‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.66Chapitre 45 sur 47 · S,11.\T-ANDHÉ DE LA CASCADE SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

S,11.\T-ANDHÉ DE LA CASCADE SAINT-LOUIS

Sulfure iJc soiliiim 0,02829 0,05010 \

Potasse 0,00821 o!o0940 )

Soude 0,05342 0,05841 ( " ' ' ^'^'^

Cli»ux 0,00815 0,00755 /

Carbonate de soude 0,04783 0,04842 0,052

— chaux » „ 0^020

Sulfate de soude 0,63000 0,06200 0,070

— magnésie » , o,008

— chaux » >, 0,019

Chlorure de sodium 0,05160 0,05200 0,056

Silice 0.1-1500 0,16400 0^078

Alumine, fer, manganèse, iode .... 0,05000 0,04200 » Alumine, iode, acide borique, for manganèse cl cuivre » > 0,050

Composé azoté 0,05400 0,05600 0,010

TOIAL DES MATIÈHES FIXES . . . 0,43150 0,45966 0,310

Quoique îvî. Bouis ait inscrit dans ce tableau la potasse et la soude à l'état de liberté, il les considère cependant comme devant être combinées avec la silice.' M. Filhol fait remarquer aussi, avec juste raison, que les eaux sulfurées d'Olette sont extrêmement chargées de silice et que c'est ce qui donne l'explication des incrustations de soufre qui se rencontrent sur les parois de leurs bassins de captage et des conduits qui les distribuent aux diverses parties de l'établissement.

Mode d'administration et doses. Les eaux des principales sources d'Olette sont employées en boisson, en bains généraux et locaux, en douches sur tout le corps ou sur l'une de ses parties, en inspiration et en pulvérisation. La dose de ces eaux prises à l'intérieur, varie d'un verre, bu en plusieurs fois, à trois verres ingérés le matin à jeun et de demi-heure en demi-heure. Le choix de la source où doivent aller boire les malades, est subordonné aux indications et aux résultats que l'on veut obtenir. C'est l'eau des sources Saint-André et de la Cascade, qui sont préférées quand le médecin désire produire une excitation sensible avec les eaux les plus fixes et les plus sulfurées de la station, tandis qu'il choisit les eaux purement alcalines ou franchement dégénérées, lorsqu'il doit se contenter d'un effet résolutif ou sédatif. Ces degrés très-tranchés dans la sulfuration et dans l'alcalinité des eaux d'Olette, presque toujours très-riches en barégiiie, est la caractéristique de ces eaux et leur assigne une place très-élevée dans le cadre hydrologique. Nous ne craignons pas de nous avancer trop en leur prédisant un brillant avenir, lorsque leur installation sera au niveau de leur valeur thérapeutique. Olette est appelée à occuper un des premiers rangs des

OLETTE (Eaux minérales d'). '/45

postes thermaux des Pyrénées, en raison de la quantité de ses eaux, qui permettent tous les usages extérieurs, si variés qu'on les veuille, en même temps qu'elles donnent les résultats les plus avantageux. Presque tous les états pathologiques, en effet, ressortissent d'eaux sulfurées, dont la gamme est, pour ainsi dire, complète à cette station thermale. L'installation balnéo-thérapique s'est bornée, jusqu'à ces derniers temps, à un petit nombre de baignoires mal disposées et inconfortablement établies. Le propriétaire des eaux d'Olette, M. Bouis, a fait construire un établissement thermal et un vaste hôtel où les baigneurs rencontrent des moyens balnéaires plus en rapport avec l'abondance des eaux, leur sulfuration et l'importance actuelle de la station. Mais de ce qui existe à ce que l'on pourrait faire à Olette, il y a une distance assez grande pour tenter une société industrielle, qui installerait convenablement, luxueusement même, le captage et l'aménagement des sources, construirait de grands établissements thermaux où tous les moyens de la science seraient réunis, et qui sont loin d'exister à Olette. On n'y a utilisé, en effet jusqu'à présent, qu'un très-petit nombre de sources dont on n'a pas même besoin de tout le débit, car certaines alimentent de vraies rivières thermominérales et la majeure partie de leurs eaux très-sulfurées , dégénérées ou franchement alcalines, se perdent sans aucun profit puisque les moyens balnéaires sont restés à Olette, beaucoup moins importants qu'ils pourraient l'être et qu'ils le seront probablement un jour.

Action thérapeutique. Les eaux hyperthermales, mésothermales ou hypothermales d'Olette n'ont pas la même action sur l'homme sain et sur l'homme malade, suivant qu'elles sont plus ou moins chaudes, qu'elles sont plus ou moins chargées de leur principe sulfuré, qu'elles renferment plus ou moins de barégine ou de substance azotée, etc. Ainsi, ces eaux sont d'autant plus excitantes qu'elles sont plus sulfurées et qu'elles ont moins de barégine dissoute ou précipitée ; elles sont jusqu'à un certain point sédatives, au contraire, lorsqu'elles sonc mésothei'males ou hypothermales, lorsqu'elles ne contiennent pas de sulfure ou qu'il est dégénéré en adoptant le langage d'Anglada, et aussi lorsqu'elles laissent déposer une grande quantité de barégine. Les qualités diverses des sources d'Olette font que leur eau, relativement peu appréciée encore, convient à une foule d'états pathologiques, qui ne pourraient-être utilement soignés à beaucoup d'autres stations des Pyrénées. Aussi M. le docteur Puig, médecin inspecteur de ces sources et praticien très-distingué, a-t-il publié un grand nombre d'observations de guérison ou d'amélioration très-sensible d'accidents rhumatismaux chroniques et invétérés des articulations ou des muscles, de névroses, de névralgies des organes internes et externes, de maladies catarrhales des voies digestives, aériennes et urinaires, d'affections herpétiques, de gêne des mouvements consécutive à une fracture, à une luxation ou à une entorse. Ce médecin insiste avec juste raison, sur la spécialisation de chacune des sources d'Olette, qui est appropriée aux affections et diathèses que nous venons d'indiquer, et aux manifestations de la scrofule plus particulièrement du ressort d'eaux fortement chlorurées. Le traitement externe, c'est-à-dire les grands bains et les douches générales chaudes avec les eaux les plus chargées, est presque exclusivement employé dans les rhumatismes apyrétiques de maludes peu excitables ; tandis que les eaux mésothermales ou hypothermales dégénérées d'Olette, conviennent beaucoup mieux aux sujets nerveux et facilement irritables, qu'ils soient ou non rhumatisants. Les eaux franchement alcalines et à peine sulfurées de quelques sources d'Olette sont précieuses toutes les fois qu'il

lU OLEUM NIGRUM.

importe d'obtenir des résultats pareils à ceux que donne l'usage des eaux bicarbonatées sodiques ou calcaires. Ce sont les eaux des différentes sources d'Olette en boisson, qui doivent être choisies comme traitement principal ; au contraire, quand le médecin veut modifier les sécrétions de l'estomac, du larynx, de la trachée, des bronches ou de la membrane muqueuse des voies uro-poiétiques, la médication par les bains, les douches, l'aspiration et la pulvérisation est un adjuvant précieux, mais elle n'est alors qu'un adjuvant. Dans les maladies de la peau et des muqueuses accessibles à la vue, il est indispensable d'avoir recours, à la fois, à une cure interne, car ces deux moyens réunis ne sont pas de trop pour amener une guérison ou une atténuation d'accidents si malaisés à détruire, si tenaces le plus souvent ; l'action hyposthénisante indiscutable de certaines sources d'Olette dans les névralgies et les névroses rebelles se rapproche beaucoup de celle que nous avons signalée à Saint-Sauveur (voy. ce mot), et que nous avons essayé d'expliquer avec les documents que nous a communiqués M. le docteur Caulet. Les eaux fortes et très-chaudes d'Olette ont encore en bains et en douches, une propreté curative, égale aux eaux polysulfurées de Barèges, dans les suites de grands traumatismes qui ont gêné les mouvements ou les ont rendus quelquefois impossibles. Les eaux d'Olette, employées à l'intérieur et à l'extérieur, réussissent enfin lorsqu'il existe une affection strumeuse de la peau, des ganglions ou des os, alors que le médecin a des raisons de choisir les eaux sulfurées dans celte diathèse et qu'il les préfère aux eaux chlorurées sodiques fortes, bromo-iodurées, qui sont presque toujours celles qui donnent pourtant alors les résultats les plus avantageux.

La dvrée de la cure varie de 20 à 50 jours.

On n'exporte presque pas les eaux hyperthermales sulfurées d'Olette, quoiqu'elles soient relativement plus fixes que beaucoup d'eaux de cette classe.

A. ROTUREAU.

Bibliographie. — Bonis. Les eaux d'Olette. Pei'pignan, 1852. — Do même. Vallée de la Tet, affluents et itinéraires, Olette. Perpignan, 1858. — Filhol. Eaux minérales des Pyrénées, Oletle. Paris, 1855, in-12 — Pma. Observations médicales sur les eaux thermales sulfureuses d'Olette, 5" série. Perpignan, 1858, in -8°. A. R.

OLEUM A'iGRUm. C'est une huile un peu aromatique de couleur noire, que les indigènes de l'fnde retirent, par une grossière distillation, des semences d'un célastre, et que le docteur Herklots considérait comme souverain contre le béribéri. A la dose de 10 gouttes et plus, trois fois par jour, elle exercerait une action stimulante et produirait le diaphorèse. D.

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