DES
IVAVARRETE (Francisco-Fernandez), médeciii espagnol qui florissait dans la première moitié du dix-huitième siècle ; naquit à Grenade et remplit les fonctions de professeur dans l'Université de cette ville. Il fut médecin de chambre de Philippe V, et membre de l'Académie historico-critique et de l'Académie de médecine de Madrid. Il passait pour un homme profondément instruit ; critique judicieux, excellent observateur, praticien consommé et heureux, il justifie les éloges qu'en ont fait ses contemporains. Garcia dit de lui qu'aucune connaissance ne lui était étrangère.
Lorsqu'il était professeur d'anatomie, il décrivit des vaisseaux, dont il fit la démonstration pratique devant une assemblée de professeurs et un public considérable; il les nomma pomagogues (conducteurs des boissons). Il prétendait que ces vaisseaux se rendaient directement de l'estomac à la vessie, et que leur présence pouvait expliquer un grand nombre de phénomènes. Il avait préparé un ouvrage sur ce sujet, mais il ne le publia point. Navarrete avait eu une grande idée, celle d'une topographie médicale générale de l'Espagne, à laquelle tous les médecins de ce pays auraient concouru. Il va sans dire qu'il en fut pour ses frais d'éloquence et pour le spécimen qu'il avait tracé des épidémies observées à Madrid pendant un temps déterminé.
Navarrete réagit également le premier contre l'usage immodéré de l'eau, qui tendait à s'introduire dans la pratique médicale au commencement du dix-huitième siècle. Il est l'auteur des ouvrages suivants :
I. El iiereo director y juez médicinal entre las verdadei-as y supueslas virtudes y uso legitimo del agua pura, elemental, natural, en sanos y enfermas como bedida y conw medicina. Con cuyos claros e importantes avisos, etc. Granada, 1719, in-4°. — II. Efemérides baromeirico-medicas matrilenses, para el mas punlual y esacto calcula de las observaciones que han de ilustrar la Historia nacional y medica de Espaha, etc. Madrid, 1737, in-'t". — III. Philopolitœ speculaloris, ad doclissimos patriaeque amantissimus j)er Hispaniam medicos ; super murbosis temporum constitutiouibus, sedulo et cummuni studio observandis, etc. Madrid, 1758, iii-8° (c'est l'ouvrage capital de Navarrete). — lY. Diserlacion sobre elcardcler de les Espanoles. In Memorias de la Academia de la Historia.
DICT. ENC. 2° s. XII. I