TENDANT
LA GROSSESSE
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DATE
DE L'ACSCnLIATIOh'
APRÈS
LA NAISSA-NCE.
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22 janvier 29 janvier 10 février
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2850 14 février
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11 nous apprend que la moyenne des doubles battements du cœur fœtal, avant la naissance et le travail, a été de 142, et que la moyenne, immédiatement ou peu après la naissance, a été de loO, comme dans le tableau qui se rapporte aux garçons >
Pendant la grossesse, le maximum a été de 200 et le minimum de 120. Après la naissance, le maximum a été de 160 et le minimum de 108.
On s'est beaucoup occupé, depuis quelques années, des battements du cœurdu fœtus au point de vue du diagnostic de son sexe. Quelques-uns ont pensé qu'ils étaient plus fréquents cbez les filles, et qu'à l'aide de ce caractère on pouvait distinguer les filles des garçons. Dans une note présentée à l'Académie de médecine, le 8 février 1876, par.^I. le docteur Lajoux, la prétention de prédire le sexe de l'enfant est de nouveau formulée; et l'auteur se croit même en mesure de distinguer les enfants forts de ceux qui sont faibles. Voici ses conclusions : a Les bruits du cœur du fœtus mâle sont plus forts, plus lents, plus réo^uliers que ceux du fœtus femelle. » Mais les faits qu'il possède sont encore peu nombreux et on peut admettre qu'il a été favorisé par le hasard. D'ailleurs, en le suivant dans les considérations théoriques qu'il met en avant, on se demande s'il ne s'est pas laissé entraîner bien plus par elles que par des observations concluantes. Quant à moi, j'ai cherché bien souvent à savoir ce qu'il y avait de vrai dans une pareille doctrine, et je déclare que je suis resté dans l'incrédulité la plus complète. On ne saurait m'opposer les résultats qui découlent des faits que contiennent les deux tableaux qui précèdent. Sur 41 garçons ausculté.-: DICT. E.\c. 2' s. XIII, 51
pendant la grossesse, la moyenne des doubles [lulsations a été de fait de 159, et de 142 pour les filles, qui étaient au nombre de 29. Qui oserait fonder une théorie sur une différence aussi minime? Il faudrait oublier combien de causes momentanées peuvent faire varier les doubles battements du cœur pendant la grossesse et le travail. Mais je m'écarterais de mon sujet si je m'étendais plus longtemps sur cette question.
Respiration du nouveau-né. J'aurais pu confondre dans la même description le cri et la respiration, puisque l'un est inséparable de l'autre. Cependant il m'a paru que cette dernière fonction, sans laquelle il n'y a pas de vie extrautérine définitive possible comportait des développements particuliers.
A toutes les époques, on a recherché sous quelle influence s'établissait la pre mière respiration aussitôt que le fœtus avait quitté la cavité utérine. Béclard, Schwarlz, Schullze, ont admis que les premiers mouvement respiratoires étaient produits par une surcharge en acide carbonique du sang fœtal. Ils se sont fondés sur des mouvements respiratoires qui auraient été constatés chez des foetus femelles d'animaux dont on avait ouvert le ventre.
Preuschcn a repris ces expériences et il a confirmé les faits avancés par Pflùger. Lorsqu'on observe les fœtus en laissant les membranes intactes, on n'observe jamais de mouvements respiratoires réguliers, mais on les voit se produire dès que la poche est ouverte et que l'animal subit l'impression de l'air. Ces mouvements sont d'abord précipités et ne tardent pas à devenir plus calmes. Lorsqu'on n'ouvre pas les membranes l'animal périt sans faiie des inspirations nombreuses. Preuschen n'accepte cependant pas sans faire quelques réserves, l'opinion de Pllùger. II croit que l'impression du froid sur le corps du fœtus est un excitant plus énergique que l'action de l'air sur les poumons, et il fonde cette opinion sur deux séries d'expériences qu'il a entreprises. Dans la pre- «nière, il s'est borné à faire une petite boutonnière aux membranes de l'œuf au ,dveau du museau du fœtus et à le laisser passer seul à travers elle. Dans ce cas, les mouvements respiratoires mettent longtemps à se produire et ne s'établissent pas bien. Si alors on ouvre complètement la poche, l'action du froid détermine d'abord des inspirations précipitées, puis des respirations régulières et tranquilles.
Dans la seconde série, il coupa les nerfs vagues à des fœtus soit contenus, soit extraits de l'œuf, et il observa qu'à l'exposition à l'air les mouvements respiratoires s'établissaient, n'en continuaient pas moins ou ne s'établissaient pas moins régulièrement ; l'excitabilité des poumons ne pouvait donc pas expliquer la respiration, et l'action du froid comme excitant rellexe des premiers mouvements respiratoires lui parut démontrée.
Les partisans de l'action de la surcharge d'acide carbonique du sang se fondent sur quelques expériences qui ont consisté à ouvrir le ventre de femelles pleines, à mettre à nu les œufs sans ouvrir les membranes et comprimerl'aorte abdominale. On aurait remarqué que cela produisait des mouvements buccaui des fœtus, mais qui ne rappelaient en rien ceux qui caractérisent une respiration régulière.
Le docteur Maschka, dans son travail sur les premières inspirations du fœtus
îirappelé plusieurs autres théories qui ont été produites. La mise en jeu du
mécanisme respiratoire serait due (par exemple) à Tintroduction de l'air dans
les poumons qui, par action réflexe, ferait contracter les libres lisses sous-pleu-
raies. L'auteur fait remarquer que cela est difficile à comprendre, puisque la pression de l'air extérieur n'est pas supérieure aux résistances offertes à sa pénétration dans le tissu pulmonaire.
On a dit que le nouveau-né respirait par suite de la suppression de la circulation utéro-placentaire ; la tension sangnine serait exagérée et solliciterait les mouvements cardiaques. Mais la respication s'établit tout aussi bien, chez le nouveau-né, dans les cas ou on ne procède pas à la ligature immédiate du cordon ■ombilical.
On a dit encore que l'établissement de la première respiration était le résultat de la suppression de l'hématose utéro-placentaire. Le docteur Maschka fait remarquer que l'objection précédemment formulée est encore applicable à cette théorie.
Kramer et Hamernjk ont montré que les contractions des muscles inspirateurs «talent indépendantes de Taction de l'air sur les poumons. Ils ont appuyé cette •opinion sur des expériences physiologiques qui ont démontré la persistance des mouvements respiratoires après la décapitation des lapins. 11 suffit pour cela que la moelle allongée ait été conservée intacte. Partant de ces faits, ces auteurs ■en ont conclu que l'excitant des contractions des muscles qui servent à la respiration, réside dans le refroidissement du corps de l'enfant exposé à l'air.
Le docteur Maschka développe une théorie des mouvements réflexes pour expliquer la première respiration et il en tire des conclusions pour le traitement des nouveau-nés dont la respiration ne se fait pas régulièrement.
Dans une récente publication sur la physiologie de l'enfance, le docteur Vierrordt, après avoir rappelé les opinions de Buffon, de Brown-Séquard, de Kehrer, de P. Bert, reconnaît que le besoin de respirer est moins considérable chez le nouveau-né qu'il ne le sera plus tard. Quant à la cause de la première respiration, il la fait résider surtout dans l'excitation de la moelle allongée par un sang surchargé d'acide carbonique. Il ne nie pas d'ailleurs que les excitations ■cutanées ne puissent provoquer la respiration. Mais elles ne constituent pour lui que des causes accessoires.
La persistance de la vie chez le nouveau-né qui n'a pas respiré, est expliquée de la manière suivante : il admet que le sang ayant une densité plus "^rande, ■contient une quantité plus considérable de globules et d'liémo'lobuline, d'où il résulte qu'il renferme plus d'oxygène et qu'il a moins besoin d'une révivification immédiate.
Toutes ces explications, comme on le voit, ne sont ui très-claires ni très-satisfaisantes. Celle qui compte le plus d'adhérents repose sur l'action de l'air sur les téguments; mais elle est loin de répondre à tous les faits que la pratique permet de constater. Gomment s'en contenter, par exemple, pour les cas où la respiration s'établit alors que le fœtus est encore renfermé en totalité dans la cavité utérine. Les exemples de vagissements utérins ne sont pas contestables. Une fois la respiration établie, avec quels caractères persiste-t-elle dans les premiers temps de la vie extra-utérine?
Fréquence. En se souvenant des liens étroits qui unissent cette fonction à la circulation, on ne s'étonnera pas, après ce que nous avons dit de cette dernière, qu'elle ait unefréqence bien autrement grande que chez l'adulte. Il n'est cependant pas aussi facile qu'on pourrait le croire, de la déterminer avec une précision rigoureuse. La moyenne des inspirations, par minute, serait de 59 d'après M. Henri Roger, de 35 seulement selon Chomel et le docteur Mi"nct, On
a pu voir, dans le tableau que nous avons emprunté à ce dernier, que le minimum avait été de 24 et le maximum de 48. Les recherches avaient porté sur 14 enfants âgés de 3 à 7 jours qui tous paraissaient calmes, mais qui étaient parfaitement éveillés.
Tous ceux qui ont étudié la respiration du nouveau-né ont remarqué combien elle était irrégulière; elle peut offrir deux types bien distincts. Tantôt elle s'exécute par un ample sourèvement des côtes; tantôt, au contraire, ce sont des contractions du diaphragme qui semblent en faire tous les frais ; de là deux ^'ariétés, la respiration costale et la respiration diaphragmatique. La première s'observe surtout pendant la veille ; elle est ordinairement plus rapide et s'exagère encore par des sensations pénibles et dont le cri est l'expression naturelle. Dans ces conditions, le nombre des inspirations peut s'élever à plus de 40 par minute ; il y a alors comme un état spasmodique, habituellement de courte durée, mais qui se renouvelle fréquemment sous l'influence de causes analogues.
La seconde variété se remarque spécialement pendant le sommeil. Elle est remarquable par la lenteur des inspirations et par la presque immobilité de la cage thoracique. On dirait quelquefois que la fonction est suspendue. Il n'est pas rare de voir les mères s'alarmer de cet état et se demander si leurs enfants vivent encore. En y regardant de près, on ne tarde pas à les convaincre que ces craintes sont chimériques. La région épigastrique et avec elle les côtes inférieures sont soulevées par des contractions du diaphragme quelquefois régulières, mais offrant souvent d'assez grandes irrégularités. De temps en temps, il y a des arrêts assez longs, suivis d'une série d'inspirations rapides, et l'on voit les mêmes phénomènes se répéter à des intervalles plus ou moins rapprochés ; ou bien ces courtes inspirations diaphragmatiques sont remplacées, par moments, par de larges inspirations thoraciques précipitées comme dans l'essoufflement. 11 résulte de ce qui précède que, selon que l'on comptera les inspirations pendant la veille ou le sommeil, on devra s'attendre à trouver des résultats bien différents, et encore faudra-t-il tenir compte de ces modifications momentanées qui ne permettent d'arriver qu'à des approximations.
Coloration de la peau. La couleur de la peau de l'enfant qui vit encore de la vie intra-utérine est pâle, décolorée, d'un blanc presque mat. Je tais bien entendu abstraction, sous ce rapport, de ce qui est dû à l'enduit sébacé qui peut la recouvrir. Pour la juger telle qu'elle est il faut l'étudier lorsque l'enfant est extrait par l'opération césarienne et qu'il est surpris dans l'utérus avant la respiration, ou bien dans les présentations de l'extrémité pelvienne à marche régulière et rapide, alors qu'une portion du tronc s'est dégagée et que les bras et la tête ne rencontrant aucune diftîculté, des inspirations prématurées ne se sont pas établies. Dans les cas contraires, on peut la trouver plus ou moins rouge, violette et même bleuâtre.
Mais au moment de la naissance, quand la respiration s'établit franchement, largement, la peau prend, pour ainsi dire instantanément, une couleur rouge vif, qui diminue petit à petit et qui au bout de trois ou quatre jours, est remplacée pai" une teinte rosée, à moins qu'un ictère n'en vieime retarder l'apparition. On sait d'ailleurs combien la peau du nouveau-né et surtout celle du visage se congestionne facilement sous l'influence des efforts et des cris. Cette coloration foncée des premiers temps est due à l'introduction dans les capillaires de la peau d'une quantité de sang plus considérable et d'un sang que la respi-
ration pulmonaire a déjà profondément modifie'. Dans les conditions nonuales dont je m'occupe surtout, ce changement est l'affaire d'un moment, et sa rapidité est telle qu'on a de la peine à le constater. Pour bien étudier ce phénomène d'est surtout chez les enfants qui naissent en état de mort apparente qu'on peut bien l'observer ; seulement il a, ici, une marche plus lente en rapport avec les difficultés de l'établissement de la respiration. C'est par plaques qu'on voit la coloration s'établir, d'abord sur les joues et la poitrine, puis sur le ventre et enfin sur les membres. Par la respiration artificielle on peut entretenir pendant plusieurs heures les battements du cœur ; mais si pour une cause ou pour une autre la respiration ne s'établit pas ou si elle fonctionne d'une manière incomplète, la peau reste décolorée ou ne se colore que d'une manière imparfaite et dans certaines régions seulement. Je l'ai déjà dit dans un autre travail, on assiste h. un curieux et émouvant spectacle quand, dans les conditions que je viens de •rappeler, on s'efforce d'arracher à la mort un nouveau-né qui a souffert avant de naître. La règle qui s'impose est de ne pas l'abandonner tant qu'on trouve en lui quelques traces ou des espérances de vie. Le succès définitif dépend de l'importance des lésions qui peuvent exister dans les centres nerveux, surtout, et aussi dans le tissu pulmonaire. Comme l'importance de ces lésions ne peut être que soupçonnée, le médecin ne doit pas se décourager. Il est de son devoir de poursuivre longtemps les tentatives qu'il a cru devoir faire. J'ai vu des cas où des succès inespérés ont été obtenus après plusieurs heures seulement.
Certains enfants qui ont souffert pendant l'accouchement par l'etfet de la compression du cordon ombilical ou par suite des troubles apportés dans la circulation des parois utérines (comme à la suite de l'administration du seigle ergoté, par exemple), viennent au monde avec une teinte cyaniqueplus ou moins généralisée et c'est à la face surtout qu'on l'observe. Dans quelques-uns de ces -cas, même quand la respiration a pu s'établir sans grande difficulté, cette coloration peut persister depuis quelques heures jusqu'à vingt-quatre et même trente-six. Si elle dure davantage, c'est un mauvais symptôme qui fait craindre quelque chose de plus grave, comme la non-fermeture du trou de Botal ou l'obstruction des poumons qui n'ont été pénétrés par l'air que d'une manière incomplèle.
D'autres, au contraire, sont remarquables par la pâleur de leur peau qui est d'un blanc mat. Ce sont ceux qui, nés avant terme, ont perdu du sang avant •de naître, comme cela s'observe dans certaines insertions vicieuses du placenta -avec décollement et déchirures de cet organe, ou bien qui, pendant quelque «temps, n'ont pas reçu la quantité nécessaire de ce liquide nourricier, comme cela peut résulter accidentellement d'une compression qui porte plus spécialement sur la veine ombilicale. Quoi qu'il en soit, ces diverses colorations de la peau doivent attirer l'attention. L'accoucheur instruit y puisera des indications qui ne doivent pas être négligées et qui seront plus particulièrement étudiées à l'occasion de la mort apparente du nouveau-né.
Beaucoup de personnes croient, encore aujourd'hui, que les enfants des nègres naissent avec la peau noire ; c'est une erreur que j'ai entendu émettre un assez grand nombre de fois. Je reçois de temps en temps dans mon service d'hôpital des négresses qui ont pour maris des hommes de même couleur : j'ai examiné attentivement la couleur de la peau de leur progéniture, et j'ai toujours observé et fait observer à mes élèves qu'elle n'était pas noire ; elle ressemble beaucoup à celle qui appartient aux enfants des blancs. Cependant en regardant de près on con-
State quelques différences. La couleur est plus rouge, mais d'une teinte plus terne et plus foncée. 11 est cependant quelques points du corps où le pigment est déjà presque noir. Ainsi, dans le bourrelet cutané qui se prolonge plus ou moins du côté du cordon, on observe un petit cei-cle déjà noirâtre. La peau du scrotum et des grandes lèvres offre aussi la même teinte. Il en est de même du côté du périnée et dans la région anale. Mais à ces différences pi'ès, qu'il faut chercher, la couleur générale ne diffère pas beaucoup de celle de nos enfants. Toutefois la couleur du pigment ne tarde pas à s'accentuer, et au bout de très-peu de semaines ce caractère de la race se généralise et devient de plus en plus apparent. Combien faut-il dans nos climats pour qu'il soit complet? Je ne saurais le dire ; mais ce que je puis affirmer, c'est que ce n'est pas seulement en Europe que les enflxnts des nègres viennent au monde avec la coloration de la peau que je viens d'indiquer ; j'ai pu constater qu'au Sénégal et dans l'Amérique du sud elle est à peu près la même ; seulement les stigmates dont j'ai parlé pour le cordon et les organes génitaux externes m'ont semblé plus accentués ; il m'a paru aussi, probablement sous l'influence d'un soleil beaucoup plus ardent, que la teinte noire se généralisait plus vite.
La peau des nouveau-nés présente souvent des taches de couleurs diverses ; quelques-unes sont connues sous le nom de nœvl (voyez ce mot) et constituent un état pathologique que je n'ai à examiner ici, ni dans leurs formes variées, ni dans les opérations qu'elles peuvent réclamer ; mais il en est d'autres d'une importance beaucoup moins grande et qui ont cependant le privilège de beaucoup préoccuper les familles. Elles existent plus particulièrement sur le visage et spécialement sur la peau des paupières supérieures, sur le front, les lèvres et les joues ; elles sont d'un rouge plus vif que le reste de la peau ; une pression légère suffit pour chasser le sang et les blanchit à l'instant. Dès qu'on la cesse, la couleur reparaît. Elles ont les formes les plus irrégulières et une étendue extrêmement variable. Le plus habituellement mulliples, elles sont quelquefois petites et dans d'autres circonstances assez étendues pour recouvrir toute la paupière supérieure. Elles ne forment aucun relief au-dessus du niveau de la peau. Elles ne sont bien entendu le siège d'aucun battement. Ces taches s'observent sur un très-grand nombre d'enfants, et on peut affirmer à peu près à coup sûr qu'elles disparaîtront sans l'emploi d'aucun moyen ; elles paraissent tenir à une vascularisation exagérée de certains points de la peau et s'en vont à mesure que l'organisation de celle-ci se régularise et se complète. Quelques semaines ou quelques mois suffisent. C'est un état transitoire du tégument, qui a duré plus longtemps sur certains points que sur d'autres et nullement un état pathologique; et c'est pour cela que j'en ai parlé en traitant de la physiologie du nouveau-né.
Température. Les variations nombreuses qui existent dans la fréquence du pouls à l'état normal, donnent aux résultats fournis par la thermométrie une importance foute particulière. C'est ce qu'a bien compris M. Parrot, dans son ouvrage sur l'athrepsie du nouveau-né. Mais dans quel point faut-il appliquer le thermomètre ? Si, chez l'adulte, on peut se contenter des résultats obtenus en le plaçant dans l'aisselle, il n'en est pas de même dans les premiers temps qui suivent la naissance; l'enfant crie, s'agite, déplace l'instrument et rend ainsi l'opération longue et incertaine. Mieux vaut en effet, comme le conseille mon savant collègue, l'introduire dans le rectum, ce qui permet a'arriver rapidement
à un résultat concluant. L'instrument fait bien souvent l'oftice d'un suppositoire et provoque l'expulsion des matières, mais c'est là un minime inconvénient qui ne doit pas arrêter l'observateur.
On chercherait en vain des renseignements sur ce sujet dans les ouvrages de Billard et de Valleix. On employait peu le thermomètre à leur e'poque. Bérard, pour résoudre la question, s'était contenté de quelques faits peu nombreux dus à Edwards et Despretz, qui n'avaient obtenu que 35°, 06 centigr. Les résultats annoncés par Davy furent considérés comme des exceptions. C'est à peu près ce qu'on savait quand M. H. Boger publia son important travail sur la température des enfants à l'état physiologique et pathologique. Il indiqua que la moyenne des températures prises sur 55 d'entre eux qui étaient bien portants, avait été de 57'%08.
On a vu dans le tableau que j'ai emprunté à M. Mignot, combien les résultats qu'il a indiqués étaient sensiblement les mêmes, puisque la moyenne, dans 14 cas, a été de 37», 6.
On a prétendu que la température du fœtus encore renfermé dans l'utérus était supérieure à celle de la mère. Baerensprung, Schàffer et, plus récemment, M. Lépine ont affirmé le fait. Mais des recherches entreprises par M. Andral, sur d5 enfants, examinés pendant vingt-deux heures depuis le moment de la naissance, il résulte qu'il n'en est rien, ainsi que l'avait déjà pensé M. H. Boger. On pourra en juger par le tableau suivant :
Température de l'utérus. Température de l'enfant. 38», 7 38», 3
M. Andral a fait remarquer qu'il y a un peu d'abaissement dans la température dans la première demi-heure qui suit la naissance. L'état encore imparfait de la circulation en rend compte, et il est d'autant plus prononcé que l'enfant est faible. On l'a vu varier entre 55 et 56 degrés. Mais la température ne tarde pas à s'élever. Il est bien entendu que le volume des enfants entraîne des variations aussi bien que la bonne alimentation.
Les dernières recherches publiées par M. Parrot ont donné les résultats suivants. La température rectale a été prise sur 50 enfants. La moyenne a été de 37", 7, le maximum étant de 58°, 5 et le minimum de 5-4°, 2. Sur 50 enfants il a pris la température rectale et la température axillaire. Dans le premier cas, la moyenne a été de 57°, 8 et de 57°, 16 dans le second.
Veille et sommeil des nouveau-nés. Dans les premiers jours qui suivent la naissance, le sommeil est un état presque permanent, et le nouveau-né n'en sort qu'à de rares intervalles. La cause la plus habituelle de son réveil est, sans contredit, le besoin de prendre de la nourriture; mais ce n'est pas la seule; le froid produit le même résultat. 11 commence par s'agiter un peu, pousse de petits grognements, et si on est sourd à son appel, il ne tarde pas à faire entendre les cris qui sont propres à cet âge e'. parfois avec une véritable rage. On remarque souvent que les périodes de sommeil sont plus longues pendant le jour que pendant la nuit. L'explication en est sans doute dans l'abaissement de la température très-sensible, surtout pendant l'hiver, même dans les familles dans lesquelles on prend la précaution d'entretenir constamment du feu. Cela
est si vrai que même lorsqu'on leur a donné à téler, ils continuent à crier; on ne les calme et on ne les voit s'endormir que quand les nourrices les prennent dans leur lit et leur communiquent un peu de leur chaleur. Ce n'est pas que je conseille ce procédé, qui peut avoir les plus graves conséquences. On a vu plus d'une fois des mères, et surtout des nourrices mercenaires, s'endormir à leur tour, et en se retournant étouffer leurs enfants sous le poids de leur corps. Pour mon compte, j'ai vu trois fois cet horrible accident se produire. Pour les endormir pendant la nuit, il faut les faire téter d'une manière suffisante, renouveler leurs langes qui sont humides et refroidis, les réchauffer devant un bon feu et placer dans le berceau des bouteilles remplies d'eau bouillante, pour obtenir à l'cntour d'eux une température de 16 à 20 degrés. Tout cela peut demander une demi-heure ou une heure.
Une fois qu'on a satisfait à toutes ces exigences, on les voit s'engager dans une nouvelle période de sommeil qui dure deux, trois ou quatre heures, d'autant plus en général qu'on a mieux réalisé toutes les conditions dont il a été question. De tout cela, il résulte que le nouveau-né veille très-peu et dort beaucoup. Les parents s'inquiètent souvent de la longueur du sommeil, ils ont gi-and tort ; car, quand on a pourvu à tous leurs besoins, et qu'ils ne sont pas malades, rien ne démontre mieux que tout va bien et il faut bien se garder de l'interrompre. Les choses se passent absolument de même chez les animaux domestiques que nous pouvons observer. Tant qu'ils sont tout petits la mère ne les abandonne presque pas, et ils trouvent dans ce voisinage la chaleur qui leur est si nécessaire ; quand elle s'éloigne, elle n'est pas sourde à leurs cris et on la voit venir se rouler autour d'eux et leur rapporter la chaleur et la nourriture.
Quand on observe un nouveau-né qui dort, on ne tarde pas à s'assurer que le sommeil est loin d'être calme et on surprend des mouvements brusques et saccadés, qu'un bruit un peu fort, ou des secousses imprimées font apparaître. Il est bien entendu qu'il n'y a rien de grave à voir dans ces phénomènes qui dénotent seulement une grande impressionnabilité nerveuse propre à cet âge ; souvent même, sous l'influence de rêves agréables sans doute, ils simulent avec leur bouche des mouvements de succion. Dans d'autres cas, certains muscles du visage se conti'actent automatiquement et on s'imagine les voir sourire. Il n'est pas rare non plus de constater à travers les paupièies fermées que les yeux roulent en sens divers, sans que pour cela le réveil se produise.
Le besoin de sommeil est d'autant plus grand que l'enfant est plus près de sa naissance ; mais déjà à partir de quinze à vingt jours on s'aperçoit qu'il veille un peu plus longtemps, et que quand il a bien tété et qu'on a renouvelé sa toilette, il passe volontiers une demi-heure et même plus, les yeux grandement ouverts qu'il promène en tous sens, et qui sont visiblement offusqués par la lumière vive.
De tout ce qui précède, il faut conclure que, quand les nouveau-nés crient beaucoup et dorment peu, quelque chose leur fait défaut, et en cherchant bien on ne tarde pas à reconnaître ce dont ils ont besoin. Faut-il les bercer pour les endormir? chacun sait que c'est un usage très-répandu, et quand l'habitude en est prise, il est bien difficile de s'y soustraire. 11 est incontestable que le balancement qu'on leur imprime avec leur berceau ou en les agitant sur les bras les engourdit et les endort. De là est née la profession de berceuse, si répandue autrefois et qui diminue de jour en jour, les parents voulant se
soustraire à des exigences qui deviennent parfois de la tyrannie ; d'une manière générale je crois qu'on fait bien, mais à une condition, c'est qu'on aura satisfait à tous les besoins réels, propreté, chaleur et alimentation.
Du sang chez les nouveau-nés. Il y a peu de travaux sur ce liquide à cette période de la vie. Un article important a été consacré au sang en général dans ce dictionnaire ; mais ce qui se rapporte au nouveau-né y occupe une bien minime place. Dans le chapitre consacré à l'anatomie et à la physiologie, voici les seules indications spéciales qu'on trouve. A propos de la numération des globules, l'auteur, se fondant sur les travaux de Lépine, Germont et Schlemmer, signale que dans les premières vingt-quatre heures de la vie le nombre des globules rouges contenus dans 1 millimètre cube de sang est supérieur de 1 million à celui qui appartient à un adulte ; mais après quarante-huit heures cet excédant disparaît. L'augmentation des deux premiers jours coïncide avec la diminution du poids de l'enfant.
Au point de ^^ue de la médecine légale, on s'est demandé si le sang du fœtus pouvait être distingué du sang de l'adulte. M. Tourdes conclut par l'affirmative en se fondant sur ce que le premier liquide, mais dans les premiers mois de la vie intra-utérine seulement, renferme des cellules embryonnaires, sphériques, à un ou plusieurs noyaux, plus volumineuses souvent que les globules rouges, et qui, au début, ne contiennent pas d'hématine. Quant à déclarer que du sang appartient à un nouveau-né et non à un adulte, la chose est impossible. On a parlé de la moindre quantité de fibrine, du caillot plus mince et moins dense, etc. Ces divers caractères ne sauraient être suffisants pour se prononcer.
Ce que, dans l'état actuel de la science nous avons de plus complet sur les caractères anatomiques du sang chez le nouveau-né, se trouve dans la note suivante communiquée par M. G. Hayem, à l'Académie des sciences (séance du 21 mai 1877).
« A sa sortie des capillaires cutanés, le sang du nouveau-né est noir, presque à l'égal du sang veineux, et cette couleur, très-accusée chez l'enfant n'ayant encore fait qu'un petit nombre d'inspirations, s'atténue un peu au bout de quelques heures, mais elle persiste pendant les premiers jours de la vie jusqu'à une époque encore indéterminée ; elle est encore plus noirâtre que chez le sang de l'adulte, douze jours après la naissance.
« Sous le rapport de leurs dimensions, les globules rouges sont beaucoup plus inégaux que chez l'adulte. Les plus grands dépassent les plus grands de l'adulte et de même les plus petits sont plus petits que chez ce dernier. Voici les résultats fournis par les mensurations micrométriques.
Diamètre du plus petit globule nain ô,2o
— moyen des globules nains 5,5
— — des petits globules 6,5
— — des globules moyens 7,5
— — — grands. 8,5
— — — géants 9,5
— du plus grand globule 10,23
« Ces globules de dimensions diverses sont mélangés dans des proportions irrégulières, qui, en se modifiant sensiblement, d'un jour à l'autre rendent impossible la détermination précise de la moyenne générale des dimensions globulaires.
« Les globules rouges de l'enfant paraissent différer légèrement des globules
d'adulte, au point de vue de leur composition intime. En effet, ils s'endosmosenl et se déforment plus rapidement au contact des réactifs et de l'humidité; les petits globules notamment se transforment facilement en globules sphériques.
« Le nombre des globules rouges contenus dans 1 millimètre cube est à peu près aussi élevé au moment de la naissance que chez les adultes les plus vigoureux et, par suite, toujours notablement supérieur à celui des globules du sang de la mère. Le chiffre moyen résultant de numérations faites sur 17 enfants est de 5 568 000. Le chiffre le plus fort e?t de 6 262 000, et le plus faible de 4 540 000. Le résultat fourni par ces numérations paraît être iniluencé par la manière dont est faite la ligature du cordon. Sur 6 enfants qui ont eu le cordon lié immédiatement, le chiffre moyen était de 5 087 000. Sur 8 enfants dont le cordon n'a été lié qu'après cessation des battements de l'artère ombilicale, la moyenne est de 5 576 000, ce qui fait une différence de 489 000 en faveur de ces derniers. Cette différence persistait encore au bout de quarante-huit heures, mais elle n'était plus à ce moment que de 452 000. .le n'ai pas recherché si elle était encore appréciable au bout d'un temps plus long.
« Le pouvoir colorant du sang de l'enfant (c'est-à-dire la proportion d'hémoglobuline déterminée à l'aide du procédé chromométrique, est, en moyenne, aussi fort que celui du sang de l'adulte.
« Au moment de la naissance, on trouve les mêmes variétés de fflobules blancs que chez l'adulte. Toutefois, ces éléments sont un peu plus petits, et ceux de la petite variété, nommés globulins, sont relativement plus abondants. Pendant les deux ou trois premiers jours de la vie, le nombre des globules blancs est trois ou quatre fois plus grand que chez l'adulte. La moyenne de mes numéi'ations indique, pour les quarante-huit premières heures, \S 000 globules blancs par millimètre cube, tandis que, chez l'adulte, la moyenne des globules blancs est d'environ 5 000.
« Après la naissance, le sang de l'enfant éprouve des modifications importantes. Dans une première période correspondant à la diminution du poids du nouveauné, le nombre des globules, tant rouges que blancs, reste stationnaire ou augmente légèrement ; puis, au moment oii l'enfant arrive à son minimum de poids, c'est-à-dire, en général le troisième jour, on observe à la fois un abaissement brusque et considérable dans le nombre des globules blancs, qui de i 8 000 descend à 6 000 ou même à 4 000 et une élévation dans le nombre des rouges qui atteint, en général, son maximum.
(( La diminution du nombre des globules blancs est un phénomène constant; mais chez quelques enfants, le chiffre minimum de ces éléments n'est atteiat que douze ou vingt-quatre heures après l'abaissement minimum du poids du corps. Quant à l'élévation du chiffre des rouges, elle est très-variable (de 100 000 à 600 000) et non constante. Le nombre de ces derniers globules ne dépend pas d'ailleurs uniquement de la perte aqueuse que l'enfant peut éprouver par suite de l'inanition des premières heures. 11 est influencé également et surtout par la production plus ou moins abondante de nouveaux éléments, et probablement ar.ssi par l'activité plus ou moins grande dans la résorption de la lymphe qui imbibe les tissus du nouveau-né.
« A partir de l'époque où l'enfant reprend dupoids, le nombre des globules blancs se relève un peu. 11 présente des oscillations plus fortes que chez l'adulte et reste, en général, plus élevé que chez ce dernier jusqu'à une époque encore indéterminée. Il est alors en moyenne de 7000 à 9000. Le nombre des globules rouges
NOnTEiU-NÉ. 491
devient et reste définitivement plus faible, et dans le cours de la seconde semaine, on constate habituellement une diminution d'environ un demi-million sur le chiffre initial.
« Les fluctuations dans la composition anatomique du sang, tant sous le rapport des variétés de globules que de leur nombre, sont très-sensibles d'un jour à l'autre, et c'est là un des caractères les plus fmppants du sang de l'enfant. Pour les enfants qui se développent normalement, ces fluctuations sont, à partir du troisième jour, complètement indépendantes des variations de poids; elles paraissent résulter uniquement de la formation plus ou moins active d'éléments nouveaux et, par suite, le nombre des globules est inversement proportionnel à la movenne des dimensions globulaires. Les augmentations coïncident avec les plus fortes propoitions de petits globules; les diminutions, au contraire, avec l'augmentation des dimensions moyennes de ces éléments.
« Les modifications d'un jour à l'autre dans la proportion des globules de diamètres différents entraînent des fluctuations correspondantes dans le pouvoir colorant du sang. Non-seulement ce pouvoir colorant varie d'un jour à l'autre pour l'unité de volume; mais encore il est rarement proportionnel au nombre des globules. La valeur individuelle de ces éléments peut osciller chez le même enfant de 0,09 à 1,09 (1 représentant la moyenne normale de l'adulte), et pareil écart s'observe quelquefois d'un jour à l'autre.
« Le sang du nouveau-né présente, on le voit, des caractères lui appartenant en propre et assez importants pour qu'on puisse le désigner sous le nom de sang fœtal. Ce sang fœtal est constitué par des éléments ayant encore en partie les caractères des globules de l'embryon. Les fluctuations qu'il éprouve d'un jour à l'autre se rapportent évidemment à son état d'évolution.
« Cette étude comportera certainement des déductions pathologiques. Nous ferons observer dès maintenant que, de la comparaison du sang des anémiques avec celui du nouveau-né, il résulte que dans l'aglobulie le sang subit, sous certain rapport, une sorte de retour vers l'état fœtal. »
Dans le travail de Vierordt que j'ai déjà cité, un chapitre est consacré à l'étude des nouveau-nés. Dans ce qu'il dit des éléments figurés, il est facile de se convaincre que l'auteur n'est pas au courant des recherches faites en France dans ces derniers temps.
Au point de vue chimique, on savait déjà depuis longtemps que la densité du sang du nouveau-né était supérieure à celle de l'adulte et que celte différence tenait aux substances entrant dans la composition des globules du sang (Denis). Des recherches plus récentes, faites au moyen de l'analyse spectrale par Leichtenstern, ont fixé avec plus de précision la quantité d'hémoglobuline contenue dans le sang du nouveau-né et des adultes. L'hémoglobuline est beaucoup plus abondante dans le sang d'un nouveau-né d'un jour que dans le sang d'un adulte. Elle augmente encore le second jour, mais elle diminue ensuite pro-
gressivement.
D'après Vierordt, le sang du nouveau-né contient moins de fibrine et de substances inorganiques, mais plus de graisse et de substances extractives que celui de l'adulte. La quantité d'albumine qu'on y trouve paraît indépendante
de làge.
Quant à la quantité de sang contenu dans le nouveau-né, il donne, d'après Welcker, les évaluations suivantes, 1/19 du poids du corps, tandis que, chez l'adulte, il est de 1/15.
i92 NOUVEAU-NE.
Urine normale chez le nouveau-né. Ce point d'anatomie et de pliysiologie a été traité sous toutes des faces dans un très-intéressant travail publié dans les Archives générales de médecine (1876) par le professeur Parrot et M. Albert Robin. N'ayant rien à ajouter personnellement et les résultats obtenus étant conformes à quelques-uns de ceux que j'ai pu vérifier par moi-même, je vais me contenter de résumer ce mémoire qui est certainement ce que nous avons de plus complet dans l'état actuel de la science ; ce n'est pas que quelques travaux importants n'aient déjà été accomplis sur le même sujet; mais aucun n'a étudié ce liquide d'une manière aussi complète dans les nombreux détails qu'il comporte. J'ai dû me contenter d'y puiser les points les plus importants qui se rattachent à mon sujet. Je crains d'en avoir affaibli la valeur en ne la reproduisant pas dans son entier.
a. Couleur. Les anciens croyaient que l'urine à^s nouveau-nés était trouble, et cette opinion, sans avoir été vérifiée sans doute, a été très-longtemps admise. Dès 1818, Landri-Beauvais la déclarait peu colorée et peu odorante; Boyer et Guibourt établissaient qu'elle était transparente et qu'elle n'avait d'odeur urineuse que si on la chauffait.
Pour MiVI. Parrot et A. Robin elle est incolore, inodore et d'une grande limpidité, dans les deux tiers des cas environ. Dans quelques autres, elle est trèslégèrement teintée (ton paille très-clair.) On constate rarement des reflets ver- •dâtres. Par le repos la coloration augmente un peu. Dans les premiers jours, alors que l'enfant diminue et perd de son poids, elle devient plus foncée et d'un jaune qui rappelle l'urine de l'adulte. Plus les enfants sont gros et plus elle est foncée. La qualité du lait exerce une influence sur la coloration. Le lait de femme la laisse plus claire que le lait de vache ou de chèvre; 70 urines examinées ont donné les résultats suivants :
Urines absolument aqueuses 42
— légèrement teintées 21
— jaune clair 7
Les enfants examinés avaient de 2 à 10 jours. Il y a des urines qui sont opalescentes au moment de leur émission, mais qui s'éclaircissent par le repos en laissant déposer quelques rares flocons dus à de l'épithélium parti des voies urinaires ou de la vulve chez les petites filles : quelquefois le dépôt est dti à des cristaux d'acide urique. Dans une troisième variété, quand l'urine a été abandonnée à l'air pendant vingt-quatre heures, elle devient louche, ce qui est dû à la production d'organismes inféz'ieurs [vibrio lineola).
b. Odeur. Nous avons déjà vu qu'elle était inodore quand elle était incolore. Plus elle est colorée et plus elle dégage une odeur urineuse qui n'est jamais très-forte.
c. Densité. De 5 à 30 jours, elle varie : 1005 à 1005. La densité est un peu plus grande pour le produit de la première miction (de 1005 à 1006.)
d. Quantité. S'il est vrai que la quantité d'urine sécrété'e soit en raison du volume du l'ein, le nouveau-né doit produire proportionnellement une quantité plus considérable d'urine que l'adulte. Car pour le premier le poids du rein est à celui du corps comme 1 est à 120, tandis qu'il n'est que de 1 à 240 pour le second. M. Jacquemin évalue la quantité d'urine rendue en vingt-quatre heures à 560 centimètres cubes. MM. Parrot et A. Robin ont rencontré, comme tous ceux qui ont voulu expérimenter sur ce point, des difficultés insurmontables ;
aussi leurs résultats ne sont qu'approximatifs et ils fixent entre 150 et 500 centimètres cubes la quantité d'urine fournie par jour. Il en résulte que toutes proportions gardées, le nouveau-né urine quatre ou cinq fois plus que l'adulte, et comme son alimentation ne varie pas, il en résulte que le liquide recueilli le matin est sensiblement le même que celui de la journée.
Le tableau suivant indique la quantité d'urine rendue le matin.
Centimètres cubes.
Du \" au 5' jour 5 à 10
Du 5- au 10' jour 10 à 25
Du lO au lo" jour 13 à 30
Du 15* au ûO' jour 20 à 30
Ces proportions sont assez constantes pour qu'il faille chercher dans l'alimentation ou dans l'état de la santé la cause de la diminution qui peut se pro duive. Les uriues les plus normales contiennent à peu près constamment un certain nombre d'éléments anatomiques :
1° Des cellules cylindriques détachées des tubes de BeUini ; 2» des cellules cylindriques, coniques ou prismatiques, courtes ou allongées, provenant du bassinet et de l'uretère ; 5° des cellules fusiformes coniques ou cylindriques de la vessie ; 4° des cellules pavimenteuses venant de la vessie ou du canal de l'urèthre; 5° chez les petites filles, du mucus et des cellules pavimenteuses largeset quelquefois des leucocytes venant de la vulve et du vagin. Il est bien entendu que tous ces éléments ne se rencontrent pas dans la même urine et que leur proportion relative est variable.
Acide iirique. Les cristaux qu'on y découvre varient beaucoup. J'ai déjà indiqué ceux formés par l'acide urique. On les a toujours vus sous forme de lames rhomboïdales très-petites et très-minces. Vues de champ, elles prennent un aspect prismatique. Elles sont incolores, ce qui les distingue des cristaux, d'acide urique qui se produisent au moment de la fermentation.
Oxalate de chaux. Ces cristaux existent toujours, mais en quantité si minime qu'il faut souvent plusieurs préparations pour les voir. Ils sont brillants, incolores, en forme d'enveloppe de lettre et d'une petitesse extrême ; ils ont été également étudiés par M. Gallois.
Urates de soude. Sont aussi rares que les précédents ; on les a trouvés seuls ou avec l'acide urique. Ils peuvent affecter deux formes : celle de sphérules ou celle de bâtonnets ovoïdes.
Ferments. On voit apparaître dans l'urine abandonnée à l'air, des algues et des sporules avec une plus grande rapidité que chez l'adulte.
Caractères chimiques. Elle est neutre dans la majeure partie des cas. Sur 70 urines essayées au papier de tournesol, on a obtenu :
Urines neutres 46
— très-peu acides il
— sensiblement acides "
Les urines même faiblement acides sont l'indice d'un allaitement inégulier.
La présence de l'urée, qui a été niée, est incontestable : M. Quinquaud en a trouvé dans l'urine d'un enfant d'un jour de o à 4 milligrammes et dans celle d'un enfant de 15 jours de 50 à 40 centigrammes. Il s'agit, bien entendu, d'une période de vingt-quatre heures.
Dans leur travail, MM. Parrot et A. Robin font connaître les résultats qu'ils-
ont obtenus dans une série d'expériences entreprises à ce point de vue. Un litre d'urine, chez les enfants de 1 jour à 1 mois et d'un poids moyen de 5850 gr., contient en moyenne 5e',003 d'urée, et si on admet que le poids moyen de l'urine excrétée dans un jour est de 500 grammes, c'est environ 90 centigrammes d'urée qui sont rendus chaque jour. Chez le nouveau-né, la quantité d'urée diminue à mesure qu'il s'éloigne de la naissance. On observe toutefois de grandes variations.
Le tableau suivant est destiné à montrer ce qui se passe.
Tableau f.