoup écrit sur les différentes parties de l'art de guérir. Cependant, sa gloire et sa réputation littéraires ne sont pas ce qu'elles devraient être ; on peut dire de lui qu'il répandit la science dans de petits articles séparés, dans des brochures de quelques feuilles, ou dans la réimpression d'ouvrages publiés par des auteurs connus, el, en dernier lieu, dans le Dictionnaire de médecine de l'encyclopédie méthodique, dont, à la mort de Petit-Radel, il devint le rédacteur principal. Son style était pur, élégant, sa diction facile, le mot propre se présentait toujours sous sa plume ; sans viser à l'effet, sans le chercher, il en produisait beaucoup par la clarté de son expression. En un mot, il était, de l'avis même de tous les médecins, un de ceux qui écrivaient le mieux. »
Au nombre des publications de Moreau de la Sarthe, nous signalerons les suivantes :
I. Traité hhlorlque cl pratique de ta vaccine. Paris, an IX-1801, in-S". — II. Histoire naturelle de la femme, suivie d'un traité d'hygiène appliquée à son régime physique et moral aux différentes époques de sa vie. Paris, 1805, 5 vol. in-8°, avec 11 planch. gravées en taille douce — 111. Notice sur Hippocrate. Paris, 1810, in-12. — IV. Fragment pour servir à Vhistoire de la médecine des maladies mentales et de la médecine morale. Paris, 1812, in-8°. — V. Fragment pour servir à l'histoire des progrès de la médecine en France, Paris, 1815, in-8°. — VI. Remarques sur le projet d'ordonnance relatif à l'Académie de médecine, lues dans la séance du 22 mai 1821. Paris, 1821, in-8°, de 22 p. — Vil. Mémoire sur l'histoire de l'École de méd. de Paris. Paris, 182i, in-4°, de 78 p. (art. extrait du Dict. de méd. de l'encyclopéd'ie méthodique], .\. G.
i\ABCA OU IVABECA. Nom donne [>ar les Arabes à une espèce de Jujubier, le Zizyplius Spina-Christi L., que Forskal avait placé dans les Wminnus, sous ie nom A&Rliam.nus JSabeca [voij. Jujubier). Pl.
RADIAS (Eau minérale de). Athennale , sulfurée sodique, bromo-iodurée , azotée faible, dans le département des Hautes-Pyrénées, dans le canton d'Ossun, à 20 kilomètres sud-ouest de Tarbes, est un poste minéral, peu connu et dont l'existence n'est signalée, à notre connaissance, dans aucun livre d'hydrologie. L'eau de Nabias mérite pourtant une mention spéciale eu raison de sa composition chimique et surtout de ses propriétés thérapeutiques.
Cette eau claire, limpide et transparente, laisse déposer sur les parois de son bassin de captage une couche appréciable d'un corps pulvérulent et amorphe que l'analyse chimique démontre être du soufre à l'état de grande division. Cette (îau, douce et comme onctueuse au toucher, tient en suspension et laisse précipiter une matière glaireuse grisâtre qui n'est autre chose que de la barégine. l'allé a une odeur sulfureuse beaucoup moins marquée que ne l'indique sa saveur. Sa température est de 12", 5 centigrade ; sa réaction est assez manifestement alcaline, sa densité n'est pas exactement connue.
M. Ossian Henry a trouvé dans 1000 grammes de l'eau de Nabias les prinjnpes suivants :
Sulfure de sodium 0,0520
— talcium 0,0030
— magnésium tr. fort sens.
Chlorure de sodium. 0,4000
lodures et bromures alcalins 0,0101
Carbonates de soude
Silicates de chaux
potasse.
- magnésie . .' .' .■.':::;: | O'OiSO
Sulfate de soude 0,0100
Alumine avec silice, phosphates terreux, sel ammoniac, oxyde de fer, matières organiques azotées et sulfurées, glairine rudimentaire 0,0S40
Total des matières fixes. . , ^ . . 0,5737 Gaz azote non apprécié.
L'eau de Nabias n'a jusqu'ici été employée qu'en boisson par les gens du voisinage qui viennent s'y traiter de leurs affections catarrhales des voies aériennes et uropoiétiques, et en lotions pour la guérison de leurs ophthalmies ou de leurs plaies anciennes. Jusqu'à ces dernières années, l'eau de Nabias n'avait été utilisée que par un petit nombre de malades, et sa réputation était peu étendue. Le propriétaire actuel de cette source a eu l'heureuse idée d'envoyer un assez grand nombre de bouteilles de son eau à l'administration de l'Assistance publique de Paris, de sorte que l'observation clinique de plusieurs méde-
560 KACRE (zoologie).
ciiis des hôpitaux a démontré que l'eau de Nabias a une efficacité réelle dans les affections herpétiques du pharynx, du larynx, des bronches et de la peau, lorsque surtout les malades qui en souffrent sont ou lymphatiques ou scrofuleux. Les chirurgiens ont constaté aussi que celte eau transportée est d'un emploi utile dans les ophtbalmies chroniques, principalement lorsqu'elles sont accompagnées d'une abondante suppuration ; dans toutes les plaies anciennes et atoniques ; dans les brûlures, même profondes, et accompagnées d'une douleur très-vive, quoique datant de plusieurs jours. Des lotions fréquentes et à grande eau doivent être failes alors, tandis que l'eau fragmentée réussit mieux dans les maladies chroniques et suppurantes des organes visuels ou de leurs annexes. L'eau de la source de Nabias s'exporte en demi-bouteille et en quarts de bouteille. Une analyse rigoureuse a reconnu que cette eau perd à peine de sa sulfuration après le transport et après un séjour prolongé dans des vases hermétiquement bouchés. A. R.
rVABOTH (Glandes, Nerfs de). Voy. Utérus.
IVACHET (Louis-Isidore). Né à Laon en 175o, mort à Paris en 1832, fils de Edme-Antoine Nachet, qui exerçait avec succès la médecine dans la même ville ; il vint à Paris faire ses études scientifiques, et opta pour la pharmacie. Il fut un des premiers praticiens appelés à professer, lors de la création de l'École de pharmacie, et remplit ses fonctions pendant trente années. Tout occupé à instruire les élèves, Nachet a peu écrit ; on lui doit cependant de bons articles de pharmacie qui ornent les quarante derniers volumes du Grand Dictionnaire des sciences médicales; il a laissé aussi plusieurs procédés particuliers pour la confection de certains produits chimiques, et quelques analyses de substances médicamenteuses. Il y a sur Nachet une notice nécrologique dans le ioiirnal de pharmacie (t. XVllI, 1855, p. 588). A. C.
l^ACQUART (Jeak-Baptiste). Né à Verrières près de Sainte-iMenehouId (Marne). Il commença ses études médicales à Paris, et après quelques campagnes il y vint se faire recevoir docteur en 1805. Des travaux intéressants qu'il publia dans divers recueils, une analyse de la doctrine de Gall, qui parut en 1808r lui valurent d'être admis comme collaborateur au Grand dictionnaire des sciences médicales, auquel il a fourni un bon nombre d'articles. Son mérite, ses relations, ses allures graves Ini avaient attiré une belle clientèle ; nommé membre de l'Académie de médecine en 1825, il eut l'honneur d'en être élu président pour l'année 1853, quelques semaines avant sa mort qui eut lieu eu février 1855. 11 était membre de la Légion d'honneur.
Nacquart a publié :
I. Phlegmasies aiguës de la yoUrine. Th. de Paris, 1803, n° 226, in-8°. — II. Traité de la nouvelle physiologie du cerveau, ou exposition de la doctrine de Gall. Paris, 1808, in-8°. — \\.\. Ohserv. sur une lésion des intestins, simulant une phthisie pulmonaire. \n Journal çjén. de méd., t. XXXI, p. 584; 1808. — IV. Considérations topographiques et médicales sur la division des Arcis. Ibid., t. XXXVIII, p. 571 ; 1809. — V. Précis sur un retrécissemeni squirrheux de l'extrémité inférieure de l'œsophage. Ibid., t. XLII, p. 31, 159; 1810. — VI. Divers autres mémoires et rapports à l'Académie. — VII. Une cinquantaine d'articles dans le Dictionnaire des sciences médicales, parmi lesquels nous citerons : Consultation^ Contagion, Epidémie, Infection, Léthargie, Miasmes, etc. E. Bgd.
IVACRE. § I. Zoologie. C'est une substance solide, leplu3 habituellemeûl
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blanche, à reflets irisés, qui se tire des coquilles, mais de certains genres seulement ; elle est formée, comme la coquille elle-même qu'elle sert alors à constituer, de carbonate de chaux associé à un principe organique. La nacre n'est pas dépourvue de structure ; c'est ce dont on peut s'assurer en en faisant de très-fines lamelles susceptibles d'être soumises au microscope ; elle est souvent à nu et visible à la surface interne des coquilles dont elle forme alors la plus grande partie; d'autres fois elle est recouverte d'une couche colorée, d'apparence différente, que Fou fait aisément disparaître au moyen d'un lavage au vinaigre ou à l'acide chlorhydrique étendu ; ce que l'on appelle le décapage ; la nacre se montre ensuite avec tout son éclat. Naturelle ou décapée elle est utilisée dans l'ornementation : la marqueterie et diverses autres industries s'en servent avec avantage ; on l'emploie aussi à faire des parures, et certaines coquilles dont la nacre est irisée do vert, de bleuâtre, de rouge, etc., comme celles des troques, des lialiotides et d'autres gastéropodes, sont particulièrement recherchées sous ce rapport ; on les porte en colliers, en boucles d'oreilles, etc. ; souvent même on emploie ces coquilles tout entières.
La nacre des Nautiles, qui appartiennent à l'ordre des Céphalopodes tétrabranches, sert aussi à divers usages. Celle que l'on recherche pour l'ornementation des meubles, la fabrication des manches de divers instruments, etc., provient surtout de certaines coquilles bivalves, les unes lacustres ou fluviatiles, les autres marines ; elle est particulièrement fournie par les genres Anodonte, Mulette, Placune, Pintadine, Plicatule, etc., genres dont les derniers appartiennent à la famille des Huîtres, et les deux premiers au groupe des Nayades.
La nacre marine est l'objet d'une exploitation qui ne manque pas d'importance, et ce sont des concrétions de cette substance produites accidentellemenl dans des kystes du manteau de certains mollusques bivalves, soit des pintadines, soit de quelques autres genres, qui constituent les perles {voy. Pehles).
Divers essais de culture des coquillages qui fournissent la nacre ont été entrepris dans l'archipel des Pomotou et aux îles Gambier, sous les auspices de l'administration de la marine, et ces essais ont déjà fourni des résultats encourageants, ainsi que l'on peut s'en assurer par les échantillons déposés à Paris au Musée des colonies. La nacre des Gambier est celle de l'espèce de placune dont le têt est noirâtre ; celle du Pomotou est principalement tirée de l'espèce à têt jaune (i'Oî/. Nacriers). P. Gerv.
§ H. Emploi médical. La nacre n'est plus aujourd'hui employée en thérapeutique, mais elle a joui autrefois d'une certaine réputation comme médicament céphalique, cordial et analeptique. Réduite en poudre et mêlée à huit ibis son poids de nitre, elle constituait le nitre perlé, qu'on administrait dans les affections fébriles. Elle entrait dans la poudre pectorale et dans V emplâtre styptique de l'ancienne pharmacopée de Paris. Elle servait aussi à composer un fard {voy. Cosmétiques). D.
!\A€RIEKS {Hygiène professionnelle). Les ouvriers qui travaillent la nacre peuvent se diviser en deux catégories : les uns reçoivent la matière première, c'est-à-dire la coquille, et en préparent la nacre ; les autres, plus spécialement chargés du façonnage, emploient cette dernière à la fabrication d'une foule d'objets d'utilité ou de luxe, tels que boutons, éventails, touches d'accordéon, plaques de porte-monnaie, et divers autres de tabletterie fine.
o62 NACRIERS.
Cette industrie est très-répandue en Angleterre, en Allemagne, en Autriche et en Hollande. En France, on ne s'y livre guère qu'à Paris et dans quelques départements, et plus particulièrement dans le département de l'Oise, où un trèsgrand nombre d'individus : hommes, femmes et enfants, s'occupent du travail de la coquille dite : nacre de perle.
A Paris, il y a un certain nombre d'usines où l'on ne fait que préparer la nacre, qu'on livre ensuite à des fabricants qui ne s'occupent que du montage et de la façon. On peut comparer ces derniers travaux au travail de la jjijouterie, avec lequel ils présentent plus d'un rapport.
Les coquilles qui servent à la préparation de la nacre sont, outre Vhuître perlière, qui fournit la nacre qui a le plus de prix, et qu'on emploie surtout pour la fabrication des éventails, à cause de l'étendue de sa surface, diverses espèces de mollusques appartenant aux genres : Turbo et Haliotis.
Dans le premier genre, nous citerons la coquille connue sous le nom de burgaud [Turbo marmoratus Linn.), qui donne une belle espèce de nacre: la burgaudine, et le Turbo maryaritaceus Linn. Parmi les Haliotis ou oreilles de mer, on emploie plus spécialement {'Haliotis tuberculata que les ouvriers appellent godfish, et une espèce particulière à laquelle le nom d'Hahotide paraît uniquement réservé, et dont la couche nacrée est azurée et iridesceiite.
Les ouvriers qui travaillent les coquilles offrent, au point de vue de la pathologie professionnelle, un intérêt plus grand que ceux-là mêmes qui façonnent la nacre. Les opérations spéciales que nécessite le travail de préparation de la couche nacrée de la coquille sont : le sciage ou débitage, ïémeidage, le polissage, auxquelles il faut joindre le décapage.
Les coquilles passent d'abord entre les mains du débiteur qui en sépare, au moyen d'une scie circulaire, les parties qui peuvent être utilisées. Cette opération est, sans contredit, une des plus pénibles et des plus dangereuses pour la santé de l'ouvrier. Debout, devant son établi, il présente à la scie, mise en mouvement par la vapeur, la coquille qu'il doit débiter. 11 tient les deux bras à demi relevés pour maintenir la coquille à la hauteur convenable, et pouvoir opposer une certaine résistance à l'action de la scie. Le sciage donne lieu à un dégagement abondant de poussière qui, projetée avec une certaine force et d'une manière continue, vient couvrir la surface de l'établi, les vêtements et le corps de l'ouvrier, et que celui-ci, la tête penchée en avant, est singulièrement exposé à voir pénétrer dans ses voies respiratoires. C'est là, en effet, le principal inconvénient de cette opération. Les scieurs de coquilles présentent presque tous des symptômes accusés de catarrhe chronique des bronches, avec emphysème pulmonaire. Ils sont sujets à "im crachement abondant de mucosités chargées de matières terreuses. En outre, il n'est pas rare d'observer chez eux des blépharites et des conjonctivites rebelles qui les forcent à abandonner momentanément, et quelquefois pour toujours, leur travail. Nous devons signaler aussi les plaies des doigts par la scie circulaire, comme un accident assez fréquent. On trouve des cicatrices de ces plaies chez presque tous les ouvriers scieurs.
Le burgaud, qui est la coquille la plus dure, est celle que les ouvriers regardent comme la plus fatigante à débiter. Sa couche calcaire extérieure, trèsépaisse, fait que le dégagement de poussière est plus considérable qu'avec toute autre coquille. 3Iais les inconvénients que l'absorption de cette poussière entraîne sont, au dire de tous les ouvriers, moins redoutables que ceux que provoque la poussière produite par le sciage de l'haliotide.
NACRIERS. 563
La couche extérieure de cette dernière coquille est moins compacte ; elle présente un aspect poreux avec une coloration verdàtre. L'analyse qu'a bien voulu en faire notre collègue, M. Égasse, pharmacien de la marine, a donné les résultats suivants :
Matière organique 10
CO'CaO 81, -23
Silice ",50
Chlorures 1,23
Traces de fer et de phospliaLes.
Dans la matière organique, il faut comprendre une algue dichotomique qui donne à la coquille sa coloration verdàtre, et à laquelle on doit atti'ibuer en partie la nocivité que les ouvriers reconnaissent à la poussière de l'haliotide. La présence de cette algue, ainsi que de la silice, est due sans doute à l'état poreux de la couche écailleuse, dans les anfractuosités de laquelle ces substances se trouvent retenues.
Après le sciage, les parties utilisables de la coquille sont soumises au décapage. On les plonge pour cela dans des terrines remplies d'acide chlorhydrique qui détruit la matière terreuse. Cette opération donne lieu à un dégagement de vapeurs irritantes qui se mêlent à l'air respirable. Elle se l'ait ordinairement dans une chambre isolée et placée au dehors des ateliers.
Dans tous les cas, on ne saurait trop recommander l'emploi d'une hotte aspiratrice des vapeurs, et d'une ventilation des mieux entendues. Chez les ouvriers qui font ce travail depuis longtemps, on remarque, comme nous l'avons signalé le premier chez les décapeurs en général, une irritation chronique des gencives avec altération destructive des dents.
L'opération de l'émeulage ou travail à la meule a pour but d'enlever à lu portion de la coquille qui vient d'êlre décapée ce qui reste de matière étrangère à la nacre. Les meules que l'on emploie sont en grès, et montées sur des baquets demi-pleins d'eau ; elles y trempent le tiers de leur diamètre. Autre- Cois, elles étaient mises en mouvement par l'ouvrier lui-même ; ce qui ajoutait aux propres inconvénients du travail les effets d'une attitude des plus fatigantes. Les hernies qui étaient un résultat fréquent de cette attitude sont plus rares, aujourd'hui que les meules sont mises en mouvement par la vapeur ; la station debout donne lieu seulement à la production de varices aux jambes.
Quand on entre dans un atelier d'émeulage, on est péniblement affecté par une odeur fade et nauséeuse, qui rappelle celle de l'eau croupie. Cette odeur provient des baquets dans lesquels trempent les meules; elle est causée par le mélange à l'eau qu'elles contiennent de tous les détritus provenant du nettoyage <le la nacre. Les couches extérieures à la nacre présentent, en effet, dans leur composition, une quantité assez notable de matière organique plus ou moins soluble. Voici les résultats auxquels Gussenbauer, qui s'est livré à des recherches spéciales sur ce sujet, est arrivé :
L La couche extérieure écailleuse renferme :
Matière organique 10,22
Eau 0,33
CO-CaO, traces de SIgO, sels alcalins. . . . 89.23
IL La couche crayeuse plus interne renferme :
Matière organique 10,15
Eau 0.32
CO-CaO, traces de MgO, sels akaiius. ... 89,35
364 NACRIERS.
m. La couche nacrée renferme :
Matière organique insoluble 5,57
— soluble dans l'eau . . . 0,11
Eau 0.47
CO-CaO 93,355
Sels alcalins (chlorures et sulfates) .... 0,295
L'ouvrier émeuleur est particulièrement soumis à l'action de l'humidité pai l'obligation où il se trouve d'avoir les mains continuellement mouillées, et par l'aspiration incessante d'un nuage d'eau mélangée de poussière, dans lequel sa figure est pour ainsi dire plongée. Tous les ouvriers qui travaillent la nacre regardent le travail de la meule comme généralement nuisible. J'ai constaté chez ceux qui le pratiquaient depuis un assez long temps tous les signes d'une anémie prononcée. Ils accusent surtout la poussière de grès qui résulte de l'usure de la meule de donner lieu à une toux opiniâtre et très-pénible, suivie, principalement le matin, d'expectoration considérable. L'emphysème pulmonaire se remarque surtout chez eux. En outre, ils sont sujets à des nausées, à des vomissements glaireux et à des dyspepsies qui nous paraissent être la conséquence de l'absorption des vapeurs aqueuses chargées de détritus organiques.
Une affection professionnelle spéciale que développe l'émeulage des coquilles est ce que les ouvriers appellent la gale d'eau. Elle est caractérisée par une macération de la peau des doigts, bientôt suivie d'une inflammation vésiculeuse, apparaissant d'abord au pourtour des ongles, puis gagnant la partie sous-onguéale qu'elle dénude, et s'étendant parfois tout le long des doigts jusqu'à la face palmaire de la main, en donnant lieu à une desquamation prononcée de ces parties. Ces lésions s'accompagnent de démangeaisons et de tension douloureuse; quelquefois, mais très-rarement, on voit des vésicules se transformer en pustules. On y est d'autant plus exposé que l'eau des baquets est moins souvent renouvelée et plus chargée de détritus.
Nous voyons là quelque chose d'analogue au mal de bassine que présentent les dévideurs de cocons, dans les filatures de soie. Ces deux affections reconnaissent en effet pour cause : l'immersion continue des doigts dans un liquide chargé de débris organiques en macération. Il y a des ouvriers qui se trouvent dans l'obligation d'abandonner tout à fait le travail des meules par suite de la ténacité de cette affection. Comme traitement, on se sert avec quelque succès de compresses imbibées d'eau blanche. Signalons encore comme signe professionnel pai'ticulier aux émeulcurs : l'usure de la peau, des érosions et parfois une véritable plaie ulcéreuse à la partie dorsale de la deuxième phalange de l'index, qui est particulièrement exposée au frottement de la meule.
Après le meulage, la nacre est livrée au polisseur qui, pour rendre sa surface plus égale et plus luisante, lui fait subir, au tour, des ponçages successifs avec des tampons imbibés d'acide sulfurique, saupoudrés de talc pulvérisé ou de poudre d'émeri. Le polissage a pour principal inconvénient le développement d'une poussière fine et ténue qui pénètre facilement dans les voies respiratoires et dans les yeux, et devient la cause d'irritations chroniques de ces organes.
J'ai constaté, chez les ouvriers qui ont été employés jeunes au polissage, une déformation assez caractéristique des pouces qui consiste en deux semi-luxations, en sens contraire, des articulations métacarpo-phalangienne et phalango-phalanginienne, ce qui donne à ces doigts l'apparence d'un S. Ce signe profes-
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sionnel est le résultat du mode de préhension habituel des objets soumis au ponçage.
Les ouvriers qui façonnent la nacre une fois extraite de la coquille sont : le graveur, le découpeur, le perceur et le tourneur.
Que l'on emploie le burin, la scie, le foret ou la fraise, il se dégage toujours, dans les diverses opérations que nécessite le façonnage, une poussière sablonneuse dont les grains rudes et durs irritent fortement les muqueuses sur lesquelles elle se dépose. Quelquefois, ce sont de véritables éclats que le burin du graveur fait jaillir, et qui, s'implantant dans la cornée, ont pu donner lieu à des kératites graves.
Il est un travail : Vencartage, exécuté le plus souvent par des femmes ou des jeunes filles, qui, peu fatigant par lui-même, expose à tous les inconvénients des professions qui exigent la position assise et l'immobilité relative du corps. Ces inconvénients, que favorisent surtout une mauvaise hygiène domestique et la privation de tout exercice salutaire, sont : la fiUigue de la poitrine, les troubles fonctionnels de la vue et la^ lenteur du mouvement de nutrition générale, s'accusant chez les jeunes ouvrières par de la cldorose et des ûueurs blanches.
Suivant quelques auteurs, Mahier et Chevallier entre autres, la phtliisie ne dépasserait point chez les ouvriers nacriers la moyenne observée parmi les autres artisans. L'asthme humide ou bronchorrhée serait la terminaison ordinaire des irritations bronchiques causées par la profession ; et d'après Hirt, tous ces accidents des voies respiratoires n'auraient pas beaucoup de gravité. Nos propres recherches nous ont révélé, au contraire, que le plus grand nombre des ouvi'iers nacriers mouraient d'affections de la poitrine et dans un âge relativement peu avancé.
Dans ces dernières années, des médecins, observant à Vienne en Autriche, où l'industrie de la nacre est assez répandue, ont attiré l'attention sur la fréquence des ostéites chez les ouvriers nacriers, et sur les caractères particuliers qu'elles présentent. C'est Englisch qui, le premier, a parlé de cette affection {Wiener med. Wochenschr. 1870) ; mais le mémoire le plus intéressant à cet égard est celui de Gussenbauer, publié en 1875 (in Arch. f. klin. Chirurgie, vol. XYIII. fasc. 4.), et analysé par P. Berger, dans la Revue des sciences médicales de Hayem.
C'est généralement chez les adolescents, avant l'époque où la croissance du squelette est achevée, que l'on observe l'invasion des ostéites. Elles se caractérisent par une douleur subite qui ne s'exagère ni par la pression ni par les mouvements. Un gonflement, d'abord périostique, puis osseux, se montre d'ordinaire au voisinage de l'épiphyse qui se soude le plus tôt à l'os.
La tumeur, molle, élastique, parfois fluctuante, ne se montre jamais au niveau du milieu de la diaphyse, non plus que des épiphyses mêmes ; son développement s'accompagne de fièvre ; elle s'accroît dans la direction de la diaphyse. Au bout de quelque temps, elle change de caractère, devient plus dure ; et il est manifeste que des productions ostéophytiques s'y sont développées. Bien qu'elle soit d'abord fluctuante, la suppuration est une terminaison fort rare, puisqu'elle n'a été notée qu'une fois dans un cas observé par Englisch. La résolution est la règle, mais la maladie, qui envahit souvent plusieurs points du squelette à la fois, présente une grande tendance aux récidives. En général, le pronostic est peu grave : les dépôts osseux eux-mêmes se résorbent, et avec des
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repos et l'interruption du travail qui est la cause de la maladie la nature fait tous les frais de la guérison.
A Paris, où nous avons visité les ouvriers nacriers, nous n'avons constaté aucun cas d'ostéite. Tous ceux que nous avons interrogés n'ont pu nous renseigner à cet égard.
Pour expliquer l'étiologie de cette affection, Gussenbauer se laisse aller à une hypothèse bien ingénieuse! Selon lui, la poussière de nacre est transportée dans les poumons ; elle pénètre plus ou moins le parenchyme de cet organe, ses éléments anatomiques, ses voies lymphatiques, les ganglions voisins. Elle se décompose bientôt néanmoins : sous l'influence de l'acide carbonique du sang pulmonaire, les carbonates calcaires sont dissous ; la matière insoluble organique reste seule ; c'est la conchyoline découverte par M. Frémy. Sa faiblo densité qui rend son volume relativement considérable lui permet de jouer le rôle de corps étranger véritable ; elle pénètre dans le courant sanguin, est entraînée dans les artères, et, trouvant dans les artérioles voisines du cartilage épiphysaire un calibre plus étroit que partout ailleurs, ces particules organiques s'y fixent et y déterminent des thromboses ; d'où la production de véritables infarctus. La nature organique des cmbolus expliquerait le peu de réaction qui entoure ces foyers. Tantôt l'inflammation atteint un ou deux os seulement, tantôt un plus grand nombre ; ce sont en général les os des membres. Dans une observation remarquable par la multiplicité des manifestations, les os suivants furent pris simultanément ou successivement : d'abord, les métatai'siens gauches, puis le cubitus gauche, puis l'omoplate du même côté, pui.s ^huméru^ et le cuboïde gauches, en même temps que l'astragale droit.
Hygiène préservatrice. Tous les moyens de préservation mis en usage doivent avoir pour but d'atténuer l'action directe de la poussière. C'est ainsi que l'atelier du sciage ou débitage de la nacre doit être vaste et parfaitement ventilé. Des ventilateurs par aspiration seront installés de manière à agir de haut eu bas. Nous conseillons pour cela de percer l'établi sur lequel l'ouvrier travaille de petits trous destinés à conduire les poussières dans une caisse d'aspiration située au-dessous de la table. Dans le polissage et les travaux qui s'exécutent au tour, il faut faire usage de ventilateurs à jet que l'on dirigera sur le point même où se produit la poussière nuisible, laquelle sera ainsi entraînée loin de la figure de l'ouvrier. En hiver, l'air projeté devra être chaud.
Dans le travail de l'émeulage, l'eau dans laquelle baignent les meules sera renouvelée chaque jour, afin que l'émeuleur n'ait pas constamment les mains mouillées par une eau visqueuse, et le visage plongé sans cesse dans un nuage de vapeur humide et infecte. Une mesure excellente serait d'établir un courant deau qui, à mesure qu'une certaine quantité de liquide s'écoulerait par le fond du baquet, maintiendrait toujours le même niveau dans celui-ci.
Dans les meules comme dans les tours, le mouvement de rotation devra s'opérer à l'opposé de l'ouvrier, de façon que [les éclaboussures ainsi que les poussières soient projetées loin de lui. Le scieur, le polisseur, le découpeur, le tourneur, se serviront avec avantage de masques préservateurs, en tissu de soie ou en toile métallique à mailles très-fines.
Le graveur fera bien de préserver ses yeux avec des lunettes. Tous les ouvriers nacriers porteront des vêtements de travail, et se livreront à des ablutions fréquentes, particulièrement avant les repas. Nous leur conseillerons enfin de se garder de faire abus des boissons alcooliques, ce à quoi ils sont malheureusement
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portés par l'état de dessiccation dans lequel les poussières entretiennent leurs muqueuses. Loin d'être un préservatif, ainsi qu'ils se l'imaginent, contre les inconvénients de la poussière de nacre, un pareil abus de boissons ne peut que les prédisposer davantage aux inflammations broncho-pulmonaires et aux troubles de l'estomac. Alex. Layet.
Bibliographie. — Mahier et Chevallier. Mémoire sur les ouvriers qui travaillent les coquilles de nacre. In Ann. hyg, publ., t. XLVIII. 1852. — Tardieu. Art. Nacre de perle. In Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, 2« édit., t. III, p. 123; 186'2. — Layet (A.). Art. JSacriers. In Hygiène des professions et des industries, 1875. — Gussenbauer (Cari). Uic Knochenciitziindungen der Pcrlmulterdrechsler [Ostéite des tourneurs de nacre). Analyse par P. Berger in Revue des se. méd., t. VI, 1875. — Eulenbekg (Herm.'i. Handbuch der Gewerb-Hyqiene auf expérimentale Grundlage ; article : Perlmutter-Drechslerei, p. 684. Berlin, 1876, in-8. A. L.
!VADHER\¥ (Ignatz Florian). Né à Prague le 8 septembre 1789. Il montra dès sa première jeunesse des aptitudes remarquables pour les études scientifiques. Il étudia la médecine dans sa ville natale et y fut reçu docteur le l!2 septembre 1812. Chargé dès l'année suivante, à titre de suppléant, du cours de médecine théorique, puis du cours de médecine légale à l'Université Charles-Ferdinand de Prague, il fut nonmié, en 1814, professeur ordinaire de médecine légale à la même Université; il n'avait alors que vingt-cinq ans. En 1819, il quitta l'enseignement et devint successivement conseiller provincial, premier médecin du royaume de Bohème, directeur des études médicales, assesseur du Sénat académique et président de la Faculté de médecine de Prague; en un mot, il se vit à un moment donné à la tête de toute l'organisation médicale de la Bohême, mais, loin d'abuser de ce pouvoir illimité, il s'en servit pour le bien de son pays et se montra en toute circonstance plein de zèle à la fois comme organisateur et comme réformateur : il donna une impulsion nouvelle aux études médicales par la création d'hôpitaux, de musées, de laboratoires, d'établissements cliniques, réorganisa le service médical des pauvres et introduisit de nombreuses réformes dans le domaine de l'hygiène publique. Quand survint la transformation politique de l'Autriche, il ne se consuma pas dans des résistances impossibles, abandonna de bonne grâce les prérogatives qu'il ne pouvait conserver et laissa à l'élection une foule de nominations qui auparavant étaient uniquement de son ressor.t. — Nommé recteur de l'Université de Prague en 1823, chevalier de l'ordre de Léopold avec transmission héréditaire de son titre nobiliaire en 1835, il fut, en 1837, appelé à Vienne et chargé, comme conseiller ministériel, de la direction générale des études médicales en Autriche au ministère de l'instruction publique et des cultes ; dans cette nouvelle position il ne cessa de rendre les plus grands services à son pays et mérita, lors de son jubilé doctoral, célébré avec grande pompe en 1862, d'être nommé commandeur de l'ordre de François-Joseph. En 1865 enfin il se retira dans la vie privée ; il est mort à Vienne le 5 août 1867.
Voici la liste de ses principaux ouvrages :
I. Diss. inaug. med. de febre puerperali. Pragse, 1812, in-8°. — II. Ueber die Verletzun-
gen in gerichtlich-medizinischer Beziehung. Prag und Wien, 1818, gr. in-8°. III. Dar-
slellung îles Plujsikatwesens in den ôsterreichisch-deutscken Erblandcn, mil Beziehung auf
die diesfalls erlassenen Geselze. ^Vien, 1819, in-S". Keue Aullage, Wien, 1851, in-8°.
IV. Darstelhwg des Gesundheils- und Kranhiieits-Standes ini Kônigreiche Bôhmen wâhrend des Jahrs 1818. In Beobacht. und Abhandl. von ôsterr. Aerzten, Bd. V, 1826, plus un "i^and nombre de rapports sur l'hygiène publique et les maladies régnantes et des articles publiés dans les Med. Jahrb. des ôsterr. Staatcs. L. Hx.
5G8 N.EVUS MATERNUS (pathologie).
IK^GELE (Franz-Carl). Né à Diisseldorf le 2 juillet 1 777 ou 1 778, fut d'abord, dans sa ville natale, professeur et répétiteur d'anatomie, puis il alla faire ses études médicales à Strasbourg, à Fribourg et à Bamberg, où il prit, en 1805, les degrés de docteur en médecine et en chirurgie ; il se rendit d'abord à Barman et, après avoir été pendant quelque temps attaché là à un établissement charitable, il se livra avec ardeur à l'étude des accouchements. Mais en J 807, il entra à Heidelberg comme professeur extraordinaire de médecine, puis, en 1810, il passa professeur ordinaire et fut mis à la tête du grand établissement d'accouchement. C'est à partir de cette époque qu'il commença ces cours sur l'art obstétrical qui attiraient, non-seulement la jeunesse allemande, mais encore des étudiants des autres contrées de l'Europe et notamment des Anglais. Attaché de cœur au pays qui avait vu naître et grandir sa réputation, Naegele refusa, en 1829, d'aller occuper la chaire d'accouchements vacante par la mort du célèbre Siebold. C'est à Heidelberg que cet éminent praticien, auquel la science doit tant de travaux importants, succomba en 1851.
Nous ferons connaître de lui :
I. Deilrag zu einer natiirgeschichllichen Darstellung der krankhaften Erscheinungen aiu thierischen Kôrper, etc. Dùsseldorf, iS04, in-S". — II. Ueber den Zweck, JSutzen und die Einrichtung von Armenanstalten. Barmen, 1807, in-8°. — III. Erfahrungen und Abhandlungen aies deni Gebiele der Krankheiten des weiblichen (ieschlechts, nebst Grundzugcn ciner Met/iodcnlehre der Geburtshiilfe. Mannheim, 1812, iu-8°, pi. — IV. Ueber den Meclianismus der Gehurt. Heidelberg, 1822, plus. édit. in-8°. — V. Das weibliche Becken, betrachtet tii Beziehung ait f seine Stellung, etc. Carlsruhe, 1825, in-4°, pi., plus. édit. — VI. Lelirb. der Geburtshiilfe fiir Hebammen. Heidelb., 1830, in-8°, nombr. édit. — VII. Das sclirâgùerengle Becken, nebst einem Anhang, etc. Mainz, 1859, in-4°, pi. Trad. franc, par Baxmu. Paris, 1840, iu-S", pi. vui. Un très-grand nombre d'articles, de mémoires, etc., dans différents recueils, mais surtout dans les Heidelberger klinische Annalen, et que nous ne pouvons reproduire ici. E. Bgd.
XAEVE, en latin N.£vi0s, nom porté par une famille de médecins saxons, parmi lesquels :
Naeve (Je.vîn), né à Chemnitz, en 1499, fut reçu docteur en médecine à Leipzig, vers 1524, et fut nommé médecin de l'électeur de Saxe. Il est connu seulement par ses travaux de botanique, en collaboration, paraît-il, avei- Matthioli.
IXaeve (Gaspard), frère du précédent, né à Chemnitz, en 1514, devint, comme lui, médecin de l'électeur de Saxe, et plus tard, professeur à l'université de Leipzig où il mourut en 1580. Il a publié :
I. De vence sectione. Leipzig, 1858, in-4". — II. De ratione alterandi humores pcr medicamenta ad })iugandum. Leipzig, 1551, in-4"'. — III. Consilia medica. Francfort, 159!*. in-fol. ; 1G1(J, ibid., in-4°. A. D.
iVJEVUiS MATERIELS 1. § I. Pathologie. Sous les noms de nœvi materni, nœvi uterini sive in utero contracti (Stalpart van der Wiel), notœ genitivœ; mother-spots, mothermarks ; Mutter-nialden; môles, envies, seigns (Amb. Paré), signes, marques ou taches de naissance, on désigne collectivement les altérations congénitales de couleur ou de texture, limitées à une portion plu>^ ou moins étendue de l'enveloppe tégumentaire externe.
Le groupement de ces altérations, fort diverses (qui n'ont d'absolument com-
Le mot a nœvi » (qui, employé seul, veut simplement dire marques) est usité, dans les ouvrages de beaucoup d'auteurs, comme synonyme de « tumeurs érectiles » (voy. Erecxile) : que celles-ci, d'ailleurs, soient congénitales ou qu'elles soient survenues plus ou moins longtemps après la naissance.
NyEVUS MATERNUS (pathologie). 569
rnuii entre elles que le caractère de congénialité) a contre lui l'inconvénient de paraître tout à fait artificiel et d'être, en quelque sorte, la consécration scientifique de l'opinion surannée, qui rattache encore, pour bien des gens, l'existence des différentes formes de naevi à l'influence de sentiments divers, que la mère aurait éprouvés pendant la grossesse. Mais, d'autre part, à la faveur de ce grou pement, on rapproche les unes des autres des altérations qui ont pour caractère commun, essentiel, celui d'être toutes, également, des anomalies par excès dans le développement d'un même appareil, et .qui ne diffèrent que par la nature des parties élémentaires intéressées. Parmi les nsevi, les uns, en effet, résultent simplement d'un excès de pigmentation, tandis que d'autres sont dus à un excès de dés^eloppement de quelqu'une, de plusieurs ou même de l'ensemble des parties qui entrent dans la composition du tégument externe.
C'est précisément le développement exclusif ou la prédominance de telle ou telle d'entre les parties élémentaires de la peau dans un nievus, qui permet de distinguer entre elles les diverses taches ou marques de naissance, et, abstraction faite de leur caractère commun, de les ranger dans des groupes secondaires, différents, oii elles se trouvent rapprochées encore par des particularités spéciales, relatives à l'ensemble de leur histoire clinique et au traitement qui peut être employé pour les détruire ou pour entraver leur extension aux parties avoisinantes.
N^vi piGME^TAiRES. (Tachcs mélauleunes, Is. Geoffroy Saint-Hilaire.) Connus, dès l'antiquité, sous le nom de spili (de cnzO.oq, macula, tache), et désignés surtout sous ce nom quand leur étendue était peu considérable, les naevi pigmentaires ont été observés sur les divers points de la surface tégumentaire, et plus particulièrement à la face, au cou et sur le dos des mains. Ils sont d'ailleurs extrêmement variables dans leurs dimensions ; et, tantôt à peine visibles, ils ont parfois, au contraire, de très-grandes proportions, de telle sorte qu'ils recouvrent, par exemple, toute une moitié du visage, presque tout un membre (Rayer), ou même la plus grande partie du corps (Cazenave et Schedel).
Non moins variés sous le rapport de leur coloration, qui offre, dans les divers cas, toutes les nuances comprises entre le jaune {N. chloasma, N. luteus), le brun (iY. brunneus) et même le noir le plus foncé [JS. nicjer), les ncevi pigmentaires sont à peine sujets à quelques variations secondaires de teinte, si ce n'est dans quelques cas, relativement peu nombreux. Lorsque celles-ci se produisent, elles s'accusent, chez les enfants, par un léger brunissement, qui se montre plus ou moins longtemps après la naissance, tandis que, chez les adultes ou chez les vieillards, la tendance est plutôt à la décoloration ; mais encore parait-il très-rare que cette modification, observée surtout sur le nœvus chloasma et sur le nœvus brunneus, aboutisse à la disparition complète de la tache.
Quelle que soit la forme des naevi pigmentaires, qu'il en existe un seul ou plusieurs en même temps (J. J. Huber, Bodard, Is. Geoffroy Saint-Hilaire), qu'ils soient simplement arrondis ou disposés en forme d'étoile, de demi-cei'cle, de croissant, etc. ; que leurs bords soient plus ou moins unis ou irrégulièrement festonnnés, leur caractère principal, celui qui les distingue essentiellement des autres nsevi (comme eux) non vasculaires, c'est qu'ils ne font pas véritablement .saillie à la surface de la peau. Dans les cas, en effet, où quelques poils, de couleur peu foncée, d'un aspect soyeux, et d'ailleurs assez longs, se sont développés au même niveau que la tache pigmentaire, c'est à la présence des bulbes pileux que sont dues les petites élevures qu'on remarque au niveau de leur racine.
370 N^VUS MATERNUS (pathologie).
Le naevus pigmentaire, réduit à lui-même, se compose uniquement d'une couche de fines granulations, mesurant de 0™'",001 à 0"'™,003 de diamètre; colorées en brun ou en noir, généralement très- abondantes, situées entre l'épiderme et le derme, et mélangées d'ailleurs à une matièi'e amorphe, ainsi qu'à de jeunes cellules épithéliales, arrondies et nucléaires (Laboulbèae).
N^vi HYPERTROPHiQUES NON vAscuLAiRES. Plus particulièrement désignés que les autres nsevi sous les noms de signes ou d^envies, ceux-ci, beaucoup plus souvent que les taches pigmentaires, sont recouverts de gros poils, courts, roides sous le doigt et de couleur foncée, qui permettent de les reconnaître de prime abord (iV. hypertropliicus pilosus).
Fréquemment situés sur les joues, et plus souvent peut-être sur la gauche que sur la droite (J. F. Larcher), ils se rencontrent aussi sur le front, au cou, sur les bras, sur les jambes, sur les côtés du talon, sur le dos, sur l'abdomen, etc., ou même au creux épigastrique (Laboulbène), et, quelquefois, sur plusieurs points du corps en même temps (Villermé).
Leur aspect, d'ailleurs très-différent selon les variétés qu'on examine, dépend surtout du degré de la saillie qu'ils forment à la surface de la peau, où les uns, à peine proéminents, et de forme exactement arrondie, mesurent en surface une étendue qui souvent ne dépasse guère les dimensions d'une lentille ou d'une petite pièce de monnaie, tandis que les autres, sessiles ou pédicules, lisses ou mamelonnés, sont plus ou moins comparables à des figures d'animaux globuleux ou même à divers petits fruits, dont la similitude fort éloignée a souvent exercé la sagacité fantaisiste d'observateurs superficiels.
Quelle que soit, du reste, l'apparence (mùriformc ou autre) que présentent les nrevi qui nous occupent en ce moment, leur couleur, souvent semblable à celle de la peau avoisinante, est quelquefois brune ou noire.
Quant aux poils (que leur gros volume distingue suffisamment de la barbe, loi'sque le naîvus siège au visage), leur base est entourée d'un cercle, plus coloré que le reste de la petite tumeur, et sur lequel se dessinent en relief les bulbes pileux, dont le développement donne souvent au naevus son aspect mamelonné.
La structure des naevi hyperlrophiques non vasculaires consiste essentiellement en fibi^es de tissu cellulaire entremêlées, qui mesurent ordinairemenl 0""",0U1 de largeur et sont réunies par de la matière amorphe. Dans quelques cas, aussi, il se fait au milieu des aréoles dermiques une production exubérante de vésicules adipeuses, dont la présence a valu, en pareil cas, au nœvus l'épithète lipomatodes. Les nœvi materni lipomatodes (Walther), désignés aussi sous le nom de telangiectasies lipomatodes (Schuhj, existent parfois, en très- "rand nombre, sur la même personne, et finissent quelquefois par constituer d'énormes lipomes (Walther). Mais, le plus souvent, ils restent très-longtemps stationnaires, et conservent la forme qu'ils avaient primitivement.
Dans un cas que je citerai en raison des détails circonstanciés que j'ai relevés à son occasion, la petite tumeur cutanée, sous la forme de laquelle se pi'ésentait le naevus, siégeait à la partie inférieure de la région lombaire gauche, depuis l'époque de la naissance. Après avoir été très-petite pendant longtemps, elle avait, durant les dernières années, augmenté peu à peu de volume ; mais elle avait toujours présenté la forme et la disposition pédiculée qu'elle offre encore aujour-. d'hui, apiès 85 ans d'existence. Son plus gi^and diamètre, dirigé parallèlement à la surtace du tégument, mesure 0'",055, son diamètre vertical étant égal à 0'".025. Elle est, du reste, supportée par un court pédicule, qui mesure à
NJIVUS MATERXUS (pathologie). 371
peine 0^,005 de circonférence sur 0^,0 10 de longueur. La surface extérieure offre une coloration d'un blanc jaunâtre, et présente un aspect mosaïforme, dû à l'adossenient de petits lobules, au nombre d'une cinquantaine environ, mesurant de O'^jOOl à 0"\Q'2b au plus, et séparés très-nettement les uns des autres par d'étroits sillons, d'autant plus profonds que les lobules qui les bordent sont eux-mêmes plus développés. La tumeur, complètement opaque, offre, du reste, une consistance molle, mais non fluctuante; elle n'était animée d'aucun battement artériel pendant la vie, et la pression directement exercée sur elle n'occasionnait non plus aucune douleur. — Cette production congénitale une foi> enlevée, nous l'avons incisée dans toute son épaisseur, selon son plus grand diamètre, et la surface de section nous a laissé voir seulement une accumulation de tissu graisseux parcouru par un réseau serré de fibres blanchâtres, assez résistantes, mais sur aucun point nous n'avons trouvé l'apparence de vaisseaux. L'examen microscopique a permis de constater, eu outre, les particularités suivantes : i° Dans la partie superficielle, l'existence d'une couche d'épiderme stratifié, assez épaisse, et, en dessous, la présence d'une mince couche, formée par les éléments du derme, sans apparence de papille; 2° l'existence d'un tissu cellulaire extrêmement ténu et contenant beaucoup de graisse; 5" l'absence de toute trace de glandes sudoripares, de glandes sébacées et de follicules pileux ; 4" la présence de bandelettes fibro-cellulaires denses, mais ténues, se continuant avec le reste du derme épaissi jusqu'à la face profonde des sillons qui séparent les différents mamelons de la surface extérieure, et parcourant irrégulièrement la masse intérieure de la tumeur; 5'^ l'existence d'énormes aréoles, circonscrites par ces bandelettes, et remplies de vésicules graisseuses, qui, lorsqu'on les comprime, laissent échapper l'huile qu'elles contiennent. Nous ajouterons que les sillons intermamelonnaires, visibles à l'extérieur du nîevus, l'enfeimaient des productions noirâtres, dans lesquelles le microscope n'a laissé voir aucun globule de graisse, mais seulement quelques débris épithéliaux et quelques impuretés venues du dehors.
L'interprétation anatomique du mode de formation du nœvus lipomcUodes mérite de fixer un moment l'attention ; car on ne saurait oublier que les vésicules dont la présence le caractérise essentiellement n'entrent pas dans la composition normale du tissu dermo-papillaire, dont la structure comprend des fibres lamineuses, des fibres élastiques, des noyaux embryoplastiques, une matière amorphe, des vaisseaux capillaires et lymphatiques, des nerfs et des fibrescellules. Cependant, les éléments du derme cutané, moins condensés dans la profondeur que dans la partie superficielle de cette membrane, forment une trame réticulée, qui se laisse envahir par le tissu adipeux sous-cutané ; et, par conséquent, quoiqu'ils ne lui appartiennent pas directement, les éléments de ce tissu ne sont pas non plus absolument étrangers à la couche profonde du derme proprement dit. Cette disposition, qui s'observe à l'état normal, peut, ce nous semble, permettre de comprendre la formation du nœvus lipomatocles, soit que, ^'exagéraut, elle favorise la pénétration de la couche réticulée par les vésicules adipeuses surabondantes au niveau de certains points du corps, soit que l'envahissement ait lieu au niveau d'un nombre restreint des petites mailles que présente cette couche. Dans ce dernier cas, il est possible que les mailles avoisinantes résistent à l'envahissement, et que, par contre, dans la direction où la pénétration a commencé à se faire, les vésicules graisseuses continuent à s'accumuler, en dissociant peu à peu, devant elles et autour d'elles, les éléments propres du
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derme. Telle est très-pi^obablement la manière dont s'est développée et accrue la petite production que nous avons examinée. D'une part, en effet, il existe un petit pédicule, très-étroit et très-court, cpii semble retracer au dehors l'étroite communication existant entre le tissu adipeux sous-cutané et la masse même de la petite tumeur; et, d'autre part, cette production extérieure, examinée au point de vue de sa structure, laisse voir dans son épaisseur les éléments du derme, dissociés çà et là, et séparés par des vésicules adipeuses assez abondantes.
NiEvi iiYPERTROPiiiQOES vasculaihes. (Nœvi sanguinei, nœvi vasculaires, Blutmahlen). Ce groupe comprend, d'une part, les taches diverses, connues sous les noms A' ecchrjmome congénital (Alibei't), nœvi flammei, taches de vin, tache de feu {Feuennnhl), nœvus télangiectasique, angiome simple (Virchow), et, d'autre part, celles connues sous le nom de tumeurs érectiles de la peau, nœvi vasculosi, angiomes caverneux congénitaux (Virchow), qui, de part et d'autre, sont caractérisées essentiellement par des altérations vasculaires, et ne diffèrent pratiquement, entre elles, que par la saillie, nulle ou plus ou moins marquée, qui l'ésulte de leur existence.
Ces nœvi, dont les dimensions sont d'ailleurs très-variées, peuvent se rencontrer sur toutes les régions du corps , mais plus particulièrement à la tète (face, joues, nez, paupières, front, crâne), au cou et sur les membres, soit du côté de la flexion, soit du côte de l'extension.
Leur forme, souvent assez régulière pour qu'on ait pu la comparer à celle d'une pièce de monnaie, est plus souvent encore irrégulière et bizarre, et il n'est même pas absolument rare de trouver un îlot de peau normale, complètement circonscrit par un naîvus.
Quelle que soit, du reste, la forme qu'il affecte, le naevus vasculaire a pour caractère essentiel sa coloration, qui rappelle celle des taches produites par le vin [tache vineuse) ou par le jus de quelques fruits [taches de framboises). Tantôt violettes, tantôt d'un rouge clair ou foncé, ou bien encore roses, légèrement bleuâtres, livides, ou même gris d'acier, ces taches offrent parfois des nuances diverses, par suite de l'inégale vascularisation des divers points de leur étendue, ou bien elles laissent apercevoir un i^éseau à mailles assez lâches, dont on a comparé l'aspect à celui des pattes d'une araignée [N. araneus, Spider nœvus), et dont on trouve ordinairement plusieurs exemples, çà et là disséjninés sur une même partie du corps.
Dans les cas de mevi vasculaires non saillants à la surface de la peau, la coloration rougeâtre disparaît ordinairement sous la pression du doigt, et, par contre, elle devient plus intense à la suite d'un exercice violent, sous l'influence de la chaleur du lit, pendant la durée des époques menstruelles, etc., et, d'une manière générale, dans toutes les circonstances où la circulation devient ellemême plus active, sans que d'ailleurs, dans tous les cas, on observe concurremment une tuméfaction bien sensible de la tache.
Les nœvi materni vasculaires, qu'aucune différence anatomique ne paraît distinguer des altérations du même genre, survenues quelquefois plus ou moins longtemps après la naissance (Broca), non plus que des angiomes simples (Virchow), qu'on observe aussi dans d'autres tissus que celui de la peau, sont tous formes de vaisseaux capillaires, dont les uns ont subi une dilatation cylindrique et se sont allongés, tandis que les autres, de formation nouvelle, constituent de petits pelotons, qui se montrent, au premier aspect, comme autant de granulations, de la grosseur des grains du millet (Porta). L'ensemble paraît, au premier
NiEYUS MATERNUS (pathologie). 575
abord, former un lacis inextricable; mais chaque granulation communique avec la circulation générale par deux vaisseaux nourriciers, l'un centripète, l'autre centrifuge, qui jouent respectivement les rôles d'artère et de veine, bien que leurs parois aient conservé la minceur et la simplicité des parois des capillaires.
Les nsevi vasculaires paraissent être, en quelque sorte, sous-épidermiques, et, de fait, les capillaires les plus superficiels du derme y sont bien réellement dilatés; mais l'altération occupe principalement la couche profonde du derme, et c'est là seulement que se rencontrent les granulations vasculaires (Broca), dont la couche, plus ou moins épaisse, n'adhère que très-mollement aux tissus souscutanés et est, au contraire, entièrement confondue avec la peau. La couche superficielle du derme existe toujours au-dessus des granulations, et, sauf que ces organites sont plus ou moins atrophiés, on y retrouve généralement les bulbes pileux, les glandes sébacées et les glandes sudoripares (Broca).
Telle est la disposition qu'on observe le plus souvent dans les nsevi vasculaires, qui, pour la plupart, acquièrent même parfois une grande étendue en surface, sans qu'on puisse y apercevoir d'autres altérations. Mais, dans d'autres cas, et quelquefois même sur de simples taches cutanées, sans tuméfaction appréciable, lorsque les parois des capillaires dilatés sont peu solides et cèdent inégalement sur les divers vaisseaux, il se produit des bosselures (iV. proeminens) fusiformes. cirsoïdes ou sacciformes, qui rappellent en petit sous le microscope l'apparence des paquets variqueux. Enfin, dans d'autres cas, quelquefois très-rapidement (Biichner, Bruns), quelquefois à une époque extrêmement tardive (Ivaposi), les parois des petits vaisseaux dilatés Unissent par se rompre, et alors le sang se creuse, dans le tissu conjonctif qui constitue le stioma de la tumeur, des cavités irrégulières, qui communiquent toutes ensemble, et qui, d'abord visibles seulement au microscope, s'agrandissent parfois démesurément et constituent par leur réunion de véritables tumeurs érectiles [voy. Erectiles) ou angiomes caverneux (Virchow). Cette transformation ne s'accomplit, du reste, pas toujours sur tous les points du nœvus en même temps, et quelquefois elle n'a lieu que sur des points très-limités.
Ces diverses modifications, encore sans exemple chez les vieillards, rares chez les adultes, et d'autant plus fréquentes que les sujets sont plus jeunes (Broca), s'accusent cliniquement de diverses manières. Ainsi, les nsevi proéminents offrent, plus que les autres, des modifications remarquables dans l'intensité de leur coloration, dans le degré de turgescence que détermine une activité musculaii'e exagérée, dans l'énergie des pulsations dont ils sont parfois le siège, et, d'autre part, dans la pâleur exceptionnelle du point qu'ils occupent, lorsque la peau devient le siège d'un état anémique passager (comme dans une syncope, par exemple) ou permanent, comme dans les cachexies généralisées (Kaposi). La peau s'amincit, du reste, de plus en plus, et sa surface prend un aspect inégal, raboteux, quelquefois même lobule, de telle sorte que toute la masse ressemble beaucoup aux fraises, aux mûres, etc. (iV. morum, Ficus), et pour peu que la petite production se pédiculise, elle prend l'aspect d'un véritable polvpe {Angioma polyposum). Selon aussi que, dans une tache vasculaire, les capillaires veineux ou les artériels prédominent, on observe quelques différences cliniques qui ne doivent pas être perdues de vue : ainsi, par exemple, les taches artérielles, souvent multiples et toujours diffuses, se continuent insensiblement avec la peau saine des parties environnantes, et, auant) leur couleur, rouge ou
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rosée, elle pâlit sous la pression du doigt et reparaît aussitôt après, comme celle de l'érysipèle. Les taches veineuses, colorées en rouge violet ou en bleu, beaucoup moins fréquentes que les autres, n'ayant pas la même tendance à guérir spontanément , mais ayant aussi fort peu de disposition à s'accroître, sont tantôt diffuses, tantôt circonscrites. Elles occupent souvent une étendue considérable et s'accompagnent toujours, alors, d'une tuméfaction appréciable, qui indique bien que ce ne sont pas de simples taches, et que, le plus souvent, elles s'étendent plus ou moins profondément au delà de la peau, bien que leur développement en surface soit toujours beaucoup plus considérable. La pression du doigt, en expulsant passagèrement une partie du sang qu'elles renferment, diminue l'intensité de la coloration, mais ne rend pas à la peau sa couleur naturelle, comme cela a lieu pour les taches artérielles ; et, de plus, les cris et les efforts, tout en leur , comnmniquant une certaine turgescence, ne déterminent pas en elles des changements de couleur aussi prononcés que dans ces dernières.
Outre les modifications que nous avons indiquées, les nsevi vasculaires en subissent quelquefois d'autres encore.
Les taches veineuses, par exemple, sont parfois le siège d'une altération caractérisée par une abondante inlîltralion de granulations graisseuses dans le stroma (Lebert, Broca), et, dans d'autres cas, où la tache perd sa tendance à se propager ou à se compliquer de dilatations vasculaires, elle se laisse envahir par un grand nombre de vésicules adipeuses, dont l'accumulation la transforme en un nœvm lipomatodes.
Dans d'autres cas, et pkis souvent peut-être pour les nîEvi artériels que pour les autres, le tissu cellulo-tîbreux, qui constitue la base du stroma, shypertrophie et se rétracte, étreignant, étouffant et finissant même par oblitérer les vaisseaux interposés, de telle sorte que le nasvus, en même temps qu'il cesse d'être éi'ectile, perd aussi chaque jour de son volume, et se trouve remplacé par une masse inodulaire, beaucoup plus petite, qui peut, à son tour, se résorber. Cette modification anatomique, vraisemblablement due à un travail inflammatoire, tantôt se produit, comme ce dernier, à la suite d'un traumatisme accidentel ou d'une tentative de ti-aitement chirurgical, et tantôt paraît être la conséquence d'un travail ulcératif, qui commence par les parties superficielles et s'étend aux couches sous-jacentes. La surface ulcérée, d'abord toute petite, s'accroît bientôt, sans gagner en profondeur, et fournit un pus séreux, comparable à celui d'un vésicatoire, puis elle se cicatrise, et la masse inodulaire forme une tache blanchâtre, tant soit peu déprimée, au niveau de laquelle se fait l'oblitération vasculaire que nous mentionnions tout à l'heure.
Mais, quelquefois aussi, tantôt à la suite d'hyperéuiies fluxionnaires (llenoch) diverses et notannnent de celle qui se produit chaque mois chez les femmes (Virchow), tantôt sous l'influence d'actions mécaniques, il se fait des hémorrhagies, parfois assez abondantes pour causer quelque inquiétude.
La transformation oblitérante ne se produit pourtant pas toujours avec une égale régularité sur tous les points du naevus, et quelquefois, par exemple, n'ayant lieu que partiellement, elle n'efface certains vaisseaux que sur quelques points de leur longueur, de telle sorte que les petits tronçons vasculaires, qui sont restés libres entre les points obstrués, constituent autant de cavités closes, susceptibles elles-mêmes de se dilater ensuite et de donner lieu à une sorte de transformation kystique (Holmes Coole), que l'on observe aussi, parfois, dans des cas qui paraissent se dérober à cette explication (Laboulbène).
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Indications tiiérapeutiqces. Les détails dans lesquels nous sommes entré, en traçant l'histoire des diverses espèces de naevi, ont permis dojà de pressentir la conduite qu'il peut être opportun de tenir en face de chacune d'elles.
Pour les naevi pigmentaires, en particulier, ainsi que pour les naevi hypertrophiques non vasculaires, toutes les fois que l'altération a une très-grande étendue, elle n'est justiciable de l'emploi d'aucune intervention réellement curative; car, en réalité, notre action ne pourrait être sollicitée ici par l'indication de faire disparaître l'imminence d'un danger, alors qu'il s'agirait seulement défaire cesser l'existence d'une difformité.
Ces nœvi, en effet, ne sont habituellement le siège d'aucune douleur, d'aucune démangeaison, si ce n'est dans quelques cas exceptionnels. Alors, comme cela s'observe pour les nsevi hypertrophiques non vasculaires, il arrive quelquelois que, quand on les presse entre les doigts ou lorsqu'on les gratte avec les ongles (jus({u'à les dépouiller de leur épiderme), ils fournissent un suintement peu abondant, par suite de la rupture de quelques capillaires, et deviennent le siège de douleurs, qui ne sont généralement pas de longue durée.
Cependant, pour les naevi hypertrophiques pédicules, qui, sous l'influence de tractions réitérées, finissent parfois par se détacher, sans donner lieu même à un écoulement sanguin notable, il arrive quelquefois aussi que, le pédicule s'allongeant de plus en plus, et, partant, la tumeur devenant flottante, la personne qui en est atteinte finit par ressentir, de temps à autre, des tiraillements fort gênants, qui suffisent pour justifier une intervention chirurgicale.
D'une manière générale, en ce qui concerne les naevi hypertrophiques non vasculaires et les naevi pigmentaires, on peut dire, du reste, qu'il n'y a vraiment lieu de songer à les détruire, qu'autant que leurs dimensions sont faibles et que le mode de traitement adopté n'exposera pas le malade aux chances d'une cicatrice plus fâcheuse qu'une difformité, qui, dans quelques cas (cela s'est vu quelquefois pour le nœvus cidoasma et pour le nœvus bnnineus), peut dispai'aître spontanément.
Il en est tout autrement pour les naevi vasculaires, et notamment pour les simples taches, qui, comme ou le sait, peuvent rester stationnaires ou même disparaître spontanément (Bouchut, Yirchow, Holmes Coote, Gay), mais qui peuvent aussi, et beaucoup plus souvent, acquérir ultérieurement de grandes proportions et subir des modifications qui aboutissent à la formation de tumeurs érectiles, plus ou moins volumineuses. Aussi, quelque minime que soit une tache vasculaire, quelque stationnaire qu'elle paraisse être d'abord, doit-on au moins la surveiller attentivement, de façon à pouvoir intervenir promptement par un traitement approprié , si elle paraissait avoir la moindre tendance à s'accroître.
Le traitement des tumeurs érectiles, en raison surtout des complications qui peuvent modifier les indications thérapeutiques, rentrant dans Ihistoire générale de ces tumeuï-s (étudiées dans les diverses parties de l'organisme), nous n'avons pas à nous occuper ici de ce qui concerne le traitement de celles de la peau {voy. Érectile), et, laissant de côté les nœvi vasculaires saillants, dont l'histoire chirurgicale ne diffère pas de celle des tumeurs érectiles sous-cutanées non congélinales, nous nous bornerons à exposer les divers moyens employés contre les nœvi vasculaires non saillants ou les simples taches sanguines.
Ces moyens se rattachent à quatre méthodes principales, dont l'une constitue une sorte de traitement palliatif, tandis que les trois autres ont pour objet de
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favoriser l'oblitération du réseau vasculaire ou de faire disparaître totalement le naevus.
La première de ces méthodes, imaginée par Pauli, consiste dans un tatouage, destiné à masquer la coloration rouge ou vineuse de la partie iiiléressée. On commence par laver la surface avec de l'eau de savon, on la frotte ensuite pour faire pénétrer le sang dans les mailles les plus fines du tissu érectile, puis on tend la peau et on la recouvre d'une couche de blanc de céruse, plus ou moins mélangé de vermillon, selon la couleur que l'on veut obtenir. On pique ensuite la peau avec plusieurs aiguilles, trempées dans la couleur et lîxées sur un bouchon, dont elles dépassent très-peu la surface. De la sorte, on incruste dans la peau une matière colorée à peu près comme elle, mais en ayant soin de procéder seulement par petites parties, lorsque le naevus est considérable, car une semblable opération, pratiquée sur une surface un peu étendue, pourrait produire une inllammation trop intense. Du reste, outre que, pour obtenir un résultat satisfaisant, le choix de la couleur est difficile, on n'obtient, d'une manière générale, par ce mode de traitement, que des résultats fort incomplets; car, tandis qu'on parvient à dissimuler les taches pigmentaires (brunes ou fauves), aucun tatouage ne parvient réellement à masquer les taches lie de vin (Cordier).
La deuxième méthode comprend les divers procédés capables de déterminer l'atrophie du naevus, et compte, pai'mi ses principales ressources : 1° les réfrigérants, dont la valeur réelle ne répond pas aux espérances d'Abernethy; 2° la compression, qui n'est malheureusement pas toujours facile à maintenir, et qui, pourtant, a donné quelquefois de bons résultats, soit qu'on l'ait employée seule, soit qu'on ait eu recours, en même temps, à l'usage de quelque topique astringent, tel que V acétate de plomb (Sigmund), la teinture d'iode (Balteel), le perchlorure de fer, ou bien encore le sublimé corrosif. La compression agit vraisemblablement en empêchant le sang de traverser la tumeur et de distendre les vaisseaux, qui reviennent sur eux-mêmes, et qui, dans les cas les plus heureux, iinissent sans doute par reprendre leur calibre normal. Dans certains cas, ce but a été atteint par l'application réitérée du coUodion a la surface de la tache sanguine (Brainard), et, dans d'autres, l'association du sublimé k ce produit (08%20 pour 2 gi'ammes), d'un maniement si facile, a été i^ecommandée, comme ajoutant encore à son efficacité (Wardrop, Wilhelm Stricker).
La troisième méthode {méthode perturbatrice, de Broca) a pour objet de s'opposer à l'abord du sang dans la tache sanguine, en déterminant directement l'oblitération des petits vaisseaux.
La galvano-puncture et les injections coagulantes, qui réclament une place importante dans le traitement des nœvi vasculaires saillants, sont, si l'on peut ainsi dire, au-dessus de la thérapeutique usuelle des simples taches sanguines, bien qu'elles aient été employées plusieurs fois avec succès (Buchanan) et qu'elles aient d'ailleurs l'avantage de ne déterminer la formation d'aucune eschai"e (J. Penhall).
En revanche, il n'en est pas de même des divers irritants locaux, dont ou peut, suivant les cas, faire porter l'action, soit seulement à la surface dudermef soit jusque dans la profondeur de cette couche tégumentaire. Parmi les agents qui exercent leurs effets à travei's l'épiderme, nous citei'ons, par exemple : l;t teinture d'iode (dont l'efficacité est d'ailleurs assez minime); le tartre stibié, qui, employé en pommade (Os^SO pour 4 grammes d'emplâtre adhésif), a donne quelquefois des résultats favorables (Young, Cumming, Krieg, Zeissl) ; Vhuile de
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croton iiglium, employée en frictions; le nitrate de potasse, employé de la même manière (Mangenot, Tillieux) ; les vésicatoires volants, ou encore cez<^ dont la suppuration est entretenue pendant quelque temps (Laboulbène). Enfin, nous citerons le perchlorure de fer, dont l'emploi, pratiqué suivant le procédé de Thierry, n'est suivi d'aucun accident, et, chose importante, peut ne donner lieu, non plus, à la formation d'aucune cicatrice apparente. Sur le derme, préalablement dénudé à l'aide d'une substance vésicante, telle que l'ammoniaque ou une mouche de Milan, on pi'omène un pinceau imbibé de perchlorure de fer à 20°. Une croûte brunâtre, mince et lisse, ressemblant assez à une escbare, et constituée par du sang coagulé, se forme rapidement, et se détache, cinq ou six jours après, sans suppuration. L'application du perchlorure de fer peut d'ailleurs être renouvelée tous les jours ou tous les deux jours, et, si par hasard l'épiderme s'est reproduit dans l'intervalle, on peut le détruire avec de l'ammoniaque. Si, l'opération ayant réussi, on a, au bout d'un temps assez peu éloigné, un an et demi, par exemple, l'occasion de pouvoir procéder à l'examen anatomique, on peut constater, au niveau des points sur lesquels a porté l'action du perchlorure de fer, qu'il n'existe plus la moindre trace de tissu érectile, que le derme est aminci et plus dense, et qu'enfin la graisse qui le double est très-peu abondante (Godard).
Les procédés endermiques, qui doivent être réservés pour les cas où les autres moyens ont été Aainement employés ou échouent habituellement, consistent dans l'inoculation d'une substance capable de déterminer l'inflammation adhésive et conséquemment l'oblitération des vaisseaux. Le liquide recueilli sur un malade atteint de pourriture d'Iiôpital a, comme on le sait, été recommandé dans ce but ; mais personne, assurément, ne voudrait aujourd'hui s'en servu'. Quant à Vhuile de croton tiglium, dont l'emploi peut donner lieu au développement d'une pustule au niveau de chaque piqûre et répondre au but désiré (Lafargue), ses effets ne sont pas, à beaucoup près, aussi réguliers que ceux du virus vaccinal, dont il nous reste maintenant à parler, et dont l'utilité, consacrée déjà par un assez long usage (Earle, Downing, Hodgson, ïarral, Velpeau, Caron du Villards, Legendre), est, depuis plus de vingt ans, complètement reconnue, (juant au mode d'inoculation, il peut varier selon les indications particulières, soit qu'on se serve de la lancette ou d'une simple aiguille, comme pour les vaccinations ordinaires, soit que, pour prévenir l'écoulement du sang au dehors et, par suite, l'entraînement possible du virus, on enfonce dans la tumeur plusieurs épingles fines, chargées de vaccin, en ayant soin de les laisser trois ou quatre minutes en place, avant de les retirer (Nélaton). Quel que soit le mode d'inoculation qu'on adopte, et surtout si l'on procède comme pour une vaccination ordinaire, les piqûres doivent d'ailleurs être multipliées en raison de l'étendue de la tache, et peuvent le plus souvent être espacées de 0'°,010 à 0",012, sur elle et à l'en tour d'elle.
Dans les cas où les moyens précédemment indiqués sembleraient devoir être impuissants ou même auraient déjà été employés sans succès, il peut devenir nécessaire de tenter la destruction de la tache sanguine, soit qu'on ait recours à l'action an fer rouge (qui, malgré le patronage de de Graefe et de Dupuytren, et en dépit des heureuses modifications apportées dans la confection de l'appareil instrumental par Wordsworth, compte fort peu de partisans) ; soit qu'on se serve du cautère galvanique (qui doit être employé largement et profondément, et dont l'usage laisse après lui, le plus souvent (Bryant), une cicatrice blanche et
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mobile) ; soit, enfin, que l'on fasse usage des caustiques ou de la ligature.
Parmi les caustiques nous citerons : i° Vacide nitrique fumant, préconisé surtout à cause de sa puissance coagulante (Lawrence, Quain, FoUin, Holmes) ; 2» les acides chlorhydrique et chloro-acétique (Stromeyer), Vacide phénique pur; 3° le nitrate d'argent, recommandé par de Graefe pour le traitement de quelques naevi petits et superficiels ; 4° la pâte arsenicale, dont l'action toxique n'est malheureusement pas absolument exempte de danger, surtout chez les jeunes enfants; 5° une pâte préparée, soit au chlorure de zinc, soit au chlorure de brome, et appliquée sur le derme préalablement dénudé ; ô'* le sublimé corrosif, à la dose de 4 grammes dans .30 grammes de collodion, caustique dont l'emploi se recommande surtout quand il faut intervenir chez de jeunes enfants trèsmobiles, et qu'on peut appliquer simplement à l'aide d'un pinceau (Vlacke) ; 7° la potasse caustique, dont Wilson se sert avec succès dans le traitement du nœvus araneus, et qu'il emploie, sous forme de petits fragments aiguillés, à l'aide de l'un desquels on pénètre le sommet de la petite élévation du naevus, et qu'on maintient en place pendant un instant. Lorsqu'on a réussi, de cette façon, à produire l'effet voulu sur le sang contenu dans la petite saillie du naevus, le même phénomène se produit habituellement sur celui que contiennent les vaisseaux irradiants ; et, dans le cas où l'on aurait échoué, on ferait vivement avec le caustique de petites traînées le long de leur trajet; 8" lapâte de Vienne, dont l'application, d'ailleurs facile, détermine peu de douleur et permet de détruire, en huit ou dix minutes, toute l'épaisseur de la peau (Aug. Bérard), soit qu'on l'emploie suivant l'usage habituel ; soit qu'on se serve de la préparation connue sous le nom de caustique Filhos, pour les cas notamment où la tache n'a pas plus de 0'",01 de large (Broca) , ou bien encore qu'on ait recours au procédé de la cautérisation sèche (Chassaignac) . Dans ce dernier cas (la pâte de Vienne ayant été appliquée, comme d'ordinaire, à la surface de la tache), dès qu'on tient pour suffisante l'action du caustique, on l'enlève, on lave la place avec de l'eau vinaigrée, et on la dessèche ensuite exactement, avant d'appliquer sur toute la surface cautérisée une plaque d'amadou, ponctuellement taillée sur l'eschare; et, à sa chute, on trouve une cicatrisation presque complète des tissus sousjacents.
Après cette longue énumération des divers moyens d'obtenir la guérison des naevi qui seraient susceptibles de prendre un accroissement fâcheux, il pourrait être utile de préciser les circonstances dans lesquelles l'emploi de chacun d'eux est plus particulièrement indiqué ; mais la variété même des divers agents que nous avons passés en revue (variété qu'on pourrait être tenté d'attribuer à l'inefficacité générale de chacun d'eux) suffit à prouver que chaque cas particulier fournit des indications particulières, dont le praticien doit savoir lui-même s'iuspirer. Tout ce qu'on peut dire, en termes généraux, c'est que la cautérisation superficielle, avec la pâte de Vienne, et, d'autre part, l'inoculation vaccinale, sont, sans contredit, les deux moyens dont la pratique a le plus largement consacré l'usage ; et, à l'égard du vaccin, il n'est pas inutile d'ajouter qu'on doit l'employer surtout chez les sujets non-vaccinés, mais qu'on peut encore s'en servu' utilement chez un sujet déjà vacciné; car, outre les chances de succès de la revaccination, il n'est pas impossible, en cas d'échec, que le faux vaccin, s'il se développe, produise un inflammation suffisante pour amener le résultat cherche (Broca).
Mais, du reste, on ne doit, en règle générale, avoir recours à une intervention
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eiiergicfue, chez les nouveau-nés et chez les jeunes enfants, qu'autant que le naevus menace de s'accroître rapidement ; et, bien au contraire, toutes les fois qu'il est positivement stationnaire, il est préférable de s'abstenir de tout traitement actif. Enfui, subordonnant complètement le choix de la méthode et du procédé thérapeutiques à l'opportunité de l'intervention, il faut savoir même ne pas agir du tout, s'il semble que le naevus ait quelque tendance à subir spontanément une métamorphose régressive. 0. Larguer.
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2 II. médecine légale. Voy. IdEiNTITÉ.
IVAGA-mJS.\DiE. On désigne sous ce nom indien un arbre dont, suivant Roxburgh, les Tahugas emploient l'écorce et les racines pour guérir les morsures du Naga ou Serpent à lunettes. La fructification de cet arbre n'est pas connue : ses feuilles sont opposées et garnies de gaines stipulaires à la base : ce qui a fait supposer que c'est une Rubiacée.
Dictionnaire des sciences naturelles, 1825, XXXIV, p. 119. — Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, IV, 564. Pl.
NAGAm. Nom donné dans les Indes à un arbre dont on emploie le suc des feuilles, mêlé avec de l'huile de noix, contre les enflures périodiques du ventre. D'après Jussieu, ce nom s'applique au Molavi des Philippines, du genre Heritiera {voy. ce mot).
James. Dictionnaire de médecine, IV, 1441. — Mérat et De Lexs. Dictionnaire de matière médicale, Vf, b&i. — Jvssieo. In Dictionnaii'e des sciences naturelles, XXXIV, 119; 1825.
Pl.
IVAGAS ou XAGHAS. Sous le nom de Bois de Naghas, on désigne un bois à la fois très-dur et très-aromatique, à odeur d'anis. Plusieurs auteurs, Virey, Mérat et de Lens, etc., pensent qu'il faut en rapporter l'origine au Mesua ferrea L. {Nagassarium Rumph.) de la famille des Guttifères. Mais Guibourt met en doute cette opinion parce que Rumphius et Burmann, qui ont parlé du Mesua sous le nom de Nagassarium, n'attribuent aucune odeur aromatique au bois de cette espèce. Le savant professeur de l'École de pharmacie de Paris a pensé que c'est le produit d'un Ocotea, et très-probablement de l'Ocotea cymbarum [voy. Ocotea), Ce bois est d'un brun noirâtre, avec un aubier jaune fauve, presque
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aussi dense que le cœur du bois. Il est susceptible d'un beau poli. Son odeur et sa saveur rappellent celles du Sassafras.
RoMPHius. Herbarium Amboinense. — Vireï. Journal de pharmacie, t. IX, p. 468.
GuiBouRT. Drogues simples, 6* édit., II, 592. Pl.
IVAGEL. Parmi les nombreux médecins qui ont porté ce nom en Allemagne et en Danemark, nous ne citerons que les suivants :
Kagel (Carl Friedrich). Né à Copenhague en 1794, fit ses études médicales dans sa ville natale et les termina à Kiel, où il fut reçu docteur en 1818. Nommé médecin de la ville d'Altona en 1852, chargé de l'enseignement à l'école des sages-femmes, d'une partie de la direction de cette école et de la surveillance de l'établissement de vaccination en 1855, il mérita, grâce aux nombreux services qu'il avait rendus, d'être nommé chevalier de quatrième classe de l'ordre de Dannebrog, le 22 octobre de la même année; enfin, en 1841, il devint médecin de la cour et conserva cette charge jusqu'à sa mort.
On a de lui :
I. Diss. inaug. exhibens spécimen historiée docimasiœ iJulmonum. Kiliœ, 1818, in-8". —
II. Veber das Entkràftungsjieber der alten Leute, eine wenig gekannle und bisher nocit nicht besclirieboie lirankheit. Altona, 1829, gr. in-8°. — III. Ueher das Armenwesen und die Naturalver/iflegung der Armeii, etc. Altona, 1830, in-8°. — IV. Ein Wort iiber das jet:t grassirciidc Scluirlaclificber. Altona, 1831, gr. in-8°. — V. Anleitung und Au/f'orderung zur Errichtung ôffeiitliclier Speise-Anstalten, jeizt zunâchst als krâftiges Mittel gegen die Verbreitung der Choiera. Altona, 1831, gr. in-8°. — VI. Antiquitates cholericœ sive tentamen disquirendi : quatenus choiera hodierna maligna veteribus medicis cognita fuerit. Altonœ, 1833, gr. in-8°.
iVagel' (Carl Anton). Né à Leobschûtz, en Silésie, le 17 septembre 1798, fils d'un médecin, Nagel (Léopold), qui mourut en 1814. 11 fit ses études médicales à l'université de Breslau et à celle de Berlin, fut reçu docteur dans cette dernière ville en 1820 et alla ensuite pratiquer la médecine à Breslau.
Nous citerons de lui :
I. Diss. inaug. ined. de signis ex ventre. Berolini, 1820, gr. in-8''. — II. Ueber die gallertartige Erweichung des Magens. In N. Brest. Samml. der Heilkunde, Bd. I, 1829. —