‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 38 sur 90 · II.C*H^O* Âg.C^H · texte numérisé non relu

II.C*H^O* Âg.C^H

Acide acétique. Acétaie d'argent.

Si donc on retranche du poids moléculaire de l'acétate d'argent 167

l'équivalent de l'argent j^

En ajoutant à la différence ^"

l'équivalent de l'hydrogène \

on trouve pour le poids de l'équivalent d'acide acétique "^

Connaissant la composition de lacide acétique pour 100 parties, il nous sera facile de calculer cette composition pour 60 parties. Celle composition est la suivante :

Carbone 24

Hydrogène 4

Oxygène 32

En divisant chacun de ces éléments par son équivalent, on obtient

Pour le carbone -j- = C*

Pour l'hydrogène -r- = H*

Pour l'oxygène — = 0*

La notation de la formule de l'acide acétique est par conséquent déterminée.

COTATIONS CHIMIQUES. 391

La clélermiiKilioii de la formule de tous les acides monobasiques se fait de la même manière.

Quand on a déterminé, par des considérations dont nous n'avons pas à nous occuper ici, qu'un acide est bi ou polybasique, la notation de sa formule se fait encore par le même procédé; seulement, le poids moléculaire d'un acide bibasique est le poids de cet acide qui sature complètement une quantité d'oxyde d'argent qui renferme deux équivalents d'argent 2x108, un acide tribasique renferme trois fois cette quantité, etc.

ISotation des alcalis orçjaniques. Pour établir la formule d'un alcali organique, l'analyse élémentaire de cet alcali ne suffit pas; comme pour les acides organiques, la formule déduite de cette analyse peut être un multiple ou un sousmultiple de la formule véritable. Ici encore, il faut cliercber l'équivalent de l'alcaloïde pour en déduire la véritable formule.

Pour établir cet équivalent, on combine l'alcaloïde avec un acide dont la molécule soit connue, et l'on détermine la composition du sel produit. On clioisit souvent le chlorliydrate pour faire l'analyse. L'équivalent de l'alcaloïde est alors représenté par la quantité de cette base, qui est combinée avec un équivalent d'acide cblorhydrique =56,50. Quelquefois on peut déterminer cet équivalent d'une manière très-simple, en faisant passer du gaz cblorhydrique très-sec sur une quantité donnée de l'alcaloïde finement pulvérisé. L'augmentation de poids indique la quantité d'acide cblorhydrique absorbé, et, par conséquent, la composition du sel, et il sera facile de calculer l'équivalent de la base par rapport à l'équivalent de l'acide cblorhydrique.

Par exemple, la formule la plus simple de la strychnine déduite de l'analyse élémentaire est : C-4P^\zO-, formule qui correspond à 167 ; mais 56,50 ou un équivalent d'acide cblorhydrique exige pour sa saturation le double de ce poids 2x167 = 554 de stryclmine. La véritable formule de la strychnine est donc

Les sels les plus commodes pour ce genre de déterminations sont les chloroplatinates, c'est-à-dire les combinaisons des chlorhydrates des bases organiques avec le chlorure de platine PtCl-. Les cbloroplatinates donnent par la calcination un résidu de platine pur, dont le poids donne ensuite, par le calcul, l'équivalent de l'alcaloïde qu'ils renferment, un équivalent de platine correspondant généralement à un équivalent d'alcaloïde. Nous disons généralement, car un petit nombre d'alcaloïdes forment aussi des bicbloroplatinates, et dans ce cas, deux équivalents de platine correspondent à un équivalent d'alcaloïde ; il làut alors faire l'analyse d'autres sels du même alcaloïde pour être fixé sur sa composition moléculaire.

Quant aux composés organiques qui ne jouissent ni des propriétés acides, ni des propriétés basiques, il n'y a plus de règles générales pour fixer leur équivalent et leur formule. Les chimistes se laissent alors guider par des produits de décomposition et des métamorphoses auxquels la substance donne naissance sous l'influence des divers agents chimiques. Us choisissent, parmi toutes les formules multiples, celle qui permet d'exprimer de la manière la plus simple l'ensemble des réactions. Un exemple va suffire pour montrer les considérations qui ont guidé le chimiste dans l'élablissement de la formule.

L'indigo étant jusqu'à présent un corps sans analogue a [lour formule la plus simple C'^H^ AzO-. En traitant l'indigo par l'acide azotique, on fixe deux équivalents d'oxygène sur Pindisoet Ion obtient Pisatine C^^H^AzO*. L'isaline traitée

592 ^■OTO^ECTE.

par la potasse absorbe un équivalent d'eau et se transforme en acide isa tique qui reste combiné à la potasse.

Ci6H^\zO* + KOJIO = C'^H^\zO»,KO.

Mais comme l'acide isatique est un acide monobasique, dont l'équivalent et la composition sont déterminés par le sel de potasse môme qui a pris naissance, et que lacide isatique se rattache à l'indigo par des relations très-simples, on est fondé à croire que les formules précédentes, et non des multiples de ces formules, représentent les équivalents de l'indigo et de l'isatine. Lutz.

IV'0TE\CÉPIIALES (de vwto;, dos, et iyxiaxKo^, encépliaie). Genre de monstre exencéphalien, caractérisé par la situation de l'encépbale hors de la boîte crânienne, ouverte dans la région occipitale, sans fissure spinale {Vûy. ExE^cÉI'HALIEl^'s). D.

NOTOCOROE (corde dorsale). Mot hybride formé de vioxo;, dos et corde). Cet organe embryonnaire est la première trace visible du développement du rachis. 11 est constitué par un filament cylindrique, extrêmement ténu, grisâtre, occupant toute la longueur de l'embryon depuis sa partie cépbalique jusqu'à sa partie caudale, au-dessous de la ligne ou gouttière primitive. 11 se compose d'un axe de cellules nucléées polyédriques, et d'une gaùie transparente contenant une substance hyaline. Autour de la notocorde apparaissent les plaques protovertébrales pour former avec elle la colonne vertébrale membraneuse [Voy. FiBREOx, p. 49, et Rachis, p. 425). D.

XOTO^iÈLES (de vwToç, dos, et uilo^, membre). Monstres qui présentent un ou plusieurs membres insérés sur le dos. I).

XOTOXECTE (vùToç, dos, et v/j/.w, nager). Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, aquatiques, ou iiydrocorises. Ces animaux sont remarquables par la natation sur le dos, le ventre placé en haut, et ils peuvent piquer assez fortement.

Les caractères des Notonectes sont les suivants : corps allongé, voiité, velouté et frangé tout autour; tête transversale, arrondie, inclinée sur la poitrine ; yeux grands, allongés, pas d'ocelles; antennes de quatre petits articles ; hoc très-fort, long, formé de quatre articles, le premier plus gros et plus large, le troisième le plus long, les restants égaux entre eux. Prothorax transversal; écusson triangulaire, presque équilatéral, à peu près aussi grand à la base que le prolhorax. Élytres couvrant l'abdomen et tombant de chaque côté, un peu plus longues que lui; ailes aussi grandes que les élytres. Pattes grandes, les postérieures plus que les quatre autres , fortement frangées ; les quatre tarses antérieurs de trois articles munis de crochets terminaux , les tarses postérieurs longs , de deux articles sans crochets à l'extrémité, avec une longue frange de chaque côté.

Les Notonectes, répandues surtout dans l'ancien monde, sont peu nombreuses en espèces, la plus commune est la Notonecta glauca de Linné. Cette espèce présente un grand nombre de variétés; elle est jaunâtre avec l'écusson noir, les élytres sont variées de brun fauve et de noir, le dessous est noir, les

pattes d'un jaune un peu rougeàtre. La taille est d'environ un cenlimètre et demi.

La ISotonecte glauque, très-camassiore, ue vit que de proie. Les insectes piqués par elle meurent vite à cause de l'humeur venimeuse qu'elle inocule, elle altatiue les individus de sa propre espèce et les fait périr. La piqûre que j'ai ressentie, pour avoir sans ménagement manié des Notonectes sans prendre garde à leur bec très-mobile, est douloureuse, mais sans danger.

Les Notonectes accouplées sont placées l'une à côlé de l'autre, le mâle plus bas que la femelle. Les œufs sont blancs et allongés, att.icliés aux tiges et aux feuilles aquatiijues. Les œufs éclosent au printemps et les jeunes nagent comme leur mère, sur le dos et le ventre en haut. [Voyez Nèpe et Hémiptères.)

A. LAlîOL"iBÈ>E.

KOTKE-DAnE (MicHELDe). Voij. NoSTRADAMUS.

RîOTT (Johk), médecin anglais de mérite, naquit à Worcester le 2-i décembre 1751. Il prit part, en qualité de chirurgien de vaisseau, à un voyage en Chine, de 1785 à 1786, puis alla s'établir à Bristol, où il fut médecin de bains pendant im grand nombre d'années. Il mourut dans cette résidence en novembre 1825. Parmi ses nombreux travaux, nous citerons :

I. A Tiealise on the Hol Well Waters near Bristol. London, 1793, in-8°. — II. A Chemical Dissertation on l/ie Thermal Walers of Pisa, and on the Neig/ibouring Acidiilous Spring of Asciano; ivith an Historicnl Sketch of Pisa and a Meleorogical Account of its U'eather. To which are added Anahjlical Papers respecling the Sulphureus Water of Yoerdttn. London, 1793, in-8°. — III. A Pathologie [Posologie?) Companion to the London Pharmacopœla- London, 1793, in-l2. Edit. 3. Ibid., 1811, in-18. — IV. On the lu/luenza, as il prevailed in Bristol and its Vicinitij during Spring 1803. Bristol, 1803, in-S". — V. ^oU a, en outre, publié diverses pièces littéraires. L. Hx.

MOUE T (en latin Nodiilus). Linge en forme de sac, dans lequel on a enfermé, au moyen d'une ligature, une ou plusieurs substances médicamenteuses, qu'on veut faire macérer ou bouillir dans un liquide, sans qu'elles puissent s'y répandre. Le nodulns ])orlall aussi autrefois le nom de /nars/z/^to/um, par analogie avec la poche des marsupiaux. D.

IV'OUBRICE [nutrix). il ne sera ijuestion ici que de la nourrice et non du nourrisson, auquel un article spécial est consacré immédiatement après celui-ci. Si les questions qui se rapportent à la nourrice et ci lies qui concernent le nourrisson sont souvent connexes, elles olfrent aussi des points d-i vue distincts qu'il importait de ne pas confondre, et, pour ainsi dire, de ne pas noyer dans un travail d'ensemble.

Les soins à donner à l'enflint nouveau-né sont exposés au mot Noiveau-.né. Quant à la question de l'allaitement, elle a été traitée en son lieu.

On appelle nourrice à gage la femme qui allaite un enfant étranger dans le but de gagner de l'argent. Je m'occuperai surtout d'elle.

La question de l'allaitement est toujours restée la même au fond dès la plus haute antiquité, et les préceptes des maîtres anciens tels que A. Paré, Mauriceau, etc., sont ceux qui régnent aujourd hui. De tout temps, on a vanté l'allailement maternel et condamné l'allaitement mercenaire. Un coup d'œil historique nous en donnera la preuve.

« La nature même, dit Plutarque, nous montre que les mères sont tenues

d'allaiter et nourrir elles-mêmes ce qu'elles ont enfanté : car à cette fin elle a donné à toute sorte de bête qui fait des petits la nourriture du lait. »

Aulu-Gelle réprouve cette demi-maternité qui consiste à donner le jour à son enfant et à le rejeter aussitôt loin de soi. « Les nourrices esclaves et mercenaires, dit Tacite, sont une grande décadence dans les mœurs. Les Romaines d'autrefois nourrissaient leurs enfants. »

Chez les Hébreux, l'allaitement maternel était un devoir sacré.

Dans la religion catholique, tous les Pères de rÉglise font de l'allaitement maternel une loi à laquelle les femmes ne peuvent se soustraire sans commettre une faute, à moins d'une nécessité absolue.

Ainsi, à toutes les époques, la religion, l'intérêt social et l'inlérèt bien entendu des mères elles-mêmes, ont été opposés à l'industrie des nourrices. Aujourd'hui, nous possédons un argument de plus que les générations qui nous ont précédés. Il nous est fourni par la statistique qui démontre que l'allaitement maternel donne une mortalité moindre que l'allaitement par la nourrice étrangère.

La profession de nourrice était peu estimée par les anciens, qui la considéraient comme une sorte de prostitution. Non-seulement une mère n'aurait pas consenti volontairement à se séparer de son enfant, mais la femme qui se serait chargée de l'allaiter à sa place aurait été notée d'infamie et condamnée à l'amende. Démostlièiie raconte que de son temps une Athénienne fut accusée d'avoir ainsi nourri l'enfant d'une autre femme, et qu'elle ne put échapper à la punition de ce délit qu'en faisant connaître quel profond degré de misère l'avait forcé de le commettre.

Lorsque la corruption envahit les peuples, les nourrices furent choisies parmi les esclaves. Le métier de nourrice était mal vu au moyen âge; mais peu à peu, il devint d'une nécessité tellement générale que la réprobation dont il était l'objet finit par s'atténuer progressivement. Soit relâchement des mœurs, soit faiblesse plus grande, il n'y eut plus rien de déshonorant à ne pas nourrir sou enfant, même sans nécessité.

A un degré moindre que de nos jours, il y a eu de tout temps des mères qui n'ont pu allaiter l'enfant qu'elles venaient de mettre au monde, ou qui ne l'ont pas voulu. Il a donc fallu trouver des femmes disposées à trafiquer de leur lait et à l'échanger contre de l'argent. Les impérieux besoins de la nécessité pouvaient seuls imposer la nourrice et justifier dans une certaine limite une semblable promiscuité qui n'est pas dans le vœu de la nature. Le médecin est fréquemment obligé de la subir et de l'exiger même lorsqu'il est en présence d'un nouveau-né qui souffre d'une alimentation insuffisante et d'une jeune mèi^e qui s'obstine à nourrir malgré une santé débile et des mamelles vides.

Quoi qu'il en soit, l'industrie nourricière a des conséquences déplorables de plusieurs sortes ; elle augmente la mortalité des enfants {voir article Mortamté), l'enfant de la nourrice ahmenté dans des conditions mauvaises meurt dans une proportion très-forte; le nourrisson lui-même, qui n'est plus constamment sous l'œil vigilant de la mère, a plus de chance de succomber. Elle a souvent une influence fâcheuse sur la nourrice qui prend des habitudes de luxe, de gourmandise, de paiessc et de débauche, et qui préfère continuer ce mode d'existence plutôt que de mener une vie laborieuse sous le toit conjugal. En même temps, le mari devient oisif et vicieux. Il y a donc relâchement des liens de famille; affection moindre de la mère pour le nourrisson et de la nourrice pour

son enfant. De plus, un certain nombre de filles font la spéculation de devenir enceintes pour gagner une dot en se plaçant comme nourrices.

L'industrie nourricière est donc nuisible à l'état physique et moral des populations.

Bureaux de ^"ouRRICEs. Ils sont les intermédiaires entre les parents qui ont un nouveau-né que la mère ne peut allaiter et une nourrice a gages.

Dans les campagnes, ces bureaux n'ont pas leur raison d'être ; tout le monde se connaît et la mère trouve facilement dans le voisinage une nourrice qui se charge de son enfant. Ils ont une véritable importance dans les grandes villes où ils existent exclusivement. Leur histoire est curieuse.

Vers le milieu du quatorzième siècle, il y avait à Paris des femmes qui sous le nom de recommaudaresses recrutaient des nourrices en province, les faisaient venir à Paris oiî elles les logeaient et les recommandaient aux familles qui avaient des nouveau-nés à leur confier.

Des voituriers étaient chargés des rapports des parents avec les nourrices. Une ordonnance du roi Jean, 1530, fixe la rémunération des recommandaresses, des nourrices, etc.

En 1615, une ordonnance de Louis XIII apprend qu'il y avait à Paris seulement quatre recommandaresses autorisées.

En 1769, à la suite d'abus, l'administration intervint par la fondation du bureau de la rue Sainte-Apolline et la création de médecins inspecteurs. Au début de la première république, il était dans les attributions de la police. En l'an IX, il a été placé définitivement sous la direction du conseil général des hospices.

En 1842, on a confié à ce bureau la surveillance des enfants nés dans les hôpitaux. M. de Nervaux, directeur de l'Assistance publique, en a publié la statistique en février 1875, et il dit que malgré les soins de l'administration, la mortalité varie entre 12 et 45 pour 100. En conséquence, il dem;mde la suppression de ce bureau. La suppression a été faite.

Ce bureau était autrefois un progrès et un bienfait pour son temps; mais dès que l'industrie privée lui a fait concurrence, il n'a pu continuer à vivre.

A l'hôpital de la Charité di; Lyon, un bureau semblable existait depuis un gi'and nombre d'années ; il était ouvert au public en même temps que destiné aux pupilles de l'hospice.

Frappée justement des inconvénients de ce service, l'administration hospitalière avait exigé depuis quinze ans qu'il fût exclusivement consacré aux enfants assistés. Cette décision toute volontaire a donc précédé celle que la force des choses a imposée à Paris.

Maintenant les bureaux de nourrices sont entre les mains de l'industrie privée régie par des règlements préfectoraux. Il y a douze bureaux à Paris.

II y en a quatre à Lyon.

De sorte que cette question des nourrices paraît destinée à toujours suivre le même cercle vicieux, et qu'elle est, après bien des péripéties, arrivée exactement au point où elle était en 1550 du temps du roi Jean.

Eu Angleterre, il n'existe pas de nourrices mercenaires et par conséquent point de bureaux de nourrices, ni de règlements ; les mères qui n'allaitent point préfèrent en général le biberon, et dans les cas où une nourrice est indispensable, on la fiiit venir de France

On se plaint que l'industrie nourricière ne se peifectionne pas au milieu du progrès général; ce fait incontestable s'explique par plusieurs causes; la principale, c'est qu'il y a là un trafic, non pas honteux, mais néanmoins en dcliors des lois naturelles qui veulent que la mère nourrisse son enfant. De plus, ce métier inférieur est exercé en général par des nourrices d'une valeur secondaire.

Béylementation des bureaux de nourrices et de linduslrie nourricière. L'état défectueux dans lequel se trouvaient certains bureaux de nourrices exigeait une réglementation. D'autre part, le commerce de nourrices (|ui se fait en dehors des bureaux est parfois une véritable exploitation et a besoin de surveillance.

Les bureaux sont régis par des règlements préfectoraux bien suffisants, à condition d'être scrupuleusement exécutés; d'autre part, la loi Roussel vise toutes les nourrices mercenaires.

On a supprimé le trafic des meneurs et des meneuses, source de nombreux abus. M. Boissa, directeur du principal bureau de Lyon, a l'éalisé un progrès en faisant payer à domicile par ses agents.

Les sociétés protectrices de l'enfance ont étendu à beaucoup de pupilles des bureaux leur bienfaisante autorité; néanmoins il y encore des progrès à réaliser.

Barrier a proposé d'obliger les nourrices à avoir un livret contenant des renseignements du maire et du médecin; on y résumerait aussi l'histoire de son allaitement.

Suivant M. Gibert, de Marseille, il faut absolument surveiller la nourrice au lieu de sa naissance, de môme que l'enfant; c'est la base du répertoire communal qu'il propose, c'est là une excellente idée. Dans la mairie de la commune où elle est née, une nourrice aura toujours un casier où seront consignés tous les faits relativement aux allaitements successifs qu'elle aura accomplis. Ces renseignements seront très-utiles aux parents. C'est très-important pour la nourrice qui n'est pas stable. Le lieu de la naissance est fixe, ne peut changer et devient une base régulière pour les documents administratifs.

Lorsqu'une nourrice n'aurait pas fait son devoir, 31. Boissa propose de lui interdire un autre allaitement pendant une période de trois à cinq ans et d'afficher cette prohibition dans toutes les communes du canton qu'elle habite.

L'enfint du pauvre, dit L. Lefort, a droit à la vie comme l'enfant du riche; il a droit à la protection des lois ; car il est aussi utile au moins à la richesse nationale que celui auquel sa mère le sacrifie. Aucune femme ne devrait être admise comme nourrice sans un certificat de l'autorité communale attestunt que son enfant est mort ou a dépassé l'âge de neuf mois.

Avec une semblable réglementation, le nombre des nourrices diminuera, etil j aura une mortalité moindre. Mortalité moindre des enfants que leurs mères allaiteront, ne pouvant faire autrement, comme pendant le siège de Paris ; mortalité moindre des enfants des nourrices qui, de cette façon, ne seraient pas sevrés prématurément.

Chapitre l^^ Physiologie de la nourrice. L'allaitement est une fonction qui imprime à tout l'organisme de la femme une modalité spéciale ; ce n'est plus l'état puerpéral qui a pris fin avec l'involution utérine ; mais c'est un état qui lui succède, qui mérite un nom, et qu'on pourrait appeler lacléal.

Sans prendre une importance aussi grande que la grossesse, l'allaitement occupe une place considérable dans l'organisme féminin. La déperdition du lait atteint près d'un litre par jour, quand l'enfant est vigoureux ; aucune sécrétion

n'est aussi abondante. Le corps tout entier est impressionné par celte nouvelle fonction. L'appétit devient meilleur, la digestion plus active, la soif plus impérieuse, le sommeil plus facile. L'activité vitale se porte principalement du côté des seins, et les ovaires sont dans le repos. Ils cessent de mûrir les vésicules de Graaf, et l'utérus n'est plus le siège de la congestion menstruelle; tous ces phénomènes organiques méritent une étude attentive et approfondie ; peu à peu la constitution tout entière s'adapte à cette fonction prédominante, et si elle vient à être brusquement supprimée, des troubles multiples peuvent se produire.

Variétés de nourrices. L'allaitement maternel est l'allaitement type ; il réalise les meilleures conditions au point de vue de la nourrice et du nourrisson. La mère en donnant à l'enfant sa propre substance continue l'œuvre commencée pendant la vie intra-utérine ; et non-seulement elle lui donne son lait, mais encore elle lui donne à chaque instant le témoignage de son affection en l'entourant de soins et de précautions.

Parmi les nourrices mercenaires, il y a les femmes mariées et les filles mères. Celles-ci sont inférieures au point de vue moral. On peut les choisir quand elles n'ont commis qu'une seule faute et qu'elles n'ont pas vécu dans le libertinage; elles ont alors les avantages suivants : elles ne sont pas dérangées par les exigences d'un mari ; elles ont peu de préoccupations de famille ; elles demandent un prix moins élevé ; elles ont moins d'indépendance de caractère ; entin, après le sevrage, beaucoup d'entre elles restent volontiers dans les familles.

Les femmes mariées donnent plus de garanties au point de vue de la moralité. Mais elles sont plus difficiles à conduire.

Le meilleur moyen de trouver sûrement une bonne nourrice est de la chercher dans une campagne où l'on a des relations ; où il est facile de s'assurer de sa moralité, de sa santé et de quelle manière elle a élevé ses enfants. C'est dans cette catégorie qu'on rencontre le plus sûrement les nourrices de première qualité.

Si l'on ne possède pas des relations suffisamment étendues pour trouver de la sorte une bonne nourrice, il faut s'adresser à un bureau.

Les nourrices allaitent les enfants dans le domicile des parents ou dans le

leur. De là, cette division de nourrices à domicile et nourrices à la campagne.

L'allaitement dans le domicile de lanière, sous son œil vigilant, est préférable.

Cependant, le séjour à la campagne, à cause du bon air, présente bien certains

avantages pour la santé de la nourrice et du nourrisson.

§ 1. Caractères d'une bonne nourrice. Les conditions requises pour faire une bonne nourrice sont nombreuses. Nous examinerons A le pays qu'elles habitent; B leur état de primiparité ou de multiparité ; de filles ou de femmes mariées; C l'âge; D le tempérament," la couleur des cheveux ; E la santé; F le sexe de l'enfant; G nous ferons l'examen de la nourrice; H l'examen du nourrisson ; I et nous dirons un mot des fraudes des nourrices.

Il est difficile de voir réaliser toutes les bonnes conditions voulues, d'autant plus que le médecin a souvent à lutter contre les préjugés des familles.

« La plupart des mères se font souvent des idées fausses, dit M. Donné; elles attachent souvent plus de prix aux qualités accessoires qu'aux (|ualités importantes et essentielles. Le choix d'une nourrice est pour beaucoup d'entre elles une affaire de goût, et les apparences extérieures l'emportent fréquemment sur le fond même. On se laisse volontiers séduire par la bonne mine, par une phv-

sionomie agréable, par le costume même, et il n'est pas rare qu'un beau bonnet normand ait décidé du choix en pareil cas. »

Sans doute, la nourrice doit être agréable, afin de ne pas devenir un sujet d'antipathie dans la maison; mais la mère qui a une affection réelle pour sou enfant mettra en première ligne les qualités irréprochables de la constitution et (lu lait ; le médeciu devra, du reste, l'aider de ses conseils pour lui faire distinguer les qualités essentielles de celles qui n'ont qu'une importance secondaire.

A. Pays. La France est à peu près la seule contrée où l'industrie des nourrices soit organisée. Chez tous les autres peuples, l'allaitement maternel est la règle, même dans les classes élevées. Ce fait, soit dit en passant, ne prouve pas la vigueur de notre race, ni sa moralité. En Angleterre, quand une mère est dans l'impossibilité bien avérée de nourrir son enfant, elle l'élève au biberon ou fait venir une nourrice de France; bien rarement elle aura recours à une nourrice anglaise. Eu Suède, en Aorwége et même en Italie les mères nourrissent également leurs enfants. En Piémont, les femmes qui veulent se placer comme nourrices viennent en France, où elles trouvent des gages beaucoup plus élevés. Le prix des nourrices sur lieux varie en France de 50 à 80 francs, tandis qu'à Turin, une bonne nourrice ne gagne pas plus de 30 francs par mois.

il y a en France des départements qui ont le privilège de fournir des nourrices. Malheureusement, ce sont les plus pauvres, ceux où la population n'est pas d'un sang très-beau. Ce sont des montagnes où régnent la scrofule et le goitre comme en Savoie, dans l'Ardèche et dans quelques vallées des Pyrénées ; ce sont des plaines peu fertiles où se dégagent des eflluves paludéennes comme dans la Nièvre. Les contrées riches produisent peu de nourrices. Les femmes trouvent plus d'avantage à travailler chez elles qu'à allaiter des nourrissons étrangers.

Quelques départements ont la spécialité des nourrissons; tous ceux qui entoment Paris sont dans ce cas, aussi sont-ils fortement teintés en noir dans le premier tableau de la dérhographie de M. Bertillon, ce qui accuse une grande mortalité enfantine. Ce sont la Marne, Seine-et-Oise, l'Eure-et-Loire. Il en est de même de l'Ardèche, qui reçoit les enfants de Lyon et de Marseille. La Savoie et l'Isère reçoivent également beaucoup de nourrissons. Montpellier recrute ses nourrices dans le Tarn et l'Aveyron ; Bordeaux et Toulouse, dans les Pyrénées; Marseille, dans les Hautes-Alpes. Les arrivages de nourrices se font souvent d'une manière intermittente: c'est une question de saisons et de récoltes. Ainsi dans les moments de grande neige, il y a pénurie ; de même au moment des foins, de la moisson et des blés noirs. J'ai remarqué qu'il n'en était pas de même au moment de la vendange, car les pays vignobles ne fournissent pas de nourrice>.

Les villes ne sont pas destinées à produire des nourrices. Dans les villes, les femmes douées d'intelligence et de santé trouvent facilement des moyens d'existence suffisants. Celles qui se présentent comme nourrices sont des filles tombées dans l'inconduite ou des femmes en mésintelligence avec leur mari.

Généralement elles sont dénuées de fraîcheur et portent les traces de souffrances physiques ou morales; elles ne peuvent être mises en parallèle avec ces robustes femmes de la campagne qui ont constamment vécu au grand air et qui considèrent l'allaitement d'un nourrisson comme une occupation ordinaire, où elles trouveront agrément et profit.

B. Priimparité. Les médecins et les mères s'accordent généralement à préférer les nourrices multipares. Les primipares n'ont pas encore d'expérience pour manier et soigner les enfants ; les multipares donnent plus de garanties pour la durée et la quantité de leur lait ; si une femme a nourri plusieurs fois avec succès, elle a fait ses preuves et l'on a moins d'incertitude relativement à la façon dont elle mènera à fin un allaitement nouveau; en outre, on peut prendre des renseignements sur son caractère, son intelligence et le zèle qu'elle mettra à soigner l'enfant qui lui sera confié.

C. Age. Une nourrice de vingt-cinq à trente ans est en général préférable. Avant, la femme a besoin de garder, de retenir pour elle ; sa résistance est moindre en présence des fatigues de l'allaitement; son lait se tarit plus l'acilement sous l'influence des émotions, du changement d'habitudes et de causes parfois légères. Après quarante ans, une nourrice possède rarement une vigueur suffisante et un lait abondant. A trente-cinq ans même, certaines femmes de la campagne sont vieilles, leurs traits sont flétris et ridés, et quels que soient leurs états de service, il ne faut pas les prendre.

D. Tempérament. Couleur des cheveux. Déjà du temps d'A. Paré , les femmes blondes étaient considérées comme des nourrices inférieures. Il y a de l'exagération dans cette opinion acceptée d'une façon absolue ; certaines femmes blondes sont douées d'une excellente constitution, sont très-vigoureuses et résistent parfaitement à la fatigue. Mais il faut bien l'avouer, dans notre région la couleur blonde est un fréquent attribut du tempérament IjTnphatique qui louche de bien près à la scrofule, et la forte réprobation excitée par ce vice constitutionnel fait préférer les femmes brunes, qui sont habituellement plus vigoureuses.

On repousse généralement les femmes ro\isses dont la sécrétion cutanée possède une odeur pénétrante et désagréable et qui ont, d'après Désormeaux, un lait trop séreux.

L'embonpoint n'est pas nécessaire à une bonne nourrice; on voit des femmes maigres avoir beaucoup de lait ; tandis que certaines femmes grasses en ont peu. En arrivant de la campagne à la ville, les nourrices ont souvent du lait en abondance malgré une maigreur prononcée ; sous l'influence du régime confortable de la maison bourgeoise où elles entrent, elles engraissent rapidement et perdent leur lait.

E. Santé. Une bonne santé est indispensable <à une nourrice. Parmi les caractères qui la dénotent, je place en première ligne l'énergie physique et morale. 11 est des femmes douées de belles apparences et qui sont incapables de supporter la moindre fatigue physique et la plus petite peine morale. Ces femmeslà ne sont point faites pour être nourrices. D'autres, au contraire, sous une apparence délicate cachent une vigueur remarquable.

La fraîcheur du coloris et la fermeté des chairs sont un indice de bonne santé. Toutefois, il est un certain nombre de femmes qui, momentanément éprouvées par l'accouchement et les fatigues de l'allaitement dans des conditions pénibles, ont les traits fatigués; quelques jours de repos et une bonne alimentation suffisent pour leur rendre leur fraîcheur.

D'autre part, on voit de jeunes nourrices qui ont de l'embonpoint et de la fraîcheur, et qui sont des nourrices médiocres ; elles ont plus d'apparence que de fond.

F. Sexe de V enfant. A. Paré, Mauriceau et tous le? rocoucheurs de leur

iOO NOURRICES.

époque attacliaiciit de rimportance au sexe de rcnfant de la nourrice. Un certain nombre le voulurent analogue à celui du nourrisson, et c'e'tait souvent un motil" de choix ou d'exclusion. Ils appuyaient leur opinion surtout sur des considéralions théoriques et l'observation moderne n'est point venue confirmer leuis hypothèses; d'autres préféraient le sexe masculin. La couturiic, dit Mauriceau, est de préférer une nourrice accouchée d'un garçon. Toutefois, pour nourrir une fille, il choisirait une femme accouchée d'une fille.

G. Examen de la nourrice. Il doit porter sur les seins, le lait, la bouche, la peau, les organes génitaux, les organes internes et le caractère.

1" Seins. On peut rencontrer d'excellentes nourrices avec des seins de toutes les formes et de toutes les dimensions; cependant, on préfère avec raison ceux qui sont d'une grosseur moyenne. Le tissu adipeux qui envahit les seins trèsvolumineux diminue souvent la sécrétion lactée en atrophiant la glande mammaire. Si l'organe est petit, dur, dépourvu d'élasticité, il n'est pas disposé à la lactation.

Cazeaux, avec beaucoup d'autres accoucheurs, a insisté sur le développement des veines à la surface des seins, surtout au moment de l'allaitement. Il en fait un signe excellent.

Le mamelon doit être d'une dimension moyenne; s'il est trop gros, le nouveau-né a de la peine à le saisir Jî cause de la petilesse de sa bouche ; s'il est trop petit, il lui échappe ; s'il est trop long, il titille le voile du palais et détermine des envies de vomir.

On rejettera une nourrice qui n'a du lait que d'un seul côté; la quantité du liquide est moindre et les chances de le perdre sont plus grandes.

Uii sein borgne Qsl une mauvaise condition pour un début d'allaitement auquel il apporte souvent un obstacle insurmontable ; car il faut à l'enfant une grande énergie de succion pour donner au mamelon sa longueur nécessaire ; la rétraction du tissu élastique de l'organe ne peut être vaincue par un enfant trop faible qui s'épui>e en efforts infructueux et qui dépérit alors rapidement. Il en est de même si l'aréole est trop rigide et dépourvue d'élasticité.

Les crevasses du sein doivent donner des doutes sur les aptitudes d'une femme à nourrir convenablement un enfant. Il y a souvent une relation entre cet accident et la pauvreté du lait.

Le mamelon doit être crectile et facilement perméable au lait.

Il y a de grandes différences entre les seins pour la facilité avec laquelle ils cèdent leur lait. Les uns exigent une succion énergique, et pour que l'enfant puisse téter, il lui faut de la vigueur et une bouche eu très-bon état ; pour peu que la bouche soit excoriée ou envahie par le blanchet, l'allaitement est impossible ou douloureux. L'enfant affamé se précipite sur le sein, fait quelques efforts de succion, puis se rejette en arrière en poussant des cris de douleur. Les autres perdent leur lait trop facilement quand l'enfant tète ; il coule si abondamment que la respiration en est gênée. En dehors de la tetée, il jailht parfois de la mamelle ou coule goutte à goutte d'une façon continue. Les seins les mieux disposés pour l'allaitement tiennent le milieu entre ces deux variétés.

2° Lait. Quantité. Pour l'apprécier, le médecin saisira le mamelon à sa base et le pressera entre deux doigts. Une pression légère suffit pour faire jaillir à distance le liquide quand les conduits galactophores sont abondamment goro^és. Le mamelon doit lui donner issue par cinq ou six ouvertures.

Quelques nourrices ont peu de lait en réserve, mais la sécrétion se fait rapide-

ment au moment de l'allaitement, et elles suffisent largement à leur nourrisson. Ces deux conditions bien différentes démontrent que l'examen du sein ne suffit pas toujours; le véritable moyen de s'assurer de la quantité de lait est de faire teter l'enfarit et d'examiner le sein immédiatement après ; on voit alors si le lait est complètement tari ou s'il en reste encore en réserve.

Si la pression du mamelon ne fait point sortir de lait, ni avant, ni pendant, ni après une tetée, ou que la quantité en soit insignifiante la nourrice sera considérée comme impropre à l'allaitement.

Pour avoir un beau nourrisson, bien portant, la meilleure condition c'est une nourrice ayant beaucoup de lait et du bon lait. Donné a insisté sur la coïncidence de la diarrliée et du muguet avec la pauvreté du lait des nourrices.

Bouchaud (1866), a donné des chiffres très-précis sur la quantité de lait absorbée par les enfants pendant les premiers mois de leur existence {Voy. Allaitement). Pendant les quatre premiers jours de la vie, chaque tetée est successivement de 3, 15, 40 et 55 grammes.

Par des pesées attentives on peut se rendre compte, au bout de quelques jours, si la nourrice peut suffire à l'alimentation de l'enfant qui lui est confié, et on a aussi de cette façon des renseignements exacts sur le poids progressif de l'enfant et sur le Jait qu'il prend chaque fois qu'il tète. C'est le vrai moyen d'apprécier exactement la quantité de lait.

Une nourrice qui n'a plus de lait est-elle capable d'en reprendre? En théorie on peut répondre par l'affirmative. II y a eu de nombreux et singuliers exemples d'allaitements dans la science. Une grand'mère, dit-on, qui n'avait pas eu de grossesse depuis longtemps a pu nourrir son petit-fils ; une jeune fille de seize ans son petit frère ; enfin un père a allaité son enfant. Mais on ne doit pas se baser sur des faits exceptionnels pour le choix d'une nourrice, et toute femme qui n'a pas de lait doit être laissée de côté.

Dans la pratique on voit rarement, en effet, ime sécrétion tarie redevenir abondante. Il est malheureusement plus fréquent de voir des nourrices ayant primitivement beaucoup de lait, le perdre peu à peu ou rapidement.

Un nourrisson plus jeune renouvelle-t-il le lait? L'analyse chimique n'est pas en mesure de répondre à cette question. Voici ce que l'observation a appris : Une nourrice bien portante quitte brusquement son enfant vigoureux âgé de six mois qui tétait 900 grammes de lait par jour, pour prendre un nourrisson qui n'en tète plus que 100 grammes ; ses seins se tuméfient et s'engoi'gent comme dans une véritable fièvre dé lait ; le lait en séjournant devient moins dense ; mais peu à peu la quantité de sécrétion diminue en se réglant sur la succion de l'eiifant. Si, au contraire, le nouveau nourrisson est plus fort et doué d'un appétit meilleur, ses efforts excitent l'activité de la glande et le lait devient plus abondant.

Qualité. Le lait qui séjourne dans le sein devient aqueux et s'éclaircit. Tous les praticiens connaissent ce fait qui est précisément l'inverse de ce qu'on observe dans toutes les autres sécrétions dont le produit est d'autant plus épais et concentré qu'il a séjourné plus longtemps dans ses réservoirs naturels. Les recherches de Péligot ont scientifiquement démontré cette différence. Il faut donc en tenir compte dans l'examen d'une nourrice. Si le lait est clair et séreux, au début il faut faire teter ou le tirer, et s'il conserve la même consistance c'est une mauvaise condition.

Faut-il goûter le lait? C'est un mode d'exploration désagréable ; mais il est

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des circonstances où l'on doit s'y soumettre. Beaucoup de médecins le pratiquent re'gulièrement, et beaucoup de clients ne manquent jamais d'apporter une cuillère pour faire procéder à cet examen. Il est de la dignité du médecin de ne pas s'y prêter trop aisément. Que diraient les clients si leur médecin allait successivement, pour fixer son choix, goûter du lait de 5 ou 6 nourrices qui lui sout présentées simultanément. Le bon lait de femme est sucré et a une saveur agréable. Si donc en le goûtant on ne trouve pas ce double caractère, s'il est amer ou sans saveur on doit le considérer comme de mauvaise qualité.

L'examen microscopique permettra aussi d'apprécier la richesse du lait en globules. M. Bouchut {Gaz. des Ilôp., 1878), recommande l'emploi du compteglobules.

Voici comment il procède : Une goutte de lait recueilhe est mélangée à cent gouttes d'eau salée au centième. Une goutte du mélange est déposée au centre d'une cellule ne présentant qu'un dixième de millimètre de hauteur. On recouvre d'une lamelle avec les précautions usitées en pareil cas. On met au point avec le microscope muni de son oculaire, qui renferme un carré ayant, comme celui de M. Ilayem, { de millimètre de côté. On a donc sous les yeux un volume mesuré par une surface de l de millimètre de côté et dont la hauteur est celle de la cellule Yû, c'est-à-dire V =: -j^f X 1 X J= âiô d*^ millimètre cube. On compte les globules dans trois ou quatre points de la préparation et on prend la moyenne. Soit M le nombre moyen trouvé ; quel est le nombre x par millimètre cube ? Le nombre M correspondant à jjq de millimètre cube et le mélange étant au 100°, x . = M X 250 X 100.

Le poids spécifique des globules n'est ])as le même pour tous ; les plus gros montent à la surlace, les plus petits reslcnt au dessous. M. Bouchut conseille de compter d'abord les gros globules, puis les petits. Mais comme les petits ou globulins sont trois fois moins volumineux, il faut diviser leur nombre par 3 et ajouter le quotient au chiffre des gros.

M. Bouchut est arrivé ainsi, après examen décent cinquante-huit nourrices, à fixer la moyenne des globules d'un bon lait à 1 026 000 par millimètre cube, soit deux cent milliards six cent millions par litre ; mais entre 800 000 et 1 000 000, le lait est bon.

Il a constaté en outre que le poids du beurre et la densité du lait sont proportionnels à sa richesse en globules.

Citons seulement les analyses suivantes :

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