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OSEILLE

OSEILLE. Rumex L. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Polygonées et ayant pour caractères : un pe'rigone à 6 divisions, les 3 intérieures plus grandes que les autres et accrescentes ; 6 étamines opposées par paires aux segments extérieurs du périgone ; 1 ovaire à 3 angles, uniloculaire, contenant un seul ovule orthotrope; surmonté de 5 styles, filiformes, libres ou soudés aux angles de l'ovaire et terminés par 5 stigmates en pinceau ; nuculc trigone, libre, enveloppée par les segments intérieurs du périgone, applique's; une seule graine dressée, contenant un embryon entourant un albumen farineux.

Les Rumex sont des plantes herbacées ou rarement sous-frutescentes, à tiges sillonnées, à feuilles inférieures alternes, engainantes à la base, pourvues, comme toutes les Polygonées, d'un oclirea. Les fleurs nombreuses, petites, sont tantôt hermaphrodites, tantôt unisexuées ; elles sont pédicellées et disposées le long des rameaux en fascicules vertici 11 i formes. Les pédicelles sont ordinairement articulés, réfléchis à la maturité, et les segments intérieurs du périgone portent souvent à leur base un tubercule ovoïde.

Les Rumex peuvent être divisés très-naturellement en deux sections principales : l'une formant le groupe des Patiences, dont nous traiterons à ce mot ; l'autre formant le groupe des Oseilles proprement dites.

Dans cette dernière section les fleurs sont dioïques ou polygames ; les styles sont soudés aux angles de l'ovaire ; enfin les feuilles sont hastées ou sagitlées à la base et ont un goût acide prononcé, qui tient à la présence de l'acide oxalique. Cette dernière circonstance leur donne des propriétés spéciales qui les rendent intéressantes.

Les espèces principales de ce groupe sont :

1" VOseille commune, Rumex acetosa L. C'est une plante commune dans les prés de l'Europe tempérée et cultivée dans les jardins potagers. La tige, haute de 50 centimètres à 1 mètre, porte des feuilles ovales ou oblongues, sagittées, à oreilles acuminées, parallèles ou un peu convergentes; les radicules obtuses, les supérieures étroites, aiguës, sessiles, embrassantes. La pânicule générale est étroite, les verticilles sont pauciflores, sans bractées; les segments extérieurs du périgone fructifère sont réfléchis; les extérieurs membraneux, orbiculairescordiformes, tous munis d'un tubercule à la base.

2° Ldi petite Oseille, Rumex acetosella L. Elle vient dans les prés secs ou les champs sablonneux. Elle n'a guère que 30 à 40 centimètres de hauteur. Les tiges sont grêles, les rameaux effilés; les feuilles oblongues, lancéolées ou linéaires, petites, hastées, à oreilles divergentes, souvent arquées. Le périgone fructifère «st petit, à segments tous appliqués ; les intérieurs ovales entiers, sans tubercules.

A côté de ces espèces, qui sont les plus importantes, et qu'on utilise surtout en Suisse, pour en retirer le sel d'oseille, il faut mentionner ÏOseille à écussons, Rumex scutatus L., qu'on trouve dans les éboulis rocheux des Alpes et du Jura. Les feuilles sont glauques, ovales, arrondies au sommet, hastées, à oreilles divergentes.

Les racines de ces espèces sont rougeâtres, ligneuses, inodores, d'une saveur amère et astringente. Elles sont diurétiques. On donne aussi quelquefois le nom à'oseille au groupe entier des Rumex et on applique alors ce nom à des espèces de patiences. Ainsi le Rumex sanguineus s'appelle oseille rouge et oseille sangdragon et le R. aquaticus, oseille aquatique. Pl. DicT. ENc. 2* s. XVin. 24

370 OSEILLE (emploi médical).

Bibliographie. — Linné. Gênera, n" 557; Species, 481. — De Cakdolle. Flore française 2232. — En'dlicker. Gênera, 1993. — Grenier et Godron. Flore de France, III. — Guibodrt. ])rogues simples, 1° édit., II, 424. Pl.

g II. Emploi médical. On emploie en médecine les feuilles et les racines • toute la plante est acide, mais la l'acine est plutôt acerbe et amère. Outre de l'acide tartrique, du mucilage, de la fécule, de la chlorophylle et du ligneux, les feuilles renferment en quantité notable du bioxalate et du quadroxalate de potasse. L'oseille est du reste employée concurremment avec l'oxalis ou surelle pour préparer l'acide oxalique [voy. Oxalique). Le suc d'oseille coagule les autres sucs végétaux ainsi que le lait ; il attaque le marbre, et c'est pour cette raison qu'il faut éviter de broyer la plante dans un mortier de marbre.

L'oseille bien développée est douée d'une acidité extrême; elle agace les dents, provoque la toux et la salivation et peut même déterminer delà gastralgie ou une irritation de l'estomac. Elle est réputée tempérante, diurétique et antiscorbutique, et a été employée avec quelque succès dans les affections bilieuses et inflammatoires, l'embarras gastrique, le scorbut et même le jD2(r/;Mm hœmorrhagica. On s'en sert également pour faciliter l'action des purgatifs, et elle entre à ce titre dans le classique bouillon d'herbes ou bouillon aux herbes, selon l'expression populaire. On en fait des tisanes rafraîchissantes et diurétiques. On l'associe quelquefois aux sucs des plantes antiscorbutiques, cochléaria,. cresson, etc.

On attribue encore à l'oseille des propriétés fébrifuges; Desbois (de Rochefort) s'en est servi avec avantage dans certaines fièvres intermittentes, qui ont résisté au quinquina. « Quand en même temps, dit ce praticien, les gencives sont sanguinolentes et qu'il y a d'autres symptômes scorbutiques, le suc d'oseille guérit ces lièvres comme par enchantement ; il guérit aussi les engorgements des viscères abdominaux quand ils ont lieu par la même cause ».

Cazin a vu au village de Vieille-Eglise, où les fièvres intermittentes sont endémiques, les cultivateurs traiter c'^s fièvres en prenant au moment de l'accès un grand verre (150 à 200 grammes) de suc d'oseille; l'accès manque souvent après la première dose.

Urban (d'Iles-sur-Suippes) donne trois verres d'oseille pendant l'apyrexie, et un autre une heure avant l'accès ; il prépare ses malades à cette médication par l'emploi d'un vomitif et d'un purgatif.

Cazin fait remarquer que le suc d'oseille réussit surtout dans les fièvres tierces printanières, qui guérissent souvent d'elles-mêmes.

En somme, l'action antipériodique de l'oseille, qui paraît avoir été mise hors de doute par les expérimentateurs que nous venons de citer, ne nous paraît pas cependant assez prononcée pour permettre de ranger l'oseille parmi les succédanés vrairrient actifs du quinquina.

Récamier {Compendium de méd. pratique, par de Laberge et Monneret, art. Acrodynie) a administré avec succès l'oseille dans l'acrodynie; sur 700 malades en traitement, à l'hôpital de Lourcine, 500 guérirent.

Enfin, on a voulu trouver dans le suc d'oseille un préservatif contre le croup, en faisant mâcher aux enfants, matin et soir, dix à douze feuilles d'oseille; on ne dit pas sur quoi est fondée cette opinion qui, dès lors, nous paraît assez risquée : et comment obtenir d'enfants en bas âge qu'ils mâchent la quantité voulue de ces feuilles ?

OSERETSKOWSKI. 371

Il est des personnes qui font un usage habituel des feuilles d'oseille; cette pratique présente en effet quelque utilité dans la constipation, mais continuée trop longtemps elle peut provoquer une forme de gravelle, la plus dangereuse de toutes, la gravelle oxalique. Magendie et Laugier ont, depuis longtemps, attiré l'attention sur ce point.

L'usage des alcalins, et en particulier des eaux de Vichy, est incompatiblô avec celui de l'oseille.

D'après Missa, les feuilles d'oseille possèdent la propriété de neutraliser les sucs de certains végétaux acres, tels que l'arum, l'euphorbe, la bryone, le garou, etc. Ayant eu la bouche violemment enflammée, après avoir goûté de l'arnm, il n'eut pas plus tôt mâché de l'oseille que tous les accidents disparurent comme par enchantement.

Les feuilles d'oseille cuites mêlées avec partie égale de saindoux sont maturatives et résolutives ; on les a employées avec succès en cataplasmes mêlées à de i'axongeetà de la faz^ine de lin, parfois à de l'arum, contre les bygromas du genou; mais la teinture d'iode agit plus rapidement. L'oseille, appliquée sur les tumeurs scrofuleuses, exerce une action stimulante très-avantageuse. Gazin a retiré de grands avantages de l'application de plumasseaux imbibés de suc d'oseille sur les ulcères putrides ou gangreneux; son action est analogue à celle du jus de citron.

L'oseille commune, que nous avons eue constamment en vue dans cet article, le Rumex scutatus et le Rumex acetosella, jouissent de propriétés analogues et peuvent être employés comme succédanés les uns des autres. L. 1L\.

OSEILLE DES BOIS. OSEILLE DE BUcnEROiv. Nom donué dans plusieurs ouvrages à plusieurs espèces de Bégonia et à'Oxalis comestibles; c'est aussi l'Oxalis Acetosella qu'on nomme Oseille de Pâques, Oseille à trois feuilles eiOieilletle. Pl.

BiDuoGRAPHiE. — Mérat et DE Lens. Dïct, mat. médicale, V, 110. Pl.

OSEILLE DE GL'EVÉE. Nom donné à V Hibiscus Sabdariffa L. Pl.

OSEILLE A TROIS FEUILLES. Nom donné à VOxalis acetosella L.

OSEILLETTE. Nom donné parfois à Wxalis acetosella L. Pl.

OSERA ï ESTELLA (JosE MiGUEL de). Médecin espagnol du dix-septième siècle, né à Tarragone, en Aragon. Reçu bachelier en médecine en 167'2, il se fit agréer docteur par la suite à l'Université de Saragosse. En 1690, il était médecin de la chambre du roi, proto-médecin général des provinces du Pérou et de la flotte royale des mers du Sud. 11 a écrit l'ouvrage suivant dédié à Gliarles II, roi d'Espagne et empereur des Indes américaines :

El fisico cristiano, parte primera : Ubro de la entrada d su noble ejercicio. Lima, 1690, in^» (le titre de la seconde partie de cet ouvrage nous est inconnu). L. Hn.

OSERETSKOAVSKI OU OZERETSKOH^SKI (Nicolas). Médecin russe,- né àMoscou en 1750, mort à Saint-Pétersbourg le 28 février 1827, fit ses études à

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Strasbourg et y prit le bonnet de docteur en 1778, De retour dans sa patrie, il devint en 1779 membre adjoint et en 1785 membre ordinaire de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. Il était en outre directeur du Muséum de l'Académie. Il accompagna Lcpechine dans ses voyages à travers l'empire russe. Nous connaissons de lui :

I. Spécimen inaugurale de spiritu ardente [ex lacté bubtdo. Argentorati, 1778, in-4''. — II. Exemplum electricitatis praeternaturalis. In Acta Acad, Petropol., 1779. — III. De calcula ex accipensere sturionc exemto. Ibid., 1782. — IV. Sur les eaux martiales du gouvernement d'Olonetz. In Nova Acta Petrop., t. VIII, 1794. — V. Saponis lapponici praeparatio et usus. Ibid., t. XI, 1798. — VI .De duobus fœlibus monstrosis. Ibid., t. XIV; llist., p. 70; Mém., p. 367. — VII. De viburno opulo {ejus usu oeconomico et medico in cruptionibus cutancis). Ibid., t. XV; llist., p. 113; Mem., p. 432. L. Hn.

OSGOOD (Daniel). Médecin américain, né vers 1770, reçu bachelier en médecine du collège de DartmouUi le 21 juillet 1802, alla exercer son art à Ja Havane. Il a publié Ai bonnes observations sur la fièvre jaune. Nous citerons de lai :

I. Diss. on Consumption. Hannover (New-Hampshire), 1802. — II. A Lelter on the Yellow Fcver of the West Indies. New- York, 1820, in-S». Trad. allem. par Heineres. Bremeii, 1822, pr. in-8*. — III. Observations on the Winds and the Sickness amongst Slrangers in llavanna, from Aug. 1821 lo Sept. 1822. In Philad. Journ. of Med. et Edinb. Journ. of Mcd. Se, t. II, p. 444, 1826. L. Hn.

O'SIIAUGI^ESSY (WiLLiAM-B.). Né en Irlande au début du siècle, reçu docteur à Edimbourg en 1829, résida d'abord à Londres, puis à Calcutta, où il devint professeur de chimie au Collège médical et secrétaire de la Calcutta médical and physical Society. A partir dejanvier 1857, il contribua à la rédaction du Quarlerly Journal, publié par cette société. O'Shaugnessy est connu par ses travaux de chimie pathologique, de toxicologie, etc., et a été surtout à même de bien observer le choléra. Citons de lui :

I. Diss. inaug. de melastasi rheumalismi acuti. Edinburgi, 1829, gr. in-8°. — II. Jïeport on the Chemical Pliathology of the Mahgnant Choiera. London, 1832, in-8». — III. On the Préparation of the Indian Ilcmp or Gunjah [Cannabis Indica), their Effccts on Ihe Animal System in Ueallh and their Ulility in the Treatment of the Tetanus and other Convulsive Diseases. Calcutta, 1859, in-8°. — IV. Report on the Investigation of Cases of Real and Supposed Poisoning in India. 1841, in-8°. — V. The Bengal Disjjensatory and Companion

10 tlie Pharmacopeia. London, 1842, iii-8°. — VI. Une trad. Ldgol : Essay on the Subject o( lodine in Scrophidous Diseases. London, 1832, in-8°. — VIF. Sur les propriétés toxiques de Vacide sulfocganique. In the Lancet, Oct. 1850. — VIII. On the Récent Discoverij of Copper in Organic Mallers, etc. Ibid., t. I, p. 806, 1830. — IX. Poisoned Confectionary. Détection of Gambage, Lead, Copper, Mercury and Chromate of Lead in Varions Articles of Sugar Confectionary. Ibid,, t. II, p. 193, 1850-1831. — X. JVeu) Experiments on Ihe Chemical Pathology of Choiera. Analysis of the Blood. Ibid,, t. II, p. 602, 1831-1852. - XI. Articles ààns Quart. Journ. of the Calcutta Med. a. Phys. Soc., the Lancet, Johnson's Med.-Chir. Review, etc. L. Un.

OSIAIKDER (Friedrigu-Benjamin). Célèbre accoucheur, praticien et érudit de l'Allemagne, est né le 9 février 1750 à Zell dans le royaume de Wurtemberg.

11 fit ses études médicales à Tubingue où il fut reçu docteur en 1780. U se rendit bientôt à Kirchheim où il se livra entièrement à la pratique des accouchements. Aussi, dès 1792, est-il appelé à Gottingue, pour y occuper la chaire d'obstéirique et la place de directeur de la Maison d'accouchements de cette ville. Il professe avec grand succès et publie un nombre considérable d'ouvrages et mémoires qui jtémoignent d'une activité prodigieuse en môme temps que

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