‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.64Chapitre 37 sur 45 · NEUVILLE-LEZ-LA-CIIARITE · texte numérisé non relu

NEUVILLE-LEZ-LA-CIIARITE

I. Versuch eineu einfaclien iind jnadischen Arzneimiltellehre. Wien. 1797, in-8° ; 2te umgearb. Aufl. Heidelberg, 1S14, gr. in-8°. — II. Beitrag zur Berichtigung der Behandliing des Ersliclihuslens und Keuchhustens . Iii AUgem. niedic. Annalen der Ueilk., 1815, p. 210. — III. Geschichle einer Opération eines Hariirôhrensteins. Ibid., p. 221. — IV. Ein Fall einer glucklich geheilten Trarlieoiomie an einem Manne von ZOJa/iren. Ibid., p. 222. — V. Heflexionen ûber den Standpunkt des Gerichtaarztcs bei Verletzungen. Ibid., 1825, p. 805. — VI. Gerichtlicher Fall eines drei Zoll im Umfange grossen und iiber drei Linien ticfen Knochen-Eindrucks am Slimbeine, gekeilt ohnc Trépanation. In Hencke's Zeilschr. fiir Staalsanneik. Bd. IX, H. 1, p. 220, 1825. — VII. Gerichlliche Untersucliung einer erst nach 10 Tagen todllich gewordenen Verwundung den Henens. Ibid., Bd. X, H.ô, p. 123, 1825. — VIII. Gerichtliclie Leiclienôffuung eines Erhenklen, welchcr an cineni organischen Fehler des Herzbeutels und Herzens litl. Ibid., p. 157, 1825. — IX. IN'oc/t etwas ûber die Legalitât einer vont Arzte, der den Verletzten bekandeU halte, unternomnienen gerichtlichen Leichenoffuung. Ibid., Bd. XII, H. 5, p. 167, 182G. — X. Veber nafiirliche Blatlern und Varioloiden in Beiiehung auf Scliutzblnllern Ibid., Bd. XV, II. 2, p. 259, 1828. —XI. Traduction ; LoBSTEiN (J.-F.). Lehrbuch der ijalliologischen Anatoniie. Teuisch bearb. Stuttgart. 1834-55. iii-8, et Versuch einer neucn Théorie der Krankheiten... Teutsch bearb. Sluttgart. 1855, in-8. — XII. Traduction: Bégix (L.-J.). Lehrbuch der praktischen Chirurgie. Nach der lien Aufll. bearb. Berlin, 1859, gv. in-8°, 2 vol. L. ILv.

IMEUVILLE-LEÏ-LA-CIIARITÉ (eaux. mlmérales de). Atliermales, amétallites, sulfatées calc'ujues faibles, sulfureuses faibles. Dans le département de la Haute-Saône, dans l'arrondissement de Yesoul, émergent trois sources d'une couche de tourbe très-argileuse reposant sur un lit de calcaire tertiaire siliceux. Leurs griffons, découverts en ^843, sont à queFques mètres l'un de l'autre et sur une ligne presque droite. Elles ont les mêmes propriétés physiques et chimiques, et sont claires et limpides, incolores ; leur edenr est faiblement hépatique, leur goût est fade et un peu sulfureux, des bulles gazeuses fines et rares les travei'sent lentement. Elles laissent déposer sur les parois de leurs bassins et de leurs ruisseaux une couche de soufre, finement pulvérisé ; leur température est de 14"8 centigrade; l'analyse chimique, faite par Drouot , a donné par 1000 grammes les principes suivants :

Bicarbonate de chaux 0,399

— ammoniaque iraces.

Sulfate de mafjnésie 0,150

— soude. , O.KM

— potasse 0,06o

— chaux 0,047

— amiaoniaque iraccj.

Acide silicique 0,001

Chlorure de calcium, de magnésium et matière végétale ou animale traces.

Total des matièbes fixes 0,752

Gaz.

Acide carbonique Olit. 03r)

— buH'hydrique 0 010

Azote 0 015

Oxygène 0 001

Total des gaz Olit. 059

Les eaux de Neuville-lez-la- Charité sont exclusivement employées en boisson par les gens du pays, qui viennent leur demander de les débarrasser de vieux catarrhes laryngiens ou bronchiques, de cystites clironiquos avec expulsion de mucosité et même de pus, et surtout de maladies cutanées. Dans ce dernier cas, ils ingèrent non-seulement l'eau minérale, mais ils se font des lotions journalières et longtemps prolongées sur les points affectés de bur peau.

NEVERMANN. 615

IVEUVIJLLE-SL'R-S40\E (E.vDx MINÉRALES de). Protothermales, bicarbonatées ferrugineuses faibles, carboniques faibles. Dans le département du Piliùne, dans l'aiTondissement et à 15 kilomètres de Lyon, est un chef-lieu de canton que l'on nommait autrefois Viminy, et une station du chemin de fer de Lyon, avec un très-beau pont suspendu, peuplée de près de 5000 habitants. La petite ville de Neuville est dans une belle et riche vallée, sur les bords de la Saône, au milieu des bois et des pelouses qui constituaient l'ancien parc, où l'on visite avec intérêt les ruines de l'ancien château. On découvre de là une partie de la Bresse et du Beaujolais, du Maçonnais, les montagnes duMont-d'Or et même Notre-Dame de Fourvières. Le voisinage de Lyon, avec lequel on communique facilement, soit par eau, soit par terre, les excursions et les promenades variées, rendent le séjour de Neuville agréable et l'ennui difficile. M. Parent a découvert, en 1857, les trois griffons de la source de Neuville-sur-Saône, qui ont été désignés par les noms de source Torrières, source Viminy et source Villeroy. Leur eau est limpide et transparente, mais elle tient en suspension des flocons d'un jaune rougeàtre, qui Unissent par se déposer sur les parois intérieures de leurs bassins ; leur goût est manifestement ferrugineux, leur température est de 17" centigrade; ils donnent 80 000 litres d'eau en 24 heures. M. Henry (Ossian) a analysé l'eau des griffons de Neuville-sur-Saônc ; ce chimiste a trouvé que 1000 grammes contiennent les [u'incipes suivants :

Bicarbonate de chaux 0,2430

— magnésie 0,10-2u

Bicarbonate et crénate de proloxyde de ter. . . . O.liiKl

— — — sou.le. . . 0,0801)

— — — manganèse traces setis. Sulfates calculés anhydres de soude et de chaux. . 0,0210

Chlorures de sodium et de calcium 0,01-10

.icide silicique, alumine et matière organique de

l'humus 0,0520

Principe arsenical uni sans doute au fer traces sens.

Total des matkbes fises 0,652l>

acide carbonique libre 0,0300

azote indéterminé.

L'établissement de Neuville-sur-Saône est parfaitement approprié aux besoins de la buvette et des bains, qui sont fréquentés par les malades débilités soit par des affections antérieures, soit par des états morbides actuels qui, comme l'anémie et la chlorose, ont sensiblement diminué la qualité de leur sang et la proportion de ses globules.

La durée de la cure est d'un mois en général.

On n'exporte que dans les environs les eaux des sources de Neuville-sur-Saône.

XEVEBM.i.\X (Johann-Friedrich-Wilhelm), éminent chirurgien et accoucheur de l'Allemagne; naquit à Scharpzow, près de Stavenhagen, dans le Mecklembùurg-Schwérin, le 5 juin 1805. U fit ses études préliminaires à Mulchini et à Rostock, et après avoir présenté à l'Université de cette ville, en 1822, son Tentamen philosophicum, commença ses études médicales à la même Université, les continua aux Universités de Berlin, de Greifswalde et de Gottingue,. à ses propres frais, et à partir de 1827 à Copenhague, aux frais du comte de Hahn ; il se présenta à l'examen médical à l'Académie de chirurgie de cette ville, en 1 850, et prit le bonnet de docteur à Rostock en 1851 ; après quoi, il alla s'établir à Plau. c!ansleMecklembourg,où il est resté jusqu'à sa mort, arrivée le 17 septembre 1850.

644 NÉVHAGMIE.

Il est l'auteur d'une excellente dissertation inaugurale sur les maladies du sein, d'une foule de très-bons mémoires disséminés dans dix-huit journaux de médecine importants, d'un grand nombre d'articles de critique et de polémique ; connaissant à merveille le français et la langue Scandinave, il vulgarisa dans son pays diverses productions d'auteurs français, danois et suédois ; nous signalerons surtout ses contributions Scandinaves publiées dans différents journaux, tels que le Journal de Chirurgie de Gràfe et Walther, le Journal des maladies des enfants de Behrend et Hildebrandt, le Zeitschrift fur Geburtshiilfe, le Monatsschrift fur GeburtshiUfe, etc., etc., sous des noms divers, tels que : No7-dische Beitràcje zur Geburtshillfe, Frauenzimmer- nnd Kinderkrankheiten, etc. 11 est de plus l'inventeur de plusieurs instruments de chirurgie et d'obstétrique.

Nous ne citerons de lui que quelques traductions et les travaux originaux dont il nous a été possible de connaître le titre :

I. Comment, medico-chirurgica de niammarum morbis . Rostochii, 1831, gr. in-S" (ou- \rat:e renfermant le résumé des travaux de 800 auteurs de 7 langues difféi'eiites). — II.Di'P«iicque(F.). Vollstândige Geschic/Ue der Durchlôc/ierungen, Einrisse iind Zerreissungen des Uhrus, der Vagina, etc. Volhlandig unigearbeitet von J.-F.-\V. ^evermann. Quedlinburg u. Leipzig, 1838, gr. in-8°. — 111. Rondet (Mme). Veber Vesico-Vaginal Hernien, etc. Fur DeiUschl. bearbeitct mit Zeiisâtzen. Quediinburg, 1839, in-8°. — IV. R/iapsodieti. lu Grâfe u. Walther Journal der Ckir., t. XXIV, p. 620, 1836. — V. Abliandlung iiber Gohier's Verbandbeitn Schenkelhalsbriich. Ibid., t. XXV. p. 595, 1857. — VI. Irislriimmtem-Mosaik ans verschiedenen Qucllen. ILid., t. XXVTII, p. 055, 1859. — VII. Die Exarticulation des Obersclienhels in geschiclUllchcr Hinsicht DargestellL Ibid., t. XXVIII, p. 95, 1859. — YlII. Zur Behandlung der liopfbhdgeschwuht Ncugeborener. In Journ. /'. Kinderkr., t. XIII, p. 161, 1849. — IX. Ueber abnorme Grosse der ausgeiragenen Frûchte. In Ver. d. Zeitsc'hr. f. Staatsarzneik., t. III, p. 2, 1849. Etc., etc. L. Ih.

j^EYIAl^US (Marc), de son véritable nom Neefs, ou, suivant Paquet, De Neef,

naquit à Grammont, en Flandre, vers l'an 1520 ou 1550. 11 était très-aimé dans

sa ville natale, où il exerçait l'art de guérir et les fonctions de bourgmestre;

a^ais sa vocation l'entraînait d'un autre côté, et malgré les remontrances de ses

amis et les regrets qu'en témoigna toute la ville, il embrassa l'état ecclésiastique.

Comme il venait d'être pourvu d'un bénéfice, il se fit prêtre, et alla s'établir à

Gand en 1563, où il resta un assez grand nombre d'années, jusqu'à sa mort, qui

arriva vers 1575. « Nevianus aimait le travail. A 1 imitation de Macer et de Ni-

candre, il consacra ses talents pour la poésie à l'avantage de la médecine. Mais,

bien différent de ces deux poètes médecins, il ne mit aucune beauté dans ses vers;

il ne traita même point des matières qui sont les sujets de ses ouvrages avec tout

l'intérêt dont elles sont susceptibles » (Eloy). Nous citerons de lui:

I. De plantarum viribus poêmation. Lovanii, 1563, in-S". — II. De qiialitatibiis primis, secundis, tcrtiis, iisque quas nalura tegit occultas abditasve, poêmation. Gandavi, 1573, in.go, — m. De curandis morbis poêmation. Gandavi, 1573, in-8°; nouv. éd., ibid., 1575, jii.8». — IV. In poêmation suum de curandis morbis corollarium de febribus agens. Gandavi, 1575, in-8°. L. H.n.

1^ÉVR,%GMIE. (de VîOpov, nerf, et ày^b^, fracture). C'est la section, ou la brisure, ou l'arrachement d'un nerf, considérés comme procédés d'expérimentation en vue de déterminer l'action des tubes nerveux. On pratique l'opération tantôt sur les nerfs de la moelle à leiu' origine, tantôt au-dessus ou au-dessous d'un ganglion. Le bout sur lequel la fonction se trouve supprimée s'altère, devient granuleux : de là des indications précieuses sur cette fonction même, sur la direction des courants nerveux, sur leurs rapports avec les éléments anatomiques. D.

NÉVRALGIES. 6i5

KÈVRALCilES. Ainsi que l'indique son étymologie {-Ji'jprj, nerf; 5)70;, (loueur), le mot névralgie a été primitivement employé pour désigner toute malalie dont le principal symptôme était une douleur siégeant sur le trajet des nerfs, lais, comme il est démontré que toute perception douloureuse est nécessaire aent le résultat de la transmission aux centres, par l'intermédiaire des filets lerveux, d'une impression périphérique, il sembla nécessaire de distinguer les louleurs qui sont le résultat de l'altération d'un organe ou d'un tissu de celles [ui sont sous la dépendance immédiate et exclusive du tissu nerveux lui-même, rest là ce que n'ont point compris tous ceux qui ont étudié les névralgies. En lésignant sous ce nom toutes les douleurs paroxystiques qui suivent la direcion des nerfs, qui s'exaspèrent sous l'influence d'une irritation exercée sur leur rajet, et qui semblent survenir spontanément sans cause extérieure détermilante, ils confondaient avec les névralgies les douleurs symptomatiques d'un ïrand nombre de lésions organiques ou de viscéralgies. Lorsque l'analyse clilique des diverses maladies fut rendue plus précise par les études anatomo- )athoIogiques, on distingua des névralgies un grand nombre de ces symptômes iouloureux. 11 resta difficile cependant et, nous n'hésitons point à l'avouer, il îst encore impossible aujourd'hui de donner de la névralgie une définition rigoureusement scientifique. La raison en est facile à comprendre. Pour définir une maladie, il est indispensable d'avoir des notions précises sur sa cause, ses lésions, ses symptômes. Or, de ces trois éléments, les deux premiers, les plus indispensables à connaître, nous font le plus souvent défaut. Ci n'est point que un grand nombre d'influences extérieures ne puissent être invoquées lorsque l'on recherche la cause déterminante de certaines névralgies. Le froid, les irritations périphériques qui s'exercent à l'origine des nerfs, sur leur trajet ou à leur terminaison, les traumatismes et, dans un autre ordre d'idée, les maladies diathésiques ou dyscrasiques les plus diverses, seront cités quand nous étudierons l'étiologie des névralgies. Mais nous verrons aussi que le plus souvent il n'est question dans tous ces cas que d'une série d'influ-înces ou d'agents pathologiques qui ne déterminent pas la maladie, mais qui en provoquent les manifestations lorsqu'il existe une prédisposition héréditaire ou acquise qui lui donne naissance ; nous verrons d'autre part qu'il est bien difficile de rattacher une seule et même maladie à des causes aussi multiples et aussi diverses.

Les lésions des nerfs que Ton observe dans le cours des névralgies sont bien moins caractéristiques encore, ou, du moins, toutes les fois que l'on reconnaît une lésion bien définie, on ne prononce plus le nom de névralgie, mais bien ceux de névrite, de congestion des nerfs, etc., ou bien l'on parle de névralgies symptomatiques d'une maladie déterminée. La névralgie peut donc être symptomatique d'un très-grand nombre de lésions ou de maladies, mais celles-ci ne sauraient suffire à en déterminer ou à en définir la nature.

11 nous semble dès lors que, plus la science fera de progrès, plus restreint deviendra le champ des affections encore aujourd'hui désignées sous le terme générique de névralgies. On en distingue dès aujourd'hui Vhyperesthésie, qui se caractérise parce qu'elle ne se manifeste que sousl'inQuenceouà l'occasion d'une irritation extérieure, les douleurs fulgurantes de l'ataxie locomotrice, si semblables dans quelques cas à certaines formes de névralgies, mais caractérisées par leur évolution, leur siège et les symptômes qui les précèdent ou les accompagnent. On ne confond plus avec les névralgies les névrites aiguës ou chroniques, dont les symptômes principaux sont cependant ceux des névralgies.

Pourquoi dès lors rangerait-on dans le cadre des névralgies les maladies à symptômes douloureux qui ne se rapprochent de celks-ci que par un petit nombre de caractères? Lorsqu'un névromc qui sicge sur le trajet d'un nerf provoque des douleurs paroxystiques, lorsqu'une lésion périutérine donne naissance à une congestion ou bien à un état sub-inflammatoire des nerfs du plexus lombaire, dans les cas où les douleurs dites névralgiques sont causées par une sclérose des centres nerveux, il semblerait plus naturel de désigner par un nom spécial, que l'anatomie ou la physiologie pathologique de ces affections permettrait de trouver, des symptômes qui ne sont que la manifestation clinique d'une maladie déterminée.

Et cependant, les symptômes névralgiques, c'est-à-dire les douleurs paroxystiques siégeant sur le trajet des nerfs, survenant spontanément, et s'exaspérant par la pression exercée en certains points, sont aussi nettement déterminés dans ces cas que lorsqu'il n'existe aucune cause organique qui puisse être invoquée pour les expliquer. La névralgie lombo-abdominale syniptomatique des maladies utérines est une névralgie au même titre que la névralgie trifaciale qui ne peut être attribuée qu'à l'inlhience du froid. Les symptômes qui la caractérisent sont ceux que l'on est convenu de considérer comme pathognomoniques de toute névralgie. Dès lors, si l'on regarde la névralgie comme un syndrome clinique, on devra ranger parmi les névralgies toutes les manifestations douloureuses qui accompagnent les lésions des nerfs les plus diverses. Il suffira d'ailleurs, dans tous ces cas, de bien faire remarquer que ces névralgies symptomatiques peuvent être distinguées les unes des autres et, dans ce but, de préciser leur diagnostic en indiquant toujours la cause qui les détermine et les symptômes qui les spécifient.

Mais il y a plus : ces névralgies symptomatiques d'une névrite, d'un névrome, d'une lésion organique appréciable, ont, il est vrai, une cause déterminée et une évolution spéciale. Mais elles sont cependant bien caractérisées au point de vue clinique comme névralgies. Or, nous le verrons en étudiant la physiologie pathologique de ces maladies, pour expliquer qu'une série de symptômes identiques ressortissent à des causes différentes, il faut admettre que la névrite, les névromes, les lésions quelles qu'elles soient qui provoquent la névralgie, donnent naissance à un changement dans la structure ou dans le fonctionnement du nerf, et que cette modification moléculaire, inaccessible jusqu'à ce jour à nos moyens de recherches, est à elle seule la cause des symptômes névralgiques. Il faut, si cette hypothèse est vraie, reconnaître que, si la névralgie est un syndrome clinique, ce syndrome traduit l'existence d'une modification spéciale dans la structure du nerf. C'est affirmer par là l'existence des névralgies tout en reconnaissant que l'interprétation patliogéuique et la définition nosologique des différentes espèces de névralgies est impossible à établir. En l'ésumé donc, on ne peut aujourd'hui définir lunévralgie que par ses symptômes et, dans ces conditions, on se trouve forcé de confondre sous une même dénomination bien des maladies distinctes. Mais le syndrome névralgie répond à un état anatomique, qui sera uu jour déterminé, des nerfs ou des centres nerveux. Et dès lors on se trouve amené à conclure que la névralgie existe comme maladie distincte caractérisée par une lésion des centres, des troncs ou des rameaux nerveux, et par des symptômes déterminés.

En définissant la névralgie par ses symptômes nous n'entendons parler ici que des névralgies des nerfs de la vie de relation. Il est naturel, en effet, de ne

point contondre avec les névralgies proprement dites les douleurs bien ditférentes par leurs caractères, leur marche, leur siège, leur évolution, qui accompagnent les principales viscéralgies. Les douleurs viscéralgiques diffèrent trop des douleurs névralgiques pour qu'il soit possible de les confondre quand on se livre à une an:Alyse symptomatique un peu rigoureuse. Il ne sera donc question dans cet article, que des névralgies proprement dites, des névralgies qui occupent les nerfs de la vie de relation. iVous étudierons successivement, après quelpes mots d'historique, leurs symptômes, leur étiologie, leur physiologie pathologique, leur diagnostic, leur pronostic et leur traitement.

Historique. Il nous paraît sans intérêt de rechercher dans les ouvrages les plus anciens certains passages qui semblent prouver qu'Hippocrate, Arétée, CeJse ou les Arabes, ont connu l'existence des névralgies, et qu'ils en ont décrit les principaux symptômes. Cotugno a bien fait voir qu'Hippocrate avait parlé d'une maladie douloureuse, distincte des maladies de la hanche et s'étcndant à la partie postérieure de la jambe et de la cuisse; mais les descriptions qu'il en donne sont bien vagues et bien incomplètes. Les névralgies faciales, intercostales, etc., ne sont même point mentionnées dans les œuvres du père delà médecine, et ses successeurs ne les ont point étudiées avec plus de soin. Presque tous confondaient la goutte, le rhumatisme et la plupart des maladies douloureuses, avec les névralgies. Arétée seul paraît avoir bien connu la névralgie faciale. Il faut donc reconnaître avec Valleix que, jusqu'au mémoire de Cotugno 1765 , aucun travail ne peut être considéré comme ayant nettement différencié la sciatique des maladies de la hanche. Quant aux autres névralgies, elles étaient encore bien moins connues, à l'exception de la névralgie faciale que, dès 1750, André avait assez bien décrite, à la iîn de son traité des maladies de l'urcthre. Les travaux de Thouret et de Fothergill, de Pujol, de Forstmann, deMéglin, etc., complétèrent ces descriptions, mais sans les rendre bien précises. On peut donc aflirmer que, jusqu'à ces derniers auteurs, l'histoire des névralgies eu général devait se borner à très-peu de chose, puisque les connaissances des médecins sur ces affections se bornaient à quelques indications plus ou moins vagues sur deux d'entre elles. Cotugno lui-même, quoiqu'il ait assez bien décrit les douleurs de la sciatique et leur irradiation, en a donné une théorie tout au moins bizarre (voy. Sciatique) et, par conséquent, son mémoire offre encore bien des points discutables.

C'est au commencement de ce siècle seulement (1802) que Chaussier définit la névralgie et s'efforça dans un ouvrage justement célèbre de décrire les différentes espèces de névralgies qu'il avait observées. « La névralgie, dit Chaussier, est l'affection morbide d'un nerf caractérisée : 1") par la nature de la douleur qui est en même temps vive, déchirante quelquefois, et surtout dans son commencement, avec torpeur ou formication, plus souvent avec pulsations, élancements et tiraillements successifs, sans rougeur, sans chaleur, sans tension et gonflement apparent de la partie, qui revient par accès plus ou moins longs et rapprochés, souvent irréguliers, quelquefois périodiques, différence qui établit la distinction des espèces de névralgies en périodiques ou régulières, atypiques ou irrégulières; 2°) par le siège de la douleur, qui est toujours fixée sur un tronc, sur une branche du nerf, et qui, dans le temps des paroxysmes, se propage et s'élance du point primitivement affecté sur toutes ses ramifications, les parcourt rapidement, comme un éclair, jusque dans leurs dernières extrémités,

les suit dans leurs diverses connexions, les affecte tantôt successivement les unes après les autres, tantôt toutes ensemble, ou d'autres fois se borne plus particulièrement à un ou à deux de ses filaments. D'où résultent plusieurs symptômes secondaires tels que spasmes, frémissements, agitations convulsives plus ou moins apparentes dans la partie, mouvements involontaires, gestes automatiques qui dégénèrent bientôt en tic ou habitude vicieuse ; gonflement momentané des veines ; pulsations plus fortes, plus grandes, plus fréquentes des artères de la partie; altération des excrétions qui s'y font habituellement, suivant l'espèce de nerf affecté, la distribution de ses filets à des muscles, à des organes secrétaires. ■»

Celte description méritait d'être reproduite textuellement, car elle montre bien toute la minutie et l'exactitude qu'apportaient à leurs descriptions les médecins qui se préoccupaient surtout de bien faire connaître ce qu'ils avaient observé. Leurs théories étaient, il est vrai, moins précises que leurs observations cliniques. Tandis que Cotugno attribuait la névralgie à une inflammation du névrilème et à une infiltration consécutive de son tissu qui produirait la désorganisation de la pulpe nerveuse ; alors que Van de Keese affirmait aussi dans toute névralgie l'existence d'une névrilémite, en déclarant que « les maladies connues des médecins modernes sous le nom de névralgies ne consistent que dans l'inflammation du nerf », et que Chastenier voulait remplacer le mot névralgie par celui de névrite, Bicliat, Chaussier, Piorry, Jolly, etc., ne définissaient la névralgie que par le siège et les caractères de la douleur qui l'accompagnent.

A cette époque déjà cependant on discutait la question de savoir s'il existait des névralgies du système ganglionnaire ou s'il fallait réserver cette dénomination générale aux seules maladies du système nerveux de la vie de relation. Bichat admettait l'existence de névralgies du système ganglionnaire. « Il y a, disait-il, des coliques essentiellement nerveuses, qui sont indépendantes de toute affection locale des systèmes séreux, muqueux et musculaire des intestins : ces coliques résident manifestement dans les nerfs des ganglions semilunaires, elles sont de véritables névralgies du système nerveux de la vie organique. » Chaussier, au contraire, ne comprenait dans les névralgies que les douleurs des nerfs de la vie de relation. Sandras, Grisolle, Jolly, Ollivier (d'Angers), admettaient l'identité pathologique des viscéralgies avec les névralgies de relation. Plus près de nous, M. Bouillaud considérait la gastralgie comme une névralgie du pneumo-gastrique, l'entéralgie comme une névralgie des nerfs rachidiens qui arrivent à l'intestin, les névralgies cardiaques, pulmonaires, etc., comme exclusivement dues à des névralgies des nerfs rachidiens. D'après M. Bouillaud, les névroses actives ou irritations nerveuses des nerfs sensitifs de la vie de relation constituent les névralgies; les irritations nerveuses des nerfs de nutrition produisent des fièvres intermittentes quand elles sont généralisées sur les nerfs du système sanguin et des fièvres intermittentes quand elles occupent diverses portions circonscrites du système ganglionnaire.

Dans ces dernières années, on s'est préoccupé surtout de chercher, par l'analyse des symptômes et par l'examen anatomo-pathologique des tissus, à bien préciser les lésions des nerfs qui peuvent rendre compte des diverses espèces de douleurs névralgiques. Les travaux dcNotlmagel, Erb, Eulenburg, Bosenthal, etc., en Allemagne; ceux de Vulpian, Charcot, Lasègue, Fernet et Landouzy, etc., en France, ont surtout contribué à établir la distinction anatomo-pathologique et la

différence symptomatique qui séparent les névrites des maladies qui ne leur ressemblent que par les symptômes névralgiques qui les accompagnent. M. Gubler a insisté, par ses travaux et par ses leçons, pour bien faire voir qu'il existait des névralgies congestives; MM. Anstie, Vulpian, Erb, Nothnagcl et plus récemment MM. Arloing et Tripier, Rigal, Cartaz, etc., se sont efforcés d'élucider les difficultés que présente l'étude de la pathogénie des névralgies. Mais il faut avoir recours au livre de Valleix, au traité d'Axenfeld, ou bien aux ouvrages de Nothnagel , d'Erb ou d'Eulenburg, et plus récemment à l'article de M. Hallopeau, pour trouver une description rigoureuse des névralgies et une étude complète de ce syndrome clinique. Nous ne citerons point ici toutes les monographies, toutes les études cliniques consacrées à la description de quelques-uns des symptômes les plus remarquables des névralgies. Les travaux de Notta et d'Hubert Valleroux, que nous analysons plus loin, sont à cet égard des documents précieux, mais qu'il nous suffira de signaler quand nous nous occuperons des symptômes ou de la physiologie pathologique des névralgies.

SYMPTOMA.Tor,OGiE. Par sa dénomination, par sa définition, la névralgie est une maladie douloureuse, mais toute douleur n'est pas nécessairement une douleur névralgique : il importe donc de préciser dans quelles conditions il est permis de donner à une maladie douloureuse la dénomination de maladie névralgique, ou, en d'autres termes, il faut, au début de l'étude symptomatique des névralgies, préciser les symptômes qui les caractérisent. Or, on est convenu, un peu arbitrairement, il est vrai, de désigner sous le nom de douleurs névralgiques les douleurs spontanées^ intermittentes (c'est-à-dire présentant desrémissions et revenant sans cause connue à des intervalles réguliers ou irvéq^uWecs), siégeant sur le trajet des nerfs et paraissant circonscrites le long de leurs différentes branches.

Le caractère spontané des douleurs névralgiques est l'un des plus importants à signaler. Eulenburg, qui y insiste avec raison, fait remarquer que dans toutes les hyperesthésies cutanées la douleur est en rapport direct avec l'excitation périphérique qui leur donne naissance. Elle ne naît que sous l'influence de cette excitation ; elle est d'autant plus vive que celle-ci est plus énergique. Il en est tout autrement pour les douleurs névralgiques. Celles-ci naissent spontanément ou sous l'influence d'excitations périphériques qu'il est très-difficile de préciser, et lorsque, dans l'intervalle des paroxysmes, on veut les provoquer, il faut exercer une compression, souvent assez énergique, en des points déterminés sur le trajet du nerf. Encore, même dans ces circonstances, n'est-il pas toujours aisé de faire naître la douleur qui, un instant plus tard, apparaîtra sans cause connue et avec la plus vive intensité.

Les névralgies présentent tantôt des intermissions, tantôt des rémissions, c'està-dire que la douleur peut cesser complètement pendant un intervalle de temps parfois assez long, toujours très-variable, d'autres fois ne jamais disparaître et persister, alors même que les paroxysmes intermittents auront cessé pour quelques heures. Ce caractère intermittent des névralgies n'éclaire pas leur pathogénie, puisque l'on peut voir des névralgies symptomatiques de lésions matérielles graves du tissu nerveux, de névromes, par exemple (Trousseau), rester intermittentes alors que la cause qui les détermine est continue.

Les douleurs névralgiques suivent à peu près exactement le trajet des nerfs depuis leurs racines jusqu'à leurs extrémités, sans qu'il soit possible de leur

r.50 .NÉVRALGIES.

assigner un point de départ précis, ni une marche définie. Nous verrons, en discutant la physiologie pathologique des névralgies, comment on peut interpréter l'existence des foyers douloureux d'où les irradiations paroxystiques des névralgies semblent quelquefois partir, et comment la douleur chemine, tantôt dans le sens des ramifications nerveuses, d'autres fois, au contraire, de la périphérie vers les centres nerveux.

Nous allons, dans ce chapitre, étudier successivement et indépendamment de toute idée préconçue les divers symptômes que l'on peut observer dans le cours des névralgies. Or ceux-ci sont, les uns très-transitoires, les autres plus durables, ({uelques-uns persistants, devenant de plus en plus accentués au fur et à mesure que la névralgie s'aggrave. Les symptômes transitoires et vraiment pathognomoniques des maladies névralgiques sont la douleur, les contractions fibrillaires des muscles, les troubles vaso-moteurs ou sécrétoires.Des symptômes plus rares, plus durables, plus graves, sont les troubles tropluques et les douleurs continues sur le trajet des nerfs. Ces derniers symptômes sont le plus fréquemment liés aux névralgies symptoniatiques d'une lésion profonde des nerfs.

Douleur. La névralgie étant uns maladie essentiellement douloureuse, il nous faut d'abord décrire les caractères généraux, pui^ les caractères spéciaux de ce symptôme. La douleur névralgique est à la fois iitinue et intermittente, c'est-à-dire que des accès intermittents viennent c.aspérer à des intervalles très-irréguliers la douleur sourde, profonde, qui ne fait presque jamais défaut. Ces accès intermittents éclatent d'ordinaire très-brusquement, bien que, dans certaines circonstances, ils paraissent précédés de prodromes d'une durée assez longue, tels que : pesanteur du membre, douleur vague, confuse, sur le ti'ajet de ses nerfs, fourmillements, picotements, etc. Ils semblent prendre naissance en certains points déterminés et presque toujours les mêmes d'où la douleuj' s'irradie dans divers sens , n'occupant le plus souvent que quelques filets nerveux, et non toute la sphère de distribution du nerf, pouvant atteindre parfois des branches nerveuses assez éloignées du rameau primitivement atteint, suivant dans sa direction, tantôt une voie centripète, tantôt une voie centrifuge, n'obéissant point aux lois qui président à la propagation des impressions périphériques.

Les crises douloureuses dui'ent un temps variable, puis cessent brusquement sans que l'on puisse toujours assigner une cause spéciale à leur développement ou à la sédation de la douleur. Une émotion un peu vive, un mouvement, l'impression du froid, etc., peuvent la raviver subitement. Plus fréquemment, elle se développe sous l'influence de la compression' exercée en certains points déterminés, que Valleix a décrits sous le nom de points douloureux, et dont nous aurons à étudier plus loin la signification. La douleur névralgique détermine souvent des excitations dans la sphère des nerfs moteurs, et ces excitations donnent naissance à des convulsions toniques ou cloniques, parfois à des troubles paralytiques. Elle s'accompagne plus fréquemment encore de troubles vaso-moteurs ou sécrétoires, dhy pères thésie ou d'anesthésie cutanée; mais il est rare qu'il existe aucune accélération du pouls, et l'un des caractères les plus' frappants de l'accès névralgique est l'absence de tout mouvement fébrile. Ces accès de douleur névralgique sont d'une durée très-variable et reviennent à des intervalles très-irréguliers.

La douleur est spontanée ou bien elle est provoquée. La douleur spontanée

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est sourde, contusive, si pénible à certains malades qu'ils s'efforcent parfois, pour y échapper, de provoquer une crise de douleur aiguë par une irritation locale, un mouvement, la compression exercée sur le trajet du nerf, etc. Cette douleur continue, qui fait rarement défaut, avait déjà été signalée par Cotugno dans les cas desciatique. Yallcix cite, à ce propos, le passage suivant qui est, en effet, caractéristique : « Ischiadicus ergo nervus, ischiadem patiens sive in coxa dolor incœpit, et ad pedem desiit, sive a pede natus ascendit ad coxam, quantus pertinaciter indolet, hydropieus est. Ilsec tamen intclligo de dolore nervi illo, qui et fixus est et pertinax, veramque nervosam ischiadem efficit; sunt cniin vagae qua^dam iscliiadici nervi puncliones, fulgura doloris vulgus appellat, quse a trunci dolore in raraos propagato soient oriri. Illse tamen volaticfe sunt, pertinacemque morbum, in quo verce ischiadis nervosam positus est character, non constituunt : s/jasmos ischiadicos, appellarem. » « 11 résulte de ce passage, ajoute Valleix, que Cotugno accordait une bien plus grande valeur diagnostique à la douleur fixe et persistante qui, selon lui, constitue la névralgie sciatique, qu'aux douleurs lancinantes, auxquelles il n'a nullement donné le nom de fulgura doloris comme on l'avait cru jusqu'à présent, a Cette douleur continue, dont nous aurons plus loin à expliquer le mécanisme, frappe moins, toutefois, que la douleur intermittente caractérisée par des accès douloureux. Elle n'est jamais, d'ailleurs, aussi aiguë, aussi violente que ceux-ci.

La douleur intermittente se manifeste sous forme d'élancements tiès-aigus, durant d'ordinaire assez peu de temps et se reproduisant à des intervalles trèsvariables, quelquefois revenant d'une manière périodique. Les accès, qu'ils soient assez violents pour arracher des cris aux malades, ou bien, au contraire, qu'ils restent supportables, qu'ils ressemblent à des brûlures, des morsures, des coups d'aiguille ou de couteau, des secousses électriques, etc., se reproduisent sous les intluences les plus variées. Un mouvement un peu brusque, l'impression du froid, une compression un peu vive de la région malade, un simple frôlement de la peau, une émotion un peu vive, les font renaître. Dans les névralgies faciales, la mastication, l'éternument, la déglutition, etc., suffisent pour renouveler les crises; dans la sciatique, la marche, la station verticale, produisent en général le même effet, bien que l'on ait exceptionnellement vu la marche calmer la douleur. Le retour fréquent des névralgies pendant la nuit dépend peut-être exclusivement de la congestion des nerfs amenée par le décubitus. Quelquefois même, c'est brusquement, sans pause extérieure appréciable, que deux ou trois fois en très-peu de temps, ou bien même plus fréquemment, de véritables irradiations douloureuses se développent pour cesser ensuite de se manifester durant cinq ou sis heures consécutives. Enfin, dans certains cas, ces accès intermittents, en dehors même de toute influence paludéenne, reviennent plusieurs jours de suite à la même heure. Le plus souvent il est, dans la journée et surtout pendant la nuit, des instants où les souffrances sont les jdus fréquentes et les plus vives. Toutes les formes de névralgie ne sont pas également douloureuses. Les névralgies faciale et sciatique exposent plus particulièrement aux douleurs les plus intenses.

Points douloureux. La douleur intermittente semble partir de certains points déterminés et presque toujours les mêmes pour s'irradier ensuite dans diverses directions. Les points douloureux sont presque toujours assez profonds. Le tronc nerveux lui-même paraît en être le siège et l'existence des nervi nervorum que

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Sappey a décrits l'un des premiers semble montrer pourquoi il en est presque toujours ainsi.

« Lorsque, dit Valleix, on demande à un malade affecté de névralgie quels sont les points envahis par la douleur, tantôt il désigne tout le trajet d'un nerf, comme on le voit fréquemment dans la sciatiquc, tantôt, et l'on en a de nombreux exemples dans la névralgie intercostale , il indique plusieurs points distincts dans l'étendue de ce nerf. M'iis, même dans le premier cas, si l'on pousse plus loin l'interrogation, on s'assure que le malade n'a voulu parler que de la douleur lancinante et intermittente; car si, dans les intervalles des élancements, on lui demande quel est le siège de sa douleur, il répond alors en désig?iant des points limités. » On voit, d'après ce passage, que Valleix attache une grande importance au siège de la douleur continue et que, d'après lui, les crises de douleur intermittente prendraient naissance à leur niveau et s'irradieraient ensuite en suivant plus ou moins exactement la sphère de distribution des nerfs malades.

Il est, en effet, démontré par l'observation clinique que les douleurs continues de la névralgie affectent de préférence certains foyers déterminés, et que les douleurs intermittentes débutent par ces foyers. De même la pression exercée en certains points réveille ou provoque la douleur névralgique. Ces points douloureux sont assez limités. Dans la névralgie lombo-abdominale, par exemple, c'est avec la pointe d'un crayon que l'on peut provoquer les douleurs les plus vives au-dessus du pubis, à l'anneau inguinal externe ou bien au-dessous de l'épine iliaque antérieure et supérieure. De même dans la névralgie sciatique ou la névralgie trifaciale. On peut aisément s'assurer que dans la plupart des névralgies de la cinquième paire, par exemple, la douleur à la pression se fait surtout sentir au point d'émergence des nerfs ophthalmiques, maxillaire supérieur ou maxillaire inférieur. Il est donc inexact de soutenir, comme l'a fait Romberg, que la pression exercée sur le trajet d'un nerf dans le cas de névralgie ne détermine point la douleur, mais qu'elle contribue, au contraire, à la calmer. Valleix lui-même avait déjà fait remarquer qu'il faut une pression brusque exercée en un point circonscrit sur le trajet du nerf pour déterminer l'accès névralgique, tandis qu'une pression lente ou exercée sur une large surface ne provoque aucune exacerbation douloureuse. Mais il ne faut point non plus admettre avec Valleix que dans tous les cas de névralgie les points douloureux qu'il a signalés permettront de reconnaître la maladie.

Ces points douloureux, on les recherche en vain dans bien des cas; les observateurs les plus consciencieux et, parmi eux, Schuh, Hasse, Eulenburg, affirment ne point les avoir rencontrés.

Il ne faut point surfout s'attendre à les retrouver tous dans Vintervalle des accès, ni à constater que les irradiations douloureuses partent de ces foyers. Parfois, en effet, la pression exercée au moment de la crise névralgique sur les foyers douloureux désignés par Valleix sera excessivement pénible alors que, au bout de quelques heures, la compression la plus énergique et la plus brusque pratiquée aux mêmes points restera indolente. Il en est de même quand il s'agit de nerfs parfaitement intacts. Bastian et Vulpian n'ont-ils point fait voir que la pression du doigt sur le trajet d'un nerf déterminait d'abord de la douleur et des phénomènes de paralysie, et plus tard une perception moins nette dans toute la sphère du nerf atteint? Enfin, il faut reconnaître que parfois certaines excitations locales sont douloureuses alors que d'autres ne provoquent pas

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de souffrance. C'est ainsi que Rosenthal a pu reconnaître par l'exploration électrique certains points des nerfs très-sensibles aux courants (continu ou induit), alors que la pression exercée à ce niveau ne provoquait nullement l'accès névral-

Les loyers où la pression détermine la plus vive douleur peuvent n'avoir que un ou deux centimètres de diamètre. Parfois cependant ils sont plus étendus. Quelquefois, ainsi que M. Lasègue l'a démontré dans le cas de sciatique grave, tout le trajet du nerf est douloureux. Mais, alors même qu'il en est ainsi, en promenant le doigt sur le trajet du nerf, et en y exerçant une pression suflisante, on arrive toujours à trouver deux ou trois points spécialement sensibles et au niveau desquels une pression un peu vive provoque un cri ou un mouvement brusque, et une pression un peu continue, une douleur insupportable. Il est vrai que, si l'on cesse un instant la compression du nerf pour l'exercer de nouveau quelque temps après, la douleur ne se fait plus sentir. On peut se rendre compte de ce phénomène par la loi de l'épuisement rapide des actions nerveuses. Les foyers douloureux ou les points douloureux décrits par Yalleix existent donc dans un grand nombre de névralgies, mais il faut, pour les découvrir, une main expérimentée. Avec Valleix, on peut continuer à soutenir que les points douloureux se retrouvent surtout aux points d'émergence du tronc nerveux, aux points où un filet nerveux traverse les muscles ou les aponévroses pour se rapprocher de la peau, aux points où les rameaux nerveux viennent s'épuiser dans les téguments, enfin aux points où les troncs nerveux deviennent superficiels. Toutefois on ne saurait admettre avec lui que « tout se réduit à la position superficielle de l'organe et à sa destination particulière, c'est-àdire que la douleur alfecte exclusivement dans la névralgie les nerfs souscutanés ou qui entretiennent la sensibilité tactile. » Bien au contraire, les branches les plus superficielles, les extrémités périphériques d'un nerf, sont souvent indolentes alors que la pression profonde exercée en des foyers déterminés demeure très-douloureuse. Sandras et Van Lair ont prétendu que les points douloureux n'existent que dans les régions où le nerf peut être comprimé parce qu'il repose sur un plan résistant ou passe d'une région plus dure à un tissu plus mou et plus mobile. 11 est difficile de soutenir une semblable assertion. Mais il faut reconnaître aussi que les points douloureux manquent assez fréquemment. Leur valeur au point de vue du diagnostic des névralgies simples n'est donc pas aussi sérieuse que l'avait prétendu Yalleix.

Toutefois, on ne saurait non plus, avec Trousseau, condamner les points douloureux de Valleix, et leur substituer les points apophysaires. Ces points existent, sans doute. Us existent même fréquemment, surtout dans les névralgies intercostales. Alors, en effet, que la pression au niveau de l'angle des côtes reste parfois indolente, on ariive, en comprimant successivement les apophyses épineuses, à provoquer en un point déterminé une douleur très-vive qui fait pousser un cri au malade, qui donne naissance à un mouvement brusque et qui indique nettement le siège de la névralgie. Les poinls d'expansion terminale de Trousseau existent dans les mêmes circonstances, mais il faut faire remarquer, d'autre part, que ces points apophysaires ne se rencontrent guère que dans les névralgies intercostales et dans les névralgies que l'on observe chez les hystériques. Bien plus, chez les jeunes filles et les jeunes femmes hystériques, nous avons bien fréquemment constaté l'existence de ces poinls apophysaires, en l'absence de toute névralgie intercostale. Dès lors, si le point apophjsaire peut

manquer dans les névralgies et exister alors que celles-ci restent absentes, on ne saurait le considérer comme pathognomonique. M. Armaingaud, qui a repris la doctrine de Trousseau et cherché à réhabiliter les points apophysaires dans les névralgies, ne cite guère dans son travail que des observations prises sur des jeunes filles et des jeunes femmes. Sur seize observations, il n'en existe que trois (obs.iii, xiii et xiv) ne se rapportant pas à des femmes ; les obs. xni et XIV sont d'ailleurs relatives à des enfants de quatorze ans. Or, nous le répétons, autant il est exact d'affirmer l'existence des points apophysaires avec ou sans névralgie, chez les jeunes femmes et les jeunes filles, autant il est rare de les rencontrer dans ces cas de névralgie franche où les points de Valleix sont parfois si marqués. 11 y a plus : tandis que dans les névz'algies on ne constate, au niveau des points douloureux, aucune modification appréciable de la peau, ni rougeur, ni inflammation, ni gonflement, ni, comme l'avait soutenu Ânslie, hyperplasie du périoste, au contraire, ces troubles trophiques existent ou sont facilement pi'ovoqués par l'application d'un corps irritant, d'un courant électrique, d'une friction ou d'une contusion de la peau, dans les cas de névralgie compliquée ou de névrose générale avec lésion déterminée des centres nerveux, c'est-à-dire alors précisément que l'on observe les points apophysaires. Nous aurons à revenir plus loin sur ce sujet. Ce que nous en avons dit suffit à expliquer pourquoi, tout en faisant nos réserves au sujet de leur fréquence, nous avons cru devoir icproduire, d'après Valleix, le tableau des points douloureux qu'il a décrits dans les dilférentes névralgies.

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