OUISTITIS
jusqu'au 50' degré de latitude sud, la région située à l'est des Andes, et se tiennent soit dans les grandes forêts, soit dans les plaines parsemées de broussailles. L'Ouistiti vulgaire {Hapale ou Jacclius vulgaris Geoff.), le plus ancien, nement connu, a pour patrie la Guyane et le Biésil; il est de petite taille, n'ayant pas plus de 75 centimètres du bout du museau à l'extrémité de la queue, et porte une livrée grise, teintée de roussàtre et rayée alternativement de roux et de noirâtre avec des anneaux bien marqués sur la queue, une tache fi'ontale blanche, de forme triangulaire, et des pinceaux blancs sur les côtés de la tête. Les jeunes, dans cette espèce, naissent les yeux ouverts; ils ont la tête relativement très-grosse, le pelage d'un gris foncé, sauf sur la queue, q\x se montrent déjà des anneaux assez distincts, et les oreilles dépourvues de pinceaux.
L'Ouistiti oreillard (//. auritus Geoff.), l'Ouistiti à camail (//. hiimeralifer Geoff.) et l'Ouistiti à hausse-col blanc (//. albicoUis Spix), sont trois espèces brésiliennes dont les oreilles sont ornées de pinceaux blancs, tandis que l'Ouistiti à tête blanche (//. leucocephalus Geoff.) et l'Ouistiti à pinceaux (//. peniciUata Geoff.), qui sont originaires des mêmes contrées, ont des touffes de poils noirs. D'autres fois la tète et les oreilles sont couvertes seulement de poils ras: c'est le cas de l'Ouistiti à queue noire du Brésil (//. melanurm Geoff.), de l'Ouistiti pygmée du Pérou (//. pygmœus, Sp.) et de l'Ouistiti à poils blancs de Colombie [H. leucopus Gùnth). De même, parmi les Tamarins <le Geoffroy, il est des espèces pourvues d'une véritable crinière, comme le Marikina {Midas rosalia) de la Guyane, du Brésil et du Pérou, le Tamarin chrysomèle du Brésil [M. chrysomelas Kuhl), le Léoncito {Midas leoninm llumb.), qui vit dans les plaines situées à l'est de la Cordillière, le Pinche {M. cedipus), qui habite une aussi vaste étendue de pays que le Marikina, le Tamann de Geoffroy {M. Geoffroy i?nch.) , ei il est d'autres espèces à poils ras, ou presque ras, comme le Tamarin aux mains rousses {M. rufimanus Geoff.), le Tamarin nègre [M. ursulus Iloffm.), le Tamarin bicolore {M. bicolor Sp.), qui se trouvent soit à la Guyane, soit au Brésil. Enfm les lèvres ou même l'extrémité du nez sont de couleur blanche chez le Tamarin roux-noir [M. rufoniger Is. Geoff. et Dev.), le Tamarin de Deville [M. DeviUei Is. Geoff.), le Tamarin à front jaune (M. flavifrons Is. Geoff. et Dev.), le Tamarin de Weddell [M. WeddeJii Dev.), le Tamarin à moustaches {M. mystax Sp.), le Tamarin à calotte rousse {M. pileatus Is. Geoff. et Dev.) et le Tamarin d'Illiger [M. lUigeri Puch.), qui vivent pour la plupart dans la région du Haut-Amazone ou en Bolivie.
En terminant, nous rappellerons que M. Lund a rapporté au genre Hapale les restes de deux espèces fossiles qu'il a découverts, dans le bassin du Rio dos Velhas, affluent du fleuve Saint-François, au Brésil. E. Oustalet.
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OlXD(SirFtELDi]VG). Lorsque mourut, le 16 février 1759, Barthélémy Mosse, fondateur du Dublin ScJwol of midwifery, qui a répandu dans le monde scientifique un grand éclat, la notoriété, les services rendus, désignèrent pour lui succéder un accoucheur encore jeune, qui avait nom sir Fielding Onld. Oi'iginaiie d'une ancienne famille anglaise, petit-fils du colonel Ould, et tils du capitaine Ould, qui mourut assassiné la nuit dans les rues de Londres, et de miss Shawe, il naquit vers l'année 1710. Après avoir commencé ses études sur le sol natal, il alla les perfectionner à Paris, où il eut le bonheur de rencontrer Grégoire, accoucheur fameux et renommé. C'est à Paris qu'il découvrit la position latérale du fœtus, découverte d'une grande importance pratique, et qui inonire le grand esprit d'observation du jeune néophyte. De retour en Angleterre, c'est-à-dire en 1756 ou 1737, il se lança dans la pratique, et obtint la licence d'accoucheur le 16 aoiit 1738. Dès l'année 1742, il mettait au jour son ouvrage [Treatue of midwifery), qui est compté, non sans raison, parmi les plus remarquables de l'époque ef, chose remarquable, comme le premier qui ait été écrit sur celte science en Angleterre. On y remarque surtout ces données, alors loutes nouvelles : 1° dans l'utérus gravide, l'épaisseur des parois de cet organe ne diminue pas, mais plutôt augmente à mesure qu'avance la grossesse; fait nié par Mauriceau, et qui se trouve corroboré par la science moderne; 2" contrairement à ce qu'a écrit Deventer, l'obliquité de l'utérus ne constitue pas une cause de difficultés pour la délivrance; 3" le forceps ne doit jamais être employé lorsqu'il y a certitude que l'enfant est mort; 4" dans le cas de légère difformité liu bassin, on peut avec grand avantage avoir recours à la version. Cette idée, dont plusieurs accoucheurs modernes se sont disputé h priorité, appartient à Ould, dont nous traduisons ici les paroles : « Supposons une femme en travail, laquelle, par l'expérience d'un premier accouchement, a été trouvée ayant les passages osseux du bassin trop étroits pour permettre la sortie de l'enfant, d'un volume ordinaire, par les efforts seuls de la nature, et que dans ce cas, il meure, ou soit détruit par les instruments mis en usage pour la conservation de la mère. Dans ce cas, il y a grande probabilité de sauver l'enfant en introduisant la main dans les membranes, et en le tirant par les pieds. On peut objecter que la même étroitesse du passage à travers le bassin, laquelle empêche son expulsion la tête étant en avant, peut également em[)ècher son extraction par les pieds; cela est peut-être vrai; mais il faut considérer qu'en tirant par un petit bout, à savoir par les pieds, afin d'attirer la plus grosse, et tenant un doigt dans la bouche de l'enfant, on aura plus grande chance d'arriver au but désiré »; 5° le plus grand mérite de Ould a été l'interprétation qu'il donne de la position de la tête pendant son passage à travers le bassin, à savoir : que la face est dirigée sur l'un ou sur l'autre côté du pelvis, et non pas vers le sacrum, suivant 'a doctrine généralement reçue.
Nous ne pouvons mentionner dans cette notice toutes les choses remarquables ||in sont consignées dans l'ouvrage de Ould. Disons que son livre, par les idées Iwrdies et nouvelles qu'il émettait, devint le but d'une critique, qui passa souvent les bornes de la discussion scientifique. Il y eut surtout un docteur Thomas î^outhwell qui condjattit avec âpreté son confrère en obstétrique, s'efforçant de démontrer ses « erreurs en anatomie, le danger et les conséquences mauvaises de sa pratique ». Ce qui n'empêcha pas Ould d'être apprécié par le gouverneii^ent, et d'être fait chevalier (Knighl) dans le mois de mai de l'année 1760, fionneur que le poète Gilborne a célébré dans ces deux vers :