PALMIERS
PALMIER DE LA TUÉBAÏDE. Nom donné au Doiim de la Thébaïde {Cucifera thebaïca). Pi^-
PALMIER A \l\. Nom donné au Mauritia vinifera et à quelques autres palmiers fournissant une sève fermentescible. Pl.
PALMIERS ou PALMACÉES. Famille de plantes Monocotylédones, renfermant un grand nombre de magnifiques espèces ligneuses, atteignant souvent de grandes dimensions. La racine primaire de ces arbres se détruit généralement de bonne heure et est remplacée par de nombreuses racines adventives, qui se développent à la base du stipe, s'élèvent parfois au-dessus du sol en une masse conique, et soulèvent ainsi le stipe à une certaine hauteur. Le tronc généralement élevé, nommé stipe, a le plus souvent la forme d'un fût de colonne cylindracé, couronné à son sommet par une touffe de feuilles très-développées, dont les plus inférieures se détruisent chaque année en laissant sur le tronc la base de leur pétiole embrassant, décomposé en un réseau de libres. Parfois cependant le tronc se renfle en son milieu [Juhœa], ou se divise à son sommet en plusieurs branches {Doum de la Thébaïde), ou s'allonge en mince tige marquée de nœuds et s'appuyant sur les arbres voisins (Rotangs), ou encore forme un rhizome rameux, qui se trouve à la surface du sol (Sabal).
Les feuilles sont alternes, munies d'une gaîne à la base, à limbe tantôt penniséqué [Dattier), tantôt flabelliforrae (C/tamœroyjs), tantôt pelté (L/c«a/a/;e/tafa); les segments sont tantôt complètement distincts {Dattier), tantôt cohérents à leur base {Chaviœrops) , tantôt simplement fendus.
Les fleurs sont réunies en grand nombre par un spadice axillaire, nommé régime, enveloppé d'une spathe, à une ou plusieurs feuilles, herbacée ou semiligneuse. Elles sont petites, généralement dioïques ou monoïques, rarement hermaphrodites. Le périanthe est double, formé de 2 rangées de 3 pièces chacune plus ou moins distinctes. Les étamines sont au nombre de 6, rarement réduites à 3, hypogynes ou périgynes. Les carpelles, au nombre de 3, réduits rarement à 2 ou 1, sont libres ou cohérents en un ovaire trilobé, renfermant dans chaque loge un ou deux ovules géminés, ou le plus souvent un seul ovule, fixé à l'angle central un peu au-dessus de la base du carpelle. Le fruit se compose de 3 baies ou de 3 drupes, parfois réduits à 2 ou 1 par avortement, tantôt distincts, tantôt soudés entre eux. Les graines ont un albumen abondant cartilagineux, corné ou huileux, tantôt homogène, tantôt ruminé, renfermant un embryon appliqué à la périphérie de la graine.
Les Palmiers habitent en général les parties chaudes du globe. En dehors du du Chamœrops humilis, qui est naturalisé dans le Midi de l'Europe, où même ses fruits mûrissent à peine, toutes les espèces vivent entre les tropiques; mais, dans cette zone équatoriale, on en trouve dans toutes les parties du monde; cependant c'est surtout dans les régions à la fois chaudes et humides que se plaisent principalement ces végétaux ; relativement rares en Afrique , ils deviennent fréquents dans l'Inde et dans l'archipel Indien et fourmillent dans l'Amérique équatoriale.
Si les Palmiers jouent un rôle considérable dans la végétation des contrées chaudes du globe, ils ont un rôle non moins important au point de vue de l'utilité générale. Il est bien peu d'espèces qui ne trouvent d'emploi soit dans l'alimentation, soit dans l'industrie, et un certain nombre d'entre elles sont de
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première importance pour les contrées où elles croissent. Citons comme exemple le Cocotier dans les îles de l'océan Pacifique, le Dattier dans les oasis de l'Afrique septentrionale.
Presque toutes les parties des Palmiers offrent des ressources à l'homme : les tiges d'un très-grand nombre donnent des bois de construction ou de menuiserie ; celles qui sont moins dures et moins résistantes possèdent dans leur parenchyme une quantité considérable de fécule, qui sert à l'alimentation sous le nom àeSagoii : telles sont différentes espèces de Sagux et de Saguerus. Les feuilles, généralement fort développées et résistant aux intempéries, servent à couvrir les cases des indigènes, à fabriquer des nattes, des vêtements, des chapeaux, des paniers, etc., etc. Les plus jeunes, formant un bourgeon central, à l'extrémité du stipe, sont souvent mangées, comme dans le Chou palmiste.
Dans beaucoup de Palmiers, on obtient en perforant la tige à quelques pieds au-dessus du sol, ou en coupant le bourgeon central, une sève abondante, limpide et sucrée, qui se convertit en vin par la fermentation alcoolique. Tels sont les Arenja saccharifera, Sagus Rumphii, Raphia et Mauritia vinifera, etc.
Les fruits des Palmiers sont très-variés : tantôt des baies comestibles, comme dans le dattier, dont le péricarpe charnu et sucré fait la base de l'alimentation des Arabes d'Afrique; d'autres fois des drupes, à sarcocarpe fibreux, mais renfermant dans l'intérieur de la graine une matière laiteuse, excellente au goût et très-nutritive, qui se concrète peu à peu pour former un albumen à demi-corné : tel est le cas du Coco [Coccos nucifera L.). Parfois on retire du sarcocarpe une matière huileuse {huile de palme de VElœis guineensis ; le plus souvent c'est dans la graine et particulièrement dans l'albumen qu'on trouve la matière grasse — tel est l'huile du coco. — Enfin certaines espèces donnent sur leurs feuilles ou leurs troncs une exsudation blanchâtre qui, rassemblée en masse, donne la cire végétale : les plus connus sont le Ceroxylon andicola H. B. K. des Andes et le Carnauba du Brésil {Copernicea cerifera).
Ajoutons à ces produits variés l'exsudation résineuse, qu'on recueille sur les fruits du Calamus Draco et qui constitue le sang-dragon ; enfin les sucs alexipharmaques et émétiques de certains Corypha et .la gomme-résine du Doum de la Thébaide [Cucifera thebaïca), qui était jadis employée sous le nom de Bdellium œgyptiacum, et les produits astringents tirés de certaines racines et surtout de la semence de YArecha Catechu, et nous aurons une faible idée de la richesse en produits utiles de cette famille de plantes. Pl.
Bibliographie. — Jussieu. Gênera plantarum,7>l . — Martius. Palmiers du Brésil. — Blcmb. Flore de Java. — Endlicher. Gênera plantarum, p. 244. — Aublet. Mémoire sur les palmiers. Plantes de la Guyane, supplément, p. 95. — Kunth. Notice sur les palmiers {Nova Gênera et Species, I, 312-314). — Guibourt. Drogues simples, 1' édit., II, 126. — Le Maout et Decais.ne. Traité général de botanique, 628. Pl.
PALini-JU\CL'S. Nom donné, d'après Rumphius, aux Rotangs, du genre Calamus, dont les tiges allongées servent à faire les cannes connues sous le nom vulgaire de joncs. Pl-
PALMIPÈDES. Les Palmipèdes constituent, dans le système adopté par G.Cuvier, le sixième ordre delà classe des Oiseaux {voy.ce mot), et se reconnaissent principalement à leurs pieds spécialement conformés pour la natation et munis de membranes qui s'étendent tantôt entre tous les doigts, tantôt entre les doigts antérieurs seulement. Dans ce dernier cas le doigt postérieur est généralement
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inséré un peu plus haut que les autres, et parfois il disparaît complètement. Les tarses, courts et comprimés, sont toujours rejete's dans la région postérieure, disposition qui est très-favorable à la locomotion aquatique, mais qui donne à l'oiseau sur la terre ferme une démarche ordinairement gauche et embarrassée; la tête n'est pas toujours bien proportionnée et quelquefois elle paraît d'autant plus petite qu'elle est portée sur un cou très-long et très-gréle. Ce cou peut alors, grâce à une disposition particulière des vertèbres, se reployer tour à tour en forme de S et s'allonger de manière à permettre à l'oiseau de fouiller la vase des rivières et des étangs et d'y trouver les plantes, les vers et les mollusques qui, avec les poissons, constituent sa nourriture.
Les formes des Palmipèdes sont généralement lourdes ; leur corps légèrement aplati en-dessus devient convexe en-dessous, et se trouve protégé dans cette région par un plumage très-serré, très-résistant, très-élastique, constamment lustré par une substance huileuse et presque imperméable à l'eau ; leurs ailes sont presque toujours étroites et pointues et leur queue offre le plus souvent des dimensions réduites. Quant au bec, il offre des formes très-diverses ; tantôt il est conique et se termine par une pointe acérée, tantôt il s'aplatit et présente une extrémité arrondie; tantôt ses mandibules ont des bords lisses et tranchants, tantôt elles sont dentelées ou munies de lamelles transversales.
Le squelette varie aussi beaucoup dans ses détails, le crâne étant plus ou moins aplati, les vertèbres cervicales plus ou moins nombreuses, les vertèbres dorsales pourvues d'apophyses de longueurs diverses, le bassin plus ou moins allongé; mais le sternum possède d'ordinaire un bréchet très-saillant, fournissant de larges surfaces d'insertion aux muscles pectoraux, et présente dans sa région postérieure ou inférieure une paire d'échancrures ou de fenêtres ovales recouvertes par une membrane; en autre ce bouclier osseux est, sauf de rares exceptions, assez développé pour couvrir et protéger la majeure partie des viscères abdominaux.
Le gésier est ordinairement musculeux, l'intestin pourvu de cœcum allongé et le larynx inférieur simple, sauf chez les Anatidés, où il se complique d'une ou plusieurs ampoules osseuses ou cartilagineuses.
Les Palmipèdes sont des oiseaux essentiellement aquatiques ; les uns fréquentent les eaux douces, d'autres les eaux salées; mais parmi ceux-ci il en est qui restent dans le voisinage des côtes, tandis que d'autres hantent la pleine mer et ne viennent sur le rivage qu'à de rares intervalles et spécialement à l'époque de la reproduction. Tous les Palmipèdes nagent avec aisance, et quelques-uns d'entre eux sont doués en outre de la faculté de plonger ; mais sur le sol ils n'ont qu'une démarche chancelante et, pour la plupart, ils ne peuvent se percher sur les arbres, à cause de la disposition de leurs pattes. Enfin, si dans ce groupe il est certaines espèces qui ne volent point ou qui volent difficilement, il en est d'autres, et en plus grand nombre, qui peuvent s'élever à une grande hauteur et franchir à tire d'aile des espaces considérables.
La monogamie est la règle générale parmi les Palmipèdes, et chaque paire reste souvent unie pendant plusieurs années, revenant chaque printemps faire son nid dans la même localité. Ce nid est toujours grossier, formé de brindilles, d'herbes ou de joncs, parfois tapissé à l'intérieur par du duvet que la mère arrache de sa poitrine, et renferme un nombre d'œufs variable suivant les espèces. En naissant les jeunes sont couverts d'un duvet gris ou brun ; tantôt ils sont trop faibles pour chercher eux-mêmes leur nourriture et restent dans le nid pendant
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plusieurs semaines ou même pendant plusieurs mois, tanlôt au contraire ils vont immédiatement à l'eau avec leurs parents.
En général les Palmipèdes doivent être regardés comme des oiseaux utiles : en effet, dans nos contrées ils ne sont jamais assez nombreux pour causer dans les cours d'eau et les étangs un dommage appréciable en y détruisant le poisson, et d'autre part plusieurs espèces, réduites en domesticité ou vivant à l'état sauvage, fournissent à l'industrie des plumes et du duvet ou par leur chair, leur graisse et leurs œufs, concourent pour une large part à l'alimentation publique.
Certains Échassiers, tels que les Flamants, ont le bec pourvu de lamelles cornées comme hs Canards, d'autres, tels que les Poules d'eau et les Foulques, ont les pattes incomplètement palmées comme les Crèbes, d'autres enfin, tels que les Glaréoles et les Décasseaux, offrent dans la conformation de leurs squelettes des analogies avec les Mouettes et les Hirondelles de mer : il existe donc quelques points de contact entre les Ecbassiei's et les Palmipèdes, et ces derniers, considérés dans leur ensemble, ne constituent pas un ordre absolument naturel, de même que beaucoup d'autres groupes oinitliologiques. Cet ordre avait été -divisé p:\r Cuvior en quatre trihus, savoir : {" les [^lonçjcursi ou BrachyplrreSy ■2"\es Longipennes ou Grands voiliers, 5" les Tulipahnes, et 4" les LameUirodres. La première tribu renfermait les Plongeons, les Grèbes, les Guillemots, les Pingouins, les Mancbots (voy. ces mots) et quelques genres voisins, c'est-à-dire un assez grand nombre d'oiseaux remarquables par la position de leurs pattes situées tout à fait à l'arrière du corps et par la brièveté de leurs ailes plus ou moins impropres au vol et servant parfois d'organes de natation. Dans la seconde tribu se plaçaient les Pétrels, les Goélands, les Sternes ou Hirondelles de mer {voy. ces .mots) et les Becs-en-ciseaux ou Wiynchops, qui sont tous des oiseaux de liaute mer, au vol puissant, et qui ont les ailes très-longues, le pouce libie ou atrophié, le bec sans dentelures sur les bords, mais terminé par un crocbet ou une .pointe aiguë. Parmi les Totipalmes, qui sont à la fois d'excellents voiliers et des nageurs émérites, grâce à leurs ailes très-déveIo|)pées et à leurs quatre doigts réunis par des membranes, se rangeaient les Pélicans, les Cormorans, les Frégates, les Fous, les Anhingas et les Phaétons ou Paille-en-queue {voy. les mots Pélican, Frégate, Fou et Phaéton). EnRn le groupe très-important des Lamellirostres, ainsi nommés à cause de leur bec épais, recouvert d'une peau molle et garni sur les bords des mandibules de lames cornées ou de petites dents, comprenait les Canards, les Cygnes, les Oies et les llarles {voy. ces mots).
Dans la classification de Lesson, un peu plus récente que celle de Guvier, les quatre tribus des Palmipèdes furent conservées, avec les mêmes noms et les mêmes attributions. Mais elles furent disposées dans l'ordre suivant : Totipalmes, Longipennes, Lamellirostres et Plongeurs.
Dans le système proposé par le prince Ch. L. Bonaparte les Palmipèdes furent partagés en trois ordres, Gaviœ, Ptilopteri et Anseres, dont les premiers furent séparés du troisième, nous ne savons trop pour quels motifs, par les ordres des Gallinaceœ (Gallinacés) et des Grallœ (Échnssiers de rivage). Les Gaviœ à leur tour se trouvaient subdivisés en trois tribus : Totipalmi, Longipennes et Urinatores, correspondant respectivement aux Totipalmes, aux Longipennes et aux Brachvptères de G. Cuvier : ils formaient donc une portion importante de l'ancien ordre des Palmipèdes, tandis que les Anseres ne comprenaient que les Cygnes, les Oies, les Canards et les Harles, et que les Ptilopteri se trouvaient iréduits à la seule famille des Manchots.
28 PALMIQUE (ACIDE).
Enfin, dans son Catalogue général des Oiseaux {Handlist of the Gênera and species ofBirds), G. R. Gray est à peu près revenu à l'ancienne classification de Cuvier; seulement il a fait rentrer dans l'ordre des Palmipèdes, qu'il a nommés Anseres, les Pliœnicoptères ou les Flamants {voy. ce mot), rangés ordinairement parmi les Échassiers, et il a supprimé la subdivision en tribus pour n'admettre dans l'ordre en question qu'une série de familles dont voici l'énumération : Phœnicopteridœ, Anatidœ, Colymbidœ, Podicipidœ, Alcidce, Spheniscidœ, Uinidœ, Procellaridœ, Laridœ, Phaetonidœ et Plotidœ.
A notre avis la classification de Cb. L. Bonaparte était à plusieurs égards supérieure à celle-ci. En effet, par la conformation de leur squelette, par la dégradation de leurs organes de vol et même par leurs mœurs et leur organisation, les Mancbots {voy. ce mot) méritent parfaitement de constituer un ordre à part sous le nom de Ptilopteri ou sous celui à'hnpennes. D'autre part les Mouettes et les Sternes offrent dans certains points de leur organisation des affinités avec les Écbassiers, ainsi que l'a constaté M. A. Milne-Edwards : ils pourraient donc être complètement isolés des autres Palmipèdes, s'ils ne se rattachaient aussi aux Pétrels et aux Puffins [Procellariidœ) .
En revanche, nous ne voyons pas plus de raisons pour réunir dans un même ordre ces Mouettes et ces Sternes avec les Pélicans et les Anhingas d'une part, avec les Pingouins et les Grèbes d'autre part, que pour rapprocher ces derniers oiseaux des Oies et des Canards. En d'autres termes, l'ordre des Gavke nous semble moins justifié que celui des Ptilopteri. Quant à l'ordre des Anseres, il nous paraît des plus naturels. Dans ces conditions, en démembrant, comme l'a fait Ch. L. Bonaparte, l'ordre des Palmipèdes, mais sans intercaler des oiseaux terrestres, tels que les Gallinacés, au milieu des oiseaux d'eau, on pourrait admettre les ordres suivants: 1° Ptilopteri ou Impennes, 2" Brachypteri ou Urinatores, 5" Anseres, 4" Totipalmi, 5" Longipennes. Ce dernier ordre établirait la transition vers les Grallae oa petits Échassiers de rivage. Il renfermerait outre les Pétrels, les Goélands et les Sternes dont il est question dans d'autres parties du Dictionnaire, les Becs-en-ciseaux (Mî/nc/iops), Palmipèdes des régions tropicales qui par la forme élancée de leur corps, la longueur de leurs ailes et la brièveté de leurs pattes, rappellent beaucoup les Sternes, mais qui se distinguent immédiatement par l'aspect étrange de leur bec. Celui-ci en effet se compose de deux mandibules colorées en rouge et comprimées en deux lames verticales dont la supérieure est plus courte que l'inférieure. A l'aide de cette sorte de pince, qui semble assez imparfaite, l'oiseau saisit à la surface des flots les mollusques et les débris d'animaux marins dont il fait sa nourriture. Dans la mer des Antilles on rencontre communément une espèce de ce genre qui est de la taille d'un Pigeon et qui porte une livrée noire et blanche. C'est le Rhynchops nigra de Linné.
E. OUSTALET.
Bibliographie. — G. Cuvier. Le Règne animal distribué d'après son organisation, V' édit. in-8». Paris, 1817, t. I, p. 505. — R -P. Lessox. Traité d'ornithologie, in-8». Paris, 1831, p. XXXI. — Ch.-L. Bonaparte. Conspectus syslematis ornithologiœ . In Annal, d. se. nat., 1854. — Du MÊME. Tableaux paralléliques des ordres des Gaviœ, des Ptilopteri et des Anseres. In Compt. rend, de VAcad. d. se., t. XL et XLIIl, n"" du 2 avril 1855, du 15 et du 22 sept. 1856. — G. R. Grat. Handlist of Gênera a. Species of Birds, in-8°. Londres, 1871, part. III, p. 72. — Degla.nd et Gerbe. Ornithologie européenne, 2° édit., t. II, p. 357, 1867. — A. Milne- Edwards. Recherches sur les Oiseaux fossiles des terrains tertiaires de la France, in-4°. Paris, 1867-1868, t. I, p. 75. E. 0.
PALMIQUE (Acide). Voy. Ricinélaïuique {Acide).
PALMITINE. 29
PALMISTE. Nom donné au Palmier nain {Chamœrops humilis L.).
Ce mot est souvent employé comme synonyme de Palmier, surtout lorsqu'il s'agit de ceux dont on mange le bourgeon terminal, qui porte le nom de Chou palmiste. Pl.
PALMISTE POisoi\. PALMISTE ROUGE. On donne ces noms à un palmier de Bourbon dont le bourgeon terminal est réputé vénéneux. C'est probablement une espèce à'Areca. Pl.
PALMITAMIOE. C'^ll^'AzO = C'IP'O. AzIP. Ce corps se produit lorsqu'on chauffe le palmitate d'éthyle pendant vingt à vingt-cinq jours avec une solution alcoolique d'ammoniaque dans un tube scellé et au bain de sel. On le purifie par cristallisation dans l'alcool chaud et par des lavages à l'éther. La palmitamide est fusible à 101'', 5 ; chauffée en vase clos avec la potasse, elle se décompose en acide palmitique et en ammoniaque. L. \h.
PALMiTïlVE. L'acide palmitique forme avec la glycérine trois étlicrs ou glycérides : la monopalmitine, la dipalmitlne et la tripalmiline.
1» MoNOPAUiiTiNE. C"1P0'* = (C^'IP)"' .Qjj,, • On l'obtient comme la
plupart des glycérides en çliauffunt à 200 degrés pendant vingt-quatre heures un mélange de glycérine et d'acide palmitique, puis purifiant par la chaux et l'éther. La; monopalmitine est neutre, blanche, et cristallise dans l'éthor en aiguilles et en prismes microscopiques, généralement courts, biréfringents et groupés concentriquement. Elle fond à 58 degrés et se soUdilie à 45 degrés; cristallisée dans l'éther et séchée dans le vide, elle peut être portée à 61 degrés avant d'entrer en fusion. L'oxyde de plomb la siponilie à 100 degrés;
2» Dn'ALMiTiNE. G'-'^H«W = (CMP)"' Jjjj . La dipalmitine s'obtient
en chauffant pendant cent quatorze heures à 100 degrés un mélange de glycérine et d'acide palmitique. Elle est neutre, blanche, cristallisée en tables minces ou en aiguilles, fusible à 59 degrés, solidilJablc à 51 degrés;
3° TiuPALMiTiNE ou Palmitijxe proprement dite. C''H«''0« = (C^lP)"'(C"'H'''0^)''. La tripalmiline existe naturellement dans l'huile de palme, mélangée avec de l'acide palmitique, de l'oléine et de l'acide oléique; elle constitue entièrement la cire du Japon et entre dans tous les corps gras où l'on admettait jadis l'existence de h margarine, qui selon Ileinlz n'est qu'un mélange de tripalmiline et d'un peu de tristéarine.
La palmitine s'extrait principalement de l'huile de palme qu'on soumet à une pression énergique; ou traite ensuite le résidu à }dusieurs reprises par l'alcool bouillant pour extraire l'acide palmitique et l'acide oléique, et l'on lait cristalliser dans l'éther.
Berthelot prépare la palmitine en chauffant une partie de glycérine à 250 degrés pendant huit heures avec 8 à 10 parties d'acide palmitique. Ainsi obtenue, elle est eu petits cristaux, peu solubles dans l'alcool, même à chaud, trèssolubles dans l'éther bouillant. La palmitine de Berthelot fond à 60 degrés et se solidifie à 46.
Suivant Duffy, le palmitine aurait trois points de fusion, à 46 degrés, à
30 PALMITIQUE (ACIDE).
61°,7 et à 62»,8; elle se solidifie à 50 degrés suivant Pelouse et Boudet, à 48 degrés d'après Stenliouse. L- Hn«
PALMITIQUE (Acide). Ci^H-'^0^ = C"H-'10.0I1. L'acide palmitique se trouve à l'état libre en quantité très-notable dans l'huile de palme, surtout lorsqu'elle est vieille. 11 existe à l'étal de glycéride dans la plupart des graisses animales et végétales, dans l'huile de palme, la cire du Japon, la cire du Myrica seUfera; les graisses d'homme, d'oie, de jaguar, l'huile de dauphin et l'huile de morue renferment beaucoup d'acide palmitique (l'ancien acide maigarique mélangé d'un peu d'acide stéariqiie) ; le beurre, la graisse de porc, de mouton et de bœuf, en contiennent moins. On trouve l'acide palmitique combiné avec l'éthal dans le spermaceti, combiné avec l'hydrate de myricyle dans la cir d'abeilles.
Préparation. L'acide palmitique s'obtient en général par saponification des graisses au moyen de la potasse ou de la soude caustique; nous indiquerons les procédés les plus importants :
1» On saponitîe l'huile de palmes par la potasse caustique; le savon est ensuite décomposé et l'acide purifié par cristallisation répétée dans l'alcool et par expression des cristaux entre des doubles de papier à filtrer. On peut avec Stenliouse, après plusieurs cristallisations, dissoudre l'acide palmitique dans la potasse caustique, puis le mettre en liberté à l'aide d'un acide. . 2" Heintz extrait l'acide palmitique de la graisse de l'homme, qu'il saponifie par la potasse caustique ; le savon obtenu est décomposé par l'acide chlorliydrique et les acides gras soumis à l'action de la presse. On fait dissoudre le résidu dans l'alcool, on le fait cristalliser et par une nouvelle expression on se débarrasse de tout l'acide uléique. Les acides gras solides sont repris ensuite par l'alcool bouillant, et on ajoute à la liqueur une solution alcoolique bouillante d'acétate de plomb ou d'acétate de baryum, environ 0,3 du poids de l'acide gras. On laisse refroidir, on filtre et au liquide filtré on ajoute un excès d'acétate de plomb ou de baryum ; on recueille le précipité formé, en filtrant de nouveau, et on le décompose par l'acide chlorliydrique. Enfin, on fait cristalliser dans l'alcool l'acide gras mis en liberté et on répète les cristallisations jusqu'à ce que le point de fusion soit fixe à 62 degrés.
3" On fait fondre la cire du Japon avec la moitié de son poids de potasse hydratée, on reprend par l'eau et on ajoute du sel marin. Le savon de soude obtenu est dissous dans l'eau chaude, puis après refroidissement fortement exprimé, redissous dans l'eau chaude et décomposé par le chlorure de calcium. On obtient ainsi un savon de chaux qu'on lave à l'eau, puis, après dessiccation, à l'élhcr, pour enlever la cire non saponifiée; enfin, on décompose par l'acide chlorhydrique. L'acide gras précipité est purifié par cristallisation répétée dans l'alcool, puis dans un mélange d'alcool et d'éther, et enfin par un lavage à l'alcool froid.
Quand on se sert de la cire de Chine, on décompose le savon de potasse par l'acide sulfurique, puis on purifie par cristallisation dans l'alcool.
On a fait connaître encore divers procédés de préparation de l'acide palmitique au moyen de grains de café, de l'éthal traité vers 270 degrés par la chaux potassée, par distillation sèche de la cétine, etc. JLis les procédés les plus pratiques consistent à se servir soit de l'acide oléique, soit des graisses ordinaires, quelles qu'elles soient.
PALMITIQUE (ACIDE). 51
4" Pour obtenir l'acide palraitique à l'aide de l'acide oléiquc, on chauffe ce dernier dans une capsule d'argent avec un léger excès de potasse caustique et avec quelques gouttes d'eau; après quoi on y ajoute environ 2 parties dépotasse pour 1 partie d'acide employée et l'on fait fondre avec précaution la potasse. De temps en temps on ajoute quelques gouttes d'eau au mélange pour l'empèclier de trop s'échauffer. La masse prend une couleur jaune, si l'on opère avec précaution, et il se produit un dégagement d'Iiydrogène qui dure jusqu'à la fin de l'opération. On enlève rapidement du feu et l'on jette la masse encore cliaude dans l'eau qui dissout l'excès de potasse, et, si l'on a pris la précaution de n'employer pas trop d'eau, le savon surnage sans se dissoudre. On le dissout dans l'eau et on le précipite par le sel marin. Enfin, on le traite par l'acide chlorhydrique et on purifie l'acide gras mis en liberté par cristallisation dans l'alcool.
5* Enfin toutes les graisses peuvent servir à préparer l'acide palmitique; on les saponifie ou on les traite par la chaux potassée, puis on décompose les savons après s'être débarrassé de l'acide oléique et on obtient un mélange d'acide gras qu'il s'agit d'isoler; on peut les séparer tout d'abord en deux parties renlermant l'une les acides moins fusibles : stéarii|ue palmitique, arachidique, l'autre les acides mieux fusibles : myristiquc, laurique, etc., mélangés avec de petites portions des premiers. On fait cristalliser dans l'alcool, on exprime et on lave les cristaux.
Lorsque les graisses ne contiennent pas d'acides plus carbonés que l'acide palmitique, et particulièrement lorsqu'elles ne renferment pas d'acide stéarique ou arachidique, on obtient l'acide palmitique pur par précipitation fractionnée au moyen de l'acétate de magnésium ; on trouve le palmitate dans les premières portions. On s'assure de la pureté de l'acide, en séparant les portions qu'on suppose pures en fractions par précipitation et en décomposant isolément chacune pour déterminer son point de fusion ; tous les points de fusion doivent s'élever à 62 degrés.
Si le mélange renferme de l'acide stéarique, on traite à plusieurs reprises la solution alcoolique des acides par une projjortion de sel de magnésium correspondant à 1/50 des acides gras. Le précipité, séparé par filtration, renferme tout l'acide stéarique avec un peu d'acide palmitique. Les eaux-mères alcoolisées, traitées par l'eau, laissent déposer l'acide palmitique qu'on purifie soit par cristallisation dans l'alcool, soit par précipitation fractionnée.
Au lieu des acides gras libres, on préfère quelquefois précipiter leurs sels de sodium.
Propriétés. L'acide palmitique est solide, incolore, inodore, sans saveur, plus léger que l'eau, insoluble dans ce liquide, aisément soluble dans l'alcool et dans l'éther bouillant. Ces solutions offrent une réaction acide bien nette. Concentrées, elles se prennent en masse par le refroidissement; lorsqu'elles sont étendues, elles laissent cristalliser l'acide palmitique en aiguilles fines groupées en aigrettes. 11 fond à 62 degrés et par le relroidissemenl se prend en une masse formée de paillettes nacrées.
Chauffée dans une capsule, l'acide palmitique bout et se volatilise sans laisser de résidu. Lorsqu'on le maintient en fusion à l'air, il s'altère légèrement ; d'après Schwarz l'oxygène de l'air lui enlève du carbone^ et de l'hydrogène et le transforme en un acide de composition C'41''-0*(?), appelé acide palmitoniqiie, mais dont l'exiàtence n'est pas encore bien démontrée. Distillé, l'acide palmitique
52 PALMITIQUE (ACIDE).
passe inaltéré pour la plus grande partie, avec formation d'un peu d'huile et d'un résidu légèrement coloré, fusible à 72 degrés et qui est probablement de la palmilone {voy. ce mot).
L'acide palmitique brûle avec une flamme éclatante et fuligineuse. Le chlore ne l'attaque pas à froid, mais donne à 100 degrés des produits de substitution huileux, avec dégagement d'acide chlorhydrique. Le produit le plus riche en chlore, obtenu dans ces circonstances, a pour composition C'^H^'C1^''0^, d'après Frémy.
Lorsqu'on le fait distiller avec de la chaux, l'acide palmitique fournit de la palmitone et du carbonate de calcium :
2 (G'«H^'0')Ca = CaCO' + (C'''H'')«CO.
Chauffé au rouge sombre, il donne des hydrocarbures gazeux et liquides de a série G"1P"; avec les alcools, il donne des éthers.
Vacide margarique C*''H'*0% qu'on indiquait comme se trouvant dans la plupart des graisses, ne paraît être qu'un mélange d'acide palmitique et d'acide stéarique. Eu effet, par sa formule, cet acide serait intermédiaire entre les deux précédents et par suite son point de fusion devrait être ég;denient intermédiaire entre les points de fusion de ces deux acides; il n'en est inen; l'acide palmitique fond à 62 degrés, l'acide stéarique à 69", 2, et le prétendu acide margarique à 60 degrés; Heintz en conclut que cet acide n'est qu'un mélange d'acide palmitique et d'acide stéarique : il a en effet constaté que les points de fusion de la plupart des mélanges de ces deux acides sont inférieurs à celui de l'acide palmitique. Voici un tableau des principaux mélanges étudiés à ce point de vue par Ileintz :