‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.64Chapitre 34 sur 45 · NEUEN\1IR · texte numérisé non relu

NEUEN\1IR

Il ne faut pas confondre l'auteur précédent avec :

IVeuburg (SiMOis), né à Francforl-sur-le-Mein vers 1750 ou 1760, qui n'est connu que par sa thèse inaugurale soutenue à Gottingue le 28 octobre 1784 :

Diss. inaug. medica de acrimonia iirinosa in corpore humano relenta. Gottinmie, 178, in-4°. L. H-\.

NEUCRAXTZ (Les).

\eacrantz (Pacl). Médecin allemand du dix-septième siècle ; naquit à Rostock le 27 octobre 1605. 11 était le lils de Michel Neucranlz médecin du duc Sigismond-Auguste de Mecklembourg. Après avoir fait ses études à Rostock et à Kônigsbcrg et pris son grade de docteur à Padoue, il exerça la médecine avec distincticn d'abord dans sa ville natale (en 1652) ; mais, aspirant à une clientèle plus étendue, il se rendit deux ans après à Lùbeck où il obtint, beaucoup plus tard, en 1655, la place de médecin pensionné. Il mourut à Lùbeck le 24 mai 1671, laissant :

I. De purpitra liber singularis, in qiio febrium nialignariitn natitra et curatio proponilur. Lubecœ, 1G48, in- 4°; Francofurti, 1600, in-4°. — II. De liarengo exercitatio medica, in qua principis pisciutn exquisitissima bonilas sinnmaque glona asseria et vindicata. Lubecse, 105i, iii-i". — I[I. Idea perfecti inedici. Ibid., 1033, 111-4°. (C'est l'oraison fuucbrfl de Jean-Henri Meibomius.) L. Hx.

IVeucrantz (Jeajx-Aktoijne). Fils du précédent, est né à Lùbeck; il fit ses études médicales aux Universités de Rostock et d'Helmstâdt; reçu docteur à Helmstàdt, en 1674, il entreprit un voyage dans les Pays-Bas, en Angleterre et en Italie, puis vint exercer la médecine dans sa ville natale, en 1680 ; on sait encore de lui qu'en 1698 il fut appelé, grâce à la réputation qu'il avait acquise, ù la cour de Mecklembourg-Schwérin. Il mourut àSchwérin, le 20 février 1755.

Il ne faut pas confondre les deux médecins qui précèdent avec :

Keucraniz (JEA^■). Docteur en médecine et en philosophie, médecin pensionné à Stralsund dans la Poméranie et vivant également au dix-septième siècle ; il est connu par l'ouvrage suivant :

Auctorium Pharmocopœiœ Stralsundensis. Stralsund, 1645, in-12. L. IH.

ÎVEUEXASIR (Eaux MINÉRALES de). Mësothermales, hypothermales ou hyperthermales, bicarbonatées sadiques moyennes, carboniques fortes. Dans la Prusse rhénane, dans la partie inférieure de la vallée de l'Ahr, dans le voisinage du Pihin et de la Kinzig. Les versants de cette vallée sur la rive gauche de l'Ahr jusqu'auprès d'Ahrweiler, et sur la rive droite sur une distance plus grande encore, forment la base de la chaîne de l'Eifel. La vallée de l'Ahr est la plus profonde de toutes celles qui aboutissent au Rhin. La vallée inférieure s'étend de l'ouest à l'est, de sorte qu'elle est abritée des vents du nord qui passent au-dessus d'elle, ce qui rend son climat de 2", 5 centigrade moins froid que celui des pays qui l'entourent. La maison des bains de Neuenahr et le grand et beau parc dans lequel elle est bâtie sont donc dans une situation très-favorable, puisqu'ils sont à proximité (le montagnes assez élevées, d'un joli cours d'eau et au milieu d'une riante vallée qui s'élargit devant eux.

Les promenades, les excursions et lés ascensions sont nombreuses et variées à Neuenahr, de sorte que les hôtes accidentels de cette station peuvent passer agréablement le temps que laissent libre les exigences de la cure. L'établissement thermal est ouvert du 15 du mois de juin au 1" du mois d'octobre.

654 IsEUENAHR.

Cinq soui'ces émergent à Neuenahr, elles ont reçu les noms suivants : Source Augusta , Source Victoria , Kleiner Sprudel , Marien Sprudel et Grosser Spriidel.

1° et 2°. Les sources d'Augusta et de Victoria ont été découvertes les premières en 1856, à 25 mètres de profondeur. Les eaux de toutes les sources de cette station ont à peu près les mêmes caractères physiques et chimiques, elles ne diffèrent guère que par leur température et par la proportion plus ou moins considérable de gaz acide carbonique qu'elles renferment. Aussi sont-elles claires, transparentes et limpides, sans odeur, d'un goût piquant et un peu amer, traversées de bulles gazeuses qui viennent se fixer sur les parois intérieures des vases qui les contiennent. La température de l'eau de la source Augusta est de 24'' centigrade, celle de la source Yictorii est de 51" centigrade. L'analyse chimique a prouvé que l'eau de toutes les sources de Neuenahr a une composition élémentaire presque identique, nous ne donnons donc que celle de la source principale, le Grosser Sprudel.

5'> Kleiner Sprudel (Petit bouillonnement). La température de l'eau de cette source est de 55" centigrade ; elle sort d'un forage artésien qui a 70 mètres de profondeur.

¥ Marien Sprudel (Bouillonnement de Marie). Cette source a tari pendant deux ans et n'a repris son écoulenïent qu'après un nouveau forage qui engagea les propriétaires des quatre autres sources à acquérir cette nappe d'eau qui était une pi'opriété particulière. Sa température est de 59° centigrade.

5° Grosser Sprudel (Grand bouillonnement) . Un trou de sonde la découvrit en juillet 1861 et elle coula sans intermittence jusqu'au 5 octobre de la même année, jour oîi elle jaillit avec grand fracas et avec une abondance telle que son canal d'écoulement de l'",55 de profondeur et de 1 mètre de largeur fut bientôt insuffisant. L'eau, après avoir rempli l'excavation de 4 mètres carrés et de 5 mètres de profondeur qui entourait le puits artésien, s'éleva en colonne d'eau, de vapeur et de gaz, à une hauteur de 15 et même de 20 mètres, entrahiant avec elle du sable et des fragments de quartz mêlés de schiste et de mica. Cette irruption dura deux heures, puis l'eau retomba subitement à son niveau primitif. Au bout de trois heures, la colonne reprit tout à coup sa hauteur première, mais sans que l'eau contînt ni sable ni pierres. Ce phénomène se répéta plusieurs fois, et toujours, lorsqu'il avait lieu, les autres soui^ces de la station tarissaient complètement, aussi fut-on forcé de limiter l'écoulement de l'eau du Grosser Sprudel, ce qui ne se fit pas sans d'assez grandes difficultés. Avant la calibration du tube, la température était de 45°,5 centigrade ; depuis son rétrécissement, elle est de 45" centigrade. M. le docteur Mohr, conseiller de médecine, a fait eu 1865 la dernière analyse chimique de l'eau du Grosser Sprudel de Neuenahr ; il a trouvé que 1000 grammes contiennent les principes suivants :

Bicarbonate de soude 1,055

— mag-nésie 0,450

— chaus 0,505

Sulfate de soude 0,250

Chlorure de sodium , . . 0.150

— calcium 0,040

— lithium 0,003

Acide silicique 0,050

Oxyde de fer et argile 0,010

Total DES MATIÈRES FIXES. ..... 2,315

Gaz acide carbonique libre 0.730

^EUENAHR. 635

Mode d'administration et doses. On ne peut s'empêcher, en jetant un coup d'oeil sur l'analyse ci-dessus, de comparer les eaux de Neuenahr à celles d'Ems et de Royat {voy. ces mots). La température, la minéralisation, la proportion de gaz acide carbonique, sont à peu près les mêmes dans les deux sources allemandes et dans la source française. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant qu'il y ait une grande ressemblance dans la manière d'administrer les eaux de ces trois stations thermales, qui ne diffèrent réellement que dans la quantité plus ou moins forte des mêmes principes élémentaires.

Les eaux de Neuenahr sont employées en boisson, en bains et en douches. Prises à l'intérieur, elles se donnent de deux à huit verres, espacés d'un quart d'heure, occupé à un exercice modéré dans le parc, si le temps le permet, ou à une promenade dans le corridor servant les jours de pluie de Trinkhalle qui sépare les cabinets des bains des deux sexes. La durée des bains est d'une heure le plus souvent, celle des douches est de quinze minutes en général.

Emploi thérapeutique. L'action physiologique principale des eaux de Neuenahr à l'extérieur, mais surtout à l'intérieur, est d'augmenter l'appétit, de favoriser la digestion, de régulariser les selles et de rendre les urines plus abondantes. Elles activent aussi sensiblement la sécrétion des mucosités laryngiennes et bronchiques, alors surtout que les voies aériennes ne jouissent pas d'une intégrité parfaite. Les crachats deviennent plus abondants et plus épais d'abord, ilsseliquéfientet diminuent progressivementpoiir se supprimer tout à fait. Les eaux des sources de Neucnalir sont administrées avec succès dans toutes les dypepsies, mais elles réussissent particulièrement dans les ascescentes, dans les affections du foie où il convient de rendre la bile plus liquide et de décongestionner la glande hépatique, dans l'hypertrophie de la rate consécutive à l'existence d'une fièvre intermittente ancienne, dans les troubles mal définis encore du pancréas, dans la pléthore abdominale et dans les accidents qui reconnaissent pour cause la présence d'hémorrhoïdes apparentes ou cachées quand un état de constipation habituelle coïncide avec elles ; les eaux de Neuenahr, en boisson surtout, donnent des résultats heureux dans les affections des organes urinaires où leur effet diurétique est mis à profit contre la diathèse urique et la goutte. Les laryngites, les pharyngites et les bronchites chroniques sont aussi de la sphère d'action de ces eaux bicarbonatées moyennes et carboniques fortes. On ne guérit pas plus qu'ailleurs la phthisie pulmonaire confirmée à Neuenahr, et les médecins qui nous ont fait connaître cette station nouvelle ne cherchent pas à nous induire en erreur à cet égard : ainsi, malgré la douceur relative de son climat, malgré l'air pur qu'on y respire, malgré le petit-lait excellent qu'on y prépare, ils ne balancent pas à reconnaître que l'usage des thermes de Neuenahr est dangereux pour les phthisiques chez lesquels les hémoptysies sont faciles à produire et ne conviennent qu'à ceux qui ne sont pas excitables, qui ont perdu absolument l'appétit, qui n'assimilent plus leurs aliments, et surtout qui sont à la période franchement catarrhale de l'évolution tuberculeuse. Les eaux de Neuenahr, comme celles de la Bubenquelle d'Ems, se vantent d'être souveraines contre la stérilité, elles prétendent aussi avoir une grande puissance contre les affections utérines rhumatismales et nerveuses, ce qui nous paraît moins contestable.

La durée de la cure est de 25 à 50 jours.

On exporte seulement dans les villes voisines l'eau du Grosser Sprudel de Neuenahr. . A. Roiureau.

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