NEUF VILLE
BiDLioGEAPHiE. — MouR. Anciîijse cMmiquc des eaux de] yeuenahr, 1858-1803. — Weidoex. Rapport sur le développement florissant des bains de ISeuenahr. Climat, sources et indications sur l'usage de ces dernières. Cologne, 1868, in-8°. A. P>.
I%'EL'E\I1EI]TI (eaux minérales de). Athemiciles, bicarbonatées ferrugineuses faibles, carbonirpies fortes. Dans le duché de Nassau, dans une Yallée voisine de Kronthal et de Soden {vojj. ces mots), émergent trois sources dont l'eau a les mômes propriétés physiques et chimiques, c'est-à-dire qu'elle est claire, limpide et transparente, incolore, quoiqu'elle laisse déposer un enduit jaunâtre, ocracé, sur les parois intérieures de son bassin ; des bulles gazeuses en grand nombre la traversent et viennent s'épanouir à sa surface ; son goût est franchement ferrugineux et fortement acidulé, sa température est de IS" 7 centigrade, l'air extérieur marquant 17" ô centigrade. Jung en a fait l'analyse en 1834 ; ce chimiste a trouvé dans 1000 grammes d'eau les pnncipcs suivants :
Bicarbonate de t-lia.ix 0,279
— m:i};iii'->lc 0,053
— Cer 0,08-;
Chioiuie de sodium 0,260
— polab-iuiii 0,003
Sulfale de chauN 0,010
Silice 0,087
Alumine 0,003
Humus • traces.
Total des matières fixes 0,786
Gaz acide carbonique 25 pouc. c. 718 = 1028 cent. cub.
Les eaux de Neuenheim sont employées en boisson seulement par les habitants de la contrée qui les prennent dans toutes les affections où la reconstitution de leur sang doit être obtenue. Ces eaux sont agréables et faciles à digérer, en raison de la grande quantité de gaz acide carbonique ([u'elles renferment.
A. Pu
KEtF VILLE (Les). ^
]\eiirvi!le (GÉRARD de). Médecin et mathématicien; est né à Wésel, dans le duché de Glèves, en 1590. Une fois reçu docteur en médecine, il se rendit à Heidelberg où il demanda et obtint une chaire de mathématiques, avec le titre de professeur extraordinaire. De là il se rendit à Brème, où il enseigna, outre les mathématiques, encore la physique et la médecine ; il se livrait en même temps à la pratique médicale et fut même nommé à la charge de médecin stipendié de la ville de Brème. Enfin, il réussit à obtenir la chaire de philosophie et de médecine à l'Université de Groningue. 11 mourut dans cette ville, le 28 juillet 1648, laissant un certain nombre d'ouvrages de physique et de mathématiques.
I. Arithmelica theoretica et praclica. Bremce, 1624, in-8°. — II. Cosniologia et anthropologia. Bremie, 1668, in-S". — III. Synopsis physicœ universnlis. — lY. De cœlestium corporum natura in génère. Bremte, 1017. — V. Un grand nombre de dissertations.
iV'eufviile (TiLEMAX de), fils du précédent, comme lui médecin et mathématicien, naquit à Brème le 50 janvier 1615, et y mourut le 27 mai 1662 ; il enseigna, à partir de 1644, les mathématiques au gymnase de sa ville natale. On connaît de lui :
I. De paralysi. Liidg. Bat., 1644. — It. Arithmeticce libri IL Breniœ, 1049, in-8°. — lu. Disp. contra motmn terne. Br^œ, 1647.
^•EU1IÂUS. 657
^'enfviiie (Louis de). N'a aucuTi rapport avec le précédent; c'était un élève d'Albinus. Il fut reçu docteur en médecine à l'Univei-sité de Leyde et n'est connu L[ue par la dissertation qu'il y soutint sur la membrane allantoïde et l'ouraque, dont il affirme et prétend démontrer l'existence dans le fœtus humain. Cette dissertation fut publiée pour la première fois en 1750, in-4 ; elle fut réimprimée en 1756, in-S**.
XcHfvîlle (Mathias-Wilhelm de). Né à Francfort-sur-le-Mein en 1760, fit ses études médicales à Gottingne et y prit le bonnet de docteur en 1784; nous le savons que peu de chose sur la vie de ce savant médecin. En 1854f, il fêta le nnquautième anniversaire de son doctorat et abandonna la vie active du praticien, mais il mourut peu d'années après. On cite de lui :
I. Diss. inaug. de indole morborum periodica ex labc quaUciimrjuc visceriim hypocondria- ?arum derlvaii'ln. GoUiiigfR, 1781, in-i". — Yersucli tind Grundiss einrr Abhaiidluiig von '1er Si/mpalhir des Verdaunngssijstems zur Vereinfachung der Vorstellungrn und H'tVkiiiigen des practisdien Arztcs. Gottingen, 1787, in-S". L. Il.v.
XEl'HAHS (eaux MiiNÉRALEs ve) . Athermales,chlorurées socUqxies (orteil, carboniques forte. Eu Bavière, dans la Basse-P'ranconie, dans les environs de Kissingen et surtout de Bocklet {voy. ces mots), émergent quatre sources qui ont reçu les noms de Bonifaciusquelle (source de Boniface), Marienqueîle (source de Marie), Elisabethquelle (source d'Elisabeth) et Hermannsquelle (source d'IIermann). L'eau de toutes ces sources a la même température de 8° 5 centigrade, et les mêmes propriétés physiques. Elles sont claires, limpides et transparentes, ?ans autre odeur que celle du gaz acide carbonique qui les traverse sans cesse; leur saveur est fortement salée. dOOO grammes de l'eau de chacune des sources de Neuhaus a donné à Liebig, qui les a analysées, les principes suivants :
BOMF.iarS- MAKIEX- ÉLISADEm- GERMANOS-
QLELI.E. QIELIE. QUELLE. QIELLE.
Chlorure do sodium li,067 13,187 8,591 11,304
— potassium 0,430 0,538 0,261 0,543
Bromure et iodure de sodium tiace^. traces. traces. traces.
Chlorure de calcium 1,233 0,899 0,651 0,914
liiliium . . • 0,0ni 0,001 0,001 0,001
Sulfate de magnésie 1,310 0,922 0,687 0,994
chaux 0,781 1,447 0,S56 1,554
Carbonate de chaut 1,050 0,989 0,927 0,955
- magnésie 0,025 0,405 0,293 0,245
fpr . 0,024 0,008 0,010 0,025
Silice 0,027 0,025 0,024 0,059
Total des matières fixes. . . . lS,'J6o 20,421 12,2S1 16.551
Gaz acide carbonique libre -2,261 2,424 2,037 2,081
Les eaux de Neuhaus de Bavière sont employées en boisson et en bains au petit établissement bâti au voisinage des sources, à Neustadt où on les transporte dans les maisons où sont logés les malades.
Emploi thérapeutique. Ces eaux à l'intérieur sont surtout employées dans les formes de la dyspepsie où les chlorurées fortes conviennent ; en boisson et eu bains, elles sont surtout indiquées dans le lympbatisme et dans la diathèse scrofuleuse à tous les moments de son évolution et quelles que soient ses manifestations ; les eaux de Neuhaus conviennent enfin dans le rliumatisme, alors surtout qu'il faut tonifier et réconforter les malades. A. B.
XEUHAL'S (eaux MINÉRALES ET coRE DE PETIT-LAIT de) . Hyperthermaks etniéso-
•658 NEUMANN (Les).
thermales, amétallites carboniques faibles. Dans l'Autriche propx^cment dite, en Styrie, dans le cercle inférieur de Wienerwald, est un village près et au sudouest de Vienne, à six kilomètres de Cilley ou Cilly (Claudia Celeia), célèbre par sa belle manufacture de glaces bâtie dans une magnifique vallée qui lui a donné son nom. Deux sources émergent chacune dans son bassin spécial qui sert de piscine. Leur eau n'est presque jamais employée en boisson, quoiqu'elle soit d'une limpidité remai'quable, incoloi'c, inodore, traversée par quelques bulles gazeuses d'un assez gros volume, et que leur saveur soit insignifiante. La température de l'un des bassins (Spiegel) est de 35° centigrade, celle de l'autre est de 35° 2 centigrade. Hruscliauer, qui a fait en 18-47 l'analyse chimique des eaux des sources de Neuhaus d'Autriche, a trouvé dans 1000 grammes les principes qui suivent :
Crabonate de chaux 0,234
— niapnésie 0,07ô
— soude 0,01)4
Sulfate de soude 0,01-i
— potasse 0,010
Chlorure de sodium 0,001
Carbonate de fer, alumine, acide silitiquc. . traces.
Total des 3rATif:nES fixes .... 0,526
acide carbonique libre ....... 0 pouc. cub. 892 = 0 cent. cub. 094
libre et combiné avec les bicarbonates. 1 792^0 189
Total des gaz 2 pouc. cub. C84 =: 0 cent. cub. 283
Un établissement très-bien tenu et très-propre est fréquenté presque exclusivement par les personnes qui viennent s'y traiter par les bains de piscine. Les eaux de Neuhaus à l'extérieur sont très-calmantes et très-appréciées par tous ceux qui ont le système nerveux trop impressionnable. Aussi sont-elles particulièrement visitées par les femmes et tous les sujets éréthiques, comme lesnévropathiques, les hypocondriaques et les hystériques.
Des vaches et des chèvres qui paissent dans les beaux pâturages qui environnent cette station thermale fournissent le lait qui sert à la confection de fromages estimés et du petit-lait qui, tous les matins, est mis à la disposition des malades auxquels cette médication a été prescrite. A. Rotureap.
XElJMAiV'i\ (Les).
iVcuniann (Gaspard), chimiste allemand, naquit à Zullichau, dans le duché de Crossen, le H juillet 1(583. Fils d'un pharmacien, il fut mis à la tète de la pharmacie de voyage du roi de Prusse. Il voyagea pendant sept ans en cette qualité, mais comme il présentait d'heureuses dispositions pour se perfectionner dans les sciences chimiques, le roi l'envoya à Hall pour y continuer ses études, puis le fit voyager, en 1711, à ses frais. Après avoir visité les mines d'Allemagne, il se rendit en Hollande pour y écouter les leçons des chimistes célèbres de ce pays, et surtout celles du savant Boerhaave. De là il passa en Angleterre, où il apprit la mort de son protecteur, le roi de Prusse Frédéric I", en 1 713. Neumann retourna en Allemagne, et après un séjour de deux ans à Franequer, il se rendit, avec le roi d'Angleterre, Georges 1", à Hanovre, en 1 71 6, et de là à Berlin, où il se lia avec Stahl, médecin du roi Frédéric-Guillaume. Il fit un nouveau voyage d'un an en Angleterre, en France et en Italie, et à Rome mérita la bienveillance de Lancisi ; à son retour à Berlin, il fut nommé professeur de chimie (1725) au Gollége de médecine et de chirurgie que le roi venait de fonder, et en 1724 membre du Col-
NEUMiNN (Les). ■ 650
lége de médecine et inspecteur des pharmacies du royaume. En 1725, la Société royale de Londres le reçut dans son corps et la Faculté de Hall lui accorda le bonnet de docteur en 1727. Un an après il fut agrégé à l'Académie impériale des Curieux de la Nature, et en 1 754 à l'Institut de Bologne ; enfin en 1 756 il obtint le diplôme d'adjoint à l'Académie des Curieux de la Nature, et fut nommé doyen du Collège de médecine et de chirurgie de Berlin. Il mourut dans cette ville le 20 octobre 1757, laissant :
I. Lectiones chymicœ de salibus alcalino-fixis et de camphorâ. Berol., 1727, in-4''. — II. De succino, ojno, canjophijlUs aromaticis et casloreo. Berolini, 1750, in-4°. — III. Disquis. de ambra griseâ. Dresd. 173(5, in-4°. — IV. De expediniento probandi spiritutn vini gallici perquam usUato, sed rêvera faiso et fallaci. In Philos. Transact., V, 17'25, p. 598. — V. De saltbus alcalino-finis. Ibid,, 17i6, p. 5, 45. — YI. De camphorâ Uiymi. Ibid., 1734, p. 202. — VII. De ambra griseâ. Ibid., 1734, p. 544, 371, 417. — VIII. Recensio e.xpcrimentoritm circa ambram griseam à J. Browne et ab A. G. Hanckewitz institutorum, cum Neumanni experimenti sui vindicatione . Ibid., 1754, p. 437. — IX. Dans les mélanges de la Société royale de Berlin [Miscellanea Berolinensia) : i" De spiritu iirinoso caustico, X. III, p. 87 ; 2° Syrupi violarum commixlio ad probanda liquida non est suf/iciens , sed fallax, t. IV, p. 510 ; 5° De correctione olei seininis raparum, t. IV, p. 521 ; 4° De vi causlicâ et conversionc saliuni alcalino-fixorum aeri expositorum in salia neutra, t. V, p. 7i. — X. Dans les Acla Naturœ Curiosorttni : 1° Tractatus de oleo destillato formicarum œthereo, t. II, p. 504 ; 2" Tract, de albumine oui succino simili, t. Y, p. 220. L. llx.
iX'eumann (CARL-GBoac) , savant médecin allemand ; né à Géra le 15 mars 1 774, mort à Trêves en 1850. Il fréquenta les universités de Leipzig, de léna, de Vienne, et surtout l'ancienne Université de Wittemberg, réunie aujourd'hui à celle de Halle. Il y prit son grade de docteur en 1795, entra au service de la Saxe électorale en 1797 et exerça la médecine successivement à Colditz, près de Leipzig, oîi il fut médecin stipendié; à Pirna (1801); à Meissen (1802); accompagna les armées saxonnes dans toutes leurs campagnes, à partir de 1807 ; tomba en 1815 dans la captivité russe, et après un séjour de deux ans en Pologne devint membre du Conseil de santé à Stettin (1816); enfin il fut nommé deuxième directeur et professeur de clinique à l'hôpital de la Charité à Berlin. En 1828, il se démit de cet emploi et se fixa à Aix-la-Chapelle ; il était alors conseiller royal de Prusse. Neumann était un excellent clinicien, un hygiéniste des plus estimés en même temps qu'un praticien hors ligne. 11 a publié un nombre considérable d'ouvrages, de monographies et d'articles sur les sujets les plus variés des sciences médicales ; nous citerons seulement de lui :
I. Diss. inaiig. de balneis frigidis observationes. Yitebergse, 1795, in-4">. — II. Versuch einer Erôrterung des Begriffs des Leben. Dresden 1801, (1800), gr. in-S"". — III. Aufscihe und Beobachtuugen filr Aente. Bd. I. Leipzig, 1802 (1801) ; in-8°. — IV. Abhandlungen fur Aerzte. Leipzig, 1810, in-8° (probablement une édition postérieure du précédent). — V. Kosmetik oder Kunst die Ausbildung des mensclilichen Korpers zu unterstûtzen, etc. Berlin, 1806, in-8°. — VI. AUgemeine Thérapie. Leipzig, 1808, gr. in-8° ; 2te kuil., ibid., 1811, in-8°. — VII. Wcrlh des Blutlassens. Leipzig, 1811, gr. in-8°. — VIII. Beitràge zur practisc.hen Arzneiwissenschaft. Leipzig, 1811, in-S". — IX. Von der Natur des Menschen Berlin, 1815-18, gr. in-8°, 2 vol. (le deuxième volume a pour titre : Psychologie oder Lehre von dem yervenleben des Menschen). — X. Die Krankheiten des Vorstellungsvermôgen , etc. Leipzig, 1822, in-8°. — XI. AUgemeine Pathologie. Berlin, 1829, gr. in-8°. — XII. Specielle Pathologie und Thérapie. Berlin, 1852-34, gr. in-8°, 4 Tol.;2te .\ufl., ibid., 1857, gr. 10-8", 4 vol. — XIII. Von den Schleimfliissen der weiblichen Geburtslheile. Frankt. a. M. 1850, gr. in-S". — XIV. Der FÀnfluss der Scliwangerschaft und des Wochenbeltes auf dasGemiith der Frauen. Frankf. a. 51. 1851, gr. in-8°. — XV. Von den Krankheiten des Gehirns des Menschen. Goblentz. 1835, gr. in-8°. — XVI. Die lebendige Natur. Berlin, 1835, gr. in-8°. — XVII. Der allgemeine Hausarzt, etc., Aaclien, 1837, gr. in-8». — XVIII. Demerkungen ûber die gebràuchliclisten Arzneimittel. Berlin, 1840, in-S". — XIX. Palhologische Untersuchungen als Regulativ des Heilverfahrens. Cd. I, Berlin, 1841, gr. in-8°.
6i0 NEURINE.
— XX. Deutschlands Heilquellen, 1845. — XXI. Articles nombreux in Berl. encyclop. Wôrierb., Schmidls Jalirbucher, Grcife u. Wallher Journ. cl. CIdr., Ilufeland Journ. d. Heilk., Siebold Journ. f. Gel., Rust Mag. d. Heilk., Preuss. nied. Verelnzeit., Casper's Wochenschr. f. Heilk., etc., etc., etc. — XXII. Neumann est l'auteur de plusieurs pièces de poésie devenues populaires. L. IIx.
MEUXZSC; (Joseph), médecin allemand de mérite, est né à Dusseldorf le 15 mars 1 797 ; son père lui fit donner une éducation très-soignée et faire des études médicales ; après avoir servi pendant quelques années comme chirui'gien militaire, il continua ses études à Munster en 1818 et à Bonn en 1819, où il se fit recevoir docteur en médecine, en chirurgie et en obstétrique en 1825. 11 alla ensuite s'établir dans sa ville natale, et ne tarda pas à acquérir de la renommée et de la clientèle; il exerça l'art de guérir avec éclat à Dusseldorf jusqu'à sa mort. Il est l'auteur de quelques ouvrages estimés :
I. Dissertatlo inaugiiralis referens de sanguine variisque fluidis animalihua expérimenta microscopica. Donna;, 1823, gr. in-S", \ pi. — II. Sysle^natiche Darsiellung einer Knochen- Muskellclire ; ncbst einer Angabe iiber den âusseren Unterschied der versdiiedenen Menschenkôrper, fiir angehendc bildende Kiinstler. Diisseldorl', 1825, gr. in-4° ; nebst 10 Steindr.
— III. Der gesundc Menscli, oder Kurzc iind grundliche AnleiLung sich vor Krankheilen und hcrrschenden Scuchen zu bewahren, die Gesundkeit zu befestigen, den Rôrper und die. Sinne zu slârkcn, so wie ein glàckliclies und hohes Aller zu erreichen; nebst einfachen ReUiingsmiiteln bei plôlzlic/i cnlslandenen Ungliicksfallen, etc. Eberfeid u. Diisseldorl, 1827, iu-8\ L. H».
KEL'KïXE, IVÉVRIIVE OU CIIOLII^E. Le mot de neurine a désigné d'abord une substance assez vaguement définie. C'était la substance organique du cerveau que l'alcool ne dissout pas, qui se gonfle dans l'eau, qui est soluble par la potasse, et que Bci^zelius considérait comme contenant de l'albumine. MiM. C. Robin et Verdeil ont, avec de Blainville (1852), appelé du même nom la substance azotée propre aux tubes et aux cellules nerveuses. La névrine de Liebreich est le résultat du dédoublement de la lécitliine {voy. Œuf de poule) ou du protagon, qui n'est que de la lécitliine impure, par l'action de l'eau de baryte. Enfin ou doit à M. Bœycr d'avoir démontré que la névrine est un hydrate de triméthylhydroxétliylène-ammonium, dont Wurtz a fait la synthèse par la inaction de la tryméthylamine sur le glycol chlorhydrique. MM. Baîyer, Dybkov^'ski et Strecker ont montré en outre que la névrine est identique avec la substance, , extraite de la bile par Strecker en 1861, qui a reçu de lui le nom de choline. Il y en a également dans le tissu du foie.
Pour extraire la neurine de la bile, voici le procédé employé par Dybkowski : Evaporer la bile à siccité; précipiter la solution par l'éther; décanter la liqueur alcoolique -éthérée qui contient la neurine, la distiller, faire bouillir le résidu pendant vingt-quatre à quarante-huit heures avec l'eau de baryte ; enlever l'excès de baryte par un courant d'acide carbonique ; concentrer la liqueur et y ajouter de l'alcool absolu ; recueillir sur un filtre le précipité formé et le laver avec de l'alcool; aciduler par l'acide chlorhydrique cette liqueur à réaction alcaline, et l'abandonner pendant vingt-quatre heures dans un endroit froid. 11 se forme un précipité de taurine. Ajouter de l'éther, filtrer, précipiter la liqueur par le chlorure de platine; la recueillir sur un filtre, la dissoudre dans l'eau bouillante et concentrer la liqueur filtrée, qui dépose alors des cristaux d'un rouge orangé et des cristaux jaunes. Titurer le tout dans l'eau froide, qui dissout principalement les premiers cristaux. Décanter. Les cristaux rouge-orangé qui se déposent sont du chloroplatinate de névrine.
NEUROHR. 6.il
Pour la préparation avec de la matière cérébrale, on broie la pulpe ; on la passe L travers un tamis; on ajoute un peu d'eau, et l'on épuise par l'éther. On disille la solution éthérée, et l'on fait bouillir le résidu avec l'eau de baryte. On lébarrasse cette solution de la baryte au moyen de l'acide sulfurique, et l'on )père ensuite comme précédemment.
Nous empruntons à Wurtz la formule suivante de la neuriue :
C^H-AzO^ = C^H^OH 1 '^'■^^-
C'est une base ammoniée dont le chlorure se forme pai' l'action de la triraé- Lhylamine sur le glycol, en vertu de la réaction suivante :
Glycol Trimé- Chlorure
chlorhydriq. thylamine. de irymeihji-
hydroxéihylène ammonium.
Dans la théorie de Berlhelot, la conception chimique de la névrine est la suivante : Un alcool polyatomique, uni avec un seul équivalent d'ammoniaque ou d'une autre base oxygénée, engendre un alcali-alcool. La névrine dérive du glycol et de la tryméthylamine. Or, la tryméthylamine est un alcali tertiaire, et son union avec un nouvel équivalent alcoolique engendre un alcali de la quatrième espèce :
Cm'Az + G-'H*0^ = C'H'^ÂzO^ ou (C^H^j'lAzlPO.HO).
Ce quatrième équivalent étant supposé représenté par le glycol, en d'autres termes, la triméthylamine agissant sur l'éther monochlorydrbique de cet alcool,
C«H»Az + C'rP(H-^02)(HCl) = Ci«H'^ClAz0% le composé obtenu sera un chlorure dérivé de la base