‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 54 sur 90 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

1" jour

t jour

5" jour

K° jour

Du 5' nu 9" jour . .

1(J" jour

Ilu 1 1' au 30* jour. .

Du ôO" au 150* jour..

Albumine. En dehors de certains états pathologiques, l'urine du nouveauné ne contient jamais d'albumine; elle n'en contient pas davantage pendant la vie intra-utérine.

Chlorures. Sur 15 analyses faites à ce point de vue, ils ont été constamment rencontres et dans une proportion moyenne de 79 centigrammes par litre. La quantité est moindre dans les 10 premiers jours qu'à partir du onzième.

l'hoftphates. Leur présence est incontestable ; mais la quantité en est trèsvariable, même chez les enfants qui ont le même nombre de jours ; toutefois elle augmente progressivement. Ainsi sur les enfants de deux à trois jours, il en a été trouvé 17 centigrammes par litre et 98 centigrammes chez d'autres âgés de 14 à 32 jours.

Sulfates. 11 y en a, mais en si petite quantité qu'il a été impossible de la doser par des pesées.

Sucre. Des recherches variées ont démontré qu'on ne rencontrait jamais de sucre.

Je l'ai déjà dit, le mémoire de MM. Parrot et A. Robin est si riche en expériences et en résultats pratiques, qu'une courte analyse est insuflisante pour en faire comprendre l'importance. Voici les conclusions qui le terminent ; elles donneront une idée des questions variées et intéressantes que ces auteurs ont cherché à résoudre.

1° « L'urine normale du nouveau-né est incolore, inodore, mobile, dune grande réfringence, claire et limpide, d'une densité moyenne de 1003 à 1004.

« La quantité rendue en vingt-quatre heures, du sixième au trentième jour, varie de 100 à 500 centimètres cubes.

« L'émission du matin est de 10 à 30 centimètres cubes. Un nouveau-né urine quatre fois plus qu'un adulte par kilogramme de poids.

« 2* Pendant les deux premiers jours, l'urine est plus colorée, plus rare, plus dense et quelquefois opalescente.

« Elle offre les mêmes caractères chez les enfants dont l'alimentation est défectueuse.

« Le sexe, l'âge et la température n'exercent aucune influence sur ses caractères pliysiques.

<i 3° Elle n'est pas sédimenleuse, mais par le repos elle laisse déposer une très-minime quantité d'éléments anatomiques, à savoir : des cellules de la vessie, de l'urèthre, du \agin et plus rarement, dans les premiers jours de la vie, des cellules détachées des tuhos de Bellini. Dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, l'urine peut donner un très-léger dépôt de cristaux d'acide uiique, ou d'oxalate de chaux, ou d'urate de soude (urine du premier jour, alimentation insuffisante ou vicieuse, etc.) Les ferments végétaux paraissent s'y développer plus rapidement que dans l'urine des adultes. « A^ Elle a une réaction neutre au papier de tournesol. « L'acidité de l'urine indique, le plus souvent, un intervalle trop long entre les tétées, et dans un certain nombre de cas peut mettre sur la voie d'un état pathologique.

<( 5" Elle contient par litre os^Oô d'urée : soit 80 centigrammes par kilogramme chez un enfant de 5850 grammes.

« Mais dans les vingt-quatre heures, le nouveau-né de 11 à 50 jours rend environ 91 centigrammes d'urée, soit 23 centigrammes par kilogramme de son poids.

« 6° L'âge, le poids et la température influencent probablement la quantité d'urée ; lorsque les urines de deux enfants dont l'âge , le poids et la température diffèrent, présentent des quantités inégales d'urée, avant d'expliquer cette différence par un état pathologique, on devra s'assurer que l'excédant d'urée dépasse les limites que nous avons fixées pour les variations qui sont dues à cet âge.

« 7° Il existe un rapport constant entre la quantité d'urée, la couleur et la réaction de l'urine; de telle sorte que l'inspection et la réaction de celle-ci permettent d'apprécier cliniquement la portion d'urée, sans réactif et sans dosage.

« 8" Il existe normalement dans l'urine des nouveau-nés des traces d'acide urique, mais elles échappent à tout dosage.

« L'urine des premiers jours en renferme davantage.

« 9' Elle ne contient pas de matières extractives cliniquement appréciables, mais elle renferme de l'acide hippurique et de l'allantoine.

« 10° Dans aucune circonstance, l'urine normale du nouveau-né ou du fœtus ne contient d'albumine.

« 11° On y trouve des chlorures et des phosphates, dont les quantités varient suivant l'âge et l'alimentation ; des sulfates, de la chaux, de la magnésie, de la potasse et de la soude.

« 12° Elle n'exerce aucune action réductrice sur la liqueur de Bareswill. « 13° Le nouveau-né ingère en vingt-quatre heures et par kilogramme de son poids, deux fois plus d'azote que l'adulte. Il en rend six fois moins par l'urine, quoiqu'il fixe, au moins, autant d'oxygène ; il brûle donc moins, tout en absorbant plus de combustible et au moins autant de comburant.

« Cet excès de l'assimilation, sur la désassimilation expérimentalement dé-

montré, est en rapport avec l'augmentation journalière du poids, augmentation à laquelle aussi doit prendre part une partie de l'oxygène absorbé.

« 14° Le nouveau-né n'excrète moins de chlorures que l'adulte que parce qu'il en ingère une quantité beaucoup plus faible.

« \b° Les variations de l'urée, suivant l'âge, le poids et la température, sont facilement explicables par les modifications exerce'es sur la nutrition par ces influences.

« 16° Quand l'urine du nouveau-né est modifiée dans l'un de ses caractères, au delà des limites que nous avons tracées, il faut songer d'abord à une irrégularité dans l'alimentation, ensuite à un état morbide.

tt 17° II existe des circonstances où, d'après le groupement des altérations de l'urine, on peut préciser l'existence d'un état pathologique spécial, ou d'un symptôme particulier (œdème des nouveau-nés, diarrhées, etc.).

« 18° Dans dautres cas, l'étude des urines permet de prévoir l'apparition prochaine d'accidents déterminés, tels que l'œdème, l'athrepsie, etc. En effet, une lésion de nutrition précède évidemment l'apparition des signes extérieurs de ces affections, et l'enfant est déjà malade alors qu'aucun symptôme ne révèle au dehors cet état de souffrance dont les altérations de l'urine donnent la mesure.

19° Si, dépassant le domaine de la pathologie humaine, nous entrons dans celui de la médecine vétérinaire, on peut y transporter les remarques précédentes; car les malades qui nous les ont suggérées, par l'absence de renseignements où ils laissent le médecin, peuvent être rapprochés des animaux. Aussi, forts de l'autorité de M. Bouley, croyons-nous pouvoir présenter cette nouvelle application de nos recherches ainsi que de leurs conclusions. »

Je n'ai pas à m'occuper ici de l'époque à laquelle commence la sécrétion uriuaire pendant la vie intra-utérine. On ne conteste plus aujourd'hui que cette fonction ne soit une de celles qui se mettent en jeu de très-bonne heure. J'ai souvent rencontré dans la vessie une petite quantité d'urine sur des fœtus qui avaient à peine quatre mois, et à partir de cette époque, on en trouve constamment et en quantité d'autant plus grande que le terme est plus proche. Quant à son excrétion pendant la grossesse, elle est tout aussi bien démontrée, et comme j'ai cherché à l'établir dans un autre travail, elle devient une des origines du liquide amniotique. Mais quand l'enfant est né, à quelle époque urine-t-il pour la première fois? Cela est très-variable; cependant, ou peut dire qu'il est assez fréquent de voir cette excrétion s'opérer dès que le corps a franchi les parties génitales, et avant même qu'on ait eu le temps de lier et de couper le cordon ombilical ; c'est chez les gai'çons surtout qu'on peut bien remarquer ce phénomène; un jet vigoureux se produit et est lancé à plus de 20 ou 50 centimètres. On comprend que rien de pareil n'ait lieu pom' les enfants qui auraient uriné peu de temps avant ou pendant le cours de l'accouchement. Cela n'est pas rare, dans ce dernier cas, pour les enfants qui se présentent pai* l'extrémité pelvienne. Cela doit se produire aussi quand, pendant le travail, surviennent certaines conditions, connues ou inconnues, qui ont momentanément menacé la vie. Je ne saurais donc partager l'opinion de MM. Martin, Ruge et Biedermann, quand ils déclarent dans un travail qu'ils ont publié en 1875, sur l'urine normale du nouveau-né, que la première miction se montre rarement aussitôt après la naissance, et qu'elle n'a lieu qu'à la fin du premier jom-, souvent même le second jour ou le troisième seulement.

Lue fois que la vie extra-utérine a commencé, l'excrétion de l'urine ne se fait

pas alteadre longtemps, si la vessie ne s'était pas débarrassée peu de tcmjis avant du liquide qu'elle contenait, et il est commun de trouver les langes plus ou moins mouillés au bout de quelques heures; dans le cas contraire, il peut se passer douze et même quarante-huit heures avant de voir apparaître du liquide. Les différences, sous ce rapport, tiennent au genre d'alimentation auquel est i>oumis le nouveau-né. Si c'est une mère primipare qui l'allaite, comme dans les quatre ou cinq premiers jours elle n'a qu'une très-petite quantité de lait à lui donner, la sécrétion urinai le est peu active et l'excrétion n'a aucune raison de se produire. Si, au contraire, une nourrice abondamment pourvue est chargée de ce soin, il ne se pasec pas douze heures avant que la miction n'ait lieu, et elle devient fréquente et abond.inte. C'est ce que démontre l'expérience de tous les jours. Les résultats sont sensiblement les mêmes quand, au lieu d'une aourrice étrangère, on donne le biberon, en attendant que la sécrétion laiteuse 56 soit franchement établie chez la mère.

Après trente-six ou quarante-huit heures, quand l'alimentation est ce qu'elle ■doit être, la sécrétion urinaire est relativement très-abondante; j'en ai indiqué plus haut la quantité ; quant au nombre des excrétions dans les vingt-quatre heures, on les observe chez beaucoup d'enfants à la suite de chaque repas et il ■<?st bien rare qu'elles soient inférieures à 4 ou 5. Elles se produisent moins souvent pendant le sommeil et c'est presque toujours au réveil qu'on les observe.

Méconium. L'intestin du nouveau-né s,er\, de réservoir pendant la vie intiaatérine aux produits de la sécrétion de la muqueuse de cet organe et de^ i^landes qui, placées dans le voisinage, sont destinées à jouer plus tard un rôle important dans les phénomènes de la digestion. C'est au mélange et à la combinaison de ces divers éléments qu'est due cette matière visqueuse de couleur vert bouteille qui s'accumule dans le gros intestin et spécialement dans l'ampoule rectale. Elle doit son nom a sa ressemblance avec le suc épaissi du pavot. Elle a été étudiée avec soin par M. C. Robin, à l'article Mécomcm, an point de vue de son aspect, aux différentes périodes de la vie fœtale, et aussi au point de vue de son origine et ses caractères chimiques et microscopiques. Je n'ai donc pas à m'en occuper ici sous ces divers rapports. Je dirai seulement qu'il est ;d)solument démontré, malgré les opinions contraires qui ont été émises, que, pendant le cours de la grossesse, le liquide amniotique ne s'introduit pas dans l'estomac et ne sert en aucune façon à la nutrition du fœtus. Parmi les nombreux vices de conformation que celui-ci peut apporter en naissant, il en est un qui •consiste dans l'oblitération d'une portion de l'œsophage ; elle se présente avec <-les caractères tels qu'il est impossible de ne pas la faire remonter aux premiers temps de la vie intra-utérine ; or, dans ces cas comme dans les autres, on retrouve le méconium sans qu'on puisse constater de différence ni sous li rapport de la quantité, ni sous le rapport de la couleur, ni sous celui de la consistance. Les faits de ce genre suffisent pour trancher détînitivement la ^juestion.

L'étude des caractères physico-chimiques de cette substance n'a pas seulement servi à bien faire connaître sa composition. Elle a fourni à la médecine lé^-ale (.les moyens sûrs de dcmantrer que certaines taches étaient bien formées par elle, et que par conséquent un nouveau-né avait existé ; on n'attend pas de moi que j'entre à ce sujet d:ms des détails qui trouveront leur place dans les articles de médecine légale que coaticndra cet ouvrage (voij. Infanticide, suppression de part, etc.).

DICT. ESC. 2° ?. Xi II. 7,2

408 NOUVEAU-iNÉ.

Je ne m'étendrai pas davantage sur le parti que l'accoucheur pourra tirer de l'apparition du raéconium pendant le cours du travail, pour décider si l'enfant souffre ou non et jusqu'à quel point elle peut le guider pour savoir s'il doit intervenir et à quelle manœuvre opératoire il doit donner la préférence; toutes ces questions seiont examinées ou l'ont été déjà. Au mot accouchement, j'ai consacré un chapitre aux soins que l'on doit à l'enfant pendant son expulsion. J'ai montré que l'importance de l'apparition de cette matière était très-variahle, et qu'en détinitive, elle ne suffisait pas pour établir que l'enfant avait cessé de vivre ni même qu'il était en état de souffrance, l'auscultation seule pouvant donner à cet égard les renseignements désirables.

Mais, chez le nouveau-né, la présence du méconium dans l'intestin soulève d'autres questions qui rentrent dans la physiologie de cet âge et que je dois aborder. Et d'ahurd, à quelle é[)oque est-il expulsé? En mettant de côté les cas pathologiques auxquels j'ai fait allusion, je ne crois pas qu'il soit absolument vrai que l'enfant naisse, toujours, sans avoir i^endu dans le liquide amniotique aucune parcelle de cette substance. Les cas contraires sont rai-es, j'en conviens; mais j'ai assisté à quelques accouchements qui ne me permettent pas d'en contester la réalité. Une fenune arrive au terme d'une grossesse régulière; le travail le plus simple et le plus naturel s'accomplit et se termine en quelques lieures; mais quand la poche des eaux s'est ouverte, on a vu s'écouler un liquide quelquefois fortement coloré eu jaune ou en jaune verdàtre, et de manière à ne laisser aucun doute sur la présence du méconium. La peau de l'enfant peut présenter la même coloration. Justement préoccupé, on s'empresse de constater l'état de la circulation fœtale qu'on trouve aussi normale que possible au point de vue de la force, du nombre et de la régularité des pulsations; on s'assure i[u'il n'y a de circulaire du cordon ni autour du cou, ni autour d'un membre, et i[ue le placenta est absolument sain; le nouveau-né crie au moment ûù il voit le jour et il continue à se bien porter.

Je sais bien qu'on peut objecter que des troubles de la circulation utérine,, placentaire on funiculaire peuvent avoir existé dans un instant de courte durée,. mais suffisante pour expliquer cette évacuation hâtive. Je ne puis pas démontrer le contraire ; mais je ne suis pas ébranlé par cette supposition, en me souvenant surtout combien est variable la quantité de méconium accumulée qui peut, en s'approthant du sphincter et l'irritant, solliciter par action réflexe la conlractilité des fibres musculaires de l'intestin. Qui conteste aujourd'hui que la vessie vide dans la cavité des membranes le produit de la sécrétion rénale ? Si cela n'a pas lieu plus souvent pour le méconium, c'est que la capacité du tube où il s'accumule est relativement considérable et que les matériaux divers qui ^^ervent à le former se reproduisent dans des proportions beaucoup moins grandes.

Aussi, ces évacuations précoces sont très-exceptionnelles et dans les cas où tout s'est passé régulièrement pendant la grossesse et l'accouchement, l'enfant naît presque toujours avec tout ce que son intestin contenait de méconium. Il se passe même d'habitude quelques heures, avant qu'il commence à s'en débai'rasser; mais les variétés, sous ce rapport, sont très-nombreuses. C'est quelquefois au moment même de la naissance, pendant qu'on s'occupe de la première toilette, qu'on voit commencer cette évacuation ; ce n'est pas ce qui a lieu le plus communément. En général, il s'écoule quelques heures, de six à huit, <lix ou douze; quoiqu'il soit rai'e que cela tarde davantage, on rencontre des cas

où rien n'a paru ^après vingt-quatre heures et même plus. Jusqu'à cette dernière limite, il est permis de ne pas s'inquiéter; mais quand elle est dépassée, il faut s'assurer qu'aucune oblitération ou rétrécissement n'existe du côté de l'intestin, et si cela a lieu, agir selon les circonstances pour rétablir les voies. Dans le cas contraire, il faut combattre une sorte de constipation qu'on voit de temps en temps chez le nouveau-né, et qui paraît dépendre d'une faiblesse de la contractilité intestinale dans quelques cas, et dans d'autres, d'un épaississement et d'une viscosité particulière du méconium dans la partie qui avoisine l'anus. Quelques lavements émollisnts peuvent être nécessaires, un petit suppositoire en beurre de cacao, l'introduction du bout du petit doigt ou de l'extrémité d'une sonde, suffisent presque toujours; c'est dans ces cas aussi qu'on peut recourir au sirop de chicorée, à la dose d'une cuillerée à dessert, ou d'huile d'amandes douces, dans les mêmes proportions.

On a beaucoup discuté sur les causes qui mettaient en jeu la contractilité intestinale après la naissance. Comme pour la respiiation, on a fait intervenir l'action de l'air sur la peau ; mais elle est loin d'être démontrée, et, dans tous les cas, elle ne se produirait que d'une manière bien lente; il me paraît plus rationnel de faire jouer le principal rôle aux liquides ingérés dans l'estomac presque aussitôt après que l'enfant est né (eau sucrée, lait coupé, etc.). Quant aux effets purgatifs attribués au premier lait qu'il puise dans les mamelles (il est connu sous le nom de colostrum), on peut se demander si la nature, quelque prévoyante qu'on la suppose, a poussé les précautions jusque-là. Les nombreux enfants qui ne sont pas allaités par leurs mères, et qui, dès le début, tettent des nourrices accouchées depuis un ou plusieurs mois, ne conservent pas plus longtemps pour cela leur méconium. Bien au contraire, l'expérience apprend que ce sont ceux qui s'en débarrassen* dans un temps plus court, et cela se comprend quand on songe que, dès le début ils ingèrent des quantités plus considérables de liquide qui, par sa présence dans les voies digestives, surexcite les sécrétions biliaire, pancréatique et autres, en même temps (ju'il provoque plus activement les contractions péristaltiques de l'intestin. La femme qui vient d'accoucher, surtout quand elle est primipare, ne fournit que des quantités insignifiantes de colostrum dans les premiers jours, même quand elle est destinée à devenir une excellente nourrice.

La quantité de méconium qui s'accumule dans l'intestin pendant la vie intra-utérine, est loin d'être toujours la même, et cela influe sur le temps plus ou moins long que les enfants mettent à s'en débarrasser. Il faut tenir compte aussi de la fréquence et de l'abondance des évacuations. Pour quelques-uns, tout paraît fini du second ou du troisième jour ; pour d'autres, cela dure jusqu'au quatrième et au cinquième. Ceux qui ont à leur disposition une mamelle bien fournie dès le premier jour, sont les premiers à être complètement débarrassés. Pour les autres, il faut un temps plus considérable. Ce qui annonce que le méconium touche à sa fin, c'est l'apparition dans les matières rendues d'une certaine quantité de grumeaux jaunâtres qui indiquent que le lait in^^éré a traversé l'estomac et l'intestin, et qu'il a subi d'une manière plus ou moins complète l'action de la digestion. Quelquefois on y remarque des fra^rments caséeux de couleur blanchâtre qui ont été peu altérés, mais qui n'en témoif^nent pas moins que les voies sont à peu près libres, et le moment n'est pas éloi'^né où tout ce qui sortira désormais par l'anus, sera le résidu des digestions successives qui s'opéreront.

N'ayant trouvé nulle part des recherches qui permissent d'établir quelle était à peu près la quantité de méconium que contenait l'intestin au moment de la naissance, j'ai entrepris une série d'expériences destinées à me fixer sous ce rapport. Elles ont été faites sous ma direction par la sage-femme en chef de mon service et je puis en garantir la rigoureuse exactitude. Elles ont porté sur 20 enfants des deux sexes. Le hasard y a fait entrer 7 garçons seulement, et 15 filles. On remarquera que je n'ai pris que des enfants à terme.

J'ai réuni tous ces faits dans le tableau g qui permet de se rendre facilement comitte des choses qu'il importe de savoir, comme du moment où a lieu la première évacuation après la naissance, de l'intervalle qui sépare les suivantes, du nombre qui est nécessaire pour que l'intestin soit entièrement débarrassé, de la quantité de matière qui est évacuée chaque fois et enfin du total obtenu quand tout est fini.

Tous ceux qui ont été conduits à faire des recherches sur les nouveau-nés savent de combien de difficultés elles sont entourées. Il ne sera pas inutile, par conséquent, que j'indique toutes les précautions que j'ai dû prendre pour avoir des renseignements aussi complets que possible. Des couches spéciales en nombre suffisant ont été pesées séparément, et le poids était inscrit à l'encre sur un des coins de chacune d'elles; si un enfant avait rendu un peu de méconium pendant le travail, on la laissait de côté, quelque minime qu'en fût la quantité. Une fois lavés et en partie habillés, ceux qui devaient servir à mes expériences éiaient convenablement enveloppés par en bas avec une couche tarée. Au moment du change, on essuyait avec soin la peau salie par du méconium en se servant de la même couche et on la pesait immédiatement. L'excédant de poids qu'elle avait gagné représentait la quantité de matière excrétée. Le change était renouvelé deux, trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures. Quand l'enfant avait uriné, quelques grammes étaient retranchés pom- tenir note du poids de ce liquide. Tous ces enfants étaient soumis à une alimentation régulière par les soins de leurs mères ou de nourrices, quand les premières n'avaient pas encore du lait en suffisante quantité.

On reconnaît facilement que tout le méconium est évacué quand on voit apparaître à sa place des grumeaux jaunâtres mêlés à de la bile verdàtre en général et de récente formation. A partir de ce moment, l'opération était terminée et il ne s'agissait plus que de réunir les résultats partiels qui étaient consignés sur un registre.

Au point de vue de l'intervalle qui sépare la naissance de la première évacuation, on remarquera qu'il y a des différences assez grandes. Le moins considérable a été de quatre heures un quart et le plus étendu de vingt-sept heures et demie.

Quant au nombre des évacuations nécessaire pour que tout le méconium soit évacué, il faut s'attendre à de nombreuses variétés. Rarement deux ont suffi; quelquefois il en a fallu trois seulement, mais le plus habituellement quatre, cinq ou six, et dans d'autres cas ce n'est qu'au bout de la neuvième que tout a paru terminé

Le plus habituellement, ces évacuations ont été achevées dans les deux ou trois premiers jours. Cependant dans un cas il en a fallu quatre et dans un autre cinq.

En totalisant pour chaque enfant les évacuations partielles, on arrive aux résultats suivants : minimum 50 grammes, maximum 127, moyenne 74 et une fraction.

Tablenu g.

OTMÉROS

POIDS

DATE

ÉPOQLE ET NOUBUE

QCA.NTIIÉ REiNDCE

d'ordre.

SEXE

EX G Ri M MES.

DE LA NAISSANCE

DES ÉVACCATIONS DD MÉCOMCM.

E.N GRAMUES.

1" évacuation, 2li janvier, midi. . .

2« — 29 janvier, 6 h soir.

Garçon .

) ô' — 29 jaavier, 8 h. soir.

28janv., 2 h. lOmatin.^ 4. 29 janvier, 11 h. soir.

/a- — 30 janvier, 6h. matin.

1 6° — 30 janvier, raid'. . .

Total

1" évacuation, 27 janvier, 10 h. soir.

2' — 28janvier, 6 11. matin.

Garçon .

27 janv., 2 h. 43 soir.

5« — 28 janvier, 6 h. soir.

4' — 29janvier,6h.raatin.

0' — 29 janvier, midi. . .

Total

1" évacuation, 28 janvier, 6 h. soir.

Garçon .

28janv.,9h.30matin.

2» — 28 janvier, U h. soir. 3' — 29 janvier, 6 h. matin. 4' — 29 janvier, midi. . .

Total

1" évacuation, 29 janvier, 6 h. soir.

Fille . .

28 janv., 2 h. 50 matin.

2' — 30 janvier, 6 h. matin. 5' — 50 janvier, midi. . .

Total

l" évacuation, 29 janvier, U h. soir.

1 2' — 30 jaavier, midi. . .

l 3" — 30 janvier, U h. soir.

14' — 31 janvier, midi. . .

Fille . .

29 janv., 2 h. 30 soir./ 3" — 31 janvier, 11 h. soir.

',' — l" février, 6 h. soir.

8' — 2 février, 6 h. matin.

9' — 2 février, midi . . . Total

1" évacuation, 50 janvier, 11 h. soir.

1 2" — 30 janvier, 6 h. midi.

13' — 31 janvier, 11 h. soir.

Fille . .

30janv.,H h. 30mat.; 4' — 1" lévrier, raidi. . . j 3' — 1" février, 6 h. soir. / 6' — 1" février, 11 h. soir. \ ~' — 2 février, 6 h. malin.

Total

Chez cette enfant, née avec une obli-

y tération du rectum, j'ai pratiqué l'o-j

Fille . .

30janv,, llh.4omat.< ppration de l'anus artificiel. J'ai rei cueilli tout le méconium pendant l'o-l 1 pération et à l'autopsie ; il y en aval t . .

1" évacuation, 51 janvier, 6 h. matin.

2" — 31 janvier, 6 h. soir.

Fille . .

„„ . ,„ , .15" — 1" février, midi . . . oO janvier, 10 b. soir, j ^, j,, ^-^^-^^^ g ^ 5^.,,

/ 0" — 1" février, 11 h. soir.

\ 6" — 2 février, 6 h. malin. Total

NOUVEAL'-NÉ.

Suite du tableau q.

NUMÉROS

d'ordre.

SEXE

POIDS

EN

G RAHUES .

DATE DE LA NAISSANCE

ÊPOQDE ET NOMBRE DES ÉVACUATIONS DD HÉCOMtM.

Page 1