‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.63Chapitre 85 sur 104 · NAVAL (SERVICE DE SANTÉ · texte numérisé non relu

NAVAL (SERVICE DE SANTÉ

ambulances successives à mesure que le théâtre du combat se déplace, et jusqu'au moment du retour. C'est ainsi que dans les expéditions faites en Cochinchine, à quelque distance du littoral, les chirurgiens suivaient la colonne avec leur matériel et venaient s'établir à 400 ou 500 mètres du lieu de l'action, dans le point qui leur était désigné.

Lorsque l'action commence au moment où les compagnies mettent le pied sur la plage et avant qu'il ail été possible d'étfiblir une ambulance, les premiers blessés sont réunis en arrière de la colonne d'attaque et pansés sur le terrain même, en attendant qu'on puisse les évacuer par les canots de secours.

Quant aux soins à donner aux blessés pendant l'action, ils sont à peu prè'S les mêmes que ceux dont nous avons parlé à l'occasion des batailles navales. Ce n'est pas sous le feu de l'ennemi, avec la nécessité de se déplacer à chaque instant, et des transports en perspective, qu'on peut songer à pratiquer une, opération un peu délicate ou à faire un pansement régulier. On se borne dans la majorité des cas à arrêter les hémorrhagies en liant le vaisseau, s'il est superficiel et qu'on puisse l'atteindre assez facilement, en appliquant un garrot ou un tourniquet dans le alg contraire, à extraire les projectiles lorsqu'ils ne nécessitent pas de minutieuses recherches. On panse les plaies pour les dérober à la vue du blessé et de ses camarades, on réduit et on contient les fractures à l'aide d'attelles qu'on est le plus souvent forcé d'appliquer par-dessus les vêtements, parce qu'il est rare qu'on ait le temps de déshabiller les hommes, elc

(Hello).

Si les évacuations se sont faites au fur et à mesure de l'arrivée des blessés, il ne reste plus au moment du retour à bord qu'un petit nombre d'hommes à porter dans les canots. Le médecin en chef de l'expédition s'assure qu'il n'est pas resté de blessés sur le champ de bataille, et il s'embarque lorsque le dernier d'entre eux est mis en sûreté.

Art. 221 du Manuel de Vinfirmier marin : « Si l'ordi-e a été donné de faire enterrer les morts qui se trouvent sur le champ de bataille, un jour de combat, les infirmiers recueillent avec soin les livrets des soldats ou des marins tués, ou les pièces qui peuvent en tenir lieu. Ces différentes pièces sont remises à l'officier d'administration attaché à la colonne expéditionnaire. »

Pendant la traversée de retour, les médecins attachés aux embarcations de secours veillent sur les hommes qu'ils accompagnent, rétablissent les appareils qui ont pu se déplacer, remédient au besoin à une hémorrhagie intercurrente. Ils les garantissent contre le froid ou contre les rayons du soleil et leur font donni'r à boire. Au moment où il s'agit de les transborder sur le bâtiment-hôpital ou sur leurs navires respectifs, ils dirigent, avec le soin habituel, cette opération qui doit s'exécuter avec les plus grandes précautions et sans qu'on y apporte une précipitation que rien ne saurait justifier, dans un moment où tout danger a disparu (J. Rochard, p. 89).

Une fois le corps de débarquement rentré à bord, le médecin de division se rend a bord du navire-hôpital, revoit les blessés, s'assure de leur état, de leur nombre, et fait son rapport au commandant en chef. 11 prend les ordres de ce dernier pour l'adoption des mesures générales que réclament les circonstances.

B. Service à terre. 1" Hôpitaux de la métropole et des colonies. La marine possède sept hôpitaux dans les cinq ports militaires de la métropole ; ils reçoivent les hommes dont les affections sont assez graves pour ne pouvoir être traitées dans les infirmeries régimentaires ou dans celles des divisions des équi-

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pages ; ils admettent également tout le personnel des différents corps de la marine, celui des arsenaux, et parfois les malades du département de la guerre.

Notre intention n'est pas d'aborder, dans cet article, l'historique, l'organisation et le fonctionnement complet des hôpitaux de la marine, pas plus que les questions qui ont trait au service médical dans les hôpitaux coloniaux. Ce sujet trouvera plus naturellement sa place à l'article Hôpitaux du Dictionnaire, et nous devons nous borner ici à un très-court aperçu.

Le fonctionnement médical, dans ces établissements, comprend, comme partout, le service des salles et le service pharmaceutique. Dans les ports à écoles, les visites médicales sont dévolues aux officiers du corps de santé attachés à l'enseignement, et, en cas d'insuffisance de nombre, aux médecins principaux et aux médecins de l""* classe débarqués et attendant, à terre, le tour d'embarquement. Les médecins des autres grades présents à terre sont employés en sous-ordre dans les salles. Les agrégés de médecine et de chirurgie remplissent les fonctions de chefs de clinique dans les salles affectées à l'enseignement des deux cliniques. Dans les ports sans écoles, Lorient, Cherbourg, les salles sont desservies par les officiers du Corps de santé présents à terre. Six médecins de 1'^ classe sont attachés aux hôpitaux comme médecins résidents; ils vivent dans l'hôpital et ont la responsabilité du service dans l'intervalle des heures des visites.

Dans toiis les ports, sauf à Lorient, dont le cadre ne comporte qu'un pharmacien principal, le service pharmaceutique est dirigé par un pharmacien en chef de la marine. Ce service se divise en deux sections, pharmacie centrale et pharmacie de détail (voy. Instruction relative au service pharmaceutique des hôpitaux de la marine, du 10 août 1840). La première, comprenant les magasins et le laboratoire, fournit les médicaments, drogues, objets de consommation, vases, ustensiles, etc., aux bâtiments de la flotte à la mer ou en station dans les pays étrangers, aux infirmeries des corps organisés de la marine, aux postes de chirurgie des arsenaux, et aux pharmacies de détail des hôpitaux. De plus, elle délivre les objets nécessaires pour les cours de l'école, les expériences, l'amphithéâtre de dissection, le jardin botanique, les travaux du laboratoire, etc.. et fait des cessions aux diverses directions de la marine dans les ports.

La pharmacie de détail, sous la direction d'un pharmacien professeur, pourvoit aux besoins des malades dans les salles, délivre les appareils de pansement, satisfait aux prescriptions médicales quotidiennes, etc.

Les fonctions des Sœurs hospitalières ont été déterminées par le règlement sur l'économie intérieure des hôpitaux de la marine du 16 vendémiaire anXlIl; les Sœurs sont attachées aux emplois suivants : service des salles, inspections de nuit, achats par économie, mouvements du mobilier, lingerie, buanderie, dépense, cave et cuisine.

Nous avons indiqué les rations des malades à bord, en campagne; comme complément dans cet ordre d'idées, voici la ration des hôpitaux de la marine (dépêche du 17 février 1842) :

Par ailleurs, les médecins de la marine desservent, à terre, différents établissements relevant du département : Indret, la Villeneuve, la Chaussade, Ruelle, Nevers, Boyardville; un médecin de 2'^ classe est détaché à l'île de Croix, un autre à Alger.

La marine ne possède pas d'établissements thermaux ; son personnel est admis dans ceux du département de la guerre.

NAVAL (service be samé).

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