‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.72Chapitre 24 sur 69 · S2 PANDER · texte numérisé non relu

S2 PANDER

des pagnes, etc. Dans un grand nombre de nos colonies, les ballols de café sont enveloppes de feuilles de Pandanm. Les fruits dos l'andanus, le plus souvent durs et ligneux, ne sont pas à proprement parler comestibles. Cependant les insulaires de la mer du Sud sucent parfois, ainsi que nous l'apprend Lesson (voy. Médical, 44), une matière sucrée qui se trouve au niveau de Tinsertion des semences. A Madagascar, les habitants mangent le fruit du P. iililis Boby, d'après Diipetit-Tliouars. Ses graines sont également comestibles, et ses bourgeons s'assaisonnent au sucre. Rumpliius a également fait connaître que dans l'arcliipel Indien on consomme les bourgeons de son P. humilis (P. polycephalits Lajik) à la façon des Cboux-Palmistes. Les fleurs du P. odoratissimus servent aux Malais à parfumer les appartements, sons le nom de Kambang ; mais leur odeur très-forte ne doit pas être sans inconvénients. Les P. furcatus RoxB., fascicidarh Lamk et latifolius, servent aux mêmes usages que le P. odoratissimus. Au point de vue médical, celui-ci est surtout recherché, en Chine et en Cochiiicliine, comme emménagogue et abortif. On emploie le suc au traitement des stomatites aptheuses et les feuilles contre les plaies et blessures. A l'intérieur, elles sont usitées comme anlidiarrliéiques, et les fleurs passent même pour aphrodisiaques. Ou mange aux îles Moluques les petits fruits du P. conoideushkiiK-, à Madagascar, ceux plus volumineux du P. edulis Dop.-Th.; à Java, les bourgeons tendres du P. javanicus IIist. Aux îles Moluques, les feuilles jeunes du P. bagea Miq. se mangent avec les viandes, de même que celles du P. sylvestris Rumph. Dans le même pays, on fait cuire avec le riz les bourgeons du P. ceramicus Rumph., et des P. latifolius Rumph. et caricosus Rumph., et l'on prépare des mets avec le P. repens Rumph., aromatisé avec des muscades, etc. Le P. moschatus Rumph. sert à Java à parfumer les huiles, la lingerie, les vêtements. Au Malabar, le P. unipapillatus Dennot., qui est le Perimkaida de Dheede, est recherché comme médicament à cause de l'astringence de ses feuilles prescrites contre les flux, les diarrhées; ses fruits sont comestibles. Le P. Samak Hassk. se prescrit à Java contre les hydropisies et les tiux ; c'est sa racine qui, dans ce pays, est officinale. La plupart des espèces qui viennent d'être éuumérées servent d'ailleurs à confectionner des nattes ou des tissus grossiers. H. Bn.

Bibliographie. — Linné fil., Suppl., 64. — Lindi,., Veç/. Kingd., 132. — Endl., Gen., 242 ; Enchirid. — Mér. et Del., Dict. Mat. médic, V, 180. — Rosenth., Sijnops. pi. diaphor., 146, 1090. — Sol5is-Laub., Pandan., in Linnœa, XLII, 1. — Balf. f., in Journ. Linn. Soc, XVII, 55. — JIiQ., F/, ind. bat., III, 155, t. 57. — Benth. et IIook. f., Gen. plant., III, 949,

H. Bn.

PAKOElt (Christian-Heinrich). Médecin et naturaliste russe, né à Riga le 12 juillet 1793, commença ses études à Dorpat en 1812 et se fit recevoir docteur à Wurlzbourg en 1817. En 1820, il fut désigné pour accompagner à Bokhara, en qualité de naturaliste, une ambassade russe dirigée par le conseiller d'État de Negri. De retour à Pctersbourg, il devint en 1822 membre adjoint, en 1825 membre ordinaire de l'Académie des sciences de cette capitale, dans la section de zoologie; il obtint son congé en 1828. Pander mourut le 10 septembre 1865.

Ce savant zoologiste est très-honorablement connu pour ses travaux sur l'embryologie; c'est avec eux que commence la véritable histoire du développement des vertébrés ; le premier il a étudié minutieusement le développement

PANGIUM. 183

du poulet à partir de son incubatiou; il a reconnu que le corps de l'oiseau se forme par la séparation du germe en trois feuillets et indique l'évolution de chacun d'eux; vint ensuite de Baer, qui donna aux idées de Pander tous les développements qu'elles comportaient. Pour l'appréciation détaillée des travaux d'embryologie de Pander, voij. A. Raiiber, Veber die Bedeutuncj Pander s in der Entivickelungsgeschichte {Centmhlalt fiir med. Wissensch., 187C, p. 129).

Pander a eu également de grands mérites comme géologue et paléontologiste. Gotthelf Fischer (de Moscou) a donné son nom à une espèce d'oiseaux, le Podokes Panderi, et à un coléoplère, le CalUsthenes Panderi.

Nous connaissons de Pander :

I. Dhs. inaiig. sistens Inxlorinm melnmorphoseos quain ovitm incubatum prioribus quinque diebus subit . Yirceburgi, 1817, in-<S''. — II. Bcilrnge ztir Entwickelunr/sgesclnchle des Hûhncbens im Ei. Wiirzburgr, 1818 (1817), in-lol., 10 pi. — 111. Avec Ed. D'Alton : Yergleuhende Osleologie. Conn, 1821-1831, in-l'ol. iransv., ouvrage orné de planches uiaguifiques. — IV. Beilrâye zur Gcognosic des lussischen tieichs. l'etersLurg, 1830, iii-4°. — V. A publié avec d'autres savants : BeUrage zur Naluvkunde aus den Oslsee-I'rovinzen Busslaiids. Dorpat, 1820. — VI. Articles dans les recueils périodiques d bistoirc naturelle tels que Vlsis, etc. L. Un.

PAl^'DLOrv. On donne ce nom, dans les Pliilippines, à une liane d'une odeur très-i'orle, et qui est alexipiiarmaque, employée contre les venins. Pi..

BiBHOGRAPiiiE. — MiïriAT ct DE Lens. Dict. mal. mêd., V, 181 . Pi.

PANE. Nom donné aux Indes au Pot'vre Beïe/. Pl.

PA^CiiUU (RuMPH.). Genre de Bixacées, série des Paugiées,dont les Heurs sont unisexuées. Les uiàles ont un calice gamosépale, \alvaire, inégalement déchiré lors de l'anthèse. Plus intérieurement, le réceptacle convexe porte decinij à huit pétales imbriqués. Chacun d'eux présente, en dedans de sa base, une assez grande écaille aplatie. Les étamines sont en nombre indéfini dans la fleur niàle, et chacune d'elles est formée d'un filet épais, renflé et charnu, atténué à son sommet, qui supporte une anthère ovale, biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Dans la fleur ièmelle, le périanthe est le même, et les étamines en petit nombre sont réduites ordinairement à des languettes hypogynes. Le gynécée est composé d'un ovaire sessite, surmonté d'une large plaque glanduleuse, stigmatique, irrégulièrement divisée en deux, trois ou quatre lobes, par des sillons peu profonds. Dans l'intérieur de l'ovaire il n'y a qu'une seule cavité, avec deux ou trois placentas pariétaux, peu proéminents, supportant chacun un nombre variable d'ovules anatropes, horizontaux ou un peu obliques, disposés sur deux rangées verticales. Le fruit est une énorme baie globuleuse, indéhiscente, dont l'intérieur renferme un grand nombre de grosses graines, nichées dans sa pulpe, irrégulières, comprimées, présentant sur un de leurs bords une longue et étroite cicatrice ombilicale, et dont les téguments ligneux portent en dehors un riche réseau de nervures saillantes. Dans l'intérieur se trouve un épais albumen huileux, au centre duquel est un grand embryon, à radicule conique, plus ou moins oblique, et à larges cotylédons foliacés, cordés et digitinervcs à leur base. On ne connaît qu'une espèce de Pangium : c'est un arbre javanais, à feuilles alternes, pétiolées, avec deux stipules latérales, plus ou moins adnées au pétiole, souvent persistantes, et un

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