‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.64Chapitre 43 sur 45 · DICT. E>!C. 2= S. XII · texte numérisé non relu

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tomie ainsi comprise et pratiquée, en France du moins; il est notoire que Nclaton, à la fin de sa carrière, était devenu de plus en plus réservé : c'est qu'il connaissait ces résultats, c'est qu'il avait eu lui-même à les déplorer.

Nous bornerons là les quelques considérations qui nous ont été inspirées par la lecture des principaux faits antérieurs à ces dix dernières années; pour le lecteur qui voudrait en faire une étude approfondie, nous l'engageons à se procurer le tirage à part de Bruns {Die Durchschneidung der Gesichtsnerven beim Gesichtsschmerz. Tiibingen, 1859); le livre de Sclmli {Ahhandlungen aus dem Gebiete der Chirurgie und 0 perations-lehre , Vlien , 1867); le mémoire de Wagner {Arch. von Langenbeck, 1867-1868) et enfin le travail de Faucon (Thèse de Strasbourg, 1869). Peut-être arrivera-t-il à se faire une opinion différente de la nôtre, surtout s'il tient compte des statistiques : mais comment se baser sur des faits aussi incomplets, aussi disparates et dont la plupart n'ont pas été suivis? Au surplus, chaque auteur les a interprétés à sa façon, et cela sans repère, sans contrôle ou en s'appuyant sur des données physiologiques erronées. En effet, on admettait sans conteste le principe de l'indépendance fonctionnelle des nerfs, d'après lequel chaque nerf ou chaque filet nerveux tiendrait sous sa dépendance une portion du tégument, de sorte que, si l'on vient à sectionner un nerf ou un filet nerveux quelconque, on paralyse instantanément la zene correspondante (pour plus de détails, voy. Nerfs {Pathologie chirurgicale), p. 275 et suiv.).

Ceci nous amène tout naturellement à parler des recherches que nous avons entreprises, il y a tantôt dix ans, avec M. Arloing, et de leur application à la pathologie et à la médecine opératoire.

Après avoir démontré que l'influence des nerfs sensitifs s'étend en dehors de leur zone de distribution dite anatomique, si bien qu'il est impossible, après la section d'un seul nerf, d'anéantir complètement la sensibilité dans la région correspondante , nous en avons conclu qu'on devrait désormais peu compter sur la névrotomie (section ou excision d'un seul nerf) dans les névralgies {Comptes rendus de V Académie des sciences, nov. 1868); et, en fait, comme nos recherches n'avaient encore porté que sur le membre thoraciquc, nous ne pouvions pas être plus explicites; mais lorsque, plus tard, nous eûmes examiné les nerfs du membre abdominal et ceux de la face à ce même point de vue, et que nous eûmes obtenu des résultats analogues {Comptes rendus de V Académie des sciences, mars 1869 et mai 1874), il nous fut permis d'être autrement affirmatifs. Dans une communication faite trois mois plus tard à l'Association française pour l'avancement des sciences (session de Lille), nous commencions par rappeler nos faits expérimentaux et les résultats de nos recherches microscopiques, qui prouvent que la persistance de la sensibilité dans le bout périphérique des nerfs sectionnés et dans les téguments correspondants est due à la présence de fibres (fibres récurrentes) provenant des nerfs voisins, intacts; en effet, après un laps de temps convenable, on trouve toujours dans le bout périphérique un certain nombre de fibres saines au milieu des fibres dégénérées ; et comme ces fibres saines aussi bien que la sensibilité disparaissent lorsqu'on coupe tous les nerfs se rendant à la même région , on était fondé à croire qu'elles jouent un rôle à l'état pathologique, et, dans tous les cas, il fallait en tenir compte au point de vue opératoire. Yoici, du reste, ce que nous disions : « 1° Etant admis que tous les nerfs possèdent des tubes nerveux récurrents, on peut supposer que les troubles morbides spéciaux résultant de cette

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disposition anatomique se présenteront également sur tous les nerfs. Ainsi, on pourra concevoir désormais l'existence des névralgies du facial, absolument comme pour le trijumeau (névralgies dites fonctionnelles et d'origine périphérique, par exemple); 2° Comme d'une manière générale les fibres récurrentes sont d'autant plus nombreuses qu'on se porte davantage à la périphérie, où les anastomoses sont très-multipliées, tandis qu'à mesure qu'on remonte sur les troncs le nombre de ces fibres diminue au point de disparaître complètement à un certain niveau, il devra y avoir des différences tranchées au point de vue du mode d'action et des manifestations, suivant que l'agent morbide siégera sur les troncs ou à la périphérie, et, pour l'un et l'autre cas, à telle ou telle hauteur.

Plus l'agent morbide siégera à la périphérie, plus il y aura d'intensité et de diffusion dans son mode d'action et dans les manifestations auxquelles il donnera lieu. En effet, puisque les filets récurrents abondent à la périphérie, de mâme que dans nos expériences, un plus grand nombre de tubes nerveux étan influencés, l'impression sera d'autant plus vive. En outre, comme les tubes en question proviennent d'autres nerfs, on comprend très-bien la diffusion des impressions douloureuses. Enfin, si l'intensité et la diffusion sont plus grandes, les conséquences seront par cela même plus rapidement graves et étendues; car, en fin de compte, c'est à la propagation et aux modifications du côté des centres qu'il faut songer. Plus l'agent morbide siégera sur les troncs, toutes choses égales, moins il y aura d'intensité et de diffusion dans son mode d'action et dans les manifestations auxquelles il donnera lieu. On peut même supposer, dans ce cas, que, s'il existe une certaine diffusion dans les manifestations morbides, celle-ci a pour point de départ les centres eux-mêmes et non les troncs des nerfs. De même que la plupart des anatomo-pathologistes, nous pensons que, à part les cas de compression, la névrite est très-rare dans les névralgies (nous faisons allusion, bien entendu, à la névrite des troncs dans les cas spontanés) ; nous pensons aussi qu'il peut exister des altérations du côté des centres, mais nous ne croyons pas qu'il soit absolument nécessaire de les admettre, à quelque degré que ce soit, pour expliquer l'extension et la diffusion des phénomènes morbides dont on peut aussi bien se faire une idée exacte en tenant compte des anastomoses périphériques.

« D'après cela, on comprend que les indications et les procédés opératoires devront être profondément modifiés; voulant rester dans le domaine des considérations générales, nous nous contenterons de dire : \° Pour les nerfs moteurs ou prétendus tels, on devra sectionner non plus les nerfs en question, mais les branches sensitives voisines qui leur envoient des fibres nerveuses récurrentes ; 2° pour les nerfs sensitivo-moteurs ou sensitifs, il faudra s'attacher surtout à établir si ce sont les troncs ou au contraire les branches sur lesquels porte l'agent morbide : en effet, dans le premier cas, la névrotomie simple pourra suffire pour interrompre la transmission des impressions morbides (rappelons ici que, chez le chien et le chat, les fibres récurrentes ne paraissent pas remonter au-dessus de la partie moyenne du bras , et chez le cheval elles remontent encore bien moins haut ; ceci explique pourquoi dans nos premières expériences nous ne constations pas de sensibilité par le pincement du bout périphérique lorsque la section des nerfs était faite à ce niveau; ajoutons que pour les nerfs de la face nous avons rencontré une disposition analogue; de sorte que, si la lésion du nerf porte au-dessus du point où se terminent les fibres récurrente.^, celles-ci pouvant ne pas être intéressées, la section simple sera sou-

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vent suffisante, parce que les libres directes seront seules en cause. Nous croyons même que c'est là l'explication la plus satisfaisante qu'on puisse invoquer pour , se rendre compte de l'influence heureuse de la névrotomie simple dans bon nombre d'observations relatées par les auteurs). Dans le second cas, au contraire, on devra recourir constammentàdes sections associe'es,maisdefaçon à interrompre les différentes voies de transmission, tout en produisant le moins possible de désordres. — Nos résultats expérimentaux peuvent déjà servir de guides. — Quant à l'objection formulée par ceux qui ne voient dans l'expérimentation qu'un moyen de servir leurs théories et qui consiste à dire que les sections associées pourront entraîner ou même ont entraîné la mort dans certains cas, nous pensons qu'elle est purement gratuite : sur un chien, nous avons fait la section du radial au sortir de la gouttière de torsion ; sur un autre chien, nous avons pratiqué la section des trois nerfs, médian, radial et cubital, à la partie inférieure du bras; or, la température rectale, prise plusieurs jours avant et après l'opération, n'a pas montré un degré de différence, et les oscillations les plus considérables ont donné 4/10 au maximum entre le premier et le second de ces animaux » {Gaz. hebd., n° 56, 4 sept. 1874).

L'année suivante [Association française pour l'avancement des sciences (session de Nantes)], nous faisions une nouvelle communication sur le même sujet; toutefois, nous nous placions directement sur le terrain de la clinique et nous relations un certain nombre de faits personnels venant à l'appui de notre ma nière devoir (voy. Gazette hebd., n" 55, 27 août 1875). A quelques mois de là M. Cartaz, se basant sur ces données, cherchait à les appliquer à l'interprétation des cas de même nature qui se trouvent dans les auteurs {Des névralgies envisagées au point de vue de la sensibilité récurrente. Pathogénieet traitement. Thèse inaugurale. Paris, Masson, 1875).

Enfin, l'année dernière [Association franc, (session du Havre)] nous relations un cas de névralgie de la face avec zone épileptogène traitée par la né\Totomie et l'ostéotomie combinées {Gaz. hebd., n° 57, 14 sept. 1877). Nous ne croyons pas devoir insister autrement sur ces faits, car ce serait empiéter sur. ce que nous avons à dire à propos des indications et des contre-indications de la névrotomie dans les névralgies.

Passons maintenant à l'histoire de la névrotomie àansle tétanos trau7natique ; Boyer se contente de dire à ce propos : « On a conseillé de faire l'amputation de la partie blessée, lorsqu'elle est praticable, ou du moins de détruire la communication qui existe entre cette partie et le cerveau, soit en achevant, avec l'instrument tranchant, la division du nerf lésé, soit en détruisant une portion de ce nerf avec un caustique, avec le cautère actuel. Mais l'expérience a appris que ces moyens, qui pourraient peut-être prévenir le tétanos, si on y avait recours de bonne heure, et avant l'apparition des premiers symptômes, deviennent inutiles, lorsqu'il est déclaré, et surtout lorsque le spasme est devenu général. II en est de même de l'extraction des corps étrangers, et du débridemeat de la plaie, lorsqu'elle est trop étroite, contuse et excessivement tuméfiée » {Traité des mal. chir., t. I., p. 501). Comme on le voit, il ne cite aucun nom d'auteurs, ce qui prêterait à croire que, dans son esprit, cette pratique n'appartient à personne plus spécialement, ou qu'elle remonte à une date très-éloignée, à moins que, la jugeant médiocre, sinon inutile, il n'ait pas cru devoir la rapporter plus spécialement à tel ou tel chirurgien. Quoi qu'il en soit, dans le Compendium de chirurgie, nous trouvons la mention suivante : « Dans le but d'interrompre la

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/ li)

communication entre les nerfs de la partie blessée et les centres nerveux, M. Larrey conseille de faire, avant que l'inflammation soit survenue, une ou plusieurs incisions qui divisent tous les filaments nerveux ou seulement le tronc du nerf blessé : c'est ainsi qu'il arrêta, par la section du muscle occipito-frontal, des vaisseaux et des nerfs, jusqu'à l'os, les symptômes du tétanos survenus à la suite d'une lésion du nerf sus-orbitaire, etc. » {loc. cit., t. I, p. 555).

Cette conduite ne paraît avoir rencontré que fort peu d'imitateurs. Toutefois, comme les quelques cas qui se trouvent disséminés çà et là dans les recueils étrangers sont tous des exemples de succès, il y a peut-être lieu de se demander si l'on n'a pas négligé de publier ceux qui ont donné un résultat différent. Dans son Traité de pathologie externe, Follin semble ignorer l'existence de ces faits, car, parlant de la section des nerfs, de l'application du cautère actuel ou potentiel à la surface de la plaie dans le cas de tétanos, il mentionne seulement les lares succès de Larrey, qui, suivant lui, « se rapportent la plupart à des cas de spasmes traumatiques différents du tétanos; » or, un peu avant, à l'article Spasmes secondaires, il s'exprime ainsi : « D'après Colles, le seul remède qui puisse produire un résultat satisfaisant, c'est l'amputation du membre avant que les spasmes soient devenus généraux et très-fréquents. Larrey, qui n'avait pas fait de distinction entre le tétanos et cette forme de spasme, conseillait aussi l'amputation pour arrêter les accidents tétaniques, et dans les cas où il a réussi il avait eu souvent affaire à cette variété de spasmes tétanoïdes. L'idée d'amputation vient de ce fait que la cause la plus habituelle de ce spasme traumatique est la présence d'un nerf entre les extrémités rompues de l'os. Les branches nerveuses comprimées s'enflamment, et de là les accidents réflexes signalés plus haut. On pourrait peut-être se borner à pratiquer la section du nerf qui se rend à la partie blessée, mais ce moyen offre certaines difficullés d' exécution et n est pas aussi certain que l'amputation » [loc. cit., p. 469). Nous avons tenu à rapporter intégralement ce passage, non pour discuter l'opinion de l'auteur sur la nature différente des spasmes secondaires et du tétanos, question qui nous paraît résolue par ce fait qu'on voit tous les jours ces spasmes n'être que le symptôme avant-coureur d'un tétanos, mais pour mettre en relief la préférence accordée par lui à l'amputation sur la section du nerf. En effet, si l'on réunissait aujourd'hui tous les cas d'amputation pour arrêter le tétanos traumatique, on arriverait, croyons-nous, à démontrer que cette pratique compte un certain nombre de succès, bien que toujours elle ait été mise en usage très-tard. Quant aux objections alléguées contre la névrotomie, l'auteur avait certainement en vue la situation difficile qui est faite au chirurgien, lorsque les douleurs, au lieu d'être localisées sur le trajetbien connu de tel ou tel nerf, sont diffuses, ou bien encore lorsqu'elles se font sentir dans la plaie, et que les spasmes portent à la fois sur plusieurs groupes musculaires appartenant à des régions plus ou moins éloignées ; i! est évident qu'on est fort embarrassé et que le résultat est par cela même plus que douteux. Ce sont là probablement les motifs qui ont arrêté bon nombre de chirurgiens ; à plus forte raison, s'ils avaient su que la transmission aux centres continue de se faire tant qu'il existe un nerf, une branche, un filet nerveux entre eux et la partie blessée. Sans cela, comment supposer qu'ils aient pu donner la préférence à l'amputation qui, outre qu'elle inflige une mutilation plus ou moins grave, comporte toujours avec elle un traumatisme, un ébranlement nerveux dont il faut se préoccuper relativement à l'influence que ce nouvel élément peut exercer sur la marche de l'affection qu'on cherche à combattre.

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Ce sont ces raisons qui, dès le début de nos expériences (voy. Comptes rendus de la Société de biologie, 1869), nous avaient conduit à recommander, dans le cas de tétanos venant compliquer les plaies des membres, la section de tous les nerfs absolument; voici, du reste, comment nous nous exprimions, deux ans plus tard, dans notre Ménoire des Archives de physiologie normale et pathologique : Si maintenant on admet que, dans le tétanos, les irritations sont transmises à la moelle par l'intermédiaire des nerfs périphériques, il n'y a qu'un seul parti à prendre dans les cas où cette affection vient compliquer une plaie des membres. Il faut interrompre le plus tôt possible toutes les communications nerveuses avec la moelle. Pour y arriver, on a le choix entre deux procédés : l'amputation ou la névrotomie.

L'opération proposée par Larrey est grave, et dans les cas où la température rectale sera peu élevée, on comprend très-bien qu'on puisse hésiter, surtout s'il s'agit de la cuisse ou du bras.

La névrotomie n'offre pas les mêmes inconvénients, attendu que, au bout de cinq ou six mois, les malades récupèrent complètement la sensibilité et les mouvements, r

Jusqu'à ce jour, on n'avait conseillé et pratiqué que la névrotomie partielle, autrement dit la section du tronc nerveux dont les branches se rendaient dans la région où était la plaie.

L'opération que nous préconisons consiste dans la section de tous les nerfs du membre (névrotomie totale), car, ainsi que nous l'avons démontré, tant qu'il reste un nerf intact dans un membre, la transmission peut encore se faire entre les parties où se rendent les branches du nerf sectionné et la moelle. Nous recommandons en outre de faire ces sections complètes le plus haut possible, et cela, pour deux motifs : d'abord, parce qu'on est presque certain d'éviter les anastomoses directes et récurrentes, ensuite parce qu'eu ne se portant pas à une certaine distance de la plaie on risque de laisser au-dessus des nerfs déjà altérés en communication avec la moelle. Mais, nous le répétons, ce qu'il y a d'important, c'est d'intervenir de bonne heure alors qu'on peut supposer qu'il n'existe pas encore de lésions du côté de la moelle. Si, jusqu'ici, l'amputation n'adonné que des résultats peu encoui'ageants, c'est qu'on s'est toujours décidé à intervenir trop tard. Maintenant que nous avons indiqué dans la névrotomie totale un moyen rationnel d'arrêter la marche du tétanos, et dans la températuj'e rectale un point de repère exact pour savoir à quel moment il faudra y avoir recours, nous osons espérer que les chirurgiens voudront bien répondre à notre appel. Inutile d'ajouter qu'on devra toujours employer concurremment les moyens, soit internes, soit externes, qui peuvent empêcher l'abord du sang dans la moelle {Recherches expérimentales et cliniques sur la pathogénie et le traitement du tétanos, par MM. Arloing et Léon Tripier, loc. cit., 1870).

Cet appel fut entendu à Lyon; malheureusement, ni M. Ollier ni M. Gayet ne coupèrent complètement tous les nerfs du membre; nous ne sachions pas qu'il ait eu d'écho à l'étranger. Quant aux faits de névrotomie simple ou partielle parus depuis la publication de nos recherches sur la sensibilité récurrente, ils prouvent que, de même que dans les névralgies, la section simple peut réussir, à condition que la transmission aux centres de l'irritation périphérique se fasse directement par un seul nerf; ce qui, nous le répétons, n'est pas la règle dans les blessures des doigts et des orteils qui, comme on sait, exposent tout particulièrement au tétanos ; dès lors, tant qu'on ne connaîtra pas

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exactement les caractères cliniques qui permettent d'affirmer que les fibres centripètes directes sont seules mises en jeu, à l'exclusion des fibres centripètes indirectes ou récurrentes, il faudra logiquement recourir à la névrotomie totale, complète.

Relativement à l'histoire de la né\Totomie dans Vépilepsie, nous nous contenterons de citer les faits de Fabas (section du nerf radial externe) et de Schort (résection du nerf tibial postérieur) pour arriver à ceux de Pouteau qui, bien qu'assez obscurs, sont très-instructifs. Descot, qui rapporte ces faits, met les accidents sur le compte de la contusion des nerfs et de la peau où ils se distribuent. Dans les trois cas, en effet, les malades étaient tombés ou avaient reçu un coup sur la tête ; mais, si l'on s'en tient au texte de Pouteau, il nous paraît certain qu'on avait affaire à de la périostite; d'autres insistent sur la rougeur, l'empâtement et surtout l'extrême sensibilité d'une partie limitée du cuir chevelu. L'empâtement, il est vrai, n'est indiqué formellement que dans la deuxième et troisième observation ; or, précisément, c'est dans la première qu'il s'agit d'épilepsie. Quoi qu'il en soit, le traitement consista chaque fois dans une ou plusieurs incisions jusqu'aux os, et les trois malades guérirent {Des affectloc. des nerfs, par Descot. Paris, 1825, p. 60). Faut-il mettre ces résultats sur le compte du débridement (incisions libératrices) ou de la névrotomie des filets nerveux correspondants? La question est difficile à trancher pour les raisons indiquées précédemment. Mais, que l'on admette l'un ou l'autre mécanisme, voire même, si l'on veut, tous les deux à la fois, les faits n'en sont pas moins très-nets au point de vue de l'utilité de l'intervention dans certains cas de lésions périphériques, et l'on devra toujours les avoir présents à l'esprit lorsqu'il s'agira de sujets atteints de crises épileptiformes, et chez lesquels on peut relever un traumatisme quelconque. A côté de ces faits, il faudrait peut-être placer ceux dans lesquels on a pratiqué l'extirpation d'une cicatrice douloureuse, arraché une dent cariée, extrait un séquestre, un corps étranger, etc., etc., mais ce serait sortir de notre cadre ; notons seulement que les différents moyens employés ont atteint le même but.

L'observation de Poutier, qui se trouve relatée un peu partout, mérite d'attirer tout particulièrement l'attention, parce qu'elle soulève une question trèsimportante, celle de la né\Totomie dans l'épilepsie dite idiopathique. Il s'agit d'un malade qui prenait des crises très-rapprochées et auquel on fit une saignée du pied de chaque côté, ce qui augmenta les accidents. Poutier ayant expérimenté que ceux-ci disparaissaient par l'emploi de la ligature en conclut que le mal était dans les nerfs saphènes : il plaça donc un morceau de potasse caustique sur les cicatrices des saignées et le malade guérit.

Ceci nous amène tout naturellement à parler des recherches si intéressantes entreprises par M. Brown-Séquard sur les animaux, et des applications qu'il a cru pouvoir en faire à l'étude de l'épilepsie chez l'homme. « J'ai trouvé, dit cet expérimentateur, qu'une affection convulsive, ressemblant beaucoup à l'épilepsie, peut être produite chez les animaux. J'ai constaté, en effet, que quelques semaines après certaines lésions faites à la moelle épinière, dans la région dorsale ou lombaire, particulièrement chez les cochons d'Inde, des attaques convulsives ont lieu spontanément plusieurs fois par jour ou une fois, au moins, tous les deux ou trois jours. Le fait le plus intéressant qui ressort de ces inves' ti<Tations, c'est qu'il est possible de produire une attaque quand nous le voulons, en pinçant simplement une certaine partie de la peau. Ces attaques consistent

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en convulsions cloniques de presque tous les muscles de la tète, du tronc et des membres, excepté pourtant des muscles qui sont paralysés. L'animal semble avoir perdu connaissance ou au moins la sensibilité ; il y a un laryngisme évident au commencement de l'attaque, et, quand elle a duré longtemps, il survient un état de stupeur et ime répugnance excessive aux mouvements volontaires.

« J'ai acquis la conviction qu'il n'y a qu'une certaine partie de la peau qui aille pouvoir de produire l'attaque, et cette partie est celle qui couvre l'angle de la mâchoire inférieure et s'étend de là à l'œil, à l'oreille et presque jusqu'à l'épaule. Dans cette partie c'est la peau seulement, dont l'irritation possède la faculté de causer l'attaque. Les troncs des trois nerfs qui envoient des fdaments à cette partie de l'enveloppe cutanée peuvent être irrités, sans qu'il survienne des convulsions; » et, un peu plus loin : « Ce n'est pas la douleur due à l'irritation de la face qui cause des convulsions, car j'ai reconnu que la sensibilité de cette partie de la peau et du cou n'est pas plus grande que celle de la peau voisine. J'ai trouvé même qu'elle est très-notablement moindre que celle de certaines parties de la peau dans l'un des membres abdominaux, etc.... » {Leçons sur les nerfs vaso-moteurs, sur Vépilepsie et sur les actions réflexes, normales et morbides, par Brown-Séquard, trad. par Béni-Barde, p. 78. Paris, Alasson, 1872).

Il faut convenir qu'il existe la plus grande analogie entre l'épilepsie produite expérimentalement chez les cochons d'Inde et celle qu'on observe chez l'homme dans certains cas (cicatrices douloureuses, corps étrangers, tumeurs des nerfs, dents cariées, etc.) oii l'irritation péripliériqiie est évidente; mais M. Brown- Séquard va plus loin, il admet que, « même dans ce qu'on appelle l'épilepsie idiopathique, on peut trouver une irritation partant de certains nerfs centripètes et causant les attaques ». 11 dit, à ce propos, que « dans quelques cas il suffisait de presser sur une certaine partie de la peau pour produire un accès d'épilepsie ; dans d'autres cas, un courant d'air froid, l'application d'un courant galvanique à certaines parties de la peau, un son, une odeur ou la vue d'une certaine couleur, étaient toujours suivis d'une attaque « {loc. cit., p. 81). Les cas où l'accès semblait dépendre d'une irritation d'un nerf spécial nous intéressent moins directement; mais les autres ne sont pas en dehors de nos moyens d'action, aussi faut-il accorder la plus grande importance aux sensations qu'éprouvent les malades. « Quand il existe une aura epileptica, dit M. Brown- Séquard, on remarque une grande variation dans les sensations éprouvées; et ni leur nombre ni l'intensité de la douleur ne suffisent pour expliquer la production des convulsions. Il résulte d'un examen attentif d'un très-grand nombre de cas d'aura qu'une irritation non sentie part, en même temps que les sensations qu'on appelle au7'a, d'un nerf centripète, et que c'est cette irritation non perçue qui est la cause réelle de l'attaque épileptique. J'appelle cette irritation une aura non sentie, mais je crois qu'il serait bien de n'appeler aura epileptica que cette irritation non perçue, de façon à la distinguer complètement des sensations vagues et très-variables qui l'accompagnent presque toujours. Il y a des faits prouvant qu'une aura non sentie peut exister sans être accompagnée d'une sensation quelconque, soit parce que le premier effet de l'irritation a été de faire perdre connaissance au malade, soit parce que l'irritation ne part pas de fibres sensitives, mais de fibres nerveuses centripètes, douées seulement du pouvoir excito-moteur. 11 est très-important, pour le traitement, de décou-

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M ir s'il y a une aura non sentie et quel est son point de départ. Il est nécessaire, conséquemment, d'explorer avec soin l'état des organes. Si V aura non sentie part d?. certaines parties de la peau ou de quelque organe non profondément situé, comme le testicule, ou de quelque partie de muqueuse voisine de la peau, on trouve que les muscles voisins du point de départ de Vaura sont le siège des premières contractions ou des plus violentes, ou enfin de celles qui durent le plus. Si les personnes qui ont été témoins de l'attaque ne peuvent fournir d'indications à cet égard, il sera bien d'essayer l'application d'un courant galvanique très-puissant, avec des conducteurs secs, sur les différentes parties de la peau, lorsque le malade est dans l'imminence d'une atlaque. Par ce moyen, j'ai reconnu deux fois, d'une façon certaine, le point de départ d'une aura non sentie, l'attaque ayant été produite par la galvanisation de certaines parties de la peau. 11 va sans dire que dans un grand nombre de cas ce moyen de diagnostic ne pourrait pas être employé ou ne devrait pas l'être. Un autre moyen, et le meilleur (dans le cas où il ne s'agit que des membres) pour découvrir l'existence d'une aura non sentie, consiste dans l'application d'une ligature sur chacun des quatre membres alternativement. Supposons un cas d'épilepsie, dans lequel les attaques sont fréquentes et viennent à époques à peu près fixes, ou après des symptômes avant-coureurs, de telle sorte qu'on puisse prévoir, exactement ou à peu près, quand une attaque va avoir lieu. Lorsque l'imminence existe, on applique une ligature très-serrée autour d'un membre ou deux. Si l'attaque ne survient pas, il est extrêmement probable que les accès antérieurs avaient été causés par l'irritation d'une aura non sentie provenant de la partie ligaturée; si, au contraire, l'attaque a lieu, la ligature devi'a être appliquée successivement sur les autres membres, dans des circonstances analogues, etc. » {loc cit., p. 82).

iVvant d'aller plus loin, nous désirons revenir sur uu point que, dans toutes ses leçons, M. Brown-Séquard cherche à mettre en relief, à savoir que l'irritation ne 'partirait pas des fibres nerveuses sensitives, mais des fibres nerveuses centripètes, douées seulement du pouvoir excito-moteur. Certes, nous n'avons pas l'intention d'entamer ici une discussion à ce sujet; du reste, il nous serait difficile de produire des arguments nouveaux pour ou contre. Dans cette question, il y a deux choses à considérer : en premier lieu, des laits expérimentaux; en second lieu, une théorie. De cette dernière, nous ne voulons rien dire; au surplus, nous pouvons nous en passer, puisque les faits seuls nous permettent de conclure, autrement dit, d'agir rationnellement, en attendant que nous puissions le faire en pleine connaissance de cause. Voyons donc les déductions que l'auteur a tirées de ses expériences :

« 1° La moelle épinière, chez les animaux, peut être la cause (je ne dis pas le siège) d'une affection épileptifoi'me ;

« 2" Il y a une relation mystérieuse entre certaines parties de la moelle épinière et certaines parties de la peau de la face et du cou ;

« 5° Des convulsions épileptiformes peuvent être la conséquence constante de légères irritations de certains nerfs;

« 4° Le tronc d'un nerf peut n'avoir pas le pouvoir de produire des convulsions, tandis que ses ramifications cutanées possèdent ce pouvoir ;

« 5" Même quand une affection èpileptique a sa cause première dans les centres nerveux, quelques filaments cutanés des nerfs, n étant pas en relation directe avec les pairies lésées de ces centres, ont le pouvoir de produire des con-

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vulsions, tandis que d'autres nerfs, même parmi ceux qui sont en relation directe avec ces centres, ne l'ont pas » {loc. cit., p. 80).

Parlant tout à l'heure de Vaura, nous avons vu de quelle façon M. Brown- Séquard envisageait ce phénomène et surtout le soin qu'il apportait à sa recherche • c'est que, dans son esprit, il semhic que l'accès se produit par le fait d'une irritation périphérique : a Môme dans les cas où l'épilepsie est due à une maladie de l'encéphale, la cause des attaques peut avoir son point de départ dans quelques parties de la peau, et alors, en empêchant le passage de Vaura, on peut prévenir les attaques. Je connais quatre cas de cette sorte, dans trois desquels la maladie consistait en une maladie du cerveau. Chez nos animaux, la même chose existe. Bien que l'altération de la moelle épinière, cause première de Vépilepsie, persiste, celle affection, autant que fai pu en juger, cesse quand /'aura est interrompue par la section des nerfs qui vont à la peau du cou et de la face. Vaura peut provenir d'une partie quelconque d'un nerf centripète, et il n'y a pas de doute que, dans les cas où elle est due à une lésion dans les centres nerveux, cette partie varie avec le siège de la lésion » [loc. cit., p. 84),

Enfin, les différents moyens proposés en vue d'empêcher la propagation de Vaura jusqu'à l'encéphale (ligature autour des membres, sections nerveuses, amputations, etc.) sont donnés par l'auteur comme une preuve que l'attaque est due très-souvent à une irritation externe. L'élongation des muscles convulsés et, jusqu'à un certain point, les résultats obtenus par l'emploi des révulsifs (cautérisations, vésicatoires, ventouses, etc.), seraient dans le même cas; toutefois, ces derniers moyens agiraient en changeant les conditions de nutrition des centres et des nerfs qui servent à la transmission de Vaura.

Nous bornerons là ces citations. (Pour plus de détails, voy. l'Appendice P'' qui est extrait de l'ouvrage de M. Brown-Séquard : Researches on Epilepsy. Boston. 1856-57.) Nous voulons seulement en tirer cette conclusion :

La névrotomie basée sur les données que nous avons fait connaître peut et doit être appliquée à tous les cas où il existe une zone épileptogène.

Dans son article de la chirurgie de Holmes (t. IV, p. 190), M. Brown-Séquard rapporte un certain nombre de cas d'hystérie due à une lésion des nerfs périphériques. 11 s'agit de blessures, de tumeurs, de corps étrangers, etc., qui ont provoqué des crises analogues à celles qu'on observe dans l'hystérie non traumatique; toutefois, comme, dans ces cas, tous les sujets appartiennent au sexe féminin, on comprend combien le diagnostic est difficile à établir. Cependant, lorsque les malades n'avaient pas eu de crises antérieures, on est bien forcé d'admettre une relation de cause à effet. Du reste, l'extirpation des cicatrices, l'ablation des tumeurs et l'extraction des corps étrangers, ont souvent suffi pour faire disparaître ces crises. Nous disons souvent, parce qu'il n'est pas rare de voir les crises revenir après l'opération; mais, tout en tenant compte de cette remarque, on comprend qu'il puisse se présenter telle circonstance où la névrotomie trouve son indication, et alors il ne faudra pas oublier que, de même que dans l'épilepsie, il peut exister une aura partant d'un certain point de la périphérie; parfois, on pourra la faire naître par la pression, etc.

A propos de la chorée, il cite un cas du docteur Borelli, de Turin, dans lequel cette affection convulsive était due à un névrome de la plante du pied chez un enfant de treize ans. Après l'extirpation de la tumeur, les accidents, qui remontaient à cinq ans, diminuèrent immédiatement, et, au bout de quatre jours, ils ne reparaissaient plus [Gazette des hôpitaux, 1850, p. 454). 11 cite

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encore un cas emprunté à Andral (le point de départ était un ongle incarné), et un autre du docteur Malden. Dans ce dernier, la cliorée disparut après l'extraction d'une dent cariée.

En ce qui concerne Vhydrophobie, il est fâcheux que l'auteur ne donne pas plus de détails; et comme, de notre côté, nous n'avons pas pu remonter aux sources qu'il indique, nous transcrivons textuellement : « 11 n'existe pas, que je sache, dans les annales de la science, d'observation démontrant que cette horrible affection a été guérie quand elle a été causée par la morsure d'un animal enragé. Dans le siècle dernier , G. Hicks {London Médical and Phys. Journal, vol. XYII, p. 277) a proposé de traiter la rage par la section des nerfs de la partie mordue. Le docteur Slokes, de Dublin, a eu l'obligeance de me communiquer un cas très-important, qui permet d'espérer que l'hydrophobie pourrait quelquefois être guérie par ce procédé {voy. l'appendice de Lectures on the Phys. and Path. ofthe Central JServous System, par M. Brown-Séquard, 1860, p. 261).

Relativement à l'affection improprement appelée paralysie agitante, car elle peut se présenter sans traces de paralysie, il mentionne un fait de Sabatier, dans lequel un jeune homme, après une blessure du nerf saphène au voisinage du genou, fut pris d'un tremblement à la jambe et à la cuisse qui dura plusieurs mois. 11 mentionne en outre le fait d'un malade qui lui avait été adressé par le professeur Erichsen, et chez lequel « existait un tremblement des deux bras, occasionné par une lésion d'un nerf du bras gauche. »

Il termine par la relation de trois cas se rapportant au délire par plaie des nerfs. Dans deux de ces cas, il est question de corps étrangers qui avaient blessé le gros orteil; dans le troisième, il s'agit d'une femme qui, après avoir été saignée, fut prise de douleurs très-vives dans le bras, le cou et la face, ainsi que de spasmes de ces parties. Au bout de quinze jours, on fit une incision profonde au-dessus de la cicatrice, et la guérison fut complète. Nous pourrions citer d'autres cas analogues dans lesquels on s'est contenté d'agrandir l'ouverture laite à la peau, pendant qu'autrefois on plaçait une pastille de potusse ; ils sont de moins en moins fréquents aujourd'hui qu'on pratique très-rarement la saignée.

11 résulte de tout ceci que les mêmes causes peuvent produire des effets trèsdifférents en agissant sur les nerfs périphériques : c'est donc sur ces derniers que le chirurgien doit surtout porter son attention, s'il veut arriver à se faire une idée du mécanisme et instituer un traitement rationnel.

Indications et contre-indications. Pour ce qui est des névralgies, nous les diviserons en deux catégories : 1° celles qui sont symptomatiques ; 2" celles qui sont spontanées. Dans les unes et dans les autres, la névrotomie peut être indiquée; toutefois, nous ne craignons pas de dire que c'est presque toujours une question très-délicate, de sorte que le chirurgien appelé à la résoudre ne saurait y apporter trop d'attention.

1" JSévralgies symptomatiques. On devra tout d'abord rechercher si le point de départ est dans les centres nerveux. Ce seul fait est une contre-indication absolue pour nous, non-seulement parce que l'on est à peu près sûr d'échouer, mais parce que l'on fait coui'ir des chances très-sérieuses à son malade. Nous connaissons deux cas de mort presque subite dans ces circonstances; chose di"ne de remarque, dans les deux cas, on se proposait de faire la section du dentaire inférieur avant son entrée dans le canal et par le procédé buccal. Se sej ait-on é^aré, aurait-on coupe quelque organe important dans le voisinage?

780 KÉYKOTOMIE.

C'est ce qu'il nous est impossible de dire, parce qu'il s'agissait de malades de la ville; mais ce que nous pouvons affirmer, c'est que, chez tous les deux, il existait une lésion primitive des centres.

On remarquera que nous parlons d'une lésion primitive des centres. Quand ceux-ci seront pris secondairement, la contre-indication n'est plus absolue, surtout si cette complication est de date récente. En effet, il n'est pas douteux pour nous que, dans bon nombre de névralgies d'origine manifestement périphérique, les centres se prennent à Ja longue; on opère, et les phénomènes qui caractérisaient la lésion secondaire des centres disparaissent parfois : c'est une question de degré. Du reste, nous aurons l'occasion de revenir encore sur ce point.

Lorsque la névralgie tient à une lésion périphérique, il faut en premier lieu examiner quelle est sa nature et si l'on a ou non une prise sur elle. Dans le premier cas, on se placera au point de vue de la cause et l'on agira en conséquence. Dans le second cas, on devra se poser la question de la névrotomie; toutefois les conditions pourront être très-différentes, suivant que la cause première existera encore ou qu'elle aura disparu. En effet, si elle existe, il sera plus facile de se faire une idée du mécanisme et, par suite, de disposer les sections de façon à interrompre les communications nerveuses entre la partie affectée et les centres, et cela toujours avec le moins de frais possible pour le malade. Si, au contraire, elle a disparu, ce qui pourra être souvent le fait d'une intervention antérieure, on sera presque toujours très-embarrassé. Il peut arriver que ce soit la même cause qui agisse profondément, qu'il y ait de la névrite, voire même de la sclérose, ou qu'enfin les centres soient pris. L'observation que nous avons communiquée, l'année dernière, à l'Association française (Congrès du Havre), est très-intéressante à tous ces points de vue. On comprend très-bien que, si les centres sont pris, on a beaucoup moins de chances de réussir; or, on fait toujours courir des dangers plus ou moins considérables à son malade. En admettant qu'il y ait de la névrite ou de la .sclérose, la lésion pourra remonter souvent très-haut, porter sur des branches ou des filets éloignés, et alors comment instituer un plan opératoire qui soit rationnel et assure au malade le bénéfice de l'intervention qu'on se propose de lui faire subir? A supposer que ce soit la même cause qui agisse profondément, on ne devra pas oublier qu'elle a pu se propager à d'autres parties, se transformer, en quelque sorte, retentir sur d'autres branches', etc., etc., de sorte qu'il pourra devenir nécessaire de combiner une autre opération avec la névrotomie, comme dans l'observation a laquelle nous faisions allusion précédemment {Névralgie de la face avec zone épileptogène; névrotomie et ostéotomie combinées; guérison, par Léon Tripier; in Gaz. Iiebd., 44 sept. 1877, n° 37).

2° Névralgies spontanées. Nous rangeons dans cette catégorie toutes les névralgies sine materiâ des anciens auteurs qui ont résisté au traitement médical le mieux entendu; or, aujourd'hui, il n'est pas douteux que ces névralgies rebelles sont entretenues par une lésion matérielle; voici, du reste, ce que nous disions à ce sujet dans notre communication de l'année dernière : « Outre la question de nature, qui est parfois si difficile à résoudre, il y a la question de siège, sur laquelle on est loin de s'entendre ; ainsi, pour ne parler que des auteurs qui ont écrit le plus récemment sur ce point, nous voyons M. Weir Mitchell admettre que, dans la plupart des cas, c'est la continuité des nei'fs qui est atteinte. M. Yulpian, au contraire, croit à une lésion des centres. Faisant allusion à une opinion émise autrefois par nous et reproduite récemment par M. Cartaz

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dans sa thèse inaugurale, à savoir que la lésion peut aussi exister dans les extre'mités terminales des nerfs, le professeur de la Faculté de médecine de Paris dit que les preuves manquent; cependant il admet le fait pour les névralgies dues à un corps étranger, une dent cariée, une ostéite, etc., etc. On pourrait lui objecter que dans les névralgies dites spontanées la névrotomie a pleinement réussi : or, s'il s'était agi d'une lésion centrale, il est bien évident qu'il y aurait eu récidive. Quant aux cas d'insuccès, ils peuvent s'expliquer de deux façons : ou bien les centres s'étaient pris secondairement, comme cela arrive si souvent après des lésions nerveuses périphériques (d'origine périphérique), ou bien ils étaient primitivement atteints; mais on n'avait pas fait le diagnostic, ou même ce dernier était impossible à établir. Je laisse à dessein de côté l'intervention opératoire qui a dii être le plus souvent insufflsante, si l'on n'a pas cherché à isoler, comme nous le voulons, la périphérie des centres. J'ajoute que dans les cas où tous les nerfs avaient été coupés (voy. le Traité de méd. opér. de Velpeau) il s'agissait de névralgies centrales. Nous ne sommes donc pas absolu, autrement dit nous croyons que les névralgies rebelles sont souvent centrales, que beaucoup d'entre elles sont exclusivement périphériques, mais nous crovons aussi que, parmi ces dernières, il en est un grand nombre qui se compliquent de lésions du côté des centres » (loc. cit.).

Ceci posé, en face de ces névralgies intenses, paroxystiques, sans lésion appréciable, cest seulement lorsque le traitement médical institué d'une façon rationnelle aura échoué qu'on sera autorisé à mettre en avant la névrotomie. On trouvera dans la thèse de M. Cartaz un certain nombre de faits qui nous sont personnels et qui prouvent l'importance de ce précepte.

Mais admettons qu'on ait échoué, la première question qui se présente, c'est celle de savoir si les centres sont pris oui ou non. Elle est plus facile à poser qu'à résoudre; cependant, en tenant compte des accidents et en faisant une étude attentive des phénomènes actuels, on arrivera le plus souvent à établir le diagnostic. Piappelons, à ce propos, ce que nous disions dans une de nos communications à l'Association française (Congrès de Nantes) relativement aux points douloureux : « En admettant que la pression fasse cesser celui-ci (le point douloureux) , Cl fortiori, si l'on peut comprimer au-dessus, on sera en droit d'admettre que la névralgie porte à la fois sur les fibres directes et sur les fibres récurrentes, et naturellement la section devra intéresser celles-ci et celles-là. Dans le cas où la douleur ne cesse pas par la pression, on peut supposer que la lésion siège soit exclusivement sur les fibres récurrentes, soit plus haut du côté des centres, et peut-être dans ceux-ci.

Pour ce qui est des fibres récurrentes, on cherchera, en comprimant sur les nerfs voisins, si la douleur est atténuée : en supposant que le résultat soit négatif, on devra songer à une lésion siégeant plus haut, voire même dans les centres » {Gaz. hebd., 27 août 1875, n° 35).

Dans cette même communication, nous parlions aussi de l'électricité qui, au dire de Benedikt (de Vienne), devrait être appliquée dans chaque cas. Enfin, l'année dernière, revenant encore sur ce sujet (Congrès du Havre), nous recommandions l'emploi de l'aconitine : « Je ne veux pas terminer cette note, disionsnous, sans recommander dans les cas de névralgie un médicament, l'aconitine (azotate d'aconitine de Duquesnel), qui, d'après M. Laborde, aurait une influence élective sur la propriété conductrice des filets nerveux sensitifs. Cet expérimentateur a, en effet, constaté sur des chiens aconitisés, et auxquels on avait coupé

782 ^"EVR0T0M1E.

le bulbe, que les réactions réflexes sont absolument abolies, bien que le centre médullaire reste excitable. On comprend toute l'importance de cette donnée au point de vue pratique : on aurait ainsi un moyen de décider, dans les cas douteux, s'il s'agit d'une lésion centrale ou, au contraire, d'une lésion périphérique » {loc. cit.).

Quoi qu'il en soit, existe-t-il de fortes présomptions pour une lésion centrale, nous conseillons l'abstention. Dans le cas contraire, on devra raisonner au point de vue d'une lésion périphérique, et alors on cherchera à se faire une idée sur son siège et sur sa nature : si elle est très-élevée, qu'on ne puisse pas se placer entre elle et les centres ou qu'il faille de trop grands dégâts pour y arriver, nous pensons qu'il sera sage de ne pas intervenir, quelle que soit sa nature.

Si elle siège sur la continuité, on ne devra pas oublier que la névrite ou la périnévrite est souvent très-étendue, qu'il a pu survenir des modifications dans les tissus avoisinants, à plus forte raison s'il existe une sclérose; c'est dans ces cas surtout qu'il vaut encore mieux pécher par excès de prudence que d'être accusé de témérité : aussi serions-nous disposé, avant de nous engager dans une opération complète, radicale, à faire porter la section sur un seul tronc, et, suivant le conseil de M. Brown-Séquard, à examiner un morceau du bout périphérique, quitte à remonter plus haut, à sectionner d'autres nerfs, voire même à retrancher plus ou moins les tissus avoisinants, si on le juge nécessaire.

Enfin, si ce sont les nerfs de la peau qui sont intéressés, on devra se rappeler que les anastomoses sont tellement multipliées qu'on pourra croire à une lésion centrale; mais il y aura presque toujours une zone plus douloureuse, d'oii les irradiations semblent partir ; en outre, la compression successive des différents troncs ou branches nerveuses permettra de délimiter cette zone et, par suite, de faire un choix parmi ceux ou celles qu'on devra couper. Pour nous, ce sont là des formes très-fréquentes, elles sont de nature rhumatismale, et, peut-être, y aurait-il avantage à les traiter d'abord par la cautérisation, mais pratiquée d'une certaine façon. Cette idée nous a été suggérée par M. Abadie, vétérinaire à Nantes, qui, lors de la réunion de l'Association française dans cette ville, en 1875, fit une communication sur les points douloureux qui se montrent sur le cheval dans certaines formes de boiterie. Ce qu'il y a surtout de remarquable dans ces cas, c'est la délimitation : la surface hyperesthésiée a ordinairement de 4 à 6 centimètres carrés et siège constamment sur les extrémités des membres, dans les points où la peau est immédiatement appliquée sur les os. Cet honorable praticien, qui a bien voulu nous montrer deux sujets atteints de la sorte, a noté des lieux d'élection tant sur les membres antérieurs que sur les membres postérieurs, de sorte qu'aujourd'hui, étant donné une boiterie qui ne s'explique que par une lésion du sabot ou de l'appareil locomoteur, au lieu de penser tout à fait gratuitement, comme on le faisait avant lui, à un écart, il cherche attentivement s'il existe ou non des points douloureux, et dès qu'il applique le doigt sur un de ces points, immédiatement l'animal accuse une douleur très-vive, retire le membre et se cabre ; en comprimant de la même façon à la périphérie de la plaque douloureuse, l'animal reste absolument tranquille. Ajoutons qu'au niveau des points douloureux on trouve parfois un peu d'oedème et peut-être de chaleur, ce qui est tout à fait en rapport avec des phénomènes inflammatoires. Quant au traitement, il consiste dans l'application de pointes de feu très-fines et intéressant toute l'épaisseur de la peau, de sorte qu'il ne reste pas de traces.

KEVROTOMIE. 78?;

En ce qui concerne le tétanos iraiimatique, nous serons bref, attendu que la névrotomie ne pre'sente d'indication nette, réelle, que dans le cas où il existe des douleurs partant de la plaie et remontant le long du membre ; mais alors elle est absolue. Parfois il arrive que le malade ne ressent pas de douleurs, mais accuse seulement des contractions involontaires, des soubresauts dans le membre blessé : nous croyons que l'indication, sans être évidente, serait encore tout à fait légitimée. Restent les cas où la plaie est la seule circonstance qui puisse faire songer à une intervention. Bien que le tétanos spontané soit assez rare dans nos climats, cependant on en voit encore, chaque année, quelques exemples; dès lors on peut supposer que, chez les blessés auxquels nous faisons allusion, la plaie ne joue pas un rôle actif. I)u reste, dans notre Mémoire des Archives, on trouvera un certain nombre de faits expérimentaux qui prouvent que le pus, aussi bien que le sang des sujets atteints de tétanos, est incapable de transmettre cette maladie, soit qu'on opère, pour le pus, par la voie lymphatique, soit qu'on procède, pour le sang, à l'aide de la transfusion. Ce sont ces résultais qui nous avaient conduit à pi'oposcr la névrotomie complète qui, dans l'hypothèse où la plaie n'agit pas en dehors de l'irritation nerveuse, offre tous les avantages de l'amputation sans en avoir les inconvénients; c'est une véritable amputation nerveuse; en effet, elle supprime toutes les communications entre la périphérie et les centres. Mais, dira-t-on, cà quoi bon pratiquer une pareille opération dans les cas où il n'y a ni douleurs, ni contractions musculaires dans le membre blessé ? A cela nous répondrons par les faits de M. Brown- Séquard dans l'épilepsie : ce n'est pas en produisant de la douleur qu'il provoque l'attaque chez les animaux. Sans doute, certaines conditions, le froid, l'humidité, etc., agissent sur les parties supérieures de la moelle et préparent en quelque sorte cet organe au tétanos, mais ce serait la plaie qui déterminerait les accès, absolument comme certaines lésions de la moelle préparent celle-ci à l'épilepsie, et les attaques pour se produire nécessiteraient une certaine irritation périphérique. N'oublions pas ce que dit, à ce propos, M. Brown-Séquard, de l'influence des irritations légères ou, au contraire, des pincements au niveau de la zoue épileptogène. N'oublions pas non plus comment il envisage ïaura non sentie. La névrotomie, nous le répétons, n'empêche pas le traitement général, et ce dernier, seul appliqué, ne remplit qu'une indication, celle qui ressort de l'état de la moelle : si donc la plaie joue un rôle quelconque, on ne se comporte pas rationnellement. L'objection tirée du traumatisme résultant de la névrotomie n'est pas sérieuse ; du reste, nous y avons répondu par des faits (voy. y historique). Quant à la perte des fonctions du membre, elle n'est pas définitive, et en présence d'une affection presque fatalement mortelle, nous ne comprenons véritablement pas qu'on puisse hésiter. Toutefois, on devra bien se rappeler qu'il faut intervenir le plus tôt possible et faire la section de tous les nerfs se rendant à la partie blessée.

Relativement à Vépilepsie, il est très-difficile de poser des indications et des contre-indications, d'une part parce que nous ne sommes pas fixés, sur une foule de points, touchant la nature et même le mécanisme, et, d'autre part, parce que les conditions sont si multipliées, si différentes, qu'on serait fort embarrassé pour établir au point de vue clinique des catégories ou des types bien distincts. Cependant, si l'épilepsie est d'origine périphérique, de deux choses l'une : ou bien la cause présumée peut être supprimée, ou bien on n'a pas de prise directe sur elle; dans le premier cas, on se basera sur la nature,

78i NEVROTOMIE.

ie siège, elc, de la cause à supprimer; dans le second cas, on pourra se poser la question de la névrotomie : mais ici, que de variétés, que d'inconnues, sans compter les difficultés, voir même les impossibilités ! Ce sera au chirurgien, vraiment digne de ce nom, à voir s'il peut être utile à son malade; car, en définitive, la question de l'intervention est basée là-dessus : or, le but à atteindre est d'erqpêcher la cause qu'on ne peut supprimer d'irriter les centres. Poui' cela, il n'y a qu'un moyen: c'est d'interrompre la continuité des différents nerfs qui sont en rapport, soit directement, soit indirectement, avec la partie où la cause exerce son action. En se basant tout à la fois sur les données anatomiques et sur les faits physiologiques que nous avons fait connaître, on peut, nous le répétons, isoler la zone malade sans porter trop de préjudice à la sensibilité et à la motililé, il suffit de se placer sur les branches et d'associer les sections. Au surplus, rien n'empêche de procéder successivement comme nous l'avons déjà dit à propos des névralgies {voy. plus haut).

Lorsque l'épilepsie est due à une affection du cerveau ou de la moelle, il y a encore plus de raisons pour hésiter; toutefois, on devra se souvenir de l'opinion émise par Brown-Séquard, et qui résulte de ses recherches sur les animaux : « Bien que l'altération de la moelle épinière, cause première de l'épilepsie, persiste, cette affection, autant que j'ai pu en juger, cesse quand Vaura est interrompue par la section des nerfs qui vont à la peau du cou et de la face » (loc. cit., p. 84). Mais les régions qui viennent d'être indiquées et qui corresponpondent à la zone épileptogène peuvent varier suivant le siège de la lésion centrale.

Uaura fait souvent défaut et, lorsqu'elle existe, il n'est pas toujours facile de limiter la zone qui lui sert de point de départ. Cependant il n'y a pas d'intervention possible sans cela.

Ce qui vient d'être dit s'applique à fortiori à l'épilepsie résultant d'un trouble direct de la nutrition.

Restent les différentes affections {hystérie, cJiorée, hyclrophobie, paralysie agitante, délire par plaie des nerfs) dans lesquelles l'irritation des nerfs périphériques peut être mise en cause ; la névrotomie ne serait indiquée que dans les cas oh la lésion, quelle qu'elle soit, spontanée ou traumatique, échapperait aux différents moyens qui peuvent avoir sur elle une action directe.

Procédés opératoires. On aura le choix entre la cautérisation et la section au moyen de l'instrument tranchant

i" Cautérisation. Nous repoussons formellement cette manière de procéder lorsqu'il s'agit d'interrompre la continuité des troncs nerveux ou de leurs branches; d'abord parce qu'elle est incertaine, longue et douloureuse, ensuite parce qu'elle expose à léser les organes importants situés dans le voisinage, enfin parce qu'elle ne met pas plus à l'abri des récidives que la résection et qu'elle laisse après elle des cicatrices plus ou moins diffoi'mes. Dès lors, inutile d'insister sur les différents moyens mis en usage par les anciens chirurgiens.

Ce n'est que dans les cas oià le réseau nerveux de la peau est intéressé qu'elle peut, à notre avis, trouver son application. ïl en a été déjà question à propos des névralgies : on se servira des cautères à bec d'oiseau analogues au cautère de Desmarres pour la fistule lacrymale, toutefois, beaucoup plus fins, de façon à n'agir que sur une surface très-limitée, mais à pénétrer jusque dans la couche sous-dermique. On peut multiplier à volonté ces pointes de feu sans crainte de produire ultérieurement une trop grande difformité ; quand la plaque doulou-

NÉVROTOMIE. 785

reusc n'est pas étendue, c'est un procédé excellent; il u'sur les sections l'av^^ntuge de changer complètement les conditions de nutrition des parties et, si ces dernières ont servi de point de départ à l'affection, ce sera le seul moyen de la guérir. Nous sommes convaincu que bon nombre de succès doivent être attribués dans les anciennes opérations aux modifications profondes survenues dans la nutrition des tissus par le fait de la cautérisation. Les pointes de feu (volantes) conseillées par Valleix agissent probablement de la même façon, bien cpie plus superficiellement. Si cette manière de voir était fondée, il est évident qu'on pourrait généraliser l'eraploi de ce procédé; c'est dans l'épilepsie surtout que nous voudrions le voir appliquer. En admettant que la zone à modifier fût trop étendue, on pourrait s'y prendre à plusieurs fois. Relativement à l'instrument, comme nous voulons un fer très-fin, c'est au tliermo-cautère de Paquelin que nous donnerions la préférence, j)arce qu'avec un peu d'habitude on peut graduer et maintenir la chaleur à volonté.

2" Section an moyen de l'instrument tranchant. Elle se pratique de deux manières : par une incision sous-cutanée ou à ciel ouvert. La première nous paraît peu sûre; c'est à la face surtout qu'elle trouverait son application : or, précisément pour les deux nerfs (sous-orbitaire et dentaire inférieur ou mentonnier) qui ont été peut-être coupés le plus souvent, on a la voie buccale qui permet de voir ce que l'on fait et ne laisse pas après elle de cicatrice, il en est de même pour le nerf lingual. Quant aux nerfs sus-orbitaire et frontal, il nous semble qu'il est assez facile, grâce à la présence du sourcil, de dissimuler, au moins en partie, l'incision. Itestent le nerf buccal et le nerf temporal, l'our le premiei-, nous croyons que *par la méthode sous-cutanée on s'exposerait presque sûrement à la blessure d'organes qu'il faut ménager. Du reste, même en procédant à ciel ouvert, la section de ce nerf est assez difficile, si l'on veut produire ie moins de dégâts possible; pour le second, l'incision faite en avant du tragns peut être très-liinilée. Quant à l'objection tirée de l'innocuité, nous croyons qu'elle perd de sa valeur, si l'on considère le peu de certitude qu'elle offre au point de vue du but à atteindre. Au surplus, les opérations à ciel ouvert donnent rarement lieu à des complications, et, à part quelque cas d'érysipèle el de phlegmon, nous croyons pouvoir dire que la statistique générale est excellente.

La section faite à ciel ouvert peut-être simple ou combinée de façon à exciser une partie du nerf. Cette dernière manière de procéder a été adoptée par la majorité des chirurgiens dans le but d'empêcher la reconstitution du nerf. On a commencé par réséquer 8 à 10 millimètres, puis, voyant que la récidive avait lieu, on a emporté jusqu'à 2 centimètres 1/2 et même 5 centimètres du cordon nerveux. Les anciens chirurgiens, sur le conseil de Boyer, cautérisaient le bout inférieur. Amussat divisa à plusieurs reprises la membrane inodidaire au fond de la plaie. Enfin Malgaigne proposa de disséquer le bout inférieur ou même les deux bouts et de les replier chacun de leur côté dans les chairs, de manière à leur faire former une espèce d'anse ; il proposa encore de détacher un petit lambeau des chairs saignantes et de l'interposer entre les deux bouts du ner pour empêcher la réunion (Manuel de méd. opér., Paris, 1861).

Tous ces procédés plus ou moins ingénieux manquent le but, qui n'est pas d'empêcher la reconstitution plus ou moins hâtive du nerf, mais d'intercepter toutes les voies de communication entre le point de la périphérie qui est malade et les centres. Or, d'après les résultats de nos expériences, il n'est pas douteux

DICT. ENC. 2' S. XII. 50

78G NEVROTOMIE (bibliographie).

(jue les récidives doivent être mises moins sur le compte de la cicatrisation hâtive des nerfs que sur celui de la persistance d'autres voies de transmission. Nous suivons, depuis trois ans, un certain nombre de malades opérés par h» section simple, et les douleurs ne sont point revenues. On devra donc désormais se placer exclusivement à ce point de vue et faire des sections simples et associées. Nous croyons qu'il ne faut recourir à la résection que dans les cas où l'on veut emporter une partie altérée et qui ne peut pas revenir à l'état normal. Si la lésion était trop étendue, mieux vaudrait l'isoler dans les deux sens de façon à empêcher la reconstitution du nerf. En dehors des cas de tétanos, il n'est pas nécessaire de couper tous les nerfs ; la section de deux ou trois branches pourra souvent suffire. Du reste, en s'aidant des données fournies par l'anatomie et des changements apportés par la compression dans les caractères de la douleur, on a un moyen assuré pour ne pas faire fausse route. Tout dépend des circonstances et des indications à remplir. Léon Tripier.

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7!I0 NEWBIGGl.NG (Les).

XEWlsiJjiiiiXG (Les). Famille de médecins écossais parmi lesijuels nous cilei'ons :

iVewbig^$;inja; (Wili.iam), chirurgien distingue', ne' à Lanarck, en Ecosse, en 1772. Il lit ses études médicales à l'Université d'Edimbourg et en 1799 devint membre du Collège royal des chirurgiens de cette ville; il en devint le président ])lus lard. Pendant de longues années, il remplit avec dévouement les fonctions de chirurgien à l'infirmerie royale d'Edimbourg. Il avait la réputation d'un opérateur habile et heureux, il excellait surtout dans la lithotomie ; c'est ce qui explique la grande clientèle qu'il s'acquit en fort peu de temps et à laquelle il se dévoua jusque peu d'années avant sa mort. Au commencement de ce siècle, il attira un moment sur lui l'altention de tout le monde savant par la ligature de l'artère iliaque externe, pratiquée avec succès dans un cas d'anévrysrae inguinal et poplilé ; cette opération n'avait été tentée qu'une seule fois avant lui par Abernethy.

Lors du couronnement de la reine d'Angleterre, il fut, en récompense de ses nombreux services, élevé à la dignité de chevalier.

A un grand talent et à une science profonde Newbigging joignait une grande urbanité de manières et une loyauté professionnelle qui le faisait aimer de tous ses collègues. 11 s'intéressait à toutes les questions scientifiques et littéraires, et quand il eut renoncé à la vie active, il devint, à làge de soixante-dix-sept ans, fellow de la Royal Scottish Society of Arts. Il était déplus membre delà Société royale d'Edimbourg et vice-président de la Société weinérienne.

En 1850, il fit une chute et se fractura le col du fémur; il se remit assez bien de cette lésion dangereuse, mais mourut néanmoins deux ans après, le 25 octobre 1852. Nous ne connaissons de lui que :

Case of Inguinal and Popliteal Aneitrisin cured hij Tijing f/ie Externat Iliac Arterij, In Edinb. Med. a. Suig. Journ., l. XII, p. 71, 1816. L. Ilx.

Newbigging (Patp.ick S.-K.), fils du précédent, naquit à Edimbourg le 2 iiovemhre 1813. Il fît ses études médicales surtout dans sa ville natale et y prit le grade de docteur en 1854. La même année il fut agréé felloiv du collège royal des chirurgiens d'Edimbourg et peu après appelé à remplir les fonctions de président de la Royal Médical Society.

Désireux d'étendre ses connaissances, il alla visiter un grand nombre d'universités étrangères. A son retour, il fut élu Médical Officier of the JSew Town Dispensary, charge qu'il remplit avec zèle pendant plusieurs années ; il acquit une grande expérience dans l'accomplissement de ces fonctions, et fut récompensé de son ardeur par la nombreuse clientèle qui ne tarda pas à lechercher ses soins. II devint par la suite chirurgien à Jolin Watsons Institution et à Cauvins Hospital et médecin à l'hôpital des Enfants malades, qu'il avait puissamment contribué à fonder, de même qu'il contribua aux perfectionnements apportés à la Royal Infirmary. Il fut pendant plusieurs années chargé des fonctions d'examinateur au Collège royal des chirurgiens. Nommé président de ce dernier en octobre 1861, il quitta ces fonctions en octobre 1865, et peu après mourut, jeune encore et unanimement regretté, des suites d'une affection organique du cœur compliquée d'anévrysme de l'aorte. 11 a publié :

I. Probalionanj Essay on Spina bifida. Edinb., 1854, in-8°. — II. Inaugural Essaij on the Impulse and Sounds aliending the Action of Ihe Ilearl in Normal State. Edinb., 1854,

NEWNIIAM. 701

in-8°. — IH. On Certain Circumslances affectlng the Colour of Blood diiring Coagulation. Edinb., 1839,111-8°. — IV. Observations on the Therapeuiic Action of Croton OU in Yervous Disorders. In Edinb. Med. a. Sury. Journ.. t. LV, p. 100, 1841. — V. Stalistics of the Edinburgh Loch Ilospitat ditring 1841, 1842, bearing in particular on the ^on-Mercurial Treatment of the Venereal Disease. In Monthlg Journ. of Med. Se, t. III, p. 491, 1843, et t. \1I, p. 570, 1847. — \I. Case of Telanus, in whirh Eecovery took place. Ibid., t. V, p. 531, 1845. — VII. ^otes on Scarlatina. Ibid., t. IX, p. 1046, 1849.

Par sa traduction de Baiïth et Roger : A Practical Treatise on Auscultation. Translated ivith Notes (Edinburgh, 1847, in-8°), Neubigging contribua Lcaui'oup à vulgariser dans sa patrie cet excellent manuel. " L. Hx.

Mentionnons encore :

Xewbigginir (George-Stewart), frère du précédent, fit ses études à l'Université d'Edimbourg, y prit son grade de docteur en 1857 et peu après fut reçu membre du Collège royal des chirurgiens d'Edimbourg. Comme son frère, il entreprit des voyages sur le continent pour se perfectionner dans son art. iMais la mort vint le surprendre à Paris, le 25 novembre 1840, au début d'une carrière qui promettait d'être des plus brillantes. Il succomba à une fièvre typhoïde. Il a laissé :

I. .4)1 Inaug. Dissert, on the Effusion and Organization of Coagulable Lgmpli. Edinburgh, 1837, in-8°. — II. A Probalionanj Essay on some Circumslances to be considered in resorting to the Opération ofBronchototmj. Edinb., 1837, m-8°.

D'après le Monthly Journal (t. I, p. 67, J84I), il aurait publié en 1840, dans V Edinb. Med. a. Surg. Journ., le compte rendu du grand congrès scientifique dePise; nous n'avons pu découvrir trace de cette publication.

\'EWXHAM (Willia.m), chirurgien anglais de mérite, naquit en 1790, fit ses études à Londres, où il suivit les cours de clinique de Guy s Hospital, puis alla s'établir à Farnham vers 1815, oii il pratiqua son art avec distinction pendant de longues années; ce n'est que vers 1860, alors qu'il ressentit les premières atteintes de la maladie cérébrale qui devait l'emporter, qu'il se retira à Richmond Villa, Tunbridge Wells; frappé de paralysie vers le commencement d'octobre 1865, il succomba le 24 octobre. Kewnham était membre du Collège royal de chirurgie de Londres ; il remplit pendant une série d'années avec le plus grand zèle les fonctions de trésorier du Médical Benevolent Fund.

Nevvnham est l'auteur de publications très-estimées relatives à la chirurgie, l'obstétrique, la médecine, etc. ; il s'est occupé également de questions psychologiques, et a publié un traité intitulé : On the Reciprocal Influence of the Body and Mind, et un autre sur la Superstition. Nous citerons encore de lui :

I. Essay on the Symptoriis, Causes and Treatment ofinversio Vleri ; uilh a History of the succcssfull Extirpation of that Organ during the Chronic Stage of the Disease. London, 1818, in-8°, pi. — II. Some Observations on the Médicinal and Dietelic Properlies of Green Tea, and particularhj on the Controlling hifluence il exerts over Irritation of the Brain. London, 1827, in-8°. — III. Principles of Education. London, 1827, in-8°. — IV. Essay on the Disorders incident to literary Mcn; and on the bcst Means of preserving Iheir Health. London, 1856, in-S". — V. 11 a publié avec W. Wicsiuu el Salteb : Rctrospect of the Progress of Surgical Literature for the yrar 1838-Ô9. London, 1859, in-8°. — VI. A case of dtseased Liver, terminating fatally, elc. In London Med. Heposit., t. II. p. 572, 1814. — VII. A Case of Dropsy oflhe left Ovarium. Ibid., t. Ill, p. 280, 1815. — VIII. Case

7y'2 NEYU.VC (Eaux minérales de).

of (cdioiis l'arlurilion ; witli Observaliniis on Syncope and Hœmorrhage, etc. Ibid., t. l[], !>. 477, 181Ô. —IX. l'roclicalObs. on Cancer. Ihid., t. lY, p. 553, 1815.— X. Two Cases of Bronc/incelc, etc. Ibid., 1. V, p. 185, 1816. — XI. Casrs of sympalhelk Affections of the Brain ivilli Ihc Abdoniinal Visceia. Ihid., t. VII, p. 459, 1817. — Xil. Divcjs autres articles dans le Lond. Mcd. Rcposiloiy, et quelques monographies importaules : Essaiia on Utérine Uœmorrliayc, on Eclanipsia IS titans ; — Case of Successfull Opération for Melanosis oj the Eyr- Hall, e\c., dont l'époque de publication nous est inconnue. L. Hn.

KEYGEXFIXD (FRiEDr.icii-WiLHELM), né à AllolssG, prcs (le Biinzlan, était fils d'un cliiiiirgion. En 1797 il commença ses éludes à la pépinièie royale de Berlin; en 1800 et 1801 il accompagna le comte de ilochberg dans ses voyages, visita la Silésie et la Bolième, puis en 18()o soutint son examen médical au Collège de Breslau. Après avoir pratiqué la médecine pendant quelque temps à Fûrstenberg, il alla conlinuer ses études à Francfort-sur-l'Oder, où il se fitrecevoir docteur en 180G. Il s'établit à Sclimiedebcrg, en Silésie, en 1807, et y devint successivement conseiller de la ville, piésident du conseil municipal et membre de diverses commissions. Sa réputation médicale ne faisant que s'accroître, il fut nomme en 1821 médecin particulier du prince Guillaume de Prusse, frère du roi Frédéric- Guillaume 111, et en 1824 conseiller de la Cour de Prusse. Il mourut le 10 août 1852 des suites d'une chute de voiture. Nous citerons de lui :

I. Disscrtalio inaitguralis medica de hcrniis, maxime oscheocele, ejusguc adiiœrentis rrpositione. Franco!', ad Viadr., 180G, in-S". — II. Krankengescliichte cines Menschcn, deni rin fiiickemvirbel zerbroclien ii'ur. lu Mursinna Journal fiir Chirurgie. Bd. II, St. 3, p. 325, 1805. — III. Beobaclituiig cines inncrn Wasserkopfs mil deullichrr Entfallung des Gcliims. lu Hafcland's Journal dcr UeiUiunde. Bd. XXIY, St. I, p. 15 J, MW. L. ll.v.

IN'FYR.ic (Eau.x MiiNÉRALES de). Alheriiiales ou Injpolhermales, amelallites, bicarbonalées ferruqhieuses faibles, carboniques fortes, dans le département de l'Ardèche, dans l'arrondissement de Largentière, dans le canton de Thuyets, dans la commune de Meyras, à 14 kilomètres d'Aubenas, sur la rive droite de l'Ardèche, et à 4 kilomètres de Vais {voy. ce mot), dans un vallon en forme d'amphithéâtre, émergent, très-près les unes des autres, sept sources, outre de nombreux filels qui sortent des fissures du rocher de granit porphyroïde rose qui leur donne naissance, à la base de l'ancien volcan le Saint-Léger, dont le cratère, le Soulhol, rempli de scories, est à 2500 mètres de la source principale de Neyrac, connue sous le nom de source des Bains.

L'eau de la source des bains, sortie du rocher, traverse successivement une couche de terre végétale, un banc de tourbe de couleur jaunàlre et un lit de sable lin qui ne suflit pas pour rendre claire l'eau de Neyrac, devenue trouble en passant au travers de la tourbe indiquée au-dessus de l'humus qui recouvre le roc d'où elle émerge. Cette source est alimentée par deux griffons enchambrés en 1851 sous une grande caisse de châlaignier entourée de béton hydraulique, qui la rend parfaitement étanche, et de laquelle partent les tuyaux de plomb d'une pompe aspirante et foulante qui la fait arriver à la chaudière où on la chauffe. Son eau est très-gazeuse, aussi ses bouillonnements sont-ils entendus à une assez grande distance de sa fontaine Son débit est de 10 litres par minules ou 144,000 litres en 24 heures. Vue en masse, elle paraît trouble, et elle a mie couleur jaune clair; elle laisse déposer une couche notable d'un dépôt brun rougeàtre sur les parois de son bassin de captage, ou dans l'intérieur des conduits qui l'emportent dans le lit du ruisseau par lequel s'écoule son trop-plein. Sa saveur est manifestement acidulée et elle pique le nez quand on la boit. Sa température est

NEYUAC (Eaux minérales de). "t'jô

(le 27"^ centigrade ; les filets des autres so;irccs de ^eyrac varient depuis ce degré jusqu'à 14° centigrade. D'après l'analyse clinique que M. Jules Lefort a faite en 1867 de l'eau de la source des bains de Neyrac, 1000 grammes contiennent les principes suivants :

P.i( ailunaie lie <li;ui\ 0,781

sou.io 0,618

— magnésie 0,523

— potas^^e 0,129

— piotoxyile «le loi . .... 0,080

— inaiiganose traces.

Siliccj 0,152

Sulfate de souilc 0,025

Cliloiiire de sodium 0,012

l'ho>pli;ilfi de soucie 0,0)7

Ai>éniatede foude, ajuiiiino, matière orga-

nicjue Iraces.

ToiAi. dks ijATiKiits n.\hs 2,185

Gjz acide carlioniquii lilirc 2,187

C'est dans cette eau que 31. Mazade, pharmacien à Valence (Drùme), avait trouve' de l'acide tantalique, du tungstène, de l'ctain, de la glucine, du cériuni, de ryttria,du molybdène, de l'acide mcllitique, du nickel, du cobalt, du titane, et enfin du zircone. Le rapport que M. Lefort fut cbargé de faire à la Société d'hydrologie médicale de Paris, dans la séance du 6 avril 1857, sur la composition chimique de l'eau minérale de Neyrac (Ardèche), a montré sans réplique que les prétentions de M. Mazade s'appuyaient sur des erreurs ou de fausses interprétations d'analyse.

L'établissement contient quelques cabinets avec des baignoires assez inconfortables, mais suffisantes pour le petit nombre des malades de la contrée qui fréquentent la station de Neyrac. L'obscurité dans laquelle elle vit aujourd'hui n'existait pas du temps de l'occupation romaine, ainsi que le prouvent les débris d'une ancienne piscine alimentée alors par l'eau de la source des Lépreux, et les restes d'une vieille maladrerie. La source des bains a ses deux griffons dans une des parties de l'établissement ; c'est là que sont aussi le réservoir et l'appareil qui chauffe l'eau à la température des bains. Ce chaullage se fait dans une chaudière ouverte où l'eau minérale acquiert une chaleur de 70" à 80° centigrade. On se souvient du dépôt des eaux qui tapisse le bassin de captage et les tuvaux par lesquels elle s'écoule ; il existe surtout dans l'intérieur de la chaudière, où elles sont reçues. Cette propriété incrustante rend nécessaire, à la fin de chaque période thermale, un nettoyage complet du réservoir de cuivre, où l'eau de Neyrac est artiticiellement chauffée. C'est ce dépôt rougeâtre que l'on emploie en l'incorporant à l'axonge pour préparer la pommade de Neyrac, dont nous allons bientôt indiquer l'usage.

Mode d'administration et dose. L'eau de Neyrac s'administre en boisson, à la dose de trois à six et même huit verres le matin à jeun, et de demi-heure. en demi-heure. Elle s'emploie aussi en bains généraux, dont la durée varie de quarante-cinq minutes à une heure et demie. Les incrustations du récipient, où la température de l'eau est élevée, préalablement pulvérisées, constituent le principe actif de l'onguent de Neyrac.

Emploi tufrapeltioce. C'est dans la dyspepsie, surtout quand elle rocoiiiiaît pour cause l'anémie ou la chlorose, que convient à l'intérieur l'eau a'diermalo, alcaline, ferrugineuse, fortement carbonique, de Neyrac. (Quoique celte eau ne

71)4 NEYRAC (Eaux minérales de).

renferme aucun principe sulfuré ou sulfureux, elle n'eu a pas moins une grande réputation contre les affections de la peau. 11 est certain que les malades qui ingèrent l'eau de Neyrac, prennent des bains et font usage en friction de la pommade préparée avec les incrustations de la chaudière, retirent un bon résultat d'une cure à cette station, toutes les fois principalement qu'ils sont herpétiques, en même temps qu'affaiblis, et ont besoin d'être reconstitués par les principes toniques contenus dans ces eaux minérales.

La durée de la cure est de vingt-cinq à trente jours.

On exporte peu les eaux de Neyrac. A. Rotcreau.

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