PETITE SOURCE SOURCE SOURCE ISTERMITTEXTE. ROUGE. DU PARC
Chlorure de sodium 2,062 2,099 2,S4i
— rubidium et de césium. . . indices. traces. indices.
lodure de sodium indices. » »
Bicarbonate de soude 1,725 1,075 2,127
— chaux 0,789 0,808 0,582
— magnésie 0,5ô0 0,514 0,480
— potasse 0,230 0,199 0,546
— lithine 0,054 0,054 0,057
— protoxyde de fer .... 0.008 0,018 0,009
— — manganèse., indices. indices. indices. Sulfate de soude 0,155 0,159 0,168
— strontiane indices. traces. traces.
Alumine 0,011 0,012 0,018
Silice 0,118 0,150 0,125
Arséniale de soude . traces. tr. tr.-sens. »
Matière organique traces. traces. traces.
Total DES MATIÈRES FIXES 5,658 4,^29 6,456
I acide carbonique libre 0,477 0,421 0,633
I oxygène et azote indéterm. indélerm. indéterm.
9" Nouvelle source chaude ou source du Rocher. On trouva, en creusant les nouvelles fondations de rétablissement du mont Cornadore, les griffons multiples et abondants de la Nouvelle source chaude qui alimente d'eau thermale les diverses sections de la maison de bains. Le débit des filets de cette source est de 130,000 litres en 24 heures, il a permis et il pourra permettre de donner une grande extension à l'établissement du Mont-Cornadore qui autrefois n'était pas pour\iz d'une assez grande quantité d'eau thermo-minérale. L'eau de la Nouvelle source chaude a les mêmes propriétés physiques et chimiques que celles des autres sources de Saint-Nectaire ; seulement M. le docteur Choussy, qui visitait
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la station au moment de la découverte de la source du Roclier, a pu constater que la température de ses griffons réunis est de 45 degrés centigrade. On ne connaît encore ni la densité ni l'analyse chimique exactes de l'eau de la Nouvelle source chaude : ces recherches se feront dès l'hiver de 1876-1877.
Le bassin de captage de la Nouvelle source chaude fournit tous les moyens balnéaires de Y établissement nouveau du mont Cornadore qui se compose de 24 salles de bains (dites de luxe) précédées de vestiaires. Deux contiennent un lit de repos. Plusieurs de ces salles sont pourvues de deux baignoires et de cuvettes où les malades peuvent prendre des bains de pieds. Toutes les baignoires sont de ciment et s'emplissent par leur partie inférieure. Les cabinets de bains sont éclairés par leur dôme au moyen de verres de couleur et leurs parois intérieures sont recouvertes de carreaux de faïence vernissée. La division des bains de luxe renferme encore deux cabinets de douches ascendantes, un pour chaque sexe, une salle de pulvérisation et une pièce où s'administrent les bains de gaz acide carbonique. L'établissement du mont Cornadore renferme en tout trente cabinets.
10° Source Dumas. Nous aurions pu décrire cette source lorsque nous avons parlé de celles de Saint-Nectaire-le-Bas, car elle fait plutôt partie du régime des sources inférieures de cette station. Nous en donnons l'analyse exacte faite en 1870 par M. Duclaiix, professeur suppléant de chimie à la faculté des sciences de Clermont-Ferrand, parce que la lecture des résultats qui vont suivre indiquera que cette source ne peut rester dans l'oubli où elle est aujourd'hui.. Sa limpidité, son défaut d'odeur, la grande quantité de gaz acide carbonique qu'elle tient combiné, dissous ou en liberté, son goût agréable, son athermalité, sa bonne conservation quand elle est en flacons bien bouchés, réservent à l'eau de la source Dumas une place importante, la première peut-être, quand on s'occupera de l'exportation de sources trop peu connues. Quoi qu'il en soit, sa densité est de 1,005, et 1000 grammes de l'eau de la source Dumas contiennent les princijies suivants :
Chlorure de sodium 2,551
Bicarbonate de chaux 2,218
— soude 1,539
— potasse 1,151
Sulfate de soude 0,154
Silice 0,132
Oxyde de fer 0,006
Lithine et arsenic traces.
Total des matièhes fixes 7,751
Gaz acide carbonique libre 1,534
Ne quittons pas la partie chimique des eaux de Saint-Nectaire sans mentionner l'importance que quelques médecins attachés à ces sources attribuent à la présence de la lithine en dissolution dans les eaux d'Auvergne, et spécialement dans celles de Saint-Nectaire et de Royat (Voy. les Mémoires de MM. Truchot, Dumas- Aubergier, Clermont-Ferrand, 1869, Fredet et Boucomont, Pai'is, 1874- 1875). Nous attendrons que l'expérience clinique plus longtemps continuée ait répondu de la valeur de la lithine dans les affections rhumatismales et goutteuses. Nous sommes d'autant plus autorisé à cette réserve que les essais faits avec cette base, tirée il est vrai des pharmacies, ont été loin de donner les résultats heureux promis par ses promoteurs. Continuons, en attendant mieux, de nous expliquer les effets heureux des eaux de l'Auvergne, et spécialement de celles de Saint-Nectaire et de Royat dans la goutte et le rhumatisme, par leurs
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bicarbonates, leurs sulfates, leur chlorure de sodium et certainement aussi par leur hyperthermalité.
Mode d'administratio>' et doses. Les eaux de toutes les sources de Saint-Nectaire se conseillent, en général, d'un à trois verres pris le matin à jeun, et après un espace qui varie d'un quart d'heure à une demi-heure, suivant la digestion plus ou moins facile de ces eaux, digestion que quelquefois les buveurs doivent rendre plus facile en coupant l'eau d'une infusion appropriée et en faisant de l'exercice entre chaque ingestion. C'est l'eau de la source du Parc et des sources Rouges qui est le plus souvent prescrite et c'est à elle que se rapporteront toutes les observations qui vont suivre. Quelques buveurs assimilent assez difficilement l'eau de Saint-Nectaire; cela tient ordinairement à deux causes. L'une est physique et vient de ce que la plupart des personnes qui fréquentent les sources boivent leur eau à petits coups et laissent trop s'en aller le gaz acide carbonique qui aide puissamment à les faire accepter par l'estomac. La seconde cause est morale et tient à un préjugé qui consiste à trouver indigeste des eaux minérales ayant une faculté si grande d'incruster les objets que l'on y plonge et qu'on y laisse séjourner pendant un certain temps. Quoi qu'il en soit, ces eaux augmentent sensiblement l'appétit et sont presque toujours parfaitement supportées par les personnes douées d'organes digestifs en bon état. Elles excitent la soif et elles constipent surtout pendant les premiers jours. Administrées à doses plus élevées, huit et même dix verres dans la journée, elles sont rarement acceptées sans protestation et elles déterminent de la pesanteur épigastrique, rendent la bouche sèche, amènent de l'anorexie et même de la diarrhée. Quand on voit ces accidents s'aggraver, il faut suspendre la cure intei^ne, ce qui arrive d'ailleurs trèsrarement à ceux qui suivent scrupuleusement les avis du médecin qui les dirige, car il est tout à fait exceptionnel qu'il ordonne des doses aussi élevées. Les eaux de Saint-Nectaire ont une action diurétique incontestable et sous leur influence les urines deviennent alcalines pendant les premières heures surtout. Chez les personnes qui ont éprouvé ou qui éprouvent encore des douleurs consécutives à une affection aiguë du poumon ou de la plèvre, ou bien lorsque des rhumatismes affectent les membres ou les viscères, les médecins remarquent souvent que ces eaux augmentent et réveillent ces douleurs oubliées quelquefois depuis longtemps.
L'eau de Saint-Nectaire paraît onctueuse quand on est plongé dans le bain, et cela s'explique moins par les propriétés physiques de l'eau elle-même que par son action, pour ainsi dire chimique, sur la peau dont les sécrétions acides, se combinant avec les bases de l'eau, forment une sorte de savon. Les baignem-s n'éprouvent pas ordinairement d'autre sensation, il en est cependant qui ressentent une constriction dans le creux épigastrique, dans les parois thoraciques, quelquefois dans les flancs et plus rarement à l'hypogastre. Ces phénomènes sont rares et se dissipent promptement. La durée des bains d'eau est, en général, de trois quarts d'heure à une heure, et leur action est à la fois tonique, excitante du système circulatoire de la peau et stupéfiante du système nerveux périphérique. Ces observations ont été faites par M. le docteur Vernière qui a été le médecin inspecteur attaché à la station de Saint-Nectaire pendant vingt ans. L'ingestion dans les voies digestives du gaz recueilli aux sources de Saint-Nectaire, ainsi que son inhalation dans l'arbre bronchique, ne peuvent être dosées d'une manière absolue et doivent être appliquées suivant les indications que le médecin veut remplir. Les douches locales de gaz acide carbonique ont une application
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Irès-vanable aussi, mais on peut dire d'une manière générale qu'elles ne doivent pas dépasser un quart d'heure.
Emploi thérapedtique. Nous avons assimilé, il y a déjà longtemps, les eaux de Royat aux eaux d'Ems et les eaux de Saint-Nectaire à celles des sources de Kaiisbad. Cette comparaison a été acceptée et contrôlée par MM. les docteurs Nivet et Allard, inspecteurs de Royat, et par MM. les docteurs Yernière, Basset et Dumas-Aubergier, tour à tour chargés de la direction médicale des eaux de Saint-Nectaire. Nous pouvons ajouter, maintenant qu'une expérience d'un grand nombre d'années est venue nous éclaii'er, que presque toutes les maladies qui sont soulagées ou guéries à la station principale de la Bohème trouvent un bénéfice égal aux sources de Saint-Nectaire, surtout lorsque les malades n'ont pas besoin d'éprouver l'cflet laxatif ou purgatif qu'ils trouvent le plus souvent aux eaux polymétallites, chlorurées, bicarbonatées et sullalécs sodiques de Rarlsbad.
Les eaux de Saint-Nectaire en boisson, en bains, en douches d'eau et quelque- Ibis en ingurgitation de leur gaz, ont une indication formelle dans les troubles de la digestion qui reconnaissent pour cause l'existence d'une dyspepsie à forme flatulente, gastralgique, entéralgique et surtout acide. Le médecin doit prévenir alors que l'eau en boisson ne réussit qu'à doses fractionnées. Nous avons dit, il ne faut pas l'oublier, que les eaux de Saint-Nectaire en boisson, pourvu que leur quantité ne dépasse pas trois verres, occasionnent de la constipation dans les premiers jours de leur emploi. Ces eaux chlorurées agissent alors comme les eaux de cette classe qui diminuent, à petites doses, les sécrétions intestinales et arrêtent la diarrhée. Leur usage est surtout utile quand il s'agit d'empêcher les garderobes produites par un engorgement des ganglions mesentériques chez les enfants. Lorsque ces ganglions sont en suppuration et que les enfants sont trèsaffaiblis, l'eau des sources du Parc, du mont Cornadore, a surtout une heureuse influence et ramène quelquefois la santé quand tout semblait perdu. La composition chimique des sources des trois établissements de Saint-Nectaire doit être rappelée ici, au moins pour leurs éléments les plus importants : le chlorure de sodium, le bicarbonate de soude et le bicarbonate de fer, si l'on veut se rendre un compte plus exact de leur action curative. L'eau des sources Mandon renferment par litre 5,5260 de bicarbonates, le bicarbonate de soude fournissant 2,0881, le bicarbonate de fer 0,0226 et le chlorure de sodium 2,4142. L'eau Boette contient à peu près la même quantité de bicarbonate de soude et de chlorure de sodium, mais elle est un peu plus ferrugineuse que les sources Mandon. Les eaux du mont Cornadore sont moins minéralisées puisque l'analyse n'y démontre par 1000 grammes que 2,0001 de bicarbonate de soude, 0,0122 de bicarbonate de fer et 2,1464 de chlorure de sodium ; mais elles sont plus chargées de lithine et de gaz acide carbonique que les sources de Saint-Nectaire-les- Bas, comme l'ont remarqué MM. le professeur Lecoq de Clermont-Ferrand, pour l'acide carbonique, et Dumas-Aubergier pour la lithine.
Les eaux de Saint-Nectaire en boisson à la dose de deux à six verres par jour augmentant l'appétit, facilitant les digestions, rendant la bile plus liquide, doivent agir et elles agissent très-favorablement sur les états organo-pathologiques du foie caractérisés par de la congestion avec ou sans hypertrophie de la glande hépatique, par des troubles de la sécrétion biliaire et par la formation de calculs de cholestérine qui en sont souvent la conséquence. Comme celles de Karlsbad, de Vichy, et mieux que celles de Royat, les eaux de Saint-Nectaire, et
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surtout celles de Saint-Nectaire-le-Bas, donnent de bons résultats dans ces circonstances. Il y a, selon nous, des indications spéciales alors pour choisir l'une ou l'autre de ces stations, suivant que les malades ont telle ou telle constitution, tel ou tel tempérament. Ainsi les eaux de Karlsbad conviennent à ceux qui ont besoin d'être purgés tous les jours sans être affaiblis et auxquels uu traitement thermo-minéral alcalin et fluidifiant est nécessaire ; celles de Vichy sont indiquées lorsque la médication bicarbonatée sodique franche et forte est préférable avec l'hyposthénisation qui en est la conséquence; celles de Royat sont utilement prescrites dans les affections qui ne demandent qu'un traitement alcalin peu débilitant et tempéré par l'action tonique du chlorure de sodium et du fer. Nous devons ajouter que les sources de Saint-Nectaire sont efficacement opposées aux états morbides du tissu du foie, aux graviers ou aux désordres de la circulation biliaire de ceux qui ne pourraient tenter, sans de graves inconvénients, une médication hydrominérale altérante, résolutive et fondante, comme celle de Vichy après une saison un peu longue, ou un traitement dépressif et excitant comme celui de Karlsbad, ou trop peu énergique comme celui d'Ems ou de Royat. La notable proportion de chlorure de sodium et de fer tenue en dissolution par l'eau des sources de Saint-Nectaire suffit parfaitement pour expliquer leur action tonique, reconstituante, analeptique, en même temps que leur minéralisation bicarbonatée donne la clef de leur action antiplastique dans les dépôts et les exsudats interstitiels constatés par les microgi'aphes dans certaines maladies du foie que les eaux de Saint-Nectaire sont habiles à guérir. Comme les eaux de Karlsbad, et mieux que les eaux de Vichy peut-être, ces eaux conviennent, en raison de leurs propinétés reconstituantes, à ceux qui, affectés d'une maladie du foie ou de la rate, par suite d'un long séjour et d'une acclimatation incomplète dans les pays chauds, sont arrivés à un degré de marasme et d'anémie que les eaux bicarbonatées sodiques, ferrugineuses et chlorurées de Saint-Nectaire peuvent parfaitement conjurer après une cure bien conduite et prolongée. Les mêmes eaux sont opposées avec succès encore dans lanémie consécutive à l'existence de fièvres paludéennes rebelles aux préparations quiniques. Les calculs des reins et la gravelle rentrent encore dans la sphère d'activité de ces eaux ; elles doivent être prises en boisson alors, à dose un peu forte, et en bains généraux prolongés.
Le docteur Vernière qui a appliqué en boisson, en bains généraux ou douches d'eau, et en injections vaginales, les eaux de Saint-Nectaire dans un trèsgrand nombre de maladies de l'utérus et de ses annexes, a parfaitement reconnu les propriétés fondantes et déterminé les vertus anesthésiques du gaz acide carbonique dans les affections douloureuses du vagin et de la matrice, dans les inflammations simples et chroniques, dans les kystes uuiloculaires de l'ovaire, dans les tumeurs bénignes de l'ovaire et de l'utérus. M. Vernière se servait de préférence alors des sources du mont Cornadore. Cpmme les eaux de Karlsbad, les eaux de Saint-Nectaire font disparaître des épanchements considérables de la poitrine produits par des pleurésies chroniques ayant résisté à l'application de révulsifs énergiques et multipliés, surtout lorsque l'affection siège à droite et a une relation plus ou moins directe avec l'état du foie. La cure doit être interne surtout et longtemps continuée. « La propriété qu'ont les eaux, dit l 'ancien inspecteur Vernière, de provoquer si activement la résorption dans les conditions les moins favorables, associée à celle de résoudre les inflammations du'oniques exemptes de fièvre chez les sujets doués de peu d'initabilité, étant
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bien établie, il est facile de se rendre raison des effets qu'elles [troduisent sur les apoplectiques. Elles s'appliquent d'autant mieux à ce genre de maladies qu'elles ont, en outre, pour effet immédiat de décongestionner la tête. Il n'est pas rare, après quelques bains, de voir, chez les personnes qui se plaignent de vertiges, de lourdeurs de tète, le cerveau libre et bien débarrassé. Les apoplectiques n'accusent jamais dans un bain tempéré de céphalalgie, et, si elle existait antérieurement, elle n'est point aggravée, elle diminue, au contraire, le plus souvent. Sous l'influence des eaux, les forces augmentent et les premiers signes de résorption de Fépanchement intracrànien ne tardent pas à se manifester par un peu plus d'étendue dans les mouvements qui existaient déjà et par l'apparition de mouvements nouveaux. La douche est souvent employée sur les apoplectiques à Saint-Nectaire, mais on en réserve plus particulièrement l'usage pour ceux qui ne semblent pas très-excitables et qui se montrent peu disposés à de
nouvelles hémorrhagies cérébrales L'action résolutive n'est pas non plus
sans effet sur les parties voisines de l'épanchement qui sont encore engorgées par un reste d'inflammation ou même de congestion Les formes du traitement sont à peu près les mêmes dans les affections de la moelle épinière et il donne généralement des résultats plus avantageux et plus complets. » Nous avons voulu pour un double motif rapporter textuellement l'opinion d'un praticien sage, éclairé et consciencieux sur l'efficacité des eaux de Saint-Nectaire dans les paralysies produites par une congestion et même par une hémorrhagie cérébrale avec déchirure de la trame du cerveau : d'abord parce que Yernière, en 1852, semble corroborer l'opinion de Regnault et de M. Caillât alors à Bourbon- L'Archambault ; et, en second lieu, parce que nous avons moins de confiance qu'eux dans les eaux de Bourbon et de Saint-Nectaire lorsqu'il s'agit d'apoplexies cérébrales, cérébelleuses ou médullaires, surtout lorsque l'hémorrhagie est récente.
Les eaux des sources de Saint-Nectaire, et particulièrement celles qui sont les plus chargées d'acide carbonique comme celles de l'établissement du mont Cornadore, ont une action marquée sur les sécrétions des membranes muqueuses et particulièrement sur celle qui tapisse l'arbre bronchique. Aussi ont-elles une indication formelle dans le catarrhe des emphysémateux ou des asthmatiques dont elles rendent l'expectoration plus facile et progressivement moins abondante, quoique les eaux sulfurées et sulfureuses soient plus actives et, par const-quent, préférables.
Les affections du cœur et des gros vaisseaux doivent être tenues éloignées des stations minérales et thermales qui excitent généralement la circulation sanguine. Des réserves doivent être faites cependant à propos des péricardites et des endocardites consécutives à l'existence d'un rhumatisme antérieur. En traitant d'Uriage, de Bourbon-Lancy, de Bagnols, de Chaudesaigues {voy. ces mots) et de plusieurs autres postes thermaux, nous avons signalé les résultats encourageants publiés pour la première fois par Vulfran Gerdy. Les faits nombreux publiés par Yernière à Saint-Nectaire démontrent que ces eaux en bains, en douches, et aussi à l'intérieur, ont une utilité incontestable dans les affections du cœur ou de ses enveloppes sous la dépendance du rhumatisme.
C'est le rhumatisme chronique et surtout le rhumatisme goutteux que l'on rencontre le plus souvent à Saint-Nectaire, c'est lui aussi qui retire le plus d'avantages de l'emploi de ces eaux en boisson, mais surtout en bains et en douches. Cette remarque est tellement vraie, que l'on peut dire que ce sont les
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douleurs articulaires et musculaires chroniques qui ont le plus contribué et contribuent le plus à éta])lir et à étendi-e la réputation des eaux de Saint-Nectaire. Les névralgies qui sont produites par un reiroidissement, et quel que soit leur siège, se trouvent aussi très-bien de ces eaux à l'extérieur et principalement en bains généraux avec l'eau des sources du mont Cornadore. La propriété stupéfiante du gaz acide carbonique sur la peau et la présence de la lithine, peut-être, expliquent ces résultats heureux. Lorsque l'exacerbation nerveuse est limitée à une partie de la face, à un des côtés du thorax, etc., les jets gazeux des flotteurs doivent être utilisés. On doit les utiliser encore lorsque la névralgie siège dans l'estomac ; mais alors les malades doivent avaler le gaz qui s'échappe dessources. Les eaux de Saint-Nectaire doivent être appliquées dans It diabète et particulièrement dans la glycosurie, comme les autres eaux bicarbonatées simples et chlorurées bicarbonatées qui toutes diminuent la quantité du sucre dans les urines.
Dans la diathèse scrofuleuse, les eaux de Saint-Nectaire en boisson et en bains doiment de bons résultats. Nous sommes loin de révoquer en doute des faits que nous avons nous-mème constatés, mais nous ne pouvons nous empêcher de regarder comme secondaire l'indication de ces eaux dans les accidents lymphatiques et strumeux; nous sommes convaincu, en effet, que la médication par les eaux chlorurées, bromo-iodurées pures, fortes et carboniques, est celle qu'il faut placer en première ligne dans la diathèse scrofuleuse. Mais nous appelons l'attention sur les eaux bicarbonatées sodiques et ferrugineuses, chlorurées sodiques de Saint-Nectaire, précieuses alors qu'il faut conseiller un traitement thermal alcalin à des malades lymphatiques ou scrofuleux chez lesquels les eaux bicarbonatées fortes et simples, ou les bicarbonatées sulfatées, sont d'un emploi difficile et souvent dangereux. Ou a vanté enfin les eaux de Saint-Nectaire en boisson, en douches, mais, surtout en bains généraux, dans les affections cutanées, quelles que soient leur nature et leur forme, alors cependant qu'elles s'observent chez des sujets lymphatiques et scrofuleux. Nous ne pouvons regarder cette indication que comme accessoire, et les traces à peines sensibles de gaz hydrogène sulfuré, qui n'est autre, selon nous, qu'une émanation bitumeuse, ne peuvent suffire dans tous les cas pour motiver une prétention que Saint-Nectaire n'a pas besoin de faire valoir pour être placé au premier rang du cadre hydrologique.
On peut suivre aussi à Saint-Nectaire nue cure de petit-lait provenant des^ fromageries importantes établies au milieu des pâturages renommés des montagnes de cette partie de l'Auvergne.
La durée de la cure est de 20 à 30 jours. On exporte peu les eaux de Saint-Nectaire.
BiBLioGKAPHiE. — Berthier. Analyse chimique des eaux de Saint-Sectaire. In Annales des Mines, t. VII, p. 208. — Bocllay ^P.-F.-G.). Analyses des eaux de Saint -Nectaire. In Journ. de pharmacie, t. VU, p. 269; 1822. — Dr même et Henry (père et fils). Analyse chimique de deux nouvelles sources découvertes à Saint-JSectaire. In Archives çiéuér. de méd., t. VIII. p. 280, et Journ. de pharm., t. XIII, p. 87. — Rigal ^Paul). Notice sur les eaux minérales et médicinales de Saint-Nectaire. Clermont-Ferrand, 1845, iii-8°. — Do même. Saint-Nectaire et ses établissements thermaux. Clermoiit-Ferrand, 1845. — Nivet (V.). Dictionnaire dex eaux minérales du Puy-de-Dôme. Glermont, 1846. — Versière (A.). Première lettre sur les eaux minérales de Saint-Nectaire. Glermont, 1852. — Basset P.-L.). Notice sur lea eaux minérales de Saint-Nectaire. Paris, 1858. — Du mê.\ie. Étude sur les eaux de Saint-Nectaire. Paris, 1860, in-8^ — Dumas-Aijbebgier. Études sur les eaux minérales de Saint-Nectaire, topographie et géologie de Saint-Nectaii e et de ses environs, par M. le professeur Lecoo
^ECTANDRA. 53
(Henri;. ClermoiU-FeiTand, 18U9, iii-8°. — Du même. Notes manuscrites, 1875. — Tbichot (P.) et Fredf.t. De la lithine dans les eaux minérales de Roijat et dans les principales sources de l'Auvergne. Paris, 1875. — lioucoMONT. La lithine dans les eaux d' Auvergne et spécialement dans l'eau de Roijat. In Bulletin de l'Académie de médecine, 1875. A, Pi.
^'ECTAIN'DRA. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Laurinées. Ce groupe établi aux dépens des genres Laurus L. et Ocotea, présente comme caractères principaux : fleurs hermaphrodites ; calice à 6 divisions caduques, les 5 extérieures un peu plus larges que les autres ; 9 étami- . nés fertiles, placées sur 3 rangs à anthères quadriloculaires, s'ouvrant par 4 valvules ; les 3 étamines internes portant sur leurs lilets "2 glandules globuleuses ; en dedans des étamines fertiles se trouvent 2 stamiuodes ou étamines stériles. Le fruit est une baie ovale ou oblongue, monosperme, brièvement recouverte à la base par le tube du calice ; la graine renferme un embryon exalbuminé, à 2 gros cotylédons charnus et huileux.
Les Nectandra sont des arbres ou des arbrisseaux des parties chaudes do l'Amérique; on en compte de nombreuses espèces; leVrodromns en décrit 75; mais il n'y en a guère que trois qui aient quelque intérêt pour le médecin. Ce sont les seules que nous indiquerons :
1° Le Nectandra Rodiei Schomburgk, de la Guyane anglaise. C'est le Bebeeru ou Bibirru, qui donne le bois connu sous le nom de Green-Hart ou Cœur-Vert. La plante a de 23 à 30 mètres de hauteur ; le tronc est cylindrique, dressé, et a de 2 à 4 mètres de circonférence, et porte une écorce blanchâtre et unie. Les rameaux sont couverts de feuilles opposées, coriaces, brillantes, oblongues, aiguës, entières sur les bords. Les fleurs sont en cymes axillaires, blanches, d'une agréable odeur de jasmin ; les fruits sont de la grosseur d'une petite pomme, obovés ou obcordés. La graine contient un embryon à gros cotylédons charnus et jaunâtres, amers, contenant en plus grande quantité que l'écorce l'alcaloïde, qu'on a désigné sous le nom de Bébéerine. Les propriétés de cette écorce et de cette base organique ont été étudiées à l'article Laurier {voy. ce mot).
2° Nectandra Puchury major Nées {Ocotea Puchury major Martius). Cette espèce porte en Amérique les noms de Puchury, Puchyry, Puchery, Picheri, Pe'churim, Pichurim, Pichonim, Pichola ou Pichona. C'est un arbre à rameaux d'un gris blanchâtre ou jaunâtre, recouverts comme le tronc d'une écorce aromatique. Les feuilles éparses sont coriaces, elliptiques, oblongues, acuminées, l'éticulécs sur les deux faces. Les fleurs ne sont pas connues ; quant aux fruits ce sont de grandes baies ovales, en partie enchâssées dans une cupule rugueuse, atténuée à la base, presque sessilo, d'une forte odeur de girofle.
On donne au fruit le nom de NoLv de sassafras ; quant aux semences, elles portent dans le commerce le nom de Fèves pichurim, ou plutôt on nomme ainsi les cotylédons isolés débarrassés des enveloppes qui les entouraient. Ces cotylédons sont elliptiques, oblongs dans leur forme générale, convexes d'un côté, creusés de l'autre d'un sillon longitudinal, qui s'est probablement formé sous l'influence de la dessiccation. Les dimensions de ces lobes colylédonaires ont 3 à 4 centimètres de long sur 1,5 à 2 de large. La couleur est brune en dehors, plus pâle en dedans et marquée, dans la substance intérieure, de marbrures assez évidentes. L'odeur rappelle celle de la muscade et du sassafras ; la saveur est aromatique. Cette odeur et cette saveur sont dues à un principe volatil, qu'on voit se déposer souvent à la surface des cotylédons, formant une
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espèce de givre, analogue à celui de la vanille. En outre, la Fève piclmrim contient une matière grasse, qu'on peut en extraire par l'expression à chaud ou en faisant bouillir la substance dans l'eau et recueillant le corps gras à la surface du liquide.
S** Nectandra Puchury minor Nées {Ocotea Puchury minor Mart.). Cette espèce croît dans le Brésil, dans la province du Rio-Negro. Son écorce est amère et aromatique, moins cependant que celle de la précédente Les feuilles éparses, opposées et verticillées, sont coriaces, oblongues, acuminées, à nervures saillantes seulement à la face inférieure. Le fruit est une baie ovale, plus petite que dans le N. Puchury major, plongée dans une cupule hémisphérique, rugueuse à la base.
Cette plante fournit la Fève pichurim qu'on appelle bâtarde, par opposition à la précédente, qu'on appelle Fève pichurim vraie. Elle s'en distingue par ses moindres dimensions (elle n'a guère que 2 à 3 centimètres de long sur 1,5 à 2 de large), par sa forme plus largement oblongue, et parfois presque arrondie; par le peu de concavité de sa face interne, qui reste presque plane, enfin par la couleur foncée de sa surface. Cette fève ne contient que très-peu de principe aromatique, et l'on n'observe ni à la surface ni sur les parois des vases qui la contiennent les cristaux odorants que nous avons signalés dans la vraie fève pichurim.
4" Nectandra Cymbarum Nées [Ocotea Cymbarum H. B. K.). Cette espèce porte le nom de Sassafras de VOrénoque. Elle croît en effet sur les bords de ce fleuve ainsi que sur ceux du Rio-Negro et dans la Guyane. Ses feuilles, légèrement coriaces, sont oblongues, allongées, lancéolées, à nervures peu marquées. Ses baies ovales sont entourées à leur base d'une grande cupule hémisphérique presque lisse.
Guibourt attribuait à cette espèce la Fève pichurim vraie, que nous avons vue être produite par N. Puchury major. Le produit principal qu'on retire de VOcotea cymbarum paraît être un liquide odorant qu'on désigne dans le Brésil sous le nom à'Aceite de Sassafras [huile de Sassafras) et qui nous vient des bords du Rio-Negro.
Nées d'Esenbeck. Linnea, VIII, p. 46. — Endlicher. Gênera plantarum, p. 319, n° 2044. — Meiss.ner. In Prodromus. D. C. XV, 146. — Martius. Buchiier's Repertorium, 1850. XXXV, 171. — Guibourt. Drogues simples, 1" édit., 398. — Spruce. Hooker's Journal of Botamj. VII (1855), '278. — Fluckiger et Hanbcry. Pharmacographia, 481 et 485. Pl.
rvECTRiA. Voy. Spheriacés.
IVEDEL (Friedrich-Wilhelm). Chirurgien et accoucheur allemand, qui a vécu à la fin du dix-huitième siècle et au commencement du siècle actuel, et exercé la médecine et les accouchements à Alt-Stettin ; le seul renseignement précis que nous avons pu recueillir sur ce savant, c'est qu'il a rempli pendant un certain nombre d'années dans cette même ville les fonctions de chirurgien pensionné, avant de se donner exclusivement à sa clientèle personnelle ; il a joui du reste d'une grande réputation, surtout comme acccoucheur, et a beaucoup écrit. Nous citerons de lui :
I. Inbegriff aller anatomischen und chirurgischen Wissenschaflen, zum Nidzen iind Gebrauch derer, welche sich der Heilkunde befleissigen und etivas grûndliches lernen oder %um Examen sich vorbereitcn wollen. Stettin, 1803, in-S"; neue Aufl. Berlin, 1806,111-8»; neue wohlleil. Ausgabe, Berlin u. Stettin, 1817 (1816), in-8\ — II. Die Kuhpocken-lmpfung in ein Gespràck vtit dem Landmanne abgefasst. Brandenburg, 1804, in-S»; 2te AuP..
NEEDHAM (les). 55
Stettin, 1805, in-8°. — III. Neue Bemerkungen ûbcr die Diarrhœa. Magdeburg, 1806, petit in-S". — IV. Vorschlag einer neuen Verfalirungsart die Ruptur des Perinœi bei der Geburt zu verhûlen, und die erfolgte zu heilen. Magdeburg-, 1806, in-8°. — Y. Geschiclile einer Retroversio Uteri. In Stark's Archiv fur Geburtsh. M. VI, H. 4, p. 673, 1797. — VI. Vorschlag einer neuen Verfalirungsart die Buptur des Perinœi bei der Geburt zu verhûlen, etc. Ibid., Neues Archiv. Bd. II, St. 5, p. 406, 1801. — VII. Von einer Kopfverletzung , welche durch die Trépanation geheilt ivorden. In Amemann's Magazin fiir Wundanneiwiss. Bd. II, p. 319, 1799 et in Struve Triumph der Heilknnst. Bd. III, Abth. 2, p. 186, 1802. — VIII. Etivas ûber die Speichelftstel . In Mursiuna Journal fiir Chirurgie. Bd. II, St. 2, p. 291, 1803. — IX. Einige Beobachtungen von der Wirkung der Salpetersàure in venerischen Krankheiten. Ibid., p. 501. — X. Bemerkungen liber den Durch fall. In Martens Paradoxien. Bd. III, H. 1, p. 1, 1805 ; le même mémoire a été publié séparément à l'insu de l'auteur : Leipzig, 1805(1804), in-8°. — XI. Merkwiirdige Geschichte einer gewaltsamen Verrenkung der Oberschenkel, Schoosbeine und anderer Verletzungen ; nebst den darûber verhandelten 7nedicinisch-gerichtlichen Unlersuchungen. In Augustin s Archiv der Staatsarzneikunde. Bd. II, St. 1, p. 1, 1805. L. Hx.
I\EEDHAIM (Les).
iVeedham (Marchamont). Médecin anglais du dix-septième siècle, est né à Burford, en 1620 ; il fit ses études philosophiques à Oxford et adopta les principes de ce qu'on a appelé la secte chimique. En 16 i5, il alla s'établir à Londres, et, dans les ouvrages qu'il écrivit alors sur l'état de la médecine en Angleterre, réclama la liberté absolue de l'exercice de la médecine. Mais ses idées trouvèrent peu de faveur et furent surtout combattues par Jean Twysden et Robert Sprackling. Il continua néanmoins à défendre son projet avec opiniâtreté jusqu'à sa mort, qui arriva le 29 novembre 1678.
IVeedham (Gahtier). Contemporain du précédent, mais plus sérieux que lui, fit également ses études à l'Université d'Oxford. Véritablement passionné pour la lecture, il ne quittait presque pas les bibliothèques publiques. Ce savajit médecin entra de bonne heure au Collège royal de Londres, exerça la médecine avec distinction dans la capitale, et enfin fut nommé à la charge de médecin de l'hôpital de Sutton. Le 20 juin 1667, il futadmisà la Société royale de Londres, et publia un certain nombre de mémoires remarquables dans le recueil de cette Société. Il est mort à Londres, le 16 avril 1691.
L'ouvrage le plus remarquable qu'il nous ait laissé traite de diverses questions relatives au fœtus ; malheureusement tout son livre repose sur les résultats obtenus par la dissection d'animaux et non vérifiés par l'ouverture de cadavres humains ; aussi n'est-il guère plus avancé que les savants du moyen âge. Voici du reste le titre de l'ouvrage :
Disquisitio anatomica de formato fœtu. Londini, 1667, in-8° ; Amstelodami, 1668, in-12.