‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.70Chapitre 17 sur 50 · SI · texte numérisé non relu

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OSTÉOCLASIE. 495

n'y a que peu d'attrition des parties profondes, et quelques excoriations à la peau, rarement un peu de spliacèle supeiiiciel. Cependant la réaction due au Iraumatisme, ordinairement modérée, presque nulle, est plus prononcée lorsqu'on agit sur une articulation malade ou à son voisinage. Nous verrons que les complications d'érysipèle ou d'inflammalion vive sont excessivement rares et pour ainsi dire indépendantes de l'acte opératoire. Les expériences faites sur le cadavre par Those, Œsterlen, Bruns, Guérin, Rizzoli, Peyrot, Menard, V, Robin, etc., etc., ont montré que la fracture peut être produite incomplètement en réservant le périoste ou complètement sans amener de lésions dans les parties molles voisines, à condition de ne pas exagérer la force qui produit la rupture aussitôt que celle-ci a été obtenue. Les ostéoclastes, principalement ceux de Rizzoli, CoUin, Robin, présentent suivant ces expériences des avantages très-évidents, car ils permettent d'obtenir une fracture nette siégeant a au point d'élection » déterminé à l'avance. L'analyse des observations montrera que la durée de la guérison des fractures faites par osléoclasie correspond en général au temps nécessaire à la guérison d'une fiacture très-simple, et souvent un temps bien moindre lorsqu'il y a eu conservation du périoste ou qu'il y a déjà un processus d'ossification antérieur à l'opération.

De l'ostéoclasie dans le redressement des cals vicieux. La difformité et l'impuissance du membre qui résultent quelquefois de fractures mal consolidées, soit par défaut de contention, soit par toule autre cause, ont été l'origine de l'ostéoclasie manuelle et de l'ostéoclasie mécanique. L'ostéoclasie manuelle peut suffire lorsque le cal est récent ou bien si l'on opère sur des enfants. C'est ce qui explique certains succès qui ont engagé Dupuytren à n'accepter la rupture du cal que pendant la période de consolidation qu'il a décrite comme formation du cal provisoire ; ainsi que nous l'avons déjà indiqué plus haut, les observations modernes les plus anciennes remontent au dix-septième siècle. Telle est celle de J. Muys (vers 1695), qui rompit le cal vicieux d'une fracture de cuisse datant de neuf semaines chez un enfant de huit ans. La difformité rendait la marche impossible, mais après la guérison l'enfant reprit l'usage du membre; tel est le fait observé par de là Motte en 1699, dans lequel il s'agit d'une fracture de cuisse datant de huit à neuf semaines chez un enfant de seize ans ; le cal formait un angle aigu en dehors et le raccourcissement était d'un demi-pied, la guérison eut lieu en quatre semaines.

A la suite des publications d'Œsterlen sur la machine de Bosch, l'ostéoclasie fut acceptée comme méthode chirurgicale, de sorte qu'en J861 Gurlt pouvait réunir 84 observations de traitement du cal vicieux parmi lesquelles 20 ont été traitées par l'ostéoclasie mécanique et 64 par l'ostéoclasie manuelle aidée de divers moyens d'extension et de pression. Cette statistique est probablement incomplète, mais il faut remarquer que les cals vicieux sont devenus moins fréquents et de plus que l'ostéotomie a souvent remplacé l'ostéoclasie dans le traitement des cals vicieux (Gurlt a résumé 51 observations d'ostéotomie pratiquées dans des cas de cal vicieux). Aux observations de Gurlt il faut joindre celles de Yolkmann au nombre de 6 et 5 de Billroth, parmi lesquelles une application heureuse de l'ostéoclaste de Rizzoli pour un cal vicieux d'une fracture de cuisse datant de quatre ans chez une femme de vingt-huit ans; la consohdation fut complète et sans difformité.

Les tableaux statistiques de Gurlt sont fort intéressants à étudier au point de vue du siège de la fracture, de la durée, et des résultats obtenus. C'est

49G OSTÉOCLASIE

pourquoi nous les utiliserons en leur donnant une forme plus succincte. Le tableau I (p. 597) est un résumé des ostéochisies faites avec l'aide de machines.

11 comprend 20 observations analysées par Gurlt et une observation deBilIroth. Les table;» ux 2 et 5 comprennent les observations d'ostéociasie manuelle [voy. p. 598-599 et 400).

En additionnant les observations réunies dans ces tableaux, nous trouvons que l'ostéoclasie a été suivie de guérison dans 77 cas où elle a été pratiquée avec la main ou avec la machine ; ils se répartissent suivant leur siège en :

Ostéoclasie à la cuisse 47

— à la jambe 22

— au brjs ....... i

— à l'avanl-bras 4

Mais, si nous réunissons à ce tableau toutes les observations recueillies par Gurlt, les 5 faits de Billroth et une ostéoclasie de la malléole péronière de Yolkmann, nous obtenons un total plus élevé :

Ostéoclasie à la cuisse 53

— à la jambe 24

au bras 4

à l'avant-bras. 4

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Ces chiffres sont suffisants pour établir la bénignité de l'ostéoclasie comme opération, et il n'est pas sans intéiêt de les rapprocher des lésultats donnés par l'ostéotomie ou par d'autres méthodes qui nécessitent la mise à nu de l'os.

C'est ain>i que :

Le brisement du cal après perforation de l'os a donné sur 5 cas 2 guérisons (Bruns et Brainard) et 1 mort (Bruns).

La résection d'une partie des fragments pratiquée dans 15 cas a donné

12 guérirons et 1 mort.

Enfin l'ostéotomie a donné les résultats suivants :

Avanl-bras ... 2 cas. S guérisons. 1 résultat inconuu.

Cuisse 11 — o 1 amputation. o morts.

Jambe^ .... 23 — 16 — 1 — 2 —

Soit sur .... 58 cas. 23 guérisons. 2 amputations. 7 morts. (De plus 2 résultats inconnus, 1 non guéri, 1 amélioré.)

La gravité de l'ostéoclasie est donc incontestablement inoindre que celle des opérations tentées dans un but analogue pour la rupture du cal.

Il nous reste à examiner quelles peuvent en être les indications plus précises.

Nous voyons que cette opération a été pratiquée souvent chez des enfants, depuis l'âge de 1 an, plus souvent dans la jeunesse et chez l'adulte, mais rarement dans la vieillesse. L'âge le plus avancé a été pour l'ostéoclasie mécanique de 64 ans (fracture de jambe, Bosch, celle-ci datant de I an), et de 56 ans pour l'ostéoclasie manuelle (fracture de jambe datant de 155 jours (Kiichler). L'âge le plus avancé pour les fractures de la cuisse a été de 52 ans (Blasius), la fracture était au 508* jour lorsque l'ostéoclasie fut pratiquée ; le raccourcissement était de 4 pouces, la guérison se fit en 8 semaines, et le raccourcissement était à peine perceptible.

OSTEOCLASIE. 497

Ayant égard à l'époque à laquelle l'opération a été faite, on trouve pour le chiffres extrêmes :

OSTÉOCtASIE SUNDELLE.

CPISSB. JAMBE.

^""■^"'^ 42 à 730 jours. 45 à 600 jours.

^'^'"le* 50 à 270 jours. 77 à 240 jour,.

OSTEOCLASIE PAR OSTÉOCLASTES.

CmsSE. tAME.

Enfants 60 4 98 jours. ,

Adultes.- 112 à 308 jours. 91 jours à 4 ans.

La durée du traitement consécutif à l'opération est fort variable, ainsi qu'on le voit par les tableaux n"' 1, 2, 5 ; elle ne paraît pas être influencée notamment par l'âge, puisque dans les cas d'ostéoclasie du fémur nous voyons chez les enfuîts au-dessous de 15 ans le traitement durer de 5 semaines à 10 mois 1/2 (ce dernier chiffre chez un enfant de 5 ans [obs. 81), et au-dessus de 15 ans la durée varier de 5 à 16 semaines ; l'époque à laquelle on a opéré après le premier accident présente une certaine inÛuence, mais celle-ci peut être contrariée par toute autre cause; par e.vemple : dans une ostéoclasiedu fémur 210 jours après la fracture le traitement a duré 10 semaines, et dans une ostéoclasie du fémur faite 270 jours après la fracture le traitement n'a duré que 9 semaines; mais d'une façon générale l'influence prédominante doit être la forme du traumatisme, l'irrégularité du cal, sans parler des conditions inhérentes au blessé, c'est-à-dire à son état constitutionnel. Les complications ont d'ailleurs été trèsrares et dépendaient du traumatisme antérieur.

C'est ainsi que des ostéoclasies de la jambe ont exigé une durée de plusieurs mois, tandis que pour la cuisse, dans 17 cas, la durée du Irailement était moindre que 2 mois, et dans 10 cas elle n'a pas dépassé 6 semaines.

11 serait fort intéressant d'établir une relation entre la durée du traitement et les procédés opératoires, mais les documents ne sont pas assez détaillés pour rendre cette étude comparative bien précise, parce que d'une part, dans l'ostéoclasie manuelle, on a souvent employé des appareils plus ou moins complexes, par exemple, l'extension à l'aide de poids, et d'autre part, dans l'ostéoclasie mécanique, il y a eu souvent des tentatives antérieures d'ostéoclasie, et de plus les cas pour lesquels cette opération a été choisie paraissaient pour des causes diverses présenter des difficultés plus sérieuses.

En effet, dans les fractures du fémur, la durée du traitement a été à peu près la même pour l'ostéoclasie mécanique que pour l'ostéoclasie manuelle; la guérison était établie entre 8 à 18 semaines, la durée n'a pas dépassé 2 mois dans 4 cas sur 10. Mais pour les fractures de jambe la durée a été assez considérable, 7, 8, 13, 21, 20 semaines, ce qui dépasse la durée de la consolidation du fémur brisé par la même opération.

Il nous reste à examiner l'importance réelle de la guérison obtenue, et nous ne saurions mieux faire que de présenter sous forme de tableau le résumé des résultais définitifs du traitement. En ne comprenant que les faits dans lesquels les indications ont été suffisantes, il sera facile de rapprocher ces résultats des notions précédentes sur l'âge, l'époque de l'opération et la durée du traitement, en se reportant aux numéros de l'observation correspondants dans les divers tableaux. Nous n'avons pas ajouté les mentions indiquant le retour de la DicT. ESC. 2* s. XYni. 52

OSTEOCLASIE.

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