‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.66Chapitre 9 sur 47 · OBSTÉTRIQUE (histoire · texte numérisé non relu

OBSTÉTRIQUE (histoire

de Bertrandi et de Penchienati. A Bologne, en 1747, on ouvre une chaire obstétricale que l'on confie à J. A. Galli, si connu par ses mannequins destinés à représenter tout ce qui concerne la mère et l'enfant. Padoue institue à son tour une chaire d'obstétrique, que l'on confia à Louis Calza, remplacé plus tard par Sograli et Malacarne. Venise voulut aussi avoir une École obstétricale (1770), à laquelle furent successivement nommés comme professeurs Menini, Rizzo, Carminati et Benedetti. Milan vit une écolo s'ouvrir en 1767, où fleurirent successivement les deux Moscati, Palleta, Monteggia et Assalani, qui, outre l'enseignement, ont produit des travaux importants et traduit des traités étrangers d'obstétrique. Pavie eut aussi, en 1772, un enseignement obstétrical purement théorique, mais les professeurs Nessi et Malacarne ne laissèrent pas de le rendre important par leur mérite. La ville de Florence, qui recevait depuis longtemps des femmes enceintes dans ses hôpitaux, eut enfin, en 1741, une école obstétricale pratique, oiî Cocchi, après avoir préparé lui-même Joseph Vespa à lui succéder, envoya son élève à Paris pour le faire perfectionner sous Levret. A Rome, ce fut un riche avocat (dom Pasquale de Pietro) qui fit les frais de l'éducation du jeune Asdrubali à Paris, pour qu'il allât ouvrir (1786) la chaire d'accouchements dans la Ville Éternelle. A Naples, enfin, on érigeait aussi en 1777 une chaire obstétricale, et Dominique Ferrari, qui devait l'occuper, fut encore envoyé à Paris faire son éducation, c'est-à-dire que les idées françaises étaient presque les seules enseignées en Italie à l'époque qui nous occupe ici.

Notons que le milieu du xviii^ siècle fut marqué par l'entrée dans la pratique d'un instrument qui devait faire longuement parler de lui et rendre les plus grands services. Nous voulons parler du Forceps, inventé au moins un siècle auparavant, mais qui eut de la peine à se répandre pour des causes que nous avons relatées [voy. Forceps, histoire).

Remarquons encore que c'est dans la seconde moitié de ce même xviii* siècle que l'on vit l'esprit des chirurgiens se tourner vers une opération hardie, la section césarienne ou histéro-gastrotomie. Tentée d'après Bauhin pour la première fois sur sa femme par un chàtreur de porcs du nom de Nufer [voy. Nufer), rejetée comme impossible par Paré, regardée comme d'une guérison exceptionnelle par Guillemeau, proscrite encore par les auteurs du xviii^ siècle, ce ne fut que vers 1760, écrit M. F. Castelain, qu'une ère nouvelle commença pour cette opération, par la publication du mémoire de Simon, mémoire contenant un certain nombre de réussites, et qui suscita un tel enthousiasme parmi les médecins, que cette opération se pratiqua alors avec une légèreté regrettable. Mais le beau temps de l'opération césarienne ne dura pas longtemps; elle vit bientôt s'élever une rivale menaçante : la symphyséotomie {voy. ce mot). L'opération de Sigault, qu'il fit pour la première fois sur la femme Souchot, le 1^'' octobre 1777, eut le privilège de passionner les esprits ; — au point que le bronze lui-même fut mis en œuvre, et que l'on frappa une médaille en l'honneur de l'invention. Nous n'avons pas à nous occuper ici du sort définitif réservé à la symphyséotomie; la question sera discutée dans ce Dictionnaire.

Première application des classifications naturelles a l'art obstétrical. SoLAYRÈs DE Reîn'hac. En résumé, dans cette période de près de deux cent cinquante ans, qui s'est écoulée entre Rhodion et Levret, que voyons-nous? des erreurs transmises de siècle en siècle, et considérées comme vérités par ceux qui les ont suivies. Il est vrai que le terme de huit mois, condamné

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pendant si longtemps, trouva grâce devant les travaux des Levret, Antoine Petit et Smellie; que la fameuse culbute de l'enfant dans le sein de la mère fut définitivement rejetée; que la doctrine de l'activité du fœtus pendant le travail de la parturition donna place à l'activité utérine; que l'écartement des os pubiens fut tenu dans ses véritables limites. Mais, à part ces conquêtes si longcment et si difficilement acquises, l'obstétrique restait encore un art sans base certaine; la physiologie de l'accouchement spontané ou normal restait à faire ; il fallait soumettre ce grand acte à des caractères fixes, à des divisions largement tracées, en un mot, à la méthode des classifications inaugurées par Tournefort et Linné.

Ce fut un jeune médecin du diocèse de Cahors, François-Louis Solayrès de Renhac, qui accomplit cette réforme, en écrivant pour être agrégé au collège de chirurgie une thèse qu'il ne put pas même soutenir, car il mourut peu de temps après, emporté par la phthisie, le 5 avril 1 772. Cette thèse mémorable porte ce titre : Dissertatio de partit viribus maternis absotido... Elle a été rééditée en 1851 par J.-C de Siebold, et traduite en français en 1842 par Andrieu de Brioude. Son auteur y a plus fait pour la connaissance du mécanisme de l'accouchement qu'aucun de ses devanciers, et ce fut sous son inspiration qu'on se rendit, enfin, un compte exact des obstacles qui s'opposent à la parturition, et que l'on put diriger avec précision les moyens propres à les lever.

La rénovation révélée par Solayrès étant devenue le point sur lequel ont tourné tous les travaux de ses successeurs, nous croyons devoir donner un tableau analytique de la classification proposée par l'ingénieux accoucheur. Ce tableau fera mieux saisir que toute description les vues de l'auteur; nous négligeons cependant les nombreuses espèces et variétés qu'il a indiquées. Ajoutons que Solayrès déclare d'abord que de nombreuses autopsies lui ont permis de constater que presque toujours l'enfant dans le sein de sa mère est situé la tète en bas, pelotonné sur lui-même. 11 explique cette erreur longtemps soutenue de la culbute au septième mois par la difficulté d'explorei' avant ce terme la partie inférieure de l'utérus.

Il établit ensuite une division des accouchements en trois classes : 1° ceux qui se terminent par les seuls efforts naturels ; 2° ceux qui réclament l'intervention de la main de l'accoucheur, les efforts maternels existant ou n'existant pas ; 3° ceux dans lesquels l'accoucheur doit employer des instruments, aidé ou non par les contractions utérines.

En un mot, Solayrès veut qu'après les notions anatomiques, ce qui doit faire la base de notre art, ce sont les notions précises sur le mécanisme et la division méthodique des faits qui composent la grande fonction de l'accouchement. 11 s'efforce de suivre la nature pas à pas et d'en décrire les principaux phénomènes : il analyse. L'école dont il doit être considéré comme le chef, et qui s'est continuée jusqu'à nos jours, poussa jusqu'à ses dernières limites cette méthode analytique.

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