‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.70Chapitre 39 sur 50 · OUISTITIS · texte numérisé non relu

OUISTITIS

OUISTITIS. Dans l'article consacré aux Singes en géne'ral [voy. le mot Singes), nous avons dit quelques mots seulement des Ouistitis, qu'on appelle Misi Singes-Écureuils, Singes-Ours ou Arctopithèques, el qui constituent, pour les naturalisles, la tribu des Ilapaliens ou des Arctopithéciens. Ces animaux de petite taille, couverts d'une fourrure laineuse et pourvus d'une queue touffue, sont naturellement privés d'abajoues et de callosités, comme tous les Singes américains ou Platyrrhiniens [voy. le mot Sikges); ils se distinguent des Cébiens, parce qu'ils ont deux paires seulement de vraies molaires à chaque mâchoire et les ongles comprimés en forme de griffes, et par ce dernier caractère, ainsi que par le genre de vie, ils offrent de certaines analogies avec les Écureuils. Aux membres postérieurs le pouce est, cliez les Ilapaliens, opposable aux autres doigts; mais aux membres antérieurs il n'existe pas de véritable pouce, ou plutôt ce doigt étant soudé au carpe, n'est nullement opposable. La tète est globuleuse avec la face aplatie, les yeux assez grands, les oreilles bien développées et très-souvent surmontées de bouquets de poils et le corps revêtu d'un pelage doux et bien fourni (d'où le nom générique de Ilapale, tiré du grec aTtoàoç, mou).

A en juger par la conformation de leur cerveau, dont les hémisphères sont dépourvus de circonvolutions, les Ilapaliens doivent occuper une position tout à fait inférieure dans la série des Singes, et en effet, les Ouistitis que l'on voit fréquemment en captivité, soit dans les ménageries, soit chez des particuliers, ne montrent pas à beaucoup près la même intelligence que les Guenons, les Macaques, les Sakis, etc. Ils ne sont guère susceptibles d'éducation, mais en revanche, quoique irascibles, ils sont moins méchants que beaucoup d'autres Singes, et sont en outre fort amusants par la grnce et la vivacité de leurs mouvements. Aussi seraient-ils recherchés comme animaux d'appartement s'ils pouvaient supporter les rigueurs de notre climat. Malheureusement les Ilapaliens, qui sont tous originaires de l'Amérique tropicale, ne vivent jamais longtemps en captivité, malgré tous les soins dont on les environne. Dans les forêts vierges du Nouveau Monde, ils se tiennent sur les arbres, et grimpent avec agilité de branche en branche en enfonçant dans l'écorcc leurs griffes acérées. Ils forment des sociétés assez nombreuses qui, à certaines saisons, émigrent d'un canton à l'autre à la manière des Écureuils et se nourrissent indifféremment de fruits, de bourgeons, d'insectes et d'œufs d'oiseaux. Pendant la nuit ou quand le temps est mauvais, ils se retirent dans le creux d'un arbre et y dorment pelotonnés avec la queue ramenée sur le corps en guise de couverture. Leurs ennemis sont assez nombreux, mais les plus dangereux sont les oiseaux de proie, qui fondent sur eux tandis qu'ils se livrent à leurs ébats. Dans certaines contrées de l'Amérique méridionale, l'homme leur fait aussi la chasse pour se procurer leur fourrure avec laquelle on fabrique des bonnets.

Quoique toutes les espèces de la tribu des Ilapaliens présentent au fond une grande analogie, on peut néanmoins, pour la commodité de l'étude, les répartir, à l'exemple d'Etienne et d'Isidore Geoffroy-Saint-Uilaire, en deux catégories: les Ouistitis proprement dits (genre Jacchus Geoff. ou Ilapale Less.), qui ont la queue longue et touffue, qui ne portent point de crinière autour de la face, mais ;iui ont presque toujours des pinceaux de poils aux oreilles, et les Tamarins genre Midas Geoff.), dont la tête est ornée d'une crinière, tandis que les oreilles ont plus ou moins dénudées.

Les Ouistitis habitent, dans l'Amérique tropicale, depuis l'isthme de Panama

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