‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 78 sur 90 · LE JOUR · texte numérisé non relu

LE JOUR

De six heures du matin à liuit heures.. , . 135

De huit heures à dix heures 110

De dix heures à midi 112

De midi à deux lieures du soir 52

De deux heures à quatre heures du soir . . 83

De quatre heures à six heures du soir . . . 103

Total o8ô

YII. Assistance médicale de nuit. A différentes reprises, l'opinion publique sollicitée par quelques journaux politiques, s'était justement émue en pré-

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sence d'accidents graves et de nombreux cas de maladie survenus pendant la nuit, quelques-uns suivis de mort, sans qu'on ait pu trouver le secours d'un médecin; lorsqu'en 1869 une plainle sous forme de pétition fut adressée au Sénat, qui chargea un de ses membres d'étudier la question. A la même époque, le docteur Passant, secrétaire général de la Société médicale des bureaux de bienftiisance,qui, par la nature môme de ses fonctions, avait pu étudier la question d'une façon tout à fait spéciale, soumettait pour la première fois au directeur général de l'Assistance publique, alors M. Ilusson , son projet sur le service médical de nuit, dont l'idée fondamentale était l'utilisation des postes de police.

Ce projet, accepté dans son intégrité par le directeur de l'Assistance publique, allait sans doute pouvoir être mis à exécution, quand éclata la guerre de 1870. Deux ans plus tard, M. Passant revenait à la charge et, cette fois, avait la bonne fortune de voir son projet soutenu par Nélaton. Ce dernier, qui avait été charge par le Sénat, en 1869, de faire un rapport sur la question, avait conclu à la création de postes permanents dans lesquels il faisait coucher un médecin rétribué ; mais, reconnaissant que le projet du docteur Passant, par cela même qu'il permettait d'utiliser les postes de police existant déjà, était plus simple, plus pratique et à la fois moins disjiendieux, il n'avait pas hésité à abandonner le sien. Mais le mauvais état de sa santé et bientôt sa mort ne lui permirent point de prêter à l'œuvre toute son influence : et, pour la seconde fois, le projet d'assistance médicale de nuit fut laissé de côté.

Mais, pendant ce temps, les idées du docteur Passant i'aisaient des progrès et étaient acceptées à l'étranger. On installait le service médical de nuit à Berlin en 1872; et deux ans après, il fonctionnait à Saint-Pétersbourg.

En 1875, après une nouvelle tentative, cette fois encore infructueuse, faite auprès de M. de Nervaux, directeur de l'Assistance publique, M. Passant, à l'obligeance duquel je dois cet aperçu historique, s'adressait directement au préfet de police, M. Léon Renault, qui, comprenant toute l'importance d'un tel projet, l'adoptait à peu près complètement; et au mois de novembre 1875 présentait au Conseil municipal de Paris un rapport sur les dispositions à prendre.

Voici ce rapport en entier :

(( Je crois répondre, messieurs, à une préoccupation vive et ancienne de l'opinion publique en venant vous demander de m'allouer un crédit nouveau de 10 000 francs destiné à assurer les secours médicaux aux personnes atteintes pendant la nuit d'accidents subits. Les cas dans lesquels l'absence de ces secours a été funeste aux malades sont heureusement rares ; pourtant il se produit de temps à autre des faits douloureux dont le récit, présenté par la presse sous une forme plus ou moins exacte, frappe les imaginations et sert de texte aux récriminations les plus passionnées contre le corps médical. On ne doit pas se laisser toucher plus que de raison par ces divagations de l'irréflexion et de la peur. A Paris, le corps médical, pris dans son ensemble, fait assez bon marché de son repos, de sa santé, plus encore de ses intérêts ; mais il ne faut pas que «es habitudes de dévouement fassent méconnaître, en ce qui le concerne, les plus simples notions de l'équité.

« Les forces des médecins sont des forces humaines qui ont leurs limites. Leur profession, qui s'exerce au milieu de mille causes d'émotions et de dangers

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personnels, dans le trouble de toutes les lois de l'hygiène, leur fait du repos, à certaines heures, une nécessité impérieuse.

« Dans un autre ordre d'idées, il est certain que les appréhensions exagérées des familles , les inquiétudes folles des malades eux-mêmes les exposent souvent à des déplacements de nuit sans motifs sérieux. — Enfin on ne peut leur nier le droit de se laisser gouverner par certaines mesures de prudence, car, plus d'un, dont on était venu solliciter le dévouement en faveur d'un prétendu malade, a été conduit dans un guet-apens. Je ne parle que pour mémoire de l'ingratitude des clients qui, une fois le service rendu, refusent au médecin la rémunération la plus légitime.

« Ces considérations expliquent l'utilité qu'offrira en cette matière l'intervention administrative. Cette intervention assurera ce triple résultat :

« 1° Que la personne qui aura besoin des soins immédiats d'un médecin saura sûrement où le rencontrer et ne sera pas exposée à perdre un temps précieux en recherches réitérées ;

« 2° Que le médecin lui-même se retrouvera dans des conditions de santé et de liberté qui lui permettront de répondre à l'appel du malade ;

« 5° Que l'acte de dévouement qu'il accomplira ne pourra pas compromettre sa sécurité personnelle, et qu'il ne sera pas frustré de la juste rémunération de son déplacement.

(( M. le docteur Passant, que la préfectui'e de police compte au nombre de ses auxiliaires les plus dévoués en sa qualité de médecin en chef adjoint du dispensaire de salubrité, M. le docteur Passant s'est, depuis plusieurs années, beaucoup occupé de cette question spéciale ; et il a résumé ses études dans des propositions d'une simplicité et d'un caractère pratique qui ne laissent rien à •désirer.

« Dans chaque quartier, les médecins seront invités à déclai'er s'ils entendent se rendre aux réquisitions qui leur seront adressées pendant la nuit.

« Les noms et les domiciles de ceux qui auront fait cette déclaration seront inscrits sur un tableau affiché dans le poste de police du quartier.

« La personne qui aura à requérir un médecin se rendra au poste de police de son quartier et choisira sur le tableau le médecin dont elle désire réclamer les soins.

« Un gardien de la paix détaché du poste accompagnera le requérant au domicile du médecin, suivra celui-ci chez le malade et, la visite faite, le reconduira chez lui.

« En le quittant, il lui remettra un bon d'honoraires de dix francs qui sera payé à présentation à la caisse de la préfecture de police.

« Suivant la situation de fortune du malade qui sera, en temps convenable, l'objet d'une enquête sommaire, l'administration lui réclamera le remboursement des honoraires alloués, ou les prendra définitivement à sa charge.

« Il ne paraît pas, messieurs, qu'il y ait rien à ajouter à cet ensemble de dispositions.

« Quand elles auront été sanctionnées par votre approbation, elles recevront toute la publicité nécessaire pour leur mise en vigueur immédiate. »

Un nouvel arrêté faisant connaître, pour chacun des quatre-vingts postes de police de Paris, les noms des médecins qui ont adhéré au service, établit bientôt que ce service commencerait à dix heures du soir pour finir à sept heures du

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malin, depuis le 1" octobre jusqu'au 51 mars; et à onze heures du soir jusqu'à six heures du matin depuis le 1^"' avril jusqu'au 50 septembre.

(( Le 6 février 1876, nous écrit le docteur Passant, le service médical de nuit fut institué à Paris avec le concours de 545 médecins. 11 prend chaque année une plus grande extension, à la grande satisfaction du public et des médecins. Les visites s'accroissent de trimestre en trimestre ; les médecins inscrits sont aujourd'hui au nombre de G64, celui des sages-femmes s'élève à 106. Le service fonctionne donc régulièrement au grand contentement de tous; car il assure des soins aux malades, des honoraires aux médecins traitants et le sommeil paisible aux autres ; il a ainsi obtenu le droit de cité. »

De si grands avantages ne pouvaient tarder à être appréciés par les administrations éclairées et soucieuses de la santé publique. Le service médical de nuit fonctionne en Russie, non-seulement à Saint-Pétersbourg, mais aussi à Moscou, à Odessa, à Varsovie. Il existe en Italie : à Rome, à Milan et à Turin, où il a été organisé par les soins du professeur Pacchioti. 11 a été aussi installé à Lisbonne. En France,la plupart des grandes villes s'en sont justement préoccupées; mais on ne saurait trop stimuler leur zèle à cet égard. Lyon, Lille, Marseille, en seront prochainement dotés; il est en pleine activité à Alger depuis le 8 mars 1878.

Dans la proposition de projet du docteur Passant, un point avait été négligé jusqu'ici, sur lequel son auteur avait pourtant particulièrement insisté ; et dont l'importance ne saurait être mise en doute ; c'est celui qui a trait à la possibilité d'établir une statistique médicale de nuit. Cette lacune a été comblée depuis le commencement de cette année 1878. Le bulletin suivant, proposé par M. Passant, où ne se trouve nullement mentionné le nom de la personne qui a réclamé des soins, ne soulève en aucune façon les susceptibilités plus ou moins exagérées des médecins et des familles en ce qui concerne le seci'et médical.

Pour bien faire comprendre tout l'intérêt qui s'attache aux résultats d'une pareille statistique, nous ne saurions mieux faire que de présenter ici le résume de celles que M. le docteur Passant a commencé à donner à la fin de chaque

trimestre.

Du 1" avril 1878 au 50 septembre, il a été fait 1915 visites de nuit. Dans le trimestre de juillet, août et septembre, il y a eu une différence de plus de 151 visites- et la mojenne des visites par nuit a été de 11 pour ce même trimestre. Les hommes entrent dans la proportion de oi p. 100. Les femmes dans la proportion de 52 p. 100 et les enfants dans la proportion de 14 p. 100.

La nature des maladies pour lesquelles il a été demandé des secours permet de les grouper en quelques catégories dont l'intérêt réside surtout dans le caractère subit de l'accident qui a engagé le malade ou la famille du malade à recourir immédiatement au médecin.

Dans un premier c^roupe nous rangerons toutes les affections dont le sym[)tôme principal, celui qui effraye est la suffocation ; ce sont par ordre de fréquence : les bronchites, les angines, les affections du cœur, les pneumonies et les congestions pulmonaires, le croup, l'asthme;

Dans une seconde catégorie, les affections dont le symptôme prédominant est la sidération abdominale; ce sont : les troubles gastro-intestinaux, les cholérines, les coliques hépatiques, néphrétiques et saturnines, les attaques de dysenterie, les hernies étranglées, etc.;

mcv. KNc. -1' s. XIII. ^3

770 Mil (hygiène).

Arrondissement. PRÉFECTURE DE POLICE

Service médical de nuit dans Paris.

Quartier.

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