‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.67Chapitre 17 sur 40 · DICT. ESC. 2' S. XV · texte numérisé non relu

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masque complètement. La lame cornée perd son poli et son brillant; elle devient terne, et présente des stries longitudinales; ce dernier caractère, on le sait, est encore un de ceux de rhi|)pocratisme.

L'influence de la circulation dans les gros vaisseaux des membres sur la nutrition des ongles a été peu étudiée. 11 est permis de supposer que ceux-ci peuvent présenter, dans leur croissance et leur configuration, des modifications en rapport avec les troubles circulatoires consécutifs aux oblitérations artérielles et veineuses ; mais nous ne possédons aucune observation à ce sujet. Broca seul a noté l'accroissement exagéré des poils et des ongles dans les anévrysmes artério-veineux qui, loin de mettre obstacle à la nutrition, déterminent souvent l'iiypertrophie de la totalité du membre qui en est affecté.

Dans les fractures des os des membres, la croissance des ongles est entravée, et cet arrêt se traduit par la formation d'un sillon transversal ; ils reprennent leur développement quand la consolidation s'effectue. Ce fait signalé pour la première fois par Guentber, a été nié à tort par Malgaigne ; Ancel rapporte deux observations, de Broca et de Duplay, qui ne permettent pas de le mettre en doute. Le Deiitu pense que c'est peut-être par l'intermédiaire de la circulation locale que se fait sentir l'influence des fractures sur la croissance des ongles. Il est évident que, dans un membre qui ne fonctionne pas et qui est soumis à un repos absolu, la circulation est ralentie et, par suite, la nutrition moins acùve. L'arrêt de développement des ongles a la même valeur que l'atropbie des muscles et l'amaigrissement qu'on observe dans le même cas. Il serait intéressant de recbercher s'il se produit sur des membres immobilisés pour une autre cause qu'une fracture.

5° Altérations par troubles de C innervation générale et locale. Le système nerveux agit sur la nutrition des ongles indirectement par les nerfs vaso-moteurs, et directement par les nerfs trophiques.

Les altérations des ongles d'origine centrale sont encore peu connues. Selon ^Yeir Mitchell, leur croissance s'arrête complètement dans les paralysies de cause cérébrale, tandis qu'elle ne fait que se ralentir après la section complète des nerfs. Joffroy, dans un cas de pachyméningite spinale, a vu les ongles s'incarner, devenir secs et cassants, sous l'influence de la compression des racines nerveuses. Le même auteur a observé récemment la chute spontanée de l'ongle du gros orteil chez un ataxique. Esbach a noté l'épaississement des ongles et l'exagération de leur courbure transversale dans l'hémiplégie ; cette déformation, caractéristique de ce qu'il nomme l'ongle sudoral, sei'ail due à la"diaphorèse du côté paralysé.

Les troubles trophiques consécutifs aux lésions nerveuses périphériques ont été mieux étudiés. Les expériences sur les animaux avaient permis à Steinruck, Lou" et, Brown-Séquard, de constater la chute des ongles après la section du sciatique. Pour ce dernier physiologiste, il est vrai, elle devrait être attribuée uniquement à une action mécanique, résultant des chocs et des frottement de ]'on<^le contre le sol. Cette opinion est certainement exagérée, et si les influences mécaniques peuvent jouer le rôle de causes adjuvantes, la part du système nerveux n'en a pas moins d'importance.

A la suite des plaies des nerfs, la déformation la plus commune, d'après Weir Mitchell, consisterait dans une double incarnation de l'ongle, dans le sens antéro-postérieur et dans le sens transversal ; cet aspect serait tellement typique, qu'il suffirait à lui seul pour faire diagnostiquer la blessure d'un nerf-

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L'incurvation latérale s'accompagne quelquefois de douletu's très-vives. Indépendamment de cette déformation, les ongles peuvent présenter certaines altérations qui portent sur la lame cornée ou sur le derme sus-unguéal. C'est ainsi qu'on les voit devenir secs, squameux, fragiles; leur surface est raboteuse, leur coloration mate. Tantôt ils s'épaississent, et la phalange, augmentée de volume elle-même, prend la forme en massue; tantôt ils s'atrophient et finissent par tomber complètement. L'ulcération de la inatrice n'est pas rare ; elle peut s'étendre aux téguments voisins, comme Gosselin l'a observé consécutivement à une blessure du nerf médian.

Mentionnons, pour mémoire, les altérations des ongles dans quelques maladies dont la nature nerveuse est encore mal définie. On a cité leur allongement et leur incurvation dans l'acrodynie ; leur rétrécissement et leur desquamation dans la sclérodermie ; la multiplication des cellules du lit de l'ongle dans la cachexie pachydermique.

VI. Affections diathésiques. Nous avous parlé plus haut des altérations unguéales dépendant de la scrofule. Nous indiquerons ici, tout d'abord, celles que produit la syphilis. Mais nous avons du, à ])ropos de Tonyxis, décrire une première série de lésions syphilitiques qui, se produisant au voisinage de l'ongle, n'affectent que plus tard la lame cornée, et que nous désignons, avec Fournier, sous le nom de périomjvis. Avec le même auteur, nous reconniiissons une seconde série d'accidents relevant de la même diathèse, mais n'intéressant ou ne paraissant intéresser que l'ongle lui-même, et auxquels Fournier réservo l'ancienne dénomination à'onyxis. Tels sont les faits qu'il nous reste à exposer.

Ainsi compris, l'onyxis syphilitique présente quatre variétés :

a. L'onyxis craquelé, plus fréquent aux ongles des mains, plus rare aux orteils, est infiniment plus commun chez la femme que chez l'homme. Cette lésion est caractérisée par la friabilité et l'ébrècheraent progressif de l'ongle, portant sur la partie libre decet organe. Les malades ont beau couper, arrondir le sommet de leurs ongles pour supprimer cette difformité, toujours ce sommet se fendille et s'exfolie ; des dentelures inégales, se cassant sous la moindre pression, se forment sans cesse et se continuent souvent avec des fendillements longitudinaux de la lamelle unguéale.

b. Le décollement partiel est caractérisé par le soulèvement progressif de l'ongle, qui se détache de son lit, de bas en haut, de telle façon qu'on peut introduire au-dessous de lui un instrument pointu et suivre ainsi les progrès d>^ ce décollement inférieur (par opposition avec la variété suivante, qui détache l'ongle de haut en bas). La lamelle unguéale se soulève quelquefois sur une assez grande hauteur, et les limites de la lésion se traduisent au dehors par un changement de coloration très-visible. Il est rare que l'affection arrive à déterminer la chute de l'ongle; le plus souvent les parties supérieures de l'ongle, par leur développement normal, viennent au contact de la partie inférieure du derme et y contractent de nouvelles adhérences qui réparent le dommage.

c. Le décollement total, suivi de la chute de l'ongle, a reçu de quelques auteurs le nom d'alopécie unguéale. Cliez les malades soucieux de leur personne, on peut suivre dans tous ses détails l'évolution de cette lésion : l'ongle se bombe, se soulève peu à peu au niveau de sa racine; puis, se détachant de haut en bas et poussé progressivement vers la partie inférieure, il laisse à nu derrière lui une surface rosée, sèche et squameuse, qui n'est autre que la matrice de l'ongle, et qui augmente d'étendue à mesure que l'élimination fait dos

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progrès. Toutes les adhérences étant rompues, l'ongle finit par tomber, mais déjà un nouvel ongle a commencé à se développer à sa place ; il s'accroît à mesure que l'ancien approche de sa chute, tantôt régulier, tantôt incurvé et crochu comme les ongles de nouvelle formation ; quelquefois, dit-on, l'ancien n'est remplacé que par un amas informe de matière cornée. Un caractère essentiel de cette affection, c'est d'être absolument indolente, tellement que certains malades, qui s'observaient peu, ont ainsi perdu tous les ongles de leurs orteils ou plusieurs d'entre eux, sans avoir soupçonné la lésion dont ils étaient atteints.

d. h'onyxis hypevtrophique est la variété la plus rare. Ressemblant assez à la lésion décrite sous le nom de psoriasis unguéal, elle est caractérisée par l'épaississement considérable de l'ongle, surtout marqué vers le bord libre, qu'on trouve rugueux, fendillé, irrégulièrement stratifié. Fournier ne met pas en doute l'origine syphilitique de cette altération, bien qu'on l'ait contestée.

Dans ces diverses formes d'onyxis, le traitement général est seul indiqué. Tous les topiques seraient inutiles.

Varthrltisme provoque des lésions unguéales dont la description ne manque pas d'être délicate. Passé sous silence par Hardy et Cazenave, ï eczéma unguiwn a été confondu par Devergie avec le psoriasis, comme le prouve la description qu'il donne de celui-ci. En réalité, l'eczéma est caractérisé par la présence d'une couche de substance épidermique de nouvelle formation entre le derme et la lame cernée; cette substance est dure, noirâtre, d'apparence croùteuse ; l'épaisseur de la couche est variable, et va en diminuant du bord libre vers la racine, de telle façon que la direction de la lame cornée est plus ou moins modifiée. La face dorsale de l'ongle n'est plus convexe, elle est devenue horizontale, et ses bords latéraux se dégagent des replis cutanés qui la couvraient. L'ongle prend quelquefois une forme cubique ou conoïde; il est dépoli, rugueux, inégal, et présente des sillons verticaux plus marqués qu'à l'élat normal ; il augmente d'épaisseur, surtout à son bord libre, et présente l'aspect d'une série de lames épidermiques mal jointes. L'examen microscopique fait par Ranvier a montré la transformation vésiculeuse à&s cellules épithéliales (observations d'Ancel). 11 est important de bien établir le diagnostic différentiel entre l'eczéma et le psoriasis des ongles; aussi est-il nécessaire d'examiner attentivement, non-seulement l'altération unguéale, mais les signes de l'éruption dans les autres points du corps et les antécédents du malade.

Les caractères objectifs de l'ongle interrogés seuls permettraient bien difficilement de distinguer l'eczéma de deux autres lésions voisines, le lichen et le pityriasis. Dans la première, épaississement de l'ongle, aspect dépoli, stries longitudinales, production d'une couche abondante de cellules épidermiques entre le derme et la lame cornée, formant une masse croùteuse et' brunâtre, tout est semblable à l'eczéma, si ce n'est que la lame cornée est peut-être moins altérée que dans celui-ci, conserve en partie sa transparence, et n'est épaissie que vers son extrémité libre. Quant au pityriasis, le silence des auteurs à son égard nous autorise à ne pas le décrire plus amplement.

Le psoriasis unguiuni est considéré par quelques auteurs comme relevant de Vherpétisme. Il a été plus souvent observé et mieux décrit que les formes précédentes. Cependant, Rayer et Cazenave en parlent en termes peu précis; Hardy, en signalant les rainures profondes qui donnent aux ongles un aspect irrégulier, et caractérisent une altération déjà très-avancée, a méconnu les signes qui marquent le début de la maladie. li ya d'abord un amincissement notable de la lame cornée.

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permettant de voir par transparence le derme sous-jaceut. Ensuite apparaît l'aspect pointillé de l'ongle, signe capital méconnu par les auteurs précédents, et dû à la présence de petites dépressious d'abord peu nombreuses qui ne sont autre chose que des pertes de substances très-superficielles de la lamelle ungiiéale. A mesure que ces dépressions s'accroissent, elles se réunissent pour former des pertes de substance plus grandes, et enfin de véritables rainures transversales. Plus tard les ongles tombent ; quelquefois leur chute a lieu sans qu'ils aient présenté de rainure. En résumé, un amincissement général, un aspect pointillé et des rainures transversales caractérisent le psoriasis; ajoutons que les dépressions ci-dessus décrites apparaissent toujours au niveau de la lunule, et s'avancent progressivement à mesure que l'ongle se développe. C'est la preuve que le psoriasis unguium est le résultat d'une altération de la matrice produisant une substance cornée anormale. Au contraire, l'eczéma nous a montré un épaississement considérable, et une production épidermique qui se fait aux dépens du lit de l'ongle et qui débute vers le bord libre pour envahir de bas en haut tout le derme sous-unguéal. Les deux lésions diffèrent donc profondément dans leur nature et dans leur aspect, notion qui peut avoir son importance au point de vue des indications thérapeutiques, suivant la nature dialhésique qu'on attribue à chacune de ces manifestations locales.

Terminons ce chapitre en disant un mot des altérations que subissent les ongles dans la lèpre. Signalées seulement par Alibert et la plupart des auteurs modernes, elles sont rangées par Bazin dans le groupe des léproïdes farfuracées. « Les ongles, dit cet auteur, se décolorent, perdent leur poli, deviennent rudes et squameux. Leur cohésion diminue peu à peu, leurs lames se disjoignent ; ils se fendent et saignent à la moindre pression, puis leur chute spontanée s'opère. Dans d'autres cas, le mal suit une marche inverse, les ongles subissent une sorte d'hypertrophie, ils sont épais, saillants, tout en conservant les caractères de rudesse et d'état squameux qui vient d'être décrit, »

VII. Affections parasitaires. Alibert à l'hôpital Saint-Louis, Pinel à la Salpêtrière, Murray à Gottingue, ont signalé les affections parasitaires de l'ongle. Gibert et Cazenave les ont entièrement passées sous silence; Mahon, qui avait contracté une affection de ce genre en soignant des teigneux, la rapprocha du favus, mais n'en reconnut pas exactement la nature. Enfin, Bazin a montré que les malades atteints depuis longtemps de la teigne faveuse portaient très-souvent une altération des ongles due à la présence du champignon caractéristique de cette maladie. L'ongle, en effet, présente un terrain éminemment favorable au développement des parasites pilicoles dans les cellules intercalées entre sa face profonde et les plis et sillons de Henle, cellules qui occupent la place de la couche génératrice et du corps muqueux deMalpighi, et qni sont envahies successivement par la kératine. L'achorion Schœnleinii et le tricophyton tonsurans, tous deux parasites des poils et de la gaîne radiculaire interne, se développent dans cette couche de cellules et de là dans le limbe unguéal. Celui-ci s'épaissit, et laisse voir par transparence une matière sale, brunâtre; puis il jaunit et se lléfrit dans une partie de son étendue ; les stries s'exagèrent et semblent s'écarter, il se forme des nodosités analogues à celles que les mêmes parasites produisent sur la tige des poils; au niveau de ces renflements l'ongle s'amincit, et enfin se perfore. Le champignon de la pelade [microsporon Aiulhouini) n'a pas encore été observé dans les cas de ce genre.

Virchow a étudié, sous le nom à'onychomycosis, certaines altérations des

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ongles analogues à l'onychogrypose, mais compliquées par la présence de productions parasitaires dont il n'a pas déterminé la nature. Chez trois malades, les ongKs des orteils, feuilletés, contenaient dans les interstices de leurs lamelles des amas de spores et de mycélium ; l'auteur ne sait pas si toutes les formes qu'il a observées appartiennent au même champignon. Il a trouvé : 1° un mycélium très-dense, à filaments déliés, incolores, à double contour; 2° des spores très-fines, à contenu transparent; 5* des filaments plus grossiers, articulés et ramifiés ; A" des filaments plus larges, incolores, à articles courts, supportant des spores volumineuses.

Purser a publié deux observations d'onychomycosis. Dans le premier cas, le champignon semblait se rapprocher de l'épiphyte de l'herpès circiné ; dans le second, il était identique à celui du favus. Ancel a constaté l'altération des ongles et la présence des spores et des tubes de mycélium chez une petite fille qui présentait sur les régions frontale et pariétale gauches des croûtes de favus squarveux, et en même temps, sur plusieurs points du corps, des godets isolés de favus urcéolaire.

Vlll. Altérations professionnelles. La médecine légale peut tirer grand profil de l'élude de ces altérations, dont la connaissance exacte peut servir à élucider, par exemple, certaines questions d'identité. Les travaux de Tardieu et de Vernois contiennent à cet égard de précieux renseignements.

L'ongle, dans certaines professions, présente une coloration anormale. Ainsi, sous l'influence de l'absorplion du nitrate d'argent, il offre d'abord une teinte ardoisée analogue à celle du mulâtre, puis une couleur brun olivâtre et tout à fait noire. Chez les fabricants d'acide nitrique et de nitrate d'argent, il est coloré en rouge acajou. Le maniement ou l'administration interne de l'indigo produit une coloration bleue ; le contact des préparations sulfureuses fait noircir les ongles chez les saturnins; la coloration jaune ou rouge des ocres, la couleur violette de l'orseille les imprègne lucilement. L'acide formique les teint en brun bistre chez les chercheurs de fourmis; ils sont d'un brun noirâtre chez les ébénistes, d'un brun très-noir chez les casseuses de noix, d'un rouge sombre chez les tanneurs et les corroyeurs, d'un jaune brun chez les ouvriers qui manipulent le tabac. L'acide picrique, chez les préparateurs de toiles pour fleurs artificielles, colore les ongles en jaune.

On peut trouver d'utiles renseignements dans les substances diverses qui occupent le pli sous-ungue'al. C'est ainsi qu'on voit du soufre et du charbou sous l'ongle des fabricants de poudre, chez les braconniers de la poudre à fusil, chez les serruriers de la poudre de fer, des corps gras solides dans le pli sousunguéal des garçons bouchers, des coiffeurs, des cuisiniers; des matières organiques animales chez les vidangeurs et les palefreniers. Chez les marchands de marrons rôtis, on trouve une grande quantité de poussière noire, au contraire une poussièie fine et brillante chez les ouvrières en fleurs diamantées.

On remarque Vusure des ongles chez les blanchisseuses de gros (ongles du pouce et de l'index), chez les boyaudiers (ongles de la main gauche), chez les bijoutiers-graveurs (pouce droit), chez les horlogers (ongles du pouce et de l'index qui tiennent les pièces d'horlogerie et les présentent à la Hme). C'est l'angle externe de l'ongle du pouce droit qui est usé chez les écosseuses de pois, l'ongle de l'index droit chez les ouvrières en dentelle; chez les paqueteusesplieuses, c est la moitié interne du bord libre des ongles des trois derniers doigts, l'ongle des deux petits doigts chez les polisseurs de cuillers. Les teintu-

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riers ont tous les ongles plu s ou moins altérés par les acides et les alcalis caustiques ; ceux des cordonniers sont recouverts d'un enduit noir et poisseux, et de plus celui du pouce gauche, épaissi et dur, offre un bord libre dentelé, éraillé, et plus ou moins profondément sillonné par l'alêne. Les pastilleurs ont l'ongle du pouce droit déchiqueté par l'aclion de la presse destinée à découper la pâte des pastilles. Chez les nacriers, la perte de substance porte sur le pouce et l'index de chaque main. Enfin, Bazin désigne sous le nom d'eczéma de nature traumatique une lésion qu'on trouve quelquefois chez les tailleurs de pierre, qui n'a aucune analogie avec le véritable eczéma des ongles que nous avons décrit plus haut, et qui consiste dans une dissociation des lamelles unguéales, dans un amincisssment de la moitié inférieure de l'ongle, parfois tellement exagéré que le derme sous-jacent n'est plus recouvert à ce niveau que par une couche très-mince de substance cornée.

A côté de l'usure se place Vexcès de développement qu'on observe aussi dans certaines professions. Ainsi l'ouvrière en dentelle laisse pousser l'ongle de l'index gauche pour arracher les épingles du tambour; un ongle épaissi et dur se remarque, comme nous l'avons dit, sur le pouce gauche du cordonnier ; chez l'horloger, c'est l'ongle du pouce droit (ouverture fréquente des boîtiers) ; il en est de même chez le courtier en indigo, qui s'en sert pour écailler l'angle des pains.

Bail a observé chez un garçon de pharmacie des ongles rugueux, relevés en cupule, et une exulcération de la matrice dans les points corres|»ondants aux bords détachés et relevés. Lorain a reconnu le premier le plissement transversal des ongles dans leur moitié inférieure chez les boulangers, et en a indiqué la cause réelle, qui paraît être le refoulement de l'ongle pendant le raclage du pétrin au moyen des pouces. G. Humbert.

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— Soufflet. Sillons aux ongles, suite de dyspepsie [Gaz. des hôp., 1860, p. 506). — Hcicmtiso:i.Effects of Nerve Section 07i Nutrition and Animal Heat[Med. Times and Gaz., London, 1863, 26 septembre, p. 528). — Mitchell, Moreuouse and Keex. Gunshot Wounds and other Injuries of the .Yotcs. Philadelphia, 1864. — Tilladx. Affections chirurgicales des nerfs. Th. d'agrégation, Paris, 1866. — Lakcdon Down. Case of Markings of the Nails after Illness (Transact. of the Pathological Soc. of London, 1870, vol. XXI, p. 409). — Vogel. Die Nàgel nach fieberhaflen Krankheiten (Deutsch. Arch. fur klin. Medicin. Band \II, p. 533, 1870). — Weir Mitchell. Des lésions des nerfs et de leurs conséquences . Trad. de l'anglais par Dastre, 1874. — Ball (Benj.). Affection singulière des ongles causée par l'action de la lessive de potasse (Comptes rendus de la Soc. de biologie, 24 oct. 1874, et Gaz. méd. de Paris, 1874, p. 563). — Broca. Altération de la nutrition des poils et des ongles consécutive à diverses lésions organiques [Gaz. des hôp., Paris, 1874, n° 42, p. 550). — Folet. Chute des ongles dans la glycosurie (Bull, de la Soc. méd. du Nord, et Gaz. hebd. Paris, 1874, p. 60). — Esbach. Modifications de la phalangette dans la sueur, le rachitisme et l'hippocratisme. Th. de doct., Paris, 1876. — Arnozan: Des lésions trophiques consécutives aux maladies du système nerveux. Th. d'agrégation, Paris, 1880.

Affections parasitaires. — Alibert. Monographie des dermatoses. Paris, 1835. — Rayer. Traité des maladies de la peau, 2«édit., Paris, 1835, t. III, p. 747. — Wirchow. Zur normalen und path. Anal, der Nàgel der Oberhaut, insbesondere iiber hornige Entartung und Pilzbildung an den Nàgeln (Verhandlung. der physikalisch-medicinischen Gesellschaft in Wïirzburg, 1855, Band V, p. 83). — Bazin. Leçons sur les affections cutanées parasitaires, 2< édit.. Paris, 1862. — Pbrser. Deux cas d'onychomycosis [Dublin Quarterly Journ. of Med. Se, 1865. — Hiltos-Fagge. Cases ofRing-worm of the Nails (Pathol. Soc. Transact., Lon-

don, 1870. vol. XXI, p. 407). — Ercouni. Sur l'omjchomykosis chez l'homme et le solipède et sur le champignon parasite qui en est cause. Lu à l'Académie des sciences de Bologne, le 20 janvier 1876 : analysé in Rizzoli, Clin, chir., appendice, Paris, 1877.

Altérations professionnelles, tnédecine légale. — Tahdied (A.). Mémoire sur lesmoclificalions physiques et chimiques que détermine dans certaines parties du corps l'exercice des diverses professions, pour servir à la recherche de l'identité [Ann. d'hygiène, 1849-1850, t. LXII et LXIIl). — Vernois. De la main des ouvriers et des artisans au point de vue de l'hygiène et de la médecine légale (Ann. d'hygiène etdeméd. légale, Paris, 1862). — Ulmo y Trcffin. Considérations sur les ongles, séméiolique et médecine légale. Th. dedoct., 1875. — Hil- LAiRET(Amédée). Étude clinique sur la colique de plomb. Th. de docL, Paris, 1860, n° 213, — Laïet. Hygiène des professions et des industries. Paris, 1875. G. H.

OlveUEniT. Ce mot vient de ungere (oindre) ; on appelle onguents des médicaments de consistance molle, destinés à l'usage externe et formés par des mélanges intimes de corps gras (axonge, huiles, etc.) et de substances résineuses, auxquels on adjoint quelquefois des sels, des oxydes métalliques, des huiles essentielles, des poudres végétales, etc. ; Henry et Guibourt les appelaient rétinoîés. Ils diffèrent des pommades et des cérats par la présence, dans leur composition, de matières résineuses, et des emplâtres résineux, par leur consistance. Pour les préparer, on fait fondre les matières grasses et résineuses et on les passe à travers une toile : souvent on peut les fondre ensemble, mais il y a certains cas (préparation de l'onguent basilicum, de l'onguent styrax), où l'on est obligé d'opérer à part la fusion des matières qui sont plus difficilement fusibles que les autres; puis on y incorpore le reste des substances en ayant soin d'agiter le mélange jusqu'à complet refroidissement. Il y a certaines règles à suivre pour cette seconde partie de l'opération; ainsi lorsqu'il s'agit d'incorporer des substances odorantes ou volatiles, on a soin de ne les ajouter qu'à la tin de l'opération, pour les soustraire à l'action d'une température trop élevée ; les extraits sont toujours préalablement ramoHis, et les gommes-résines dissoutes dans l'alcool faible et rapprochées en extrait; enfin les matières pulvérulentes sont ajoutées à l'aide d'un tamis, lorsque la masse est à moitié refroidie. Les onguents ne peuvent pas se conserver trè.s-longtemps ; ils subissent, au bout d'un certain temps, une série de modifications physiques et chimiques et n'offrent plus alors les propriétés qu'on leur supposait au moment de leur préparation; ils rancissent surtout avec le temps, à la suite de l'action de l'oxygène de l'air sur les corps gras qu'ils renferment, et à cet état ils sont certainement plus nuisibles qu'utiles; il ne faut donc les employer qu'à l'état frais.

Les onguents étaient jadis en très-grand honneur pour la guérison des plaies à laquelle on espérait arriver en accumulant beaucoup de propriétés thérapeutiques dans la même préparation ; c'est à cause de cela que beaucoup de ces médicaments sont de véritables encyclopédies pharmaceutiques. On s'est aperçu depuis que les onguents étaient plus souvent un obstacle qu'un remède à la guérison des plaies, aussi jouent-ils maintenant dans la matière médicale un rôle très-modeste. Ils sont réservés pour le traitement des plaies qui ont besoin d'être stimulées ; leur application est utile dans le pansement des ulcères, dont la suppuration a besoin d'être activée ou modifiée ; on les emploie étendus sur de la toile, de la peau ou de la charpie réduite en plumasseaux; certains d'entre eux doivent être appliqués avec précaution, lorsque, contenant des principes très-actifs, ils sont placés sur des parties dénudées et peuvent être absorbés. Nous ne donnerons ici que la liste des principaux onguents proprement dits, c'est-à-dire de ceux dont la base est formée par un mélange de matières grasses

et de résines, renvoyant aux articles Pommade, Emplâtre, Baume, pour tous les autres :

ONGUENT DE l' ABBAYE DU BEC.

^ Poix de Bourgogne 230 grammes.

Cire jaune 100 —

Poix résine i â* 80

Poix navale i

Axonge 240 —

Oliban en poudre 20 —

Contre les ulcères indolents (Bouchardat) :

ONGUENT d'aLTHAEA.

"if, Huile de Fenugrec 800 grammes.

Cire jaune 200 —

Résine jaune 100 —

Térébenlliine du mélèze 100 —

Faites liquéfier à une douce chaleur la cire et la résine dans l'huile de fenugrec; ajoutez la térébenthine, passez à travers une toile et remuez l'onguent jusqu'à ce qu'il soit presque entièrement refroidi (Codex).

Sert comme stimulant : cet onguent porte une mauvaise dénomination puisqu'il n'entre pas d'althsea dans sa composition :

ONGUENT d'aRCAEUS (bAUME d'aRCAEUs).

?^ Suif de mouton 200 grammes.

Térébenthine du mélèze 150 —

Résine élémi. 130 —

Axonge 100 —

Faites liquéfier à une douce chaleur, le suif, l'axonge et la résine, ajoutez la térébenthine : passez à travers une toile, remuez le mélange jusqu'à ce qu'il soit presque entièrement refroidi (Codex). Stimulant, pansement des plaies atoniques.

En ajoutant à 15 grammes de cet onguent, 1 décigramme de camphre, on obtient l'onguent d'arcaeus camphré du Formulaire des hôpitaux militaires :

ONGUENT BASILICUM.

2f Poix noire 100 gi-ammes.

Colophane 100 —

Cire jaune 100 —

Huile d'olive 400 —

Faites liqpéfier à une douce chaleur la poix noire et la colophane, ajoutez la

cire et l'huile ; quand le mélange sera fondu, passez-le à travers une toile, et

agitez l'onguent jusqu'à ce qu'il soit refroidi (Codex). Maluratif et suppuratif :

quelques pharmacopées n'y font point entrer de poix noire ; alors l'onguent est

jaune :

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